E

Eau, Eau Claire, Eau Froide, Eau Noire, Eau Pendante,
Eau Rouge, Eau Rousse, Eaux, Eaux Blanches, Eaux Claires,
Eaux Froides, Eaux Noires
Le mot français eau, utilisé en composition avec un adjectif, désigne en général un hydronyme. Il est utilisé pour les torrents principaux, par contraste avec Nant. Voir eau.
Sur l´Eau, maison isolée (Eschert, district de Moutier, Jura bernois) ;
Col de l´Eau, 1710m, par remotivation de l´Aulp [Riant], alpage voisin (La Balme-de-Thuy, Bornes, Haute-Savoie) ;
Eau Claire, maisons isolées en forêt (Bonvillard, Combe de Savoie, Savoie) ;
L´Eau Froide, cours d´eau affluent du lac Léman (District d´Aigle, Vaud) ;
L´Eau Froide, cours d´eau affluent de la Torneresse (L´Etivaz, Château-d´Oex, Pays-d´Enhaut, Vaud) ;
L´Eau Noire, en patois Eve Nèra, cours d´eau affluent du Trient (District de Saint-Maurice, Valais) ;
L´Eau Noire, lieu-dit (Bossey, Genevois, Haute-Savoie) ;
L´Eau Pendante, petite mare suspendue et source réputée très fraîche (Saint-George, district d´Aubonne, Vaud) ;
L´Eau Rouge, source ferrugineuse (Morgins, Val d´Illiez, district de Monthey, Valais) ;
L´Eau Rousse, cours d´eau (La Léchère, Tarentaise, Savoie) ;
Mayens des Eaux, alpage, et Forêt des Eaux (Nendaz, district de Conthey, Valais) ;
Plan des Eaux, alpage (Bonneval-sur-Arc, Haute-Maurienne, Savoie) ;
Le Pré des Eaux, lieu-dit (Courchapoix, district de Delémont, Jura) ;
Sur les Eaux, pierrier (L´Etivaz, Château-d´Oex, Pays-d´Enhaut, Vaud) ;
Les Eaux Claires, quartier, du nom d´un cours d´eau nommé Aqua Clareria au XVème siècle (Grenoble, Pays grenoblois, Isère) ;
Torrent des Eaux Blanches dans la Comba des Eaux Blanches (Ollomont, vallée d´Aoste) ;
Six des Eaux Froides, nom allemand Rawilhorn, sommet, 2905m, et aussi Col des Eaux Froides, 2648m, et Glacier des Eaux Froides (Ayent, district d´Hérens, Valais) ;
Les Eaux Noires, lac (Pralognan-la-Vanoise, Vanoise, Savoie).
Voir aussi Belles Eaux, Bonne Eau, Eau de Bérard, Eaumorte, Eaux-Vives, Grande Eau, Rouge Eau.


Eaumorte, Eau Morte
Ces noms caractérisent des cours d´eau qui coulent lentement, dans un endroit plat. Pour Kraege 1999 ce sont des coursd´eau périodiques, qui se perdent dans la nature à certaines époques de l´années.
Eaumorte, hameau sur le ruisseau du même nom (Avully, Genève) ;
L´Eaumorte, ruisseau qui se jette dans le Rhône sous le nom de Nant des Crues, nommé anciennement Echansène ou Echensène [Régeste Genevois], rivus qui vocatur leschensenes en 1220 (Avully, Genève) ;
L´Eau Morte, cours d´eau affluent du lac d´Annecy, issu d´un marais de la combe de Tamié (Doussard, Pays de Faverges, Haute-Savoie) ;
L´Eau Morte, anciennement piscatera Aqua Mortua appelata de Merdalou, hameau, lac et ruisseau affluent de l´Huert (Les Avenières, L´Isle-Crémieu, Isère).

Eau Vive, Eaux-Vives
Sources jaillissantes, cours d´eau rapide.
L´Eau Vive, lieu-dit (Seynod, Annecy, Haute-Savoie) ;
Les Eaux-Vives, ancienne commune genevoise, maintenant un quartier de la ville de Genève, iuxta nontum Fontium Vivorum en 1442, Aygues Vives au XVIème siècle, d´un lieu-dit au-dessous de Montchoisy où jaillissaient de nombreuses sources.
Eaux-Vives, quartier (Villars-sur-Glâne, district de la Sarine, Fribourg).

