M

M
Aiguille de l´M, 2844m, nommée ainsi en raison de sa forme vue de Chamonix (Aiguilles de Chamonix, massif du Mont-Blanc, Haute-Savoie).

Ma, Mâ
Selon Guex ce nom représente le patronyme Max, prononcé mâ.
Pra Ma, lieu-dit (Granges-près-Marnand, district de Payerne, Vaud) ;
Chaux de Jean Mâ, anciennement Chaux de Jean Max, d´une vieille famille de Bourg-Saint-Pierre, lieu-dit (Valsorey, Bourg-Saint-Pierre, district d´Entremont, Valais) ;
Creux du Mâ, maison isolée (Bourg-Saint-Pierre, district d´Entremont, Valais) ;
Dzeu du Mâ, forêt (Bruson, Bagnes, district d´Entremont, Valais).

Maborzet, Mauborget, Montborget
Mauvais petit bourg, mauvais quartier, préfixe Mau-, « mauvais », et Borget, « petit bourg ».
Mauborget, Villar Malborget en 1403, in malo Borgeto en 1505, commune et village (District de Grandson, Vaud).
Par mutation patoise du son [j] en [z] :
Maborzet, Malborget en 1380, raccard (Nax, district d´Hérens, Valais) ;
Rue de Maborzet (Bramois, Sion, Valais).

Par remotivation :
Montborget, Mauborget en 1314, hameau et ancienne commune (Murist, district de la Broye, Fribourg) ;
Montborget, maisons isolées (Vuisternens-devant-Romont, district de la Glâne, Fribourg).


Macconnens
Hameau de la commune de La Folliaz, district de la Glâne (Fribourg), Mascon[n]ens en 1320, Macconens en 1335, Mascognin au XVIème siècle, nom d´origine burgonde qui dériverait d´un primitif *Masconingos, « chez les Masconingi », dérivé du nom propre Masco, du radical masca, « masque » [Perrenot]. Pour Aebischer il s´agirait d´un anthroponyme latin Macconius, mais celui-ci n´explique pas la forme ancienne Masconens.

Macconod, Maconnex
Noms d´origine gallo-romaine, dérivés du gentilice Maconius attesté.
Probablement d´un primitif *Maconiacum, avec le suffixe -acum :
Maconnex, Maconay en 1277, Maconex en 1528, Macconex en 1644, La vella de Macconnay en 1691, village (Ornex, Pays de Gex, Ain) ;
Maconnex, hameau (Jongny, district de Vevey, Vaud).

Dérivé avec le suffixe -od :
Macconod, Rocca de Maconosto en 1116, Macono en 1212, Masconoz en 1309, De Maconodo en 1501, Masconod au XVIème siècle, Maconod en 1670, hameau (Brénod, Haut-Bugey, Ain).


Machamp
Mauvais champ : préfixe Ma-, et champ, latin campus, « campagne cultivée, champ ».
Machamp, maisons isolées (Samoëns, Faucigny, Haute-Savoie).

Machard
Patronyme Machard, de l´anthroponyme germanique Maginhard, ancien haut allemand magan, « force », et hart, « dur, fort ».
Machard, maison isolée, Bois Machard, firêt, et Etang Machard, lieu-dit (Condeissiat et Montracol, Bresse, Ain) ;
Le Machard, maison isolée (Le Montellier, Dombes, Ain).
Par féminisation :
Les Machardes, maisons isolées (Tossiat, Bresse, Ain).


Mache, Mâche, Mâchette, Machettes
De l´ancien français mache, « meule [de foin] », du latin meta, « cône, pyramide », synonyme de Maye.
Rochers de la Mache, falaise, et Bois de sous la Mache, forêt (Bellevaux, Chablais, Haute-Savoie) ;
Mâche, Mecin en 1103, Maches vers 1150, nom allemand actuel Mett, Metten en 1305, ancienne commune bernoise du district de Bienne, réunie à Bienne en 1920 ; selon Jaccard de l´ancien français mache, le nom allemand venant du latin meta ;
La Mâche, alpage (Vaulion, district d´Orbe, Vaud) ;
Mâche, village (Hérémence, district d´Hérens, Valais).
Diminutifs avec le suffixe -ette :
Mâchette, hameau de Mâche (Hérémence, district d´Hérens, Valais) ;
Les Machettes, maison isolée (Villard-sur-Doron, Beaufortain, Savoie).


Machefer
Hameau de la commune de Collex-Bossy et bois de la commune de Versoix (Genève), d´un patronyme issu d´un sobriquet, de l´ancien français machier, « broyer, froisser, meurtrir ».

Macheré, Macherelles, Macheret, Mâcheron, Matseru
Des patronymes d´origine fribourgeoises Macherel, Macheret, dérivés de mâcher, ou du patois matsérâ, vieux français mascheré, « mâchuré, barbouillé de noir », ou encore du patois matserai, « couloir ».
Macheré, Mascherel en 1281, Mâcherey en 1906, maisons isolées, Grand Macheré, lieu-dit, ancienne forme du patronyme (Troistorrents, district de Monthey, Valais) ;
Macheret, lieu-dit (Jussy, Genève).
Par féminisation :
Les Macherelles, en Macherey et in Macherel en 1339, en Mascherel en 1600, quartier de la commune de Bôle (District de Boudry, Neuchâtel).

Probablement une forme patoise :
Matseru, alpage (Gruyères, district de la Gruyère, Fribourg).

Patronyme Mâcheron, de même origine :
Mâcheron, hameau, et Rivière de Mâcheron, affluent du Pamphiot (Allinges, Bas-Chablais, Haute-Savoie).


Machevaz
Hameau de la commune de Saint-Jorioz (Annecy, Haute-Savoie), du verbe patois savoyard macheva, « dépérir », ancien français meschever, « avoir du malheur, échouer », et au participe passé meschevé, « malheureux ».

Machilly
Commune et village (La Côte en Chablais, Haute-Savoie), Maciliaco en 1012-1019, maximiaco (lire maxilliaco) en 979-1046, Cura de Machillie vers 1344, d´un nom de domaine d´origine gallo-romaine *Maciliacum, dérivé avec le suffixe -acum du gentilice Macilius.

Machuraz
Château de la commune de Vieu (Valromey, Ain), Maschiraz en 1258, Mascheras en 1267, Grangia de Machiraz en 1313, Domus fortis Machuratis au XVème siècle, Le chasteau de Macheras au XVIIème siècle, peut-être dérivé avec le suffixe d´appartenance -atis d´un nom de personne *Machirus.

Machy
Machy, hameau de la commune de Dardagny (Genève), probablement d´un nom de domaine d´origine gallo-romaine *Masciacum, Massiacum, dérivé avec le suffixe -acum du gentilice Mascius, Massius.

Macolin
Village de la commune d´Evilard (District de Bienne, Berne), Macalingen en 1304, Macoleyn en 1341, nom allemand actuel Magglingen, Macoleyn en 1341, nom d´origine burgonde qui dériverait soit d´un primitif *Magolingos, « chez les Magolingi », dérivé du nom propre Magila latinisé en Macola, soit d´un primitif *Makilingos [Perrenot].
Prés de Macolin derrière, pâturage avec habitat dispersé (Lamboing, district de la Neuveville, Jura bernois).

Maçons
Les Maçons, maison isolée de la commune de Granges-Paccot, district de la Sarine (Fribourg), remotivation du patronyme Masson [Aebischer].

Macully
Hameau de la commune de Poisy (Annecy, Haute-Savoie), d´un nom de domaine d´origine gallo-romaine, probablement *Maculiacum, dérivé avec le suffixe -acum du gentilice Maculius.

Madame
Côte Madame, lieu-dit en forêt de la commune de Chavanod (Annecy, Haute-Savoie), avec le titre de Madame donné à une femme issue de la noblesse.

Madeleine, Madeleines, Magdeleine
Prénom féminin Madeleine, de l´araméen Magdalena, « originaire de Magdala », où Magdala signifie « La Tour ». Comme Saint Lazare et sa soeur Sainte Madeleine étaient les protecteurs des lépreux, certains de ces toponymes rappellent la présence d´une léproserie ou d´une maladière.
La Madeleine, pâturage (Val de Moiry, Grimentz, district de Sierre, Valais) ;
La Madeleine, hameau près d´une ancienne maladière, et Ruisseau de la Madeleine (Cornier, Faucigny, Haute-Savoie) ;
La Madeleine, apud Magdalenam en 1436, La Magdeleine-de-Varambon en 1743, hameau (Varambon, Bresse, Ain) ;
Rue de la Madeleine (Genève) ;
Plaine Madeleine, lieu-dit (Chandolin, Val d´Anniviers, Valais) ;
Col de la Madeleine, 1984m, entre la vallée de la Maurienne et la Tarentaise (Savoie, France) ;
Les Rayons de la Madeleine, sommet, 3051m (Alpes Pennines, Bourg-Saint-Pierre, district d´Entremont, Valais et vallée d´Aoste) ;
Sex des Madeleines, parois (Hérémence, district d´Hérens, Valais) ;
La Magdeleine, commune et village dont le nom vient d´un oratoire dédié à Sainte Marie-Madeleine (Vallée d´Aoste).

Madzé, Madzeria
Probablement une forme patoise valaisanne de Margeriaz, « pâturage à moutons, bergerie », avec mutation du son [j] en [dz].
Madzé, pâturage (Morgins, Troistorrents, district de Monthey, Valais) ;
Madzeria, maisons isolées près de Mauvoisin (Bagnes, district d´Entremont, Valais).

Maffray, Mafré
Patronymes Maffray, Mafré, variantes de Maffre, qu dériverait d´un anthroponyme germanique *Matfrid, ancien haut allemand math, germanique *mathi, « force, pouvoir » et ancien haut allemand fridu, « paix », germanique *friþu, « amour, paix ».
Maffray, hameau (Passy, Haut-Faucigny, Haute-Savoie) ;
Mont Mafré, alpage (Hauteville, district de la Gruyère, Fribourg).

Maflon
Le Maflon, ruisseau affluent du Flon, « le mauvais ruisseau », de Ma-, « mauvais », et Flon, « ruisseau » (Chapelle, district de la Glâne, et Le Flon, district de la Veveyse, Fribourg).

Maforny
Le Maforny, hameau de la commune de Mase (District d´Hérens, Valais), probablement du préfixe Ma-, « mauvais », et Forny.

Magland
Commune et village du Faucigny (Cluses, arrondissement de Bonneville, Haute-Savoie), Cura de Maglenz vers 1344, Maglans en 1432, dans lequel Perrenot voit un ancien nom d´origine burgonde *Maglens qui dériverait d´un primitif *Magilingos, « chez les Magilingi », dérivé du nom propre Magila, diminutif du radical mag, « puissance ».

Magnaule
La Magnaule, maison isolée de la commune du Flon (District de la Veveyse, Fribourg), par féminisation d´un patronyme comme Magnaux, etc., du latin magnus, racine indo-européenne *meg(h)-, « grand ».

Magne
Probablement de villa magna, latin magna, « grande ».
La Magne, maison isolée (Siviriez, district de la Glâne, Fribourg) ;
La Magne, hameau (Saint-Eustache, Annecy, Haute-Savoie).

Magne
La Magne, hameau dispersé, ancienne commune (Vuisternens-devant-Romont, district de la Glâne, Fribourg), anciennement L´Allemagne, Alamania en 1364, dérivé par mécoupure de l´ancien nom, voir Allaman.

Magnéaz
Village de la commune d´Ayas (Vallée d´Aoste), nom qui pourrait venir du latin magna, « grande ».

Magnedens
Commune et village du district de la Sarine (Fribourg), Manoldens en 1156, Mannidens au XIIIèmesiècle, Magnoudeins et manudens en 1229, Magnuidens en 1263, Magnudens en 1281, Manudins en 1567, Manudens en 1578, Magniendens en 1645, nom allemand Magneding, nom d´origine burgonde qui dériverait d´un primitif *Manoldingos, « chez les Manoldingi », dérivé du nom propre Manold, « celui qui règne virilement », du germanique *mana, manna, « homme » et *valdan, « celui qui règne » [Perrenot]. Selon Stadelmann l´anthroponyme germanique est Magenold, Maginold, Meginold représentant un Maganwald plus ancien, composé de *magan, peut-être du latin magnus, « grand » et wald[an], cf Maginold, aussi nommé Sankt Mang, heilige Magnus. On préfère y voir un Maginold, « celui qui règne avec la force », germanique *magana, magina, « force », et *valdan, « celui qui règne ».

Magnena, Magnenat, Magnenetta, Magnenette, Magnin
Des patronymes Magnenat, Magnin, très répandus en Suisse Romande, ou par féminisation d´un patronyme Magnin. Voir le mot régional magnin.
La Magnena, ferme isolée (Charmey, district de la Gruyère, Fribourg) ;
La Magnenat, maison isolée (Gimel, district d´Aubonne, Vaud) ;
Creux Magnin, lieu-dit (Val d´Arpette, Orsières, district d´Entremont, Valais) ;
Pré Magnin, maisons isolées (Ballaigues, district d´Orbe, Vaud) ;
Tattes Magnin, lieu-dit et vignes (Jussy, Genève).
Avec le suffixe diminutif patois -etta :
La Magnenetta, ferme isolée (Vuadens, district de la Gruyère, Fribourg).

Avec le suffixe diminutif -ette :
La Magnenette, forêt déclive (L´Etivaz, Château-d´Oex, Pays-d´Enhaut, Vaud).


Magnenèche
Quartier d´Ollon (District d´Aigle, Vaud), Magnevesches en 1373.

Magneux, Magnieu, Magny
Noms de domaines d´origine gallo-romaine Magniacus, dérivé avec le suffixe -acus du gentilice Magnius, issu du surnom Magnus, « grand », racine indo-européenne *meg(h)-, « grand ».
Etang Magneux, de Magniaco en 1187, étang (Monthieux, Dombes, Ain) ;
Magnieu, Maigneu en 1265, Magnieu en 1290, Magnyou en 1343, Magniacus en 1385, Ecclesia de Magniaco vers 1400, commune et village du Bugey (Arrondissement de Belley, Ain) ;
Magny, Ecclesia de Mainniaco en 1152, de Manayaco en 1250, Magniez en 1436, hameau (Moëns, Pays de Gex, Ain) ;
Magny, hameau (Reignier, Genevois, Haute-Savoie) ;
Route de Magny, d´un ancien lieu-dit (Bex, district d´Aigle, Vaud).

Magnin, Manens, Mannens
Noms d´origine burgonde, dériveraient d´un primitif *Manningos, « chez les Manningi », dérivé du nom propre Manna, germanique *mana, manna, « homme » [Perrenot].
Magnin, Magnyns en 1343,
Le Mas Magnin, Magniens en 1299-1369,
Manens, Mannens en 1199, ancien fief (Villars-le-Terroir, district d´Echallens, Vaud) ;
Mannens, Magnens en 1184 et 1320, Mannens en 1228, Magnens et Manens en 1504 et à nouveau Mannens en 1771, village et ancienne commune (Montagny, district de la Broye, Fribourg).

Magnin
Le chemin Magnin, appellation actuelle d´une voie romaine qui longeait tout le pied du Jura, la Via Magna, « Grande Voie ».

Magnot
Hameau de la commune de Vétroz (District de Conthey, Valais), Amanoisco en 1100, Amagnoc en 1200, Magniot en 1217, Magnioch en 1224, Magnoch en 1227, Amagnyoch en 1250, Magnohc en 1267, Amagniosc en 1324, Magnyoch en 1417, Magnyot en 1453, aussi Magnon et Maignon en 1906, probablement d´un primitif Ma[g]nioscus, avec dans certains cas agglutination d´une préposition a, nom issu d´un gentilice Magnius avec le suffixe -oscus. On trouve dans les chartes Magniez en 1202, Menniez en 1217, Maigniez en 1218, feodo de Mennie en 1431, d´un nom de domaine d´origine gallo-romaine Magniacum, et d´autre part dans une charte allemande Megins, Mengnes, Megnes et Manges en 1446, qui désignent sans doute le même lieu ; on aurait donc trois dérivations ligure, gallo-romaine et germanique d´une même racine Magn- [Jaccard].

Magy
Hameau de la commune des Gets (Faucigny, Haute-Savoie), patronyme.

Mai, May, Mè, Met
Peut-être du patois jurassien mè, maie, « pétrin », par métaphore [Prongué].
Côte de Mai, forêt déclive, et Bief de la Côte de Mai, cours d´eau (Bourrignon, district de Delémont, Jura) ;
La May, forêt déclive (Saint-Ursanne, district de Porrentruy, Jura) ;
Devant la Mè, anciennement Devant le Melt, hameau (Vermes, district de Delémont, Jura) ;
La Met, hameau (Courrendlin, district de Delémont, Jura).

Maicheratte, Maichières, Méchielles, Méchîles
Patois jurassien maîtchiere, prairie marécageuse où pousse une mauvaise herbe dénommée en patois jurassien maitchiele [Prongué].
Courtes Méchielles, où Courtes dérive probablement de cortis, cf. Courtes, maisons isolées (Courfaivre, district de Delémont, Jura) ;
Les Méchîles, lieu-dit (Damphreux, district de Porrentruy, Jura).
Avec le suffixe collectif -ière :
Les Maichières, maisons isolées (Courrendlin, district de Delémont, Jura).

Avec le suffixe diminutif jurassien -atte :
La Maicheratte, aferme isolée (Corban, district de Delémont, Jura).


Maigrauge, Maigroge
Composé de maigre, latin macra, et Auge [Aebischer].
Maigrauge, claustrum in der durren Owa en 1265, Macra Augia en 1260, Macre Ochie en 1376, quartier où se trouve une abbaye cistercienne (Fribourg, district de la Sarine, Fribourg) ; le nom allemand Magerau, de mager, « maigre », et Au, « prairie », ancien haut allemand *auja, a la même signification ;
Maigroge, Macre Oschie en 1376, Macre ogie en 1334, lieu-dit (Saint-Blaise, Neuchâtel).

Maillard, Maillarda, Maillarde, Maillardoule, Maillards
Du patronyme Maillard, plusieurs étymologies possibles : « porteur de maillet ». ancien français mail, « marteau de fer ou de bois à deux têtes », ou « tordeur de fil », vieux français mailler, « faire avec des mailles », latin macula, « maille de filet », ou encore de l´anthroponyme germanique *magilhard, germanique *magana, magina, « force », et *hardu, « dur, fort ».
Maillard ou Ferme Maillard, maison isolée (Courgevaux, district du Lac, Fribourg) ;
Maillard, maison isolée (Lent, Bresse, Ain) ;
Bois Maillard, forêt (Relevant, Dombes, Ain) ;
Les Blancs Maillards, hameau (Marboz, Bresse, Ain).
Par féminisation :
La Maillarde, maison isolée (Seyssel, Bugey, Ain).

Par féminisation patoise :
La Maillarda, ferme isolée (Rue, district de la Glâne, Fribourg).

Avec le suffixe diminutif -oule :
La Maillardoule, maisons isolées (Forel, district de Lavaux, Vaud).


Maillat
Commune et village du Haut-Bugey (Arrondissement de Nantua, Ain), Mallia en 1262, Malliacus en 1265, Maillia en 1299-1369, De Malliaco en 1343, Mailliacus en 1325, Mailla en 1455, d´un nom de domaine d´origine gallo-romaine Malliacus, dérivé avec le suffixe -acum du gentilice Mallius.

Maillebois
Prés Maillebois, lieu-dit de la commune du Bémont (District des Franches-Montagnes, Jura), avec le patronyme Maillebois.

Maillefer
Sans doute d´un ancien nom de métier signifiant « forgeron », voir le mot régional ou vieux français mailler.
Maillefer, quartier de la ville de Neuchâtel ;
Maillefer, lieu-dit (La Sarraz, district de Cossonay, Vaud) ;
Crêt de Maillefer, forêt (Vuiteboeuf, district d´Orbe, Vaud).

Maillet, Maillettes
Patronyme Maillet, de même origine que Maillard.
Maillet, hameau (Mieussy, Faucigny, Haute-Savoie) ;
Champs Maillet, hameau (Autavaux, Vernay, district de la Broye, Fribourg) ;
Plan Maillet, lieu-dit (Mex, district de Saint-Maurice, Valais) ;
Pra Maillet, maison isolée (Vaulruz, district de la Gruyère, Fribourg).
Par féminisation :
Les Maillettes, lieu-dit en forêt (Versoix, Genève).


Mailly
Le Mailly, lieu-dit de la commune de Genthod, (Genève), probablement un ancien domaine gallo-romain *Malliacum, formé avec le suffixe -acum sur un gentilice comme Mallius.

Main de Fer, Main de Gingins
Le mot main est peut-être ici un dérivé du latin mansio, mansus, « maison, ferme, domaine », voir Mans.
Main de Fer, maisons isolées (Carrouge, district d´Oron, Vaud) ;
Main de Gingins, maison isolée (Trélex, district de Nyon, Vaud).

Maira, Maïre, Mar, Maraiche, Maraîche,
Maraiches, Maraîches, Marais, Marcet, Marchairuz,
Marchande, Marchat, Marche, Marché, Marches,
Marchet, Marchets, Marchettes, Marcheuson, Marcolet,
Marcoran, Marcot, Marcots, Mare, Maréchat,
Marèches, Marechet, Maréchets, Marécottes, Marée,
Mares, Maresse, Maressen, Maresses, Maressettes,
Maretse, Marichet, Marientse, Maro, Marre,
Mars, Marsillon, Martischeiu, Martschen, Martse,
Meretschi, Merras
Marais, au Moyen Age marchesium, latin ecclésiastique maraticum, latin médiéval mariscum, gallo-roman marcasium, gaulois *mercasius, « marais », racine indo-européenne *merk-, merg-, « pourrir » ; ou francique *maresc ou *marisk, gothique marei, « mer intérieure, lac », germanique *môra, « marais », racine indo-européenne *mori, mo :ri, « mer ; eau stagnante ».
Lieu marécageux, marécage, ancien français marchage, marescage, « terrain où il y a des marais ».
Français marais, « étendue de terre recouverte par des eaux peu profondes, parfois stagnantes, et envahies par la végétation aquatique » :
Marais, alpage (Neirivue, Haut-Intyamon, district de la Gruyère, Fribourg) ;
Le Marais, lieu-dit (Vauffelin, district de Courtelary, Jura bernois) ;
Le Marais, peut-être Marechia en 1146, ancien château et hameau, et Col du Marais, 837m (Serraval, Bornes, Haute-Savoie) ;
Les Marais, lieu-dit (Martigny, Valais) ;
Les Marais, Le Marest en 1468, maisons isolées (Marboz, Bresse, Ain).

Français mare, « petite étendue d´eau dormante, formée naturellement ou artificiellement », vieux français mare, « marais », ancien français marc, bas latin mara, « mare, eau dormante », issu de l´ancien nordique marr, germanique *mari, « mer, lac ». :
Maïre, alpage (Rougemont, Pays-d´Enhaut, Vaud) ;
Bras de Mar, lieu-dit (Boudry, Neuchâtel) ;
La Mare, alpage (Les Villards-sur-Thônes, Bornes, Haute-Savoie) ;
Le Mare, lieu-dit (Villars-le-Comte, district de Moudon, Vaud) ;
Bois du Mare, forêt (Surpierre, district de la Broye, Fribourg) ;
Derrière Mare ou Derrière Marais, lieu-dit (Corserey, district de la Sarine, Fribourg) ;
Pra Mare et Au Gros Mare, maisons isolées (Corbières, district de la Gruyère, Fribourg) ;
Pré de la Mare, lieu-dit (Allinges, Bas-Chablais, Haute-Savoie) ;
La Marée, hameau (Ballaison, Bas-Chablais, Haute-Savoie) ;
La Marée dessus, maison isolée (La Côte d´Arbroz, Faucigny, Haute-Savoie) ;
Les Mares, maisons isolées (Villarvolard, district de la Gruyère, Fribourg) ;
Les Mares, Les Mars et In marciis en 1439, maisons isolées (Dommartin, Bresse, Ain) ;
Plan Maro, alpage (Neirivue, Haut-Intyamon, district de la Gruyère, Fribourg) ;
La Marre, commune et village (Voiteur, arrondissement de Lons-le-Saunier, Jura) ;
Champ de Mars, lieu-dit en forêt (Cernex, Genevois, Haute-Savoie) ;
La Combe de Mars, lieu-dit (Saint-Jeoire-Prieuré, Chambéry, Savoie) ;
Creux du Mars, hameau (Essertines-sur-Rolle, district de Rolle, Vaud) ;
Pro de Mars, lieu-dit au bord du Rhône (Saillon, district de Martigny, Valais) ;
Les Mars, hameau (Mijoux, Valserine, Pays de Gex, Ain).

Double diminutif avec les suffixes -ille et -on :
Marsillon, hameau (Troinex, Genève).

Diminutifs jurassiens de marais, mare :
Le Maira, hameau (Buix, district de Porrentruy, Jura), et
Es Vies di Maira, « en les chemins de Maira », lieu-dit (Bure, district de Porrentruy, Jura) ;
Le Merras, lieu-dit (Vendlincourt, district de Porrentruy, Jura).

Vieux français marèche, peuvent être d´anciens marais asséchés, et cultivés par les maraîchers, adjectif ancien français mareschier ; mot régional suisse maraiche, « pré marécageux » [Pégorier] :
Maraiche, peut-être de Maresco en 1153, Mareschet en 1188, hameau (Neuvecelle, Chablais, Haute-Savoie) ;
La Maraiche, lieu-dit (Collonges, district de Saint-Maurice, Valais) ;
Maraiche de la Croix, lieu-dit dans la plaine du Rhône (Martigny, Valais) ;
Les Maraiches ou La Maraiche, maison isolée (Siviriez, district de la Glâne, Fribourg) ;
Maraîche, lieu-dit (Carrouge, district d´Oron, Vaud) ;
Les Maraîches, lieu-dit dans la plaine du Rhône (Martigny, Valais) ;
Les Marèches, forêt (Ballens, district d´Aubonne, Vaud) ;
La Maresse, lieu-dit, Torrent de la Maresse, affluent de la Borgne d´Arolla, et Tsalet de la Maresse, pâturage (Evolène, district d´Hérens, Valais) ;
Les Maresses, lieu-dit en forêt (Vernamiège, district d´Hérens, Valais).

Avec les suffixes diminutifs -et, -ette :
Marechet, lieu-dit (Mauraz, district de Cossonay, Vaud) ;
Aux Maréchets, lieu-dit (Vandoeuvres, Genève) ;
Les Maressettes, lieu-dit (Veyras, district de Sierre, Valais) ;
Marichet, lieu-dit (La Praz, district d´Orbe, Vaud).

Avec les suffixes diminutifs -ot, -otte :
Marécot, Marescot en 1696, lieu-dit (Choëx, Monthey, Valais) ;
Les Marécottes, village (Salvan, district de Saint-Maurice, Valais).

Avec le suffixe collectif patois -at :
Le Maréchat, lieu-dit (Rovray, district d´Yverdon, Vaud).

Forme patoise valaisanne avec mutation du son [ch] en [ts] :
La Maretse, lieu-dit (Nendaz, district de Conthey, Valais) ;
Les Maretses, lieu-dit humide (Savièse, district de Sion, Valais).

Ancien français marchais, marchas, marchois, « marais, marécage » :
La Marchande, lieu-dit, a peut-être la même origine (Goumoëns-la-Ville, district d´Echallens, Vaud) ;
Bois du Marchairuz, Mont Marchia en 1208, Marchirioux en 1346, et Col du Marchairuz, 1447m (Le Chenit, Vallée de Joux, Vaud) ;
La Marche, maison isolée (Cheiry, district de la Broye, Fribourg) ;
L´Etang de Marché, lieu-dit (Féternes, Chablais, Haute-Savoie) ;
Rue du Marché, in vico de Marchez en 1260, porta de Marchez en 1270, rue de Marche en 1450, ancien terrain marécageux au niveau du lac (Ville de Genève) ;
Les Marches, bois (Champvent, district d´Yverdon, Vaud) ;
Les Marches, forêt déclive, et Chapelle des Marches, maisons isolées (Broc, district de la Gruyère, Fribourg).

Français marchat, « endroit ou se vautre le sanglier pour se débarrasser des parasites externes », synonyme de souille :
Le Marchat, hameau (Thierrens, district de Moudon, Vaud).

Diminutifs avec les suffixes -et, -ette :
Marcet, en Marsel en 1381 (Vouvry, district de Monthey, Valais) ;
Le Marchet, hameau (Neyruz, district de la Sarine, Fribourg) ;
Grand Marchet, sommet, 2651m, Col du Grand Marchet, 2490m nom monté (Pralognan-la-Vanoise, Vanoise, Savoie) ;
Les Marchets, lieu-dit (Cheiry, district de la Broye, Fribourg) ;
Les Marchettes, maison isolée (La Verrerie, district de la Veveyse, Fribourg).

Avec le suffixe diminutif -ot, ou patronyme Marcot, diminutif du prénom Marc :
Le Marcot, alpage en clairière (Vallon de Van, Salvan, district de Saint-Maurice, Valais) ;
Les Marcots, lieu-dit (Beaufort-sur-Doron, Beaufortain, Savoie).

Avec le double suffixe diminutif -olet :
Le Marcolet, quartier (Crissier, district de Lausanne, Vaud).

Avec le suffixe diminutif -on :
Marcheuson, alpage (Val-d´Illiez, district de Monthey, Valais).

Forme patoise avec mutation du son [ch] en [ts] :
La Martse, alpage (Neirivue, Haut-Intyamon, district de la Gruyère, Fribourg).

Avec le suffixe -entse :
La Marientse, maison isolée (Les Thioleyres, district d´Oron, Vaud).

Peut-être de même origine :
Marcoran, maison isolée (Bluffy, Bornes, Haute-Savoie).

Forme alémanisée au XVème siècle :
Maressen, de Maresse avec un pluriel germanique, lieu-dit (Loèche-les-Bains, district de Loèche, Valais) ;
Martischeiu, lieu-dit (Tourtemagne, district de Loèche, Valais) ;
Martschen, vigne (Salquenen, district de Loèche, Valais) ;
Meretschi, aussi Meretschen, hameau (Agarn, district de Loèche, Valais).


Maire, Mairesse
Le premier officier municipal d´une ville, d´une commune. Du latin major, « plus grand ».
Bois au Maire, forêt (Vendlincourt, district de Porrentruy, Jura) ;
Cerneux au Maire, maisons isolées (Les Bois, district des Franches-Montagnes, Jura).
Patronyme Maire, de l´ancien prénom franc-comtois Maire, du latin Marius :
Plan Maire, lieu-dit (Tramelan, district de Courtelary, Jura bernois).

Par féminisation :
La Mairesse, hameau (Colombier, district de Boudry, Neuchâtel).


Mais, Maison, Maisonache, Maisonasse, Maisoncle,
Maisonettes, Maisonnasse, Maisonnetta, Maisonnette, Maisonnettes,
Maisons, Maisses, Maix, Man, Mans,
Manse, Mansonnette, Mas, Mâs, Masure,
Masures, Mays, Maz, Mazé, Mazet,
Mazettes, Mazot, Mazots, Metz, Mex,
Mey
Habitation rurale importante, manse, habitation rurale en fief au Moyen Age. Ancien occitan maizon, maijo, qui désignait au Moyen-Age une maison de maître, latin mansio, mansus, « maison, ferme, domaine », gaulois *maes, *magen.
Français maison, « bâtiment servant de logis, d´habitation, de demeure » :
Pré de la Maison, maisons isolées (Le Glèbe, district de la Sarine, Fribourg) ;
Maison Carrée, lieu-dit (Vernier, Genève) ;
Maison Vieille, maisons isolées (Lapeyrouse, Dombes, Ain) ;
Vieille Maison, ruine en clairière (Gex, Ain) ;
Les Maisons, hameau (Duingt, Annecy, Haute-Savoie) ;
Les Maisons, alpage (Bionnassay, Saint-Gervais-les-Bains, Val Montjoie, Haute-Savoie) ;
Les Trois Maisons, hameau (Ugine, Val d´Arly, Savoie).

Diminutifs avec le suffixe -ette :
Les Maisonettes, maisons isolées (Belprahon, district de Moutier, Jura bernois) ;
La Maisonnette, hameau (Randens, Basse-Maurienne, Savoie) ;
Les Maisonnettes, maisons isolées (Brizon, Faucigny, Haute-Savoie).

Avec le suffixe diminutif patois -etta :
Maisonnetta, alpage (Verrayes, vallée d´Aoste).

Avec le suffixe diminutif -cle :
Maisoncle, hameau (Saint-Denis, vallée d´Aoste).

Avec les suffixes -ache, -asse :
Torrent de Maisonache, Maijonèche, Mayonèche et Maizonaches en 1906, affluent de la Dixence (Hérémence, district d´Hérens, Valais) ;
Maisonasse ou Maisonnasse, hameau (Valgrisenche, vallée d´Aoste) ;
Maisonnasse, hameau (Valtournenche, vallée d´Aoste).

Ancien français mansion, « demeure, habitation », avec le suffixe diminutif -ette :
Mansonnette, maison isolée (Bretaye, Ollon, district d´Aigle, Vaud).

Français manse, « petit domaine agricole, tenu héréditairement à cens par un colon ou un serf, et qui comprenait une maison d´habitation et une terre dont l´étendue permettait de faire vivre une famille », latin médiéval mansus, « demeure, maison, domaine », voir manse :
Le Man, alpage (Les Clefs, Bornes, Haute-Savoie) ;
Le Mans, maisons isolées (Praz-sur-Arly, Haut-Faucigny, Haute-Savoie) ;
Les Mans, lieu-dit (La Giettaz, Val d´Arly, Savoie) ;
Grange des Mans, maison isolée en clairière (Dingy-Saint-Clair, Bornes, Haute-Savoie) ;
La Manse, ancienne manse conventuelle de la Chartreuse d´Aillon, aujourd´hui un hameau (Aillon-le-Jeune, Bauges, Savoie).

Ancien français masure, « demeure, maison et terres qui en dependent », du latin médiéval mansura, « petit manse », qui n´avait pas le sens péjoratif actuel :
La Masure, aussi écrit La Mazure, village (Sainte-Foy-Tarentaise, Savoie) ;
Les Masures, maisons isolées en clairière (Champ-Laurent, Val Gelon, Savoie) ;
Plan des Masures, lieu-dit (La Léchère, Tarentaise, Savoie).

Provençal mas, « ferme, maison de campagne », ancien français mes, « maison de campagne, ferme, propriété rurale ; jardin ; habitation, demeure » :
Le Mas de Pesay, lieu-dit (Presinge, Genève) ;
Joil Mas, maison isolée (Les Verrières, district du Val-de-Travers, Neuchâtel) ;
Mas Dessous, maisons isolées (Aillon, Bauges, Savoie) ;
Combe des Mas, lieu-dit en forêt (Armoy, Bas-Chablais, Haute-Savoie) ;
Les Mâs, maisons isolées (Châbles, district de la Broye, Fribourg), et Champ des Mâs, maisons isolées (Bollion, Lully, district de la Broye, Fribourg) ;
Les Mays, ruines de maison isolée en clairière (La Rivière-Enverse, Faucigny, Haute-Savoie) ;
Le Maz, hameau (Megève, Haut-Faucigny, Haute-Savoie).

Mot régional mazot, « petit bâtiment alpestre en bois », avec le suffixe diminutif -ot :
Mazot des Dames, maison isolée (Bex, district d´Aigle, Vaud) ;
Les Mazots, alpage (Ormont-Dessus, district d´Aigle, Vaud).

Ancien français maset, « sorte de tenure sur laquelle s´élevait en général une maison » :
Mazet, lieu-dit (Troistorrents, district de Monthey, Valais) ;
Le Mazet, maison isolée (Mégevette, Faucigny, Haute-Savoie) ;
Les Mazettes, hameau (Vandoeuvres, Genève).

Patois valaisan mazé, « chalet » :
Mazé, lieu-dit (Orsières, district d´Entremont, Valais).

Ancien français meix, synonyme de oche, ou autre origine :
Les Mais, alpage, nom monté aux Rochers des Mais, 1413m (Taninges, Faucigny, Haute-Savoie) ;
Les Maisses, quartier (Douvaine, Bas-Chablais, Haute-Savoie) ;
Metz, ancien nom latin Metis, Cura de Maez vers 1344, aussi Mééz, village de la commune de Metz-Tessy, ancienne commune jusqu´en 1935 (Annecy-Nord-Ouest, arrondissement d´Annecy, Haute-Savoie) ;
Metz, alpage, nom monté à la Pointe de Metz, 2553m (Sarre, vallée d´Aoste) ;
Mex, Mais en 1147, Maiz en 1177, May en 1371, aussi Mey, commune et village (District de Cossonay, Vaud) ;
Mex, Meys en 1298, Mez en 1338, commune et village, et L´Au de Mex, alpage dans la même commune (District de Saint-Maurice, Valais) ;
Champ du Mex, lieu-dit (Delley-Portalban, district de la Broye, Fribourg) ;
Combe de la Mey, lieu-dit, peut-être de même origine (La Rippe, district de Nyon, Vaud).

Dans le Jura, un maix est un domaine d´un seul tenant :
Le Maix Baillod, maison isolée (La Châtagne, district du Locle, Neuchâtel).


Maison, Maisons
Oronyme, par métaphore.
Grande Maison, sommet, 3057m, Comba de la Grande Maison, parcouru par le Torrent de la Grande Maison (Ollomont, vallée d´Aoste) ;
Maisons Blanches, chaînon de montagnes du massif des Combins (Bagnes et Bourg-Saint-Pierre, district d´Entremont, Valais), Plateau des Maisons Blanches, glacier (Massif des Combins, Bagnes, district d´Entremont, Valais), Col des Maisons Blanches, 3418m, entre les communes de Bagnes et de Bourg-Saint-Pierre (Massif des Combins, district d´Entremont, Valais).

Maisondraz
La Maisondraz, hameau de la commune de Thônes (Bornes, Haute-Savoie), composé de Maison et d´un suffixe indéterminé, peut-être un patronyme.

Maisonnex
Maisonnex Dessous et Maisonnex Dessus, hameaux de la commune de Meyrin (Genève), Maisiniacum ou Maisoniacum en 1153, Marsiniaco al. Maisiniaco en 1250, puis Mesonacum, nom de domaine d´origine gallo-romaine dérivé avec le suffixe -acum d´un nom propre gallo-romain comme Maisonius.

Maissiat, Meyssiès
D´un nom de domaine d´origine gallo-romaine Messiacum, dérivé avec le suffixe -acum du gentilice Messius.
Maissiat, Ecclesia de Meissia vers le XIIème siècle, Meyssia et Meyssiacus en 1299-1369, Messia en 1394, Meyssiaz en 1500, Maissia sur la Carte de Cassini, Maissiat en 1847, Meyssiat en 1911, hameau (Dortan, Haut-Bugey, Ain), et Ruisseau de Maissiat, Becium de Vermans en 1419, Le Biez-de-Meyssiat en 1911, nom monté au Mont de Maissiat, 758m ;
Meyssiès, Messiacum villa au Xème siècle, Mesciacum au XIIème siècle, Messie et Messiez au XIVème siècle, commune et village du Pays viennois (Saint-Jean-de-Bournay, arrondissement de Vienne, Isère).

Maiteneux, Metteneux
Par mécoupure de L´Aimetteneux.
La Maiteneux, lieu-dit (Bassecourt, district de Delémont, Jura) ;
La Metteneux, lieu-dit (Châtillon, district de Delémont, Jura).

Maitie
Lieu-dit de la commune de Bonfol (District de Porrentruy, Jura), du moyen haut allemand mate, matte, « pâturage ».

Maîtreta
La Maîtreta, maison isolée de la commune de Corcelles-Cormondrèche (District de Boudry, Neuchâtel), probablement par féminisation d´un patronyme Maître.

Majing, Mantschet, Mayan, Mayen, Mayenne,
Mayens, Mayens-de-Riddes, Mayentset, Mayentzet, Mayn,
Meyen, Meyenchet, Mintset
Voir le mot régional Mayen.
Côte Mayan, pâturage (Gignod, vallée d´Aoste) ;
Mayen, Maen en 1402, Mahen en 1723, hameau (Vionnaz, district de Monthey, Valais) ;
Mayen, hameau, Chenau de Mayen, combe, Lac de Mayen et Plan de Mayen, nom monté à la Tour de Mayen (Leysin, district d´Aigle, Vaud) ;
Mayen, hameau, et Lac de Mayen (Valtournenche, vallée d´Aoste) ;
Le Mayen, pâturage (Val de Moiry, Grimentz, district de Sierre, Valais) ;
Mayen à l´Aïeul, alpage (Saillon, district de Martigny, Valais) ;
Mont Mayen, sommet en forêt, 1518m (Pinsot, Belledone, Isère) ;
Grande Mayenne, lieu-dit (Lavey-Morcles, district d´Aigle, Vaud) ;
Les Mayens, maisons isolées (Châtel-Saint-Denis, district de la Veveyse, Fribourg) ;
Les Mayens des Biolles, lieu-dit (Vallorcine, vallée de l´Eau Noire, Haute-Savoie) ;
Mayens-de-Riddes, ensemble de hameaux (Riddes, district de Martigny, Valais) ;
Mayn, hameau (Challand-Saint-Anselme, vallée d´Aoste) ;
Meyen, Mayen sur la Carte Nationale, (Val Ferret, vallée d´Aoste).
Avec le suffixe diminutif -et :
Le Mayentset, hameau en clairière (Verbier, Bagnes, district d´Entremont, Valais) ;
Mayentzet, maisons isolées en clairière (Conthey, Valais) ;
Meyenchet, Mayencet sur la Carte Nationale, hameau (Val Ferret, vallée d´Aoste) ;
Le Mintset, Menze et Mintze en 1906, hameau (Martigny-Combe, district de Martigny, Valais) ;
Le Mintset d´en Bas et Le Mintset d´en Haut, Les Mayenzets en 1816, alpages (Lourtier, Bagnes, district d´Entremont, Valais).

Forme alémanisée au XVème siècle :
Majing, alpage (Inden, district de Loèche, Valais), Unter Majing, alpage (Loèche-les-Bains, district de Loèche, Valais), et les noms hybrides composés avec un nom allemand Majingalp, « alpage du mayen », Majingbärgji, « petite montagne du mayen », Majinggletscher, « glacier du mayen », Majinggraben, « ravin du mayen », Majinghorn, « corne du mayen », et Majingsee, « lac du mayen » (Loèche-les-Bains, district de Loèche, Valais) ;
Mantschet, Mayenchet en 1362, Mainchet en 1380, Manchet de 1403 à 1425, alpage, et le nom hybride Mantschetgraben, « ravin du mayenchet » (Loèche-les-Bains, district de Loèche, Valais).

Voir aussi Tsamayen.


Mâjon, Méjon
Mots du patois fribourgeois et savoyard qui signifient « maison », et désignent en général une ferme isolée.
Les Mâjons, alpage (Montbovon, Haut-Intyamon, district de la Gruyère, Fribourg) ;
La Méjon, maison isolée (Enney, Bas-Intyamon, district de la Gruyère, Fribourg).

Major
Du latin major, majoris, comparatif de magnus, « plus grand ». Ce nom peut faire allusion à l´un de majors de la majorie épiscopale.
Mont Major, 2374m (Vercorin, Chalais, district de Sierre, Valais).

Majorat
Bien affecté à un titre nobiliaire du Premier Empire et qui rendait celui-ci héréditaire. De major, « aîné », parce que ce titre était transmissible par l´aîné.
Bois de Majorat (Pays de Gex, Ain).

Mal, Malaz, Malé, Males, Mau,
Mauvais, Mauvaise
Dont la qualité n´est pas bonne, ou qui constitue un danger, une gêne.
Français mauvais, du latin vulgaire malifatius, « qui est affecté d´un mauvais sort » :
Mauvais Glacier (Massif des Diablerets, district d´Aigle, Vaud) ;
Les Mauvais Prés, lieu-dit (Cressier, district du Lac, Fribourg) ;
Mauvaise Combe, ravin profond (Rochefort, district de Boudry, Neuchâtel).

Ancien adjectif mal, mau, « mauvais », féminin male, latin malus, « mauvais, funeste » :
Crêt Mal Rond, petit sommet, 1154m (Vallorbe, district d´Orbe, Vaud) ;
Le Mal Marais, lieu-dit (Allinges, Bas-Chablais, Haute-Savoie) ;
La Mal Tournée, pâturage (Saint-Aubin-Sauges, district de Boudry, Neuchâtel) ;
La Mal Tournée, maison isolée orientée en travers de la vallée (La Brévine, district du Locle, Neuchâtel) ;
Malaz, Mallaz en 1227, hameau (Seynod, Annecy, Haute-Savoie) ;
Le Malé, lieu-dit (Bassecourt, district de Delémont, Jura) ;
Males Vaux, forêt déclive (Rossinière, Pays-d´Enhaut, Vaud) ;
Combe Mau, lieu-dit (Plagne, district de Courtelary, Jura bernois) ;
Mau Conseil, lieu-dit (Boulens, district de Moudon, Vaud) ;
Mau Paccot, hameau (Forel, district de Lavaux, Vaud).


Malachenaz
Creux de la Malachenaz, ravin sur le flan nord du Môle (Saint-Jeoire, Faucigny, Haute-Savoie), préfixe Mala-, « mauvaise », et chenaz, « chenal ».

Malacombe, Malcombe, Malecombe
Mauvaise combe, préfixe Mal-, Mala-, Male-, « mauvaise », et Combe.
La Malacombe, reculée (Les Verrières, district du Val-de-Travers, Neuchâtel) ;
Malcombe, hameau (Divonne-les-Bains, Pays de Gex, Ain) ;
La Malecombe, lieu-dit (Premier, district d´Orbe, Vaud).

Malacour
Ancien hameau et faubourg de la commune de Douvres (Bugey, Ain), Mansus de Malacort en 1292, combinaison du préfixe Mal-, « mauvais », et curtis.

Malacquis
Mauvaise acquisition ou domaine mal acquis : préfixe Mal-, « mauvais », et Acquis, « acquis ».
Malacquis, hameau (Mont-Saxonnex, Faucigny, Haute-Savoie).

Maladaire, Maladaires, Maladeire, Maladeires, Maladière,
Maladières, Malatière, Mulaterie, Mulatière, Mulatières
Emplacement d´une ancienne maladrerie (ou léproserie, ladrerie), « nom générique des établissements destinés à recevoir les lépreux, dans le cours du Moyen Age », [Martignier], ancien français maladerie, maladiere, « léproserie », bas latin maladeria.
La Maladaire, maisons isolées (Ballaigues, district d´Orbe, Vaud) ;
Maladaires, bois (Bavois, district d´Orbe, Vaud) ;
Crête des Maladaires, lieu-dit avec vignes (Sion, Valais) ;
Maladeire, lieu-dit (Haut-Vully, district du Lac, Fribourg) ;
Les Maladeires, lieu-dit (Fontaines-sur-Grandson, district de Grandson, Vaud) ;
La Maladière, Supra maladeriam de Croset en 1397 (Crozet, Pays de Gex, Ain) ;
La Maladière, In Maladeria de Cresto en 1497 (Péron, Pays de Gex, Ain) ;
La Maladière, colline où se trouvait la Maladière de Monthoux (Allinges, Bas-Chablais, Haute-Savoie) ;
La Maladière, lieu-dit, Bois de la Maladière, forêt, et Rochers de la Maladière, falaises (Cluses, Faucigny, Haute-Savoie) ;
Les Maladières, Maladeria Gaii en 1441, La Maladière en 1911, et Sous les Maladières, maisons isolées (Gex, Pays de Gex, Ain) ;
La Malatière, lieu-dit (Charmoille, district de Porrentruy, Jura).
Avec une possible influence tardive de l´occitan mulatièr, « muletier » :
La Mulaterie, hameau (Chinaillon, Le Grand-Bornand, Bornes, Haute-Savoie) ;
La Mulatière, Villagium Millaterie en 1493, Milatiere en 1650, hameau (Saint-Cyr-Sur-Menthon, Bresse, Ain) ;
La Mulatière, hameau (Saint-Sylvestre, Albanais, Haute-Savoie) ;
Les Mulatières, lieu-dit en forêt (Nantoin, Bièvre, Isère).


Malafan
Hameau de la commune d´Ambronay (Bugey, Ain), probablement une combinaison du préfixe Mala-, « mauvaise », et du patois fan, « faim ».

Malafin
Préfixe Mala-, « mauvaise », et Fin.
La Malafin, hameau (Ménières, district de la Broye, Fribourg) ;
Malafin, hameau (Trey, district de Payerne, Vaud).

Malafretaz
Commune et village de la Bresse (Montrevel-en-Bresse, arrondissement de Bourg-en-Bresse, Ain), Monlaferta vers 1250, Montlaferta en 1335, Ecclesia Montis Firmitatis vers 1350, Apud Montem firmitatis et Monlafreta vers 1410, De Montelaferta en 1492, Malafreta en 1587, Malafretas en 1650, Malafretta en 1656, de mons, « montagne, colline », et du latin firmitas, « place forte, fortifiée », voir Frette.

Malagne
La Malagne, cours d´eau affluent du Veyron (Montricher, district de Cossonay, Vaud), variante de Maligne, latin malignus, « de nature mauvaise », ou de Malaigue, « mauvaise eau ».

Malagnou
Quartier de la ville de Genève, du nom de la famille Malagniod, Malagniou, ou encore Malagnioud, qui y possédait des immeubles aux XVème et XVIème siècle. Le nom de cette famille viendrait du mot régional malagnou [Jaccard].

Malagny
Nom de domaine d´origine gallo-romaine *Malagniacum, dérivé avec le suffixe -acum du gentilice *Malanius, Melanius.
Malagny, Malagnier en 1295, château et hameau (Genthod, Genève) ;
Malagny, Malagnie en 1284, Maleignie au XIIIème siècle, Cura de Malagnier vers 1344, hameau (Viry, Genevois, Haute-Savoie).

Malajoux
Mauvaise forêt de montagne, voir Mala-, « mauvaise », et Joux, « forêt de montagne ».
Malajoux, forêt déclive (Veytaux, district de Vevey, Vaud).

Malakoff
Lieu-dit de la commune de la Chaux-de-Fonds (Neuchâtel), allusion à la bataille de Malakoff en Crimée, où Mac Mahon mit fin au siège de Sébastopol en 1855.

Malalui
Pâturage de la région de Champex (Orsières, district d´Entremont, Valais), mauvaise pente, peut-être exposée aux chutes de pierres. Préfixe Mala-, « mauvaise », et Lui, « pente herbeuse ».

Malamollière
Malamollière ou Mallamollière, lieu-dit de la commune de Pont-la-Ville, district de la Gruyère (Fribourg), Mala Mollie et Malla mollière en 1906, composé de Mala-, « mauvaise », et de Mollière [Aebischer].

Malan
Toponyme ou patronyme, ancien français malan, « chancre, ulcère, bubon » ou occitan malan, « mauvaise année » et par extension « malheur ».
Malan, hameau (Fillinges, Genevois, Haute-Savoie) ;
Sous Malan, hameau (Bonne, Genevois, Haute-Savoie) ;
Grange Malan, maisons isolées (Saint-André-de-Boëge, Vallée Verte, Haute-Savoie).

Malapalud, Malepalud, Mallapalud
Mauvais terrain marécageux : préfixe Mala-, « mauvaise », et Palud, « marais », nom latin Mala Palus.
Malapalud, avec des prairies gagnées sur les anciens marécages créés par le Talent, commune et village (District d´Echallens, Vaud) ;
Malapalud, lieu-dit (Charvieu-Chavagneux, L´Isle-Crémieu, Isère) ;
Etang Malepalud, étang (Crans, Dombes, Ain) ;
Mallapalud, maisons isolées (Plancherine, Combe de Savoie, Savoie).

Malarbé
Malarbé, lieu-dit en forêt de la commune de Magland (Faucigny, Haute-Savoie), préfixe Mal-, « mauvais », avec un second terme probablement apparenté à Arbois, ce serait donc une forêt de mauvais arbres.

Malarmary
La Malarmary, cours d´eau affluent de l´Armary (Aubonne, Vaud), préfixe Mal-, et Armary.

Malaterra, Malaterraz
Mauvaise terre, préfixe Mala-, « mauvaise », et terra, « terre ».
La Malaterra, maison isolée (La Brillaz, district de la Sarine, Fribourg) ;
Malaterraz, lieu-dit (Blonay, district de Vevey, Vaud).

Malatra
Ce nom viendrait du bas latin malastra, « passage mauvais, pénible, malaisé, inconfortable, difficile », et aurait désigné à l´origine le col.
Malatra Damon, Malatra Dèsot, alpages, et Plan de Malatra, pâturage, dans le Vallon de Malatra (Val Ferret, vallée d´Aoste), nom monté à l´Aiguille de Malatra, 3142m (Courmayeur et La Salle, vallée d´Aoste), et au Col de Malatra, 2928m (Courmayeur et Saint-Rhémy-en-Bosses, vallée d´Aoste), d´où le Torrent du Col de Malatra, affluent de la Doire de Ferret.

Malatrait, Malatraix, Malatray, Malatrays, Malatrex,
Malatry
Mauvais attrait, endroit peu attrayant, mauvaise terre propice aux éboulements, ancien français maltrait, « mauvais traitement », préfixe Mal-, « mauvaise », et attrait, voir Attray, antonyme de Bonnatrait, ou « mauvais endroit, mauvais pâturage », du latin tractus, « quartier, coin de terre, endroit ». Selon Pégorier, malatrait signifierait « mauvaise route ».
Malatrait, maisons isolées (Entremont, Faucigny, Haute-Savoie) ;
Malatrait, lieu-dit (Chevenoz, Val d´Abondance, Haute-Savoie) ;
Malatraix, sommet, 1768 m (Villeneuve, district d´Aigle, Vaud) ;
Malatray, Malatray au XVème siècle, Malatrait en 1536, hameau (Marboz, Bresse, Ain) ;
Les Malatrays, lieu-dit (Allonzier-la-Caille, Genevois, Haute-Savoie) ;
Malatrex, forêt (Les Tavernes, district d´Oron, Vaud) ;
Malatrex, maisons isolées (Bogève, Vallée Verte, Haute-Savoie) ;
Forêt de Malatry (Val-d´Illiez, district de Monthey, Valais).

Malaval, Malavaux, Malévaux, Malleval-en-Vercors, Malval,
Malvaux, Mavalau
Mauvais vallon : préfixe Mal-, Mala-, « mauvais », et Val.
Malaval, Malaval en 1277, De Malavalle en 1378, hameau (Marboz, Bresse, Ain) ;
Chemin de Malavaux (Belmont-sur-Lausanne, district de Lausanne, Vaud) ;
Creux des Malévaux, lieu-dit (Auvernier, district de Boudry, Neuchâtel) ;
Malval, Marval et Malvaz avant 1100, Malval et Marval en 1285, Malvauz et Marvauz en 1304, Prior de Asserenz et Marval vers 1344, hameau (Dardagny, Genève) ;
Malvaux, pâturage, et Forêt de Malvaux (Tavannes, district de Moutier, Jura bernois).
Avec métathèse :
Mavalau, ferme isolée et Bois de Mavalau, (Bressaucourt, district de Porrentruy, Jura).

