HISTOIRE DE LA LANGUE FRANCAISE


La langue française est une femme.
Et cette femme est si belle, si fière,si modeste,
si hardie, si touchante,si voluptueuse, si chaste,
si noble, si familière, si folle, si sage,
qu'on l'aime de toute son âme,
et qu'on n'est jamais tenté de lui être infidèle.


Anatole France


Le langage, instrument de communication par excellence, est fixé par l’écriture.

Dans notre société où l’écrit a pris une importance primordiale, l’histoire de l’humanité peut s’articuler en deux temps : avant et après l’écriture.

En effet, l’invention de l’écriture a révolutionné la vie. Elle a permis aux hommes de communiquer entre eux à des distances plus importantes que celle de la portée de la voix. Elle a apporté la permanence à la langue parlée - on pourrait dire son éternité même.

Au départ, il y a eu l’image. Elle s'est d'abord adaptée à l’idée puis aux sons de la parole.

L’alphabet que nous utilisons est un " hasard ". Nous avons emprunté notre " système " aux Romains uniquement parce que les textes chrétiens étaient traduits en latin et qu’ils étaient conservés au moyen de l’écriture latine. La fonction de l’écriture était de préserver à des fins religieuses les textes saints. Avant eux, les Grecs se sont appuyés sur le système des Phéniciens qui ont inventé l’alphabet, né lui-même d’un remodelage de l'écriture cunéiforme. Les systèmes idéographiques utilisés en Mésopotamie, en Égypte, en Chine (+/- 3000 avant notre ère) ne sont pas, eux non plus, une création originale. Ils résultent de la combinaison de deux modes de communication qui les avaient précédés : la parole et l’image.

La parole c’est l’exploitation par un groupe d’un système de signes vocaux dont le groupe est l’auteur. Elle diffère du système de communication des animaux en ce qu’elle permet d’associer un objet ou une idée à une combinaison de sons. Elle offre à l’individu la possibilité de se projeter dans l’avenir et de se retourner dans le passé.

Les anthropologues s’accordent à dire que l’origine du langage date de l’homo erectus, il y a plus d’un million d’années. Ils supposent cependant que sa faculté d’élocution était très rudimentaire.

Mais il est bien difficile de retracer la genèse du langage car il n’existe nulle trace matérielle de son évolution…

L’image est une proposition visuelle faite au groupe. Elle combine deux données : une surface (une paroi, un morceau de sol, un bout de bois…) et des figures, des traces, des taches, des signes… qu’ils soient produits ou non par la main de l’homme.

L’image, contrairement à la langue, n’est pas un système. Elle ne demande pas la présence de l’émetteur et du récepteur.

L’écriture est apparue au moment où le système de signes visuels qui était censé transmettre les messages venus des dieux est devenu le support de ceux des hommes. D’abord pictogrammes, elle a évolué grâce aux scribes qui ont utilisé des images stylisées pour signifier des concepts.

De l'image, les hommes sont arrivés aux signes qui se groupaient de certaines façons afin de désigner des mots, des choses, des idées.

Vers 2500 av. J.-C., l’écriture cunéiforme permettait d’écrire des textes littéraires (fables, proverbes…).

La technique a fait évoluer l’écriture : utilisation des roseaux, des tablettes d’argile, de papier, de l’imprimerie…

Une longue marche pour en arriver jusqu’à nous où l’écrit est véhiculé de par le monde en quelques secondes grâce aux vecteurs de l’Internet.

La linguistique, (étude scientifique du langage humain (langage vocal), tel qu'il se réalise dans une langue) est devenue une science à part entière. Longtemps limitée à la grammaire, à l'analyse phonétique et à l'approche historique, elle étudiait comment il convenait d'utiliser une langue et suivant quelles règles. Au début du XXème siècle, grâce au Genevois Ferdinand de Saussure (1857-1913), on a plutôt cherché à comprendre comment les langues avaient été utilisées afin de connaître leur évolution et leurs rapports réciproques.