Eboulement
Français éboulement, « effondrement d´un terrain ».
L´Eboulement, lieu-dit de la commune de Chamoson, district de Conthey (Valais), où un glissement de terrain s´est produit le 15 janvier 1906.
Aiguille de l´Eboulement, sommet du massif du Mont-Blanc, 3599m, et Col de l´Eboulement, 3434m, à la frontière franco-italienne, où un éboulement exceptionnel s´est produit le 12 septembre 1717 sur le glacier du Triolet, recouvrant deux hameaux dans le val Ferret [Boyer].
Voir aussi Bollement.


Ecailler
L´Ecailler, hameau de la commune de Hautecourt-Romanèche (Revermont, Ain), surnom issu d´un nom de métier, ancien français escailleor, « couvreur en ardoises », de escaille, « ardoise ».

Ecandies, Econdiua, Econdoi, Econdouè, Econdu,
Econduit, Econduits
Lieu caché, retiré, éloigné. Patois ékondre, « être éloigné », latin excondere, de condere, « cacher ».
Participe passé escondu, « caché », du verbe ancien français escondre, « cacher, disparaître » :
Econdu, alpage (Ollomont, vallée d´Aoste) ;
Chalet de l´Econdu, alpage (Beaufort-sur-Doron, Beaufortain, Savoie).

Formes patoises :
Combe des Ecandies, lieu-dit (Val d´Arpette, Orsières, district d´Entremont, Valais), nom monté à la Pointe des Ecandies, 2873m, et au Col des Ecandies, 2793m (Trient, district de Martigny, et Val d´Arpette, Orsières, district d´Entremont, Valais) ;
Econdiua, pâturage (Fionnay, Bagnes, district d´Entremont, Valais) ;
Comba Econdoi, alpage (Vallon de Réchy, Nax, district d´Hérens, Valais) ;
Les Louettes Econdouè, barre de rochers, 2786m, (Nendaz, district de Conthey, et Hérémence, district d´Hérens, Valais), et Glacier des Louettes Econdouè (Nendaz, district de Conthey, Valais) ;
Louettes Econdouè, chaînon, 3263m (Hérémence et Evolène, district d´Hérens, Valais).

Ancien français escondit, « lieu caché », par attraction paronymique avec le français éconduit, participe passé du verbe éconduire, « congédier ou écarter un solliciteur », de l´ancien français escondire, « refuser, repousser », du bas latin (se) excondicere, « s´excuser, réfuter une accusation » :
L´Econduit, lieu-dit, ruines (Mont-Saxonnex, Faucigny, Haute-Savoie) ;
Les Econduits, alpage (Saint-Sulpice, district du Val-de-Travers, Neuchâtel) ;
Arête des Econduits, chaînon (Val Ferret, Orsières, district d´Entremont, Valais, et vallée d´Aoste).

Voir aussi Pra Conduit.


Ecarres
Les Ecarres, hameau de la commune de Muriaux, district des Franches-Montagnes, (Jura), dérivé de Es Câres, « aux coins » par agglutination, du patois jurassien câre, « coin » [Prongué].

Ecasseires, Ecasseys
Selon Jaccard ces termes pourraient dériver d´un verbe ancien français escacier, escasser, « casser, rompre ».
Les Ecasseires, Les Ecasseyres en 1906 (Démoret, district d´Yverdon, Vaud) ;
Les Ecasseys, es Escace en 1427, anciennement La Ville du Bois, hameau et ancienne commune (Vuisternens-devant-Romont, district de la Glâne, Fribourg).