Franco-provençal male, « mauvaise » :
Malleval-en-Vercors, tenementum de Mala Val au XIIème siècle, de Malavalle et Malleval au XVIIIème siècle, commune et village du Vercors (Vinay, arrondissement de Grenoble, Isère).


Malaverne, Malvernay, Mauvernay
Mauvaise aulnaie, à végétation rabougrie. Noms composés des préfixes Mal-, Mala-, Mau-, « mauvais », et dumot régional verne, voir Verne, Vernay.
Malaverne, lieu-dit en forêt (Géovreisset, Haut-Bugey, Ain) ;
Malvernay, maisons isolées (Saint-Julien-sur-Veyle, Dombes, Ain) ;
Mauvernay, Malvernay en 1218, lieu-dit (Le Chalet-à-Gobet, Lausanne, Vaud) ;
Col de Mauvernay, 1774m (Saint-Pierre-de-Chartreuse, Chartreuse, Isère).

Malbidon
Maison isolée de la commune de Thônes (Bornes, Haute-Savoie), composé du préfixe Mal-, « mauvais », et de bidon, « récipient métallique de grandeur variable, destiné à renfermer un liquide et que l´on peut clore hermétiquement », ou patronyme, nom peut-être emprunté de l´ancien nordique *bida, « vase, récipient ».

Malbrande
Mauvaise brande, préfixe Mal-, « mauvais », et Brande, « bruyère à balais ».
Malbrande, quartier (Annemasse, Haute-Savoie) ;
Malbrande, lieu-dit (Marcellaz-Albanais, Albanais, Haute-Savoie) ;
Malbrande, lieu-dit en forêt (Eloise, Genevois, Haute-Savoie).

Malchamp
Mauvais champ, préfixe Mal-, « mauvais », et champ, du latin campus, « plaine, plaine cultivée ».
Malchamp, hameau (Viry, Genevois, Haute-Savoie).

Malcôte
Mauvaise côte, préfixe Mal-, « mauvais », et Côte, dans le sens de forêt déclive.
La Malcôte, hameau (Asuel, district de Porrentruy, Jura).

Malcroissant
Lieu-dit de la commune de Fahy, district de Porrentruy (Jura), probablement un lieu où la végétation croît avec peine [Prongué], de Mal-, « mauvais », et du participe présent de croître.

Malécoule
Soit un endroit où il y a eu un éboulement particulièrement mauvais, de Mal-, « mauvais », et Ecoule, soit plus probablement un endroit d´où l´eau s´écoule mal.
Malécoule, lieu-dit (Fey, district d´Echallens, Vaud).

Malerna
Lieu-dit de la commune de Savièse (District de Sion, Valais), au nord de Granois, du nom d´un ancien village Malerna attesté en 1100, Malterna en 1260, incendié par l´armée savoyarde le 10 novembre 1475, en même temps que Zuchuat [Jaccard]. Nom d´origine inconnue.

Malesale
Lieu-dit de la commune d´Abondance (Val d´Abondance, Haute-Savoie), peut-être le « mauvais replat », préfixe Male-, « mauvais », et Sale, « replat de terrain ».

Malespierres
Les mauvaises pierres, préfixe Males-, « mauvaises ».
Les Malespierres, hameau (Le Locle, Neuchâtel).

Malessert, Malissard
Mauvais essart, endroit défriché resté improductif : préfixe Mal-, « mauvais », et Essert.
Malessert, mas de Bougel dit Malessert en 1542, domaine du vignoble (Perroy, district de Rolle, Vaud) ;
Gros Malessert et Petit Malessert, maisons isolées (Lessoc, Haut-Intyamon, district de la Gruyère, Fribourg).
Avec le suffixe -ard :
Malissard et Forêt de Malissard, forêt, Ruisseau de Malissard, mom monté aux Lances de Malissard, sommet, 2045m (Saint-Pierre-d´Entremont, Chartreuse, Isère) ;
Ferme de Malissard, maison isolée (Sainte-Blandine, La Tour-du-Pin, Isère).


Malettes
Les Malettes, maison isolée de la commune d´Asuel, district de Porrentruy (Jura), du patois jurassien malaite, « malade ». Ce lieu-dit rappelle l´hospice de Saint-Martin-de-Repais qui se trouvait au Moyen Age non loin de là, aux Rangiers [Prongué].

Malève, Malèvoz, Maligue
Mauvaise eau, préfixe Mal-, « mauvais », et suffixe -ève, -igue.
Le Malève, cours d´eau affluent de la Dranse d´Abondance (Abondance, Val d´Abondance, Haute-Savoie) ;
Montagne de Malève, alpage (Dorénaz, district de Saint-Maurice, Valais) ;
Le Malèvoz, Malevoz en 1696, lieu-dit (Monthey, Valais) ;
Maligue, hameau (Orsières, district d´Entremont, Valais).

Maley, Malley, Maula, Maule, Molettes
D´une racine préromane *malla, « boue » [Aebischer].
Riau de la Maula, maisons isolées (Charmey, district de la Gruyère, Fribourg) ;
La Maule, La Maule d´Amont, maisons isolées (La Roche, district de la Gruyère, Fribourg).
Dérivés avec les suffixes collectifs -ette, -ey :
Le Maley, le Malet en 1523, le Malin en 1692, hameau (Saint-Blaise, Neuchâtel) ;
Malley, quartier (Lausanne, Vaud) ;
Malley, maison isolée (Ponthaux, district de la Sarine, Fribourg) ;
Les Molettes, hameau, et Pra des Molettes, maisons isolées (Vaulruz, district de la Gruyère, Fribourg).


Malforin
Peut-être une personne étrangère de mauvaise réputation, préfixe Mal-, « mauvais », et ancien français forin, « étranger au village », du latin foris, « dehors », ou une mauvaise ferme foraine (en-dehors de l´enclos, des limites du village).
Malforin, maison isolée (Léchelles, district de la Broye, Fribourg).

Malherbe
Côte Malherbe, habitat dispersé de la commune de Saint-George, district d´Aubonne (Vaud), d´un patronyme.

Malleray
Commune et village du district de Moutier (Jura bernois), nom allemand Mällere, De curti Malereie decimas integraliter en 1148, Mallereia ou Malareia en 1179, Malre en 1263, Malrey en 1300, Malray en 1438, dont le nom viendrait de l´alémanique Mahlerei, « moulin », ou, selon Jaccard, de Male-, « mauvaise », et Raye.
Métairie de Malleray, maisons isolées, auberge (Malleray, district de Moutier, Jura bernois).

Mallieu
Lieu-dit de la commune de Pully (District de Lausanne, Vaud), Mallouz et Mellioux en 1377, peut-être du latin melum, « fruit, pomme », avec le suffixe d´abondance -oux.

Malmaison
Mauvaise maison, préfixe Mal-, « mauvais », et français maison, voir Maison.
La Malmaison, maisons isolées en clairière (Saint-Brais, district des Franches-Montagnes, Jura).

Malmont, Mamon, Mamont, Marmont, Maumont,
Momont
Mauvaise montagne, mauvaise colline, préfixes Ma-, Mal-, Mau-, « mauvais », et mont.
Malmont Dessous et Malmont Dessus, alpages (Couvet, district du Val-de-Travers, Neuchâtel) ;
Mamon, hameau (Ogens, district de Moudon, Vaud) ;
Mamont, alpage (Rossinière, Pays-d´Enhaut, Vaud) ;
Maumont, lieu-dit (Bussy-Chardonney, district de Morges, Vaud) ;
Momont ou Sur Momont, graphie approximative, hameau, et Bois Momont, forêt déclive au bord du lac de la Gruyère (Pont-la-Ville, district de la Gruyère, Fribourg).
Dérivés par rhotacisme :
Marmont, in Malomonte en 993-1048, Marmont en 1378, De Marmonte en 1492, hameau (Vonnas, Dombes, Ain) ;
Marmont, hameau, et Bois de Marmont, forêt (Bény, Bresse, Ain) ;
Grand Marmont et Petit Marmont, Villa de Malmont et de Malmonte en 1272, Marmont en 1911, maisons isolées (Saint-André-sur-Vieux-Jonc, Bresse, Ain).


Malnant, Manant, Mânant
Mauvais ruisseau, probablement craint pour ses crues : préfixe Ma-, Mal-, « mauvais », et Nant.
Le Malnant, torrent affluent du Fier (Thônes, Bornes, Haute-Savoie) ;
Manant, hameau, et Ruisseau de Manant, nant de Manan en 1670, affluent du Doron (Villard-sur-Doron, Beaufortain, Savoie) ;
Manant, hameau, et Nant de Manant, cours d´eau temporaire affluent du Brevon (Boëge, Vallée Verte, Haute-Savoie) ;
Nant Manant, affluent du lac Léman (Cologny, Genève) ;
Mânant, hameau, et Ruisseau de Mânant, affluen du Bronze (Mont-Saxonnex, Faucigny, Haute-Savoie).

Malnuit
Hameau de la commune des Pommerats, district des Franches-Montagnes (Jura), préfixe Mal-, « mauvais », et français nuit.

Malpas, Malpasset, Mapas, Mâpas, Maupas,
Maupasset
Passage dangereux, difficile, ancien français malpas, « mauvais pas, passage difficile », préfixe mal-, mau-, « mauvais », et Pas, diminutif passet. Malpas, de l´ancien adjectif mal, mauvais, est la forme plus ancienne (XIIème siècle) de maupas, antonyme de Bon Pas.
Le Malpas, maisons isolées (Chaumont, Val des Usses, Haute-Savoie) ;
Le Mapas, hameau (Montagnole, Chambéry, Savoie) ;
Le Mâpas, lieu-dit en forêt (Chandonne, Liddes, district d´Entremont, Valais) ;
Le Maupas, maison isolée (Chêne-Pâquier, district d´Yverdon, Vaud) ;
Les Maupas, lieu-dit (Vallon de Bise, Chablais, Haute-Savoie).
Avec le suffixe diminutif -et :
Malpasset, hameau (Bernex, Chablais, Haute-Savoie) ;
Maupasset, lieu-dit, nom monté au Collet de Maupasset, 1550m (Saint-Pierre-de-Chartreuse, Chartreuse, Isère).


Malpertuis
Nom composé du préfixe Mal-, et de l´ancien français pertuis, « trou », voir Pertuis.
Malpertuis, lieu-dit (Aire-la-Ville, Genève) ;
Malpertuis, lieu-dit, ancienne gorge et cascade sur le cours du Rhône, qui ont disparu sous la retenue de Génissiat (Billiat, Michaille, Ain).

Maltaverne
Mauvaise taverne : préfixe Mal-, « mauvais », et Tavernes.
Maltaverne, hameau (Les Marches, Combe de Savoie, Savoie).

Maltondu
Hameau de la commune de Bluffy (Bornes, Haute-Savoie), préfixe Mal-, et français tondu, sobriquet.

Malvilliers
Hameau de la commune de Boudevilliers (District du Val-de-Ruz, Neuchâtel), Malavillier en 1413, aussi Molavilliers, bas latin malum, « mauvais », avec le suffixe -villiers, appelé dès le XVIème siècle chez les Billes et surnommé encore aujourd´hui « Jérusalem, terre déserte ».

Malvoisin, Mauvoisin
Ancien français malvoisin, « mauvais voisin », préfixe Mal-, Mau-, « mauvais », et français voisin, du latin vicinus, de même sens.
Malvoisin, hameau (Scionzier, Faucigny, Haute-Savoie) ;
Malvoisin, hameau (Entremont, Faucigny, Haute-Savoie) ;
Mauvoisin, anciennement Bonvoisin par antiphrase, pâturage, et Lac de Mauvoisin, lac artificiel (Fionnay, Bagnes, district d´Entremont, Valais) ;
Le Mauvoisin, cours d´eau affluent du Rhône (Mex et Vérossaz, district de Saint-Maurice, Valais).

Mamelon
Le Mamelon Vert, 1956m, petit sommet de la commune de Montmin (Bornes, Haute-Savoie), dans le massif de la Tournette, « protubérence arrondie » par métaphore, diminutif de mamelle avec le suffixe -on, latin mamilla dérivé de mamma, « mamelle ».

Mammouth
Le Mammouth, sommet (3219m) au-dessus de Zinal (Val d´Anniviers, Valais), par métaphore. Nom de diverses espèces de l´ordre des Proboscidiens, emprunté au russe mamut, même sens.

Manche, Mandse
Désigne probablement un terrain de forme allongée, comme une manche, ou une vallée longue et étroite, du latin manica, même sens.
La Manche, vallée et cours d´eau affluent de la Sarine (Rougemont, Pays-d´Enhaut, Vaud) ;
La Manche, vallée (Morzine, vallée de la Dranse, Chablais, Haute-Savoie) ;
Bois de la Manche, petite forêt (Fahy, district de Porrentruy, Jura) ;
Bois de la Manche, petite forêt (Veigy-Foncenex, Bas-Chablais, Haute-Savoie) ;
Champ de Manche, lieu-dit (Bonfol, district de Porrentruy, Jura).
Forme patoise :
La Mandse, maison isolée (Léchelles, district de la Broye, Fribourg).


Mandallaz, Mandaz, Mande, Mandellerie, Mandelon,
Mandettaz, Mandette, Mandollaz, Mendey, Meude,
Meudes, Moendaz, Muenda, Muets
Ces toponymes viennent de l´ancien français muer, « remuer », du latin mutanda, du verbe mutare, « mouvoir, déplacer » et sont synonymes de remue, « petit chalet d´alpage », en patois savoyard muanda, « chalet » [Constantin].
Mandaz, alpage (Valtournenche, vallée d´Aoste) ;
La Mande, grand alpage (Champagny-en-Vanoise, Bozel, Vanoise, Savoie) ;
La Meude, pâturage (Vallon de Van, Salvan, district de Saint-Maurice, Valais) ;
Les Meudes, alpage (Roselend, Beaufortain, Savoie) ;
Aiguilles de la Grande Moendaz, nom monté, Chalet de la Petite Moendaz (Saint-Martin-de-Belleville, Tarentaise, Savoie).
Occitan muanda, « alpage que parcouraient les moutons durant l'été » :
Muenda, alpage (Région du Grand Saint-Bernard, vallée d´Aoste).

Avec le suffixe collectif -ey :
Mendey, alpage (Gignod, vallée d´Aoste).

Diminutif avec le suffixe -ette :
Pointe de la Mandette, sommet, nom monté d´une maison d´alpage des Hautes-Alpes (Valloire, Maurienne, Savoie).

Avec le suffixe diminutif patois -ettaz :
La Mandettaz, alpage (Bonneval-sur-Arc, Haute-Maurienne, Savoie).

Avec le suffixe -erie :
La Mandellerie, maisons isolées (Manigod, Bornes-Aravis, Haute-Savoie).

Avec le suffixe diminutif -on :
Mandelon, Mandalon en 1906, alpage, et Pointe de Mandelon, 2559m (Hérémence, district d´Hérens, Valais).

Avec le suffixe diminutif patois -allaz :
Mandallaz, hameau, et Montagne de Mandallaz, colline boisée (La Balme de Sillingy, Annecy, Haute-Savoie) ;
Pointe de Mandallaz ou les Trois Aiguilles, 2077m (Chaîne des Aravis, Haute-Savoie) ;
Mandollaz, hameau (Nus, vallée d´Aoste).

Peut-être de même origine :
Tête des Muets, sommet, 2075m (Chaîne des Aravis, Haute-Savoie).


Mandement
Voir mandement. A Genève et dans le Pays de Vaud, le terme mandement désignait une seigneurerie. Dans le Pays de Vaud, le baillage d´Aigle était formé de trois mandements de Plaine (Aigle, Bex et Ollon) et du mandement de Montagne (les Ormonts).
A Genève, les Mandements étaient des territoires possédés en toute propriété par l´évêque, formés à partir d´anciennes possesions des couvents ou acquis au XIIIème siècle :
Le Mandement de Peney, territoire regroupant les communautés de Peissy, Satigny, Choully, Peney, Bourdigny, qui furent réunies avec Dardagny et Malval le 22 février 1536 pour former le « Mandement de Peney », avec les villages de Céligny et Genthod ;
Le Mandement de Jussy ;
Le Mandement de Thiez, aujourd´hui Thyez en Haute-Savoie.


Mandolire, Mandrolaire, Mandrolière
Dérivé avec aphérèse de l´ancien français amandelier, « amandier », voir Amandolier.
Route de Mandolire (Veyras, district de Sierre, Valais) ;
Mandrolaire, vigne de l´Amandoley en 1554, lieu-dit, vignes (Arnex-sur-Orbe, district d´Orbe, Vaud) ;
La Mandrolière, maisons isolées (Plateau des Glières, le Petit-Bornand-les-Glières, Faucigny, Haute-Savoie).

Mandou
Hameau de la commune de Bottens, district d´Echallens (Vaud), Mondo en 1236, Mandoux en 1906, peut-être d´un anthroponyme d´origine germanique *Mando dérivé de la racine *mand, « joie ».

Mandrays
Du patois mandra, vieux français mandre, « étable, enceinte de mur sec » [Bridel].
Avec le suffixe collectif -ay :
Les Mandrays ou Les Mandreys, alpage (Corbeyrier, district d´Aigle, Vaud).


Mandze, Mange, Mangette
Patois régional manche, mange, « entonnoir vauclusien ».
La Pouette Mange, aussi La Pouëte Mange, la Poueta Manche et la Male Manche en 1794, alpage (Cernier, district du Val-de-Ruz, Neuchâtel).
Diminutif avec le suffixe -ette :
Mangette, lieu-dit (Monthey, Valais).

Forme patoise avec mutation du son [j] en [dz] :
La Mandze, maison isolée(Léchelles, district de la Broye, Fribourg).


Manesive, Monacervaz
Du patois mansiva, mannesiva, qui désigne la viorne mancienne (Viburnum lantana) et la viorne obier (Viburnum opulus) [Jaccard].
Manesive, Mannesivaz en 1906, maison isolée (Servion, district d´Oron, Vaud) ;
Monacervaz, lieu-dit (Panex, Ollon, district d´Aigle, Vaud).

Mange, Manget, Mangettes
Patronymes Mange, Manget, hypocoristiques de Demange, Domange.
Fin de Mange, lieu-dit (Marin-Epagnier, Neuchâtel) ;
Bois Manget, forêt (Vulbens, Genevois, Haute-Savoie).
Par féminisation du patronyme Manget :
Les Mangettes, lieu-dit (Bettant, Bugey, Ain) ;
Les Grandes Mangettes et Les Petites Mangettes, In villa de les Mangetes et Apud les Mangetes vers 1335, hameaux ; ce nom était celui de la famille la plus importante du hameau de Teyssonge qu´il a supplanté (Saint-Étienne-du-Bois, Revermont, Ain).


Mangepan
Ruines d´un château de la commune de Mörel (District de Rarogne, Valais), Mancapan en 1355, nom d´origine inconnue.

Manigod
Commune et village de la haute vallée du Fier (Thônes, arrondissement d´Annecy, Haute-Savoie), Manigout en 1275, Manigot en 1290, Maningout en 1304, nom probablement issu de l´anthroponyme germanique Manigold, issu de *Manigwald, « celui qui règne sur la multitude », composé de l´ancien haut allemand manag, manîg, « beaucoup », et waltan, « régner, gouverner » ; nom monté à l´Aiguille de Manigod, 2024m (Chaîne des Aravis).

Manloup
Hameau de la commune du Mont-sur-Lausanne (District de Lausanne, Vaud), Monlo, Monlost et Monloz en 1475, nom d´origine inconnue.

Mannes
Les Mannes, lieu-dit de la commune de Sainte-Croix (District de Grandson, Vaud), pourrait être l´ancien français manne, « corbeille », utilisé ici par métaphore.

Manoir
Le Manoir, domaine de la commune de Gland (District de Nyon, Vaud), substantif de l´ancien verbe français manoir, « demeurer, habiter », du latin manere, « demeurer, séjourner ». Le sens de « petit château ancien à la campagne » date du XIXème siècle.

Manon
Patronyme et prénom Manon, hypocoristique de Marianne, composé de Marie, de l´hébreu Miryam, de sens incertain, et Anne, de l´hébreu hannah, « grâce ».
Champ Manon, lieu-dit (Cheiry, district de la Broye, Fribourg).

Manouvray
Six Manouvray, 2632m, sommet du Val Ferret (Orsières, district d´Entremont, Valais), dont le nom rappelellerait les corvées d´entretien des sentiers, ancien français monouvree, « corvée, travail que les vassaux devaient à leur seigneurs » [Boyer].

Mansbérou
Lieu-dit en forêt de la commune de Praz-sur-Arly (Haut-Faucigny, Haute-Savoie), nom composé de Mans et du patronyme Bérou.

Mantenay-Montlin, Manthène, Manthine, Menthon, Menthonnex-en-Bornes,
Menthonnex-sous-Clermont, Menthon-Saint-Bernard
Noms dérivés du gentilice *Mentonius.
D´un primitif *[fundus] Mentonii :
Manthène, Iter tendens de Menteno et Mentenoz en 1443, Menthenoz en 1533, Manthene sur la Carte de Cassini, aussi Menthène en 1911, hameau, et Manthine, lieu-dit voisin (Saint-Genis-sur-Menthon, Bresse, Ain) ;
Le Menthon, Rivolum, nomine Mentono en 999-1032, inter duos bedos qui vocantur Mentones vers 1004, Riparie de Menton vers 1410, Supra Mentonem en 1443, Supra Menthonem en 1533, cours d´eau affluent de la Veyle (Bresse, Ain) ;
Le Bief de Menthon, Ripparia parvi Mentonis en 1344, Becium vocatus de Mentone en 1439, Le by de Menthon vers 1630, cours d´eau affluent du Menthon (Bresse, Ain) ;
Menthon-Saint-Bernard, anciennement Mentons [Régeste Genevois], Mentuno en 1257, Cura de Menthone vers 1344, Menthon jusqu´en 1943, commune et village des Bornes au bord du lac d´Annecy (Annecy-le-Vieux, arrondissement d´Annecy, Haute-Savoie), célèbre pour son Château de Menthon où serait né saint Bernard en 923. Ce toponyme signifierait en gaulois « tour sur le rocher », de men, « pierre, rocher », et dunum, « forteresse » ;
Bois de Menthon, forêt (Bluffy, Bornes, Haute-Savoie) ;
Château de Menthon, ayant appartenu aux nobles de Menthon, seigneurs de Rochefort, en Savoie, qui possédèrent une seigneurie de franc-alleu à Begnins (Begnins, district de Nyon, Vaud).

D´un primitif *Mentoniacum, dérivé avec le suffixe -acum :
Mantenay-Montlin, in fine Mentoniacense en 933-937, in Montanaco en 996-1018, de Mentenaco en 1100, Mentonay et Parrochia de Menthonay en 1272, etc., commune et village de la Bresse (Saint-Trivier-de-Courtes, arrondissement de Bourg-en-Bresse, Ain) ;
Menthonnex-en-Bornes, commune et village des Bornes (Cruseilles, arrondissement d´Annecy, Haute-Savoie) ;
Menthonnex-sous-Clermont, Cura de Menthonay vers 1344, anciennement aussi Mentunum et Mentonay [Régeste Genevois], commune et village de la Semine (Seyssel, arrondissement de Saint-Julien-en-Genevois, Haute-Savoie).


Manzettes
Les Manzettes, pâturage, nom monté au Glacier des Manzettes (Ferpècle, Evolène, district d´Hérens, Valais), nom issu de l´italien manzetta, « génisse pas encore fécondée », diminutif de manza, « génisse ».

Manziat
Commune et village de la Bresse (Bâgé-le-Châtel, arrondissement de Bourg-en-Bresse, Ain), in villa Manciaco en 937-962, Ecclesia de Manzia en 1250, La praeri de Manzie vers 1325, Manziacus en 1344, Manzia vers 1350, Mancia en 1359, Mansiacus en 1447, etc., nom de domaine d´origine gallo-romaine Manciacus, dérivé avec le suffixe -acum du gentilice Mancius, dérivé de mancus, « privé d´un membre, mutilé, estropié, manchot ».

Mapra, Mapraz, Maupra, Mau Pra, Maupras,
Maupré
Mauvais pré : préfixe Ma-, « mauvais », et Pra, Praz, « pré ».
Mapra, lieu-dit (Gollion, district de Cossonay, Vaud) ;
Mapraz, lieu-dit (Thônex, Genève) ;
Maupra, hameau (Saint-Barthélemy, district d´Echallens, Vaud) ;
Mau Pra, maisons isolées (Bretigny-sur-Morrens, district d´Echallens, Vaud) ;
Maupras, vigne (La Neuveville, Jura bernois) ;
Rue de Maupré (Marin-Epagnier, district de Neuchâtel, Neuchâtel).

Maracon
Commune et village vaudois du district d´Oron, Montimarascon en 1236, « mont du marais », du latin mons et du latin médiéval mariscum, voir Maraiche, Morascon en 1287, Monracot en 1290, Montracot en 1292.

Maragnena
Lieu-dit avec vignes de la commune de Sion (Valais), Maranina en 1221, Maragnina en 1227, Malagnina vers 1250, Maragnenaz et Maragnin en 1908, nom d´origine inconnue.

Maran, Mâran
Signifient « mauvais terrain en pente », préfixe Ma-, « mauvais », et Rang, « terrain en pente ».
Le Maran, maison isolée (Montmelon, district de Porrentruy, Jura) ;
Le Mâran, maison isolée (Bonfol, district de Porrentruy, Jura).

Marboz
Commune et village de Bresse (Coligny, arrondissement de Bourg-en-Bresse, Ain), Marbosium en 974, De Marbo en 1186, Marbos vers 1250, De Marboysio en 1285, Prior de Marbosio vers 1325, castellanus Marbosii en 1353, probablement d´un nom de personne Marbose, Marbosius.
Probablement de même origine :
Marboz, lieu-dit (Neuville-les-Dames, Dombes, Ain).


Marcagnou
Bois de Marcagnou, lieu-dit en forêt de la commune de Versoix (Genève), probablement à rapprocher du mot régional margagne, avec mutation du c en g.

Marceau
Marceau dessous et Marceau dessus, hameaux de la commune de Doussard (Pays de Faverges, Haute-Savoie), Marsaciacum en 1031, nom de domaine d´origine gallo-romaine dérivé avec le suffixe -acum du gentilice *Marsacius.

Marcelin, Marcellinaz
Diminutif de Marcel, prénom issu du nom latin Marcellus, diminutif de Marcus, « consacré à Mars ».
Marcelin, quartier (Morges, Vaud).
Probablement par féminisation du patronyme Marcellin :
Marcellinaz, hameau (Saint-Rhémy-en-Bosses, vallée d´Aoste).


Marcellaz
Commune et village du Faucigny (Arrondissement de Bonneville, Haute-Savoie), nom officiel Marcellaz-en-Faucigny, Marsolatis en 1012-1019, Marsolaz en 1275, Marsallaz en 1300, Marcela en 1339, Marcelaz au XIVème siècle, dont le nom semble issu d´un anthroponyme Marsolas, probablement une ancienne *villa Marsolatis, dérivé avec le suffixe d´appartenance -atis.

Marcellaz-Albanais
Commune et village de l´Albanais (Rumilly, arrondissement d´Annecy, Haute-Savoie), Marselaz en 1307, Cura de Marsolaz vers 1344, Marselay au XIVème siècle, Marcellaz ou Marcellaz en Genevois jusqu´en 1921, probablement une ancienne villa Marcella, avec le nom romain Marcellus.

Marcelly
Marcelly, hameau, Sous Marcelly et Sur Marcelly, maisons isolées, nom monté à la Pointe de Marcelly, 1989m, nom d´une grande famille de Taninges.

Marchamp
Commune et village du Bugey (Lhuis, arrondissement de Belley, Ain), Villula Marchantiaci en 859, Marchaant en 1136, Marciant en 1153, Marchant en 1220, Marchand en 1701, d´un nom de domaine d´origine gallo-romaine, probablement *Mercantiacum, dérivé avec le suffixe -acum du gentilice Mercantius.

Marchavannes
Aux Marchavannes, lieu-dit de la commune de Satigny (Genève), voisin d´un lieu-dit Aux Chavannes, issu de ce dernier avec un préfixe peut-être dérivé de Mal-, « mauvais ».

Marche, Marches, Marques
Terrain, région située à la limite d´un territoire, d´un pays. Français marche, « frontière exposée par sa situation à des incursions ou à des attaques, et armée pour repousser une invasion éventuelle », ancien français marche, marque, « frontière militaire d´un pays ; limite ; quartier, pays ; hameaux disséminés sur le territoire d´une paroisse », de l´ancien haut allemand marca, marcha, « district, marche », du germanique *marka, racine indo-européenne *mereg-, « frontière, démarcation, limite ».
La Marche, alpage à la limite de la Suisse romande (Les Diablerets, Ormont-Dessus, district d´Aigle, Vaud) ;
Marche de Retaud, alpage à la limite de la Suisse romande (Les Diablerets, Ormont-Dessus, district d´Aigle, Vaud) ;
Les Marches, Marchiae en 1488, commune et village de la Combe de Savoie, aux confins de la Savoie et de l´Isère (Montmélian, arrondissement de Chambéry, Savoie) ;
Les Marches, Inter [...] et Marchias de Cordone en 1352, Le fief des Marches en 1536, maison isolée (Saint-Benoît, Bugey, Ain) ;
Les Marques, lieu-dit (Martigny, Valais).

Marchérieu, Marchurieux, Mercury
D´un nom de domaine d´origine gallo-romaine *[fundus] Mercuriacus, dérivé avec le suffixe -acus du gentilice Mercurius.
Mercury, Mercury-Gémilly jusqu´en 1965, par réunification des deux communes de Mercury et Gémilly au XVIIIème siècle, commune et village de la Combe de Savoie (Albertville-Nord, arrondissement d´Albertville, Savoie) ;
Marchérieu, Marchuriacus en 1447, Marchérieux en 1911, hameau (Nattages, Bugey, Ain) ;
Marchurieux, hameau (Izenave, Haut-Bugey, Ain).

Marchissy
Commune et village vaudois du district d´Aubonne, Marchisie en 1235, Marchissie en 1251, Marchissier en 1301, aussi Marchessy au XIXème siècle, d´un nom de domaine d´origine gallo-romaine *Marchisiacum, dérivé avec le suffixe -acum d´un patronyme gallo-romain comme Marchisius.

Marchon, Marchonnière
Du patronyme et prénom Marchion, hypocoristique de Marc.
Marchon, Marchion en 1299-1369, Marchon en 1387, De Marchone en 1405, ancien hameau et maintenent faubourg d´Oyonnax (Arbent, Haut-Bugey, Ain).
Avec le suffixe de propriété -ière :
La Marchonnière, lieu-dit (Ambronay, Bugey, Ain).


Marciat, Marcieu, Marcieux, Marcy
D´un nom de domaine d´origine gallo-romaine *Marciacum, dérivé avec le suffixe -acum du gentilice Marcius.
Marciat, de Marziaco en 1228, de Marzia en 1299-1369, Marsias sur la Carte de Cassini, hameau, et Champ de Marciat, lieu-dit (Vandeins, Bresse, Ain) ;
Marcy, in villa Marciaco et villa que nominatur Marciacus en 968, lieu-dit de la commune de Saint-Prex (District de Morges, Vaud), où se trouvait un village, peut-être abandonné en 1234 lors de la fondation de Saint-Prex ;
Marcieu, Marceuz au XIIIème siècle, Marciacum au XIVème siècle, commune et village de la Matheysine (La Mure, arrondissement de Grenoble, Isère) ;
Marcieu, Marceu au XIIIème siècle, Marciacum au XVIème siècle, hameau (Charette, L´Isle-Crémieu, Isère) ;
Marcieux, cavannaria de Marceuz au XIIIème siècle, castrum de Marsieu et Marciacum au XIVème siècle, commune et village de l´Avant-Pays savoyard (Saint-Genix-sur-Guiers, arrondissement de Chambéry, Savoie).
Par transfert, avec le patronyme Marcy :
Les Marcy, lieu-dit (Brenthonne et Fessy, la Côte en Chablais, Haute-Savoie).


Marcillieux
Hameau de la commune de Saint-Vulbas (Bugey, Ain), Coste Marsiliaci en 1222, Marselliou en 1239, Prior de Marcilliaco vers 1325, Marsillia vers 1350, Marcilliacus en 1419, Marsilliacum en 1475, d´un nom de domaine d´origine gallo-romaine Marcilliacus, dérivé avec le suffixe -acum du gentilice Marcillius.

Marcilloles
Commune et village du Chambaran (Roybon, arrondissement de Grenoble, Isère), terre Massiliola au XIème siècle, parrochia Marcilliola au XVème siècle, diminutif de Massilia, « Marseille », avec le suffixe diminutif latin -ola [Nègre 1990].

Marcinge, Marcins, Marsens, Marsin, Marsinge
Noms d´origine burgonde, dériveraient d´un primitif *Marsingos, « chez les Marsingi », dérivé de l´ethnonyme Marsigni, Marsingi, peuple habitant près des sources de l´Elbe [Perrenot].
Marcinge, hameau (Fillinges, Genevois, Haute-Savoie) ;
Marcins, Marcins en 1145, Marsens en 1906, aussi Marsins, Marsin et Massin, village disparu (Gland, district de Nyon, Vaud) ;
Marsens, curtis marsingus en 851, in curte Marsingis en 929, Marsans en 1137, Marsens en 1180, Marsins en 1223, Marcens en 1163, et Marcens en la fosse d´Ogo en 1668, anciens noms allemands Marsing, Marsingen, en patois Machin, dont le nom pourrait aussi provenir d´un temple dédié à Mars Caturix détruit vers 260 (District de la Gruyère, Fribourg) ;
Tour de Marsens, Marsens en 1166, Marceins en 1435, bâtie au XIIIème siècle (Puidoux, district de Lavaux, Vaud) ;
Marsin, lieu-dit (Perly-Certoux, Genève) ;
Marsinge, hameau (Reignier, Genevois, Haute-Savoie).

Marclay, Marclaz
Peut-être du gallo-roman Marcelliacum, domaine de Marcellus, « Marcel », formé avec le suffixe -iacum.
Marclay, hameau (Bons-en-Chablais, la Côte en Chablais, Haute-Savoie) ;
Marclaz, Merclaz en 1250, hameau (Thonon-les-Bains, Haute-Savoie).

Marcolin, Marcollin
Noms dérivés avec le suffixe -inum du nom d´homme romain Marculus, diminutif de Marcus [Nègre 1990].
Marcolin, Marcollinum au XIVème siècle, Mercolinum et Marcollins au XVIIème siècle, ferme isolée (Vézeronce-Curtin, L´Isle-Crémieu, Isère) ;
Marcollin, Marcolenum au XIIème siècle, Marcolen au XIIIème siècle, prior Marcolii au XIVème siècle, commune et village du Chambaran (Roybon, arrondissement de Grenoble, Isère).

Marcoret
Le Marcoret, maison isolée de la commune de la Clusaz (Bornes-Aravis, Haute-Savoie), mot régional marcoret, « mercuriale » (Mercurialis sp).

Marcossay
Maisons isolées de la commune de Viuz-en-Sallaz (Faucigny, Haute-Savoie), Marcosex en 1236, Marcosey en 1275, Marcossey en 1309, peut-être d´un nom de domaine d´origine gallo-romaine *Marcosiacum, dérivé avec le suffixe -acum du nom d´homme Marcosius.

Mardasson, Mardenson, Marderet, Mardesson, Merdançon,
Merdanson, Merdaret, Merdassier, Merdassiers, Merdasson,
Merdechon, Merdelon, Merdenson, Merdéré, Merderel,
Merderet, Merderex, Merdesson, Merdessonnet, Merdière,
Merdisel
Lieu caractérisé par la mauvaise qualité de ses terres, pâturage au sol fangeux, ou cours d´eau particulièrement boueux. Vieux français merde, « boue, marécage », ancien français merdas, « merde », latin merda, « fiente, excrément ».
Noms issus du gallo-romain merdantione, « cours d´eau boueux et limoneux », latin merdaceus, « merdeux », avec le suffixe péjoratif -asse, et le suffixe diminutif -on :
Mardasson, hameau (Veigy-Foncenex, Bas-Chablais, Haute-Savoie) ;
Mardenson, Merdanczon en 1345, maison isolée (Ruffieu, Valromey, Ain) ;
Mardesson, lieu-dit en forêt (Saint-Martin, district d´Hérens, Valais) ;
Le Merdançon, aussi Merdaçon, et Merdanson au XVIIIème siècle (Carte de Cassini), cours d´eau affluent de la Bienne (Arbent, Haut-Bugey, Ain) ;
Le Merdanson, cours d´eau (Bressolles, Dombes, Ain) ;
Le Merdasson, petit sommet, 1858m (Dent de Jaman, Montreux, district de Vevey, Vaud) ;
Le Merdasson, Merdesson en 1339, Mardascon en 1346, Mardesson en 1481, Mardasson en 1523 [Michaud], cours d´eau affluent de l´Areuse (District de Boudry, Neuchâtel) ;
Merdechon, Merdesson en 1469, aussi Merdeson, pâturage, et Cave de Merdechon, alpage (Mollens, district de Sierre, Valais) ;
Le Merdelon, cours d´eau, et Bois de Merdelon, forêt (Saint-Etienne-sur-Reyssouze, Bresse, Ain) ;
Le Merdenson, cours d´eau affluent de la rive gauche de la Dranse de Ferret (Val Ferret, Orsières, district d´Entremont, Valais) ;
Merdesson, alpage (Val d´Hérens, Valais) ;
Le Merdesson, torrent affluent de la Borgne (Evolène, district d´Hérens, Valais).

Avec le suffixe diminutif -et :
Rue du Merdessonnet (Grône, district de Sierre, Valais).

Mot régional savoyard merdassier, « sol humide et instable » [Pégorier], du vieux français merde, « boue, marécage », avec le suffixe péjoratif -asse et le suffixe collectif -ier :
Bois du Merdassier, petite forêt (La Clusaz, Bornes-Aravis, Haute-Savoie) ;
Merdassier, alpage situé dans une zône marécageuse (Manigod, Bornes-Aravis, Haute-Savoie), nom monté au Col de Merdassier, 1500m, à la Paroi de Merdassier, pente raide sous la Pointe de Merdassier, 2413m (Chaîne des Aravis, Haute-Savoie) ;
Merdassier du Milieu et Les Merdassiers, alpages (Ugine, Val d´Arly, Savoie).

Avec le suffixe collectif -ière :
La Merdière, forêt déclive (Montaimont, La Chambre, Maurienne, Savoie).

Dérivés avec les suffixes collectifs -et, -ex :
Le Marderet, cours d´eau affluent de l´Arpettaz (Les Gets, Faucigny, Haute-Savoie) ;
Le Merdaret, cours d´eau (Loisieux, Avant-Pays savoyard, Savoie) ;
Le Merdaret, hameau, et Col du Merdaret, 1798m (La Ferrière, Belledonne, Isère) ;
Chalet du Merdaret, maison isolée, Ruisseau de Merdaret ou Ruisseau des Merdaret (Theys, Belledonne, Isère) ;
Ruisseau du Merdaret (Saint-Baudille-et-Pipet, Trièves, Isère) ;
Torrent de Merdéré, affluent de la Dixence, issu du Glacier de Merdéré (Hérémence, district d´Hérens, Valais) ;
Le Merderet, cours d´eau (Founex, district de Nyon, Vaud) ;
Merderex, lieu-dit (L´Isle, district de Cossonay, Vaud).

Peut-être avec le suffixe diminutif -el :
Merdisel, Mardissel sur la Carte de Cassini, maison isolée, et Bois de Merdisel, forêt (Satigny, Genève).

Peut-être d´un sobriquet, ancien français merderel, « petit polisson » :
Merderel, lieu-dit (Montaimont, La Chambre, Maurienne, Savoie).

Voir aussi Erdesson.


Mardor
Les Mardor, lieu-dit de la commune de Bôle (District de Boudry, Neuchâtel), in Mares en 1339 (incertain), au Mare d´Or en 1715, le Mared´or en 1718, de Mare, et soit or en référence à la couleur dorée, soit du nom patois de l´ours Or [Michaud].

Maréchal
Nom de métier et patronyme, français maréchal, « artisan chargé de ferrer les chevaux », ancien français mareschal, « artisan ou officier chargé du soin des chevaux et des écuries », du francique *marhskalk, composé de *marh, ancien haut allemand marah, marh, germanique *marha, « cheval », et de *skalk, ancien haut allemand scalc, germanique *skalka, « valet ».
Taillée au Maréchal, lieu-dit en forêt (Montricher, district de Cossonay, Vaud).

Maréchaude
La Maréchaude, ferme isolée du Jura, commune de Chevry (Pays de Gex, Ain), par féminisation d´un patronyme Maréchaud, attesté dans la région, cf. ancien français mareschaude, « femme d´un mareschal », voir Maréchal.

Mareinda, Marenda, Marendeu, Marinda, Marrindes,
Mérand, Mérande, Mérandouze
Emplacement où l´on déjeune, où l´on nourrit le bétail avant la traite du soir. Patois mareinda, marinda, marindon. Patois et vieux français merende, « goûter, repas de fin d´après-midi », latin merenda, « goûter, collation, repas des animaux ».
Les Marrindes, refuge, peut-être une forme adjective dérivés du patronyme Marro, cf. Dzor i Marro, alpage voisin (Vallon des Morteys, Charmey, district de la Gruyère, Fribourg).
Patois valaisan marenda, « repas du bétail précédant la traite du soir » :
La Mareinda, quartier (Verbier, district d´Entremont, Valais) ;
Marenda, pâturage (Nax, district d´Hérens, Valais) ;
Les Marenda, pâturage (Nendaz, district de Conthey, Valais) ;
Marendeu, hameau (Monthey, Valais) ;
Sex de Marinda, sommet, 2906m (Val de Moiry, Grimentz, district de Sierre, Valais).

Patois savoyard meranda, « goûter, légère collation vers quatre heures » :
Mérand, hameau, c´est aussi un patronyme (Montjovet, vallée d´Aoste) ;
Mérande, lieu-dit (Arbin, Combe de Savoie, Savoie) ;
Canal de Mérande (Bassens, Chambéry, Savoie).

Avec le suffixe -ouze :
La Mérandouze, lieu-dit en forêt (Taninges, Faucigny, Haute-Savoie).

Voir aussi Chauffemérande.


Marelle
Ce nom dérive du préroman *marr qui signifie « pierre, caillou ».
Marelle, colline, 603m (Goumoëns-la-Ville, district d´Echallens, Vaud).

Marenaz, Marin
Probablement du patronyme Marin, ancien prénom, popularisé par Saint Marin, de l´adjectif latin marinus, « de mer, marin ».
Le Marin, lieu-dit (Saint-Gingolph, district de Monthey, Valais).
Par féminisation patoise :
La Marenaz, hameau (Loisin, Bas-Chablais, Haute-Savoie).


Marengo, Margans, Margi, Margoison, Margot,
Margotte, Margoussin, Marguiers, Margy, Maringo,
Maringou
Lieu boueux, patois marguet, « pré marécageux au bord de l´eau », du gaulois *marga, « boue ».
Les Margans, alpage (Bruson, Bagnes, district d´Entremont, Valais).
Avec le suffixe collectif -ier :
Les Marguiers, alpage (L´Etivaz, Château-d´Oex, Pays-d´Enhaut, Vaud).

Avec le suffixe collectif -ois et le suffixe diminutif -on :
Margoison, maisons isolées (Troistorrents, district de Monthey, Valais).

Avec les suffixes diminutifs -ot, -otte :
Fosse Margot, lieu-dit (Péry, district de Courtelary, Jura bernois) ;
Mollie Margot, hameau (Savigny, district de Lavaux, Vaud) ;
Creux de la Margotte, pâturage (Montagne de Fully, district de Martigny, Valais).

Formes patoises, avec les suffixse -o, -ou :
Le Marengo, maison isolée (Rougemont, district du Pays-d´Enhaut, Vaud) ;
Maringo, lieu-dit (Bourg-Saint-Bernard, Val d´Entremont, Valais) ;
Maringo, hameau (Montricher, district de Cossonay, Vaud) ;
Creux Maringou, lieu-dit (Villarepos, district du Lac, Fribourg).

Diminutif avec le suffixe -in :
Margoussin, Margonoy sur la Carte de Cassini, Margocin en 1906, maison isolée (Chavannes-de-Bogis, district de Nyon, Vaud).

Avec les suffixes -i ou -y :
Le Margi, maison isolée (Montet, district de la Glâne, Fribourg) ;
Le Margy, hameau (Vuadens, district de la Gruyère, Fribourg).

Voir aussi Margagnes.


Marens, Marin, Merens
Noms d´origine burgonde, dériveraient d´un primitif *Maringos, « chez les Maringi », dérivé du nom propre Maro, de mar, « célèbre » [Perrenot].
Marens, parfois Marans, quartier (Nyon, Vaud) ;
Marin, Marens en 1163, 1208, 1120, Mareins en 1220, village (Marin-Epagnier, district de Neuchâtel, Neuchâtel) ;
Marin, Marins en 1039 et vers 1344, commune et village du Pays de Gavot (Arrondissement de Thonon-les-Bains, Haute-Savoie) ;
Merens, peut-être Mareins en 1164, hameau, peut-être de même origine (Vich, district de Nyon, Vaud).

Margagnes
Patois savoyard margagne, peut-être du gaulois *marga, « boue ».
Les Margagnes, hameau (Saint-Gervais, Haut-Faucigny, Haute-Savoie).

Margencel
Commune et village (Bas-Chablais, Haute-Savoie), Margincellum en 1154.

Margeriaz, Margerie
Pré, pâturage à moutons, bergerie. Du latin malgeria, de mulgaria, « vases à traire », mulgere, « traire ». Le terme margeria s´est maintenu dans les Alpes du Sud avec le sens de « grande montagne pastorale ».
Mont Margeriaz, 1845m (Les Déserts, Bauges, Savoie) ;
Margerie, forêt au pied du Mont Margeriaz (Les Déserts, Bauges, Savoie).
Voir aussi Meille.


Margherita
Forme italienne du prénom Marguerite, du latin margarita, « perle, trésor ».
Sommet nommé en l´honneur de la femme du premier ascensioniste, l´anglais Mackenzie :
Punta Margherita, 3906m (Alpes PenninesValtournenche, vallée d´Aoste).


Margnier, Marignan, Marignat, Marignier, Marignieu,
Marigny-Saint-Marcel
Noms de domaines d´origine gallo-romaine dérivés du gentilice Marinius ou du cognomen Marinus, du latin marinus, « marin, de mer ».
Avec le suffixe -acum, comme [praedium] Mariniacum :
Marignat, Domus de Marignia en 1272, hameau (Gorrevod, Bresse, Ain) ;
Margnier, hameau (Chambave, vallée d´Aoste) ;
Marignier, Marrignier en 1229, aussi Marigny au XIXème siècle, commune et village du Faucigny (Arrondissement de Bonneville, Haute-Savoie) ;
Marignieu, Marigniou en 1343, Marrignyou en 1346, Villa de Marrigniaco en 1361, Marigniacus en 1409, commune et village du Bugey (Virieu-le-Grand, arrondissement de Belley, Ain) ;
Marigny-Saint-Marcel, Marignier vers 1211, de Martiniaco en 1250, Cura de Marrignie vers 1344, commune et village de l´Albanais, (Rumilly, arrondissement d´Annecy, Haute-Savoie).

D´un primitif [fundus] Marinianus, avec le suffixe -anus :
Marignan d´en bas et Marignan d´en haut, hameaux, et la Tour de Marignan, Marignens ou Marriniens en 1258, Marrignyens en 1327, hameau et maison forte (Sciez, Bas-Chablais, Haute-Savoie).


Margueron, Marguerona, Marguerons
Patronyme Margueron, dérivé avec le suffixe diminutif -on du prénom Marguerite, du latin margarita, « perle, trésor ».
Le Margueron, maison isolée (Sonvilier, district de Courtelary, Jura bernois) ;
Les Marguerons, lotissement (Cessy, Pays de Gex, Ain).
Par féminisation patoise :
Marguerona, maisons isolées en clairière (Mase, district d´Hérens, Valais).


Mariage, Mariages
Terre reçue en dot, ancien français mariage, « donation matrimoniale ; biens des époux », sens qui s´est conservé dans les patois [Bossard].
Le Mariage, maisons isolées (Flumet, Val d´Arly, Savoie) ;
Mariages, lieu-dit dans la plaine du Rhône (Vionnaz, district de Monthey, Valais).

Marie du Jura
Grotte de la Marie du Jura, commune de Saint-Jean-de-Gonville (Pays de Gex, Ain), grotte où aurait vécu au Moyen Age une ermite surnommée « Marie du Jura ».

Mariet, Marion, Mariot, Marioton, Marioty
Patronymes Mariet, Marion, Mariot dérivés du prénom Marie, de l´hébreu Miryam, de sens incertain.
Mariet-Dessous et Mariet-Dessus, alpages de la Montagne de Bange (Arith, Bauges, Savoie) ;
Ciernes Marion, alpage (Grandvillard, district de la Gruyère, Fribourg) ;
Gouille Marion, étang (Mies, district de Nyon, Vaud) ;
Planta Marion, lieu-dit (Cheyres, district de la Broye, Fribourg) ;
Creux Mariot, lieu-dit en forêt (Saint-Cergue, district de Nyon, Vaud) ;
Marioton, lieu-dit (Villars-Bramard, district de Payerne, Vaud) ;
Le Marioty, anciennement Mariotty, maisons isolées (Orsières, district d´Entremont, Valais).
Voir aussi Chapons Marion, Dzemarion.


Marillat
D´un nom de domaine d´origine gallo-romaine *[fundus] Marliacus, dérivé avec le suffixe -acum du gentilice Marlius.
Marillat, Marliaz en 1493, Marliat en 1757, hameau (Saint-Cyr-Sur-Menthon, Bresse, Ain) ;
Marillat, Marlia vers 1335, De Marliaco en 1468, Marliaz en 1564, hameau (Viriat, Bresse, Ain).

Marillières
Les Marillières, maison isolée en clairière de la commune de Saint-Gervais-les-Bains (Val Montjoie, Haute-Savoie), par féminisation d´un patronyme Marillier, nom de métier, ancien français marreglier, « bedeau, sonneur de cloches », puis « marguillier », du latin matricularius, « celui qui tient un registre ».

Marin, Marinel
Marin, commune et village du Pays de Gavot (Arrondissement de Thonon-les-Bains, Haute-Savoie), [curtis] Marianum en 516, Marins en 1191, dérivé du gentilice Marius avec le suffixe -anum.
Avec le suffixe diminutif -el :
Marinel, hameau près de Marin.


Marive, Marivue
Noms dérivés de mater avec un suffixe hydronymique -ive, qui désigneraient la branche principale d´un cours d´eau dont une partie a été dérivée, et le cours d´eau dans son entier par synecdoque [Aebischer]. Selon Kraege 1999, la promière partie de ces noms viendrait d´un radical gaulois mar-, maro-, « grand ».
La Marive, quartier (Yverdon-les-Bains, district d´Yverdon, Vaud) ;
La Marivue, La Marive sur la Carte Nationale, cours d´eau affluent de la Sarine (Albeuve et Neirivue, Haut-Intyamon, district de la Gruyère, Fribourg).

Marjolaine
Plante aromatique utilisée comme assaisonnement (Origanum majorana ou Majorana hortensius), de l´ancien français majorane, latin médiéval majorana, peut être un patronyme.
Marjolaine, forêt (Brenles, district de Moudon, Vaud) ;
La Marjolaine, lieu-dit (Founex, district de Nyon, Vaud).

Marjolatte
La Marjolatte, maison isolée de la commune du Mont-sur-Lausann (District de Lausanne, Vaud), probablement par féminisation d´un patronyme Marjolat rare mais attesté en France.

Marlare, Marle, Marlene, Marlioz
Endroit où l´on exploitait une carrière de marne ou marlière, ancien français marla, marle, « craie dont on se sert pour fumer et féconder les terres », du latin vulgaire *margila, latin impérial marga, ou dérivé de la racine pré-indo-européenne (ligure) MARL/MERL, « rocher, hauteur », voir Merla.
Boui de la Marlare (Troistorrents, district de Monthey, Valais) ;
Marle, hameau (Puygros, Bauges, Savoie) ;
La Marlene, alpage (Verbier, Bagnes, district d´Entremont, Valais), et Col de la Marlene, 2315m (Verbier, Bagnes, district d´Entremont, et Saxon, district de Martigny, Valais) ;
Marlioz, Cura de Marlio vers 1344, commune et village du Val des Usses (Frangy, arrondissement de Saint-Julien-en-Genevois, Haute-Savoie) ;
Marlioz, village (Passy, Haut-Faucigny, Haute-Savoie).

Marlens, Merlinge
Noms d´origine burgonde, dériveraient d´un primitif *Mârilingos, « chez les Mârilingi », dérivé du nom propre Mârila, diminutif de mar, « célèbre » [Perrenot].
Marlens, établissement burgonde de Villa Marlindam ou Villa Marlindum en 867, curtem etiam Marlandis en 879, Merlendis en 1016-1018, Marlensis en 1031-1032, Marlenz vers 1344, commune et village du Pays de Faverges (Faverges, arrondissement d´Annecy, Haute-Savoie) ;
L´Aulp de Marlens ou Aulps de Marlens, devenu par remotivation Le Haut de Marlens, alpage (Le Bouchet, Bornes-Aravis, Haute-Savoie) ;
La Côte de Marlens, hameau (Marlens, Pays de Faverges, Haute-Savoie) ;
Merlinge, Merlingium en 1304, Marlingie en 1318, Merlinges en 1906, château et hameau (Meinier, Genève).

Marlieu, Marlieux, Marly
D´un nom de domaine d´origine gallo-romaine [fundus] Mariliacus ou de la forme contractée Marliacus, formé avec le suffixe -acus sur le gentilice Marilius ou Marlius, ou encore Marullius selon Nègre 1990.
Marlieu, Apud Marliacum en 1180, Marlieu en 1312, Marleu en 1356, hameau (Talissieu, Valromey, Ain) ;
Marlieu, hameau (Montagnieu, La Tour-du-Pin, Isère) ;
Marlieux, Ecclesia de Marliaco en 1106, Marliacus en 1302, Marleu en 1320, Marlia en 1430, commune et village des Dombes (Villars-les-Dombes, arrondissement de Bourg-en-Bresse, Ain) ;
Ruisseau de Marlieux (Jujurieux, Haut-Bugey, Ain).
En se basant sur le nom allemand Merte[n]lach, Stadelmann dérive Marly (Fribourg) d´nom de domaine d´origine gallo-romaine [fundus] Martiliacus, formé avec le suffixe -acus sur le gentilice Martilius ; toutefois ce nom allemand presque quatre siècle après la première mention de ce lieu, et rien dans les noms primitifs ne justifie le t intermédiaire :
Marly, in Marlensi en 1055, Marliei en 1134, Marllie en 1228, Marlie en 1240, Mallie en 1251, Mallye en 1270, marlie en 1334, Marliez en 1453, Marlye en 1476, Maillié en 1479, nom allemand Mertenlach et Mertelach en 1449, Mertellach en 1466, commune et village (District de la Sarine, Fribourg) ;
Marly, maison isolée (Borex, district de Nyon, Vaud).