A côté de cette science, est née une autre science : la graphologie. L'hypothèse de départ est que l'acte d'écrire n'est autre chose qu'un mouvement de la main régi par le cerveau et donc l'expression particulière d'un individu. La graphologie tente d'interpréter la personnalité à travers l'écriture. Science jeune, elle inspire encore de la méfiance face à ses domaines d'application et à d'éventuelles conclusions trop hâtives.

L'analyse graphologique commence par l'observation du document et le relevé des signes graphiques les plus fréquents pour établir la "définition" de l'écriture. Vient ensuite l'interprétation psychologique sur base de nombreux paramètres : vitesse de l'écriture, forme, direction, dimension, continuité, ordonnance, pression du trait,…

La sémantique est l'étude scientifique du sens des unités linguistiques et de leurs combinaisons. Elle s'attache à l'étude de la langue sur le plan de la signification : synonymie, changements de sens d'un mot, structure du vocabulaire...

Le champ sémantique est l'ensemble des différentes significations d'un même mot dans les différents contextes où il se trouve. Dans chacune des expressions, le même mot a un sens précis différent :

Ex : pièce

1. Espace habitable d'un logement délimité par des murs ou des cloisons. Un appartement de trois pièces (ou un trois-pièces).

2. Morceau de métal plat, génér. façonné en disque, et servant de valeur d'échange, de monnaie. Une pièce de un franc.

3. Ouvrage dramatique. Une pièce en trois actes.

4. Document écrit servant à apporter une information, à établir un fait, etc. Les pièces d'un dossier. Pièces justificatives...

Le lexique est l'ensemble des mots formant la langue d'une communauté et considéré abstraitement comme l'un des éléments constituant le code de cette langue.

Le champ lexical est une série de mots qui possèdent des propriétés communes et se rapportent à une même idée ou notion.

D'où vient le Français ?

La langue française comme toutes les langues s'est construite au fil de l'histoire. De la rencontre des peuples, de guerres et d'alliance, d'échanges commerciaux en simple voisinage, nos ancêtres ont adapté leur langage afin de se faire comprendre de leurs semblables.

Avant d'arriver jusqu'à nous, les mots ont subi bien des modifications que ce soit au niveau de leur forme ou de leur sens.

Il y a environ cinq mille ans, le peuple qui vivait dans nos régions faisait partie d'une vaste aire culturelle qui s'étendait jusqu'au cœur de la Bohème. Les peuples étaient apparentés par la langue, la culture et le mode de vie. Nous l'appelons aujourd'hui "le monde celtique". Ils parlaient le gaulois.

Les légions de Jules César conquièrent la Gaule en 52 av. J.-C. et leur langage devient peu à peu la langue du territoire.

Dès l'an 200, les Francs qui viennent de Germanie ravagent la Gaule romaine. Ils adoptent néanmoins le langage des vaincus en y adjoignant quelques dizaines de mots : pott - pot ; suppa - soupe, ...

Dans le Sud, les Sarrasins nous ont aussi laissé quelques 300 mots arabes en même temps que l'algèbre et les échecs. Certains mots ont suivi leur chemin pour arriver jusqu'à nous sous des formes qui ne laissent pas imaginer qu'ils proviennent aussi de l'arabe. Les mots d'origine arabe représentent près de 5,1% de notre langue.

Les échanges commerciaux ont amené de nouveaux mots de chez les Astèques : tomatl - tomate ; ayacotl - haricot ; cacautl - cacahuète ; de chez les Néerlandais : boek - bouquin ; ringhband - ruban ; de Bulgarie : jaourt , des Inuits : anorak et de l'hindi : pyjama.

L'allemand a donné environ 200 mots dont accordéon, bière, bivouac, blocus, bretelle, chenapan, choucroute, cible,dollar, ersatz, espiègle, képi, obus, sabre, trinquer, valse, vasistas ...

L'italien a apporté environ 1.000 mots : balcon, banque, bouffon, boussole, brigade, canon, concerto, confetti, cortège, courtisan, crédit, dilettante, escadron, faillite, fresque, graffiti, incognito, opéra, page, pittoresque, scénario, soldat, solfège, ténor ...