Echaillon, Echaillons, Echallon, Esseillon
De l´ancien français escaillon, escalon, eschailon, eschaillon, escheillon, « échelle », roman escalon, escalo, scalo, latin scalio, « grosse échelle, accès en forme d´escalier », augmentatif de scala, « échelle, escalier », voir Echelle.
L´Echaillon, de Eschalone et de Eschilione en 1211, Eschallone en 1215, Apud Leschallon en 1270, Apud Scalionem en 1319, de Eschallione en 1344, En Eschalon-sur-Arcq au XVème siècle, hameau (Hermillon, Maurienne, Savoie) ;
Bec de l´Echaillon, sommet, 622m (Saint-Paul-de-Varces, Pays grenoblois, Isère) ;
Combe de l´Echaillon, vallon (Saint-Barthélemy-de-Séchilienne, Pays grenoblois, Isère) ;
Gorge de l´Echaillon, gorge (Saint-Christophe-sur-Guiers, Chartreuse, Isère) ;
Ruisseau de l´Echaillon (Oulles, Oisans, Isère) ;
L´Echaillon d´en Haut, hameau (Bourg-Saint-Maurice, Tarentaise, Savoie) ;
Les Echaillons, lieu-dit (Gex, Pays de Gex, Ain) ;
Echallon, Escalon en 862, apud Escalonem en 925-945, Presbiter de Escalone en 1158, De Eschalone en 1299-1369, Eschalon en 1270, Apud Eschallonem en 1362, Eschallone en 1362, Echalon en 1365, Eschallon en 1536, commune et village du Haut-Bugey (Oyonnax, arrondissement de Nantua, Ain) ;
L´Esseillon, hameau (Aussois, Haute-Maurienne, Savoie).

Echais, Echartat, Echartet, Echarton, Echartons,
Echeres, Echères, Echert, Echertons, Echerts,
Echets, Echudes, Essard, Essards, Essaret,
Essariaux, Essart, Essartets, Essarts, Esserdilles,
Esserins, Essert, Esserta, Essertages, Essertalin,
Essertats, Essertaz, Esserte, Essertée, Essertels,
Essertet, Essertets, Esserteux, Essertex, Essertey,
Essertez, Essertiau, Essertillet, Essertine, Essertines,
Essertines-sur-Rolle, Essertines-sur-Yverdon, Essertlats, Esserton, Essertons,
Essertoux, Essert-Pittet, Essert-Romand, Esserts, Esserts-Blay,
Essertse, Essert-sous-Champvent, Esserts-Salève, Esserty, Essertys,
Etsaris
Toponyme très répandu, qui désigne un terrain défriché, essarté, c´est-à-dire où les souches ont été arrachées à la houe, et qui a été mis en culture. Français essart, « qui a été défriché », ancien français escart, eschar, essart, exart, eyssart, « lieu defriché, fonds cultivé provenant d´un récent défrichement », latin médiéval exartus, exertus, sartum, « terre défrichée et récemment mise en culture », roman eyssart, issart, bas latin exsartum, latin populaire exartum, exsartum, participe passé du latin populaire exsarire, « défricher », bas latin sarire, « sarcler », latin exare, « enlever (en labourant), creuser », aussi exsertare, « tirer dehors, mettre dehors, sortir, mettre à découvert ».
Français essart :
Le Petit Essard, lieu-dit (Conand, Bugey, Ain) ;
Les Essards, hameau (Saint-Cyr-Sur-Menthon, Bresse, Ain) ;
Le Essart, lieu-dit (Saint-Jean-d´Arves, Arvan, Savoie) ;
Les Essarts, maison isolée (Montaimont, La Chambre, Maurienne, Savoie) ;
Longs Essarts, lieu-dit (La Neuveville, Jura bernois).

Avec le suffixe -aux :
Bois des Essariaux, forêt (Ugine, Val d´Arly, Savoie).

Avec le suffixe diminutif -et :
L´Essaret, lieu-dit (Saint-Genis-sur-Menthon, Bresse, Ain) ;
Les Essartets, lieu-dit (Pont-de-Vaux, Bresse, Ain).