Marmés, Marmet, Marmette, Marmoud, Merme,
Mermes, Mermet, Mermets, Mermiers, Mermillade,
Mermin
Noms issus de patronymes dérivés de l´anthroponyme Merme, hypocoristique du prénom Vuillerme, Willerme, allemand Wilhelm, voir Guillaume.
Les Marmés, faubourg de Porsel (Le Flon, district de la Veveyse, Fribourg) ;
Molard Marmet, maison isolée (Châtel-Saint-Denis, district de la Veveyse, Fribourg) ;
Le Plan Marmet, maison isolée (Saint-Imier, district de Courtelary, Jura bernois) ;
Marmoud, pâturage avec habitat dispersé et forêt déclive, et Chaussée de Marmoud, chemin (La Sagne, district de la Chaux-de-Fonds, Neuchâtel) ;
Le Merme, maison isolée (Mieussy, Faucigny, Haute-Savoie) ;
Les Mermes, Merma en 1402, hameau, et Marais des Mermes, lieu-dit (Veigy-Foncenex, Bas-Chablais, Haute-Savoie) ;
Les Mermiers, forêt déclive (Seythenex, Bauges, Haute-Savoie).
Par féminisation du patronyme Marmet :
La Marmette et Case de la Marmette, alpages (Vallon de l´Hongrin, Château-d´Oex, Pays-d´Enhaut, Vaud).

Mermet est un diminutif de Merme, ou vient de l´ancien français mermet, « très petit », latin minimus :
Bois Mermet, diminutif, quartier (Lausanne, Vaud) ;
Les Mermets Dessous et Les Mermets Dessus, maisons isolées (Bourrignon, district de Delémont, Jura).

Diminutif avec le suffixe -in :
Plan Mermin, alpage (Hauteluce, Beaufortain, Savoie).

Du patronyme Mermillod, diminutif de Merme avec le suffixe -ille :
La Mermillade, maisons isolées (Le Grand-Bornand, Bornes-Aravis, Haute-Savoie).


Marmontains, Marmotanne, Marmotey, Marmottay, Marmotte,
Marmottere, Marmottes, Marmottex, Marmottières, Marmottin
Nom qui évoque la marmotte (Marmota sp.), dont le nom dérive du français marmotter.
La Marmotte, maisons isolées (Le Pâquier, district de la Gruyère, Fribourg) ;
Les Marmottes, hameau (Thonon-les-Bains, Bas-Chablais, Haute-Savoie) ;
Le Creux aux Marmottes, lieu-dit (Chamonix, vallée de Chamonix, Haute-Savoie) ;
Pierre aux Marmottes, lieu-dit (Ormont-Dessus, district d´Aigle, Vaud) ;
Les Marmottes Noires, lieu-dit, nom monté à la Pointe des Marmottes Noires, 2239m (Bonneval, Tarentaise, Savoie), et Chalet des Marmottes Noires, alpage en ruine (Montsapey, Basse-Maurienne, Savoie).
Diminutif avec le suffixe -in :
Marmottin, alpage, Plan de Marmottin, pâturage, nom monté au Col de Marmottin, 2761m (Bionaz, vallée d´Aoste).

Avec le suffixe collectif -ière, ou la forme italianisée -ere :
Pointe Marmottere, sommet (Bessans, Haute-Maurienne, Savoie) ;
Les Marmottières, lieu-dit (Lanslevillard, Haute-Maurienne, Savoie).

Avec les suffixes collectif -ay, -ex :
Marmottay, lieu-dit (Vionnaz, district de Monthey, Valais) ;
Bois de Marmottex, Marmottet et Marmottez en 1906, forêt (Château-d´Oex, Pays-d´Enhaut, Vaud).

Noms dérivés de l´ancien français marmot, « marmotte », avec le suffixe collectif -ey :
Le Marmotey ou Le Mormotey, alpage, et Ruisseau du Mormotey, affluent de la Trême (Semsales, district de la Veveyse, Fribourg).

Ancien français masculin marmotan, féminin marmotaine, « marmotte » :
Marmotanne, maisons isolées (Les Clefs, Bornes, Haute-Savoie).

Nom tiré de la fausse étymologie de marmotte, qu´on faisait dériver du latin murem montanum, « rat de montagne », de mus, muris, « souris, rat » et mons, « montagne » :
Les Marmontains, chaînon à la frontière italo-suisse, 2795m (Val Ferret, Orsières, district d´Entremont, Valais).


Marmore
Torrent Marmore, affluentn de la Doire Baltée, italien marmore, « marbre ».

Marnand, Marnaz, Marne, Marnèche, Marnes,
Marnex, Marnières, Marnin, Merland
Marne (roche argileuse utilisée pour fertiliser les champs), marnière, terre marneuse (argilo-calcaire), ancien français marle, « mélange naturel d´argile et de calcaire », latin vulgaire margila, gaulois *margila, latin marga, « argile ». Certains de ces toponymes peuvent désigner des terrains marnés, amendés avec de la marne.
Ou bien, dans certains cas : déesses romaines Matronae, racine indo-européenne *mater-, « mère ».
Le Creux Marne, clairière (Courroux, district de Delémont, Jura) ;
Les Marnes, lieu-dit (Constantine, district d´Avenches, Vaud).
Dérivés avec les suffixes collectifs -èche, -ex, -y :
La Marnèche, maisons isolées (Les Diablerets, Ormont-Dessus, district d´Aigle, Vaud) ;
Marnex, alpage, Marnex d´en Haut, ruine d´alpage, et Sciaz de Marnex, Sya de Marneix et Sya de Marneyx en 1287 (Ormont-Dessus, district d´Aigle, Vaud).

Avec le suffixe collectif -ière :
Les Marnières, nom récent, lieu-dit (Bôle, district de Boudry, Neuchâtel).

Avec le suffixe collectif patois -az :
Marnaz, commune et village du Faucigny (Scionzier, arrondissement de Bonneville, Haute-Savoie).

Autres dérivés :
Marnand, Marnant en 1142 (District de Payerne, Vaud) ;
Marnin, lieu-dit (La Neuveville, Jura bernois) ;
Merland, Collis supereminens Marnanto en 1169, Mons super Marnant en 1213, Super Marnantum en 1215, prior de Marlant en 1259, Merlan en 1670, hameau (Ambronay, Bugey, Ain).


Marnans
Commune et village du Chambaran (Roybon, arrondissement de Grenoble, Isère), Marnan villa au Xème siècle, in villa Marnant au XIème siècle, prior Marnanti en 1193, dérivé avec le suffixe -anum du nom d´homme romain Marinus [Nègre 1990].

Marnex, Marny
Noms qui pourraient être issus d´un nom de domaine d´origine gallo-romaine *Mar[i]niacum, dérivé avec le suffixe -acum du gentilice Mar[i]nius.
Marnex, nom actuel attesté en 1550, puis Marney en 1712, Marnai en 1778, hameau (Commugny, district de Nyon, Vaud) ;
Marny, hameau (Pers-Jussy, Genevois, Haute-Savoie) ;
Marny, hameau (Poisy, Annecy, Haute-Savoie).

Marongy
Hameau de la commune de Challex (Pays de Gex, Ain), Nantum de Marongier en 1497, d´un nom de domaine d´origine gallo-romaine *Maroniacum, dérivé avec le suffixe -acum du gentilice Maronius.

Marquette, Marquettes
Par féminisation d´un patronyme Marquet attesté dans la région.
La Marquette, alpage (Villiers, district du Val-de-Ruz, Neuchâtel) ;
Les Marquettes, lieu-dit´(Engollon, district du Val-de-Ruz, Neuchâtel).

Marquisade, Marquisat, Marquisats
Français marquisat, anciennement marquisade, « terre dont la seigneurie s´étendait sur un certain nombre de paroisses ». De marquis, « anciennement, Seigneur préposé à la garde des marches, des frontières d´un Etat ».
La Marquisade, alpage (Nancy-sur-Cluses, Faucigny, Haute-Savoie) ;
Le Marquisat, hameau, peut-être par dérision (Mégevette, Faucigny, Haute-Savoie) ;
Les Marquisats, lieu-dit en forêt (Bonneville, Faucigny, Haute-Savoie) ;
Les Marquisats, quartier (Annecy, Haute-Savoie).

Marron, Marronnier, Marronnières, Marronniers, Marrons
Du nom du marronnier commun (Aesculus hippocastanum L.).
Français marron, « fruit du marronnier », d´une racine pré-indo-européenne (ligure) *marr, « pierre, rocher » :
Le Marron, hameau, et Ruisseau de Combe Marron (Saint-Paul-d´Izeaux, Bièvre, Isère) ;
Les Marrons, hameau (Saint-Pierre-de-Chartreuse, Chartreuse, Isère).

Avec le suffixe désignant un arbre fruitier -ier, -ière :
Le Marronnier, quartier (Beauregard, Dombes, Ain) ;
Les Marronniers, quartier (La Sône, Chambaran, Isère) ;
Les Quatre Marronniers, carrefour (Saint-André-de-Corcy, Dombes, Ain).

Endroit où poussent des marronniers, avec le suffixe collectif -ière :
Les Marronnières, quartier (Fontaine-Sassenage, Grésivaudan, Isère).


Marsan
Hameau de la commune de Nus (Vallée d´Aoste), d´un nom de domaine d´origine gallo-romaine [fundus] Martianus, dérivé avec le suffixe -anus du gentilice Martius.

Marseiller, Marsolas
Peut-être d´un nom de domaine d´origine gallo-romaine dérivé du gentilice Marsolius.
Ancienne villa Marsolia :
Marsolas, Marczola en 1376, Marsola au XIVème siècle, Marzola au XVIIIème siècle, maisons isolées (Rignieux-le-Franc, Bresse, Ain).

D´un fundus Marsoliacus, dérivé avec le suffixe -acus :
Marseiller, hameau (Verrayes, Vallée d´Aoste).


Marsonnas
Commune et village de la Bresse (Montrevel-en-Bresse, arrondissement de Bourg-en-Bresse, Ain), in villa Marzoniaco en 942-954, de Masornaco en 1100, Masorna en 1180, Masornai en 1213, Marçonay en 1250, Marzonay et Marzonacus en 1272, d´un nom de domaine d´origine gallo-romaine *Marsoniacum, dérivé avec le suffixe -acum du gentilice Marsonius.

Martaines, Martenoy, Martin, Martine, Martines,
Martinet, Martinière
Patronyme Martin très répandu. Nom issu du latin martius, « guerrier, courageux ».
Côte Martin, lieu-dit (Corcelles-sur-Chavornay, district d´Orbe, Vaud) ;
Monts Martin, alpages (Grandvillard, district de la Gruyère, Fribourg) ;
Pierre à Martin, bloc erratique (Ballaison, Bas-Chablais, Haute-Savoie).
Par féminisation du patronyme Martin :
La Martine, maison isolée (Oulens-sous-Echallens, district d´Echallens, Vaud) ;
Pierre Martine, hameau (Ugine, Val d´Arly, Savoie) ;
Les Martines, quartier (Le Mont-sur-Lausanne, district de Lausanne, Vaud) ;
Prés Martines, maisons isolées en forêt (Gilly, district de Rolle, Vaud).

Par féminisation du patronyme Martinier, ou dérivé du patronyme Martin avec le suffixe de propriété -ière :
La Martinière, quartier (Ambilly, Annemasse, Haute-Savoie).

Patronyme Martinet, avec le suffixe diminutif -et :
Martinet, alpage (Ollomont, vallée d´Aoste) ;
Champ Martinet, lieu-dit (Villaz-Saint-Pierre, district de la Glâne, Fribourg) ;
Les Martinets, Martinae en 1043, pâturage, nom monté à la Pointe des Martinets, 2653m, au Col des Martinets, 2615m, et au Glacier des Martinets (Vallon de Nant, Bex, district d´Aigle, Vaud).

Avec le suffixe diminutif -el, devenu -oy :
Martenoy, Martinuel en 1267, Martinue in parrochie de Yllies en 1282, Murtinel [Martinel] en 1288, Martignoyt en 1491, Martenoit en 1906 (Val-d´Illiez, district de Monthey, Valais).

Par féminisation du patronyme Martain, probablement variante de Martin :
Les Martaines, alpages (Beaufort-sur-Doron, Beaufortain, Savoie).

Voir aussi Champmartin, Dommartin, Valmartin.


Martalet, Martelay, Marteley, Martellet, Marteray,
Marterays, Martère, Marteret, Marterets, Marterex,
Marterey, Martheray, Martolet, Martoret, Martorey,
Mâtres
Emplacement d´un cimetière datant de la fin de l´Antiquité, souvent le long d´une route ancienne. Ancien romand marterâ, ancien français martre, « martyr », bas latin martoretum, latin martyretum, « cimetière », martyrium, « tombe », grec martyres, « martyrs, puis lieu où sont enterrés les martyrs chrétiens, et enfin cimetière ».
Chemin du Martalet (Gletterens, district de la Broye, Fribourg) ;
Le Marteray, hameau (Saint-Nicolas-la-Chapelle, Val d´Arly, Savoie) ;
Les Marterays, hameau (Saint-Jorioz, Annecy, Haute-Savoie) ;
La Martère, Martheraz en 1843, La Marthère en 1911, lieu-dit (Billiat, Michaille, Ain) ;
Le Marteret, maisons isolées (Excenevex, Bas-Chablais, Haute-Savoie) ;
Nant des Marterets, cours d´eau affluent de la Deisse (Mognard, Albanais, Savoie) ;
Le Marterex, Marterel, Marterey et Martere en 1320, anciennement Marterez (pluriel), maison isolée (Ponthaux, district de la Sarine, Fribourg) ;
Marterey, hameau (Féchy, district d´Aubonne, Vaud) ;
Château du Martheray (Begnins, district de Nyon, Vaud) ;
Martheray, Marterei en 1217, Marterai en 1237, Marterey en 1278 (Lausanne, Vaud) ;
Route du Martoret, d´un lieu-dit Martorey en 1696 (Monthey, Valais) ;
Le Martorey, hameau (Landry, Aime, Tarentaise, Savoie) ;
Mâtres, hameau où se trouve toujours le cimetière (Saint-Saphorin-sur-Morges, district de Morges, Vaud).
Par lambdacisme :
Martelay, quartier (Evian-les-Bains, Chablais, Haute-Savoie) ;
Marteley, hameau (Vufflens-la-Ville, district de Cossonay, Vaud) ;
Martellet, hameau (Châtillon-sur-Cluses, Faucigny, Haute-Savoie) ;
Le Martellet, maison isolée (Saint-Sigismond, Faucigny, Haute-Savoie) ;
Le Martellet, quartier (Venthon, Combe de Savoie, Savoie) ;
Cour du Martolet et Source du Martolet, lieux-dits (Abbaye de Saint-Maurice, Saint-Maurice, Valais).

Voir aussi Pirra Martera.


Marteau
Le Marteau, un des sommets (2289m) des Rochers des Fiz (Faucigny, Haute-Savoie), probablement par métaphore.

Martel, Martels
Mot du patois jurassien martel, « marais tourbeux », dérivé de mare avec les suffixes diminutifs -et et -el.
Ponts-de-Martel, Martil aux XVIème et XVIIème siècle, commune et village (District du Locle, Neuchâtel) ;
Petit Martel, village-rue, Côte de Petit Martel et Marais de Petit Martel, lieux-dits (Les Ponts-de-Martel, district du Locle, Neuchâtel) ;
Côte des Martels, forêt déclive (La Chaux-du-Milieu, district du Locle, Neuchâtel).

Martenan
Hameau de la commune de Sorens, district de la Gruyère (Fribourg), pourrait être un accusatif de la déclinaison d´origine germanique en -a, -anem de Martina, féminin de Martin [Aebischer].

Martenaux, Martinaux
Peut-être des patronymes Martenaux, Martinaux issus de Martin, ou bien des formes adjectives dérivées du même patronyme.
Les Martenaux, lieu-dit (Collonges, district de Saint-Maurice, Valais) ;
Les Martinaux, maison isolée (Lavey-Morcles, district d´Aigle, Vaud).

Martenna
Forêt de Martenna ou Martenaz, forêt de la commune de Liddes (District d´Entremont, Valais), probablement par féminisation d´un patronyme Martin.

Martherenges
Commune et village vaudois du district de Moudon, nom actuel attesté au XVème siècle, anciennement villa Martherenga ou curtis Martherenga, nom d´origine burgonde qui pourrait dériver du nom propre Marthar, hybride du théonyme Mars, Martis [Perrenot], et du burgonde *harja, harjis, germanique *harja, « guerrier ».

Martignat, Martigny, Martinaz
D´un nom de domaine d´origine gallo-romaine Martiniacum, dérivé du gentilice Martinius issu de Mars, Martis, le dieu romain de la guerre.
Martignat, Martiniacus en 1176, Ecclesia de Martiniaco en 1184, Martinia vers 1250, Martignia en 1267, Martigniacus en 1279, etc., commune et village du Haut-Bugey (Oyonnax, arrondissement de Nantua, Ain) ;
Martigny, Martiniacum en 516 (douteux), Martigniacum en 1163, etc., sur l´emplacement d´Octodurus Varagrorum, « Les Huit Portes des Véragres », du celtique octu, oxtu, racine indo-européenne *okto, « huit », et durus, Octoduro sur la Table de Peutinger, chef-lieu de la tribu celte des Véragres. Conquise par les Romains vers 15 BC, elle devient Forum Claudii Vallensium en l´honneur de l´empereur Claude, ou encore Vallensium civitas, Veragrorum civitas ; nom allemand Martinach, ville, commune et district (Valais).
Pré Martigny, maison isolée (Saint-Martin, district de la Veveyse, Fribourg) ;
Martigny, alpage, et Ruisseau de Martigny, affluent de la Sarine (Rougemont, Pays-d´Enhaut, Vaud) ;
Martigny, hameau, et Communal de Martigny, lieu-dit en forêt (Cranves-Sales, Annemasse, Haute-Savoie) ;
Martinaz, Martyniacus en 1339, Martinas en 1364, Marti[g]na en 1650, hameau (Saint-Maurice-de-Rémens, Bugey, Ain).

Martinet, Martinette, Martinettes
Etablissement installé sur un cours d´eau, où à partir de minerai on fabrique du fer, un marteau mû par l´eau, le martinet, servant à épurer le résultat de la réduction du minerai. Par synecdoque du français martinet, « marteau mû par la force hydraulique ou par une machine à vapeur, dont on se servait dans les forges », ancien français martinet, « lourd marteau », du bas latin martus, « marteau ».
Le Martinet, Moulin du Martinet sur la Carte de Cassini, hameau sur la Versoix (Chavannes-des-Bois, district de Nyon, Vaud).
Martinette, diminutif de martinet, ancien terme franco-provençal synonyme de taillanderie. Petit établissement utilisant de petites roues à palettes entrainant un marteau léger, le martinet, dans lequel on forge et répare les outils aratoires :
La Martinette, maison isolée (La Ferrière, Belledonne, Isère) ;
Les Martinettes, maisons isolées (Tours-en-Savoie, Combe de Savoie, Savoie).


Mase
Commune et village valaisans du district d´Hérens, villa Magis en 1100, Matgi en 1200, Magi, Magy du XIIIème au XVème siècle, Mage en 1906, Mase étant le nom patois, selon Jaccard Magis serait l´ablatif pluriel du cognomen Magus, latin magus, « mage », ou anthroponyme germanique *Mago, du radical mag, « puissance ».

Masesselin
Hameau de la commune de Soubey (District des Franches-Montagnes, Jura), Maison Henselin au XIVème siècle, où le nom propre Hesselin, diminutif patois de l´allemand Hans, signifie « petit Jean ».

Massa
Cours d´eau issu du Glacier d´Aletsch et affluent du Rhône, Massona en 1235, du gaulois *masso-, « beau », avec le suffixe -ona, selon Jaccard.

Massacre
Forêt du Massacre, lieu-dit de la commune des Rousses, canton de Morez (Jura), ancienne forêt de la Frasse, où en 1535 une armée forte de 600 hommes envoyée en renfort à la ville de Genève assiégée par le Duc de Savoie, et qui battait en retraite, fut poursuivie et massacrée.

Masserey
Pointe de Masserey, sommet de la commune de Mase (District d´Hérens, Valais), 2841m, probablement du patronyme Masserey d´origine savoyarde.

Massiat, Massier, Massieu, Massieux
D´un nom de domaine d´origine gallo-romaine dérivé du gentilice Massius.
De *Massiacum, avec le suffixe -acum :
Massiat, Villa de Massia en 1299-1369, Massiaz en 1500, hameau (Oyonnax, Haut-Bugey, Ain) ;
Massieu, ecclesia Massiaci au XVème siècle, commune et village de la Valdaine (Saint-Geoire-en-Valdaine, arrondissement de la Tour-du-Pin, Isère) ;
Bois de Massieu, forêt (Soleymieu, L´Isle-Crémieu, Isère) ;
Massieux, Maceu en 1228, Maciacus en 1250, Massiacus en 1482, commune et village de la Dombes (Reyrieux, arrondissement de Bourg-en-Bresse, Ain).

De *Massianum, avec le suffixe -anum :
Massier, Massianum villa et Masianum au Xème siècle, Massen et Massie au XIVème siècle, hameau (Vienne, Pays viennois, Isère).


Massif
Terme générique, ensemble de montagnes groupées dans une même région et ne formant pas une chaîne.
Massif du Mont-Blanc, montagnes groupées autour du Mont Blanc (Haute-Savoie, vallée d´Aoste et Valais) ;
Le Grand Massif, montagnes situées entre la vallée du Giffre et la vallée de l´Arve (Faucigny, Haute-Savoie).

Massignieu, Massignieu-de-Rives, Massingy
D´un nom de domaine d´origine gallo-romaine *Massiniacum, dérivé avec le suffixe -acum du gentilice Massinius, cf. Massingy (Côte d´Or), Massingiacum au Xème siècle.
Massignieu, in villa Mazinaco, corrigé in villa Masiniaco en 1110, Massignyou subtus Belmont en 1359, Massigniou soubz la Balme en 1385, Massignieux en 1847, hameau (Belmont-Luthézieu, Valromey, Ain) ;
Massignieu-de-Rives, Massigney vers 1365, Massigniacus en 1409, Massignieu en 1650, Massignieux-de-Rives en 1847, commune et village du Bugey (Arrondissement de Belley, Ain) ;
Massingy, Cura de Massingie vers 1344, commune et village de l´Albanais (Rumilly, arrondissement d´Annecy, Haute-Savoie).

Massongex, Massongy
Noms de domaines d´origine gallo-romaine *Massoniacum, dérivé avec le suffixe -acum du gentilice Massonius [Jaccard].
Massongex, Massungiacum en 1178, Massunge en 1226, Massongie en 1250, Massungie en 1290, Massungiez en 1316, Massonger en 1328, Massugier en 1349, Massongier en 1374, Massongiez vers 1720, commune et village (District de Saint-Maurice, Valais) ;
Massongy, Masony en 1236, Cura de Massongie vers 1344, Massungier, Massongiacus et Massongier aux XIVème, XVème et XVIème siècles, commune et village du Bas-Chablais (Douvaine, arrondissement de Thonon-les-Bains, Haute-Savoie).

Massonnens
Commune et village fribourgeois du district de la Glâne, in mansoningis à une date indétermiée, Mansaningis ou Massaningis en 929-930, Massenens en 1177, Massunens en 1344, massonens en 1471, nom d´origine burgonde qui dériverait d´un primitif *Mansoningos, « chez les Mansoningi », dérivé du nom propre Manso [Perrenot].

Massonnère
La Massonnère, lieu-dit de la commune de Bure (District de Porrentruy, Jura), pourrait être une féminisation du patronyme Masson très courant.

Massouderie, Massous
Du patronyme Massoud.
Les Massous, maison isolée en clairière (Les Gets, Faucigny, Haute-Savoie).
Par adjectivisation :
La Massouderie, maisons isolées (Les Gets, Faucigny, Haute-Savoie).


Matafelon
Ancienne commune et village du Haut-Bugey, Matafelon-Granges depuis 1973 (Izernore, arrondissement de Nantua, Ain), Mathafelon en 1291, Apud Mathafelonem et de Mathafelone en 1299-1369, Ecclesia de Matafelon vers 1350, De Mattaffellone en 1361, Mata Fellon en 1386, Matafelon en 1414, Mathafellonis en 1419, etc. ; on a proposé une combinaison de l´ancien français matar, « tuer », et felon, « félon », ou encore un anthroponyme issu du gaulois *matu, « ours » et d´un hypothétique **felon, « fils », mais la lettre f est inconnue dans cette langue ; on notera aussi l´ancien français matefelon, « ophioglosse », une fougère (Ophioglossum vulgatum).
Voir aussi Torchefelon.


Matannes
D´un mot dialectal matanne, « saule ».
Les Matannes, maisons isolées (Forel, district de Lavaux, Vaud).

Mâtcheby
Lieu-dit de la commune de Bourg-Saint-Pierre, district d´Entremont (Valais), d´un mot patois signifiant « rocher écrasé » [Guex].

Matefaim
Lieu-dit de la commune de Mérignat (Haut-Bugey, Ain), « qui coupe la faim », combinaison du verbe mater et de faim, c´est un desserte nourissant ; ici, c´est probablement une terre qui nourrit bien.

Mategnin
Hameau genevois de la commune de Meyrin, Matigniaco (par latinisation abusive), Matignins en 1269, Mattegnin sur la Carte de Cassini, Mategnins au XIXème siècle, nom d´origine burgonde, qui pourrait dériver d´un primitif *Matteningos, « chez les Matteningi », dérivé du nom propre germanique Matto [Jaccard].

Matélon
Habitat dispersé du Sépey (Ormont-Dessous, district d´Aigle, Vaud), Mastalon en 1231, et Mattelon (carte Siegfried), d´un patronyme Matalon, Mattelon, formes populaires de Mathurin, du latin Maturinus, issu de maturus, « mûr ».

Matheysine
La Matheysine, in Matanatis au VIIIème siècle, Matasina et Mathaysana au XIème siècle, Mattaisina au XIIème siècle, Matacina, Mathacena et Mathazena au XIIIème siècle, Mathascena et Matheysina au XIVème siècle, Matassena au XVème siècle, est une région située au Sud du département de l´Isère, qui correspond à l´actuel canton de la Mure, avec la commune de Laffrey. Le nom peut venir d´un nom d´homme *Mattanus, avec le suffixe d´appartenance -atis, ou dériver de racine pré-indo-européenne (ligure) *matta, « pâturage buissonneux ».

Mathis
Mayens de Mathis, clairière au-dessus de Vercorin (Chalais, district de Sierre, Valais), avec le patronyme Mathis ou issu de Mathias, variantes de Mathieu.

Mathod
Commune et village vaudois du district d´Yverdon, Mastod en 1141, Mastout en 1235, Mathoz en 1382, Mastou et Mathod en 1403, Mathoux en 1521, etc, nom d´origine inconnue.

Matran
Commune et village fribourgeois du district de la Sarine, Martrans en 1123, Martrens en Nuithonie en 1138, Martrans en 1148, Matrans en 1157, Martrans en 1173, Martranz en 1285, Martrant en 1445, Martrand en 1555, Matrang en 1668, le nom actuel est attesté en 1578. Dérivé de l´anthroponyme Martyrus avec le suffixe -an, nom peut-être dérivé de martyr.

Matrignat
Grand Matrignat et Petit Matrignat, hameaux de la commune de Saint-Nizier-le-Bouchoux (Bresse, Ain), Matrigniacus et Matrigniacus Magnus en 1416, Apud Matrigniacum Magnum et Parvum et Matrignia en 1439 d´un nom de domaine d´origine gallo-romaine *Matriniacus, dérivé avec le suffixe -acus du gentilice Matrinius.

Matringes
Hameau de la commune de Mieussy (Faucigny, Haute-Savoie), Mastringis en 1209, nom d´origine burgonde qui dériverait d´un primitif *Masteringum, « chez les Masteringi », dérivé du nom propre Mastar (Mastaar, Mastahar), « le guerrier en bon point, gros et gras » [Perrenot], germanique *masta, « engraissement », et burgonde *harja, harjis, germanique *harja, « guerrier ».

Matse, Matses
Patois valaisan matse, « piège à petit gibier, trappe », désigne un endroit où étaient disposés ces pièges [Guex].
La Matse, alpage de Thyon (Vex, district d´Hérens, Valais) ;
La Matse, lieu-dit en forêt (Saillon, district de Martigny, Valais) ;
Forêt des Matses, lieu-dit en forêt (Collombey-Muraz, district de Monthey, Valais).

Matte, Mattes, Mettetlet
Vieil allemand matte, « prairie », et racine pré-indo-européenne (ligure) *matta, « pâturage buissonneux ». Voir aussi le mot régional matte. Mot régional suisse mattu, « pré » [Pégorier].
La Matte, alpage (Rougemont, Pays-d´Enhaut, Vaud) ;
Les Mattes, alpage, nom monté à la Pointe des Mattes, sommet, 1900m, nom probablement d´origine walser, la présence des Walsers étant attestée dans cette région (La Chapelle-d´Abondance, Val d´Abondance, Haute-Savoie).
Selon Aebischer, diminutif de matte avec le suffixe -et :
Mettetlet, maisons isolées (Granges-Paccot, district de la Sarine, Fribourg).

Voir aussi Coumatta.


Matthieu
Du prénom latin Matthaeus, issus de l´hébreu mattithyahû « don de Dieu », composé de mattath, « cadeau », et Yahvé.
Champ Matthieu, lieu-dit (Nods, district de la Neuveville, Jura bernois).

Maubec
Du latin malus, « mauvais, funeste » et beccus, « bec d´oiseau », dans le sens de « qui sait bien se défendre » [Nègre 1990].
Maubec, Malumbeccum en 1200, parrochia de Malobecto au XIIIème siècle, commune et village (Bourgoin-Jallieu, arrondissement de la Tour-du-Pin, Isère), et castrum Malumbeccum au XIIème siècle, Mal Bec et Maubecq sans date, ancien château dans la même commune.
Probablement de même origine, ou par transfert :
Maubec, hameau (La Tronche, Pays grenoblois, Isère) ;
Maubec, quartier (Voiron, Pays voironnais, Isère) ;
Maubec, alpage, et Ruisseua de Maubec, affluent du Ruisseau des Encombres (Saint-Martin-de-Belleville, Tarentaise, Savoie).


Maubert
Pra Maubert, maison isolée de la commune de Treyvaux (District de la Sarine, Fribourg), avec un patronyme Maubert, de l´anthroponyme germanique Madalberht, ancien haut allemand mahal, « tribunal », madal dans les anthroponymes, et ancien haut allemand beraht, germanique *berhta, « brillant, renommé ».

Maubouchet
Mauvais bosquets, préfixe Mau-, « mauvais », et Bouchet, « bosquet ».
Maubouchet, lieu-dit (Saint-Pierre-de-Chartreuse, Chartreuse, Isère).

Mauchamp
Chemin du Mauchamp (Mâche, Bienne, Berne), « mauvais champ », composé du préfixe Mau-, « mauvais », et de champ.

Maucommun
Mauvais champ possédé en commun, préfixe Mau-, « mauvais », et Commun.
Maucommun (Les Montets, district de la Broye, Fribourg).

Maudens
Hameau de la commune de Châtel-Saint-Denis, district de la Veveys (Fribourg), modens et moudens en 1309, Maudens en 1668, nom d´origine burgonde, dériverait d´un primitif *Maldingos, « chez les Maldingi », dérivé du nom propre Maldo, de sens inconnu [Perrenot].

Maudit, Maudites
Français maudit, « qui a été l´objet d´une malédiction », aussi « mauvais, détestable ».
Mont Maudit, 4465m, sommet du Massif du Mont-Blanc ; le nom de Montagne Maudite désignait jusqu´au XVIIIème siècle le Mont Blanc, il fut transféré au sommet voisin à la fin du XIXème siècle, le Mont Blanc étant devenu un sujet d´admiration et non de crainte. Aucune catastrophe ne justifie le qualificatif de maudit au Mont Maudit actuel.
Les Terres Maudites, pentes très raides (Samoëns, Faucigny, Haute-Savoie).

Maufay
Mauvais hêtre, préfixe Mau-, « mauvais », et Fay, « hêtre ».
Maufay, hameau (Syens, district de Moudon, Vaud).

Mauguettaz, Mauguette
Pourrait être un composé du préfixe Mau-, « mauvais », et Guette, mais les formes anciennes de Mauguettaz indiquent plutôt une dérivation de mourget, du vieux français morgier, murgier, « tas de pierres », voir Morgiers.
La Mauguettaz, La Mourgetta en 1403, Mougette en 1533, La Monguetaz en 1538, gros hameau (Yvonand, district d´Yverdon, Vaud) ;
La Mauguette, lieu-dit en forêt (Blonay, district de Vevey, Vaud).

Maulatreys
Peut-être des pâturages boueux, composé de Maula, « boue » et Trey, ou des mauvais pâturages, voir Malatrait.
Les Maulatreys, alpage (L´Etivaz, Château-d´Oex, Pays-d´Enhaut, Vaud) ;
Les Maulatreys, maisons isolées (Bulle, district de la Gruyère, Fribourg).

Maule, Maules, Morlon
Ces noms viendraient d´une ancienne carrière de meules, latin molas, « meule ».
La Maule, colline boisée (Cheiry, district de la Broye, Fribourg) ;
Maules, Molas en 930, Molas superiores en 995, Molis en 1145, Moles en 1179, ancienne commune et hameau, et Commun de Maules, forêt (Sâles, district de la Gruyère, Fribourg) ;
Morlon, Molas subteriores en 995, Mollon en 1038, Mollun en 1264, nom actuel attesté dès 1500, par dissimilation de [ll] en [rl], commune et village (District de la Gruyère, Fribourg).

Maumochy
Mmaison isolée et ruisseau affluent de la Sarine (Estavannens, Bas-Intyamon, district de la Gruyère, Fribourg), composé du préfixe Mau-, « mauvais », et du patois mocha, « mousse » [Kraege 1999].

Maumont, Mormonnet, Mormont
Signifie « colline des mûres », voir le mot régional meuron, et mons, selon Jaccard. Plus vraisemblalement, ces noms dérivent d´un anthroponyme germanique Maurus, Moro, du latin Maurus, « Africain » [Prongué].
Maumont, Mauremont et Mormont au XIXème siècle, petite colline (Pizy, district d´Aubonne, Vaud) ;
Mormont, cum ruboria que vocatur Mauromonte, « avec un roncier qu´on appelle Mauromonte » en 814, Mormont en 1344, puis Maurimons, et Mauremont au XIXème siècle, colline de 605 m située entre les communes d´Eclépens, d´Orny et de La Sarraz (District de Cossonay, Vaud) ;
Mormont, hameau (Courchavon, district de Porrentruy, Jura).
Avec le suffixe diminutif -et :
Mormonnet, lieu-dit près de Mormont (La Sarraz, district de Cossonay, Vaud).


Mauperrey
Mauvais pierrier, champ plein de pierres, préfixe Mau-, « mauvais », et Perrey.
Mauperrey, Mauperey en 1906, lieu-dit (Chavannes-sur-Moudon, district de Moudon, Vaud).

Mauraz, Meuraye, Meure, Meurets, Meuron,
Meurottes, Moral, Morat, Moratel, Moura,
Mourat, Mourât, Mouraz, Moures, Mouret,
Mouri, Mourriaux, Mur, Mura, Murailles,
Muraz, Mur Blanc, Mure, Mûre, Murée,
Mures, Mûres, Muret, Murets, Murette,
Murettes, Mûriers, Murinais, Murs
1. Mûre sauvage, fruit de la ronce, qui ressemble à celui du mûrier.
Les Mures Rouges, forêt déclive (Méribel, Les Allues, Tarentaise, Savoie) ;
Mûres, commune et village de l´Albanais (Alby-sur-Chéran, arrondissement d´Annecy, Haute-Savoie) ;
Les Mûres, lieu-dit (Fully, district de Martigny, Valais).
Ancien français meure, « mûre » :
La Meure, lieu-dit (Cartigny, Genève).

Mot régional et ancien français meuron, « mûre sauvage » :
Meuron, lieu-dit (Chancy, Genève).

Noms collectifs dérivés de l´ancien français meurei, « endroit où il pousse des mûres », du latin moretum, « roncière », avec les suffixes collectifs -aye, -et, -ey :
La Meuraye, alpage (Val-d´Illiez, district de Monthey, Valais) ;
Les Meurets, lieu-dit (Jussy, Genève).

Avec le suffixe collectif -ier, ancien français meurier, « ronce » :
Les Mûriers, hameau (Fiez, district de Grandson, Vaud).

Avec le suffixe diminutif -otte :
Les Meurottes, lieu-dit (Douvaine, Bas-Chablais, Haute-Savoie).

2. Lieu entouré d´un mur, patois mourâ, « murer, entourer d´un mur », mouret, « mur », ancien français mure, muret. Spécialement : localité, parfois appelée anciennement ad muros, où se trouvent des (petites) fortifications antérieures au moyen âge, latin murus, « mur, clôture, enceinte ; rempart, muraille d´une ville ; levée de terre, remblai, retranchement, chaussée, digue ; protection, défense, secours, abri ».
Mur, Murs en 1319, commune et village (District d´Avenches, Vaud), une partie du village débordant sur la commune du Haut-Vully (District du Lac, Fribourg) ;
Mur Blanc, hameau (Corsier-sur-Vevey, district de Vevey, Vaud) ;
Derrière le Mur, quartier situé derrière l´ancienne muraille (Avenches, Vaud) ;
Murs, village, chef-lieu de la commune de Murs-et-Gélignieux, dans le Bugey (Arrondissement de Belley, Ain) ;
Les Murs, maisons isolées, avec de nombreux murs de pierres sèches des XVIIème et XVIIIème siècles (Les Bois, district des Franches-Montagnes, Jura) ;
Murs Blancs d´Amont et Murs Blancs d´Avau, alpages (Estavannens, Bas-Intyamon, district de la Gruyère, Fribourg).

Bas latin muratum [locum], « [lieu] entouré de murs » [Jaccard] :
Morat, [curtis] Muratum en 516, castra Murtena en 1032, castrum Murat en 1034, nom allemand Murten attesté en 1238, Muretum en 1255, commune et ville (District du Lac, Fribourg), et Lac de Morat, Lacus Muratensis en 961, Lacus de Mureto en 1297, Lacus Mureti en 1445, nom allemand Murtensee (Fribourg et Vaud) ;
Métairie de Morat, maison isolée (Cormoret, district de Courtelary, Jura bernois) ;
Morat, hameau (Veyrier-du-Lac, Bornes, Haute-Savoie).

Avec le suffixe diminutif -el :
Moratel, lieu-dit, et Port de Moratel (Cully, district de Lavaux, Vaud).

Ancien français mure, « mur », ou franco-provençal mure, « masure » :
Les Moures, hameau (Les Cullayes, district d´Oron, Vaud) ;
La Mure, a la mura et place du Mur en 1730, a la Muraz et Lamuraz en 1810, Lamure en 1849, hameau (Bardonnex, Genève) ;
Mures, Cura de Muris vers 1344, commune et village de l´Albanais (Alby-sur-Chéran, arrondissement d´Annecy, Haute-Savoie) ;
Les Mures, maison isolée (Vuisternens-devant-Romont, district de la Glâne, Fribourg).

Occitan mura, muro, « mur, probablement pour désigner une maison dont ne restaient que les mur » [Nègre 1990] :
La Mure, vicus Mura et ad Muram in Matasina au XIème siècle, Mura Matacena au XIIIème siècle, canton, commune et village de la Matheysine (Arrondissement de Grenoble, Isère).

Peut-être de même origine, avec un suffixe :
Murinais, Murinas et Murinays au XIIème siècle, Murinasium au XIIIème siècle, commune et village de Chambaran (Saint-Marcellin, arrondissement de Grenoble, Isère), et castrum de Murinny au XIIIème siècle, château ruiné dans la même commune.

Avec le suffixe diminutif -et, -ette, bas latin murittum, « petit mur » :
Le Mouret, ancien nom allemand Muret, hameau qui a donné son nom à une nouvelle commune regroupant les communes de Bonnefontaine, Essert, Montévraz, Oberried, Praroman et Zénauva (Ferpicloz et Le Mouret, district de la Sarine, Fribourg) ;
Le Muret, hameau (Bonnevaux, Val d´Abondance, Haute-Savoie) ;
Les Murets, hameau (Passy, Haut-Faucigny, Haute-Savoie) ;
Murette, maison isolée en clairière (La Salle, vallée d´Aoste) ;
Les Murettes, maisons isolées (Duillier, district de Nyon, Vaud).

Franco-provençal mureta, « petit mur », qui avait peut-être le même sens que l´occitan mureta, « muraille construite entre les remparts et le fossé » :
La Murette, commune et village du Pays voironnais (Rives, arrondissement de Grenoble, Isère).

Français muraille, « ensemble de murs épais et d´une certaine élévation », avec le suffixe collectif -aille :
Les Murailles, hameau (Meinier, Genève).

Par métaphore, paroi rocheuse semblable à une muraille :
Glacier des Grandes Murailles, Col des Grandes Murailles, 3827m, et Pointe des Petites Murailles, 3560m (Bionaz et Valtournenche, vallée d´Aoste).

Ancien français murat, « muraille » :
Chemin de Mourat (Lutry, district de Lavaux, Vaud) ;
Le Mourât, quartier (Isérables, district de Martigny, Valais).

Formes patoises :
Mauraz, Moraz en 1324, Moura en 1547, « on dit qu´il a tiré son nom d´un ancien mur de défense élevé dans le voisinage » [Martignier], commune et village (District de Cossonay, Vaud) ;
Moral, hameau (Saint-Marcel, vallée d´Aoste) ;
Pré de Moura, es prez Mouraz en 1696, Pré de Mouraz en 1946, lieu-dit (Collombey-Muraz, district de Monthey, Valais) ;
La Mouraz, quartier (Icogne, district de Sierre, Valais) ;
Mouri, maisons isolées en clairière (Conthey, Valais) ;
Les Mourriaux, peut-être d´un patronyme Mouriaux de même origine, alpage (Château-d´Oex, Pays-d´Enhaut, Vaud) ;
Mura, lieu-dit (Arconciel, district de la Sarine, Fribourg) ;
La Mura, hameau (Les Collons, Vex, district d´Hérens, Valais) ;
Muraz, de Mura en 1283, Muras et Muraz en 1696, village (Collombey-Muraz, district de Monthey, Valais) ;
Muraz, hameau (Sierre, Valais) ;
La Muraz, Mura en 1275, commune et village du Genevois (Reignier, arrondissement de Saint-Julien-en-Genevois, Haute-Savoie) ;
La Muraz d´en Bas et La Muraz d´en Haut, La Mure d´en Bas et La Mure d´en Haut sur la Carte IGN, apud Muram en 1360, hameaux (Aiton, Basse-Maurienne, Savoie) ;
Champ Muraz, hameau, paut-être du patronyme Muraz (Treycovagnes, district d´Yverdon, Vaud) ;
En Muraz, aussi La Mûre, hameau (Yens, district de Morges, Vaud) ;
La Murée, hameau (Vers-l´Eglise, Ormont-Dessus, district d´Aigle, Vaud).

Voir aussi Bois Murat.


Mauregard
Endroit encaissé, d´où la vue est mauvaise : préfixe Mau-, « mauvais », et Regard.
Mauregard, lieu-dit (Russin, Genève).

Maures
Probablement un souvenir des Maures présents dans la région au Haut Moyen-Age.
Torrent des Maures, affluent de la Borgne (Evolène, district d´Hérens, Valais) ;
Les Maures, lieu-dit (Mâche, Hérémence, district d´Hérens, Valais).
Probablement d´un patronyme Maure :
Les Maures, lieu-dit (Courtelary, Jura bernois) ;
Chex les Maures, hameau (La Tour, Faucigny, Haute-Savoie) ;
Sur les Maures, alpage (Bionnassay, Saint-Gervais-les-Bains, Val Montjoie, Haute-Savoie).


Maureys, Mauris, Maurisson, Mauron, Morand,
Morands, More, Morel, Moret, Morétan,
Morets, Moretta, Morette, Morex, Morez,
Morin, Morset, Mory, Murisette
Patronymes ou dérivés de patronymes issus par métaphore de Maure, More, signifiant « au teint sombre comme un More » : prénom Maurice, variante Mauris, diminutifs Maurisson, Mauron, patronymes Maurey, Morel, Moret, Morex, Morez, avec un suffixe diminutif -et, etc., Muriset, bas latin Murisetus, « Maurice ».
Les Maureys, hameau (Léchelles, district de la Broye, Fribourg) ;
Chez Mauris, hameau (Bernex, Genève) ;
Maurisson, lieu-dit (Vullierens, district de Morges, Vaud) ;
Mauron, lieu-dit (Vaulion, district d´Orbe, Vaud) ;
Flon Morand, fiumen Maurone en 908, cours d´eau affluent de la Paudèze (District de Lausanne, Vaud) ;
Le Beau Morand, Le Bo Morand sur le panneau de localité, avec Bo, « bois », ruines d´alpage (Vallée de la Manche, Morzine, Chablais, Haute-Savoie) ;
Chalets de Bon Morand, alpage (Vallée de la Manche, Samoëns, Faucigny, Haute-Savoie) ;
Les Morands, lieu-dit (Riddes, district de Martigny, Valais) ;
Sur le More ou Sur la Mort, maison isolée (La Verrerie, district de la Veveyse, Fribourg) ;
Cornes Morel, quartier (La Chaux-de-Fonds, Neuchâtel) ;
Crête Moret, arête issue du Grand Muveran (Chamoson, district de Conthey, et Ovronnaz, Leytron, district de Martigny, Valais) ;
Gîte à Moret, maison isolée (Montbovon, Haut-Intyamon, district de la Gruyère, Fribourg) ;
Mayen Moret, lieu-dit en forêt(Charrat, district de Martigny, Valais) ;
Vers les Moret, maison isolée (Montbovon, Haut-Intyamon, district de la Gruyère, Fribourg) ;
Morétan, accusatif en -anem d´un nom féminin Moretta [Aebischer], maisons isolées (Prez-vers-Noréaz, district de la Sarine, Fribourg) ;
Les Morets, hameau (Saint-Gervais-les-Bains, Haut-Faucigny, Haute-Savoie) ;
Les Plans Morets, lieu-dit en forêt (Saint-Jean-d´Aulps, vallée de la Dranse, Haute-Savoie) ;
Moretta, forme patoise par féminisation de Moret, pâturage (Val de Moiry, Grimentz, district de Sierre, Valais) ;
La Morette, par féminisation de Moret, domaine (Chabrey, district d´Avenches, Vaud) ;
Le Morex, alpage (Vaulion, district d´Orbe, Vaud) ;
Morez, lieu-dit (Penthéréaz, district d´Echallens, Vaud) ;
Bois de la Morin et Pra Morin, lieux-dits (Molondin, district d´Yverdon, Vaud) ;
Creux de Morin, pâturage (Chamoson, district de Conthey, Valais) ;
Crêt Mory, maison isolée (Châtel-Saint-Denis, district de la Veveyse, Fribourg).
Patronymes Moriset, Muriset, diminutifs :
Morset, hameau (Saint-Jorioz, Annecy, Haute-Savoie).

Par féminisation :
La Murisette, par féminisation de Muriset, maisons isolées (Forel, district de Lavaux, Vaud).

Voir aussi Murist.


Maurienne
Vallée de l´Arc (Savoie), pontifice Mauriennense en 593-613, Maurogenna et apud ecclesie Maurigennica en 729, ad Mauriennam en 755, etc, dont le nom proviendrait du nom de personne *Maurigenna, hybride du nom romain Maurus et du gaulois *genia, « fille de ».

Mausault
Mauvaise forêt, difficile d´accès, préfixe Mau-, « mauvais », et vieux français sault, « bois », voir Sault.
Mausault, forêt très pentue (Broc, district de la Gruyère, Fribourg).

Maxilly-sur-Léman
Commune et village du Pays de Gavot (Evian-les-Bains, arrondissement de Thonon-les-Bains, Haute-Savoie), Ecclesia S. Marie de Maciliaco en 1078-1120, Massilie en 1268, puis Maxilly jusqu´en 1930, nom de domaine d´origine gallo-romaine dérivé avec le suffixe -acum d´un gentilice Marcellius, Marcilius.

Maya, Maye, Mayes, Mayo, Meya,
Moay
A l´origine, le patois maye, maya désigne une meule de foin ou de paille, voire d´aiguilles de conifères, destinés à la litière du bétail. Le toponyme désigne soit un endroit où s´élèvent habituellement les meules de foin, soit, par métaphore un sommet conique qui a la forme d´une meule. De l´ancien français moie, « meule [de foin, de blé, de paille] », latin meta, « cône, pyramide ».
Mont de la Maya ou Mont de la Mayaz, sommet, 1465m, et Chalet de la Maya, maison isolée (Sainte-Croix, district de Grandson, Vaud) ;
La Maya, Maja en 1906, deux sommets, au-dessus de Ferpècle, 2867m, et au-dessus d´Arolla, 3040m (Evolène, district d´Hérens, Valais) ;
La Maya, sommet, 2916m (Nax et Saint-Martin, district d´Hérens, Valais) ;
Maya, lieu-dit (Uvrier, Sion, Valais) ;
La Maye, épaule, 2132m (Lourtier, Bagnes, district d´Entremont, Valais) ;
La Maye, sommet, 2642m (Val Ferret, Orsières, district d´Entremont, Valais) ;
Les Mayes, lieu-dit (Le Landeron, Neuchâtel) ;
Nant des Mayes, lieu-dit (Emaney, Salvan, district de Saint-Maurice, Valais) ;
Mayo, lieu-dit (Orsières, district d´Entremont, Valais) ;
La Meya, paroi rocheuse au-dessus de la Navisence (Vercorin, Chalais, district de Sierre, Valais) ;
Côte de Meya, lieu-dit (Zinal, Val d´Anniviers, Valais) ;
Montagne de Moay, alpage, et Revers de Moay, pâturage (Orsières, district d´Entremont, Valais).
Voir aussi Miaz.


Mayeres, Mayères
D´un mot régional mayère, « bois de haute futaie ».
Mayeres, hameau (Saint-Marcel, vallée d´Aoste) ;
Chalet de Mayères, ancien alpage reconverti en restaurant (Sallanches, Haut-Faucigny, Haute-Savoie).

Mayette, Mayettes
Par féminisation d´un patronyme Mayet attesté.
La Mayette, maison isolée (Onnens, district de Grandson, Vaud) ;
Les Mayettes, maisons isolées (Troistorrents, district de Monthey, Valais).

Mayeux, Mayoux
Patronymes Mayeux, Mayoux, dérivés du patois mayor, « gouverneur », du latin major, « plus grand ».
Les Mayeux, hameau (Mex, district de Saint-Maurice, Valais) ;
Mayoux, hameau (Saint-Jean, Val d´Anniviers, Valais), et Torrent de Mayoux, affluent de la Navisence.

Mayollans, Méla, Mélan, Meylan, Miolan,
Miolanet, Miolans, Miolène
Nom issu du gaulois Mediolanon, qui signifierait « plein centre, centre sacré », composé de *medio, « du milieu, central », racine indo-européenne *medhi-, medhio-, « milieu », et *lanon, « plein », d´où provient le sens de sacré, et non pas « plaine du milieu » ou « milieu de la plaine » [Delamarre].
Mayollans, Meiulam, Meylanum et apud Meolanum au XIIème siècle, lieu-dit (Châtonnay, Pays viennois, Isère) ;
Moille Méla, lieu-dit (Esserts, district du Lac, Fribourg) ;
Mélan, nom romain Mediolanum, puis Mellane en 1229, Melanum en 1292, ancienne chartreuse fondée en 1288 par Béatrix de Faucigny (Taninges, Faucigny, Haute-Savoie) ;
Meylan, parrochia de Mediolano et de Meiolano vers 1101, Meolans en 1339, Meylans en 1921, commune de l´agglomération grenobloise (Arrondissement de Grenoble, Isère) ;
Meylan, hameau (Doues, vallée d´Aoste) ;
Le Meylan, maisons isolées, et Sex du Meylan, falaise (Martigny-Combe, district de Martigny, Valais) ;
Miolan et Petit Miolan, Miolans au XIIIème siècle, Myolens en 1301, hameaux (Choulex et Vandoeuvres, Genève) ;
Miolans, Meiolanum en 1014, de Miolano en 1080, Mediolani à la fin du XIème siècle, de Meolano en 1081, in castro Mediolano en 1083, Villa Meiolanis en 1100, Miolano en 1189, Myolanis en 1214, Miolan en 1218, Moylans en 1224, Miolanum en 1488, hameau (Saint-Pierre-d´Albigny, Combe de Savoie, Savoie).
Avec le suffixe diminutif -et :
Miolanet, hameau (Saint-Pierre-d´Albigny, Combe de Savoie, Savoie).

Peut-être de même origine :
Miolène, hameau, et Les Saix de Miolène, falaise (La Chapelle-d´Abondance, Val d´Abondance, Haute-Savoie).

Voir aussi Montmélian.


Mayoresses
Chemin des Mayoresses, par féminisation du patois mayor, « gouverneur », du latin major, « plus grand » (La Sallaz, Lausanne, Vaud).

Mayres
Ancienne commune jusqu´en 1965 et village qui fait maintenant partie de la commune de la Matheysine de Mayres-Savel, chef-lieu de la commune du même nom, ecclesia de Maires au XIème siècle, Maieres, Mayres et Mayeres au XIIIème siècle, parrochia Meyeriis vallis Saveli et parrochia de Meriis au XVème siècle, nom dérivé du théonyme gaulois Matras, « déesses mères des sources » [Nègre 1990], gaulois *matir, « mère ».

Mazel, Mazeley, Mézel
Vieux français masel, maisel, latin macellum, « boucherie ».
Le Mazel, alpage où l´on engraissait les bêtes destinées à l´abattage, du patois masé, « pièce de bétail propre à être tuée » [Notice sur la Vallée du Lac de Joux, Lucien Reymond, 1864], mais selon Bossard, qui l´écrit Mazé ce nom serait issu de l´ancien français masel, diminutif de mes avec le suffixe -el, « maison de campagne, propriété » (Les Bioux, district de la Vallée, Vaud) ;
Place du Grand-Mazel (Ville de Neuchâtel) ;
Vieux-Mazel, macello veteri en 1348, quartier (Ville de Vevey, Vaud) ;
Place du Grand-Mézel (Ville de Genève).
Avec le suffixe collectif -ey :
Pra Mazeley, maison isolée (Forel, district de Lavaux, Vaud).

Voir aussi Prémeyzel.