L'espagnol a donné quelques 300 mots dont : abricot, adjuvant, banane, bizarre, camarade, casque, cédille, chocolat, cigare, guérilla, hâbleur, maïs, matamore, mirador, moustique, romance, sieste ...

L'anglais a donné et donne encore actuellement des dizaines de nouveaux vocables : knife - canif ; bat - bateau ; barma, bifteck, box, budget, car, casting, comité, football, forecast, grog, hardware, hold-up, look, marketing, match, punch, rail, raout, record, rosbif, sandwich, sketch, software, stock, string, toast, tunnel, zoom ...ce qui ne manque pas de poser certains problèmes appelés anglicismes.

Le russe a apporté boyard, cosaque, isba, mammouth, moujik, samovar, steppe ...

Les sciences avides de termes adéquats ont forgé des mots sur base de racines grecques et latines.

Mais les mots ne viennent pas uniquement de l'étranger : il y avait sur nos territoires des dizaines de langues et de patois et quelquefois, des mots de ces régions entraient dans le langage : boulend (boulanger) du picard ; merki (marché) du normand ; bizou, bijour, baragouin, biniou, domendu breton et une multitude de mots venant du provençal dont le mot "amour", cabas, cigale.

Plus près de nous, l'argot ou plutôt les argots nous apportent de nouveaux mots : boniment, coquille, pion ...

Le latin, que les soldats de César amènent dans nos contrées (59-51 avant J.C), est parfois lui-même emprunté au grec. Il est adopté peu à peu par les populations de la Gaule (bas-latin).

Depuis vingt siècles, les mots gallo-romains évoluent et changent de forme et de sens.

Dans notre vie quotidienne, nous employons encore certains mots ou expressions latins et de nombreux mots français sont construits sur des préfixes latins ou des racines latines.

Le latin est la seule langue officielle. Le langage des populations n'est pas unifié, ni fixé. Dès le Vème et pendant les VI, VII, et VIIIème siècles, ils adoptent une langue formée de latin et de restes de gaulois : le Roman qui présentait bien des différences selon les régions. Une ligne "La Rochelle - Grenoble" scinde le territoire en deux. Au Nord de cette ligne, c'est la langue d'Oïl, au Sud, la langue d'Oc. Sans cesse, la langue locale se "frotte" à la langue de l'Église catholique. Il faudra attendre jusqu'en 1539, date de l'ordonnance de Villers-Cotterêts sous François I qui élève le français en tant que langue royale.

Le premier document possédé en roman est le Serment de Strasbourg, prononcé par Louis le Germanique en 842.

Le français tire son origine du francien - dialecte de l'Île de France. La langue d'Oïl a évolué en différents langages locaux tels l'anglo-normand en Normandie, le picard dans la région d'Amiens et de la Somme, le champenois, autour de Troyes et Reims et le wallon que l'on parle dans une partie de la Belgique du Sud jusqu'à Liège. Les Normands conquièrent l'Italie du Sud et la Sicile ; le français se parle jusqu'en Hongrie et en Angleterre où il devient la deuxième langue officielle. Il s'y maintiendra durant 300 ans et une grammaire latine, le Donat français paraîtra même vers 1400.

A la fin du XIème siècle, les premières œuvres littéraires sont écrites en langue d'Oïl : anglo-normand, champenois ou picard.

Le français prend de plus en plus d'importance. De nombreux croisés répondent à l'appel du pape et partent pour la Palestine : le français se répand en Syrie, au Liban, à Jérusalem. Les royaumes de Jérusalem et d'Antioche adoptent le français comme langue officielle.

Les échanges commerciaux favorisent la langue française qui devient la langue internationale des transactions. Les foires commerciales qui se déroulent en France sont prestigieuses et attirent des commerçants des quatre coins de l'Europe.

A la fin du Moyen Age, le français rayonne. Il est la langue du pays le plus peuplé mais aussi le plus riche d'Europe. Les universités de France sont renommées et attirent de nombreux étudiants étrangers.