Forme régionale essert très répandue :
Essert, Esserz en 1180, nom actuel attesté en 1228, nom allemand Ried, qui signifie « marais », ancienne commune et hameau (Le Mouret, district de la Sarine, Fribourg) ;
L´Essert du Sex ou L´Essert du Chef, maison isolée en clairière (Semsales, district de la Veveyse, Fribourg) ;
Essert du Violon, maisons isolées (Murist, district de la Broye, Fribourg) ;
Essertes, Exartis au Xème siècle, terram de Sartis en 1154, Exertis en 1180, de Essertes en 1271, commune et village (District d´Oron, Vaud) ;
Essert-Pittet, Exertus en 1100, Essers en 1453 (District d´Yverdon, Vaud) ;
Essert-Romand, nom romain Essartum Romanorum, « essart des Romains », commune et village de la vallée de la Dranse (Le Biot, arrondissement de Thonon-les-Bains, Haute-Savoie) ;
Esserts, nom allemand Wallenried, commune et village (District du Lac, Fribourg) ;
Esserts-Blay, commune formée par la réunion des paroisses de Saint-Thomas-des-Esserts et de Blay vers l´an VIII (Albertville-Sud, arrondissement d´Albertville, Savoie) ;
L´Essertse, alpage (Rougemont, Pays-d´Enhaut, Vaud) ;
Essertse ou Essertze, alpage, et Crête d´Essertse, lieu-dit
Pra d´Essertse, maisons isolées en clairière (Mâche, Hérémence, district d´Hérens, Valais) ;
Essert-sous-Champvent, Exertus en 1095, commune et village (District d´Yverdon, Vaud) ;
Esserts-Salève, Cura de Exerto vers 1344, anciennement Les Esserts et Esserts-Esery, village, ancienne commune rattachée à Monnetier-Mornex en 1974 (Monnetier-Mornex, Genevois, Haute-Savoie).

Avec le suffixe diminutif -et ou collectif -et :
Essertet, Essartet au XIIIème siècle, Cura de Exertet vers 1344 et jusqu´au au XIXème siècle, lieu-dit (Viry, Genevois, Haute-Savoie) ;
Les Essertets, lieu-dit (Bardonnex, Genève).

Avec le suffixe diminutif jurassien -at :
Les Essertlats, maisons isolées (Courrendlin, district de Delémont, Jura).

Avec les suffixes diminutifs -au, -el, ancien français essartel, « lieu défriché », forme régionale essertel :
Les Essertels, lieu-dit (Savagnier, district du Val-de-Ruz, Neuchâtel) ;
Essertiau, faussement écrit Essertio en 1906, forêt (Alle, district de Porrentruy, Jura).

Avec le suffixe diminutif -on :
Esserton, lieu-dit (Collombey-Muraz, district de Monthey, Valais) ;
Les Essertons, lieu-dit (Les Diablerets, Ormont-Dessus, district d´Aigle, Vaud).

Avec le suffixe diminutif -ille :
Les Esserdilles, lieu-dit (Les Bois, district des Franches-Montagnes, Jura).

Diminutif avec le suffixe -in :
Les Esserins, lieu-dit déclive(Le Tour, vallée de Chamonix, Haute-Savoie).

Avec le suffixe diminutif -ine, ancien français essartine, « lieu défriché », forme régionale essertine :
Essertines, hameau (Dardagny, Genève) ;
Essertines-sur-Rolle, Essartinis en 1152, Essartinis et Exertines en 1250, commune et village (District de Rolle, Vaud) ;
Essertines-sur-Yverdon, Essertines en 1180, commune et village (District d´Echallens, Vaud).

Avec le double suffixe diminutif -illet :
L´Essertillet, maison isolée (Bonnevaux, Val d´Abondance, Haute-Savoie).

Français essartage, « action de défricher », forme régionale essertage, avec le suffixe d´action -age :
Les Essertages, lieu-dit (Chessel, district d´Aigle, Vaud).

Dérivés avec les suffixes collectifs -ex, -ey, -ez, -y :
Les Essertex, maison isolée (Villarvolard, district de la Gruyère, Fribourg) ;
Essertey, lieu-dit en forêt (Tanay, Port-Valais, district de Monthey, Valais) ;
Essertez, lieu-dit (Troistorrents, district de Monthey, Valais) ;
L´Esserty, maison isolée en clairière (Champéry, district de Monthey, Valais) ;
Les Essertys, maison isolée en clairière (Val-d´Illiez, district de Monthey, Valais).

Avec les suffixes collectifs patois -a, at, ou du patois esserta, « défricher » :
L´Esserta, forêt (Sâles, district de la Gruyère, Fribourg) ;
L´Essertaz, lieu-dit (Vuisternens-devant-Romont, district de la Glâne, Fribourg) ;
Les Essertats, lieu-dit (La Rivière-Enverse, Faucigny, Haute-Savoie).