Mazerie, Mazières, Mézières
Ce toponyme évoque la présence de ruines. Il s´agit souvent de hameaux qui se sont installés sur le site d´un ancien domaine gallo-romain ruiné. De l´ancien français maisière, « muraille, débris, décombres », puis « maison », latin vulgaire féminin pluriel maceriae, « murs ruinés, débris de constructions », latin maceria, maceries, « mur de clôture (en pierres sèches), muraille, masure », celtique macero « clôture, mur ».
La Mazerie, alpage (Chinaillon, Le Grand-Bornand, Bornes, Haute-Savoie) ;
Forêt de Mazières et Notre-Dame de Mazières, chapelle Mazerias en 1145, Massieres en 1281 (Hauteville-Lompnes, Bugey, Ain) ;
Mézières, Maiseriis en 1150, Maseres en 1161, Maseriis en 1170, Masieres en 1177, Maisieres en 1180, Masirie en 1184, Maceriis en 1186, Messeretes en 1228, Mayseres en 1290, Mayseriis en 1292, commune et village (District d´Oron, Vaud) ;
Mézières, Masieres au XIIème siècle, Maseres en 1161, de Maseriis en 1179, Maiseres en 1228, Masseres et Maissiere en 1251, Mexieres en 1453, commune et village (District de la Glâne, Fribourg) ;
Mézières, hameau (Le Bouchage, L´Isle-Crémieu, Isère).

Méan, Méanaz, Méanes, Méanne, Méannes,
Meyannes
Franco-provençal méan, meian, mian, « au milieu, entouré, clos », du latin medianus, « du milieu », de l´adjectif occitan alpin mean, « au milieu, entre deux ».
Rif du Coin Méan, cours d´eau affluent du Rif de l´Enversin (Besse, Oisans, Isère) ;
Les Méanes, lieu-dit en forêt (Valjouffrey, Valbonnais, Isère) ;
Cimes de Combe Méanne, 2464m, Col de Combe Méanne, 2454m et Torrent de Combe Méanne, affluent de la Bonne (Valjouffrey, Valbonnais, Isère) ;
Côtes Méannes, lieu-dit en forêt déclive (Cornillon-en-Trièves, Trièves, Isère) ;
Les Meyannes, lieu-dit en forêt (Le Périer, Valbonnais, Isère).
En Haute-Maurienne, méan, méanas, méanos, « parc à brebis » :
Le Méan Communal, lieu-dit en montagne, et Ruisseau du Méan Communal, affluent de l´Arc (Bessans, Haute-Maurienne, Savoie) ;
Le Méan de l´Ours, et Pareis du Méan de l´Ours, lieu-dit en montagne (Bessans, Haute-Maurienne, Savoie) ;
Le Grand Méan, lieu-dit en montagne (Bessans, Haute-Maurienne, Savoie) ;
Col du Grand Méan, 3214m, Glacier du Grand Méan, Pointe du Grand Méan, 3253m, et Ruisseau du Grand Méan, affluent du Ruisseau des Pareis (Bonneval-sur-Arc, Haute-Maurienne, Savoie) ;
Pointe de Méan Martin, 3330m, Aiguille de Méan Martin, 3278m, Col de Méan Martin, 3103m, Passage de Méan Martin, Le Signal de Méan Martin, 3220m, et Glacier de Méan Martin, nom monté, avec un patronyme Martin (Bessans et Termignon, Haute-Maurienne, Savoie).

Forme patoise du féminin méane :
Méanaz, alpage (Avise, vallée d´Aoste) ;
Méanaz, alpage à mi-distance entre Fontillon et Prapériaz (Roisan, vallée d´Aoste).


Méaudre, Méaudret
Du vieux français mieldre, mieudre, cas sujet de « meilleur » [Bouvier].
Méaudre, parrochia de Meotres au XIIIème siècle, parrochia de Meodris et molendina de Mendreco au XIVème siècle, parrochia de Meuxdris au XVème siècle, Meudiz au XVIème siècle, commune et village du Vercors (Villard-de-Lans, arrondissement de Grenoble, Isère), Roche de Méaudre, falaise, et Labyrinthe de Méaudre, gouffre dans la même commune.
Diminutif avec le suffixe -et :
Méaudret, Bas Méaudret, et Haut Méaudret, ecclesia de Subteriori Meldres au XIème siècle, molendinum de Mendreto au XIVème siècle, hameaux (Villard-de-Lans, Vercors, Isère) ;
Le Méaudret, aqua de Mendris au XIVème siècle, cours d´eau affluent de la Bourne qui forme les Gorges du Méaudret, et Trisous du Méaudret, gouffre, perte (Méaudre, Vercors, Isère).


Mébôs
Lieu-dit de la commune des Pommerats, district des Franches-Montagnes (Jura), composé du patois jurassien emmé les bôs, « au milieu des bois » [Prongué].

Mèbre
La Mèbre, hameau de la commune de Morrens, et cours d´eau affluent de la Sorge (District d´Echallens, Vaud), Meybry en 1357, nom d´origine inconnue.

Mécanique
La Mécanique, maison isolée de la commune de Domdidier, district de la Broye (Fribourg), nom récent pour un ancien artifice établi sur l´Arbogne.

Mèche
La Mèche, lieu-dit en forêt de la commune de Bellevaux (Chablais, Haute-Savoie), du patois savoyard mêshi, « couper [du bois dans une forêt] » [Viret].

Médecin
Bois du Médecin, bois de la commune de Bonfol (District de Porrentruy, Jura).

Medetta
La Medetta ou La Médettaz, hameau des Marécottes, commune de Salvan, district de Saint-Maurice (Valais), pourrait venir d´un mot patois médetta, « maudite », attesté en patois savoyard [Guex].

Médières, Médille
Noms probablement issus du latin medium, « milieu ».
Médières, « milieu [entre Le Châble et Verbier] », avec le suffixe collectif -ière, peut-être du bas latin medietaria, village (Bagnes, district d´Entremont, Valais) ;
La Médille, lieu-dit à mi-pente (Vollèges, district d´Entremont, Valais).

Médon, Médonnet
Probablement d´un patronyme Médon, assez rare. Médonnet,
Médon, hameau (Combloux, Haut-Faucigny, Haute-Savoie).
Soit un diminutif de Médon, le nom du hameau voisin, soit d´un patronyme Médonnet, rare, diminutif du patronyme Médon :
Médonnet, hameau (Combloux, Haut-Faucigny, Haute-Savoie).


Megève, Mégevette
Milieu des eaux ou montagne de l´eau. Gaulois *medio, racine indo-européenne *medhi-, medhio-, « milieu », ou *meg, « montagne » et suffixe -ève.
Megève, Megeva en 1212, Prior de Megeva vers 1344, Mégêve en 1791, Mégève jusqu´en 1961, commune et village du Haut-Faucigny (Sallanches, arrondissement de Bonneville, Haute-Savoie).
Diminutifs avec le suffixe -ette :
Mégevette, anciennement Mégevol, Megevela et Megevola à la fin du XIème siècle, Cura de Megeveta vers 1344, commune et village du Faucigny (Saint-Jeoire, arrondissement de Bonneville, Haute-Savoie).


Mehyre, Meiyri, Ménéria, Méréniaux, Merennes,
Méreune, Meriau, Mérier, Mérieu, Mérignier,
Mérils, Mérine, Merio, Meroué, Mérouet,
Méruz, Mière, Miérette, Moère
Certains de ces toponymes pourraient dériver d´un franco-provençal meyri, « alpage entouré de bois », latin meria, moeria et désigner des alpages ou des pâturages partiellement boisés.
Mehyre, lieu-dit (Perrefitte, district de Moutier, Jura bernois) ;
Meiyri, lieu-dit (Ocourt, district de Porrentruy, Jura) ;
Ménéria, par métathèse, lieu-dit (Thierrens, district de Moudon, Vaud) ;
Les Méréniaux, maisons isolées (Rossenges, district de Moudon, Vaud) ;
Forêt des Merennes, lieu-dit (Val-d´Illiez, district de Monthey, Valais) ;
La Méreune, maisons isolées, anciennes mines (Dorénaz, district de Saint-Maurice, Valais) ;
Meriau, alpage, c´est aussi un patronyme (Gignod, vallée d´Aoste) ;
Mérier, clairière (Conthey, Valais) ;
Le Mérieu, lieu-dit (Lavey-Morcles, district d´Aigle, Vaud) ;
Le Mérignier, sommet, 3160m, et Col du Mérignier, 3198m (Liddes, district d´Entremont, Valais) ;
Les Mérils, pâturage (Château-d´Oex, district du Pays-d´Enhaut, Vaud) ;
La Mérine, alpage (Gryon, district d´Aigle, Vaud) ;
La Mérine, cours d´eau affluent de la Broye à Moudon (District de Moudon, Vaud) ;
Le Merio, alpage (Hérémence, district d´Hérens, Valais) ;
Ché du Meroué, lieu-dit en forêt (Mase, district d´Hérens, Valais) ;
Le Mérouet, maison isolée (Bex, district d´Aigle, Vaud) ;
Le Méruz, alpage, c´est aussi un patronyme (Ugine, Val d´Arly, Savoie) ;
La Mière, Terra que appelatur Meria en 1199, Pascua de Meri en 1212, Pascua Merie en 1220, Per totam Meriam vers 1225, Meria au XVIème siècle, ancienne zône de pâturages dont il ne reste que quelques parcelles, comme La Mière et La Petite Mière, lieux-dits, et La Ferme de la Mière, ferme isolée (Loyettes et Saint-Vulbas, Bugey, Ain) ;
Entre Mières, lieu-dit en forêt (Leyment, Bugey, Ain) ;
Forêt de Moère, lieu-dit (Ayent, district d´Hérens, Valais).
Diminutif avec le suffixe -ette :
La Miérette, maison isolée en clairière (Chézery-Forens, Pays de Gex, Ain).

Voir aussi Montmin.


Meije, Midi, Midzô, Miedzo
1. Sommet où le passage du Soleil indique le milieu du jour.
Français midi, « milieu du jour », composé de l´adjectif ancien français mi, issu du latin medius, « qui se trouve au milieu de », et di, issu du latin dies, « jour » :
Aiguille du Midi, 3842m, nom passé au Col du Midi, 3532m (Massif du Mont-Blanc, Haute-Savoie) ;
Dents du Midi, massif montagneux qui culmine à la Haute Cime, qui portait le nom de Dent du Midi et se trouve au sud de Troistorrents (Val-d´Illiez, district de Monthey, Valais) ;
Crêt du Midi, petit sommet, 2332m, au sud de Vercorin (Chalais, district de Sierre, Valais) ;
Crêt du Midi, petit sommet, au sud de Praz-sur-Arly (Praz-sur-Arly, Haut-Faucigny, Haute-Savoie) ;
Pointe du Midi, 2364m (Bargy, Massif des Bornes, Haute-Savoie) ;
Pointe du Midi, 2656m, au sud de Trient (Trient, district de Martigny, Valais) ;
Pierre à Midi, éminence, 2061m, au midi de Troistorrents, mais est-elle visible de là ? (Val-d´Illiez, district de Monthey, Valais) ;
Rocher du Midi, sommet, 2097m, au midi de Château-d´Oex (Pays-d´Enhaut, Vaud).

Patois valaisan miedzo « midi », de dzo, « jour » :
Dent du Midzô, ancien nom de la Dent d´Emaney (Vallon d´Emaney, vallée du Trient, Valais) ;
Becca Miedzo, sommet, 2785m, et Comba de Becca Miedzo, pâturage (Bagnes, district d´Entremont, Valais).

Adjectif occitan alpin féminin mèijo, « demi » :
La Meije, Ruppis Mediana au XVème siècle, appelée aussi Aiguille-du-Midi-de-la Grave, en patois uelho de meijour, « aiguille de midi » (Saint-Christophe-en-Oisans, Oisans, Isère, et La Grave, Hautes-Alpes).

2. Endroit situé au sud d´un lieu pris comme référence. Français midi, « un des quatre points cardinaux, plus couramment appelé sud ».
Midi du Pont, hameau situé au sud du pont sur l´Areuse (Travers, district du Val-de-Travers, Neuchâtel).


Meille, Meillères, Meilleret, Meillerie, Meillerines,
Meilles, Meillire, Melerea, Mellies, Méraléaz
Pommeraie, du bas latin melarius, « pommier », du latin melum, « fruit, pomme », ou bergerie, pâturage à moutons, latin malgeria, voir Margeriaz.
La Basse Meille et la Haute Meille, alpages (Bellevaux, Chablais, Haute-Savoie) ;
Au champ à la Meille, lieu-dit (Oron-le-Châtel, district d´Oron, Vaud) ;
Les Meilles, pâturage (Mex, district de Saint-Maurice, Valais) ;
Les Meilles, habitat dispersé, a certainement le sens de bergerie ou de pâturage à moutons (Vernamiège, district d´Hérens, Valais) ;
Les Mellies, hameau (Saint-Jean-d´Aulps, vallée de la Dranse, Haute-Savoie).
Avec métathèse :
Méraléaz, Parochia de Melavera vers 1150, Melerea en 1345, Mereleaz en 1502, Merallee en 1634, hameau (Brénaz, Valromey, Ain).

Avec les suffixes collectifs -erie, -ière, -ire :
Les Meillères, lieu-dit (Saint-Martin-du-Mont, Bresse, Ain) ;
Meillerie, Melereia en 1154, Mellerea en 1286, puis Meillere, Melleraie, commune et village du Chablais (Evian-les-Bains, arrondissement de Thonon-les-Bains, Haute-Savoie) ;
La Meillire, pâturage (Coeuve, district de Porrentruy, Jura).

Avec le suffixe diminutif -et :
Tête de Meilleret, sommet, 1939m (Ormont-Dessus, district d´Aigle, Vaud).

Avec le suffixe diminutif -ine :
Meillerines, clairières (Fully, district de Martigny, Valais).

Nom mentionné en 1271 :
Nemoris de Melerea, bois (Satigny, Genève).


Meillonnas
Commune et village du Revermont (Treffort-Cuisiat, arrondissement de Bourg-en-Bresse, Ain), villa Meloniaca en 1004, Meyllona en 1320, Meilliona vers 1325, Meillonnas en 1355, Melliona en 1375, Burgum Meillionaci en 1416, Meillonacus en 1436, etc., nom de domaine d´origine gallo-romaine Meloniacus, dérivé avec le suffixe -acus du gentilice Melonius dérivé de mel, mellis, « miel ; charme, douceur ».

Meina
La Meina, alpage de la commune d´Evolène (District d´Hérens, Valais), serait dérivé de l´ancien français maine, « grande [alpe] » selon une forme ancienne La Maigne en 1861. Nom monté au Col de la Meina, 2702m (Evolène et Hérémence, district d´Hérens, Valais), aussi appelé Col de Méribé.

Meina, Mèna, Mine, Mines, Mineurs
Emplacement de mines ou d´anciennes mines. Probablement issu du gaulois *meina, « métal brut ».
Français mine, « lieu où gisent et d´où l´on peut extraire des minerais, des métaux » :
Pointe de la Mine, sommet occidental de l´Arête de la Palissade (Les Contamines-Montjoie, Val Montjoie, Haute-Savoie) ;
Les Mines, lieu-dit, et Col des Mines, 2320m (Verbier, Bagnes, district d´Entremont, et Riddes, district de Martigny, Valais) ;
Les Mines d´Or, ruine près de la frontière franco-suisse (Vallée de la Manche, Samoëns, Faucigny, Haute-Savoie) ;
Creux des Mines, lieu-dit en forêt, anciennes minières de fer (Péry, district de Courtelary, Jura bernois).

Formes patoises :
La Meina, Meyna en 1280, aussi Meïna et Meynaz en 1906, alpage, et Forêt de la Meina (Nendaz, district de Conthey, Valais) ;
La Mèna, alpage et pâturage, ancienne mine de fer [Guex] (Trient, district de Martigny, Valais) ;
La Mèna, pâturage (Dorénaz, district de Saint-Maurice, Valais).

Nom de métier :
Queues aux Mineurs, lieu-dit (Lessoc, Haut-Intyamon, district de la Gruyère, Fribourg).


Meinier
Commune et village du canton de Genève, Mainiacum et Mainniacum en 1153, Meygnier en 1343, Cura de Meignier vers 1344, Meini en 1817, aussi Meynier au XIXème siècle, nom de domaine d´origine gallo-romaine *Mainiacum, dérivé avec le suffixe -acum du gentilice Mainius.

Meistre
Le Meistre et Haut Meistre, lieux-dits de la commune de Ponthaux (District de la Sarine, Fribourg), patronyme Meistre, francisation du patronyme germanique Meister, du latin magister, « maître ».

Meiten, Meitin, Meitreile, Métail, Métailler,
Metanna, Metin, Mettans, Meytan, Milieu,
Mita, Mitaine, Mitin, Mîtin, Moettieux
Qui se trouve au milieu.
Français milieu, « ce qui est également éloigné des extrémités ou des bords, du début et de la fin », composé de mi et lieu :
Le Milieu, alpage (Le Chenit, Vallée de Joux, Vaud) ;
Le Milieu de la Fin, lieu-dit (Goumois, district des Franches-Montagnes, Jura) ;
Milieu des Prés, lieu-dit (Tramelan, district de Courtelary, Jura bernois) ;
Milieu de la Montagne, lieu-dit (Cortébert, district de Courtelary, Jura bernois) ;
Champ du Milieu, lieu-dit (Cormoret, district de Courtelary, Jura bernois) ;
Pré du Milieu, lieu-dit (Bas-Vully, district du Lac, Fribourg).

Ancien français meitie, « moitié » :
Meiten, lieu-dit (Chesalles-sur-Moudon, district de Moudon, Vaud) ;
Meitreile, avec un r épenthétique, Meteyla en 1287, Maytraylla et Meitreilaz en 1906, hameau d´alpage (Ormont-Dessus, district d´Aigle, Vaud).

Vieux français mitan, « milieu » :
La Mitaine, anciennement La Metanne, lieu-dit (Villars-le-Comte, district de Moudon, Vaud).

Patois fribourgeois mitin, « milieu » :
La Mita, maison isolée (Albeuve, Haut-Intyamon, district de la Gruyère, Fribourg) ;
Chalet du Mitin, alpage (Villars-sous-Mont, Bas-Intyamon, district de la Gruyère, Fribourg) ;
L´Arse du Mîtin, alpage (Cerniat, district de la Gruyère, Fribourg).

Patois valdôtain meiten, « milieu » :
Arp Nouva di Meiten, maison isolée (Val Ferret, vallée d´Aoste).

Patois valaisan maitia, maitî, « moitié, milieu », latin medialis, « du milieu » :
Aiguilles du Meitin, sommets, 3641m, Combin du Meitin, sommet, 3622m, Col du Meitin, 3611m, entre les communes de Bagnes et de Bourg-Saint-Pierre (Massif des Combins, District d´Entremont, Valais), et Glacier du Meitin (Valsorey, Bourg-Saint-Pierre, district d´Entremont, Valais) ;
Alpe de Métail, Mectal en 1456, et Grenier de Métail, alpages, nom monté au Galcier de Métail, sur les pentes du Métailler (Hérémence, district d´Hérens, Valais) ;
Le Métailler, sommet, 3213m, avec le suffixe -er (Nendaz, district de Conthey, et Hérémence, district d´Hérens, Valais) ;
Baudes de la Metanna, maison isolée (Grandvillard, district de la Gruyère, Fribourg) ;
Torrent Metin, cours d´eau (Fully, district de Martigny, Valais).

Franco-provençal maitain, du latin medianum, « moyen » :
Val di Meiten, alpage (La Salle, vallée d´Aoste).
Les Mettans, hameau, mais c´est aussi un patronyme (Ugine, Val d´Arly, Savoie) ;
Le Meytan, lieu-dit en forêt (Ursy, district de la Glâne, Fribourg) ;
Le Meytan, alpage (Demi-Quartier, Haut-Faucigny, Haute-Savoie).

Probablement de même origine ; selon Boyer, le patois des Houches mointtieu, mouintyeû désigne des « chalets situés au bas des alpages, mais au-dessus des habitations » :
Les Moettieux, hameau au-dessus de Chamonix (Vallée de Chamonix, Haute-Savoie).


Mejora
La Mejora, maison isolée de la commune de Nendaz (District de Conthey, Valais), peut-être de me, « milieu, au milieu de », et jora, « forêt ».

Mel
Cet oronyme dérive probablement d´une racine pré-indo-européenne (ligure) MARL / MERL, rocher, hauteur, voir aussi Merla.
Mel de la Niva, sommet, 2758m (Evolène, district d´Hérens, Valais).

Melay, Mêlé, Melèria, Méleries, Melet,
Mélet, Méletta, Meley, Meleys, Mélieret,
Mella, Mellays, Mellerey, Mellet, Mellette,
Melley, Mellire, Mélule, Mély
Lieu où poussent des pommiers sauvages (Malus sylvestris), patois romand mélai, melley, du latin melum, « fruit, pomme ». Dans certains cas, le sens de bergerie, pâturage à moutons, du latin malgeria, ne peut être exclu, voir Margeriaz.
Dérivés avec les suffixes collectifs patois -a, -é, formes dialectales mêle, mêlé, melei, mêle, mêli :
Les Mêlés, lieu-dit (Dombresson, district du Val-de-Ruz, Neuchâtel) ;
Mella, lieu-dit (Brenles, district de Moudon, Vaud).

Dérivés avec les suffixes collectifs -ay, -et, -ette, -ey, -y, bas latin meletum, « pommeraie » :
Crêt du Melay, hameau (Saint-Légier-La-Chiésaz, district de Vevey, Vaud) ;
Boësse Melet, lieu-dit (Rossinière, Pays-d´Enhaut, Vaud) ;
Les Mélets, hameau, se rapporte plutôt aux pommiers (Auboranges, district de la Glâne, Fribourg) ;
La Méletta, maison isolée (Saint-Martin, district de la Veveyse, Fribourg) ;
Le Meley, lieu-dit (Suchy, district d´Yverdon, Vaud) ;
Les Meleys, Mesleys en 1718, maison isolée (Aigle, Vaud) ;
Les Mellays, lieu-dit (Siviriez, district de la Glâne, Fribourg) ;
Les Mellets, (Bouveret, Port-Valais, district de Monthey, Valais) ;
La Mellette (Montpreveyres, district d´Oron, Vaud) ;
Plan du Melley, hameau (Corbeyrier, district d´Aigle, Vaud) ;
Rodet Melley, alpage (Mayens de Conthey, Conthey, Valais) ;
Mély, agri del Meller au XIIème siècle, hameau, et Fond de Mély, lieu-dit (Bursins, district de Rolle, Vaud).

Avec les suffixes collectifs -eria, -erie, -ire, bas latin melarius, « pommier » :
Melèria, maisons isolées (Puidoux, district de Lavaux, Vaud) ;
Méleries, hameau (Hermenches, district de Moudon, Vaud) ;
Le Mélieret, lieu-dit (Bercher, district d´Echallens, Vaud) ;
Le Mellerey, hameau (Saint-Gervais, Haut-Faucigny, Haute-Savoie) ;
La Mellire, hameau (Faoug, district d´Avenches, Vaud).

Peut-être de même origine, avec le suffixe diminutif -ule :
La Mélule, maison isolée (Saint-Cierges, district de Moudon, Vaud).

Voir aussi Meille, Merlay.


Meleze, Mélèze, Mélèzert, Mélèzes, Mélèzets,
Mellé
Lieu planté de mélèzes (Larix decidua). Le nom « mélèze » viendrait du dauphinois melese, issu du gaulois *melatia, *melic-, qui dériverait d´une racine indo-européenne *meli(t)-, « miel », dans le sens de « sève », peut-être d´une racine pré-indo-européenne *mel-, ou du préroman *melix, latin vulgaire *melacio, latin mel, mellis, « miel ».
Becca du Meleze, sommet, 2993m (Bionaz et Oyace, vallée d´Aoste) ;
Mélèze, lieu-dit (Montricher-Albanne, Maurienne, Savoie) ;
Les Mélèzes, habitat dispersé (Les Agettes, district d´Hérens, Valais).
Avec le suffixe diminutif -et :
Le Mélèzert, lieu-dit (Lanslebourg-Mont-Cenis, Maurienne, Savoie) ;
Bois des Mélèzets, forêt déclive (Valloire, Maurienne, Savoie).

Probablement une forme patoise de même origine :
Mellé, maison isolée en clairière (La Salle, vallée d´Aoste).

Voir aussi Merdeux.


Melin, Melnats, Monal, Monéaz, Moniaz,
Monnaie, Monniaz, Moulenets, Moulin, Moulinet,
Moulinets, Moulins, Mouna, Mounaz, Mouniaz,
Mounie, Mounin
Moulin mû par la force hydraulique, bas latin molinarius, « meunier » molinarium, « moulin », latin médiéval molendinum, « moulin », latin molina, « moulin », de mola, « meule ».
Beaucoup de moulins étaient « à deux tournants » et servaient de moulin à grain et de scierie, ou « à trois tournants », et servaient aussi de battoir et de martinet.
Le Moulin, hameau, et Nant du Moulin, cours d´eau affluent de l´Arly (Crest-Voland, Val d´Arly, Savoie) ;
Moulin d´Asserans, Molendinum de Asserens en 1497 (Farges, Pays de Gex, Ain) ;
Moulin à Vent, pâturage avec habitat dispersé (La Chaux-de-Fonds, Neuchâtel) ;
Moulin Neuf, maison isolée sur la Lucelle (Pleigne, district de Delémont, Jura) ;
Vieux Moulin ou Le Moulin, maisons isolées (Neyruz, district de la Sarine, Fribourg) ;
Champ du Moulin Dessous et Champ du Moulin Dessus, ou Champ du Mollin en 1512, Le Champt du Mollin en 1523, le Champ du Moullin en 1526, hameaux (Boudry et Rochefort, Neuchâtel) ;
Les Moulins, nom allemand Mühlibach, « ruisseau du moulin », hameau (Château-d´Oex, Pays-d´Enhaut, Vaud).
Diminutifs avec le suffixe -et :
Les Moulenets, maison isolée (Sâles, district de la Gruyère, Fribourg) ;
Le Moulinet, maisons isolées (Gollion, district de Cossonay, Vaud) ;
Châble du Moulinet, couloir en forêt (Collombey-Muraz, district de Monthey, Valais) ;
Creux des Moulinets, lieu-dit (Suchy, district d´Yverdon, Vaud).

De l´ancien français monee, latin molinata, « moulin » :
Monéaz, Moneta en 1155, Monea en 1274, hameau (Palézieux, district d´Oron, Vaud) ;
La Monnaie, Monnaya[z] en 1906, nom patois Monnya, ravin, probablement d´un ancien moulin sur la Dranse (Sembrancher, district d´Entremont, Valais).

Forme adjective, peut désigner le canal du moulin :
Le Monal, maison isolée (Queige, Beaufortain, Savoie).

Patois jurassien melîn, « moulin » :
Melin dô le Crât, « moulin sous la crête », lieu-dit (Lajoux, district des Franches-Montagnes, Jura).

Avec le suffixe diminutif jurassien -at :
Les Melnats, clairière (Bassecourt, district de Delémont, Jura).

Par vocalisation de *molna, syncope du latin molina, « moulin » [Jaccard], ou du patois mounià, « petit tertre » [Constantin] :
Moniaz, Monia sur la Carte de Cassini, hameau voisin de Monniaz (Saint-Cergues, la Côte en Chablais, Haute-Savoie) ;
Monniaz, Munia en 1261, Moniaz en 1906, hameau (Jussy, Genève) ;
Mouna, lieu-dit sur la Neirigue (Sâles, district de la Gruyère, Fribourg) ;
Les Mounaz, maisons isolée (Burdignin, Vallée Verte, Haute-Savoie) ;
La Mouniaz, maison isolée (Cully, district de Lavaux, Vaud) ;
La Mounie, maisons isolées (Noville, district d´Aigle, Vaud) ;
Sur le Mounin, lieu-dit en forêt (Isérables, district de Martigny, Valais), et Crête de Mounin, crête herbeuse (Isérables et Riddes, district de Martigny, Valais).

Voir aussi Meunière, Monniaz, Moulin-Affamaz, Moulin-de-Saint-Jean.


Memblens
Lieu-dit de la commune de Lovatens (District de Moudon, Vaud), pourrait être un nom d´origine burgonde.

Mêmes
Les Mêmes, hameau disparu qui se serait trouvé au nord de la Porte de Cornavin, Maynes ou Meynes en 1309.

Memin
La Memin, lieu-dit de la commune des Geneveys-sur-Coffrane (District du Val-de-Ruz, Neuchâtel), patronyme Memin, variante populaire de Maximin.

Memorey, Mimorey
Selon Jaccard composé de mi, « au milieu », et d´un dérivé de moretum, « roncière », voir Meure.
Memorey, lieu-dit en forêt (Collombey-Muraz, district de Monthey, Valais) ;
Mimorey, Memorei en 1212, Mimorei en 1213, Mimoreis en 1219, Memorey en 1224, Miemore en 1235, Miemorei en 1238, ferme (Coinsins, district de Nyon, Vaud).

Ménachines
Les Ménachines, hameau de la commune de Draillant (La Côte en Chablais, Haute-Savoie), peut-être d´un patronyme Ménaché, variante du prénom hébreu Manassé, nom d´une des tribus d´Israël, avec le suffixe d´appartenance -ine.

Mèné
Mont Mèné, hameau de la commune de Valtournenche (Vallée d´Aoste), peut-être d´un mot patois correspondant au français mine.

Menées
Les Menées, lieu-dit en forêt de la commune du Lyaud (Bas-Chablais, Haute-Savoie), français menée, « terme de vénerie, trace d´un animal ».

Ménestruel, Montreux
Du latin monasteriolum, « petit monastère », diminutif de monasterium, voir Môtier. Ce nom pouvait aussi désigner des terres appartenant à l´Eglise.
Ménestruel, Prioratus de Monestrol en 1245, Monestrueil vers 1250, Monestruel vers 1350, Monestreul en 1440, hameau et ancien prieuré (Poncin, Haut-Bugey, Ain) ;
Montreux, Monasteriolium au XIème siècle, Mustruel en 1215, Muistruum en 1228, Mustrus en 1260, Mustruz en 1334, Mustreux en 1355, Monstreux et Moustreux en 1558, Moustrieux en 1542, Mustrueux en 1594, Moutreux et Moutru en 1794, aussi Monstruacum, anciens noms allemands Muchtern et Mustrutz, commune et ville (District de Vevey, Vaud).

Ménières
Commune et village fribourgeois du district de la Broye, Maineres en 1142, hospitale de Meinires, Meneriers et Mennieres en 1228, du vieux français maine, « demeure », avec le suffixe collectif -ière [Jaccard].

Ménil
Vieux français ménil, maisnil, mesnil, « habitation, village, hameau », ancien français mesnil, « maison, domaine rural », bas latin mansionile, mansionilis, mansionillum, mansile, masnile, mesnillum, « champ accompagné d'une maison », latin mansionis, « habitation, demeure ».
Le Ménil, maisons isolées (Priay, Bresse, Ain) ;
Le Ménil, lieu-dit en forêt (Saint-Andéol, Trièves, Isère).

Menoge
La Menoge, Menobia en 516, cours d´eau affluent de l´Arve (Faucigny), peut-être d´une racine pré-indo-européenne (ligure) *men-, « cours d´eau ».

Menouve, Menovy
Selon Guex ces toponymes désigneraient un pâturage réservé au petit bétail, et dériveraient du valdôtain meneuve, « menu bétail », du latin minutae [bestiae], « petits [animaux] ».
Version valaisanne Menouve :
Menouve, Monove en 1691, plus tard Menoue, combe, et aussi Col Nord de Menouve, 2775m, Col Sud de Menouve, 2778m (Bourg-Saint-Pierre, district d´Entremont, Valais, et Etroubles, vallée d´Aoste).

Version valdôtaine Menovy :
Menovy, alpage, Grand Menovy, pâturage, Tsa de Menovy, ruines d´alpage, Torrent de Menovy, affluent du torrent d´Artenava, dans le Vallon de Menovy (Etroubles, vallée d´Aoste).


Mens
Ce nom pourrait venir du gaulois *meni, « montagne », racine indo-européenne *men-, « se dresser, saillir ».
Mens, nom attesté en 1299-1369, hameau (Leyssard, Haut-Bugey, Ain) ;
Chalets de Mens, alpage, et Saix de Mens, sommet, 1868m (La Chapelle-d´Abondance, Val d´Abondance, Haute-Savoie).

Mens
Canton, commune et village du Trièves (Arrondissement de Grenoble, Isère), ecclesia de Menz au XIIeème siècle, Mens, villa Mencii, Mensio in Triviis et Meinz au XIIIème siècle, eclesia de Mentz, Ments en Trièves et Meins en Triesves au XVIème siècle, du nom d´homme romain Minicius [Nègre 1990], Ruisseau de Mens, affluent du Torrent de la Vanne dans la même commune, et Col de Mens, 1111m (Saint-Baudille-et-Pipet etTréminis, Trièves, Isère).

Menthe
Plantes de la famille des labiées (Mentha sp.).
Combe de la Menthe, lieu-dit en forêt (Saint-George, district d´Aubonne, Vaud).

Mentue
La Mentue, cours d´eau affluent du Lac de Neuchâtel (Districts d´Echallens et d´Yverdon, Vaud), Mentuye et wadum ementuje en 1230, Menthoez en 1536, aussi Menthuaz, Mantue, nom d´origine inconnue.

Menué
Sur Menué, lieu-dit de la commune Moutier (Jura bernois), selon Roche : « terme de maçon, levier », du latin vulgaire *manabella, altération de *manibula, variante de manicula, dérivé du latin manus, « main ».

Mépillat
D´un nom de domaine d´origine gallo-romaine *Mispiliacum, dérivé avec le suffixe -acum du nom propre *Mispilius.
Mépillat, in villa Mispiliaco en 938-954, Mispillia en 1265, Parrochia de Mespeillie en 1255, Mespillie en 1277, Mespillia et Mepillia vers 1325, Mespilliacus en 1393, hameau (Cruzilles-lès-Mépillat, Bresse, Ain) ;
Grand Mépillat et Petit Mépillat, Mespilliacus en 1416, Mespillia et Mespilliaz en 1439, hameaux, Moulin de Mépillat, maison isolée, et Etang de Mépillat (Saint-Nizier-le-Bouchoux, Bresse, Ain).

Mépin
Ancienne commune, village, chef-lieu de la commune du Pays viennois de Savas-Mépin (Saint-Jean-de-Bournay, arrondissement de Vienne, Isère), Mepeyl, Meypin Meypini au XIVème siècle, peut-être dérivé avec le suffixe de propriété -inus du nom d´homme romain Mepus.

Méraloup, Mireloup
Endroit où l´on pouvait voir des loups, de l´ancien français mirer, « regarder », latin mirare, « admirer ».
Méraloup, alpage (Valmeinier, Maurienne, Savoie) ;
Mireloup, lieu-dit en forêt (Ursins, district d´Yverdon, Vaud).

Merbé, Méribé, Méribel, Mirabelle, Mirebé,
Mirebel, Miribel
Endroit d´où l´on jouit d´une belle vue, d´où l´on peut surveiller les environs, souvent associé à un lieu fortifié. Du latin vulgaire mirare, « admirer », latin classique mirari, et patois bé, vieux français bel. C´est l´équivalent local du mot d´origine italienne Belvédère.
Patois merî, « regarder » :
Méribé, pâturage, Miriber en 1273, nom ancien qui conduit Guex à le faire dériver d´un anthroponyme germanique *Miribert, puis Miribel en 1277, Mayens de Méribé, Remointse de Méribé, alpages (Hérémence, district d´Hérens, Valais), nom monté au Col de Méribé, 2702m, aussi appelé Col de la Meina, en limite de la commune d´Evolène ;
Méribel, hameau (Sallanches, Haut-Faucigny, Haute-Savoie) ;
Méribel, De Miribello de Gex en 1397, hameau (Gex, Pays de Gex, Ain) ;
Pointe de Méribel, 2830m, Montagne de Méribel, pâturage, et Chalets de Méribel, alpage (Champagny-en-Vanoise, Vanoise, Savoie) ;
Méribel-les-Allues et Méribel-Mottaret, stations de sport (Les Allues, Tarentaise, Savoie).

Ancien français mirer, « regarder », franco-provençal mirar, « viser » :
La Mirabelle, hameau (Saint-Jean-de-Moirans, Pays voironnais, Isère) ;
Mirebé, lieu-dit (Oppens, district d´Yverdon, Vaud) ;
Mirebel, villa Miribellus et Mirabellum au XIVème siècle, Mirebel au XVIIème siècle, Mirbel en 1921, ruines (Livet-et-Gavet, Oisans, Isère) ;
Pointe de Miribel, 1581m (Villard, Vallée Verte, Haute-Savoie) ;
Miribel, Mirebello en 1097, Capella de Miribello en 1183, De Myrebello en 1191, oppidum Miribelli en 1218, Apud Miribellum en 1226, Miribel vers 1250, Mirebel en 1499, canton, commune et village de la Dombes (Arrondissement de Bourg-en-Bresse, Ain) ;
Miribel, hameau (La Bauche, Chartreuse, Savoie) ;
Miribel, hameau (Jongieux, Avant-Pays savoyard, Savoie) ;
Miribel, capella Mirabello au XIème siècle, domus de Miribel au XIIIème siècle (Miribel-Lanchâtre, Trièves, Isère) ;
Combe Miribel, lieu-dit (Aranc, Bugey, Ain) ;
Château de Miribel, Miribel au XVIIIème siècle (Montbonnot-Saint-Martin, Pays grenoblois, Isère) ;
Miribel-les-Echelles, Mirabel et Miribel au XIème siècle, Mandamentum Miribellum au XIIème siècle, castellania Miribelli in Graysivodano au XIVème siècle, Miribel dessus Crossey et Mirebeau au XVIème siècle, commune et village de la Chartreuse (Saint-Laurent-du-Pont, arrondissement de Grenoble, Isère), et Forêt de Miribel, dans la même commune.

Avec syncope du i :
Merbé, pâturage (Lens, district de Sierre, Valais).


Mercier, Mercière, Mercières, Merciers
Patronyme Mercier, nom de métier, ancien français mercier, « marchand », latin vulgaire *merciarius, « boutiquier », latin mercator, « marchand ».
Mercier, hameau, et Rocher de Mercier, lieu-dit (Faverges, Haute-Savoie) ;
Le Mercier, lieu-dit (Varambon, Bresse, Ain) ;
Les Merciers, hameau (Viriat, Bresse, Ain), et Bief des Merciers, cours d´eau (Attignat, Bresse, Ain).
Par féminisation :
La Mercière, maison isolée (La Croix-de-la-Rochette, Val Gelon, Savoie) ;
Grange des Mercières, hameau (Dortan, Haut-Bugey, Ain).


Merdeux
Ce toponyme ne viendrait pas de l´adjectif français merdeux, « qui est souillé d´excréments », mais d´un mot patois merze, « mélèze », et désignerait un endroit où pousse cet arbre, avec le suffixe -eux.
Merdeux Damon, Merdeux Dèsot, alpages, Tsa de Merdeux, alpage, Comba des Merdeux, lieu-dit, et Lac des Merdeux (Saint-Rhémy-en-Bosses, vallée d´Aoste).

Merèges
Hameau de la commune de Saint-Didier-sur-Chalaronne (Dombes, Ain), in villa Meralgus en 952-953, in villa que dicitur Melerges en 960-961, Mereges en 1567, Mérèges en 1708, Mérages en 1724, avec un anthroponyme Meralgus d´origine inconnue.

Mergé, Meurgis, Morges, Morgiers, Morgnoz,
Morgonaz, Morgue, Morguinaz, Morzay, Mourga,
Mourgard, Murger, Murgers, Murgi, Murgier
Endroit caillouteux, tas de graviers ou de pierres, pouvant provenir de l´épierrage des champs ou des ruines d´un muret en limite des champs ou au bord des chemins. Patois murdzi, patois jurassien murdgie, mot régional comtois murgier, « muret de pierres sèches dans les champs, d´où amas de pierres, ruines », mot régional valaisan murgère, français régional merger, murger, murgier, vieux français morgier, murgier, « tas de pierres » ou « mur en pierres sèches », bas latin muricarium, « pierrier », gaulois *morg, « rocher », racine pré-indo-européenne (ligure) MOR, « débris de roches ».
Le Mergé, lieu-dit (Courtételle, district de Delémont, Jura) ;
Gros Meurgis, lieu-dit (Lajoux, district des Franches-Montagnes, Jura) ;
Les Morges, lieu-dit (Lavigny, district de Morges, Vaud) ;
Les Morgiers et Prés des Morgiers, lieux-dits (Chézard-Saint-Martin, district du Val-de-Ruz, Neuchâtel) ;
La Morgue, lieu-dit (Saint-Jean-d´Aulps, vallée de la Dranse, Haute-Savoie) ;
Mourgard, lieu-dit (Seiry, Lully, district de la Broye, Fribourg) ;
Au Murger, ruines (Saint-Martin-de-Belleville, Tarentaise, Savoie) ;
Les Murgers, maison isolée (Jarsy, Bauges, Savoie) ;
Le Murgi, lieu-dit (Rovray, district d´Yverdon, Vaud) ;
Le Murgier, lieu-dit (Correvon, district de Moudon, Vaud).
Avec le suffixe collectif -ay :
Le Morzay, anciennement Morgey, hameau (Vallorcine, vallée de l´Eau Noire, Haute-Savoie).

Forme patoise valdôtaine :
Morgnoz et Tsa de Morgnoz, alpages (Sarre, vallée d´Aoste).

Peut-être de même origine :
Morgonaz, alpage (Quart, vallée d´Aoste) ;
Morguinaz, alpage (Saint-Oyen, vallée d´Aoste).


Meriettes
Les Meriettes, lieu-dit de la commune d´Orges (District d´Yverdon, Vaud), probablement par féminisation d´un patronyme Meriet.

Mérignat
Commune et village du Haut-Bugey (Poncin, arrondissement de Nantua, Ain), Mirineu et Mirinieu en 1212, Mirignia en 1299-1369, Mirigniacus en 1306, Miriniacus en 1410, Mirigna en 1536, Mérignat en 1850, d´un nom de domaine d´origine gallo-romaine *Mariniacus, dérivé avec le suffixe -acus du gentilice Marinius.

Merla, Merlas, Merlat, Merlaux, Merle,
Merles, Merlo, Merloz
En plus d´un endroit où siffle le merle, ce toponyme pourrait désigner un endroit caillouteux, et dériver de merle, « pierre, rocher », cf. le français merlin, merlon, « pierre », d´une racine pré-indo-européenne (ligure) MARL / MERL, « rocher, hauteur ». Il peut aussi s´agir d´un lieu où poussent l´anémone sylvie (Anemone nemorosa L.) ou la renoncule à feuilles d´aconit (Ranunculus aconitifolius L.), toutes deux appelées merlà en patois [Aebischer].
La Merla, maison isolée (Bullet, district de Grandson, Vaud) ;
Chalet des Merlas, alpage, et Les Merlas, sommet, 1908m (Estavannens, Bas-Intyamon, district de la Gruyère, Fribourg) ;
Lac Merlat, dans une cuvette rocheuse (Belledonne, Savoie) ;
Plan des Merlaux, clairière (Morgins, Troistorrents, district de Monthey, Valais) ;
Merle, hameau (Chaneins, Dombes, Ain) ;
Le Merle, lieu-dit (Briord, Bugey, Ain) ;
La Merle, lieu-dit (Etaux, Bornes, Haute-Savoie) ;
Le Crêt du Merle, lieu-dit et alpage (La Clusaz, Bornes-Aravis, Haute-Savoie) ;
Les Merles, pâturage (Saint-Ferréol, Bornes, Haute-Savoie) ;
Les Roches Merles, chaînon, 2497m (Beaufort-sur-Doron, Beaufortain, Savoie) ;
Les Trois Merles, crête rocheuse du massif des Dents du Midi (Mex et Vérossaz, district de Saint-Maurice, Valais).
Patois franco-provençal merlo, « merle » :
Becca du Merlo, sommet, 3231m, Pointe du Merlo, 2959m, et Col du Merlo, 3025m (Bionaz et Oyace, vallée d´Aoste) ;
Bec Pio Merlo, rocher de forme curieuse (Valtournenche, vallée d´Aoste) ;
Merloz, Molendinum de Merlou et Merlo en 1334, Merlod au XVIème siècle, hameau, et Côte de Merloz, lieu-dit (Hautecourt-Romanèche, Revermont, Ain).

D´un nom de personne Merle, avec un suffixe -as épithétique récent [Nègre 1990] :
Merlas, parrochia de Merla au XVème siècle, ecclesia de Merle au XVIème siècle, commune et village de la Valdaine (Saint-Geoire-en-Valdaine, arrondissement de la Tour-du-Pin, Isère).

Voir aussi Chantemerle, Marle.


Merlay, Merlaz, Merlets, Merloses
Probablement dérivés par métathèse du bas latin melarius, « pommier », du latin melum, « fruit, pomme ».
Le Merlay, maisons isolées (Vulliens, district d´Oron, Vaud) ;
Merlaz, lieu-dit (Baulmes, district d´Orbe, Vaud) ;
Les Merlets, lieu-dit (Les Houches, vallée de Chamonix, Haute-Savoie) ;
Les Merloses, en Melerous en 1339, Meleroz en 1346, en Melereux et en Mellereux en 1441, Melliereux en 1530, la Merlose en 1728, lieu-dit et vignes (Bôle et Boudry, district de Boudry, Neuchâtel).

Mertenant
Sur Mertenant, lieu-dit de la commune de Bonfol, district de Porrentruy (Jura), hypocoristique du prénom Martin.

Mervelier
Commune et village jurassiens du district de Delémont, Mervelier en 1343, noms allemands actuels Morschwil et Morschwiller, anciennement Morswilre en 1184, Morswilr en 1325, Morswiller en 1258, Maertwiler en 1498. Selon Perrenot ce nom signifie « le villare près du marais », avec la racine mors-, ancien haut allemand muor, germanique *môra, « marais ». Besse y voit à tort un dérivé de l´anthroponyme germanique *Mauri, Mori.

Méry
Méry, pâturage, Chalets de Méry, alpage, et Bois de Méry, forêt de la commune du Reposoir (Faucigny, Haute-Savoie), avec un patronyme Méry, de l´anthroponyme germanique *Mederic, du germanique *maþal, « assemblée, conseil », ancien haut allemand mahal, « tribunal », devenu madal dans les anthroponyme, et *rîka, rîkia, « puissant, celui qui règne ».

Méry, Meyriat, Meyrié, Meyrieu, Meyrieu-les-Etangs,
Meyrieux, Meyrieux-Trouet
D´un nom de domaine d´origine gallo-romaine *Mariacum, dérivé avec le suffixe -acum du gentilice Marius.
Méry, Meyriacum en 1488, commune et village (Aix-les-Bains-Sud, arrondissement de Chambéry, Savoie) ;
Meyriat, Meria vers 1225, Mairia vers 1250, Mayriacus en 1281, Curatus de Meyria en 1325, Mayria vers 1350, Meyriacus en 1468, etc., commune jusqu´en 1974 et village (Bohas-Meyriat-Rignat, Revermont, Ain) ;
Meyriat, Apud Mairieu en 1217, Domus de Mayriaco en 1250, Domus Mairiaci en 1268, Meyria en 1395, Religiosi Meyriaci en 1428, maisons isolées, ruines d´une chartreuse fondée en 1116 par Ponce du Balmey sur des terres appartenent à sa famille sous le vocable de Notre-Dame, Monasterium Sancte Marie Majorevi en 1146, du nom de Majorève, supposé chambellan de l´empereur Valentinien II et ancêtre de la famille du Balmey, et Forêt de Meyriat, tous deux dans la vallée de Meyriat, vallem Majoraevum en 1116 (Vieu-d´Izenave, Haut-Bugey, Ain) ;
Meyrié, Mareu au XIIème siècle, Mayriacum au XIIIème siècle, commune et village de L´Isle-Crémieu (Bourgoin-Jallieu, arrondissement de la Tour-du-Pin, Isère) ;
Chalet du Meyrieu, maison isolée en clairière (Sallanches, Haut-Faucigny, Haute-Savoie) ;
Croix de Meyrieu, lieu-dit (La Biolle, Albanais, Savoie) ;
Meyrieu-les-Etangs, Mairieu au XIIIème siècle, Meyrieu jusqu´en 1967, commune et village du Pays viennois (Saint-Jean-de-Bournay, arrondissement de Vienne, Isère) ;
Meyrieux, Maireu en 1238, Mayreu en 1359, Mayriou, Meyriacus et Meyriou en 1385, hameau (Saint-Germain-les-Paroisses, Bugey, Ain) ;
Meyrieux-Trouet, commune et village de l´Avant-Pays savoyard (Yenne, arrondissement de Chambéry, Savoie).

Merzières
Les Merzières, hameau de la commune d´Ayse (Faucigny, Haute-Savoie), par féminisation d´un patronyme Merzier.

Mésaleire
La Mésaleire, maison isolée de la commune de Bossonnens (District de la Veveyse, Fribourg), désigne une ancienne une léproserie, ancien français meselerie, « léproserie, hôpital pour lépreux », de mesaul, mesel, « lépreux » [Aebischer], avec le suffixe collectif -eire, du latin misellus, diminutif de miser, « malade, souffrant ».

Méserier, Messery, Mézériat, Mézery, Mézery-près-Donneloye
Noms dérivés de Masiriacum, domaine d´un gallo-romain du gentilice Masirius, autre forme de Macerius, Macirius, Maserius, formés avec le suffixe -acum.
Méserier, hameau (Publier, Chablais, Haute-Savoie) ;
Messery, Cura de Missirie vers 1344, commune et village du Bas-Chablais (Douvaine, arrondissement de Thonon-les-Bains, Haute-Savoie) ;
Mézériat, in villa Masiriaco en 927-942, Apud Maseriacum en 1049-1109, Maisiriacis, Meseriacus en 1074-1096, Meisire en 1224, etc., commune et village de la Dombes (Châtillon-sur-Chalaronne, arrondissement de Bourg-en-Bresse, Ain) ;
Mézery, villa Masiriaco en 929, Masiriacum en 1010, Masiriei en 1180, Masirie en 1188, Maisirie en 1227, Maiserie et Maixiriez au XIIIème siècle, Meysiriez en 1357, commune et village (District de Lausanne, Vaud) ;
Mézery, maison isolée (Le Chenit, Vallée de Joux, Vaud) ;
Mézery-près-Donneloye, Maiserie en 1224, aussi Meysiriez, Maysiriez et Maysery aux XIIIème et XIVème siècles, commune et village (District d´Yverdon, Vaud).

Mésigny
Commune et village (Annecy-Nord-Ouest, arrondissement d´Annecy, Haute-Savoie), Misignie vers 1344, d´un nom de domaine d´origine gallo-romaine *Masiniacum, dérivé avec le suffixe -acum du gentilice Masinius.

Mésinges
Hameau de la commune des Allinges (Bas-Chablais, Haute-Savoie), Meizinio en 1248, Mesingis en 1294, Mecingis en 1298, puis Messinge et Mezinges, nom d´origine burgonde, dériverait d´un primitif *Miesingus, d´un germanique *meusa, musa, « marécage, lieu où pousse la mousse », cf. Moos [Perrenot].

Messelod
Hameau de la commune de La Magdeleine (Vallée d´Aoste), d´un patronyme attesté dans la région.

Messerin
Peut-être un endroit semé de céréales, de l´ancien français mes, latin messis, « moisson ».
Messerin, lieu-dit (Prangins, district de Nyon, Vaud).

Messieurs
Nom associé à un lieu où se trouvait un établissement abritant des religieux de haut rang.
Baume-les-Messieurs, commune et village (Voiteur, arrondissement de Lons-le-Saunier, Jura).

Messigny
Messigny ou Messigné, hameau de la commune de Nus (Vallée d´Aoste), d´un nom de domaine d´origine gallo-romaine *Messigniacum, dérivé avec le suffixe -acum d´un gentilice comme *Messinius.

Messimy-sur-Saône, Meximieux
D´un nom de domaine d´origine gallo-romaine Maximiacus dérivé avec le suffixe -acus du gentilice Maximius dérivé de maximus, « le plus grand ».
Messimy-sur-Saône, in villa Maximiaco en 957, Maximiacus vers 1250, Maximeu en 1259, Maysimiacus en 1266, Mayssimieu en 1299-1369, Mayssimiacus en 1326, Meximieux en Dombes en 1650, etc., commune et village de la Dombes (Saint-Trivier-sur-Moignans, arrondissement de Bourg-en-Bresse, Ain) ;
Meximieux, Maximiacus vers 1115, Meysimiacus en 1201, Maysimiacus en 1268, Maximeux en 1283, Messimiacus en 1309-1337, Mayssimiacus et Mayssimeu vers 1325, etc., canton, commune et village de la Dombes (Arrondissement de Bourg-en-Bresse, Ain).

Messinjean
Lieu-dit du vignoble de la commune de Perroy (District de Rolle, Vaud), à l´emplacement d´un ancien village burgonde dont le cimetière se trouvait au Tombey. C´est un nom d´origine burgonde à rapprocher de Messingen, près de Hannovre (Allemagne du Nord).

Messy, Missy, Moussy, Mouxy, Mussy
Noms dérivés d´un nom de domaine gallo-romain *Missiacum formé avec le suffixe -acum sur le patronyme Missius, Muscius ou Mussius.
Messy, Missie en 1279, anciennement Missier, Missy [Régeste Genevois], hameau (Mieussy, Faucigny, Haute-Savoie) ;
Messy, usine (Scionzier, Faucigny, Haute-Savoie) ;
Missy, Missiacum en 1148, Messi en 1158, Missiaco en 1183, missye en 1260, myssie en Willie en 1295, missie en 1343, ancien nom allemand Missach en 1449, commune et village (District de Payerne, Vaud) ;
Moussy, hameau (Cornier, Faucigny, Haute-Savoie) ;
Mouxy, Mouxi en 1252, Mossiacum en 1488, commune et village (Aix-les-Bains-Sud, arrondissement de Chambéry, Savoie) ;
Mont Mussy, 704m (Divonne-les-Bains, Pays de Gex, Ain).

Mesure, Mesures
Les Mesures, pâturage déclive, nom monté à la Tête des Mesures et à l´Aiguille de Mesure, 2812m, du nom de l´alpage où se faisait la mesure du lait fourni par chaque vache ou groupe de vaches [Boyer] (Aiguilles Rouges, vallée de Chamonix, Haute-Savoie).

Métairie
Ancien français moitierie, dérivé de moitié, exploitation agricole dont la moitié des produits du sol sont dus en fermage.
La Métairie, domaine (Nyon, Vaud) ;
Grande Métairie, maison isolée (Péry, district de Courtelary, Jura bernois).
Certaines métairies du Jura bernois portent des patronymes d´origine alémanique, rappelant des anabaptistes autorisés à s´installer dans le Jura au XVIIème siècle :
Métairie de Tscharner, maison isolée (La Heutte, district de Courtelary, Jura bernois).


Métralins, Métraude, Mettraux
Patronyme Métral, anciennement Mestral, Mestraul, etc., formes romandes du vieux français métral, mestral, « gouverneur, ministre, officier de justice », latin médiéval mistralis, ministralis, « gouverneur », du latin minister, « serviteur, domestique », et patronymes dérivés.
Les Mettraux, lieu-dit (Siviriez, district de la Glâne, Fribourg).
Patronyme Métralin, diminutif avec le suffixe -in :
Les Métralins, Les Métrallins sur la Carte IGN, hameau (Les Gets, Faucigny, Haute-Savoie).