Les XIV et XVème siècle voient l'apparition de la langue française proprement dite qui abandonne l'usage des "cas" latins.

Le français moderne se fixe définitivement au XVIIème siècle avec Malherbe, Descartes, Corneille, Pascal, Racine, Molière, Boileau, La Bruyère, Bossuet... La fixité de la langue doit beaucoup à l'Académie Française, fondée en 1635 par le Cardinal de Richelieu. Le français devient alors une affaire d'État.

C'est vers la fin du XVIème siècle que le français se voit concurrencé par l'espagnol et l'italien (c'est l'époque de D'ante et de Pétrarque, de Machiavel et de la richesse de Florence, de Venise et de Gênes).

Le XVIIème siècle marque le retour du français. Louis XIV est à son apogée et la cour de Versailles bénéficie d'un grand prestige. La France compte de grandes plumes : Molière, Racine, La Fontaine. De nombreux savants étrangers vivent en France. La révocation de l'Édit de Nantes (1685) provoque la fuite de nombreux français protestants qui s'établissent en Allemagne, en Autriche, en Suisse,...

Au XVIIIème siècle, les traités sont rédigés en français. Il restera d'ailleurs la langue diplomatique jusqu'à la guerre 14-18. Dans les cours allemandes et italiennes, de nombreux chambellans, fonctionnaires, peintres, ... parlent le français. Les princes écrivent dans un français excellent et leurs enfants sont le plus souvent éduqués par des précepteurs français.

Le XIXème siècle marque l'apogée du français dans la foulée de la révolution. Les correspondances de l'État russe sont en français. Les souverains européens correspondent entre eux en français. La charte olympique instaure le français comme langue officielle aux côtés de l'anglais. Les cérémonies d'ouverture et de clôture se font en français et sont ensuite traduites dans la langue du pays d'accueil. La colonisation française permet au français de s'implanter à nouveau un peu partout dans le monde.

Le XXème siècle voit les guerres mondiales faire vaciller les empires coloniaux. Les pays colonisés acquièrent leur indépendance. L'expansion du français semble arrêtée.




Egger Ph.