Avec les suffixes d´abondance -eux, -oux :
Les Esserteux, forêt déclive (Courrendlin, district de Delémont, Jura) ;
Les Essertoux, alpage (Thônes, Bornes, Haute-Savoie).

Français essertée, « terrain défriché », participe passé du verbe esserter, forme régionale d´essarter, « défricher un terrain boisé, mettre en culture le sol ainsi déboisé », ancien français essarter, « détruire, dévaster », essarterer, « arracher » :
Moille Essertée, ferme isolée en clairière (Riaz, district de la Gruyère, Fribourg).

Ancien français eschar, même sens :
L´Echais, maisons isolées (Passy, Haut-Faucigny, Haute-Savoie) ;
Les Echeres, lieu-dit (Queige, Beaufortain, Savoie) ;
Echères, lieu-dit (Vercorin, Chalais, district de Sierre, Valais) ;
Echert du Coucou, lieu-dit (Chandolin, Val d´Anniviers, Valais) ;
Les Echerts, hameau (Mollens, district de Sierre, Valais) ;
Les Echets, hameau (Montreux, district de Vevey, Vaud) ;
Les Echets, Eschais en 1275-1300, Eschays en 1285, Echais en 1317, Locus d´Esches en 1433, hameau (Miribel, Dombes, Ain) ;
Les Echets, Eschais en 1235, L´Esches en 1238, Lacus d´Eschex en 1405, Lacus Escarrorum, seu ut vulgo dicitur les Eschets en 1561, marais et hameau (Tramoyes, Dombes, Ain) ;
Les Echets, Aux Excerfz au XVIème siècle, Les Echers en 1880, Pré à l´Echet en 1894, maison isolée (Saint-Colomban-des-Villards, vallée des Villards, Maurienne, Savoie) ;
Canal des Echudes, La rivière des Echiers au XVIIIème siècle (Thoissey, Dombes, Ain).

Diminutif avec le suffixe -at :
L´Echartat, maison isolée (Queige, Beaufortain, Savoie).

Avec le suffixe diminutif -et :
L´Echartet, maison isolée en clairière (Arêche, Beaufort, Savoie).

Avec le suffixe diminutif -on :
L´Echarton, maison isolée en clairière (Arêche, Beaufort, Savoie) ;
Les Echartons, maison isolée en clairière, et Ruisseau des Echartons (Abondance, Val d´Abondance, Haute-Savoie) ;
Les Echertons, forêt déclive (Vallon de Montriond, Chablais, Haute-Savoie).

Par métathèse du français essartis, « terrain défriché », avec le suffixe collectif -is :
Les Etsaris, clairière (Bovernier, district de Martigny, Valais).

Probablement avec un patronyme :
Essertalin, maison isolée (Vermes, district de Delémont, Jura).

Voir aussi Balexert, Cerbeton, Cerlatez, Certines, Coteyssart, Eschert, Essercurons, Essertfallon, Exergillod, Gaudissard, Issert, Laissard, Malessert, Moillertson, Montessert, Nesserts, Planessert, Tchertau.


Echallens
Village, commune et district vaudois, Charlens en 1141, puis Challeins, ensuite Escharlens en 1177, Eschallens en 1228, Eschalleins en 1279, Echallens en 1315, Echalans en 1381, Echallan en 1414, nom allemand Tscherlitz, nom d´origine burgonde, qui dériverait d´un primitif *Carlingos, « chez les Caralingi », dérivé du nom propre Caral, Carl, « le valeureux », qui correspond au prénom français Charles [Perrenot] ; ce nom pourrait aussi être de même origine qu´Echarlens.
Jorat d´Echallens, forêt (Froideville, district d´Echallens, Vaud).

Echamés
Les Echamés, hameau de la commune de Delémont (Jura), peut-être de l´ancien français echamel, « banc, banquette ».

Echandens
Commune et village vaudois du district de Morges, Escannens en 853, Eschagnens au XIème siècle, Schandens en 1164, Scanneins en 1165, Schannens en 1177, Scandens en 1182, Eschandens en 1184, Escanneins en 1217, Eschanens en 1228, Eschandeins et Eschangneins en 1238, Eschannens en 1291, Eschanens en 1453, nom d´origine burgonde qui dériverait d´un primitif *Skamningos, « chez les Scamningi », dérivé du nom propre Scamna, du germanique *skamô, « pudeur » [Perrenot]. D´autres auteurs proposent un dérivé d´un anthroponyme germanique *Skando, voire *Skano.