Par féminisation du patronyme Metraud :
La Métraude, anciennement La Métraudaz, maison isolée (Belmont-sur-Lausanne, district de Lausanne, Vaud).


Mettembert
Commune et village jurassiens du district de Delémont, Mettenberc en 1170, nom allemand Mettenberg attesté en 1208, composé d´un anthroponyme germanique indéterminé et du germanique *berga, « montagne » ;
Combe de Mettembert, lieu-dit (Mettembert, district de Delémont, Jura) ;
Forêt de Mettembert, forêt déclive (Delémont, Jura) ;
Ruisseau de Mettembert, affluent de la Birse (District de Delémont, Jura).

Meudon, Mion, Mionnay
Ces toponymes très différents pourraint venir du gaulois *Mediodunum, composé de *medio, racine indo-européenne *medhi-, medhio-, « milieu », et dunum, « forteresse ».
Meudon, hameau (Les Verrières, district du Val-de-Travers, Neuchâtel) ;
Mion, Villa de Mionz en 1164, Meuns en 1285, Meons en 1304, Mions en 1662, maison isolée (Monthieux, Dombes, Ain) ;
Mionnay, Meunais vers 1250, Parrochia de Meunay en 1263, Mieunay en 1433, Mionnay en 1492, commune et village de la Dombes (Reyrieux, arrondissement de Bourg-en-Bresse, Ain).

Meule, Meules
Soit du français meule, latin mola, « meule de moulin », soit du français meule, « tas de foin », peut-être par métaphore.
Meule, lieu-dit (Torgon, Vionnaz, district de Monthey, Valais) ;
Aux Meules, lieu-dit (Montsevelier, district de Delémont, Jura) ;
Les Meules, hameau (Le Mont-sur-Lausanne, district de Lausanne, Vaud).
Il s´agit probablement ici de meules de charbonniers :
Bois des Meules, lieu-dit en forêt (Surpierre, district de la Broye, Fribourg).


Meulet, Mule, Mules, Mulet, Mulets
1. Equidé issu du croisement d´un baudet (étalon âne) et d´une jument. Ancien français mul, latin mulus, même sens.
Mulet, animal mâle, diminutif de l´ancien français mul, « mulet » :
Le Mulet, maison isolée (Saint-Franc, vallée du Guiers, Savoie) ;
Le Fer à Mulet, lieu-dit en forêt (Ruffieu, Valromey, Ain) ;
Montagne du Mulet, petit sommet, 819m (Herbeys, Pays grenoblois, Isère) ;
Plan du Mulet, lieu-dit en montagne (Peisey-Nancroix, Tarentaise, Savoie) ;
Combe des Mulets, lieu-dit (La Côte-aux-Fées, district du Val-de-Travers, Neuchâtel).

Chemin muletier :
Chemin des Mulets, chemin en forêt déclive (Motz, Chautagne, Savoie) ;
Pas au Mulet, passage (Anterne, Sixt, Faucigny, Haute-Savoie) ;
Sentier des Mulets, chemin en forêt (Serrières-en-Chautagne, Chautagne, Savoie) ;
Vie du Mulet, chemin (Trept, Les Balmes Dauphinoises, Isère) ;
Les Blaches de la Vie du Mulet, maison isolée (Sardieu, Bièvre, Isère).

Patois valdôtain meulet, « mulet » :
Plan Meulet, pâturage et alpage (Valpelline, vallée d´Aoste).

Patronyme Mulet, sobriquet, « homme têtu comme un mulet » :
Pré Mulet, lieu-dit (Collonges, Pays de Gex, Ain).

Mule, animal femelle, féminin de l´ancien français mul, « mulet » :
Grotte de la Mule, au Salève (Collonges-sous-Salève, Genevois, Haute-Savoie) ;
Les Mules, peut-être un sobriquet (Chapelle-sur-Moudon, district de Moudon, Vaud).

Pâturage ou étable à mules ou mulets, avec le suffixe collectif -ière, ou remotivation de Mulatière, « maladrerie » :
Muletière, lieu-dit (Saint-Vérand, Chambaran, Isère) ;
Les Muletières, lieu-dit en montagne (Saint-Jean-d´Arves, Arvan, Savoie).

2. Chaînon de montagnes dont la forme évoque une procession de mulets. Selon Guex, il y aurait eu confusion entre deux mots patois moué, mouè qui signifient « mulet » et « tas [de foin, de blé] », voir Mouet.
Mulets de la Lia, chaînon, 3100, (Mauvoisin, Bagnes, district d´Entremont, Valais) ;
Les Grands Mulets, éperon rocheux du Glacier des Bossons, 3057m, et Les Petits Mulets, rocher du Mont Blanc, 4690m (Massif du Mont-Blanc, Haute-Savoie).


Meunière, Meuniers, Monderèche, Monderesse, Moneresses,
Moneret, Monin, Monnaires, Monnat, Monneresse,
Mounire
Français meunier, « personne qui possède ou qui exploite un moulin à céréales, une minoterie », ancien français molnier, bas latin molinarius, de même sens.
Patronyme Meunier, nom de métier :
Les Meuniers, lieu-dit (Moëns-Prévessin, Pays de Gex, Ain).

Avec le suffixe diminutif -et :
Moneret, hameau sur le Nant du Moulin, c´est aussi un patronyme (Crest-Voland, Val d´Arly, Savoie).

Du patois jurassien monïn, « meunier », peut-être par un patronyme [Prongué] :
Monin, lieu-dit (Corban, district de Delémont, Jura) ;
Bois de Monin et Devant Monin, lieux-dits en forêt, et Pré de Monin, maison isolée en clairière (Chevenez, district de Porrentruy, Jura) ; (Chevenez, district de Porrentruy, Jura) ;
Monnat, diminutif formé avec le suffixe -at, hameau (Seleute, district de Porrentruy, Jura) ;
Le Monnat, hameau (Vermes, district de Delémont, Jura).

Au féminin, français régional meunière, « canal, bief aménagé pour amener de l´eau à un artifice : moulin, martinet, foulon, tannerie, verrerie, etc. », du bas latin molinaria, « meunière » :
Ruisseau de la Meunière, affluent de l´Eau Noire (Le Couteray, Vallorcine, vallée de l´Eau Noire, Haute-Savoie) ;
Meunière des Artifices, canal (Martigny, Valais).

Patois mounéréche, muneressa, ancien français moneresse, « meunière » et adjectif « du moulin » :
La Monneresse, ancien bras détourné de la Veveyse, qui faisait tourner les moulins de la ville de Vevey. Il existe aussi une rue de l´Ancienne-Monneresse (Vevey, Vaud) ;
La Monneresse, canal dérivé du Rhône (Ollon, district d´Aigle, Vaud) ;
Les Moneresses, maison isolée (Siviriez, district de la Glâne, Fribourg).

Avec dissimilation de [nn] en [nd] :
La Monderèche, aquam de la Mugneressy en 1387, torrentem de la Munderessy en 1441, torrent affluent du Rhône (District de Sierre, Valais) ;
La Monderesse, cours d´eau (Saint-Ours, Albanais, Savoie) ;
Monderesse, lieu-dit ou cours d´eau affluent de la Baye de Clarens (Blonay, district de Vevey, Vaud).

Du patois féminin monire, « meunière » :
Les Monnaires, aussi Les Monnayres, ET Mugneries en 1436, maisons isolées (Château-d´Oex, Pays-d´Enhaut, Vaud) ;
Torrent de la Mounire, affluent de la Borgne (La Luette, Saint-Martin, district d´Hérens, Valais).


Meutes
Les Meutes, forêt de la commune du Cerneux-Pequignot (District du Locle, Neuchâtel), en ancien français meute, « troupe, expédition, troupe de chiens », du bas latin movita, « mouvement », latin movere, « mouvoir ».

Mévaux
Les Mévaux, hameau de la commune de Jussy (Genève), d´un patronyme Mévaux rare.

Mévilier
Hameau disparu de la commune de Court (District de Moutier, Jura bernois), aussi Mévelier et Minvelier, pourrait être composé d´un préfixe mé, mi, « au milieu », et du suffixe -vilier.

Mexique
Le Mexique, hameau de la commune de Delémont (Jura), par allusion au pays du même nom.

Meye, Meyes, Meyetta
Patronymes Meye, Meyet.
Pra Meye, maisons isolées (Treyvaux, district de la Sarine, Fribourg) ;
Sur les Meyes, lieu-dit en forêt (La Neuveville, Jura bernois) ;
Les Meyes, maison isolée (Grimentz, district de Sierre, Valais).
Par féminisation :
La Meyetta, maison isolée (Châtel-Saint-Denis, district de la Veveyse, Fribourg).


Meylan, Meylande
Patronyme Meylan ou anciennement Meyland, probablement d´un lieu-dit de ce nom.
Chez Meylan, hameau (Le Brassus, Vallée de Joux, Vaud) ;
Meylande Dessous et Meylande Dessus, par féminisation de Meylan ou Meyland, tous les deux attestés dans la Vallée de Joux, maisons isolées (Le Brassus, Vallée de Joux, Vaud).

Meyriez
Commune et village fribourgeois du district du Lac, Meriacum en 1162, Meriei au XIIème siècle, Mirie en 1226, Merrie en 1228, Merye en 1239, Meiriacum en 1255, Meyrie au XVème siècle, nom allemand Merlach attesté en 1555, soit un nom de domaine gallo-romain [fundus] *Miliriacus [Stadelmann], soit un ancien *Mellerius, qui pourrait dériver du gentilice Mellius ou signifier « néflier », voir par exemple Mellire [Aebischer].

Meyrin
Ville et commune du canton de Genève, Mairin en 1152, Mairins en 1153, Mayrins en 1250, Meyrins en 1305, Moyrens en 1462, nom d´origine burgonde dérivé d´un nom propre devenu Mayer, Meyer de l´ancien haut allemand mâri, « brillant, célèbre », burgonde *meris, germanique *mêria, « grand, important, célèbre ».

Meythet
Commune et village (Annecy Nord-Ouest, arrondissement d´Annecy, Haute-Savoie), Cura de Metez vers 1344, Meitet au XIXème siècle.

Mezein
Hameau de la commune de Saint-Marcel (Vallée d´Aoste), nom qui dériverait d´un préceltique *meze, « marais, terrain humide ».

Mézellières
Lieu-dit de la commune de Vullierens, district de Morges (Vaud), probablement un champ où l´on cultivait diverses céréales, voir le mot régional messel.

Mezer
Mezer ou Le Mézer, lieu-dit en forêt de la commune du Mouret (District de la Sarine, Fribourg), patronyme alémanique Mezer.

Mi
Adjectif ancien français mi, « qui est à la moitié, au milieu de », du latin medius, « qui est au milieu ».
Mi Côte, maison isolée (Courtelary, Jura bernois).

Mia, Miaz, Miette, Miots, Mya
Mot d´ancien patois, se prononce mi et signifie « mont ». Du patois savoyard mià, « petite meule [de foin] » [Constantin], ancien français meie, « meule (de foin, etc.) », voir Maye.
La Mia ou La Miaz, sommet, 2336, et La Petite Miaz, sommet, 2359m (Chaîne des Aravis, Haute-Savoie) ;
La Miaz, maison isolée en clairière (Morillon, Faucigny, Haute-Savoie) ;
Les Miaz, hameau (Cordon, Haut-Faucigny, Haute-Savoie) ;
Les Miots, lieu-dit (Passy, Haut-Faucigny, Haute-Savoie) ;
Lac de Mya et Pointes de Mya, 2519m (Vallée des Glaciers, Les Chapieux, Savoie).
Avec le suffixe diminutif -ette :
Grande Miette et Petite Miette, rochers (Saint-Gingolph, district de Monthey, Valais).

Voir aussi May.


Miage, Mié, Mies, Miex, My
Ces noms pourraient dériver de l´adjectif ancien français mi, « qui est à la moitié, au milieu de ».
Mié, Chaux de Mié, Mie et Miet en 1906, pâturages (Sanetsch, Conthey, Valais) ;
Mies, Miez en 1345, puis successivement Mie, Mier, Myez, Myer, Myes et enfin Mies depuis 1912, « à mi-distance [entre Nyon et Genève ou entre Coppet et Versoix] » (District de Nyon, Vaud) ;
Miex, Miez en 1281, hameau (Vouvry, district de Monthey, Valais). Mayens de My, aussi Mye en 1906, pâturages avec maisons (Conthey, Valais).
Peut-être de même origine [Boyer], avec le suffixe -age :
Chalets de Miage d´en Bas et Chalets de Miage d´en Haut, alpages, Torrent de Miage, afflueNt du Bon Nant, Les Pâturages de Miage, lieu-dit, nom monté au Glacier de Miage, au Col de Miage, 3358m, aux Dômes de Miage, 3670m (Saint-Gervais-les-Bains, Val Montjoie, Haute-Savoie) ;
Chalet du Miage, alpage, nom passé au Jardin du Miage, au Lac du Miage, et au Glacier du Miage, mais peut-être le nom est-il « redescendu » des Dômes de Miage (Val Vény, vallée d´Aoste).


Miau, Miaux
Patronymes Miau, Miaux, vieux français mie, « miette de pain », latin mica, « parcelle ».
Pra Miau, maisons isolées (Le Glèbe, district de la Sarine, Fribourg) ;
Pierre à Miaux, Pierraz-Miaux en 1891, lieu-dit, borne frontière (Val-d´Illiez, district de Monthey, Valais ; Châtel, Abondance et Montriond, Chablais, Haute-Savoie) ;
Les Miaux, alpage (Sarreyer, Bagnes, district d´Entremont, Valais).

Michaille
Région du département de l´Ain, in vallem Michalliae en 925-945, Michellia vers 1135, apud villam in Michal en 1188, In tota Michallia en 1277, Prior de Villa in Michalia en 1344, nom qui pourrait venir d´un romain Michaelus Valerius dont le nom figure sur une pierre tombale trouvée à Châtillon-en-Michaille.

Michalette
La Michalette, ferme isolée de la Combe de Mijoux, commune de Gex (Pays de Gex, Ain), du nom d´un propriétaire Michalet, nom attesté dans la région, diminutif de Michel.

Michaud, Michaudie
Patronyme Michaud, autre forme de Michel, ou sobriquet diminutif de « chaud ».
Pro Michaud, lieu-dit (Champsec, Bagnes, district d´Entremont, Valais).
Par féminisation :
La Michaudie et La Petite Michaudie, fermes isolées (Combe de Mijoux, Pays de Gex, Ain).


Miche, Miches
Patois savoyard miche, dans la vallée du Giffre, « grenier à foin construit sur les montagnes inhabitées en hiver » [Constantin].
Le Miche, lieu-dit en forêt (Morillon, Faucigny, Haute-Savoie) ;
Le Miche aux Richard, maison isolée (Sixt-Fer-à-Cheval, Faucigny, Haute-Savoie) ;
Les Miches, maison isolée (Sommant, Mieussy, Faucigny, Haute-Savoie) ;
Les Miches de Salvadon, maisons isolées, et Ravin des Miches, torrent affluent du Giffre (Sixt-Fer-à-Cheval, Faucigny, Haute-Savoie).

Miche
La Miche, lieu-dit de la commune de Reignier (Genevois, Haute-Savoie), peut-être par métaphore.

Michel, Michons
Du patronyme ou prénom Michel, de la forme interrogative hébraïque Mi kha El, « qui est semblable à Dieu ? ».
La Michel, maison isolée (Villeret, district de Courtelary, Jura bernois),
Bois de Mont Michel, forêt (Boncourt, district de Porrentruy, Jura).
Patronyme Michon, hypocoristique de Michel :
Les Michons, hameau, nom dans lequel Künzi 1997 voit un dérivé de Miche, bien que ce hameau soit loin d´une « montagne inhabitée en hiver » (Mieussy, Faucigny, Haute-Savoie).


Middes
Village de la commune de Torny (District de la Glâne, Fribourg), ancienne commune, Mildes en 930, Middes au XIIème siècle, Mides en 1211, Mydes vers 1250, dont le nom viendrait d´un ancien propriétaire Matulphus Meldensis, chef du choeur de Melve (latin Meldis, Meaux, Seine-et-Marne, France), l´un des cinq choeurs de la psalmodie perpétuelle établie à Saint-Maurice, qui la reçoit en 766 de Ayrvenus.

Miécourt
Commune et village du canton du Jura, Curtem que Mietiam en 866, Meticuria latinisation abusive, en 1129, Miecurt vers 1136, Miecourt vers 1146, Myecorth en 1175, Miecorth en 1218, noms allemands Mieschdorf et Miesdorf, Migerstorff en 1482. Selon certains, le nom latin primitif serait Mitis curia qui signifie « douce campagne », étymologie fantaisiste. Pour Jaccard, c´est le curtis de Mieto, anthroponyme germanique. Selon Perrenot, qui semble ignorer le Curtem Mietiam de 866, c´est un nom d´origine burgonde, *Miconis curtis, dérivé du nom propre Mico, créé sur le gothique mikils, germanique *mekila, meku, « grand ». Le nom primitif serait devenu *Mioncourt, Miocourt, puis Miecurt. Pour Besse c´est un dérivé du gaulois medjia, « milieu », et de curtis, mais cette hypothèse est contredite par le fait que curtis est toujours associé à un anthroponyme.

Miège
Commune et village valaisans du district de Sierre, Myeyot en 1200, Mieio en 1226, Miegio et Miejo en 1228, Myeio en 1238, Myaiat en 1380, Myego en 1400, Myejoz en 1444, Miezoz en 1554, nom allemand Miesen, peut-être de l´adjectif ancien français mege, « qui est à la moitié, au milieu », du latin medius, « qui est au milieu », grec mésos, même sens.

Miège
La Miège, maison isolée de la commune de Courtelary (Jura bernois), probablement d´un patronyme Miège, sobriquet signifiant « guérisseur », voir le mot régional Mèdze.

Mieugy, Mieussy, Migieu
Mieussy, commune et village du Faucigny (Taninges, arrondissement de Bonneville, Haute-Savoie), Melciaci en 1204, Meucie en 1217, Mioutie en 1279, Myoucie en 1309, Cura de Mioucier vers 1344, Miouciez en 1386, nom de domaine d´origine gallo-romaine *Melciacum, attesté ailleurs, dérivé avec le suffixe -acum du nom d´homme *Melcius. L´origine proposée par plusieurs sources, Miocircum, est une cacographie de Miociacum, nom inventé par H. ;Tavernier à partir de Mioucier.
Peut-être de même origine :
Mieugy, Meugie et Meugiez en 1413, Meugier en 1510, hameau (Anglefort, Bugey, Ain) ;
Migieu, Miougiou en 1343, hameau (Nattages, Bugey, Ain).


Miéville, Mivelaz, Miville, Myeville
Site situé entre deux localités, latin media villa, « à mi [chemin entre deux] villae ».
Miéville, anciennement Media-Villa, hameau à mi-distance entre Saint-Maurice et Martigny (Vernayaz, district de Saint-Maurice, Valais) ;
En Mivelaz, quartier, et Route de Mivelaz (Corcelles-près-Payerne, district de Payerne, Vaud) ;
Miville, hameau entre les Rez et le Sommet (Bonnevaux, Val d´Abondance, Haute-Savoie) ;
Myeville, Mievilla en 1320 (La Brillaz, district de la Sarine, Fribourg).

Mifori
Alpage de Neirivue (Haut-Intyamon, district de la Gruyère, Fribourg), mot composé de l´adjectif ancien français mi, « qui est à la moitié, au milieu de » et d´un probable dérivé de l´ancien français forel, voir Forel [Aebischer].

Mignotières
Les Mignotières, lieu-dit de la commune de Genay (Rhône), Les Minotires en 1480, patronyme Mignot, de l´ancien français mignot, « mignon, gentil ».

Mijouet, Mijoux
Au milieu de la forêt, mot composé de l´adjectif ancien français mi, « qui est à la moitié, au milieu de », et de Joux.
Mijoux, commune et village de la Valserine (Collonges, arrondissement de Gex, Ain) ;
Mijoux, Combate de Myezour en 1311, Mey Joulz en 1337, Mi-Joux dit ès Verrières en 1344, Miez jours en 1354, Combate de Miejour en 1373, Myejoux en 1380, ancien nom des Verrières (District du Val-de-Travers, Neuchâtel) ;
Prés de Mijoux, maison isolée en clairière (Nods, district de la Neuveville, Jura bernois).
Diminutif avec le suffixe -et :
Mijouet, hameau (Fillinges, Genevois, Haute-Savoie).


Milafin
Lieu-dit de la commune de Courgevaux, district du Lac (Fribourg), composé de mi la fin, « au-milieu de la fin », voir Fin.

Milandre
Hameau de la commune de Boncourt (District de Porrentruy, Jura), grottes et ancien château dont subsiste une tour, anciennement Milande, Melan, Myland, Mylant et Mailan ; il pourrait donc avoir la même origine que Mélan, etc.

Milavy, Mivy
Lieu-dit situé à mi-chemin, de l´adjectif ancien français mi, « qui est à la moitié, au milieu de », et Vy, « chemin ».
Milavy, « mi la vy », lieu-dit et ruisseau (Domdidier, district de la Broye, Fribourg) ;
Mivy, habitat dispersé (Chardonne, district de Lavaux, Vaud) ;
Mivy, alpage (Val-d´Illiez, district de Monthey, Valais).

Milière, Millière, Milljere
Lieu où l´on cultivait le mil, le millet, ou des céréales à petites graines. Latin milium, « millet, mil, petite graine ».
Noms collectifs formés avec le suffixe -ière, ancien français miliere, « champ de millet » :
Chemin de la Milière (Vessy, Veyrier, Genève) ;
La Millière, lieu-dit (La Chaux, district de Cossonay, Vaud) ;
La Millière, hameau (Sierre, Valais) ;
Les Millières, hameau (Taninges, Faucigny, Haute-Savoie).

Forme alémanisée au XVème siècle :
Milljere, hameau (Salquenen, district de Loèche, Valais).


Miliquette
La Miliquette, maison isolée de la commune de Puidoux (District de Lavaux, Vaud), par féminisation d´un patronyme Miliquet attesté dans la région, peut-être un hypocoristique du prénom Emile.

Millet, Millets, Millettes, Milliette
Patronyme Millet, hypocoristique du prénom Emile.
Millet, hameau (La Balme, Avant-Pays savoyard, Savoie) ;
Chez Millet, hameau (La Tour, Faucigny, Haute-Savoie) ;
Les Millets, Les Milliets sur la Carte de Cassini, hameau (Manziat, Bresse, Ain) ;
Les Millets, sommet de Lessoc (1886m) (Haut-Intyamon, district de la Gruyère, Fribourg).
Par féminisation :
Les Millettes, lieu-dit (Château-Gaillard, Bugey, Ain) ;
La Milliette, maisons isolées (Savas-Mépin, Pays viennois, Isère).


Millieu, Milly
D´un nom de domaine d´origine gallo-romaine *Mil[l]iacum, dérivé avec le suffixe -acum du gentilice Aemilius ou Maelius.
Millieu, Villula Milliaci en 859, Milleu en 1355, Milliou et Milliacus en 1429, hameau, et Lac de Millieu (Lhuis, Bugey, Ain) ;
Milly, hameau (Neuvecelle, Chablais, Haute-Savoie) ;
Milly, Millie en 1300, hameau (Lucinges, Annemasse, Haute-Savoie).

Milon
Patronymes Millon, Milon, hypocoristique du prénom Emile, ou dérivé de l´anthroponyme germanique *Milo, d´une racine *mil-, « généreux ».
Tête de Milon, Millon en 1906, sommet, 3693m, Crête de Milon, arête rocheuse, et Col de Milon, 2990m (Zinal, Val d´Anniviers, Valais).

Mimont
Situé entre les montagnes, mot composé de l´adjectif ancien français mi, « qui est à la moitié, au milieu de », et Mont.
Mimont, alpage avec habitat dispersé (Les Mosses, Ormont-Dessous, district d´Aigle, Vaud) ;
Mimont, hameau (Val-d´Illiez, district de Monthey, Valais).

Minaude
Tête de la Minaude, sommet de la commune de Château-d´Oex (Pays-d´Enhaut, Vaud), nom probablement monté d´un alpage *La Minaude, nom issu par féminisation d´un patronyme Minaud.

Minel
Sur Minel, lieu-dit de la commune de Ménières (District de la Broye, Fribourg), avec un patronyme Minel, de l´ancien français minel, « sorte de mesure » ou de molinarium, « meunier ».

Ministre
Régionalisme, pasteur dans le canton de Vaud, voir le mot régional Ministre.
Bois au Ministre (Bassins, district de Nyon, Vaud) ;
Pâquier Ministre, alpage (Château-d´Oex, Pays-d´Enhaut, Vaud).

Minoux
Les Minoux, lieu-dit de la commune de Porrentruy (Jura), du patois jurassien minou, « mineur », indiquant la présence probable d´anciennes mines [Prongué].

Minzier
Commune et village du Val des Usses (Frangy, arrondissement de Saint-Julien-en-Genevois, Haute-Savoie), Cura de Minzie vers 1344, d´un nom de domaine d´origine gallo-romaine comme *Mansiacum, dérivé avec le suffixe -acum du gentilice Mansius.Cf. Maincy (Seine et Marne), Mansiacum en 1161.

Mionnaz, Mionne
La Mionne, aussi La Mionna ou La Mionnaz, Miona en 1344, Myonaz en 1521, cours d´eau affluent de la Broye (District de la Veveyse, Fribourg, et district d´Oron, Vaud), d´une racine gauloise *medu-, « doux », avec le suffixe -ona [Aebischer].
Peut-être de même origine :
Mionnaz, hameau (Menthonnex-sous-Clermont, Genevois, Haute-Savoie).


Miosinge
Village de la commune de Scionzier (Faucigny, Haute-Savoie), Melzinge en 1202, Melsinge et Melsingium en 1152, nom d´origine burgonde, dériverait d´un primitif *Milisingum, « chez les Milisingum », dérivé du nom propre Milis, altération de Milika, du gothique milds, mildiþa, germanique *meldia, « doux », indo-européen *meld- / *mld-, « douceur » [Perrenot].

Mirabozon
Hameau de la commune de Bozel (Tarentaise, Savoie), composé du patois mirâ, « admirer, regarder » et du patronyme Bozon.

Miracle
Français miracle, « fait extraordinaire », latin miraculum, « prodige, merveille ».
Mont Miracle, 2601m (Nus etTorgon, vallée d´Aoste) ;
Ruisseau du Miracle, affluent du Fier (Chavanod, Annecy, Haute-Savoie).

Miradou, Mirande, Mirantin, Miriau, Miroi,
Miroir
1. Probablement un beau point de vue, ancien français mirour, « miroir », de mirer, « regarder », bas latin *miratorium, « miroir », du latin mirari, « admirer ».
Miradou, colline avec tour ruinée, hameau (Puygros, Bauges, Savoie) ;
Mont de Mirande, aussi nommé Mont Miravidi, 3066m, sommet des Alpes Grées (Vallée des Glaciers, Les Chapieux, Savoie, et vallée de la Thuile, vallée d´Aoste) ;
Chalets du Mirantin, alpage, Ruisseau du Mirantin, nom monté au Mont Mirantin, 2460m, et à la Légette du Mirantin, 2353m (Beaufort, Beaufortain, Savoie) ;
Le Miriau, petite colline boisée (Giez, district de Grandson, Vaud) ;
Miroi, ruine (Val-d´Illiez, district de Monthey, Valais) ;
Le Miroir, hameau (Sainte-Foy-Tarentaise, Savoie) ;
Le Miroir, sommet, 3129m (Hérémence, district d´Hérens, Valais).
2. Paroi de rocher lisse comme un miroir, probablement d´origine récente.
Le Miroir de l´Argentine, lieu-dit (Préalpes vaudoises, district d´Aigle, Vaud) ;
Rochers des Miroirs, lieu-dit (Boudry, Neuchâtel).


Miredieu
Hameau de la commune de La Brillaz (District de la Sarine, Fribourg), de mirer, « regarder », et dieu, peut-être quelqu´un y a-t-il eu des visions.

Mise, Mises
Peut-être du verbe français miser, « acheter ou vendre aux enchères ».
Mise Brûlées (sic), maison isolée en forêt (Poliez-Pittet, district d´Echallens, Vaud) ;
Les Mises, lieu-dit (Essertines-sur-Yverdon, district d´Echallens, Vaud) ;
Grandes Mises, forêt (Pailly, district d´Echallens, Vaud).

Miséré, Miserez, Misériat, Misérieux, Misériez,
Misery
Noms dérivés du nom de domaine d´origine gallo-romaine Miseriacus, formé avec le suffixe -acus à partir du gentilice Miserius, dérivé de miserus, « malheureux, misérable, digne de pitié ; malade, souffrant ».
Miséré, Missoriano au VIIIème siècle, chavannaria que est Misereu au XIème siècle, chabannaria Miseu au XIIème siècle, Miseriacus villa et ecclesia de Misereaco au XIIIème siècle, prior Miseratico et prior Misseriaco au XIVème siècle, ancien nom de Saint-Martin-de-Miséré, et Ruisseau de Miséré, rivus Miseriacum au XIVème siècle, ancien cours d´eau ;
Miserez Dessous, hameau (Miécourt, district de Porrentruy, Jura), Miserez Dessus, Miserey en 1177, Misere en 1218, ancien nom allemand Miserach attesté en 1237, ancien prieuré de chanoines de Saint-Augustin fondé au XIIème siècle, hameau, et Mont de Miserez, colline boisée, 658m (Charmoille, district de Porrentruy, Jura) ;
Misériat, Miseriacus en 910-927, in villa Misiriaco en 1002, Meseriacus vers 1077, Meserieu et Meyserieu, aussi La poype de Mezirieu ou La poype de Mezirieux en 1662, hameau (Saint-Didier-sur-Chalaronne, Dombes, Ain) ;
Misérieux ou Mizérieux, Ecclesia de Misiriaco, avec les variantes Miseriaco et Missiriaco en 984, Parochia de Miseriaco en 1186, Meiseriacus et Meyseriacus en 1187, Misereu en 1226, Miserieu vers 1250, commune et village de la Dombes (Reyrieux, arrondissement de Bourg-en-Bresse, Ain) ;
Misériez, Miserie en 1211, Misyrie en 1250, Meiserie en 1251, Miseris en 1260, Miserier en 1330, etc., enfin Mézeriez en 1906, hameau (Salins, district de Sion, Valais) ;
Misery, Miserie au XIIème siècle, Misirie en 1176, Misiriez en 1406, Misiry en 1668, Miseri en 1781, nom allemand Miserach en 1578, ancienne commune et village (Misery-Courtion, district du Lac, Fribourg).

Misérègne
Du français misère, qui qualifie une mauvaise terre. Latin miseria, « misère », miserere, « avoir pitié », ou même origine que Miserez.
Peut-être de même origine :
Misérègne, hameau (Fénis, vallée d´Aoste).


Mitre
Mitre de l´Evêque, sommet, 3654m et Glacier de la Mitre (Arolla, Evolène, district d´Hérens, Valais), mot français, « coiffure haute que portent les évêques, quand ils officient en habits pontificaux », par allusion au sommet voisin l´Evêque. Du latin médiéval et grec mitra, « coiffure orientale ».

Mizoën
Commune et village de l´Oisans (Le Bourg-d´Oisans, arrondissement de Grenoble, Isère), Misoen et de Misoenio au XIème siècle, Misohen ert ecclesia de Misoheli au XIIème siècle, Missoent et Misoyn au XIIIème siècle, peut-être de l´anthroponyme germanique Modoenus [Nègre 1990].



Mocausa
Mocausa, ancien alpage de la commune de Rougemont (District du Pays-d´Enhaut, Vaud), Moscausa en 1155, probablement de *muscosa [prata], « [prairie] moussue », appelée aujourd´hui La Verda.

Moche
La Moche, lieu-dit de la commune de Vuisternens-devant-Romont (District de la Glâne, Fribourg), plutôt une altération de Mosse que l´adjectif populaire moche, « laid », qui ne date que du XVIIIème siècle.

Modzenaire, Modzes, Modzons, Mosons, Motzon,
Moudzon
D´après le mot régional modze, « vache ».
Par di Modzes, « parc des vaches », maison isolée (Saint-Luc, Val d´Anniviers, Valais).
D´après le mot régional modzon, « jeune vache, génisse », avec le suffixe diminutif -on :
Combe des Modzons, lieu-dit (Sembrancher, district d´Entremont, Valais) ;
Par di Modzons, « parc des génisses », alpage (Ovronnaz, Leytron, district de Martigny, Valais) ;
Par des Mosons, « parc des génisses », alpage (Hérémence, district d´Hérens, Valais) ;
Montagne de Motzon, avant-sommet des Rochers de la Bade (Aillon, Bauges, Savoie) ;
Plan di Moudzon, lieu-dit (Saint-Rhémy-en-Bosses, vallée d´Aoste).

Avec le suffixe collectif -aire :
Modzenaire, alpage (Vallon de l´Hongrin, Villeneuve, district d´Aigle, Vaud).


Moé, Mohé
Patois jurassien mô, moé, mohé, « mouillé », pour désigner un terrain marécageux [Prongué].
Le Moé, extrémité sud du marais des Amburnex (Le Chenit, Vallée de Joux, Vaud) ;
Mohé, forêt (Damphreux, district de Porrentruy, Jura).

Moébrai
Lieu-dit de la commune de Glovelier, district de Delémont (Jura), aussi Moëbrai sur la CN, pourrait venir du patois jurassien moé, « mouillé, humide » et bré, « berceau », pour désigner une combe humide [Prongué], ou de l´ancien français brai, « boue, terrain boueux ».

Moëde
Chalets de Moëde, alpage Torrent de Moëde, affluent de la Diosaz qui coule dans les Fonds de Moëde, lieu-dit, nom monté à la Tête de Moëde, 2459m, et aux Frêtes de Moëde, arête rocheuse, 2458m, (Passy, Haut-Faucigny, Haute-Savoie), d´un mot patois désignant l´endroit où se fait la traite des vaches, du patois moedre, « traire » [Boyer].

Moëllé, Moillarquet, Moillats, Moille, Moillebeau,
Moillère, Moillertson, Moilles, Moillesin, Moillets,
Moillettaz, Moillettes, Moillienchires, Moilliette, Molie,
Mollaton, Mollau, Mollaz, Mollère, Molliasses,
Molliassières, Molliats, Mollie, Mollière, Mollières,
Molliet, Mollietaz, Molliets, Molliette, Molliettes,
Molliex, Molliez, Mollire, Molloire, Mou,
Mouille, Mouilles, Mouillet, Mouillette, Mouillettes,
Mouilleuses, Moux, Moye
Endroit humide, tourbière, terrain mou et marécageux, souvent en cuvette. Patois moille, môlye, mouille, bas latin molia, ou mollia, latin mollis, « mou, tendre, souple ».
Français mou, « dont la consistance est souple, tendre » :
Pra Mou, lieu-dit (Ormont-Dessous, district d´Aigle, Vaud) ;
Pra-Moux ou Pra Mou, lieu-dit (Noréaz, district de la Sarine, Fribourg).

Mot régional mouille, « endroit humide ; portion marécageuse d´un pré, d´un champ » [Pégorier], français régional mouille, « terrain humide, où suintent de petites sources intermittentes » [Constantin] :
Mouille-Galand, avec le patronyme Galand, lieu-dit (Vernier, Genève) ;
Mouille Plaine, lieu-dit (Megève, Haut-Faucigny, Haute-Savoie) ;
Les Mouilles, maisons iolées (Bellevaux, vallée de la Dranse, Haute-Savoie) ;
Les Mouilles, Moillias en 1401, hameau (Chevroux, Bresse, Ain).

Diminutifs avec les suffixes -et, -ette :
Mouillet, maison isolée (Goumois, district des Franches-Montagnes, Jura) ;
La Mouillette, lieu-dit à habitat dispersé (La Chaux, Sainte-Croix, district de Grandson, Vaud) ;
La Moillette, hameau (Vacheresse, Val d´Abondance, Haute-Savoie) ;
Les Mouillettes, lieu-dit (La Chapelle-d´Abondance, Val d´Abondance, Haute-Savoie).

Avec le suffixe -euse :
Les Mouilleuses, lieu-dit (Laconnex, Genève).

Patois moille, ou môlye qui se prononce comme moille, même sens :
La Moille, lieu-dit (Montet, district de la Glâne, Fribourg) ;
Grand-Moille, lieu-dit (Ormont-Dessus, district d´Aigle, Vaud) ;
Moille Ronde, lieu-dit (Ormont-Dessus, district d´Aigle, Vaud) ;
Les Moilles, lieu-dit, et Bois des Moilles, forêt (Morens, district de la Broye, Fribourg) ;
Les Moilles, hameau (Saillon, district de Martigny, Valais) ;
Bois de Moilles (Pays de Gavot, Chablais, Haute-Savoie) ;
En Molie, lieu-dit (Thoiry, Pays de Gex, Ain) ;
Mollie Margot (Savigny, district de Lavaux, Vaud) ;
Les Mollies, attesté en 1401 (Pougny, Pays de Gex, Ain).

Peut-être de même sens :
Moye, Cura de Moyez vers 1344, commune et village de l´Albanais (Rumilly, arrondissement d´Annecy, Haute-Savoie) ;
Les Moyes, lieu-dit (Mission, Ayer, Val d´Anniviers, Valais).

Diminutifs avec les suffixes -et, -ette, ou aussi d´un patronyme Moillet, ou de sa variante plus récente Molliet, « mouillé », de même origine :
Les Moillets, maison isolée (Estavayer-le-Lac, district de la Broye, Fribourg) ;
Les Moillettes, hameau (Châtillens, district d´Oron, Vaud) ;
La Moilliette, maison isolée (Le Flon, district de la Veveyse, Fribourg) ;
Le Molliet, hameau (Sixt-Fer-à-Cheval, Faucigny, Haute-Savoie) ;
La Mollietaz, lieu-dit en forêt (Leschaux, Annecy, Haute-Savoie) ;
Les Molliets, alpage (Arâches-la-Frasse, Faucigny, Haute-Savoie) ;
La Molliette, lieu-dit (Jussy, Genève) ;
La Molliette ou La Mollieta, La Moillietta, hameau (La Verrerie, district de la Veveyse, Fribourg) ;
Les Molliettes, alpage (Semsales, district de la Veveyse, Fribourg).

Diminutif avec le suffixe -at :
Les Moillats, maisons isolées, et Rochers des Moillats, falaise (Talloires, Bornes, Haute-Savoie) ;
Molliats, maison isolée en clairière (Manigod, Bornes-Aravis, Haute-Savoie).

Avec le suffixe diminutif patois -ettaz :
La Moillettaz, alpage, et Pâturage de la Moillettaz, lieu-dit (Bellevaux, Chablais, Haute-Savoie).

Avec le suffixe diminutif -in :
Moillesin, lieu-dit (Villarepos, district du Lac, Fribourg).

Avec le suffixe diminutif -on :
Au Mollaton, lieu-dit (Corcelles-près-Payerne, district de Payerne, Vaud).

Avec le suffixe diminutif -au :
Pra Mollau, lieu-dit (Torny, district de la Glâne, Fribourg).

Mot régional mollière, « terre humide et molle » [Pégorier], avec les suffixes collectifs -ière, -ire :
Mollère, hameau (Val Savarenche, vallée d´Aoste) ;
Les Moillères, lieu-dit (Draillant, la Côte en Chablais, Haute-Savoie) ;
La Mollière, maison en forêt (La Rivière-Enverse, Faucigny, Haute-Savoie) ;
Les Mollières, lieu-dit en forêt (Menthon-Saint-Bernard, Bornes, Haute-Savoie) ;
La Mollire, alpage (Villard-sur-Doron, Beaufortain, Savoie).

Avec les suffixes collectifs -ex, -ez :
Molliex Damon et Molliex Dèsot, alpages (Morgex, vallée d´Aoste) ;
Molliex, alpage (Verchaix, Faucigny, Haute-Savoie) ;
Les Molliez, lieu-dit (Féternes, Chablais, Haute-Savoie).

Avec le suffixe collectif patois -az :
Mollaz, lieu-dit (Laconnex, Genève).

Avec le suffixe péjoratif -asse :
Les Molliasses, hameau (Chamonix, vallée de Chamonix, Haute-Savoie).

Avec le suffixe collectif -ière :
Bois des Molliassières, forêt (Villard-sur-Doron, Beaufortain, Savoie).

Avec le suffixe -oire :
La Molloire, maison isolée (Serraval, Bornes, Haute-Savoie).

Autres dérivés avec un suffixe non élucidé :
La Moillarquet, zône humide en forêt (Le Biot, vallée de la Dranse, Haute-Savoie) ;
Moillebeau, quartier (Petit-Saconnex, Genève) ;
Moillertson, probablement dérivé de Moille Essertée, avec le suffixe diminutif -on, alpages en clairière (Châtel-Saint-Denis, district de la Veveyse, Fribourg) ;
Les Moillienchires ou Les Mollenchires, lieu-dit (Bulle, district de la Gruyère, Fribourg).

Peut-être de même origine :
Pierre du Moëllé, maisons isolées, auberge (Ormont-Dessous, district d´Aigle, Vaud).

Voir aussi Moellesulaz.


Moëllesulaz, Moille Saulaz, Moillesaule, Moillesulaz, Moille Sulla,
Molchulaz, Molissole, Mollesule, Molliessoulaz
Endroit humide et bourbeux, noms composées de Moille, etc., « endroit humide », et Saulay, etc, « endroit où poussent des saules ». Pour Pégorier, moillesulaz désigne un pré humide et signifie littéralement « mouille semelle ».
Moillesulaz, agglomération frontalière (Thônex, Genève), nommée côté français Moëllesulaz, Molliez solaz au XIIIème siècle, Molhisola au XIVème siècle, Moillesole en 1409, Moilleseule sur la Carte de Cassini (Gaillard, Annemasse, Haute-Savoie) ;
Moille Saulaz, hameau (Corsier-sur-Vevey, district de Vevey, Vaud) ;
Moillesaule, lieu-dit (Villeneuve, district d´Aigle, Vaud) ;
Moille Sulla, Moille Sulaz en 1906, hameau (Sullens, district de Cossonay, Vaud) ;
Molchulaz, lieu-dit en forêt (Chens-sur-Léman, Bas-Chablais, Haute-Savoie) ;
Molissole, Moillisola en 1223, Mollysola en 1285, Mollissole en 1554, ancien hameau et maison des Templiers passée à l´ordre de Saint-Jean de Jérusalem, voir Temple (Druillat, Bresse, Ain) ;
Mollesule ou Morsulaz et Morsulaz d´en Haut, hameau (Mont-Saxonnex, Faucigny, Haute-Savoie) ;
Molliessoulaz, hameau (Queige, Beaufortain, Savoie).

Moénoz
Bois Moénoz, forêt de la commune d´Yvonand (District d´Yverdon, Vaud), d´un patronyme Moenoz, Moénoz rare.

Moëns, Myans
Noms d´origine burgonde, dériveraient d´un primitif *Môdingos, « chez les Môdingi », dérivé du nom propre Moda, Modo [Perrenot], burgonde *moþs, « courage », germanique *môda, « humeur, caractère ».
Moëns, Moyns en 1211, villa de Moinx en 1236, Mouins en 1267, Cura de Moyns vers 1344, Apud Moynum en 1436, Moyn en 1526, Moingz en 1573, commune et village du Pays de Gex (Ferney-Voltaire, arrondissement de Gex, Ain) ;
Myans, commune et village de la Combe de Savoie (Montmélian, arrondissement de Chambéry, Savoie).

Moësetta
La Moësetta, maison isolée de la commune du Chenit (Vallée de Joux, Vaud), par féminisation patoise d´un patronyme, peut-être Moïse, hébreu Moshe, « sauvé des eaux » ou « sauvé par les eaux ».

Mogets
Les Mogets, hameau de la commune de Loisin (Bas-Chablais, Haute-Savoie), patronyme Moget.

Mognard
Commune et village de l´Albanais (Albens, arrondissement de Chambéry, Savoie), anciennement Mogniard, Mugnard, Mugniard, et Cura de Muignaz vers 1344.

Mogne
La Mogne, petite élévation de la commune d´Assens, district d´Echallens (Vaud), probablement de même origine que moignon, ancien français moignier, « mutiler ».

Mogneneins
Commune et village de la Dombes (Thoissey, arrondissement de Bourg-en-Bresse, Ain), in villa Moianinca, lire in villa Monianinca en 923-936, in villa Magunense, corrigé in villa Mogninense en 1049-1109, Mongnenens au XIVème siècle, Ecclesia de Mogninens vers 1350, nom d´origine burgonde qui dériverait d´un primitif Munianingos, « chez les Munianingi », dérivé du nom propre Munja [Perrenot].

Moidieu-Détourbe
Commune et village du Pays viennois (Vienne-Sud, arrondissement de Vienne, Isère), ager Mogdiacensis en 975-993, villa Moidiacum en 975-980, Moydiatis en 1036-1050, Modiatis en 1075, d´un nom de domaine d´origine gallo-romaine dérivé avec le suffixe -acum du nom d´homme romain Mogetius [Nègre 1990].

Moignans, Moinans
Moinans, hameau de la commune de Bohas-Meyriat-Rignat (Ceyzériat, Revermont, Ain), Moynens en 1555, Moinant sur la Carte de Cassini, Moynans en 1808, nom d´origine burgonde qui dériverait d´un primitif *Moningos, « chez les Muningi », dérivé du nom propre Muno [Perrenot].
Peut-être de même origine :
Le Moignans, Rivulus qui dicitur Monienta, lire Monienca, corrigé Moniencus au IXème ou Xème siècle, La rivière de Moignans en 1612, Monian en 1662, La rivière de Moignan au XVIIIème siècle, Mognand en 1808, cours d´eau affluent de la Chalaronne (Dombes, Ain).


Moine, Moines
Français moine, du latin écclésiastique monachus, « solitaire, anachorète », grec monachos, « qui vit seul ». Ce terme désigne souvent par métaphore un sommet dénudé, comme la tête d´un moine.
Le Moine, un sommet du Massif des Combins, 3506m, et Col du Moine, 3418m (Bagnes et Bourg-Saint-Pierre, district d´Entremont, Valais) ;
Le Moine, 3421m (Massif du Mont-Blanc, Haute-Savoie) ;
Le Moine de Champlan, cheminée de fée coiffée (Albiez-le-Jeune, Maurienne, Savoie) ;
Aiguille du Moine, monolithe de poudingue au-dessus de la Dranse (Féternes, Chablais, Haute-Savoie) ;
Pré du Moine, lieu-dit (Dully, district de Rolle, Vaud) ;
Sous le Moine, pentes raides sous la Cape au Moine (Ormont-Dessus, district d´Aigle, Vaud) ;
Les Moines, lieu-dit (Vernayaz, district de Saint-Maurice, Valais) ;
Le Clos aux Moines, alpage (Saint-Jean-d´Aulps, vallée de la Dranse, Haute-Savoie) ;
Crêt aux Moines, petit sommet, 1445m (Saint-Aubin-Sauges, district de Boudry, Neuchâtel) ;
La Grotte aux Moines, lotissement (Evian-les-Bains, Chablais, Haute-Savoie) ;
Pré aux Moines, lieu-dit (Marly, district de la Sarine, Fribourg).
Voir aussi Cape au Moine.


Moinsel, Monse, Montceaux, Montcel, Montcet,
Mossel, Musselet
Petite montagne, colline, élévation, monticule, ancien français moncel, « petit mont », du roman moncellus, dérivé du bas latin monticellus, latin monticulus, diminutif de mons.
Moinsel, probablement Moncel vers 1200, Monsez en 1205, Monseiz en 1211, Monsel en 1299, lieu-dit (Bassins, district de Nyon, Vaud) ;
La Monse, lieu-dit, et Vanil de la Monse, sommet, 1437m (Charmey, district de la Gruyère, Fribourg) ;
Montceaux, In villa Moncellis en 943, Munceals en 1149-1156, Moncelz vers 1250, Monceaux en 1265, commune et village de la Dombes (Thoissey, arrondissement de Bourg-en-Bresse, Ain) ;
Montceaux, maison isolée (Saint-Trivier-sur-Moignans, Dombes, Ain) ;
Montcel, Apud Moncellum Sancti Johannis en 1401, Moncel sur la Carte de Cassini, hameau (Saint-Jean-sur-Reyssouze, Bresse, Ain) ;
Le Montcel, Cura de Moncello vers 1344, commune et village (Aix-les-Bains-Nord-Grésy, arrondissement de Chambéry, Savoie) ;
Le Montcel, In moncello de Berisie en 1248, De Moncello en 1366, Le Moncel de Bereysia en 1636, Moncel sur la Carte de Cassini, Montcet en 1911, hameau (Béréziat, Bresse, Ain) ;
Montcet, Monceux vers 1250, De Moncellis en 1283, Monceaux vers 1350, Moncel en 1563, commune et village de la Bresse (Viriat, arrondissement de Bourg-en-Bresse, Ain) ;
Mossel, de Monticulis et Moncels vers 1150, Muncels au XIIème siècle, Monsez en 1245, Mossez en 1258, Monses en 1260, aussi Monsey, Mossey, hameau et ancienne commune (Ursy, district de la Glâne, Fribourg) ;
Grand Mossel, maison isolée (Gossens, district d´Yverdon, Vaud).
Avec le suffixe diminutif -et :
Musselet, lieu-dit (L´Isle, district de Cossonay, Vaud).


Moirans
Commune et village du Pays voironnais (Rives, arrondissement de Grenoble, Isère), ancien vicus gallo-romain Morginnum mentionné sur la Table de Peutinger, Morvennum vers le VIIème siècle, locus Moirencus et Moiricensis au XIème siècle, castrum Moirenc, villa Moirencii et prior Moiracensis au XIIème siècle, Moiranc et Moirent au XIVème siècle, sur la Morge, nom dérivé de celui-ci avec le suffixe -inum.

Moirieu, Moiry, Mourex
Nom de domaine d´origine gallo-romaine Mauriacum, dérivé avec le suffixe -acum du gentilice Maurius issu du cognomen Maurus, « Maure, Africain ».
Moirieu, Moyrieux au XIVème siècle, Moyrieu au XVème siècle, hameau (Villemoirieu, L´Isle-Crémieu, Isère) ;
Moiry, in villa Mauriaco ou in villa Moriaco au XIème siècle, Moriei en 1011, Moiriacum en 1049, Moirie en 1219, Moërier en 1264, Moyrie en 1269, Moirey en 1325, Muerye en 1345, Muerier en 1368, puis Moeyrier, commune et village (District de Cossonay, Vaud) ;
Moiry, hameau (Poisy, Annecy, Haute-Savoie).
Peut-être de même origine :
Moiry, Muery au XIIIème siècle, aussi Moiré en 1906, alpages, Lac de Moiry, lac artificiel, dans le Val de Moiry, et Glacier de Moiry (Grimentz, district de Sierre, Valais), nom monté à la Pointe de Moiry, 3303m (Evolène, district d´Hérens, et Grimentz, district de Sierre, Valais).

Peut-être de même origine si Mourex est bien le Mauriacus du XIème siècle :
Mourex, hameau de la commune de Grilly (Pays de Gex, Ain), peut-être Mauras et in villa Mauriaco au XIème siècle, Morelz et Mourez au XIIIème siècle, Mouret sur la Carte de Cassini, Mourex en 1911, hameau, et Mont Mourex, colline, 754m.


Moises, Moisier
Ancien français moise, « terre humide à proximité d´une rivière ou d´un ruisseau ».
Les Moises, maisons isolées de Draillant (Perrignier, la Côte en Chablais, Haute-Savoie), et forêt, nom monté au Col des Moises, 1121m, et Ruisseau des Moises, affluent du Redon.
Avec le suffixe collectif -er :
Moisier, lieu-dit (Allinges, Bas-Chablais, Haute-Savoie).


Moisis
Prés Moisis, lieu-dit de la commune des Verrières (District du Val-de-Travers, Neuchâtel), « prés humides », bas latin mucidus, « moisi », latin vulgaire *mucire, du latin mucere, « être moisi, être gâté ».

Moissieu-sur-Dolon
Commune et village de la Bièvre (Beaurepaire, arrondissement de Vienne, Isère), Mossiacum villa au IXème siècle, Mosciatum et Mosciatis villa au Xème siècle, d´un nom de domaine d´origine gallo-romaine dérivé avec le suffixe -acum du gentilice Mussius [Nègre 1990].

Moissonnière, Moissonniers
D´un patronyme Moissonnier, nom de métier, « moissonneur ».
Les Moissonniers, Villagium Meyssonerorium en 1416, Villagium Meissonerorium en 1442, hameau (Saint-Nizier-le-Bouchoux, Bresse, Ain).
Par féminisation, ou selon Prongué, « terre propice aux cultures de céréales » :
La Moissonnière, lieu-dit (Bure, district de Porrentruy, Jura).


Moisy
Hameau de la commune de Douvaine (Bas-Chablais, Haute-Savoie), probablement d´un nom de domaine d´origine gallo-romaine *Mausiacum, dérivé avec le suffixe -acum de l´anthroponyme gaulois Mausios.

Molaire, Moleire, Moleires, Molerie, Molière,
Molires, Molleyre, Molleyres
Carrière de pierres à meuler et de meules de moulin, du patois mola, vieux français meulière, molière, latin mola, « meule », avec les suffixes -aire, -eire, -erie, -eyre, -ière.
La Molaire et La Molaire Dessous, fermes isolées (L´Etivaz, Château-d´Oex, Pays-d´Enhaut, Vaud) ;
Moleire, hameau (Corcelles-le-Jorat, district d´Oron, Vaud) ;
La Moleire, lieu-dit (Domdidier, district de la Broye, Fribourg) ;
Les Moleires, lieu-dit (Grancy, district de Cossonay, Vaud) ;
La Molerie, avec le suffixe d´action -erie, lieu-dit (Les Bioux, district de la Vallée, Vaud) ;
La Molière, lieu-dit en forêt aux Voirons (Boëge, Vallée Verte, Haute-Savoie) ;
La Molière, hameau (Saint-André-de-Boëge, Vallée Verte, Haute-Savoie) ;
Tour de la Molière, dernier vestige du Château de la Molière érigé au Xème siècle et détruit au XVIème siècle, Mollerie en 1476, d´une carrière toujours en activité, et Bas de la Molière, hameau (Murist, district de la Broye, Fribourg) ;
Les Molires, lieu-dit en forêt (Brenthonne, la Côte en Chablais, Haute-Savoie) ;
La Molleyre, maisons isolées (Le Châtelard, district de la Glâne, Fribourg) ;
Molleyres, maisons isolées (Blonay, district de Vevey, Vaud).
Voir aussi Maules.


Molaire, Moleires
Oronymes, sommets dont la forme évoque une dent molaire, toponymes récents.
La Grande Molaire, sommet (Dents de Lanfon, Annecy, Haute-Savoie) ;
Les Moleires, petit sommet (Liddes, district d´Entremont, Valais) ;
Les Moleires du Valsorey, sommets, 3245m, et Brêche des Moleires, col, 3191m (Alpes Pennines, Bourg-Saint-Pierre, district d´Entremont, Valais, et Val d´Ollomont, vallée d´Aoste).