LE FRANCAIS EN SUISSE

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La Suisse compte quatre langues officielles : l'allemand, l'italien, le romanche et le français parlé par un cinquième de la population. Le français de Suisse n'est guère différent de celui parlé dans les régions françaises voisines (Franche-comté, Savoie,...). On parle le français dans les cantons de Genève, de Vaud, de Neufchâtel, dans la moitié occidentale du Valais et du canton de Fribourg, ainsi que dans le Jura et le Jura Bernois. La caractéristique principale du français de Suisse est, comme le français de Belgique, la manière de prononcer certains sons et l'emploi de termes spécifiques tels que :
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Les mots du français de Suisse
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abbaye : confrérie de tireurs
aberger : choisir un fiancé
acouet : énergie
a-fond : nettoyage complet de la maison
agnoti : innocent, simple d'esprit
aiguillage : entassement d'objets divers
apigeonner : attraper
appondre : ajouter
armailli : vacher-fromager des Alpes
astiquée : coup, reproche
bacchanal : vacarme
baiser : baisure
banban : fainéant
barjaquer : bavarder vite comme une pie
baster : renoncer
bazule : allumette
béder : rater
bénichon : fête de l'équipe paroissiale
beuse : bouse
biborne : escargot
biscome : pain d'épices
bletz : rustine
bœuf : imbécile
boguet : vélomoteur
boile : bidon à lait
boiton : porcherie
bonnard : sympathique
bonne-main : pourboire
bordier : riverain
borgnette : lucarne
bouète : petit enfant
bougiller : remuer sans cesse
boule de Bâle : cervelas
bourbine : Suisse allémanique (péjoratif)
bourgeois : habitant d'une commune
brante : hotte de vendange
bricelet : petite gaufre plate
bringue : querelle
cachemaille : tirelire
caluger : déraper
camber : enjamber
cancoire : hanneton
canton : Etat de la Confédération suisse
carnotzet : petit bar intime
carotte rouge : betterave rouge
case postale : boite postale
catelle : carreau de céramique
cayon : cochon
channe : carafe en verre
chenailler : secouer
cheneau : gouttière
cheni : désordre
chnabre : tracas
ciclée : cri aigu
clopet : sieste
cocoler : dorloter
confédéré : citoyen de la Confédération suisse
conseiller fédéral : ministre
coquillon : boucle de cheveu
cornet : sac en papier
cotterd : réunion pour bavarder
cotzon : nuque
couenne : quelqu'un de lent, croûte au fromage
courater : courir par-ci, par-là
crâlée : ribambelle
crâner : faire son intéressant
crevée : beaucoup ou une bévue
crible-fumée : avare
crouille : de mauvaise qualité
croûte : toast
couverte : couverture
cuissettes : culotte courte de sport
cuplette : cabriole
cynorrhodon : églantier
déboquer : battre lors d'un concours
débattre : délayer
dédevenir : s'affaiblir
déguille(er) : fou-rire(rire beaucoup)
demi : demi litre de vin
dénioter : découvrir une cachette
dérupe : pente glissante
désenfle : dégonfle
dévaloir : vide-ordures
dévousoyer : dévisager méchamment
direct : directement
ébriquer(briquer) : casser
éclafer : crever, écraser
écolage : état d'écolier
écrabouillée : défaite
effeuilleuse : femme qui épampre la vigne
embardoufler : salir
(s')embrier : partir
empotringuer : s'embarrasser de choses gênantes
(s')encoubler : s'empêtrer
encrotter : enfouir
engnioller : importuner
époullailler : effrayer
époussoir : petit balai de crin
falot : lanterne, devenir tout rouge
fanfaron : musicien d'une fanfare
fédérale : ivresse carabinée
fend-l'air : fanfaron
ferblanterie : plomberie-zinguerie
figâce : galette cuite au four
filoche : filet à provisions
fion : affront
firabe : heure de fermeture
foehn : sèche-cheveux
follo : fou
fondue : mets national suisse au fromage fondu
fouillouze : poche
fricasse : très grand froid
fricassée : feu ardent
frouille : tricherie
gabion : petite remise
galetas : grenier
galiaufre : goinfre
galavarde : fille qui aime la compagnie des garçons
gandoise : sornette
garauder : maltraiter
gendarme : saucisse sèche
gercer : miter
glin-glin : auriculaire
goger : couver (une maladie)
golée : gorgée
gonfle : congère
gouille : mare
grenette : marché couvert
greubon : petit lardon