Echaneaux, Echanex, Echanoz, Echenaux, Echenaz,
Echonnaz, Echono
Dérivés de es Chaneaux, etc. « aux Chênes », par agglutination de la préposition, voir Chane, etc., ou de l´ancien français eschanal, eschannal, eschanaul, eschenal, escheneau, eschené, eschenet, eschennal, escheno, « canal, conduit, rigole, gouttière ».
Les Echaneaux, Les Chanaux en 1285, Les Echanaux en 1911, ferme isolée (Sainte-Croix, Dombes, Ain) ;
Les Echanex, lieu-dit en forêt (Jussy, Genève) ;
L´Echanoz, lieu-dit (Saint-Jean-sur-Veyle, Bresse, Ain) ;
Les Echanoz, alpage (Château-d´Oex, Pays-d´Enhaut, Vaud) ;
Les Echenaux, lieu-dit (Ecole, Bauges, Savoie) ;
Les Echenaz, Eschenal en 1629, l´Echenal en 1730, hameau (Les Contamines-Montjoie, Val Montjoie, Haute-Savoie) ;
L´Echonnaz, lieu-dit (Massongy, Bas-Chablais, Haute-Savoie) ;
Echono, Chosno en 1202, Echono et Eschonoz en 1228, Eschenoz au XIIIème siècle, Chosnes en 1497, encore écrit es Chenos de nos jours, ancien prieuré bénédictin et hameau (Montricher, district de Cossonay, Vaud).

Echapeaux
Les Echapeaux, alpage de la commune de La Léchère (Tarentaise, Savoie), Les Echapaux en 1935, serait une déformation de *Echafaux, voir Chaffaud [Gros].

Echapour
L´Echapour, La Chappour en 1935, alpage de la commune de Montvernier (Maurienne, Savoie), serait à rapprocher de Chapoux avec mécoupure selon Gros.

Echarbon
Maisons forestières de la commune de Sallanches (Haut-Faucigny, Haute-Savoie), forme patoise d´essart bon, ancien français eschar, « lieu defriché », voir Essart.

Echarlens
Commune et village fribourgeois du district de la Gruyère, nom patois Tserlens, escarlingus villa ou Escarlinges en 851, Scarlens en 1145, Escharleins en 1225, Eschallens en 1228, Echarlans en 1668, Echerlens en 1806, ancien nom allemand Schärlingen, nom d´origine burgonde qui dériverait d´un primitif *Skarilingos, « chez les Skarilingi », dérivé du nom propre Skarila, Skarilo, diminutif du germanique *skar, skeran, « couper, séparer » [Perrenot].

Echarlod
Hameau de la commune de La Salle (Vallée d´Aoste), probablement un patronyme.

Echarny
Probablement un dérivé de Charny.
L´Echarny, lieu-dit en forêt (Morillon, Faucigny, Haute-Savoie) ;
L´Echarny, hameau (Sixt-Fer-à-Cheval, Faucigny, Haute-Savoie).

Echarpe
L´Echarpe, lieu-dit en forêt des Avants (Montreux, district de Vevey, Vaud), par métaphore pour un lieu en travers de la pente.

Echarvines
Hameau de la commune de Talloires (Bornes, Haute-Savoie), Escalvina en 1031-1032, Echarvine au XIXème siècle, peut-être d´un nom de domaine d´origine gallo-romaine *villa Calvina, du cognomen Calvinus, dérivé de calvus, « chauve ».

Echau, Echoua
Patois echau, echeu, « passage de desserte d´un pré ou d´un bois » [Bossard].
Chalets de l´Echau, alpage (Saint-Alban-des-Villards, Maurienne, Savoie).
Peut-être de même origine :
Echoua, lieu-dit (Fully, district de Martigny, Valais).