Molançon
Lieu-dit de la commune vaudoise du Vaud, district de Nyon, Monslatianus en 1164, Monslacianus en 1202, de Montelacino en 1302, Moleyczans en 1493, Molanson et Mollanson en 1596, Molanson et Montlaçon au XIXème siècle, de mons Latio, avec le gentilice Lat[t]ius, les formes primitives comme Monslatianus étant des métraductions abusives vers le latin.

Molar, Molard, Molards, Molaret, Molattes,
Môle, Môles, Mollard, Mollar d´Arvan, Mollards,
Mollaret, Molluire
Grosse colline ou petite montagne arrondie, point élevé, aussi digue, levée.
Mot régional môle, « montagne de forme arrondie » [Pégorier]. Ancien français mole, « masse » ou « dent molaire », latin moles, « amas, tas » :
Le Môle, sommet, 1863m (Faucigny, Haute-Savoie) ;
Vieille Môle, alpage (Le Pâquier, district du Val-de-Ruz, Neuchâtel) ;
Les Môles, lieu-dit (Reignier, Genevois, Haute-Savoie).

Mots régionaux molar, molard, « hauteur arrondie, mamelon, colline, croupe », mollard, « tertre, remblai, éminence, colline » [Pégorier]. Patois molâr, « tertre, sommet », latin molare, « colline, levée de terre » :
Mont de Molar, 2504m (Valtournenche, vallée d´Aoste) ;
Mollar d´Arvan, Molarium Arvani en 1217, quartier de Saint-Jean-de-Maurienne (Savoie).

Avec un d épithétique :
Le Molard, De Mollario en 1460, Au Mollar en 1453 (Léaz, Pays de Gex, Ain) ;
Les Molards, maison isolée (Cerniat, district de la Gruyère, Fribourg) ;
Molards sur chez Villard, maisons isolées (Le Chenit, Vallée de Joux, Vaud) ;
Le Mollard ou Le Molard, sommet, 1703m (Montreux, district de Vevey, Vaud) ;
Beau Mollard, lieu-dit en forêt (Aiguebelle, Basse-Maurienne, Savoie) ;
Beau Mollard, hameau (Montsapey, Basse-Maurienne, Savoie) ;
Bon Mollard, maison isolée en clairière (Saint-François-Longchamp, Maurienne, Savoie) ;
Le Bon Mollard, lieu-dit (Saint-Alban-des-Villards, Maurienne, Savoie) ;
Mollard de la Grande Vache, sommet, 1764m (Saint-Pierre-de-Chartreuse, Chartreuse, Isère) ;
Les Mollards, lieu-dit en forêt (Lugrin, Chablais, Haute-Savoie).

Avec le suffixe diminutif -et :
Le Molaret, lieu-dit (Bassins, district de Nyon, Vaud) ;
Le Mollaret, hameau (Montgellafrey, Basse-Maurienne, Savoie).

Avvec le suffixe diminutif jurassien -atte :
Les Molattes, lieu-dit (Champoz, district de Moutier, Jura bernois).

Avec le suffixe collectif -ire :
La Molluire ou Bec Rouge, sommet (Sainte-Foy-Tarentaise, Savoie).

Voir aussi Tramole.


Molassière, Mollassière, Mollassières
Carrière d´où l´on extrait la pierre appelée molasse, mollasse, anciennement « grès durs (dépôts de sables dont les grains se sont cimentés) », de nos jours « grès utilisés dans la construction ». Du latin mola, « meule », avec le suffixe collectif -asse.
Avec le suffixe collectif -ière :
Chemin de la Molassière (Bernex, Genève) ;
Mollassière, lieu-dit (Villard-sur-Doron, Beaufortain, Savoie) ;
Les Mollassières, hameau (Saint-Franc, vallée du Guiers, Savoie) ;
Route des Mollassières (Sillingy, Annecy, Haute-Savoie).


Molenne, Moline
Patois valdôtain et ancien français moline, « moulin ». Molenne est la version valaisanne, et Moline la version valdôtaine de ce toponyme.
Pointes de Molenne, sommets, 3060m, et Col de Molenne, 2907m (Alpes Pennines, Bourg-Saint-Pierre, district d´Entremont, Valais et vallée d´Aoste) ;
Moline, alpage, et Moline Vielle, ruine d´alpage, dans le Vallon de Moline, parcouru par le Torrent de Moline, affluent du Torrent de Menovy, nom monté à la Grande Moline, 2978m (Etroubles, vallée d´Aoste).

Moléson
Toponyme non élucidé. Pourrait venir de l´ancien français meloise, molois, moloise, « prairie humide » selon Jaccard, du latin mollis « mou, marécageux ».
Moléson, Moleisum vers 1000, Moleisun en 1228, Moleson et Moleyson en 1237, Moleson en 1307, Molleson en 1319, anciens pâturages, aujourd´hui Moléson-Village (Gruyères, district de la Gruyère, Fribourg) ;
Moléson à Baron, Gros Moléson et Petit Moléson, alpages (Gruyères, district de la Gruyère, Fribourg) ;
Le Moléson, sommet, 2002m (Gruyères, district de la Gruyère, Fribourg).

Molessiat
Grand Molessiat et Petit Molessiat, hameaux de la commune de Saint-Nizier-le-Bouchoux (Bresse, Ain), Molessiat en 1847, Maulessia en 1911, d´un nom de domaine d´origine gallo-romaine *Moleciacum, dérivé avec le suffixe -acum du gentilice Molecius.

Molettes
Sex des Molettes, sommet, 2798m (Ayent, district d´Hérens, et Icogne, district de Sierre, Valais ), du français molette, « pierre à aiguiser », diminutif de mole, meule, latin mola, même sens. Le nom allemand de ce sommet, Wetzsteinhorn, signifie aussi « corne de la pierre à aiguiser ».

Molignon
Probablement dérivé du bas latin molinum, « moulin », de l´adjectif latin molinus, « de meule ».
Molignon, habitat dispersé au bord de la Borgne (Evolène, district d´Hérens, Valais) ;
Molignon, Mulignun en 1208, Molignun et Murignun en 1256, Milignun en 1269, Molignon et Moulignon en 1906, hameau du vignoble (Sion, Valais).

Mollays
Les Mollays, hameau d´alpage (Passy, Haut-Faucigny, Haute-Savoie), probablement du patronyme Mollay, plutôt qu´un nom apparenté à Mouille, comme le pense Boyer.

Mollendruz
Chalet du Mollendruz et Haut du Mollendruz, alpages, Col du Mollendruz, 1184m, Mont-Lendruz en 1614, Molendruz en 1908, de mont et d´un patronyme Lendruz, de l´anthroponyme germanique *Landdrud, germanique *landa, « pays, terre ferme », et *drûda, « aimé » (Mont-la-Ville, district de Cossonay, Vaud).

Mollens, Morlanges, Morlens
Noms d´origine burgonde, dériveraient d´un primitif *Môrilingos, *Maurilingos, « chez les Maurilingi », dérivé du nom propre diminutif Maurila, apparenté aux noms propres français Maurel, Morel, « de teint foncé comme un Maure » [Perrenot].
Mollens, Morlens en 1111, in ecclesia de Mollens en 1148, Mollens et Mollinges en 1228, Moylleins en 1231, commune et village, Côte de Mollens, forêt déclive, et Pré de Mollens, alpage (District d´Aubonne, Vaud) ;
Morlanges, hameau (Reignier, Genevois, Haute-Savoie) ;
Morlens, uilla que dicitur morlingis en 996, nom actuel attesté en 1111, Mollens en 1179, Morllens en 1668, hameau, ancienne commune (Vuarmarens, district de la Glâne, Fribourg).
Voir aussi Montmollin.


Mollens
Commune et village du district de Sierre (Valais), Molaen en 1250, Moleing en 1286, Moleyn en 1300, Moloeyng en 1316, Moloyn en 1342, Molen en 1437, Mollens en 1671, et Moulin sur la carte Dufour, pourrait correspondre à un Molendino mentionné en 1221, 1226 et 1429, du latin médiéval molendinum, « moulin », voir Moulin [Jaccard].

Mollerettes
Les Mollerettes, lieu-dit de la commune de Combremont-le-Grand (District de Payerne, Vaud), soit par féminisation d´un patronyme Molleret, attesté en France mais rare, soit à rapprocher de [terre] molle, voir Mollaz ou du patois molâr, voir Molard.

Mollon
Commune jusqu´en 1974, maintenant un village de la commune de Villieu-Loyes-Mollon (Dombes, Ain), Molon Molun en 1149, Molons en 1257, dérivé du latin molina, « moulin », ou de mola, « meule ». On peut aussi y voir un primitif *Mel[l]odunum, « colline fortifiée », composé du gaulois *mel[l]o, « colline, montagne », et dunum, « forteresse ».

Molojy
Gros Molojy et Petit Molojy, maisons isolées de la commune de Châtel-Saint-Denis, district de la Veveyse (Fribourg), aussi Mology, et Molessie en 1432, nom à rapprocher de Moléson [Aebischer].

Molondin
Commune et village vaudois du district d´Yverdon, Mollendens et Mollondens en 1380, Molondens en 1422, Molandens en 1437, Mollondin en 1867, probablement un nom d´origine burgonde.

Mombettan
Lieu-dit de la commune des Montets (District de la Broye, Fribourg), composé de mons et d´un anthroponyme indéterminé.

Momin, Moming, Montmain
Du latin mons medianus, « montagne (alpage) du milieu » [Fellay].
Momin, pâturage, Combe de Momin, lieu-dit, Rochers de Momin, chaînon, 2959m (Louvie, Bagnes, district d´Entremont, Valais), nom monté à la Tête de Momin, sommet, 3059m, et au Col de Momin, 3003m, à la limite avec Nendaz (District de Conthey, Valais) ;
Moming, aussi Momaing en 1906, pâturage, nom monté au Col de Moming. 3777m, et au Glacier de Moming et à plusieurs sommets : Blanc de Moming, 3638m, Pointe Nord de Moming, 3863m, et Pointe Sud de Moming, 3963m (Zinal, Val d´Anniviers, Valais) ;
Montmain, Montmeyn en 1442, hameau (Servignat, Bresse, Ain).

Monacerva
Clairière de la commune d´Ollon, district d´Aigle (Vaud), près de Panex, probablement composé d´un patronyme comme *Monus et de cerva dérivé de Serve.

Monbègue
Hameau de la commune de Druillat (Bresse, Ain), de Montbeggo et vers Montbego vers 1341, Apud Montbegoz en 1436, Montbègue en 1911, composé de Mont et du nom propre attesté Beggo.

Monberthoud
Hameau de la commune de Savigneux (Dombes, Ain), Montbertolt vers 1100, Prior de Monte Bertaldi en 1096, De Monte Bertaldo en 1103-1104, De Monte Bertol, Apud Montem Bertoldi et Ecclesia de Monte Bertoldi en 1149-1156, Montbertot en 1221, Montbertout en 1226, Domus Montis Berthoudi en 1260, In campo montis Berthodi en 1324, etc., composé de mons et du nom de personne Berthoud.

Moncé
Eminence de la commune de Mervelier, district de Delémont (Jura), soit du patois jurassien moncé, « monceau », soit plus probablement du bas latin monticellus, « petit mont » [Prongué].

Mondain, Montain, Monts d´Ain
De l´adjectif latin montanus, montana, « de la montagne, montagnard », dérivé de mons, montis avec le suffixe -anus ; ou du patronyme Montain, rare.
Montain, hameau (Vézeronce-Curtin, L´Isle-Crémieu, Isère) ;
Etang Montain (Chalamont, Dombes, Ain) ;
Les Montains, lieu-dit (Marcollin, Chambaran, Isère) ;
Les Montaines, lieu-dit déclive (Brénaz, Valromey, Ain) ;
Les Montaines, maison isolée (Izernore, Haut-Bugey, Ain).
Par sonorisation du t :
En Mondain, lieu-dit (Pougny, Pays de Gex, Ain).

Par attraction paronymique avec le nom du départment de l´Ain :
Les Monts d´Ain, In monte dicto Mondeinz supra Nantuacum en 1345, Les Montdains sur la Carte de Cassini, Le Mont d´Ain en 1808, Sur les Montains et Sur les Montdains en 1810, Les Monts d´Ain en 1843, Le Mondain en 1911, sommet, 1127m (Nantua et Saint-Martin-du-Frêne, Haut-Bugey, Ain).


Mondau, Mondillon, Mondion
Collines, terrain bosselé, petit mont, par sonorisation du t de Montau, Montil[l]ion, etc.
Le Mondau, hameau (Gingins, district de Nyon, Vaud) ;
Mondillon, petite colline, 724 m (Mollens, district d´Aubonne, Vaud) ;
Mondion, alpage (Bassins, district de Nyon, Vaud).

Mondésir, Mon Désir
Toponymes récents. Déverbal de désirer, latin desiderare, « souhaiter, regretter l´absence ».
Mondésir, par composé, domaine (Satigny, Genève) ;
Mon Désir, maison isolée (Rebeuvelier, district de Delémont, Jura).

Mondralèche
Alpage de la commune d´Icogne (District de Sierre, Valais), Mundralessy en 1250, Mondrelessi en 1418, Mondralesse en 1906, nom d´origine inconnue.

Mondrion, Mont Riant, Mont Rion, Montriond, Mont Riond,
Montrond, Mont Rond, Morion, Moron
Montagne ronde, voir Riond.
Mont Riant, lieu-dit (Le Grand-Saconnex, Genève) ;
Mont Rion, 2710m (Nus, vallée d´Aoste) ;
Montriond, commune et village de la vallée de la Dranse dont l´ancien nom Chéravaux subsiste dans le lieu-dit Pied de Chéravaux, et Dranse de Montriond, cours d´eau affluent de la Dranse de Morzine et émissaire du Lac de Montriond (Le Biot, arrondissement de Thonon-les-Bains, Haute-Savoie) ;
Montriond, colline au milieu d´un parc, Mons rotundus sub Lausanna en 1036, Montreont en 1238 (Lausanne, Vaud) ;
Montriond, sommet, 1714m (Seythenex, Bauges, Haute-Savoie) ;
Mont Riond, colline boisée, 1212m (Bellevaux, Chablais, Haute-Savoie) ;
Montrond, commune et village (Saint-Jean-de-Maurienne, Savoie) ;
Mont Rond, lotissement (Notre-Dame-de-Bellecombe, Val d´Arly, Savoie) ;
Mont Rond ou Montrond, sommet du Jura (Pays de Gex, Ain) ;
Mont Rond, 2572m (Ollomont, vallée d´Aoste) ;
Moriond, village (Courchevel, Tarentaise, Savoie) ;
Morion, maison isolée en clairière, Forêt de Morion (Liddes, district d´Entremont, Valais) ;
Morion, Mont Rion sur la Carte Nationale, chaînon, avec le Mont Rion Central, 3487m, et le Mont Rion Méridional, 3489m, (Ollomont et Bionaz, vallée d´Aoste) ;
Becca Morion, 2719m (Oyace et Valpelline, vallée d´Aoste) ;
Moron, alpage au pied d´une colline (Cerniat, district de la Gruyère, Fribourg) ;
Moron, mons rotondus en 1210, hameau (Saint-Brais, district des Franches-Montagnes, Jura) ;
Moron, monte rotundo vers 1200, hameau, et Forêt de Moron (Châtelat, district de Moutier, Jura bernois) ;
Pâturage du Moron, lieu-dit (Perrefitte, district de Moutier, Jura bernois) ;
Sous Moron, maison isolée (Malleray, district de Moutier, Jura bernois).
Peut-être de même origine :
Mondrion, hameau (Ependes, district de la Sarine, Fribourg).

Voir aussi Romont.


Mondzeu
Quartier de la station de Verbier (Bagnes, district d´Entremont, Valais), du nom d´une ancienne propriéte de l´Hospice du Saint-Bernard, appelé autrefois Mont-Joux [Bossard] ; il y a eu probablement confusion avec le terme Joux, « forêt de montagne », en patois Dzeu.

Monestier-d´Ambel, Monestier-de-Clermont, Monestier-du-Percy, Monetay, Monetier,
Monnetier, Moti, Môtie, Motier, Môtier,
Môtiers, Mottay, Mottier, Motty, Moty,
Mousterière, Moutaret, Moutier, Moûtiers, Münster,
Mutrux
Patois motî, mutru, « église », ancien français môti, moutier, « église, monastère », bas latin monisterium, « moutier, église », latin monasterium, « monastère », grec monastêrion « résidence solitaire ».
Ancien français moustier, « église, monastère, couvent » :
Le Motier, hameau (Replonges, Bresse, Ain) ;
Môtier, Mostier en 1230, village (Haut-Vully, district du Lac, Fribourg) ;
Môtiers, Mostier en 1268, Motier en 1906, commune et village développés autour du Prieuré Saint-Pierre vers le XIème siècle (District du Val-de-Travers, Neuchâtel) ;
Derrière Môtiers, Derrier le Mostier en 1554, Derrier le Moustié en 1655, aussi Derrière Métiers, lieu-dit du vignoble situé derrière l´ancienne église de Pontareuse (Boudry, Neuchâtel) ;
Mottier, Monasterium prope castrum Bozoxellum au XIIème siècle, Monasterium de Bocsel au XIIIème siècle, Prior Musterii au XVème siècle, commune et village de la Plaine de Bièvre (La Côte-Saint-André, arrondissement de Vienne, Isère) ;
Moutier, Monasterium Grandis-vallis en 769, datum Monasterii en 1154, apud Monasterium en 1181, Monstier en 1189, Monster in Granvalt en 1698, nom allemand Münster (Ville, commune et district du Jura bernois) ;
Gorges de Moutier, gorges de la Birse (Moutier, Jura bernois) ;
Montagne de Moutier, grand pâturage (Moutier, Jura bernois) ;
Vieux Moutier ou Vieux-Moty, maison isolée (Yens, district de Morges, Vaud) ;
Moûtiers, noms latins Centronum civitas, Claudii forum, Darantasia sur la Table de Peutinger, nom d´origine préceltique de sens inconnu, Monasterium in Tarantasia, Monsterium in Tarantasia et Tarantasia, commune et village de la Tarentaise (Arrondissement d´Albertville, Savoie).

Avec le suffixe collectif -ière :
La Mousterière, alpage (Ugine, Val d´Arly, Haute-Savoie).

Patois motî, « église » et ancien français môti, « église, monastère » :
Le Moti, Mothy en 1906, hameau (Vugelles-la-Mothe, district d´Yverdon, Vaud) ;
Fin devant le Môtie, lieu-dit (Glovelier, district de Delémont, Jura) ;
Le Mottay, habitat dispersé, et Le Vieux Mottay, lieu-dit (Publier, Chablais, Haute-Savoie) ;
Le Grand Mottay, sommet, 1736m (Bernex et Thollon-les-Mémises, Chablais, Haute-Savoie) ;
Fin du Motty ou Fin du Moty, lieu-dit où se trouve l´église du village (Grangettes, district de la Glâne, Fribourg) ;
Champ du Moty, « champ de l´Eglise », lieu-dit (Domdidier, district de la Broye, Fribourg).

Patois mutru, « église », latin monasteriolu, « petit monastère » :
Mutrux, Mostrue en 1309, Mustrueu en 1358, Monstruz et Mustruz en 1381, Mutrou en 1403, Mutru en 1867, commune et village (District de Grandson, Vaud).

Forme alémanisée au XVème siècle :
Münster, de Monasterio en 1382, commune et village (District de Conches, Valais).

Mot régional monestier, monêtier, « monastère » [Pégorier] :
Monestier-d´Ambel, mandamentum Monasterii de Ambello et castrum Monesterii de Ambello au XIVème siècle, Monestier Dambel au XVème siècle, commune et village du Beaumont (Corps, arrondissement de Grenoble, Isère) ;
Monestier-de-Clermont, Monasterium Claromontis in Triviis au XIIIème siècle, prior Monesterii Clarimontis au XVème siècle, canton, commune et village du Trièves (Arrondissement de Grenoble, Isère) ;
Le Monestier-du-Percy, condamina del Monestier au XIIIème siècle, parrochia Monasterii Persici et parrochia Monasterii de Persico au XIVème siècle, Monestier du Perce au XVIème siècle, commune et village du Trièves (Clelles, arrondissement de Grenoble, Isère) ;
Le Monetay, Le Monestay en 1650, Le Monetay en 1743, Le Monestey en 1847, maison isolée (Treffort-Cuisiat, Revermont, Ain) ;
Monetier, hameau (Saint-Jorioz, Annecy, Haute-Savoie) ;
Monnetier, ecclesia de Moneste en 1153, Monestier en 1250, Cura de Munitier vers 1344, puis Monnety en 1696, village et Monnetier-Mornex, commune du Genevois (Reignier, arrondissement de Saint-Julien-en-Genevois, Haute-Savoie), qui a absorbé la commune d´Essert-Salève en 1974 ;
Monnetier, Le Monestier et Le Monetier en 1911, hameau (Champfromier, Michaille, Ain).

Avec le suffixe diminutif -et :
Le Moutaret, Mostaret, Mosteret et Moyteret au XIIIème siècle, Mottaret au XVIIIème siècle, commune et village de Belledonne (Allevard, arrondissement de Grenoble, Isère).

Voir aussi Menestruel, Romainmôtier.


Monfrégy
Lieu-dit en forêt de la commune de Buix (District de Porrentruy, Jura), pourrait être un composé de mons et d´un anthroponyme germanique *Frigis, voir Fregiécourt.

Mongonod
Hameau de la commune de Sutrieu (Valromey, Ain), Mongonot et Montgonot en 1345, composé de mons et d´un patronyme Gonod, Gonot.

Mongrimoux
Mongrimoux ou Montgrimoux, Mont Grimoux, hameau de la commune de Feillens (Bresse, Ain), Montgrimont vers 1325 et en 1402, d´un nom de domaine d´origine gallo-romaine *Mons Grimonis composé de mons et d´un anthroponyme Grimonus, forme latinisée du germanique Grimmund, du germanique *grimma, « furieux, effroyable » et *mundi, « protection ».

Monible
Commune et village du district de Moutier (Jura bernois), Montnible en 1403, nom composé de Mont et d´un deuxième terme indéterminé, peut-être du latin nebula, « brouillard, nuage ».

Monlési
Alpage de la commune de Boveresse (District du Val-de-Travers, Neuchâtel), patois mon lési, « mon loisir », selon Jaccard, « [nom] donné au XVIIIème siècle par un propriétaire à ce domaine appelé antérieurement La Louva » ;
Glacière de Monlési, lieu-dit (Boveresse, district du Val-de-Travers, Neuchâtel).

Monnaie
La Monnaie, maison isolée de la commune de Bas-Vully, district du Lac (Fribourg), du latin munitum, « fortifié, défendu, protégé » [Aebischer].

Monnard, Monney, Monneyres
Patronymes issus du patois monnâ, latin molinarius, « meunier ».
Essert Monnard, maison isolée en clairière (Châtel-Saint-Denis, district de la Veveyse, Fribourg) ;
Pré Monney, maison isolée (Saint-Martin, district de la Veveyse, Fribourg).
Par féminisation du patronyme Monney :
Monneyres, lieu-dit (Denens, district de Morges, Vaud).


Monnaz
Probablement du nom d´une *Villa Mon[n]a, d´un patronyme gallo-romain Mon[n]us
Monnaz, Mona et Monna en 1213, Muna en 1221, commune et village (District de Morges, Vaud) ;
Monnaz, hameau (Marignier, Faucigny, Haute-Savoie).

Monod
Hameau de la commune de Poisy (Annecy, Haute-Savoie), patronyme, hypocoristique, avec le suffixe -od, par aphérèse de Simon.

Monpy
Monpy, lieu-dit en forêt, et Sous Monpy, alpage de la commune d´Enges (Neuchâtel), pourrait être un composé de Mont et de Puy (il y a un Crêt du Puy à proximité).

Mon Repos
Nom de domaine récent et fréquent. Voir Repos.
Mon Repos, parc public (Genève).

Monruz
Quartier de la ville de Neuchâtel, Monruz en 1220, Morruz en 1374, Montruz en 1463, Molrup et Molrupz en 1485, Monrup en 1526, composé de Mont et de Ruz, ruisseau.

Mons, Mont, Montagnat, Montagnayes, Montagne,
Montagnetta, Montagnette, Montagnole, Montagnon, Montagnoulaz,
Montagnoule, Montagnys, Montanare, Montaneire, Montaney,
Montaneys, Montanney, Mont Cenis, Mont-Cenis, Montegnattes,
Mont-la-Ville, Mont-le-Vieux, Monts, Mont-sur-Lausanne, Mont-sur-Rolle,
Mont-Tramelan
Sommet, pâturage d´été, alpage en pente, voir mons.
Forme latine mons ; on peut aussi penser à un nom de personne ou surnom *Montus qui serait à l´origine du gentilice Montius :
Mons, in villa Montis en 878, in villa de Monte et Villa que dicitur Montis en 1074-1096, Apud Monz en 1214, Apud Mons en 1272, Mansus del Mont en 1344, hameau (Replonges, Bresse, Ain) ;
Mons, In villa de Monte au XIIème siècle, hameau (Saint-Jean-sur-Reyssouze, Bresse, Ain) ;
Mons, in Monte en 885, Monz en 1299-1369, hameau (Saint-Trivier-sur-Moignans, Dombes, Ain) ;
Mons Fontaine, lieu-dit (Journans, Bresse, Ain).

Français mont :
Le Mont Cenis, hameau (La Chapelle-Blanche, Val Gelon, Savoie) ;
Mont de Collonges, alpage (District de Saint-Maurice, Valais) ;
Mont Dessus, hameau (Mont-sur-Rolle, district de Rolle, Vaud) ;
Mont-la-Ville, Monte villa en 1141, commune et village (District de Cossonay, Vaud) ;
Mont-le-Vieux, ruines d´ancien château édifé à la fin du XIIIème siècle et incendiée par les Suisses en 1475, nom attesté en 1388, pour le distinguer de Mont-le-Neuf (Essertines-sur-Rolle, district de Rolle, Vaud) ;
Le Mont-sur-Lausanne, Monte super Lausannam en 1237, commune et agglomération du district de Lausanne (Vaud) ;
Mont-sur-Rolle, vico sancte Mariae, que dicitur Castello mont en 996, Monte entre 994 et 1031, puis burgum de Montibus, Mont-le-Neuf et Mont-le-Grand, commune et village (District de Rolle, Vaud) ;
Mont-Tramelan, Montagnes de la paroisse de Tramelan en 1685, commune avec habitat dispersé (District de Courtelary, Jura bernois) ;
Le Gros Mont et le Petit Mont, pâturages, et Plan du Mont, alpage (Charmey, district de la Gruyère, Fribourg) ;
Les Gros Monts et Les Petits Monts, maisons isolées (Bulle, district de la Gruyère, Fribourg).

Ancienne acception du mot mont, « col » :
Mont-Cenis, per Montem Cinisium en 773, Montis Cilleni en 1168, ultra montem Celinum en 1324, col à 2082m entre la Maurienne (Savoie) et le Val de Suse (Piémont).

Français régional montagne, « propriété située sur les hauteurs où l´on conduit les troupeaux en alpage » [Constantin], voir le mot régional montagne :
Montagne, villa Montagnia in agro Leviacense au Xème siècle, commune et village de Chambaran (Saint-Marcellin, arrondissement de Grenoble, Isère) ;
La Montagne, alpage (Le Glèbe, district de la Sarine, Fribourg) ;
Montagne de Romont alpage, et Pâturage de la Montagne, pâturage (Romont, district de Courtelary, Jura bernois) ;
Montagne de l´Au, alpage (Tanay, Port-Valais, district de Monthey, Valais).

Alpage de basse altitude, avec le suffixe diminutif -ette, voir le mot régional montagnette :
La Montagnette, lieu-dit (Corserey, district de la Sarine, Fribourg).

Avec le suffixe diminutif patois -etta :
Montagnetta, alpage (Sarre, vallée d´Aoste) ;
La Montagnetta de Saint-Jean, pâturage (Saint-Jean, Val d´Anniviers, Valais).

Avec les suffixes diminutifs -ole, -oule ou la forme patoise -oulaz :
Montagnole, Montagnola en 1488, commune et village (Cognin, arrondissement de Chambéry, Savoie) ;
Montagnoulaz, Montagnuola sur la Carte IGC, alpage (Pré-Saint-Didier, vallée d´Aoste) ;
Montagnoulaz, hameau en clairière (La Salle, vallée d´Aoste) ;
Montagnoule, alpage (Vallée de la Thuile, vallée d´Aoste).

Avec le suffixe diminutif -on :
Montagnon, Montagnun en 1234, hameau (Leytron, district de Martigny, Valais).

Avec le suffixe diminutif jurasien -atte :
Les Montegnattes, collines boisées (Crémines, district de Moutier, Jura bernois).

Dérivés avec les suffixes collectifs -at, -aye, -ey, -y :
Le Montagnat, maisons isolées (Vallorbe, district d´Orbe, Vaud) ;
Torrent des Montagnayes, affluent du Buthier de Valpelline, dans la Comba des Montagnayes (Bionaz, vallée d´Aoste), nom monté au Col des Montagnayes, 2903m, et aux Pointes des Montagnayes, 3042m (Bionaz et Nus, vallée d´Aoste) ;
Les Montagnys, lieu-dit (Choulex, Genève) ;
Montaney, hameau (Billens-Hennens, district de la Glâne, Fribourg) ;
Montaneys, lieu-dit (Dommartin, district d´Echallens, Vaud) ;
Champ Montanney, maison isolée (Saint-Martin, district de la Veveyse, Fribourg) ;
Chemin en Montanney (Pompaples, district de Cossonay, Vaud).

Dérivés avec les suffixes collectifs -are, -eire :
Montanare, lieu-dit (Vuarrens, district d´Echallens, Vaud) ;
La Montaneire, maison isolée (Semsales, district de la Veveyse, Fribourg).

Voir aussi le diminutif Montet et les nombreux dérivés composés avec mont en préfixe ou en suffixe.


Monsieur
Le titre de Monsieur était donné à un homme issu de la noblesse.
Champ Monsieur, hameau (Neuchâtel) ;
Le Fahy Monsieur, forêt ayant appartenu au prince-évêque (Miécourt, district de Porrentruy, Jura) ;
Maison Monsieur, hameau, ancien péage sur le bord du Doubs construit en 1545 par Monsieur de Valengin, comte René de Challant (La Chaux-de-Fonds, Neuchâtel) ;
Pré Monsieur, hameau (Môtiers, district du Val-de-Travers, Neuchâtel) ;
Pré Monsieur, allusion au prince-évêque, lieu-dit (Alle, district de Porrentruy, Jura).

Monsmier
Nom français du village bernois de Müntschemier, district de Cerlier.

Monsteroux-Milieu, Montseveroux
Communes et villages voisins de la Bièvre (Beaurepaire, arrondissement de Vienne, Isère).
Monsteroux-Milieu, Mons subterior au XIème siècle, Montseterox au XIIIème siècle, Mons Susterior et Monsouterou au XVème siècle, « mont inférieur », 316m ;
Montseveroux, Mons superior en 975-993, « mont supérieur », 403m [Longnon].

Monstre
Le Monstre, bloc erratique au Montet (Bex, district d´Aigle, Vaud), par métaphore.

Mont
Par analogie, Mont est aussi utilisé pour désigner le « talus rapide qui du blanc-fond et du plateau sous-lacustre descend aux grandes profondeurs d´un lac » [Pierrehumbert] (le blanc-fond est la partie de la plate-forme d´abrasion lacustre qui se trouve près du bord).
Mont de l´Abbaye, dans le lac de Joux (L´Abbaye, district de la Vallée, Vaud).

Monta, Montage, Montancets, Montat, Montau,
Montaut, Montay, Montaz, Monte, Monteau,
Montée, Montées, Montelin, Montérel, Monteret,
Montes, Montés, Montet, Montey, Monthey,
Monthieu, Monthieux, Monthion, Monthouses, Monthoux,
Montiau, Montin, Montiou, Montis, Montitaz,
Montoie, Montois, Monton, Montons, Montoux,
Montoyes, Montoz, Montset, Montus, Mountet
Petit mont, colline, village situé sur une colline, ou endroit pentu, montée.
Français montée, « pente, voie par laquelle on gravit une éminence », forme féminine substantivée du participe passé de monter :
Monte Môle, lieu-dit sur le flanc du Môle (Saint-Jeoire, Faucigny, Haute-Savoie) ;
Les Montées, alpage (Château-d´Oex, Pays-d´Enhaut, Vaud) ;
Les Grandes Montées et Les Petites Montées, ressauts sur la voie du Mont Blanc par les Grands Mulets (Mont Blanc, Haute-Savoie) ;
Bois des Montés, forêt déclive (Le Petit-Bornand-les-Glières, Faucigny, Haute-Savoie).

Patois comtois montée, « escalier » :
Haut de la Montée, lieu-dit au-dessus des gorges du Doubs (Les Bois, district des Franches-Montagnes, Jura).

Ancien français montet, « petit mont », diminutif de Mont avec les suffixes -et -ey, et ancien français montel, « monticule » :
Montet, hameau sur une colline dominant le lac de Neuchâtel (Cudrefin, district d´Avenches, Vaud) ;
Montet, commune et village (District de la Glâne, Fribourg) ;
Montet, Montel en 1184, Monz en 1215-1219, Montez en 1223, Monteils en 1266, Montils en 1275, village et ancienne commune (Les Montets, district de la Broye, Fribourg) ;
Le Montet, Monthey en 1792, colline, 688m (Bex, district d´Aigle, Vaud) ;
Le Montet, Montel en 1250, hameau (Montluel, Dombes, Ain) ;
Le Montet, Monteil en 1436, maison isolée (Tossiat, Bresse, Ain) ;
Les Montets, nouvelle commune fribourgeoise du district de la Broye, qui regroupe les anciennes communes d´Aumont, de Frasses, de Granges-de-Vesin et de Montet ;
Les Montets, Le Monteys en 1416, Les Monteis en 1439, hameau (Cormoz, Bresse, Ain) ;
Aiguille des Grands Montets, 3297m, Col des Grands Montets, 3233m, et Glacier des Grands Montets (Argentière, vallée de Chamonix, Haute-Savoie) ;
Le Montey, maisons isolées (Nattages, Bugey, Ain) ;
Monthey, Montheil au XIIème siècle, Montez en 1215, Monteyz en 1233, Monteys en 1239, Montelz en 1267, Montetz en 1290, Montey en 1409, nom latin Mont[h]eolum dans les chartes, nommé d´après le petit mont sur lequel se trouvait l´ancien Château-Vieux ou Château de la Motte, ville, commune et district (Valais) ;
Monthey du Bas et Monthey du Haut, hameaux (Le Landeron, Neuchâtel) ;
Monthieu, pâturage, Cheminée de Monthieu, passage difficile, nom monté au Col de Monthieu, 2251m, et à la Tête de Monthieu, 2479m (Flaine, Grand Massif, Faucigny, Haute-Savoie) ;
Pas de Monthieu, passage délicat (Sallanches, Haut-Faucigny, Haute-Savoie) ;
Monthieux, Montel en 1225, Monteu en 1234, Monteux en 1271, Monteouz en 1299-1369, commune et village de la Dombes (Villars-les-Dombes, arrondissement de Bourg-en-Bresse, Ain) ;
Ravin de Monthieux, couloir (Passy, Haut-Faucigny, Haute-Savoie).

Probablement une variante patoise de montet :
Montitaz, hameau (Val Ferret, vallée d´Aoste).

Ancien français montelet, « petit monticule », par rhotacisme :
Monteret, maisons isolées en clairière (Saint-Cergue, district de Nyon, Vaud) ;
Monteret, lieu-dit(Etroubles, vallée d´Aoste).

Diminutif avec le suffixe -in :
En Montelin, hameau (Apples, district d´Aubonne, Vaud).

Ancien français montoi, « colline » :
La Montoie, colline boisée (Cornol, district de Porrentruy, Jura) ;
Avenue de Montoie, d´un ancien lieu-dit (Ville de Lausanne, Vaud) ;
Le Montois, maisons isolées (Undervelier, district de Delémont, Jura) ;
Les Montoyes, lieu-dit (Boécourt, district de Delémont, Jura).

Ancien français monte, « montée, montagne », que l´on retrouve dans le Jura :
Côte des Montes, forêt déclive au bord du Doubs (Soubey, district des Franches-Montagnes, Jura) ;
Vieilles Montes, forêt déclive (Courchavon, district de Porrentruy, Jura).

Formes patoises valaisannes et valdôtaines :
La Monta, La Munta en 1267, hameau (Arolla, Evolène, district d´Hérens, Valais) ;
La Montau (Charrat, district de Martigny, Valais) ;
Bec de la Montau, sommet, 2921m (Nendaz, district de Conthey, et Hérémence, district d´Hérens, Valais) ;
Montay, pâturage, et Glacier de Montay (Ferpècle, Evolène, district d´Hérens, Valais) ;
Monteau, alpage (Breuil, Valtournenche, vallée d´Aoste) ;
Couloir des Montis, lieu-dit (Fionnay, Bagnes, district d´Entremont, Valais) ;
Les Montons, sommet, 2569m, Gros Monton, sommet, 2332m Petit Monton, sommet, 2161m (Sénin, Savièse, district de Sion, Valais).

Forme patoise savoyarde :
Montaut lieu-dit en forêt (Les Clefs, Bornes, Haute-Savoie).

Avec le suffixe diminutif -et :
Montset, lieu-dit (Hérémence, district d´Hérens, Valais) ;
Petit Mountet, lieu-dit, 2142m, nom monté au Glacier du Mountet, au Col du Mountet 3658m, et à la Pointe du Mountet, 3877m (Zinal, Val d´Anniviers, Valais).

Diminutif du vieux français montant, « lieu en pente » avec le suffixe -et :
Les Montancets, lieu-dit (Essertines-sur-Rolle, district de Rolle, Vaud).

Diminutif avec le suffixe -in :
Montin, petite colline (Vullierens, district de Morges, Vaud).

Diminutif avec le suffixe -el :
Montérel, Montéral en 1400, pâturage (Vallon de l´Hongrin, Villeneuve, district d´Aigle, Vaud).

Diminutif avec le suffixe -on :
Monthion, Montyo au XIVème siècle, anciennement aussi Montion et Monthyon, commune et village de la Combe de Savoie (Albertville-Sud, arrondissement d´Albertville, Savoie) ;
Monthion, lieu-dit (Mont-sur-Rolle, district de Rolle, Vaud).

Diminutif avec le suffixe -au :
Montiau, lieu-dit (Château-d´Oex, Pays-d´Enhaut, Vaud).

Avec le suffixe -oux, du latin montosus, « montagneux, montueux » :
Haut Monthoux, sur la colline, et Bas Monthoux, au bas de cette colline, villages de l´ancienne commune de Monthoux, rattachée à Vétraz en 1818 pour former la commune de Vétraz-Monthoux, castrum de Monteuz en 1279, Montheolum en 1287, Monthouz en 1309, Cura de Monthouz vers 1344, Montou en 1355 (Vétraz-Monthoux, Annemasse, Haute-Savoie) ;
Monthoux, lieu-dit (Meyrin, Genève) ;
Monthoux, hameau (Troinex, Genève) ;
Les Montioux, Le Montiou en 1911, hameau (Ramasse, Revermont, Ain) ;
Les Montioux, lieu-dit (Villereversure, Revermont, Ain) ;
Montoux, hameau (Domsure, Bresse, Ain) ;
Montoux, hameau (La Thuile, Bauges, Savoie) ;
Le Montoux, maisons isolées (Belley, Bugey, Ain).

Par féminisation, probablement un propriété de l´ancienne commune de Monyhoux :
Les Monthouses, quartier (Annemasse, Faucigny, Haute-Savoie).

Autres dérivés :
La Montage, lieu-dit (Cornol, district de Porrentruy, Jura) ;
La Montat, maison isolée (Sugnens, district d´Echallens, Vaud) ;
La Montaz, alpage (Les Contamines-Montjoie, Val Montjoie, Haute-Savoie) ;
Montoz, aussi Monto en 1906, grand pâturage, et Envers de Montoz, forêt déclive (Court, district de Moutier, Jura bernois) ;
Montoz, lieu-dit (La Heutte, district de Courtelary, Jura bernois) ;
Les Montus, alpage et forêt (Rochefort, district de Boudry, Neuchâtel).

Voir aussi Monnat.


Montabliet, Montadiu, Montalangin, Montarquis, Montasson,
Montbarry, Montbréji, Montcherand, Montébard, Montéman,
Montena, Montengillié, Montépoirgeat, Monternau, Monterrebout,
Monterschu, Montessau, Montessy, Montgènaux, Montigon,
Montisbrand, Montisel, Montivert, Montorbé, Montorbon,
Montrallat, Montrenaz, Montrouble
Toponymes composés de Mont et d´un deuxième terme indéterminé, en général un anthroponyme.
Montabliet, colline boisée, 873m (Châtel-Saint-Denis, district de la Veveyse, Fribourg) ;
Pâturage de Montadiu et Côte de Montadiu, lieux-dits (Souboz, district de Moutier, Jura bernois) ;
Montalangin, colline boisée (Bulle, district de la Gruyère, Fribourg) ;
Montarquis, pâturage, et Grotte de Montarquis, lieu-dit (Le Reposoir, Bornes-Aravis, Haute-Savoie) ;
Montasson, maisons isolées (Russy, district de la Broye, Fribourg) ;
Montbarry, hameau (Le Pâquier, district de la Gruyère, Fribourg) ;
Montbréji, lieu-dit en forêt (Asuel, district de Porrentruy, Jura) ;
Montcherand, Montcherant en 1324, Moncherant en 1453, commune et village (District d´Orbe, Vaud) ;
Montena ou Montenâ, lieu-dit et zône industrielle (Rossens, district de la Sarine, Fribourg) ;
Montébard, maison isolée en clairière (Morillon, Faucigny, Haute-Savoie) ;
Montéman, lieu-dit (Fétigny, district de la Broye, Fribourg) ;
Montengillié, lieu-dit (Estavayer-le-Lac, district de la Broye, Fribourg) ;
Montépoirgeat, forêt (Undervelier, district de Delémont, Jura) ;
Bois de Monternau, forêt (Arconciel, district de la Sarine, Fribourg) ;
Monterrebout, alpage (Lullin, Chablais, Haute-Savoie) ;
Monterschu, Moncorsum en 1231, Montcorsu au XIIIème siècle, Monterschün en 1363, Monterson en 1423, Monterschon en 1436, hameau, ancienne commune, et Monterschuwald, forêt, avec l´allemand Wald, « forêt » (Cormondes, district du Lac, Fribourg) ;
Montessau, lieu-dit en forêt (Saint-Gingolph, district de Monthey, Valais) ;
Bois de Montessy, lieu-dit (Yvonand, district d´Yverdon, Vaud) ;
Montgènaux, lieu-dit (Boncourt, district de Porrentruy, Jura) ;
Montigon, lieu-dit (Molondin, district d´Yverdon, Vaud) ;
Montisbrand, hameau (Les Clefs, Bornes, Haute-Savoie) ;
Montisel, hameau (La Roche-sur-Foron, Faucigny, Haute-Savoie) ;
Montivert, colline (Marly, district de la Sarine, Fribourg) ;
Montorbé, lieu-dit en forêt (Coeuve, district de Porrentruy, Jura) ;
Montorbon, sommet, 2483m (Conthey, Valais) ;
Montrallat, lieu-dit (Boécourt, district de Delémont, Jura) ;
Montrenaz, hameau (Saint-Jeoire, Faucigny, Haute-Savoie) ;
Montrouble, faubourg (Granges-près-Marnand, district de Payerne, Vaud).

Montadon
Le Montadon, alpage de la commune de Château-d´Oex (Pays-d´Enhaut, Vaud), soit du vieux français montant, « lieu en pente », soit d´un patronyme Montadon, variante plus rare de Montandon, de même origine.

Montadzou
Alpage de la commune de Rougemont (District du Pays-d´Enhaut, Vaud), probablement un composé de Mont, et dzou, forme patoise de Jeur, voir Dzeu.

Montagibert
Quartier de la ville de Lausanne, Monte Girbert en 1238, Montegiber en 1475, de l´anthroponyme germanique *Gerbert, « brillant par la lance », ancien haut allemand gêr, « lance, javelot », et beraht, « brillant, renommé ». C´estprobablement le mons Gusberti de 1140 mentionné par Martignier, et que celui-ci attribue au Chalet à Gobet.

Montagnat, Montagneux, Montagnier, Montagnieu, Montagny,
Montagny-la-Ville, Montagny-le-Corboz, Montagny-les-Lanches, Montagny-les-Monts, Montagny-près-Yverdon,
Montana, Montanay, Montanet, Montignez
Dérivés de noms de domaines gallo-romains issus du nom propre Montanius, Montanus, de l´adjectif montanus, « de la montagne, montagnard ».
D´un primitif *[villa] Montana, par féminisation du cognomen Montanus :
Montana, commune et station de sport, et Montana-Village, village (District de Sierre, Valais).

D´un primitif *[fundus] Montanus :
Montagnieu, Montanensi au Xème siècle, ecclesia Montagniaci au XIIIème siècle, Montagneu au XIVème siècle, commune et village, et Montagnieule Bas, hameau dans la même commune (Arrondissement de la Tour-du-Pin, Isère).

D´un primitif *[praedium] Montaniacum, dérivé avec le suffixe -acum du gentilice Montanius :
Montagnat, Villa Muntaniacus en 1013, Montannyes en 1250, Montaignia en 1256, Montagnia vers 1335, Monteignia vers 1365, Montagniacus en 1436, etc., commune et village de la Bresse (Arrondissement de Bourg-en-Bresse, Ain) ;
Montagnat, In villa Montaniaco en 994, Montagnie en 1230, Montagnac sur la Carte de Cassini, et Le Moulin de Montagnat, maisons isolées (Feillens, Bresse, Ain) ;
Montagnat, Mansus de Montanie en 1230, Montaigniacus et Montagnia en 1443, etc., maisons isolées (Saint-Jean-sur-Veyle, Bresse, Ain) ;
Montagneux, Villa Montaniacus et in villa Montaniaco en 944, de Montagniaco en 1187, Montaigneu en 1238, Montaigniacus en 1244, Montaneus vers 1250, Montagniacus en 1299-1369, Montagneu en 1324, etc., ancienne commune, hameau, et Bas Montagneux, hameau (Saint-Trivier-sur-Moignans, Dombes, Ain) ;
Montagnier, Montagnié en 1269, Montagni en 1374, Montagnyez en 1377, village (Bagnes, district d´Entremont, Valais) ;
Montagnieu, Montanneu en 1220, Montaigniacus en 1429, Ecclesia Sancti Desiderii Montagniaci en 1587, etc., commune et village du Bugey (Lhuis, arrondissement de Belley, Ain) ;
Montagnieu, Montagniacum au XIIème siècle, Montaigneu et de Montanneu au XIIIème siècle, villa de Montagneu au XIVème siècle, hameau (Soleymieu, L´Isle-Crémieu, Isère) ;
Montagnieu, lieu-dit (Saint-Baudille-de-la-Tour, L´Isle-Crémieu, Isère) ;
Montagnieux, Montanieu au XVème siècle, Montagnieu au XVIIIème siècle, hameau (La Frette, Bièvre, Isère) ;
Montagny, commune et village de la Tarentaise (Bozel, arrondissement d´Albertville, Savoie) ;
Montagny, commune issue de la fusion des anciennes communes de Montagny-la-Ville, Montagny-les-Monts et Mannens-Grandsivaz (District de la Broye, Fribourg) ;
Montagny, in Montaniaco en 991-1025, Montagnie en 1212, de Montania en 1225, hameau (Cranves-Sales, Annemasse, Haute-Savoie) ;
Sous Montagny, lieu-dit (Montagny, district de la Broye, Fribourg) ;
Montagny-la-Ville, Montaniacus, Montagniacus, Montaniei et Montanie au XIIème siècle, montagnie li villa et montagnye en 1320, montagniacum la villa en 1403, Montagnie et Montagni en 1668, nom allemand actuel Montenach-Stadt, Montenach en 1477, village et ancienne commune (Montagny, district de la Broye, Fribourg) ;
Montagny-le-Corboz, ancienne citadelle, peut-être Montagniacus curtis en 1009, Montanie en 1228, Montagny-le-Corbe en 1867 (Valeyres-sous-Montagny, district d´Yverdon, Vaud) ;
Montagny-les-Lanches, Montagny jusqu´en 1935, commune et village (Seynod, arrondissement d´Annecy, Haute-Savoie) ;
Montagny-les-Monts, Castrum Montaniacum en 1146, Montagnye le Mont en 1480, nom allemand Montenach-Berg et Ober Montenach en 1578, village et ancienne commune (Montagny, district de la Broye, Fribourg) ;
Montagny-près-Yverdon, in villa Montaniaco en 995-996, Montagniaco en 1149, Montagniei en 1174, Montaigny le Courbe en 1397, commune et village (District d´Yverdon, Vaud) ;
Montignez, Montaniaco en 731, Mont Teignei et Montignei en 1170, Montaignie en 1181, Muntiniacum en 1187, Montegnez en 1189, Montaigny en 1346, commune et village (District de Porrentruy, Jura).

D´un primitif Montanesium, dérivé avec un suffixe -eisium, -esium peut-être gaulois du cognomen Montanus :
Montanay, Ecclesia Sancti Petri in Montaneisio sita en 971, Montanesium en 1173, Montaneys et Montaneiz en 1201, Montaneis en 1225, Montaney en 1536, village et commune rattachée au département du Rhône en 1967 ;
Montanet, Montaneys en 1187, apud Montaneis en 1223, Montaney en 1443, Montanay en 1670, hameau (Perrex, Bresse, Ain).


Montagnère
La Montagnère, maison isolée de la commune de Saint-Sixt (Faucigny, Haute-Savoie), par féminisation d´un patronyme Montagner attesté.

Montagnyres, Montanaire, Montaneyre
Lieu montagneux, bosselé, d´un adjectif patois signifiant « montagneux », adjectifs anciens français montanier, « de montagne », et montenaire, « habitant des montagnes ».
Les Montagnyres, hameau (Mieussy, Faucigny, Haute-Savoie) ;
Montanaire (Bussy, district de la Broye, Fribourg) ;
Montaneyre, lieu-dit (Oppens, district d´Yverdon, Vaud).

Montaigre
Bois de Montaigre, forêt déclive de la commune de Courtedoux, district de Porrentruy (Jura), du latin montem acrem, « mont aigu », voir Aigremont.

Montaigu
Montagne pointue, de Mont, et aigu, latin acutum, « aigu, pointu ».
Montaigu, lieu-dit en forêt (Chevenez, district de Porrentruy, Jura).

Montailleur
Commune et village de la Combe de Savoie (Grésy-sur-Isère, arrondissement d´Albertville, Savoie), Mantala sur la Table de Peutinger, montelos vers 1100, monteloso en 1216, Montilliosium en 1488, Montalieur et Montalieu au XIXème siècle. Du gaulois *mantalo, « chemin, voie, route ».

Montailloux
Nom composé de Mont, et d´un patronyme de même origine que Ailloud.
Montailloux, lieu-dit en forêt (Giez, Pays de Faverges, Haute-Savoie) ;
Montailloux, forêt (Présilly, Genevois, Haute-Savoie) ;
Montailloux-de-Bise et Montailloux-de-Vent, Apud Montem Alliodum en 1455, Apud Montem Alliodi en 1504, Montaliou en 1670, hameaux (Corbonod, Bugey, Ain).

Montalapiat
Hameau de la commune de Curciat-Dongalon (Bresse, Ain), Le Mont a la piaz en 1439, Montalapiaz en 1911, avec le patois piaz, « pie », voir Pie, à moins que ce soit un « mont à lapiaz ».

Montalchez
Commune et village neuchâtelois du district de Boudry, villa de Montallichie[z] en 1340, Montalechiez en 1398, Montalleschiez en 1432, Montaleschiez en 1487. Ce nom pourrait venir de mons et du nom romain Allicus.

Montalègre, Montaliègre
Paraît dériver de Mont, et de l´ancien français alegre, « allègre, gai », latin vulgaire *alacrus, *alecrus, latin alacer, alacris, « vif, prompt, leste, agile ».
Montalègre, lieu-dit (Cologny, Genève) ;
Montaliègre, Montalègre sur la Carte de Cassini, maisons isolées (Servignat, Bresse, Ain).

Montalieu
Montalieu, Mons Alluerium et Mons Aloer au XIIIème siècle, aussi Mons Alodium, latin allodium, voir alleu, hameau (Saint-Vincent-de-Mercuze, Grésivaudan, Isère).
Probablement de même origine :
Montalieu, Montallieu au XIIIème siècle, Monteailleu au XIVème siècle, village, chef-lieu de la commune de L´Isle-Crémieu de Montalieu-Vercieu (Morestel, arrondissement de la Tour-du-Pin, Isère).


Montanay
Forêt de Montanay, lieu-dit de Bruson (Bagnes, district d´Entremont, Valais), serait selon Bossard le patronyme d´un ancien propriétaire.

Montandrey
Hameau de Villars-le-Terroir, district d´Echallens (Vaud), anciennement terra sancti Andreae ou Terre de saint André, devenu Montandre en 1218, Montendrey en 1867.

Montangelier
Maison isolée en forêt de la commune de Faverges (Haute-Savoie), composé de Mont et d´un patronyme Angelier, de l´anthroponyme germanique *Angelhari, ancien haut allemand angul, « crochet », et hari, « guerrier ».

Montanges
Commune et village de la Michaille (Bellegarde-sur-Valserine, arrondissement de Nantua, Ain), De Montangio en 1299-1369, Montange en 1670, composé de Mont et d´un patronyme comme Angius.

Montanière
La Montanière, hameau de la commune de Montluel (Dombes, Ain), par féminisation d´un patronyme Montanier attesté.

Montant
Hameau de la commune de Genolier, district de Nyon (Vaud), Montez en 1195, Monteins en 1243, Montens en 1867, probablement un nom d´origine burgonde issu de l´anthroponyme germanique *Munt ou *Mundo.

Montaplan
Probablement une combinaison de Monta, et Plan, surface plane sur une montée ou une élévation.
Montaplan, maison isolée (Monthieux, Dombes, Ain) ;
Montaplan, maison isolée (Montluel, Dombes, Ain).

Montauban, Monterban
Du latin montem albanum, de mons et du cognomen Albanus.
Montauban, hameau (Constantine, district d´Avenches, Vaud) ;
Montauban, maisons isolées en clairière (Cranves-Sales, Annemasse, Haute-Savoie) ;
Monterban, aussi Montalban, maison isolée [Aebischer] (Semsales, district de la Veveyse, Fribourg) ;
Bois de Monterban, forêt (Hauterive, district de la Sarine, Fribourg) ;
Combe de Monterban, alpage (Le Locle, Neuchâtel).

Montaubert, Mont Aubert
De Mont et d´un anthroponyme Aubert, voir Auberson.
Montaubert, hameau (Corminboeuf, district de la Sarine, Fribourg) ;
Montaubert, hameau (Serraval, Bornes, Haute-Savoie) ;
Sur Montaubert, lieu-dit (Saint-Barthélemy, district d´Echallens, Vaud) ;
Mont Aubert, sommet du Jura (Concise, district de Grandson, Vaud).