greulette : tremblote
grimpion : arriviste
griot : petit garçon
guillon : cheville du tonneau
guibole : épaule
gulu : type
halle de gymnastique : salle de gymnastique
harasse : caisse à bouteilles
huitante : quatre-vingt
imperdable : épingle de sûreté
inalpe : monté à l'alpage
jubiler : enrager
lavette : carré de tissu éponge pour se laver
licher : dilapider
linge : serviette éponge
livret : table de multiplication
lugée : glissade en luge
malaisée : gêne
marzipan : massepain
mascogne : copion
mé-col : moi
mèdze : guérisseur
mégotte : maîtresse d'école
merveilles : pâtisserie
meuler : ennuyer
meuron : mûre
minçolet : fluet
mollachu : personne sans énergie
momier : bigot
mordache : grande gueule
morse : morsure, bouchée
nagée : chute de tout son long
neigeotter : neiger faiblement
nez-en-l'air : étourdi
nifler : renifler
niflet : nez
nion : pain de noix
niquer : gagner au jeu
noireaud : noir de cheveux
nos-col : nous
nonante : quatre-vingt-dix
ordré : qui est en ordre
ordurière : pelle à balai
oubli : pâtisserie ou cire à cacheter
pailleu : chapeau de paille
panosse : serpillière
pantet : pan de chemise
papet : soupe épaisse
papette : nourriture trop épaisse
papotche : boue
péclot : vélo
pécloter : aller mal
pégot : maître d'école
pendu : personne fiancée
peser : appuyer
pétée : un grand nombre, accident
pétiaffe : bon à rien
pétouiller : mal marcher
pétoche : peur
peuffe : poussière
physiothérapie : kinésithérapie
piaute : patte, jambe
pilier public : emplacement des affiches officielles
pinte : auberge
pintocher : boire s'enivrer
piolet : bâton de ski
piorner : pleurnicher
pique-lune : distrait
pissée : grosse pluie
pive : fruit des conifères
pivole : coccinelle, bête à bon Dieu
planton : jeune plant
pleuvignier : faible pluie
plumon : édredon
pôche : louche
pommeau : freluquet
potager : cuisinière
potringuer : droguer
poussine : poulette
poutser : nettoyer énergiquement
poutzfrau : femme de ménage
protocole : procès-verbal
pruneau : quetsche
queuqueiller : bégayer
quinquerne : vieille musique ennuyeuse
quiquageon : kiosque, remise
racoquillée : grande quantité
raflée : rafle
raisinet : groseille
raisse : scie
rampon : doucette, mâche
râpe : avare
rapercher : attraper
rapicoler : ravigoter
rebimbollion : renvoi, gargouillis
rebouiller : remuer, émouvoir
rebuse : retour du froid
redzipet : rapporteur
régent : instituteur de primaire à la campagne
relaver : faire la vaisselle
reniflée : reniflement
renversé : café avec beaucoup de lait
repourvue : action de pouvoir à nouveau un poste
repoussegnon : petit repas léger
ringue : discours ennuyeux
rioule : ribote
ristrette : petit café serré
roille : grosse pluie
rôner : grogner
royaumer : se prélasser
ruclon : fumier, décharge
ruclonner : fouiller dans les poubelles
rude : drôlement
ruper : rafler, dépenser
salée : galette aux œufs et au beurre
samaritain : secouriste
schlaguée : correction
sé-col : lui
septante : soixante-dix
signeaufile : clignotant
soigner : ranger avec soin
sommelière : serveuse
sugus : caramel aux fruits
tablard : rayon d'une armoire - bêta, gaffeur (Vaud)
tablette : pastille, bonbon
tâches : devoirs scolaires
taguenasser : tracasser
talmacher : jargonner
tâte-dzénaille : personne indécise
tavan : taon
tchuffer : faire un gros baiser humide
té-col : toi
tiper : enregistrer sur la caisse enregistreuse
tonneau : juron familier
tôt-fait : gâteau vite fait
torée : feu de berger
toupine : grosse jarre de grès ou femme stupide
tracassin : machine défectueuse
tracer : biffer
traîne-patin : celui qui va de bar en bar
trempe : mouillé
tremblette : tremblote
trigaille : noctambule
verrée : moment où l'on offre à boire
verser : tomber
virolet : petit virage
vos-col : vous
vogue : kermesse
volée de camarades : élèves d'une même classe
votation : vote
welsche : Suisse romand (péjoratif)
wiguêtze : bombance
witz : plaisanterie
yass : jeu de cartes proche de la belote
yorbe : escalier tournant
zwieback : biscotte sucrée oblongue
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Les expressions du français de Suisse