Montaubion
Hameau de la commune de Montaubion-Chardonney (District de Moudon, Vaud), in monte Albeonis vers 1200, Montalbium en 1223, in monte Albionis vers 1230, Montoubyun au XIIIème siècle, de mons et du nom latin Albion.

Montaud
Commune et village du Pays voironnais (Tullins, arrondissement de Grenoble, Isère), Mons Altus, « mont haut » au XIVème siècle, Montaux au XVIème siècle, Montauld au XVIIème siècle, de Mont et du franco-provençal yau, « haut » [Nègre 1990].

Montavaux
Hameau de la commune d´Orges (District d´Yverdon, Vaud), composé de Mont et Avaux.

Montavon
De mons et d´un anthroponyme germanique *Tado [Prongué]. C´est aussi un patronyme.
Montavon, Montaun en 1330, village (Boécourt, district de Delémont, Jura) ;
Montavon, peut-être par transfert, maisons isolées (Réclère, district de Porrentruy, Jura).

Montbach
Klein Montbach, cours d´eau de la commune de Bellegarde (District de la Gruyère, Fribourg), affluent de la Jogne, nom hybride composé de Mont et de l´allemand klein, « petit », et Bach, « ruisseau ».

Mont Bally
Mont Bally, maison isolée de la commune de Gimel, district d´Aubonne (Vaud), composé de Mont et d´un patronyme Bally dérivé de bailli.

Montban
Forêt de la commune de Farvagny, district de la Sarine (Fribourg), composé de Mont et de Ban.

Montbas
Montbas Dessous et Montbas Dessus, lieux-dits, et Forêt de Montbas, commune de Conthey (Valais), probablement pour un sommet peu proéminent.

Montbautier
Sous Montbautier, hameau, Sur Montbautier et Montbautier sur Chaindon, maisons isolées, et Forêt de Montbautier, commune de Saicourt (District de Moutier, Jura bernois), composé de Mont et d´un patronyme Bautier, variante de Baudier, de l´anthroponyme germanique Baldhari, ancien haut allemand bald, « audacieux », et hari, « guerrier ».

Montbeauchon
Dô Montbeauchon, maison isolée de la commune de Lajoux (District des Franches-Montagnes, Jura), composé de Mont et d´un patronyme français Beauchon rare.

Montbellard
Lieu-dit des communes de Corserey (District de la Sarine) et Torny (District de la Glâne, Fribourg), Montbelley en 1906 et sur la Carte Nationale, composé de Mont et d´un second terme peut-être de même origine que Belley dans l´Ain.

Montbenay
Lieu-dit de la commune de Mont-sur-Rolle, district de Rolle (Vaud), Mont-Beney en 1867, dont le nom, qui vient de l´abbaye de Montbenoît en Bourgogne qui possédait des dîmes dans la région, signifie « mont béni » ou « mont de Benoît ».

Montbenon
Quartier de la ville de Lausanne (Vaud), Monbennon en 1233, Montbenun en 1238, Mombennon en 1259, Montbenon en 1533, composé de Mont et d´un anthroponyme germanique Benno.

Montbéranger
Hameau de la commune du Châtel (Maurienne, Savoie), in monte Berengier et in monte Berengerio en 1189, Mont Bérenger en 1935, composé de mont et du patronyme Bérenger.

Montbion
Composé de mons et d´un dérivé de l´anthroponyme germanique *Bionis, voir Bion.
Montbion, maisons isolées, et Côte de Montbion, forêt déclive (Epiquerez, district des Franches-Montagnes, Jura) ;
Montbion, lieu-dit (Bure, district de Porrentruy, Jura).

Montblesson
Lieu-dit de la commune de Lausanne (Vaud), Vaultblesson à la fin du XVIème siècle, aussi Montbliesson en 1867, nom composé de mont et blesson, nom de la poire à rissole. « Son nom lui vient des poiriers sauvages qui croissaient dans la localité » [Martignier]. Pour Bossard cette hypothèse est difficilement soutenable.

Montbonnot-Saint-Martin
Commune et village du Pays grenoblois (Saint-Ismier, arrondissement de Grenoble, Isère), nés en 1851 de la fusion de Saint-Martin-de-Miséré et de Montbonnot, ecclesia Montis Bonoldi au XIème siècle, Monte Bonni au XIIème siècle, chassiania castri de Monte-Bonalde, Montis Bonaldi, Montbonot et mandamentum Montis Boneti au XIVème siècle, avec un anthroponyme germanique *Bonold.

Montborjet
Composé de mont et Borjet.
Montborjet, maisons isolées (Vuisternens-devant-Romont, district de la Glâne, Fribourg) ;
Petit Montborjet, lotissement (Giez, district de Grandson, Vaud).

Montbovats
Les Montbovats, Les Montbovats Dessous et Les Montbovats Dessus, pâturages avec maisons isolées de la commune de Montfaucon (District des Franches-Montagnes, Jura), Montem boveti en 1210, Montbova en 1436, composé de mont et du patois bovat, « jeune boeuf », ou patronyme Bovat, voir Bouvet.

Montbovon
Ancienne commune et village (Haut-Intyamon, district de la Gruyère, Fribourg), dont le nom, Montebovonis et Mons bovonis attesté dès 1255, a été mentionné comme Montbovonis, Montisbovonis, Monbovon, Mons Bovum, Mons Bovarium, Mont Bovon, etc., mais il semble bien que la véritable origine soit « Mont de Bovon », c´est-à-dire la montagne d´un propriétaire dénommé Bovon, nom de famille connu dans la Gruyère au XIIème siècle, de l´anthroponyme germanique Bovo, issu du germanique *bôban, « jeune garçon ». Le nom allemand de ce village, Bubenberg et Boemberg en 1492, signifie justement « montagne du jeune garçon ».

Montbrelloz
Village fribourgeois de la commune de Vernay (District de la Broye, Fribourg), ancienne commune, Mons brenlos en 1228 Mons Bralou en 1256, Montbrelo en 1325, Montbrenlo en 1343, Montbreloz en 1453, composé de mons, « colline », et d´un anthroponyme indéterminé. L´hypothèse de Dauzat, selon lesquels le second terme dériverait du latin berula, « berle, cresson des fontaine », voir Berlai, ne peut expliquer les formes anciennes Brenlos, etc.

Montbreux
Maison isolée de la commune de Charmoille (District de Porrentruy, Jura), nom composé de Mont et Breux.

Montbreyzieu
Hameau de la commune de Contrevoz (Bugey, Ain), Montbreysieu en 1354, Montbraysieu en 1359, Apud Montbreysiacum et Montbreysiou en 1385, Apud Montembrisiacum en 1433, composé de mons et d´un nom de domaine d´origine gallo-romaine *Brasiacum, dérivé avec le suffixe -acum du gentilice Brasius.

Montbriant
Château de Montbriant (Messimy-sur-Saône, Dombes, Ain), Montbrian en 1756, Montbriant sur la Carte de Cassini, Montbrillant en 1841, Montbriand en 1911, Château de Montbrian sur la Carte IGN, composé de mons et d´un nom de personne Brian, peut-être dérivé du théonyme gaulois *Brennos.

Montbrillant
Composé de Mont et du français brillant, du verbe briller, italien brillare, « s´agiter, se distinguer, resplendir », toponyme récent.
Montbrillant, maison isolée (Bière, district d´Aubonne, Vaud).

Montbrion
Alpage de la commune de Blonay (District de Vevey, Vaud), composé de Mont et Brion.

Montburon
Composé de Mont et de Buron, « hutte de berger, cabane ».
Montburon, Montbuyron en 1344, Montbouyron en 1376, Montburon en 1536, Montboyron en 1650, (Confrançon, Bresse, Ain) ;
Montburon, lieu-dit (Saint-Cyr-Sur-Menthon, Bresse, Ain).

Montcalia
Lieu-dit de la commune de Bulle, district de la Gruyère (Fribourg), probablement composé de Mont et d´un élément calia dérivé du gaulois *caljo, « pierre », voir Caille.

Mont Calme
Grand Mont Calme, 3205m, et Petit Mont Calme, 3220m, sommets (Nendaz, district de Conthey, et Hérémence, district d´Hérens, Valais), probablement du gaulois calmis, car il n´y a pas de raison que ces monts soient plus calmes que d´autres.

Montcarra
Commune et village des Balmes Dauphinoises (Arrondissement de la Tour-du-Pin, Isère), Moncara, iter de Monte Cadrato et homines de Monte Carato et Montequadrato au XVème siècle, Montcaras au XVIème siècle, de Mont et de l´adjectif franco-provençal karra, « carré » [Nègre 1990], et Château de Montcarra, domus fortis Montis Cadrati au XIVème siècle, domus fortis Montis Quadrati au XVème siècle, dans la commune voisine de Saint-Chef.

Montcenez
Gros Montcenez et Petit Montcenez, maisons isolées de la commune de Montfaucon (District des Franches-Montagnes, Jura), probablement de Mont et d´un dérivé du patois jurassien senneu, voir Seineu.

Mont César
Sommet de la commune de Bernex (Chablais, Haute-Savoie), 1548m, avec un prénom ou patronyme César.

Montchaboud
Commune et village du Pays grenoblois (Vizille, arrondissement de Grenoble, Isère), Mons Chaboudus au XIVème siècle, avec un patronyme Chaboud.

Montchaibeux
Lieu-dit et petite montagne (627m) de la commune jurassienne de Courrendlin, district de Delémont, peut-être un ancien oppidum, appelés aussi Mont-Chaibeux et Mont Chaibeut en 1906, nom qui vient peut-être du latin montem capitosum de capus, capitis, « tête », et signifierait « monticule élevé », ou du patois mont tchaibie, « mont qui a été essarté », voir Chaibiat.

Montchalon, Mont Chalon
De Mont et d´un diminutif de Chal, avec le suffixe -on.
Montchalon, aussi Montchallon, hameau (Château-d´Oex, Pays-d´Enhaut, Vaud) ;
Mont Chalon, colline, 1056m, lotissement (Thollon-les-Mémises, Chablais, Haute-Savoie).

Montcharvin
Lieu-dit en forêt de la commune de Talloires (Bornes, Haute-Savoie), nom composé de Mont et du patronyme Charvin.

Mont Châtain
Lieu-dit de la commune des Verrières (District du Val-de-Travers, Neuchâtel), peut-être en raison de sa couleur, adjectif dérivé de châtaigne, voir Chatagne.

Mont Chaubert
Mont Chaubert, maison isolée de la commune de Saint-George, district d´Aubonne (Vaud), composé de Mont et d´un patronyme Chaubert dérivé de l´ancien prénom germanique *Carobehrt, « soucieux de briller », germanique *berhta, « brillant, célèbre ».

Montchaverin
Colline de la commune de Rocourt, district de Porrentruy (Jura), de mons et d´un nom peut-être dérivé du latin calvus, « chauve » [Prongué].

Montchemin
Montchemin, lieu-dit en forêt de la commune de Courrendlin et Sur Montchemin, lieu-dit de la commune de Rebeuvelier (District de Delémont, Jura), composé de Mont et Chemin selon Prongué.

Montchervet
Signifie probablement « Colline chauve », de mons et chervet, voir Chervette.
Montchervet (Puidoux, district de Lavaux, Vaud).

Mont Chétif
Sommet au-dessus de Courmayeur (Vallée d´Aoste), 2343m, anciennement Mons Captivus, Mont Cheity, en raison des esclaves captifs qui travaillaient dans les mines à son pied, voir Bois-Chétif.

Mont Choisi, Montchoisy, Mont Choisy
Composé de Mont et de Choisi, Choisy.
Mont Choisi, maison isolée (Begnins, district de Nyon, Vaud) ;
Montchoisy, quartier aux Eaux-Vives (Genève) ;
Mont Choisy, lieu-dit (Jongny, district de Vevey, Vaud).

Mont Clergeon, Montclergeon
Composé de Mont et du patronyme Clergeon, diminutif de Clerc.
Mont Clergeon, 1025m (Moye, Albanais, Savoie) ;
Montclergeon, hameau (Moye, Albanais, et Ruffieux, Chautagne, Savoie).

Montcorvé
Maisons isolées de la commune de Valpelline (Vallée d´Aoste), composé de Mont, et de l´adjectif ancien français corve, « courbe », éventuellement par un patronyme.

Montcoutant
Montcoutant ou Mont Coutant, hameau de la commune de Passy (Haut-Faucigny, Haute-Savoie), composé de Mont et du patronyme Coutant, variante de Constant.

Montcovets
Les Montcovets, lieu-dit de la commune de Courtemaîche, district de Porrentruy (Jura), composé de mons, et Covet, ce dernier terme étant peut-être un allusion au village de Coeuve voisin [Prongué].

Montcroix
Montcroix ou Mont-Croix, lieu-dit de la commune de Delémont (Jura), serait selon Prince un ancien *Mont Crût, du patois crût, « montée, crêt », variante de Crât.

Montcul
Hameau de la commune de Colombier-Saugnieu (Rhône, Isère jusqu´en 1971), Montcuc au XIIème siècle, Montcu, Montecuto et Montequto au XIVème siècle, composé de Mont et de la racine romane *cuc-, « butte, sommet », voir Cuchat, avec attraction du français cul.

Mont Dar
Maison isolée de la commune des Hauts-Geneveys (District du Val-de-Ruz, Neuchâtel), où dar pourrait être une forme contractée de Darray, « derrière », ou, moins probable, de darbel, « jeune sapin ». Le toponyme Dar, « cascade », est certainement exclus.

Mont-de-Lans
Commune et village de l´Oisans (Le Bourg d´Oisans, arrondissement de Grenoble, Isère), ecclesia de Lento au XIème siècle, Lent au XIIème siècle, Lentus villa au XIVème siècle, Mont de Lent au XVIème siècle, Montdelens sans date, d´un nom de domaine d´origine gallo-romaine [fundus] Lentius, avec le gentilice Lentius ;
L´Alpe de Mont-de-Lans, partie de la station sportive des Deux Alpes, dans la même commune ;
Glacier de Mont-de-Lans ou Glacier de Mantel (Saint-Christophe-en-Oisans, Oisans, Isère).

Montdesert, Montdésert
Composé de Mont et de Désert.
Montdesert, maisons isolées (Marsonnas, Bresse, Ain) ;
Montdésert, Apud Montem Desertum en 1439, hameau (Curciat-Dongalon, Bresse, Ain) ;
Montdésert, ruine (Villemotier, Bresse, Ain).

Montdidier
Sous Montdidier, lieu-dit de la commune de Corveissiat (Revermont, Ain) composé de Mont et du patronyme et prénom Disier, latin Desiderius, de desiderium, « désir, envie, objet de la tendresse ».

Monteclar
Même origine que Clairmont.
Monteclar (Epalinges, district de Lausanne, Vaud).

Montécu
Hameau de la commune du Mouret (District de la Sarine, Fribourg), ancienne commune, Monticum en 1285, Monticon en 1323, Monticun en 1487, Montecu en 1690, de l´adjectif latin médiéval monticus, « montueux », dérivé du latin mons.
Ruisseau de Montécu, affluent de la Nesslera (Le Mouret, district de la Sarine, Fribourg).

Monteil, Monteiller, Monteillers, Monteilly, Monteiron,
Montelier, Montellier, Montelly, Montenailles, Montilier,
Montilion, Montillat, Montillet, Montillier, Montilly,
Montolliet, Montolliets, Montolly, Montoly
Collines, terrain bosselé, petit mont, vieux français monteil, « colline peu élevée », ancien français montel, « monticule », latin monticulus, diminutif de mons.
Vieux français monteil, « colline peu élevée » :
Monteil, maisons isolées sur une petite élévation (Romans, Dombes, Ain).

Du latin monticularium dérivé de monticulus avec le suffixe -arium :
Monteiller, Montelier en 1550, hameau (Chexbres, district de Lavaux, Vaud) ;
Monteiller, hameau (Savièse, district de Sion, Valais) ;
Le Monteiller, lieu-dit (Clarmont, district de Morges, Vaud) ;
Les Monteillers, petits sommets en-dessous d´un chaînon plus important (Brion, Haut-Bugey, Ain) ;
Montelier et Petit Montelier, hameaux (Morrens, district d´Echallens, Vaud) ;
Le Montellier, Monteller en 1299-1369, Montellier en 1291, château, village et commune de la Dombes (Meximieux, arrondissement de Bourg-en-Bresse, Ain) ;
Montilier, hameau sur une colline (Villorsonnens, district de la Glâne, Fribourg) ;
Montilier, Es Montelliers en 1270, Montillier en 1906, nom allemand actuel Muntelier, Muntels en 1300, commune et village (District du Lac, Fribourg) ;
Montillier, hameau (Vucherens, district de Moudon, Vaud).

Diminutif avec le suffixe -on :
Le Monteiron, colline (Denges, district de Morges, Vaud) ;
Montilion, Montillon en 1906 (Le Pâquier, district de la Gruyère, Fribourg).

Avec le suffixe diminutif -et :
Montillet, Domus fortis Montillieri en 1447, Monthellier en 1563, hameau (Matafelon-Granges, Haut-Bugey, Ain) ;
Montolliet, hameau (Corpataux-Magnedens, district de la Sarine, Fribourg) ;
Les Montolliets, forêt (Juvigny, Annemasse, Haute-Savoie).

Avec le suffixe diminutif -y :
Monteilly, hameau (Sugnens, district d´Echallens, Vaud) ;
Chemin de Montelly (Lausanne, Vaud) ;
Montilly, hameau (Gruyères, district de la Gruyère, Fribourg) ;
Montolly, lieu-dit (Etagnières, district d´Echallens, Vaud) ;
Le Montoly, lieu-dit (Gland, district de Nyon, Vaud).

Avec le suffixe diminutif jurassien -at :
Le Montillat, hameau (Fregiécourt, district de Porrentruy, Jura).

Avec le suffixe collectif ou dépréciatif -aille :
Montenailles, lieu-dit (Le Mont-sur-Lausanne, district de Lausanne, Vaud).


Montéla
Colline boisée (669m) de la commune de Cuarny (District d´Yverdon, Vaud), ancienne propriété de l´abbaye de Thela ou Montheron, d´où son nom [Jaccard].

Montembloud
Montembloud ou Montemblou, hameau de la commune du Mouret (District de la Sarine, Fribourg), Mutinblous en 1139, Montambloch en 1298, Montablot en 1301, Montamblod en 1644, composé de mont et d´un anthroponyme, Ambloch selon Jaccard.

Montenol
Composé de Mont et d´un dérivé de l´anthroponyme germanique *Taginald [Prongué].
Montenol, Montenot en 1173, Montinolt en 1180, Montenolt en 1210, Montenolz en 1461, commune et village (District des Franches-Montagnes, Jura) ;
Montenol, colline boisée (Courtételle, district de Delémont, Jura).

Montenvers
Le Montenvers, pâturage au dessus de Chamonix (Vallée de Chamonix, Haute-Savoie), composé de Mont et d´Envers.

Montépin
Composé de Mont et d´un dérivé de spina, « épine », voir Epine.
Montépin, Mont Espin en 1273, Montepin en 1344, Montespin en 1536, Petit Montépin, maisons isolées, et Ruisseau de Montépin (Bâgé-la-Ville, Bresse, Ain) ;
Montépin, maisons isolées (Etrez, Bresse, Ain) ;
Bois de Montépin, bosquet (Saint-Jean-sur-Veyle, Bresse, Ain).

Montès
Roc Montès, domaine, actuellement centre hospitalier de la commune du Noirmont (District des Franches-Montagnes, Jura), villa nommée ainsi dès sa construction en 1904 en souvenir de Mère Marie de Jésus du Bourg, dans le monde Joséphine du Bourg, fondatrice de la Congrégation des Soeurs du Sauveur et de la Sainte Vierge, née en 1788 au château de Rochemontès près de Toulouse [Prince].

Montessert
Montagne qui a été essartée, voir mont et Essert.
Montessert, clairière (Fleurier, district du Val-de-Travers, Neuchâtel).

Montessuit, Montessuits, Montessuy
Composé de mont et essuit, « sec ». Montessuit est aussi un patronyme.
Montessuit, maisons isolées et forêt déclive (Entremont, Faucigny, Haute-Savoie) ;
Montessuit, hameau (Betton-Bettonet, Val Gelon, Savoie) ;
Les Montessuits, hameau (Lovagny, Annecy, Haute-Savoie) ;
Montessuy, Montessuit en 1433, hameau (Chalamont, Dombes, Ain) ;
Montessuy, maisons isolées (Saint-Georges-sur-Renon, Dombes, Ain).

Montésy
Maison isolée de la commune de La Verrerie, district de la Veveyse (Fribourg), à rapprocher de Montossy, selon Aebischer.

Montévau, Montévaux
Nom composé de Mont et d´un anthroponyme germanique *Ebald [Aebischer].
Montévau, lieu-dit (Penthalaz, district de Cossonay, Vaud) ;
Montévaux, maisons isolées (Arconciel, district de la Sarine, Fribourg).

Montevie
Forêt déclive de la commune de Charmoille, district de Porrentruy (Jura), « chemin montant » [Prongué], voir Vie.

Montévraz
Montévraz, ancienne commune, Montévraz Dessous et Montévraz Dessus, hameaux de la commune du Mouret (District de la Sarine, Fribourg), Montivrar en 1445, composé de Mont et d´un anthroponyme germanique *Evrard remontant à Eberhard [Aebischer], en ancien haut allemand « fort comme un sanglier », du germanique *ebura, « sanglier », et *hardu, « fort ».

Monteynan
Maison isolée de la commune d´Arconciel, district de la Sarine (Fribourg), Monten[n]an à la fin du XIIème siècle, actuellement aussi Monténan, de Mont et d´un anthroponyme germanique *Aginand [Aebischer], et Bois de Monteynan, forêt voisine (Marly, district de la Sarine, Fribourg).

Monteynard, Montrenard
Composé de Mont et d´un patronyme Eynard, de l´anthroponyme germanique *Aginhard, de *agin, « lame de l´épée », et *hard, « dur ».
Monteynard, Mons Aynardus au XIème siècle, mandamentum et castrum Sancti Aynardi au XIVème siècle, commune de la Matheysine (La Mure, arrondissement de Grenoble, Isère) ;
Lac de Monteynard-Avignonet, lac artificiel sur le Drac (Treffort, Trièves, Isère) ;
Les Bois de Monteynard, forêt (Sinard, Trièves, Isère) ;
Château de Monteynard (Tencin, Grésivaudan, Isère) ;
Rocher de Monteynard, lieu-dit (Theys, Belledonne, Isère).
Par attraction paronymique avec le français Renard :
Montrenard, Monteynart au XIIIème siècle, hameau (Saint-Pierre-d´Allevard, Belledonne, Isère).


Montézillon
Hameau de la commune de Rochefort, district de Boudry (Neuchâtel), Monteisillum en 1247, Montisilon en 1311, Montissilion en 1346, pourrait signifier « mont élevé », de Mont et du gaulois ouxellos, uxellos, « élevé », voir Ussel, ou aussi « mont des oiseaux », du bas latin aucellus, dérivé du diminutif latin avicellus formé à partir de avis, « oiseau ».

Montfalcon, Mont Falcon, Montfalconnet, Montfaucon
Du latin Mons Falconis, de mons et du franco-provençal falcon, latin falco, falconis, « faucon » ou avec le patronyme Falcon, nom germanique emprunté au latin falco, falconis.
Montfalcon, Mons Falconis au XIème siècle, tenementum de Monte Falcone au XIIIème siècle, commune et village du Chambaran (Roybon, arrondissement de Grenoble, Isère) ;
Montfalcon, de Monte Falconis vers 1135, Montfarcon en 1225, Ecclesia de Montefalconis vers 1250, Monfalcon vers 1325, hameau et ancienne commune (Mézériat, Dombes, Ain) ;
Mont Falcon, Summitas Montis Falcon en 1220, Crista de Monte Falcon en 1275, Montfalcon en 1911, 803m, et Bois de Mont Falcon, forêt (Souclin, Bugey, Ain) ;
Mont Falcon, hameau (La Salle, vallée d´Aoste) ;
Montfaucon, de Monte Falconis en 1125, Montem Falconis en 1139, nom allemand Falkenberg, commune et village (District des Franches-Montagnes, Jura).
Avec le suffixe diminutif -et :
Montfalconnet, de Monte Falconeto en 1270, De Montefalconeto en 1286, Monfalconnet en 1567, diminutif, hameau (Polliat, Bresse, Ain).


Montfavergier
Commune et village jurassiens du district des Franches-Montagnes, Mons fabrorum et in loco dicto Monfauuargier en 1338, « montagne des forgerons », qui doit son nom aux forges ou fourneaux où l´on fondait le minerai de fer au XIVème et XVème siècles.

Mont Favret
Petit élévation (312m) de la commune de Saint-Nizier-le-Désert (Dombes, Ain), qui a donné son nom à village aujourd´hui disparu et à un très ancien monastère, Monasterium Montis Fabritii en 1158, Montfavreis en 1281, Montfavreys vers 1350 ; de Mont et du gentilice Fabritius dérivé du cognomen Fabritus, de faber, « forgeron ».

Montferrand
De Mons et du patronyme Ferrand.
Montferrand, hameau (Cerniat, district de la Gruyère, Fribourg) ;
Montferrand, de Monte Ferrant en 1223, Monte Ferrando en 1288, Montferrant en 1344, De Montefarrando en 1385, hameau (Torcieu, Bugey, Ain).

Montferrat
Nom composé de Mont et d´un franco-provençal ferra, « ferré, pourvu de fer », ou d´un dérivé du bas latin ferratus, latin fertus, « productif », ou d´un patronyme Ferrat, variante de Ferret.
Montferrat, commune et village de la Valdaine (Saint-Geoire-en-Valdaine, arrondissement de la Tour-du-Pin, Isère) ;
Montferrat, hameau (Chuzelles, Pays viennois, Isère) ;
Le Montferrat, lieu-dit en forêt (Montmin, Bornes, Haute-Savoie).

Mont Ferron
Chalets de Mont Ferron, hameau d´alpage de la commune de Magland (Faucigny, Haute-Savoie), avec un patronyme Ferron, nom de métier, ancien français ferron, « marchand de fer, forgeron, maréchal ».

Mont Fleuri, Montfleury
Composé de Mont et Fleuri.
Mont Fleuri, lieu-dit (Territet, Montreux, district de Vevey, Vaud) ;
Montfleury, où le second terme pourrait aussi dériver d´un nom de domaine gallo-romain Floriacum, voir Fleurier, lieu-dit (Satigny, Genève).

Montfort
Montfort, ancien château en ruine et village disparu de la commune de Treffort-Cuisiat (Revermont, Ain), De Monte Forti en 1492, Montfort en 1536, et Chapelle de Montfort, sur l´emplacement d´un ancien prieuré, Mons Fortis, prioratus vers 1250, Prior de Monteforti en 1587 ; nom composé du latin mons et de l´adjectif latin fortis, « fort, robuste, solide ».

Mont Franc
Colline boisée (798m) de la commune de Bressaucourt (District de Porrentruy, Jura), Mont et franc, « libre, exempt d´imposition et de charges ».

Montfréboeuf
Maison isolée sur une colline, commune de Grandfontaine, district de Porrentruy (Jura), de mons et d´un dérivé d´un anthroponyme germanique comme Fredebold, du germanique *friþu, « amour, paix », ancien haut allemand fridu, « paix », et du germanique *balda, « audacieux, fort » [Prongué].

Montfrioud
Mont froid, voir Frioud
Bois de Montfrioud (Denezy, district de Moudon, Vaud).

Mont Gardy
Sommet des commune de Saint-Gingolph et Vouvry (District de Monthey, Valais), 2201m avec un patronyme Gardy de même origine que Garde.

Montgelas, Mont Gelé, Montgellaz, Mont July
Mont gelé, voir Gelaz.
Montgelas, alpage, Sous Montgelas, forêt, nom monté au Sommet de Montgelas, 1301m (Curienne, Bauges, Haute-Savoie) ;
Montgelas, De Monte Gela en 1247, Montgela en 1282, localité disparue (Chalamont, Dombes, Ain) ;
Montgelas, hameau (Viriville, Chambaran, Isère) ;
Mont Gelé, 3518m (Chanrion, Bagnes, district d´Entremont, Valais, et Val d´Ollomont, vallée d´Aoste), Glacier du Mont Gelé et Col du Mont Gelé, 3144m (Ollomont, vallée d´Aoste) ;
Mont Gelé, sommet, 3022m, autrefois Becca de la Grande Journée ou en patois Becca de la Gran Dzorniva, et Col du Mont Gelé, 2804m (Nendaz, district de Conthey, et Verbier, Bagnes, district d´Entremont, Valais) ;
Montgellaz, maisons isolées (Lathuile, Pays de Faverges, Haute-Savoie) ;
Montgellaz, maisons isolées (Aillon, Bauges, Haute-Savoie) ;
Montgellaz, maisons isolées, et Ruisseau de Montgellaz (Saint-Bon-Tarentaise, Tarentaise, Savoie).
Mont July, Mongely en 1437, Villagium de Mongelier en 1482, Montjully en 1563, Mont-Juli et Mons Julii en 1650, Mont Jully sur la Carte de Cassini, Le Mont Juli en 1808, hameau par lequel certains érudits du XVIème siècle ont prétendu que Jules César était passé pendant la campagne contre les Helvètes, et qu´ils ont rebaptisé Mons Julii.

Montgéron, Montgéron, Montgeroud
De Mont et d´un anthroponyme germanique issu de Gerold, voir l´étymologie de ce nom sous Villargiroud.
Le Montgéron ou Le Mongeron, maison isolée (Gruyères, district de la Gruyère, Fribourg) ;
Montgeroud, Montgéroux en 1906, ferme isolée (Charmey, district de la Gruyère, Fribourg).

Montgevin
Ferme isolée de la commune de Châtel-Saint-Denis, district de la Veveyse (Fribourg), Montjovin en 1369, diminutif de Mont-Joux. Cette ferme appartenait au prieuré de Semsales, dépendant de Mont-Joux [Aebischer].

Mont Gibert, Montgilbert
Nom composés de Mont et d´un patronyme Gibert, Gilbert, voir Gibert.
Mont Gibert, lieu-dit (Penthéréaz, district d´Echallens, Vaud) ;
Montgilbert, Mons Gilberti au XIIème siècle, commune et village de Basse-Maurienne (Aiguebelle, arrondissement de Saint-Jean-de-Maurienne, Savoie).

Montgirod, Montgiroud
Noms composés de Mont et d´un patronyme Girod, Giroud.
Montgirod, commune et village de la Tarentaise (Aime, arrondissement d´Albertville, Savoie) ;
Forêt Montgiroud, lieu-dit du Val Ferret (Orsières, district d´Entremont, Valais), du patronyme Giroud, famille de la région [Guex].

Montgoin
Hameau de la commune de Garnerans (Dombes, Ain), villa Montis Gudini vers 930, Villa Monsguidinis en 937-962, In villa Monte Gudini vers 941, Montguin en 1665, d´un nom de domaine d´origine gallo-romaine composé de mons et de l´anthroponyme Gudinus.

Mont Gombert
Le Mont Gombert, alpage de la commune d´Ugine (Val d´Arly, Savoie), de l´anthroponyme germanique Guntbert, « brillant au combat », du germanique *gunþiô, « combat », et *berhta, « brillant, célèbre ».

Mont Gosse
Colline de la commune de Monnetier-Mornex (Genevois, Haute-Savoie), près du Petit Salève, ancienne propriété du Genevois Henri-Albert Gosse acquise en 1802.

Montgremay
Maison isolée de la commune d´Asuel, district de Porrentruy (Jura), de mons, et d´un anthroponyme germanique *Grimhardus [Prongué], de germanique *grimma, « furieux, effroyable », racine indo-européenne *ghrem-, et germanique *hardu, « dur, fort ».

Montgrepont
Hameau de la commune d´Aiton (Combe de Savoie, Savoie), Mons greponis en 1409, mons, et de Grépon, ou d´un anthroponyme d´origine germanique Greppon, Grippon.

Montherod
Commune et village vaudois du district d´Aubonne, Montero au XIIIème siècle, Cura de Monterot vers 1344, Montherot en 1349, de mons, et d´un patronyme comme Turold.

Montheron
Lieu-dit de la commune de Lausanne (Vaud), Montenum en 1142, Montenun et Montenon au XIIème siècle, Montanum et Montunum en 1142, Montheron en 1177, Montunum en 1184, Montiron en 1314, et abbatia Sancta Maria de Monte Rotundo par latinisation abusive en 1177, de mons, et d´un anthroponyme indéterminé, emplacement d´une ancienne abbaye, abbatia de Thela au XIIème siècle, et nommée d´après le cours d´eau Thela, ancien nom du Talent.

Montigny
Hameau de la commune de Maxilly-sur-Léman (Chablais, Haute-Savoie), probablement in villa Mustiniaco en 890 et 892, Mustiniacum villam en 899, Muttignye en 1246, Mustine en 1267, d´un nom de domaine d´origine gallo-romaine Mustiniacum, dérivé avec le suffixe -acum d´un gentilice comme *Muttinius.

Montillat
Lieu-dit de la commune de Replonges (Bresse, Ain), Montilliacus et Montillia en 1344, d´un nom de domaine d´origine gallo-romaine Montilliacus, dérivé avec le suffixe -acu du gentilice Montillius.

Montimbert
Hameau de la commune de Châtel-Saint-Denis, district de la Veveyse (Fribourg), de Mont et d´un anthroponyme germanique *Imbert [Aebischer], du germanique *im, « très grand », et berht, « brillant ».

Montivon
Hameau de la commune de Saint-Gervais (Haut-Faucigny, Haute-Savoie), nom composé de Mont, du suffixe hydronymique -ive et du suffixe diminutif -on [Boyer].

Montjean
Combe Montjean, lieu-dit de la commune de Saulcy (District de Delémont, Jura), probablement un composé de Mont et du prénom ou patronyme Jean.

Montjoie
Ancien français montjoie, « colline, hauteur ; tas de pierres ; monceau, tas, amas, quantité considérable ». Au Moyen Age, on appelait Montjoie, Mons Gaudii, des monceaux de pierres entassés par les pélerins en signe de victoire. Beaucoup d´auteurs, comme Boyer, y voient une allusion à Jupiter, latin Jovis, comme pour le Montjovet. Aucune forme ancienne ne permet cette hypothèse.
Montjoie, Mons Gaudii en 1288, ancienne châtellenie du Faucigny, qui comprenait toute la vallée du Bonnant et dont le chef-lieu était Saint-Gervais ;
Montjoie, petit sommet, 1875m, et Montjoie, alpage (Les Contamines-Montjoie, Val Montjoie, Haute-Savoie) ;
Val Montjoie, vallée qui doit peut-être son nom au sommet de Montjoie (Haut-Faucigny, Haute-Savoie) ;
Les Contamines-Montjoie, Les Contamines jusqu´en 1949, commune et village du Val Montjoie (Arrondissement de Bonneville, Haute-Savoie) ;
Montjoie-le-Château, commune et village (Saint-Hippolyte, Doubs).

Montjoret
Lieu-dit de la commune de Mézières (District de la Glâne, Fribourg), serait dérivé de Mont-Joux, ancien nom du Saint-Bernard.

Montjoux, Montjus
Composé de Mont et Joux, etc., pour « mont, colline couverte de forêt ».
Montjoux, quartier (Thonon-les-Bains, Bas-Chablais, Haute-Savoie) ;
Montjoux, hameau (Gignod, vallée d´Aoste) ;
Montagne de Montjus, pâturage (Aiguilles Rouges, Chamonix, Haute-Savoie).

Mont-Joux
Ancien nom du Grand Saint-Bernard, qui a donné son nom à l´abbaye Saint-Pierre du Mont-Joux, ou Mont-Jou, sise à Bourg-Saint-Pierre, monastère-hospice mentionné dès 812/820. Plusieurs fois ravagé, il perd de son importance après 1050 au profit du nouvel hospice du Grand-Saint-Bernard.

Montjovet, Mont Jovet, Montjuvi
Composé de Mont et de Jovet.
Montjovet, forêt déclive (Baulmes, district d´Orbe, Vaud) ;
Mont Jovet, alpage (Saint-Nicolas-la-Chapelle, Val d´Arly, Savoie) ;
Montjuvi, anciennement Montjuvis, Montjovet, Mont Juyer et Mony Juet, lieu-dit (Rances, district d´Orbe, Vaud).

Montjovet
Montjovet, commune et Bourg de Montjovet, village de la vallée d´Aoste, Mons Jovis, « Mont de Jupiter » à l´époque romaine, à qui un temple était dédié dans la région.

Montjuif
Le Bas Montjuif, Le Haut Montjuif et Le Petit Montjuif, hameaux de la commune de Marboz (Bresse, Ain), Montjuer en 1304, Mont-Juifs en 1509, Mont-Juif sur la Carte de Cassini, nom dû soit à la présence de Juifs, ancien français juer, « juif », soit par remotivation d´un ancien *Montjeur ou *Montjure, avec les mots régionaux jeur, jure, « forêt de montagne », voir Jeur, Jure.

Montlardier
Hameau de la commune du Châtelard (Bauges, Savoie), de monte Larderio en 1324, Mollardier au XIXème siècle, avec un anthroponyme Larderius.

Montléger
Hameau de la commune de Mantenay-Montlin (Bresse, Ain), villa quae dicitur Mons Ledgardi en 933-937, De Monte Lijardo en 1416, Apud Montem li Jardum en 1442, Montligier en 1745, Montlézar en 1847, composé de mons et d´un anthroponyme germanique Leodegar, voir Saint-Légier.

Mont Lenson
Hameau de la commune de Le Vaud, district de Nyon (Vaud), Mons latianus en 1164, Mons lacianus en 1202, Montelacinno en 1302, Moleyczans en 1493, Molanson et Molansson en 1596, aussi Montlaçon en 1906 et Molaçon, d´un primitif Mons Latio, dérivé du gentilice Lat[t]ius, attesté mais rare.

Mont Levant
Colline de la commune de Misery-Courtion (District du Lac, Fribourg), située à l´est de Cormérod, du côté du levant.

Montlin
Hameau de la commune de Mantenay-Montlin (Bresse, Ain), commune entre l´an III et 1807, Montlayn en 1416, Montluyn en 1442, Montlin en 1670, Montlain en 1734, peut-être d´un nom de personne Molanus.

Montluel
Canton, commune et village de la Dombes (Arrondissement de Bourg-en-Bresse, Ain), De Monte Loelli en 1173, De Monte Lupelli en 1200, Apud Montem Lupellum en 1230, Mont Luel en 1247, De Montelupello en 1378, Montluel en 1304, soit « montagne des petits loups », de *lupellus, « louveteau », soit d´après un patronyme romain « Lupellus ». soit, plus vraisemblablement d´après la forme la plus ancienne Loelli d´un diminutif *locellum de locus, « lieu » [Dauzat].

Montmagnoud
Colline (649 m) de la commune de Pampigny (District de Cossonay, Vaud), Mont de Maginold, « celui qui règne avec la force », germanique *magana, magina, « force », et *valdan, « celui qui règne ».

Montmagny
Commune et village vaudois du district d´Avenches, Mons Manniaco au XIIIème siècle, Montmagniel en 1458, de Mons Magniacus, nom de domaine d´origine gallo-romaine, dérivé avec le suffixe -acus du gentilice Magnius, du cognomen Magnus, « grand ».

Montmasson
Hameau de la commune de Marcellaz-Albanais (Albanais, Haute-Savoie), nom composé de Mont et du patronyme Masson, probablement un hypocoristique de Thomas. C´est aussi un patronyme.

Montmeillan, Montmélian
Composé de mons, et meillan, mélian, « centre sacré », voir Mélan.
Montmeillan, hameau (Peney-le-Jorat, district d´Oron, Vaud) ;
Montmélian, nom latin Mediolanus mons, Montis Meliani castellanus en 1208, Mons Mellianus en 1233, Monsmelianus en 1488, canton, commune et village de la Combe de Savoie (Arrondissement de Chambéry, Savoie).

Montmeley
Hameau de la commune d´Echarlens, district de la Gruyère (Fribourg), probablement une déformation de *Maumeley, composé du préfixe mau-, « mauvais », et Meley, « pommier sauvage ».

Montmelon
Montmelon, commune, Montmelon Dessous et Montmelon Dessus, hameaux jurassiens du district de Porrentruy, nom latin mons Belo, d´une colline consacrée à Belenos, devenu Momelot ou Momolon en 1373, puis Montbelon, enfin Montmelon dans le langage populaire.

Montménil
Commune et village bernois du district de Büren, nom allemand Meinhartsperg en 1263, Meynesberg en 1332, Meinisberg aujourd´hui, « mont de Meinhart », anthroponyme germanique composé de l´ancien haut allemand meina, « esprit », et hart, « dur, fort », avec Berg, « montagne ». Le nom français est une remotivation du nom allemand, avec attraction paronymique du vieux français mesnil, souvent utilisé pour « moulin », du latin mansionile, « maison rurale pourvue d´une portion de terre ».

Montmerle, Montmerle-sur-Saône, Montmerlet
Composé du latin mons et merula, « merle ».
Montmerle-sur-Saône, castrum qui vocatur Mons Meruli en 1039, Mons Merlus vers 1080, De Montmerlo en 1195, Montemerulo en 1324, commune et village de la Dombes (Thoissey, arrondissement de Bourg-en-Bresse, Ain) ;
Montmerle, Domus Sanctae Mariae Montismerulae au XIIème siècle, Montmerle en 1231, Prior Montis Meruli en 1252, hameau et ancienne chartreuse (Lescheroux, Bresse, Ain).
Diminutif avec le suffixe -et :
Montmerlet, hameau (Curienne, Bauges, Savoie).


Montmin
Commune et village des Bornes, au pied de la Tournette (Faverges, arrondissement d´Annecy, Haute-Savoie), Momin en, Cura de Monmin vers 1344, anciennement Mont Mayri ou Mont Meyri, franco-provençal meyri, « alpage entouré de bois », voir Mehyre ;
Plan Montmin, hameau (Montmin, Bornes, Haute-Savoie) ;
Ruisseau de Montmin, affluent du lac d´Annecy.

Montminard
Maison isolée de la commune de Charmey, district de la Gruyère (Fribourg), selon Aebischer un composé de Mont et d´un nom propre germanique *Minard, Meinard, dérivé de Magen(h)ardus, préfixe *magin-, « principal », et *hardu, « dur, fort ».

Montmirail
Montagne d´où l´on jouit d´une belle vue. De Mont et de l´ancien français mirail, « lieu d´où l´on a une belle vue », de mirer, « regarder », latin mirare, « admirer ».
Montmirail, domaine, nom donné vers 1718 par un gouverneur de la principauté originaire du Comtat-Venaissin, en souvenir de la ville de Montmirail, aujourd´hui dans le Vaucluse, et Petit-Montmirail, hameau (Thielle-Wavre, Neuchâtel).

Montmoirin, Montmorin
Composés de Mont et d´un patronyme Moirin, Morin.
Montmoirin, hameau (Châtel-Saint-Denis, district de la Veveyse, Fribourg) ;
Montmorin, colline boisée (Chêne-Pâquier, district d´Yverdon, Vaud).

Montmollard
Forêt de la commune de Montendry (Val Gelon, Savoie), composé de Mont et de Mollard.

Montmollin
Commune et village neuchâtelois (District du Val-de-Ruz), Montmollin en 1357, Montmolens en 1372, Monmollens en 1401, dont le nom signifie soit « Mont du moulin », soit « Mont Mollens », avec un nom d´origine burgonde Mollens.

Montmort
Lieu-dit de la commune d´Ardon (District de Conthey, Valais), composé de Mont et soit Mort, soit Mort.

Mont Noble
Sommet des communes de Mase et Nax (District d´Hérens, Valais), 2673m, plus rarement Mont Nuoble, serait selon Jaccard un montem nubilum, du latin nubilus, « nébuleux, nuageux, couvert de nuages » ;
Chalet Mont Noble, nom descendu, alpage (Nax, district d´Hérens, Valais).

Montofrey
Hameau de la commune de Villars-le-Terroir, district d´Echallens (Vaud), peut-être « montagne froide », composé de Mont et d´un mot patois frey dérivé du latin frigidus, « froid ».

Montoir, Montuires, Montures
Patois montoir, « montée, chemin montant » [Constantin], ancien français montoire, « montée, colline, montagne », adjectif ancien français montooir, « par où l´on monte ».
Le Grand Montoir et Le Petit Montoir, deux voies de montée (Parmelan, Bornes, Haute-Savoie) ;
Montuires, pâturage (Finhaut, district de Saint-Maurice, Valais) ;
Les Montures, maisons isolées (Mont-Saxonnex, Faucigny, Haute-Savoie).

Montoiseau, Montoisey, Montoizel
Composés de Mont, et soit oiseau, oisey, du bas latin aucellus, dérivé du diminutif latin avicellus formé à partir de avis, « oiseau », soit du gaulois ouxellos, uxellos, « élevé ».
Chemin de Montoiseau (Crans-près-Céligny, district de Nyon, Vaud) ;
Montoiseau, sommet, 1600m, et Montoisey, mont Oysel en 1176, sommet, 1657m (Crozet, Pays de Gex, Ain) ;
Montoizel, maisons isolées (Saint-Victor-de-Morestel, L´Isle-Crémieu, Isère).
Voir aussi Montossy.


Montolivet, Mont Olivet, Montoulevet, Montoulivert
Composés de Mont et d´un patronyme Olivet, Oulevet diminutif de Olive.
Montolivet, maison isolée (Villeneuve, district d´Aigle, Vaud) ;
Montolivet, forêt (Prilly, district de Lausanne, Vaud) ;
Mont Olivet, lieu-dit (Orny, district de Cossonay, Vaud) ;
Montoulevet, forêt déclive (Lignerolle, district d´Orbe, Vaud) ;
Crépon de Montoulivert, sommet, 1914m (Le Petit-Bornand-les-Glières, Faucigny, Haute-Savoie).

Montorçon, Montorset, Mont Orson
La « montagne des ours », composé de Mont et d´un dérivé du latin ursus, « ours », avec le suffixe diminutif -on, voir Orcier.
Montorçon, lieu-dit en clairière (Vacheresse, Abondance, Haute-Savoie) ;
Granges de Montorset, maisons isolées (Arith, Bauges, Savoie) ;
Mont Orson, lieu-dit (Saint-Gingolph, Chablais, Haute-Savoie).

Montorge
Du bas latin montorium, « promontoire » [Aebischer].
Montorge, lieu-dit de la ville de Fribourg (District de la Sarine, Fribourg) où se trouve un monastère des Capucines fondé en 1628, nom allemand Bissemberg, peut-être « montagne dentée » ;
Montorge, sommet, 2881m (Bourg-Saint-Pierre, district d´Entremont, Valais).

Montos
Hameau de la commune de Villieu-Loyes-Mollon (Dombes, Ain), Mansus de Monte Aureo et Mansus de Montor en 1285, Montouz en 1330, Montoz en 1841, Monthoz en 1847 ; les noms anciens Monte Aureo, « mont doré », et Montor sont probablement des remotivations d´un primitif issu du latin montosus, « montagneux, montueux ».

Montossy
Maison isolée de la commune de Chésopelloz, district de la Sarine (Fribourg), composé de Mont et du gaulois ouxellos, uxellos, « élevé ».

Montougy
Composé de Mont et d´un terme ougy dérivé de Ouge, déformation de Auge.
Montougy, maisons isolées (Vallorbe, district d´Orbe, Vaud).

Montpalais
Maison isolée de la commune d´Ocourt, district de Porrentruy (Jura), dont le nom signifie probablement « montagne pelée », c'est-à-dire déboisée et défrichée [Prongué].

Mont-Pèlerin
Colline boisée de la commune de Chardonne (District de Vevey, Vaud), 1080m, de Mont et d´un patronyme Pèlerin, voir Pelerin.

Montpellaz, Mont Pellaz
Noms composés de mont et de Pellaz, « pelée, dénudée », voir Pela.
Montpellaz, hameau (Manigod, Bornes-Aravis, Haute-Savoie) ;
Mont Pellaz, 1443 m (Entremont, Chartreuse, Isère).

Montperreux
Mont pierreux, voir mont et Perreux.
Montperreux, hameau (Le Locle, Neuchâtel) ;
Montperreux, sommet, 1373m (Fontaines, district du Val-de-Ruz, Neuchâtel).

Montplaisir, Mont-Plaisir
Composé de Mont et de Plaisir, ou remotivation de Monplaisir.
Montplaisir, maisons isolées (Francheleins, Dombes, Ain) ;
Mont-Plaisir, maisons isolées (Saint-Trivier-sur-Moignans, Dombes, Ain).

Montpreveyres, Mont Proveire
Le « le mont du prêtre », voir mont et Prévières.
Montpreveyres, Monteproverio en 1154, Mons Presbiteri en 1167 et 1228, Montpreuero et cella Sancti Laurentii de Montprevere en 1177, Monteproverio en 1524, Montpreverroz en 1525, ancien emplacement d´un prieuré de chanoines, commune et village (District d´Oron, Vaud) ;
Bois de Mont Proveire, Mont Provaire en 1906, forêt déclive (Les Clées, district d´Orbe, Vaud).

Montpugin
Quartier du Locle (Neuchâtel), probablement avec un patronyme Pugin, du patois fribourgois pudzin, « poussin », ou plus probablement ici du patois pugin, « petit puy », voir Pouget.

Montrachy
Grand Montrachy et Petit Montrachy, hameaux de la commune de Saint-Nizier-le-Bouchoux (Bresse, Ain), Monrachier en 1439, Montrachier en 1536, composé de mons et du verbe ancien françai racher, rachier, « déraciner, arracher », voir Rachais.

Montracol
Commune et village de la Bresse (Péronnas, arrondissement de Bourg-en-Bresse, Ain), Ecclesia de Monte Raculfo en 1119, Ecclesia Montis Racol en 1250, Montracol en 1272, de mons, et de l´anthroponyme germanique Raculf, cf. Raculf, comte de Mâcon au IXème siècle.

Montratier
Montratier, colline, et Col de Montratier, 500m (Boyeux-Saint-Jerôme, Haut-Bugey, Ain), Montrattier en 1696, Moratier en 1911, nom composé de Mont et d´un patronyme Rattier, de l´anthroponyme germanique Rathari, ancien haut allemand rât, « conseil », et hari, « guerrier ».

Montray
Montray, lieu-dit en forêt, et Tré Montray, alpage (Seytroux, vallée de la Dranse, Haute-Savoie), aussi Montagne de Tré Montray, forêt (Bellevaux, Chablais, Haute-Savoie), probablement composé de Mont et tray, « pâturage », voir Trey.

Montréal-la-Cluse
Commune et village du Haut-Bugey (Arrondissement de Nantua, Ain), De Monteregali en 1280, Apud Montem Regalem en 1299, Montreal en 1412, « Mont royal », du latin mons et regalis, « royal ».

Montre Cul
Lieu-dit de la commune de Frontenex (Combe de Savoie, Savoie), peut-être nommé ainsi en raison de la déclivité du lieu.

Montremont
Hameau de la commune de Thônes (Bornes, Haute-Savoie), nom composé de Mont et d´un dérivé patois du patronyme Raymond, Reymond, voir Raimond.

Montrevel, Montrevel-en-Bresse
Nom signifiant « mont aux fortifications résistantes, difficile à soumettre », composé de mons et de l´équivalent franco-provençal de l´oïl revel, rivel, « résistance, orgueil, rébellion » [Nègre 1990].
Montrevel, castri Montis Revelli au XIIIème siècle, commune et village (Virieu, arrondissement de la Tour-du-Pin, Isère) ;
Montrevel, maison isolée (Illiat, Dombes, Ain) ;
Montrevel-en-Bresse, Montrivel en 1198, Castrum Montisrevelli en 1314, Mont-Revel en 1452, Montrevel sur la Carte de Cassini, canton, commune et village de la Bresse (Arrondissement de Bourg-en-Bresse, Ain).

Montribloud
Château de la commune de Saint-André-de-Corcy (Dombes, Ain), Montriblout en 1299-1369, Castrum de Montriblod en 1368, Castrum de Montriblost en 1480, Burgum Montisriblodi en 1530, nom composé de Mont et d´un anthroponyme germanique *Ribold, qui pourrait être une variante de Rimbald, voir Villarimboud.

Montrichard
Nom composé de mons et de l´anthroponyme germanique Richard.
Montrichard, hameau (Pirajoux, Bresse, Ain) ;
Montrichard, Apud Montem Richardum en 1416, hameau (Vernoux, Bresse, Ain).

Montricher
Commune et village vaudois du district de Cossonay, Mons Richarius en 1049, Monte Richerii en 1177, Monrichie en 1412, nom actuel attesté en 1301, du nom germanique *Richarius, du germanique *rîka, rîkia, « puissant, celui qui règne », et *harja, « guerrier ».

Montrin
Village, chef-lieu de la commune de Saint-Bénigne (Bresse, Ain), Monte Ruino en 1074-1096, Montruin en 1213, de Monte Ruini en 1230, De Monteruino en 1236, nom composé de mons et soit d´un anthroponyme germanique *Ruino, soit d´un dérivé du latin ruina, « chute, écroulement, effondrement, désastre », cf. le languedocien ruino, « décombres, ruine ».

Montroc
Hameau de la commune d´Argentière, composé de Mont et Roc.

Mont Rosard, Moronzart
Noms composés de Mont et d´un dérivé du latin rosarium, « roselière, marécage planté de roseaux, sol humide où poussent des plantes marécageuses ».
Mont Rosard, Montrozard sur la Carte de Cassini, Moronzard en 1911, hameau, et Etang de Mont Rosard (Bouligneux, Dombes, Ain).
Probablement de même origine :
Moronzart, hameau (Birieux, Dombes, Ain).


Mont Rotier, Montrottier
Noms composés de Mont et du patronyme Rotier, Rottier, issu de l´anthroponyme germanique *Hrothari, germanique *hrôþi, « gloire », et *harja, « guerrier ».
Mont Rotier, hameau (Morgex, vallée d´Aoste) ;
Chateau de Montrottier, château de la commune de Lovagny (Annecy, Haute-Savoie).

Mont-Saint-Martin
Commune et village de la Chartreuse (Saint-Egrève, arrondissement de Grenoble, Isère), ecclesia Sancti Martini de Monte au XIème siècle, voir mons, et Saint-Martin.

Montsalvens
Commune et village fribourgeois du district de la Gruyère, Montsalvan en 1169, Montsalvain et Montsalvant en 1177, Montsarwayn en 1281, Montsarven en 1337, Montsalveyns en 1340, Montsarvens en 1350, Montservens en 1388, d´un latin *montem silvanum, « montagne de la forêt ».

Montsandon
Montsandon, hameau de la commune de Moudon, et Bois de Montsandon, commune de Chavannes-sur-Moudon (District de Moudon, Vaud), Mont de Sandon, patronyme.

Montsapey
Commune et village de Basse-Maurienne (Aiguebelle, arrondissement de Saint-Jean-de-Maurienne, Savoie), nom composé de Mont et de Sapey.

Mont-Saxonnex
Commune et village des Bornes (Arrondissement de Bonneville, Haute-Savoie), Sersenay en 1225, Mons de Sersunay en 1298, Monte de Cercenay au XIVème siècle, Sersenaco en 1339, Cura montis de Sersonay vers 1344, Mont Sersonay en 1365, Mont de Sarsonay en 1495, Mont Sassonay ou Mont Sassonex en 1606, Mont Saxonnex en 1652, d´un nom de domaine d´origine gallo-romaine comme *Cerseniacum, dérivé avec le suffixe -acum gentilice Cercenius.

Monts Chevreuils
Sommet de la commune de Château-d´Oex (Pays-d´Enhaut, Vaud), 1749m, français chevreuil, du latin capreolus, capriolus.

Montsevelier
Commune et village du district de Delémont (Jura), proedium apud Muzivilir en 1136, Curiam de Munhewilare et Mutzwillare en 1139, Muzivilare en 1146, Motzewilre en 1242, Mucewilre en 1259, Muzwilr en 1291, Mussevelier en 1317, Mutzvilre en 1320, Moncevelier en 1462, le nom actuel apparaissant au XVIIème siècle, nom allemand Mutzwil ou Mutzwiler, qui dériverait du nom d´un carolingien Musso ou Muzzo et du suffixe villare, domaine agricole. Le préfixe mont du nom français actuel est une remotivation.

Mont Simon
Château de la commune de Vescours (Bresse, Ain), Mont-Symond en 1650, avec un nom de personne dérivé de l´anthroponyme germanique Sigismund, voir Saint-Sigismond.

Montsoflo
Sur Montsoflo, hameau de la commune de La Roche (District de la Gruyère, Fribourg), « Mont du souffle », du patois sôflà, « souffler » [Jaccard].

Mont Soleil
Eminence de la commune de Saint-Imier, district de Courtelary (Jura bernois), probablement pour son exposition favorable. Nom allemand Sonnenberg, même sens.

Monts Orientaux
Les Monts Orientaux, hameau du Locle (Neuchâtel), mont situés à l´est, latin orientalis, « d´Orient », latin oriens, orientis, « soleil levant, pays du levant », participe présent de orior, « naître, commencer, surgir, se lever, paraître ».

Mont Souhait
Lieu-dit de la commune de Prêles (District de la Neuveville, Jura bernois), peut-être par remotivation de Suet.

Mont Terri
Nom d´un sommet de la chaîne du Lomont, et ferme isolée avec chapelle (District de Porrentruy, Jura), ancien oppidum gaulois, en patois Mont Tairi, qui pourrait signifier « mont dont les sources sont taries », ou qui dériverait selon Prongué d´un anthroponyme germanique *Tarri, Terri. Le nom de Mont-Terrible donné à un département en 1793 est une interprétation fantaisiste.

Mont-Terrible
Département créé en 1793 dont le nom est une interprétation fantaisiste de Mont Terri [Prongué].

Mont Tondu
Mont Tondu, 3196m, au-dessus du Glacier de Tré la Tête, par métaphore, bien que ce sommet ne soit ni plus ni moins tondu qu´un autre, nom passé au Col du Mont Tondu, 2895m, et au Glacier du Mont Tondu(Les Contamines-Montjoie, Val Montjoie, Haute-Savoie).

Monturban
Du nom latin mons Urbani, « montagne d´Urbain », du latin urbanus, « poli, de bon goût ».
Monturban, Mont-Urban en 1316, hameau (Ocourt, district de Porrentruy, Jura) ;
Monturban, lieu-dit (Lens, district de Sierre, Valais).

Montvalezan
Commune et village de la Haute-Tarentaise (Bourg-Saint-Maurice, arrondissement d´Albertville, Savoie), anciennement Montvalaisan-sur-Séez, voir Valezan.

Mont-Varnier, Montvernier
Noms composés de mons et du patronyme Varnier, issu de Warnierus, voir Bovernier.
Mont-Varnier, mons varnerii en 1262, situé selon le [Régeste Genevois] « en Faucigny, dans la vallée de Boëge et au nord de ce bourg » ;
Montvernier, Mont Varnier en 1413, Apud Montem Vuarnerium en 1455, hameau de la commune de Corbonod (Seyssel, Bugey, Ain).

Montvauthier
Hameau de la commune des Houches (Haut-Faucigny, Haute-Savoie), composé de mont et du patronyme Vauthier, voir Vautrins.

Montverand
Château de Montverand, Château de la commune de Culoz (Bugey, Ain), Castrum Montisverani en 1433, Montveran en 1455, Montverant en 1493, nom composé de mons et du nom de personne Veranus.

Montvoie
Hameau de la commune d´Ocourt (District de Porrentruy, Jura), ancienne commune, et ancien château en ruine. Le château, bâti au XIIème siècle, portait le nom de Montvouel ou Montvouhay en 1284, soit en latin mons advocati, résidence d´un avoué ou bailli de l´évêque de Bâle, voir l´étymologie de Courchavon. L´hypothèse selon laquelle Montvoie viendrait du latin mons viae, « mont de la voie », en raison de la proximité de la voie romaine qui reliait la vallée du Doubs à celle de la Halle, paraît superflue. Le nom allemand du château, Vogtsberg, « fort du bailli », confirme que Montvoie est issu de Montvouhay.

Moos
Marais, lieu moussu, terrain marécageux, mot allemand signifiant « mousse, marais », germanique *musa, « mousse », racine indo-européenne *mus. Voir aussi Mousse.
Le Moos, hameau (Cressier, district du Lac, Fribourg).

Moqueuses
Les Moqueuses, lieu-dit de la commune de Grandson (Vaud), soit par féminisation d´un sobriquet Moqueux, soit du mot régional moque.

Morache, Morâche, Morasses, Murassaz, Murasses
Vieille masure, restes de pierre d´une maison ou d´une grange, [Bossard], avec les suffixes dépréciatifs -ache, -asse.
La Morache, Moraschi en 1306, lieu-dit (Lens, district de Sierre, Valais) ;
Rue de la Morâche (Ville de Nyon, Vaud) ;
Les Morasses, Moraschy en 1267, habitat dispersé, et Forêt des Morasses, pourrait aussi venir de l´italien moraccio, « noiraud » (Ayer, Val d´Anniviers, Valais).
Le mot murasse est un nom commun au Moyen Age en Valais :
Les Murasses, maisons isolées (Huémoz, Ollon, district d´Aigle, Vaud).

Forme patoise :
Murassaz, alpage (Brusson, vallée d´Aoste).


Morachon
Viendrait de l´ancien haut allemand muor, « marais », avec un suffixe augmentatif ou dépréciatif -ache, -asse, avec le suffixe diminutif -on.
Morachon, hameau (Ballaigues, district d´Orbe, Vaud).

Moraine, Morènes, Morennes
Talus, pente au bord d´un cours d´eau, renflement à la lisière inférieure d´un champ en pente par suite de la descente de la terre, a pris le sens géographique de « débris rocheux au bas d´un glacier ». Mot régional moraine, « amas de blocs et autres débris accumulés par un glacier » [Pégorier]. Patois savoyard morenne, même sens, morena, « élévation de terre en bas d´un champ en pente », [Constantin] gaulois *more, « tertre », pré-latin *mourr.
La Moraine, lieu-dit, déposée par le glacier qui recouvrait la région lors de la glaciation de Wurm (Saint-Prex, district de Morges, Vaud) ;
Grande Moraine, moraine latérale du Glacier des Martinets (Vallon de Nant, Bex, district d´Aigle, Vaud) ;
Les Moraines, lieu-dit (Les Gets, Faucigny, Haute-Savoie) ;
Les Morènes, lotissement (Thoiry, Pays de Gex, Ain) ;
Sentier des Morennes (Dingy-en-Vuache, Saint-Julien-en-Genevois, Haute-Savoie).

Moralle, Moranche, Moranches, Moraye, Morclan,
Morcles, Moreillon, Morenche, Morillon, Morzaizes,
Morzine, Morzinette
La racine celtique *mor-, « morceau rocheux détaché d´une montagne », est à l´origine du nom de nombreux villages construits sur d´anciens éboulements rocheux. Cette racine viendrait d´une hypothétique racine pré-indo-européenne (ligure) MOR/MOUR/MUR, « débris de roches, monceau de pierres, butte rocheuse ».
Diminutif avec le suffixe -alle :
La Moralle, lieu-dit (Saint-Prex, district de Morges, Vaud) ;
Planche Moralle, maisons isolées (Mézières, district de la Glâne, Fribourg).

Doubles diminutifs avec le suffixe -illon :
Moreillon, maisons isolées (Puidoux, district de Lavaux, Vaud) ;
Morillon, Murillon en 1302, lieu-dit (Petit-Saconnex, Genève) ;
Morillon, anciennement Morellon, commune et village de la vallée du Giffre (Samoëns, arrondissement de Bonneville, Haute-Savoie).

Dérivés avec les suffixes collectifs -ay, -aye :
La Moraye, hameau (Gletterens, district de la Broye, Fribourg).

Dérivés avec les suffixes -anche, -enche :
La Moranche, hameau (Magland, Faucigny, Haute-Savoie) ;
Les Moranches, lieu-dit (Les Contamines-Montjoie, Val Montjoie, Haute-Savoie) ;
Morenche, lieu-dit (Chapelle-sur-Moudon, district de Moudon, Vaud).

D´une racine *morz-, probablement dérivée du gaulois *morg, « rocher » par mutation patoise du son [j] en [z] :

Avec le suffixe collectif -aize :
Les Morzaizes, pierrier (Vallée de Bérard, Aiguilles Rouges, Haute-Savoie).

Avec le suffixe diminutif -ine :
Morzine, commune et village de la vallée de la Dranse (Le Biot, arrondissement de Thonon-les-Bains, Haute-Savoie).

Diminutif de Morzine avec le suffixe -ette :
Morzinette, alpage (Vallée des Ardoisières, Morzine, Chablais, Haute-Savoie).

D´une racine *morcl- :
Morcles, terrulam Morcles en 1043, Morcle en 1504, Morclaz en 1801, village (Lavey-Morcles, district d´Aigle, Vaud), nom monté à la Grande Dent de Morcles, sommet, 2969m (Bex, district d´Aigle, Vaud, Fully, district de Martigny et Collonges, district de Saint-Maurice, Valais), et à la Petite Dent de Morcles, sommet, 2929mm (Bex et Lavey-Morcles, district d´Aigle, Vaud, et Collonges, district de Saint-Maurice, Valais).

Avec le suffixe -an :
Morclan, pâturage (Collombey-Muraz, district de Monthey, Valais) ;
Le Morclan, pâturage (Châtel, Val d´Abondance, Haute-Savoie).


Morarda
La Morarda, ferme isolée de la commune de Charmey (District de la Gruyère, Fribourg), par féminisation d´un patronyme Morard attesté dans la région.

Moras
Commune et village de L´Isle-Crémieu (Crémieu, arrondissement de la Tour-du-Pin, Isère), Moras au XIIIème siècle, du franco-provençal mouro, « mamelon de terrain », avec un suffixe augmentatif -as [Nègre 1990].

Morat-Savaraux
Lieu-dit de la commune de Morat (District du Lac, Fribourg), où Savaraux peut être une variante du patronyme Savariaux attesté, ou un dérivé de l´ancien français savart, « terre non cultivée, friche ».

Morbey, Morbez, Morbié, Morbier
Composé de mort et de dérivés de Bief, pour désigner un cours d´eau disparu ou asséché.
Morbey, forêt (Bonvillars, district de Grandson, Vaud) ;
Morbez, lieu-dit (Corban, district de Delémont, Jura) ;
Le Morbié, ruisseau temporaire affluent de l´Isère, nom monté au Mont Morbié, 1542m (Saint-Jean-de-la-Porte, Combe de Savoie, Savoie) ;
Morbier, commune et village, anciennement Mort-Bief (Morez, arrondissement de Saint-Claude, Jura).

Morcel, Morcelas, Morceles, Morces, Morcés,
Morcès
Vieux français morcel, morsel, « pièce de terre, parcelle de terrain d´un seul tenant ».
Grand Morcel, lieu-dit (Vallorbe, district d´Orbe, Vaud) ;
Forêt du Morcel (Souboz, district de Moutier, Jura bernois) ;
Les Morceles des Seytorées, lieu-dit (Payerne, Vaud).
Avec le suffixe collectif patois -a, -é :
Sur les Morcelas, lieu-dit (Courchapoix, district de Delémont, Jura).

Formes patoises :
Les Morces, alpage (Breuil, Valtournenche, vallée d´Aoste) ;
Les Morcés, lieu-dit (Courtételle, district de Delémont, Jura) ;
Les Morcès, lieu-dit (Courfaivre, district de Delémont, Jura).


Morcy
Hameau de la commune de Thonon-les-Bains (Bas-Chablais, Haute-Savoie), probablement d´un nom de domaine d´origine gallo-romaine *Morciacum, dérivé avec le suffixe -acum du nom d´homme Morcius.

Moré, Morée
Ancien français moree, « marécage », moyen bas allemand môr, germanique *môra, « marais ».
Le Moré, lieu-dit (Courfaivre, district de Delémont, Jura) ;
Pré Moré, lieu-dit (La Sarraz, district de Cossonay, Vaud) ;
La Morée, maison isolée, et Petite Morée, lieu-dit (Glovelier, district de Delémont, Jura).

Mörel, Morge, Morges, Morgette, Morgex,
Morgins, Morguenet
Noms issus de la racine celtique *morg, par métathèse de *mrog, issu de la racine indo-européenne *mer[e]g-, « frontière, démarcation, limite », à l´origine du latin margo, marginis, « bord, bordure, borne frontière, rive », français marge, et du germanique *mark, « frontière », ancien haut allemand marca, marcha, « district, marche », français marche, avec influences réciproques.
Morgex, commune et village de la vallée d´Aoste, Morgia dans les documents les plus anciens, puis Moriacium, Moriacium, Morgiasso, et Morges ; les noms romains Morgantia [Tite-Live], Morgentia [Silius Italicus], et Morgantium [Strabon], parfois attribués à cette localité, semblent se rapporter en fait à une ancienne ville de Sicile ;
Morgins, Morgens en 1156, Morgen vers 1720, village, et Lac de Morgins tous dans le Val de Morgins, où coule la Vièze de Morgins, lieu-dit (Troistorrents, district de Monthey, Valais), et Pas de Morgins, 1382m, col avec la France (Troistorrents, district de Monthey, Valais, et Châtel, Chablais, Haute-Savoie).
Vieux français morge, « rivière limitrophe » :
Morge, Morges sur la Carte Nationale, hameau (La Salle, vallée d´Aoste) ;
La Morge, Morgia aux XIIème et XIIIème siècle, cours d´eau affluent du Léman, qui traverse Saint-Gingolph, à la frontière entre la Haute-Savoie et le Valais, et les lieu dérivés L´Au de Morge, devenu L´Eau de Morge (carte Dufour) et Laudemorge (carte Siegfried), pâturage, Nant deMorge, ravin (Saint-Gingolph, district de Monthey, Valais) ;
La Morge, Morgia du Xème au XIIIème siècle, (Conthey et Sion, Valais) ;
Morges, première mention tempore quo Morgia constructa est en 1288 ou 1297, Morgyz en 1328, ancien nom allemand Morsee, ville, commune et district (Vaud), et La Morges, cours d´eau affluent du lac Léman qui traverse la ville de Morges (District de Morges, Vaud).

Diminutifs avec les suffixes -et, -ette :
La Morgette, hameau sur la Morges (Chigny, district de Morges, Vaud) ;
Le Morguenet, ruisseau affluent du Seyon (Engollon et Fontaines, district du Val-de-Ruz, Neuchâtel).

Forme alémanisée au XVème siècle [Guex] :
Mörel, commune et village (District de Rarogne, Valais).


Morenges, Morens
Noms d´origine burgonde, dériveraient d´un primitif *Môringos, d´un anthroponyme germanique *Maur [Stadelmann], issu du latin Maurus, « Maure, Africain ».
Morenges, nom français de Mörigen et Morigen en 1196, Murigen en 1234, Morans en 1256, Moringe en 1264, Moirenges en 1278 (District de Nidau, Berne) ;
Morens, Morens en 1142 et 1319, Moreins en 1228, Mourin en 1497, Morrens en 1692, Morans en 1712, Morin en 1832, commune et village (District de la Broye, Fribourg).

Morestel, Morêtel-de-Mailles
D´un nom de personne Maurestellus, Morestellus diminutif de Maurus, « Maure », pour une personne de peau sombre, cf. le latin morulus, « noir (de peau) ».
Morestel, Morestel au XIème siècle, Morestellum au XIIème siècle, canton, commune et village de L´Isle-Crémieu (Arrondissement de la Tour-du-Pin, Isère) ;
Morestel, lieu-dit (Neuville-sur-Ain, Bresse, Ain) ;
Morestel, lieu-dit (Veurey-Voroize, Pays grenoblois, Isère) ;
Morêtel-de-Mailles, Morestel au XIIIème siècle, ecclesia Morestelli au XIVème siècle, Morétal en 1921.

Morette, Morettes
Probablement de l´adjectif oïl morette, « brun foncé », en parlant de l´eau.
Morette, commune et village du Sud du Grésivaudan (Saint-Méen-le-Grand, arrondissement de Grenoble, Isère) ;
Pont de Morette, sur le Fier (Thônes, Bornes, Haute-Savoie) ;
Pont de Planche Morette, sur le Coisin (Villard-d´Héry, Combe de Savoie, Savoie) ;
Les Pontets Morettes, hameau (Flumet, Val d´Arly, Savoie).

Morez
Canton, commune et village de l´arrondissement de Saint-Claude, Jura. Ce nom remonte à Etienne Moral qui y implanta en 1563 les premières industries utilisant l´énergie de la Bienne. Première mention au XVIème siècle sous le nom de Combe-Noire, puis Combe-à-Morel.

Morgne, Morgnieu, Mornay
Noms de domaines d´origine gallo-romaine dérivés du gentilice Mornius.
Par féminisation :
Bois de la Morgne, Terra de Mornia en 1141, Silva que dicitur Mornia vers 1150, Costa de Mornia en 1250, forêt (Lompnas, Bugey, Ain).

D´un primitif [fundus] Morniacus dérivé avec le suffixe -acus :
Morgnieu, Morniacus en 1359, Morniou en 1385, Mornieu en 1650, Morgnieux en 1808, hameau (Ceyzérieu, Bugey, Ain) ;
Mornay, de Moornaco en 1164, Mornacus en 1176, Mornais en 1250, castrum de Mornay en 1246, Morniacus en 1515, commune jusqu´en 1973 et village (Nurieux-Volognat, Haut-Bugey, Ain).


Morgnes
Les Morgnes, hameau de la commune de Bagnes (District d´Entremont, Valais), Monnioz et Morgnioz en 1684, Mornioz en 1725, dont le nom viendrait d´un patronyme Monnio correspondant au français Moine [Fellay].

Morille
Forêt de la Morille, lieu-dit de la commune d´Orvin (District de Courtelary, Jura bernois), de morille, nom de divers champignons de la famille des morchellacées, nom emprunté au bas latin *mauricula, dérivé de maurus, « maure », puis « brun foncé », en raison de sa couleur.

Morinavaux
Maison isolée de la commune de Thierrens (District de Moudon, Vaud), paraît être une composé d´un patronyme Morin et de Avaux.

Morlatte
La Morlatte, lieu-dit de la commune de Pleigne, district de Delémont (Jura), patois jurassien morlatte, « poutre, madrier », en particulier « poutre sous un plancher de plain-pied », de l´allemand Mauerlatte. [Prongué].

Mormontan
Colline boisée de la commune de Yens (District de Morges, Vaud), Montmettan et Montmontant en 1263, Mormontant en 1906, probablement Mont avec un patronyme.

Mornens
Mornens, hameau de la commune de Champvent, et Sur Mornens, lieu-dit de la commune d´Orges (District d´Yverdon, Vaud), nom d´origine burgonde attesté en 1011, pourrait dériver d´un primitif *Moriningos, « chez les Moriningi », dérivé du nom propre Morino [Jaccard].

Mornex
Nom de domaine d´origine gallo-romaine Modernacum, dérivé avec le suffixe -acum du cognomen Modernus, « moderne ».
Mornex, Modernacum in fine Runingorum en 920, Mornay en 1198, Mornai en 1238, ancien village situé près de Montbenon, sur l´actuelle commune de Lausanne ; une rue de Lausanne rappelle ce nom (Vaud) ;
Mornex, lieu-dit (Satigny, Genève) ;
Mornex, hameau (Saint-Jean-de-Gonville, Pays de Gex, Ain) ;
Mornex, Mornaco en 1137, Maorna en 1153, Mornay en 1398 (l´hypothèse selon laquelle ce toponyme viendrait de morne, « colline », n´est pas plausible, ce nom n´apparaissant en français qu´au XVIIème siècle), et Bas Mornex, hameaux (Monnetier-Mornex, Genevois, Haute-Savoie).

Morre, Mourre
De l´occitan morre, francisé en ancien français mourre, « museau, nez, groin », racine pré-indo-européenne *murr-, désigne par métaphore une colline en forme de nez, une éminence arrondie. Ce terme provençal a débordé en Maurienne.
La Morre du Chapeau Blanc, falaises rocheuses (Bessans, Haute-Maurienne, Savoie) ;
Mourre du Gros Mollard, lieu-dit (Termignon, Haute-Maurienne, Savoie) ;
Mourre de la Bourgeat, maison isolée (Termignon, Haute-Maurienne, Savoie).

Morrens
Commune et village vaudois du district d´Echallens, nom actuel attesté en 1147, Morrans en 1272, nom d´origine burgonde qui dériverait d´un primitif *Môderingos, « chez les Môderingi », dérivé du nom propre Moder [Perrenot].

Mort, Mourin
Petit sommet, du gaulois *more, « tertre », pré-latin *mourr.
Mont Mort, sommet, 2867m, et Petit Mont Mort, sommet, 2820m, par redondance, probablement de même origine (Bourg-Saint-Pierre, district d´Entremont, Valais, et Saint-Rhémy-en-Bosses, vallée d´Aoste) ;
Le Mourin, sommet, 2766m, nom descendu à la Chaux de Mourin, pâturage (Bourg-Saint-Pierre, district d´Entremont, Valais).

Mort, Morta, Mortalle, Mortauve, Morte,
Morteau, Mortes, Morts
Du français mort, du latin mortuus, même sens. Désigne parfois un endroit où l´on a découvert des sépultures anciennes.
Lac Mort, lac de montagne (Bionaz, vallée d´Aoste) ;
Plan de la Bonne Mort, pâturage où une bataille aurait opposé les Valdôtains et les Valaisans au XIème siècle, bataille qui aurait tourné à l´avantage des premiers, nom monté au Col de la Bonne Mort, 2640m, et à la Pointe de la Bonne Mort, 2702m (Ollomont, vallée d´Aoste) ;
Pra la Mort, maisons isolées (Lucens, district de Moudon, Vaud) ;
Sex Mort, sommet, 2935m, nom allemand Tothorn, sommet, 2935 (Mollens et Randogne, district de Sierre, Valais, et Berne) et Col du Sex Mort, 2850m, nom allemand Rezlipass (Randogne, district de Sierre, Valais, et Berne) ;
Aiguille du Mort, 2499m, Glacier du Mort, sans doute en souvenir d´un accident fatal (Aiguilles Rouges, vallée de Chamonix, Haute-Savoie) ;
La Morte, tenementum Mortua au XIIIème siècle, Mons de Morta au XIVème siècle, commune et village du Valbonnais (Valbonnais, arrondissement de Grenoble, Isère) ;
La Morte, ferme isolée (Misery-Courtion, district du Lac, Fribourg) ;
La Femme Morte, lieu-dit (Château-Gaillard, Bugey, Ain) ;
Vieille Morte, lieu-dit (Les Clées, district d´Orbe, Vaud) ;
Ville Morte, lieu-dit (Larringes, Chablais, Haute-Savoie) ;
Bois des Mortes, avec Les Mortes de Montagnat et Les Mortes des Rippes, forêts (Montagnat, Bresse, Ain) ;
Chemin des Vieilles Mortes, lieu-dit (Le Locle, Neuchâtel) ;
Bois des Morts, forêt (Neyruz, district de la Sarine, Fribourg) ;
Champ des Morts, tombes burgondes (Chèvres, Bernex, Genève) ;
Combe des Morts, lieu-dit (Bourg-Saint-Pierre, district d´Entremont, Valais) ;
Couloir des Morts, ravin (Samoëns, Faucigny, Haute-Savoie) ;
Croix des Morts, lieu-dit (Sembrancher, district d´Entremont, Valais) ;
Marais de la Pierre au Mort, anciennement Gouille au Mort, où un carrier trouva la mort, entraîné par une meule (Fillinges, Genevois, Haute-Savoie) ;
Plan des Morts, lieu-dit en forêt (Vercorin, Chalais, district de Sierre, Valais).
Diminutifs avec les suffixes -alle, -au :
La Mortalle, hameau (Autigny, district de la Sarine, Fribourg) ;
Morteau, lieu-dit (Damphreux, district de Porrentruy, Jura) ;
Morteau, Mortua Aqua en 1107, commune et ville (Pontarlier, Doubs).

Avec un suffixe indéterminé :
Mortauve, lieu-dit (Bévilard, district de Moutier, Jura bernois).

Formes patoises :
La Morta, maisons isolées en clairière (Saint-Gingolph, Chablais, Haute-Savoie).


Mort
Nom associé à un endroit particulièrement dangereux, et auquel on associe des légendes terrifiantes.
Echelle de la Mort, lieu-dit en forêt (Bressaucourt, district de Porrentruy, Jura) ;
Les Echelles de la Mort, à l´origine poteaux de bois avec des échelons traversants, puis échelles de bois à deux montants, aujourd'hui en métal, qui relient le plateau au Doubs, qui coule ici dans une gorge profonde, et où une femme juive injustement accusée d´un larcin aurait trouvé la mort en essayant de rejoidre son fils, auteur du larcin ; ces échelles étaient surtout utilisées par des contrebandiers (Charquemont, Maîche, Jura) ;
Moulin de la Mort, ruines situées en face des Echelles de la Mort, où selon la légende les meuniers précipitaient les passants dans le Doubs après les avoir détroussés (Les Bois, district des Franches-Montagnes, Jura).

Mortaigue, Mortigue
Hydronyme, l´« eau morte », latin mortuus, « mort », avec le suffixe -igue, cours d´eau au débit lent, au cours paisible.
Rue de Mortaigue (Yvonand, district d´Yverdon, Vaud) ;
La Mortigue, aussi La Mortaigue en 1906, affluent du Grenet (Forel, district de Lavaux, Vaud) ;
La Mortigue, La Morte-Aigue en 1867, affluent du Talent (District d´Echallens, Vaud).

Mortaray, Mortaret, Mortier
Ces noms pourraient désigner un terrain marécageux, humide.
Français mortier, « auge de maçon » :
Mortier, lieu-dit (Givrins, district de Nyon, Vaud) ;
Le Mortier, lieu-dit (Pollieu, Bugey, Ain) ;
Terre de Mortier, Terra del Morter en 1261, ancien territoire dans la région de Satigny (Genève).

Bas latin *mortaretum, « endroit où il ya des auges » :
Le Mortaray, Mortarey en 1356, Morterey en 1536, hameau (Saint-Alban, Haut-Bugey, Ain) ;
Le Mortaray, lieu-dit (Meximieux, Dombes, Ain) ;
Le Mortaret, maison isolée(Leyssard, Haut-Bugey, Ain).


Mortaterre, Morterre
Probablement une morte terre, une bien mauvaise terre, une terre inculte.
Mortaterre, lieu-dit (Thierrens, district de Moudon, Vaud) ;
Morterre, lieu-dit (Prêles, district de la Neuveville, Jura bernois).

Mortavieille
Lieu-dit de la commune de la Folliaz (District de la Glâne, Fribourg), composé de Morta et Vieille.

Mortay, Mortays, Morteys, Morthey
Selon Kraege 1999, Morteys serait issu du latin mortarium, « auge de maçon », et désignerait ici une vallée en auge.
Mortay, lieu-dit (Bagnes, district d´Entremont, Valais) ;
Les Mortays, pâturage (Mauvoisin, Bagnes, district d´Entremont, Valais) ;
Les Morteys Dessous et Les Morteys Dessus, alpages, Riau des Morteys, cours d´eau, nom monté à la Selle des Morteys, col, 2129m (Charmey, district de la Gruyère, Fribourg) ;
Morthey, hameau (Ovronnaz, Leytron, district de Martigny, Valais).

Morte
1. Cours d´eau qui coule lentement, dans un endroit plat. Vieux français mort, « qui ne coule point, stagnant ».
La Morte, cours d´eau canalisé (Les Verrières, district du Val-de-Travers, Neuchâtel) ;
La Morte, cours d´eau affluent du Rhône (Saint-Benoît, Bugey, Ain) ;
Morte aux Joncs, ruisseau temporaire affluent de l´Ain (Varambon, Bresse, Ain) ;
La Morte Fangée, cours d´eau affluent du Seymard (Saint-Maurice-de-Rémens, Bugey, Ain).
Voir aussi Eaumorte.

Terre de faible rapport, inculte :
Morte Terre, lieu-dit (Fregiécourt, district de Porrentruy, Jura).


Mortenaz, Mortine, Mortines, Murtines
Mot régional qui désigne une sorte de schiste plus friable que l´ardoise [Constantin].
La Mortine, arête schisteuse, ancien nom du Buet (Le Buet, vallée du Trient, Haute-Savoie) ;
Les Mortines, hameau (La Giettaz, Val d´Arly, Savoie) ;
Les Murtines, hameau (Cordon, Haut-Faucigny, Haute-Savoie).
Peut-être une forme patoise de même origine :
Mortenaz, maison isolée (Arâches-la-Frasse, Faucigny, Haute-Savoie).


Morte Pierre
La Morte Pierre, lieu-dit de la commune de Corcelles, district de Moutier (Jura bernois), nom populaire du grès poreux [Roche].

Morte Roche
Morte Roche, lieu-dit de la commune d´Eschert, et Sous Morte Roche, lieu-dit de la commune de Grandval (District de Moutier, Jura bernois), probablement synonyme de Morte Pierre.

Mortivue
La Mortivue ou La Mortive, cours d´eau affluent de la Broye qui traverse Semsales (District de la Veveyse, Fribourg), dont le nom signifie « l´eau morte », latin mortuus, « mort », avec le suffixe -ive, -ivue, bien que les crues de ce torrent soient redoutées.

Mortruz
Le Mortruz, affluent du canal de la Thielle (Cressier, Neuchâtel), le « ruisseau mort », voir ru. Cette explication ne satisfait pas Jaccard, le cours de ce ruisseau étant trop rapide. Il y voit un ancien Martis rivellus, qui tirerait son nom d´un hypothétique temple dédié à Mars.

Morvau
Gros Morvau, maison isolée, et Petits Morvau (sic), lieu-dit de la commune de Charmey (District de la Gruyère, Fribourg), Morval en 1134, Morvas en 1146, Morvaux en 1198, Morvaut en 1249, Morvauz en 1285, soit mort val, « vallée morte ».

Morvin, Morvins
Pourraient être d´anciens [fundus] *Morvinus, comme le Morvan, en Bourgogne, qui est un ancien Morvinus pagus.
Morvin, hameau, et Bois de Morvin, colline boisée (Pierrafortscha, district de la Sarine, Fribourg) ;
Les Morvins, lieu-dit (Le Châtelard, district de la Glâne, Fribourg).

Mosinges
Village de la commune de Cran-Gevrier (Annecy, Haute-Savoie), anciennement Mouzinge, nom d´origine burgonde qui dériverait d´un primitif *Mûsingum, « chez les Mûsingi », dérivé du nom propre Musa [Perrenot], ou du germanique *meusa, musa, « marécage, lieu où pousse la mousse ».

Mossalana, Mossay, Mosse, Mosseires, Mossenière,
Mosses, Mossetta, Mossette, Mossettes, Mossières,
Mosson, Mouchy, Moussanet, Mousse, Mousses,
Mousset, Moussière, Moussières, Moussion, Moussu,
Mussillon
Terre humide, en partie marécageuse, lieu moussu, ancien français mossu, « moussu », roman mosse, « terrain marécageux, moussu », germanique *mosa, latin muscus, « mousse », mucere, « être moisi ». Mots régionaux suisses mosse, mossette, mossère, mosson, « terrain humides marécageux » [Pégorier].
Français mousse, « plante cryptogame herbacée, aux tiges menues, courtes et serrées, de couleur le plus souvent verte, qui vit sur les sols, les pierres, les troncs d´arbre, etc., où elle se multiplie pour former une couche épaisse » :
Mousse, aussi Mouce, alpage (Blonay, district de Vevey, Vaud) ;
Les Mousses, hameau (Cuarnens, district de Cossonay, Vaud).

Ancien français mosse, « mousse » :
La Mosse, maison isolée (La Verrerie, district de la Veveyse, Fribourg) ;
Contour de la Mosse, lieu-dit (Le Sépey, Les Ormonts-Dessous, Vaud) ;
Les Mosses, villagium de la Mossy en 1429, ancien nom allemand Aelenmöser, « marais d´Aigle », lieu-dit, Col des Mosses, 1445m, Communs des Mosses et Plaines Mosses, lieux-dits (Ormonts-Dessous, district d´Aigle, Vaud).

Diminutifs avec les suffixes -et, -etta, -ette :
La Mossetta, lieu-dit en forêt (Gruyères, district de la Gruyère, Fribourg) ;
La Mossette, maison isolée (L´Etivaz, Château-d´Oex, Pays-d´Enhaut, Vaud) ;
Les Mossettes, pâturage (Vallon de l´Hongrin, Château-d´Oex, Pays-d´Enhaut, Vaud) ;
Pointe des Mossettes, sommet, 2277m (Les Crosets, Val-d´Illiez, district de Monthey, Valais) ;
Moussanet, hameau (Challand-Saint-Anselme, vallée d´Aoste) ;
Les Moussets, lieu-dit (L´Etivaz, Château-d´Oex, Pays-d´Enhaut, Vaud).

Avec le suffixe diminutif -on :
Mosson, maisons isolées en clairière (Conthey, Valais) ;
Moussion, alpage (Verchaix, Faucigny, Haute-Savoie).

Double diminutif avec le suffixe -illon :
Mussillon, lieu-dit en forêt (Arâches-la-Frasse, Faucigny, Haute-Savoie).

Noms collectifs avec les suffixes -eire, -ière :
Les Mosseires, lieu-dit (Bulle, district de la Gruyère, Fribourg) ;
La Mossenière, lieu-dit (Miécourt, district de Porrentruy, Jura) ;
Les Mossières, lieu-dit (Bière, district d´Aubonne, Vaud) ;
La Moussière, hameau (Saint-Jean-d´Aulps, vallée de la Dranse, Haute-Savoie) ;
La Grande Moussière, in villagio de la Mosseri en 1275, Mosseria en 1443, Mossiere en 1749, hameau, et La Petite Moussière, maison isolée (Biziat, Dombes, Ain) ;
Les Moussières, ruines (Le Petit-Abergement, Valromey, Ain).

Avec le suffixe collectif -y :
Lac de Mouchy, dans une zône marécageuse (Savièse, district de Sion, Valais).

Avec le suffixe collectif -ay, mais ce pourrait être une altération de Mottay, nom attesté dans la région :
Le Mossay, lieu-dit en forêt (La Baume, vallée de la Dranse, Haute-Savoie).

Avec le suffixe -ana, forme patoise de -aine :
Mossalana, lieu-dit (Hermenches, district de Moudon, Vaud).

Français moussu, « couvert de mousse » :
Plan Moussu, pâturage (Susanfe, Evionnaz, district de Saint-Maurice, Valais).

Voir aussi Emosson.


Mossard, Motses, Motta, Mousse
Comme adjectifs, ces mots ont le sens d´émoussé, et qualifient un sommet arrondi.
Les Crêtes Motses, bosses arrondies (Fionnay, Bagnes, district d´Entremont, Valais) ;
L´Avouille Mousse, « l´aiguille émoussée », ancien nom du Mont Oreb (Aiguilles Rouges, Haute-Savoie).
Avec le suffixe -ard :
Sex Mossard, « rocher arrondi », antécime de la Douve, 1891m (Château-d´Oex, Pays-d´Enhaut, Vaud).

Peut-être un patronyme Mossard :
Fin de Mossard ou Fin du Mossard, maisons isolées (Courgevaux, district du Lac, Fribourg).

Formes patoises :
Becca Motta, « bec émoussé », sommet, 3042m, nom passé au Glacier de Becca Motta (Champagny-en-Vanoise, Vanoise, Savoie).


Mota, Motau, Motet, Moteyres, Mothe,
Motta, Mottâ, Mottau, Mottaz, Motte,
Mottec, Mottes, Mottès, Motteux, Mottex,
Mottey, Motti, Mouthe
Motte, « tertre fortifié », devenu « lieu de campagne, terre labourée ».
Français motte, « butte, éminence isolée, naturelle ou artificielle » :
La Motte, nom allemand Löwenberg « montagne du lion », hameau (Morat, district du Lac, Fribourg) ;
La Motte, hameau (Passy, Haut-Faucigny, Haute-Savoie) ;
La Motte, nom patois La Miota, hameau (Ocourt, district de Porrentruy, Jura) ;
La Motte, alpage, et Mont la Motte, 1360m (Faverges, Haute-Savoie) ;
La Motte, Mota en 1488, plus récemment La Motte-de-Montfort, village et ancienne commune jusqu´en 1794 (La Motte-Servolex, Chambéry, Savoie) ;
La Motte-d´Aveillans, Parrochia Mote de Avellans au XVème siècle, commune de la Matheysine (La Mure, arrondissement de Grenoble, Isère) ;
La Motte-en-Bauges, Cura de Mota vers 1344, commune et village des Bauges (Le Châtelard, arrondissement de Chambéry, Savoie) ;
La Motte-Saint-Martin, capella de Mota au XIème siècle, Mota Sancti Martini au XIIIème siècle, Mota Sancti Martini de Mateysina et Mota in Matacena au XIVème siècle commune de la Matheysine (La Mure, arrondissement de Grenoble, Isère), et La Motte-les-Bains, castrum de Mota au XIIème siècle, château et établissement thermal dans la même commune ;
Tête Motte, avant-sommet du massif des Dents du Midi, 2626m (Mex, district de Saint-Maurice, Valais) ;
Champ des Mottes, lieu-dit (Thyez, Faucigny, Haute-Savoie) ;
Les Mottes, hameau (Montfaucon, district des Franches-Montagnes, Jura) ;
Pré des Mottes, maison isolée (Bas-Vully, district du Lac, Fribourg).

Mot régional mottet, « colline arrondie » [Pégorier], avec le suffixe diminutif -et :
Le Motet, sommet 2296m (Passy, Haut-Faucigny, Haute-Savoie).

Vieux français mothe, « motte » :
La Mothe, La Mottaz en 1228, hameau avec ruines d´un château sur une motte naturelle (Vugelles-la-Mothe, district d´Yverdon, Vaud) ;
Mouthe, successivement Muthua, Mutua et Mote en 1536 (Département du Doubs).

Mot régional motta, « tertre peu élevé » [Pégorier]. Patois motta, « motte, tertre, colline » :
Mota Rota, anciennement Motta Rotta, latin rupta, « rompue », rochers au milieu du glacier de Ferpècle (Evolène, district d´Hérens, Valais) ;
Motau, maison isolée (Villarvolard, district de la Gruyère, Fribourg) ;
Le Gros Motau, colline (Morlon, district de la Gruyère, Fribourg) ;
Motta Blantse (Val d´Anniviers, Valais) ;
La Motta, lieu-dit (Autavaux, Vernay, district de la Broye, Fribourg) ;
Le Mottâ, maison isolée (Montricher, district de Cossonay, Vaud) ;
Pra Mottau, hameau (Le Châtelard, district de la Glâne, Fribourg) ;
La Mottaz et Le Mont de la Mottaz, hameaux (Megève, Haut-Faucigny, Haute-Savoie) ;
Bois de la Mottaz, forêt (Hautecour, Tarentaise, Savoie) ;
Rochers de la Mottaz, falaise, et Tré les Mottaz, lieu-dit (Bellevaux, Chablais, Haute-Savoie).

Avec le suffixe collectif -eyre :
Les Moteyres, lieu-dit (Farvagny, district de la Sarine, Fribourg).

Dérivés de motte avec les suffixes collectifs -ex, -ey :
Derrey Mottex ou Derrey Motté, maison isolée (Corminboeuf, district de la Sarine, Fribourg) ;
Le Mottey, maison isolée (Carrouge, district d´Oron, Vaud).

Avec le suffixe -eux :
Motteux, maison isolée (Lucinges, Annemasse, Haute-Savoie).

Avec les suffixes collectifs patois -è, -i :
Les Mottès, maison isolée (Vuisternens-devant-Romont, district de la Glâne, Fribourg) ;
Motti, lieu-dit (Bonvillars, district de Grandson, Vaud).

Avec le suffixe collectif patois valaisan -ec :
Mottec, diminutif, village (Ayer, Val d´Anniviers, Valais).


Motelon, Motélon
Du patois mothèla, « fouine » (Martes foina), latin mustela (mustella), « belette, fouine » [Aebischer], ou diminutif avec le suffixe -on de l´ancien français motel, motele, « petite motte, colline ».
Motelon, alpage (Conthey, Valais) ;
Le Motélon, cours d´eau affluent de l´Arbogne, rivo dou Mostellon en 1406 ; (District de Payerne, Vaud, et district de la Broye, Fribourg) ;
Le Motélon, lieu-dit sur le Motélon (Montagny-les-Monts, district de la Broye, Fribourg) ;
Le Motélon, cours d´eau affluent de la Jogne au lac de Montsalvens, et Vallée du Motélon (Charmey et Estavannens, district de la Gruyère, Fribourg) ;
Motélon d´Amont et Motélon d´Avau, alpages (Montbovon, Haut-Intyamon, district de la Gruyère, Fribourg).

Motiefroid
Forêt de Motiefroid, sur une colline de la commune de Courtemaîche, district de Porrentruy (Jura), de mons, et d´un dérivé de l´anthroponyme germanique *Theofrid, « paix de Dieu » [Prongué], hybride du grec theos, « dieu », et ancien haut allemand fridu, « paix », germanique *friþu, « amour, paix ».

Moton, Motone
Du patois moton, « mouton », du gaulois molton, « bélier ».
Moton, forêt déclive, Sur Moton, lieu-dit et maison isolée, pourrait aussi dériver de mons [Prongué] (Vicques, district de Delémont, Jura) ;
Etang de Motone, Motonaz en 1906, lieu-dit (Savièse, district de Sion, Valais).

Motte
La Motte, sommet de la commune d´Ayent (District d´Hérens, Valais ), 2757m, probablement par métaphore.

Mottet, Mottets, Mottettes
Patronyme Mottet, dérivé de Motte.
Pra Mottet, hameau (Morat, district du Lac, Fribourg) ;
Les Mottets, lieu-dit (Vallée des Glaciers, Les Chapieux, Savoie).
Par féminisation :
Les Mottettes, hameau (Penthéréaz, district d´Echallens, Vaud).


Mottu
Le Mottu, maison isolée de la commune de Châtel-Saint-Denis (District de la Veveyse, Fribourg), patronyme Mottu, sobriquet franco-provençal mottu, « taciturne, fermé, qui ne dit mot », latin mutus, « muet ».

Motz
Commune et village de Chautagne (Ruffieux, arrondissement de Chambéry, Savoie), Cura de Moz vers 1344, anciens noms Mos, Mous et Moux.

Mouche, Mouches
Nom qui désigne de nombreuses sortes d´insectes diptères, en général avec des ailes transparentes.
Trou de la Mouche, tunnel naturel sou la Roche Perfia (Chaîne des Aravis, Haute-Savoie) ;
Crêt des Mouches, sommet, 2033m (Massif de la Tournette, Bornes, Haute-Savoie).

Moudon, Moudonna
Village, commune et district vaudoise de la vallée de la Broye, Minnidunum et Minnodunum à l´époque romaine, vicus Minnodunensis au IIème siècle, Minodunum sur la Table de Peutinger, Castrum Milduni en 1156, Meldon en 1160, Moldone en 1162, Moudon en 1161 et 1238, Meldunum et Mildunum en 1167, Meldun en 1177, Melduns et Meuduns en 1228, Meudons en 1231, Modun et Moldun au XIIème siècle, Meudon en 1249, Meldunum dans les chartes, du gaulois Minnodunos, « colline sacrée de Minnos », de dunon et du théonyme Minnos. Ancien nom allemand Milden.
Moudon, maisons isolées (Villeret, district de Courtelary, Jura bernois) ;
Moudon, maisons isolées (Les Gets, Faucigny, Haute-Savoie) ;
La Moudonna, hameau (Nendaz, district de Conthey, Valais).

Mouet
Mot régional mouet, « petit tas ».
Le Mouet, petit sommet à la frontière française, 1937m (Vionnaz, district de Monthey, Valais), et Chalets du Mouet, alpage (Châtel, Val d´Abondance, Haute-Savoie).
Voir aussi Mulets.


Mouettes
Les Mouettes, lieu-dit de la commune d´Ugine (Val d´Arly, Savoie), du patronyme attesté Mouette, plutôt que de l´oiseau.

Mouillard
Vacherie Mouillard, lieu-dit de la commune de Courgenay (District de Porrentruy, Jura), avec le patronyme Mouillard de même origine que Mouille.

Moulanais
Aux Moulanais, lieu-dit de la commune de Vandoeuvres, et Le Moulanais, ruisseau affluent de la Seymaz partiellement couvert (Chêne-Bougeries et Vandoeuvres, Genève), peut-être à rapprocher de Moulin, ou de Mouille.

Moule
Le Moule, lieu-dit en forêt de la commune de la Chaux-de-Fonds (Neuchâtel), peut-être à rapprocher de Mouille, mais le masculin évoque plutôt le mot régional moule, mesure de capacité pour le bois.

Moulin-Affamaz
Moulin-Affamaz ou Moulin-Afama, maison isolée de la commune fribourgeoise de Massonnens, district de la Glâne, patois affamâ, « affamé », sans doute un moulin qui ne nourrissait pas son meunier.

Moulin-de-Saint-Jean
Ancien moulin de la commune de Saint-Jean-de-Gonville (Pays de Gex, Ain), Molendinum Sancti Johannis en 1332.

Mourfrey
Ferme isolée de la commune du Mouret, district de la Sarine (Fribourg), « colline froide », composé de Mour et Frey.

Mourti, Mourty
Patois valaisan mourti, « mortier », c´est-à-dire ici « éboulis, sables et graviers » [Guex], rocher ayant l´apparence du mortier.
Mourti, alpage, Torrent de Mourti, affluent de la Borgne de Ferpècle, nom monté aux Pointes de Mourti, 3529m et 3564m, au Col de Mourti, 3259m, et au Glacier de Mourti (Evolène, district d´Hérens, et Val de Moiry, Grimentz, district de Sierre, Valais) ;
Rochers de Mourti, chaînon, 3277m, Col de Mourti, 2908m et Glacier de Mourti (Hérémence, district d´Hérens, Valais) ;
Le Mourty, lieu-dit en forêt (Saint-Martin, district d´Hérens, Valais).

Mousquines
Les Mousquines, quartier de Lausanne (Vaud), par féminisation d´un patronyme Musiquin, famille qui avait des terres en ce lieu [Bossard].

Moussillon
Combe du Moussillon, hameau de la commune du Chenit (Vallée de Joux, Vaud), d´un mot régional moussillon qui signifie à la fois « moucheron » et « mousseron ».

Moussoux
Les Moussoux, faubourg de Chamonix (Vallée de Chamonix, Haute-Savoie), du patronyme Moussoux.

Moutelette
La Moutelette, lotissement de la commune de Veigy-Foncenex (Bas-Chablais, Haute-Savoie), soit de l´ancien français moustelette, « petite belette », avec le suffixe diminutif -ette, du latin mustela, « belette », soit par féminisation d´un patronyme Moutelet, rare et probablement de même origine.

Moutonnerie, Moutonnière
Endroit où l´on élève, où l´on fait paître des moutons. Le mot « mouton » est issu du gaulois molton, « bélier ».
Avec le suffixe d´action -erie :
La Moutonnerie, lieu-dit (Estavayer-le-Lac, district de la Broye, Fribourg) ;
Moutonnerie, ferme isolée (Saint-Triphon, Ollon, district d´Aigle, Vaud).

Avec le suffixe d´action -ière :
La Moutonnière, lieu-dit en forêt aux Voirons (Boëge, Vallée Verte, Haute-Savoie) ;
La Grande Moutonnière, sommet, 2415m (Arvillard, Val Gelon, Savoie) ;
Domaine de la Moutonnière, château (Villette-sur-Ain, Dombes, Ain) ;
Les Moutonnières, lieu-dit (Laiz, Bresse, Ain).


Movelier
Commune et village du canton du Jura, district de Delémont, nom allemand actuel Moderswiler, anciennement Moderswilre ou Moderswyler en 1188, de l´anthroponyme germanique *Modhari, du germanique *môda, « humeur », et *harja, « guerrier », avec le suffixe -velier [Besse] ;
Combe de Movelier, lieu-dit (Movelier, district de Delémont, Jura).

Moyon
Clos Moyon, maison isolée de la commune de Semsales (District de la Veveyse, Fribourg), avec un patronyme Moyon.

Mucelle, Mussel
Probablement un ancien domaine gallo-romain nommé d´après un romain Mucellus, surnom, du latin archaïque mucellus, « un peu maigre ».
D´un primitif [villa] Mucella :
Mucelle, hameau (Challex, Pays de Gex, Ain).

D´un primitif [fundus] Mucellus :
Mussel, De Mucellis et Mucez au XIVème siècle, hameau (Bellegarde-sur-Valserine, Michaille, Ain).


Muellera, Mullera
Par féminisation d´un patronyme Muller, Müller attesté dans la région.
La Muellera ou La Mullera, ferme isolée (Pont-la-Ville, district de la Gruyère, Fribourg) ;
La Mullera, hameau (Courtepin, district du Lac, Fribourg).

Muetta
La Muetta, maison isolée de la commune de Vaulruz (District de la Gruyère, Fribourg), probablement par féminisation d´un sobriquet Muet.

Muguet
Français muguet, plante des sous-bois (Convallaria majalis) de la famille des liliacées.
Le Muguet, lieu-dit en forêt (Sonvilier, district de Courtelary, Jura bernois) ;
Chemin de la Pierre à Muguet, d´un lieu-dit nommé Murguet en 1696, nom patois du muguet, ou peut-être est-ce une remotivation de Murger, « tas de pierres » ou « mur en pierres sèches » (Monthey, Valais).

Muids
Le Muids, hameau de la commune d´Arzier (District de Nyon, Vaud), villa Muciatis entre 962 et 993, grangia que dicitur au Muis en 1250, Grangie dou Mois en 1266, de Muciatis dérivé du gentilice Mucius avec le suffixe d´appartenance -atis. La forme actuelle Muids est une remotivation.

Mulimatta
La Mulimatta, maisons isolées en clairière de la commune du Mouret (District de la Sarine, Fribourg), composé de l´alémanique Muli, « moulin », et Matta, « prairie ».

Murande
La Murande, maison isolée de la commune de Trélex (District de Nyon, Vaud), par féminisation d´un patronyme Murand attesté.

Murat, Muratte
Ancien français murat, « muraille », ou patronyme Murat [Notice sur la Vallée du Lac de Joux, Lucien Reymond, 1864].
Murat, lieu-dit (Goumoëns-la-Ville, district d´Echallens, Vaud).
Par féminisation :
La Muratte, lieu-dit (Les Charbonnières, district de la Vallée, Vaud).


Mur de la Côte
Endroits particulièrements raides, l´un sur la voie du Combin de Grafeneire, l´autre sur la voie du Mont Blanc depuis le Mont Maudit. Nom récents, par métaphore.

Murianette
Commune et village du Pays grenoblois (Domène, arrondissement de Grenoble, Isère), Moriana villa au Xème siècle, ecclesia Maurianeta au XIème siècle, d´un nom de domaine d´origine gallo-romaine avec le nom d´homme romain Maurianus, avec un suffixe épithétique.

Muriaude, Muriaux
La Muriaude, probablement par féminisation du nom de la commune de Muriaux, lieu-dit (La Chaux-des-Breuleux, district des Franches-Montagnes, Jura) ;
Muriaux, commune et village jurassiens du district des Franches-Montagne, Murival, en 1301, Mireval en 1315, puis Mervaux, Murval, nom dérivé de l´ancien français mirer, « regarder, se refléter », et vaux, « val ». Le nom allemand Spiegelberg, « montagne du miroir » est presque de même sens.

Murist
Commune et village fribourgeois du district de la Broye, Muris en 1229, selon Aebischer ce serait un dérivé de l´anthroponyme latin Mauricius. La commune de Murist a absorbé les anciennes commune de Franex, Montborget et La Vounaise.
Roche Murist, lieu-dit en forêt (Châtillon, district de la Broye, Fribourg).

Musardes
Les Musardes, hameau de la commune de Saint-Didier-de-Formans (Dombes, Ain), par féminisation d´un patronyme Musard, ou si le nom primitif est bien Les Nuzardes comme mentionné par Philipon, par féminisation d´un patronyme Nuzard.

Musièges
Commune et village du Val des Usses (Frangy, arrondissement de Saint-Julien-en-Genevois, Haute-Savoie), anciennement Musiacum, Mugzium, voire Mons Jesu, puis Cura de Musegio vers 1344, Musiège au XIXème siècle, d´un nom de domaine d´origine gallo-romaine Musiacum, dérivé avec le suffixe -acum du gentilice *Musius.

Musin, Muzin
Probablement un ancien domaine gallo-romain [fundus] Mutianus ou plus probablement [fundus] Musinus.
Musin, In Mutiano en 861, Villa de Musino au XIVème siècle, Muzin en 1911, hameau (Magnieu, Bugey, Ain) ;
Muzin, De Muysino au XIIIème siècle, hameau (Champagne-en-Valromey, Valromey, Ain).

Musinens
Quartier de Bellegarde-sur-Valserine, ancien nom de la ville, ancienne commune, et château (Bellegarde-sur-Valserine, Michaille, Ain), Cura de Musenens vers 1344, Musinens en Michaille attesté en 1602, Musinant au XVIIIème siècle, nom d´origine burgonde [Perrenot].

Mussillens
Mussillens, hameau (Font, district de la Broye, Fribourg), et lieu-dit en forêt, Sous Mussillens, maisons isolées (Lully, district de la Broye, Fribourg), nom d´origine burgonde.

Muzot
Hameau de la commune de Veyras (District de Sierre, Valais), Mezioth et Meiot en 1226, Mujot en 1238, Myojot en 1260, Moujot en 1293, Mojot en 1454, Musot et Musotte en 1906, nom d´origine inconnue.

Mystère
Ce nom viendrait d´une croix sur laquelle sont représentés les trois mystères chrétiens (la Trinité, l´Incarnation et la Rédemption) [Aebischer].
Le Mystère, maisons isolées (Farvagny, district de la Sarine, Fribourg) ;
Le Mystère, hameau (Vuisternens-en-Ogoz, district de la Sarine, Fribourg).