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faire un travail à double : faire un travail en double exemplaire
à profiter : profitez-en
être à niveau : être de niveau
je reviens d'abord : je reviens tout de suite
adieu : bonjour ! bonsoir !
aller avec : fréquenter
je m'en suis allée : je m'en suis allée
aller baigner : aller se baigner
aller contre : aller vers
il y a une année en arrière : il y a une année de cela
s'appondre à la tâche : se mettre au travail avec zèle
arriver dessus : tomber sur
arrive que plante : advienne que pourra
attendre sur quelqu'un : attendre quelqu'un
souper avec des pommes de terre : souper de pommes de terre
avec ça que : sans compter que
je l'ai eu vu : je l'ai vu jadis
avoir le va-va : ne pas tenir en place
être sur le ballant : hésiter
avoir le ballon : être enceinte
donner un bec : faire une bise
biller dans quelqu'un : heurter quelqu'un
se monter le bobéchon : se monter la tête
il fait bon chaud : il fait très chaud
rien que de bon : tout va bien
avoir de bonne façon : avoir de l'allure
borne hydrante : pompe à incendie
les bras pendants : les bras ballants
il brûle : il y a un incendie
il a ça fait : il a fait ça
il pleut en cachette : il pleuvine
courber les cours : sécher les cours
ça déva, ça reva : ça ne va plus, ça va encore
ramener une caisse : rentrer ivre chez soi
prendre une caisse : prendre une cuite
ça fait droit chier la caque : c'est vraiment ennuyeux
va donc, eh ! caqueux ! : va donc, minable !
le père Chalande : le père Noël
chambre de bain : salle de bains
chambre à manger : salle à manger
chambre à lessive : buanderie
charette de gueux ! : maudits gueux
charogne de gamins ! : satanés gamins
En cheni : en désordre
se mettre à la chotte : s'abriter de la pluie
citoyen-soldat : soldat suisse
mé-col : moi-même
té-col : toi-même
comme ça grande : grande comme ça
comme que comme : de toute façon
contre les trois heures : aux environs de trois heures
coter une porte : fermer une porte à clé
courber l'école : faire l'école buissonnière
course d'école : voyage scolaire annuel
crier sur : critiquer
resté croché : rester coincé
cuite fédérale : fameuse cuite
cul-plat : sur le derrière
en cupessese : sens dessus dessous
déchotter : quitter un abri après la pluie
déçu de peu : déçu
déçu en bien : favorablement surpris
demander après : s'informer
demander une question : poser une question
depuis tout petit : dès le plus jeune âge
se mettre sur la déroute : mener une vie dissipée
mettre en déroute : déboucher
faire désordre : ne pas être net
en plein dian : en plein midi
dire quelque chose : réprimander
donner le tour : s'en tirer
donner du mauvais temps : le mauvais temps peut arriver
droit contre : droit sur
droit direct : tout à fait
nom de d'zou : nom de Dieu
école enfantine : école maternelle
c'est égal : c'est la même chose
être émotionné : être ému
s'encrouyer : s'encanailler
envoyer baigner quelqu'un : envoyer promener quelqu'un
c'est épouvantable : c'est incroyable
monter en haut les escaliers : monter l'escalier
tomber en bas les escaliers : tomber dans l'escalier
faites-excuse : excusez-moi
par exprès : intentionnellement
pas exprès : pas intentionnellement
faire une maladie : être malade
faire plombier : exercer le métier de plombier
faites seulement : faites donc
c'est parce : c'est drôle
être fin saoul : être tout à fait saoul
à force que : tellement
fourre d'oreiller : taie d'oreiller
fourre de canapé : housse de canapé
fourre de caméra : étui de caméra
fourre de disque : pochette de disque
sur France : en France
frimer les magasins : chiner
maître fruitier : fromager
payer ses galons : exercer un nouveau grade
en ganguille : en loques
gatter : faire l'école buissonnière
une giclée d'alcool : une goutte d'alcool
une longue giclée : un individu très grand
avoir la gratte : avoir des démangeaisons
être en gris-vert : être sous les drapeaux
par hasard : peut-être
en haut l'escalier : au haut de l'escalier
monter en haut une côte : monter une côte jusqu'en haut
hier au soir : hier soir
avoir idée : supposer
le Jean Rosset : le soleil
le Jean d'Yverdon : vent d'ouest, sud-ouest
çà joue : c'est juste, çà va
voir jour : voir clair
boucher le jour : intercepter la lumière
les deux : tous les deux
aller loin : sortir
avoir loin : avoir un long chemin à faire
depuis tout loin : du plus loin
être loin : être absent
jeter loin : jeter par les fenêtres
aller long : durer longtemps
faire long : rester un moment
ma fi : ma foi
ça maille : ça gueule
se mailler : se tordre de rire
c'est mal fait : c'est dommage
manger dehors : aller déjeuner au restaurant
avoir meilleur temps : avoir avantage à
la même chose : de la même manière
merci en attendant : merci
mener le diable : faire du tapage
mettre en bas : renverser
se mettre d'un parti : adhérer à un parti
se mettre avocat : prendre profession d'avocat
un de mieux : un de plus
tout moindre : abattu
la moindre : le moins que l'on puisse faire
la moitié plus : deux fois plus
moyennant que : à condition que
donner une bonne-main : donner un pourboire
fourrer un livre : recouvrir un livre
le gâteau au pruneaux : la tarte aux quetsches
aller à la Nièbe : aller se baigner
à niveau de : au niveau de
faire nô-nô : dormir
aller au nô-nô : aller se coucher
y en a point comme nous : nous sommes les meilleurs
le petit nouvel an : 3 janvier - fête de famille
à noveyon : à la nuit tombante
sale œuf : sale type
oh, alors ! : exclamation d'étonnement
propre comme un oignon : personne extrêmement propre
être en ordre : c'est parfait
être outre avec : en avoir fini avec
un pain parisien : une baguette
un pair de : quelques-uns
par ensemble : en commun
par exprès : exprès
par là autour : à peu près
pardine : certainement
se faire parmi : s'oublier
tout aprtout : tout
pas ? : n'est-ce pas ?
patte à relaver : lavette pour la vaisselle
peler les œufs : écaler les œufs
je n'ai personne vu : je n'ai vu personne
un tant soit peu : un tout petit peu plus
je l'ai pilée : j'en ai bavé
envoyer quelqu'un aux pives : envoyer promener quelqu'un
poser les planques : baisser les bras
mettre une voiture sur les plots : mettre une voiture sur les cales
plus bon : meilleur
plus pire : pire
ne plus pouvoir en avant : ne plus pouvoir continuer
non plus pas : pas non plus
être du non plus : n'en plus pouvoir
faire la potte : bouder
quoi pour : comme
propre en ordre : saigné
quand c'est que ? : quand est-ce que ?
si j'étais que de vous : à votre place
qué ? : n'est-ce pas ?
que non : bien sûr que non
qu'est-c'est ? : qu'est-ce que ?
râper dessus : se faire engueuler
à reculette : à reculons
se réduire : aller se coucher
reloin : de nouveau loin
être rendu : être fatigué, être arrivé
à renouveau : à nouveau
cours de répétition : période de service militaire
repoutzé : tiré à quatre épingles
à la prévoyance : à la revoyure
faire des rires : comme on a ri !
pleuvoir à la roille : pleuvoir à verse
rondo : avec entrain
je l'ai rotée : j'en ai bavé
être royé... ou bien ! : être fou
se mettre à la chotte : se mettre à l'abri
sans autre : sans autre discussion
santé et conservation : à votre santé
boire ou faire Schmolitz : vider son verre d'un seul trait avec quelqu'un qu'on va tutoyer
sur semaine : en semaine
être servi : être rassasié
service ! : à votre service
servir cette chose : se servir de cette chose
faites seulement : je vous en prie
être en souci : se faire du souci
sous le coup : être sous le coup de
un beau Suisse : un brave
faire le Suisse : manger seul
c'est sûr : bien sûr
pas tant : pas tellement
tant de bonne heure : de si bonne heure
tant qu'à moi : quant à moi
faire tartir quelqu'un : déranger quelqu'un
tel et tel : untel
avoir meilleur temps de : avoir avantage à
ces temps : en ce moment
d'une tirée : d'une traite
tirer du côté de : ressembler à
tomber dessus : agresser
tournement de tête : vertige
tout de bon : tout va bien
tout partout : absolument partout
tout plein gentil : c'est aimable
tout soudain : brusquement
au tout début : tout au début
c'est tout moi qui : c'est moi qui ai fait
réduire ses vieilles chaussures : ranger ses vieilles chaussures
venir après : poursuivre
venir contre : venir vers
venir dessus : courir après
venir en bas : descendre
il veut pleuvoir : il va pleuvoir
ça veut : ça va
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Egger Ph.