Echaud, Echaudire, Echauds
Probablement un endroit chaud ou qui a subi un incendie, de l´ancien français eschauder, « chauffer, réchauffer ; brûler, incendier », ou variante de Echaux.
L´Echaud, quartier (Bex, district d´Aigle, Vaud) ;
Le Grand Echaud, ruisseau affluent du Rhône (Pougny, Pays de Gex, Ain) ;
Mont de l´Echaud, lieu-dit (Ambronay et L´Abergement-de-Varey, Bugey, Ain) ;
Les Echauds, maison isolée en clairière (Saint-Jeoire, Faucigny, Haute-Savoie) ;
Les Echauds, alpage, et Lac des Echauds, lac de montagne (Saint-Martin-de-Belleville, Tarentaise, Savoie) ;
Les Echauds, lieu-dit, et Pont des Echauds sur le Torrent de Vaunoire (Lavaldens, Valbonnais, Isère).
Avec le suffixe collectif -ire :
Rocher d´Echaudire, lieu-dit de la vallée des Ardoisières (Morzine, Chablais, Haute-Savoie).


Echaux
De es Chaux par agglutination, ou de les Chaux par mécoupure.
Echaux lieu-dit (Bressaucourt, district de Porrentruy, Jura) ;
Les Echaux, lieu-dit (Gingins, district de Nyon, Vaud) ;
Les Echaux, lieu-dit en forêt (Ceyzérieu, Bugey, Ain) ;
Ruisseau des Echaux, cours d´eau temporaire (Seythenex, Bauges, Haute-Savoie).

Echelards, Echelets, Echelette, Echelettes, Echelier,
Echelle, Echelles, Echellier, Echelta, Escaliers,
Estelette
1. Passage escarpé en montagne, lieu qui s´atteint par des degrés taillés dans la pierre, ou simplement d´accès difficile, roman escala, scala, latin impérial scala, latin scalae, « échelle, degrés d´escalier, escalier ».
Français échelle, « dispositif mobile qu´on utilise pour monter ou descendre », de l´ancien français eschale, eschiele, eschielle :
L´Echelle, couloir raide (Collonges, district de Saint-Maurice, Valais) ;
Nant de l´Echelle, cours d´eau affluent du Rhône (Evionnaz, district de Saint-Maurice, Valais) ;
Le Pas de l´Echelle, hameau au pied du Salève, qui doit son nom à l´escalier taillé dans la roche qui au Moyen-Age donnait accès à Monnetier-Mornex (Etrembières, Annemasse, Haute-Savoie) ;
Pointe de l´Echelle, sommet (Massif de la Vanoise, Savoie) ;
Les Echelles, Pagus qui antiquitur vocatur Lavastrone, modo vocator ad Scalas en 1042, Castrum de Scalis en 1263, Les Eschelles en 1347, noms latins Labisco, Scalarum burgus et Scalorum oppidum, canton, commune et ville de la vallée du Guiers (Arrondissement de Chambéry, Savoie) ;
Château des Echelles, La poypi Guillelmi de Scalis en 1344, Les Eschieles en 1392, La maison des Eschelle en 1650 (Ambérieu-en-Bugey, Bugey, Ain).

Diminutif avec les suffixes -et, -ette, ancien français eschelete, eschelette, eschellette, eschielete, eschiellette, « petite échelle » :
Les Echelets, lieu-dit sur la rive droite de la Mer de Glace (Vallée de Chamonix, Haute-Savoie) ;
Echelette, lieu-dit dans les rochers (Saillon, district de Martigny, Valais) ;
L´Echelette, grand pâturage (Sonvilier, district de Courtelary, Jura bernois) ;
L´Echelette et Les Echelettes, maisons isolées (Cerniat, district de la Gruyère, Fribourg).

Forme patoise avec syncope :
L´Echelta, lieu-dit déclive (Saint-Jean-d´Aulps, vallée de la Dranse, Haute-Savoie).

Par mutation du son [ch] en [ts] suivi d´une métathèse :
Aiguille d´Estelette, 2983m, Col d´Estelette, 2900m, et Glacier d´Estelette, anciennement Etselette [Boyer], et écrit correctement Aiguille des Echelettes sur la Carte Nationale (Vallon de la Lex Blanche, Val Vény, vallée d´Aoste).

Français escalier, « suite de degrés, de marches, permettant de passer d´un niveau à un autre », ancien français escallier, eschaler, emprunté au provençal, du bas latin scalarium :
Les Escaliers, maison isolée (La Chaux-de-Fonds, Neuchâtel) ;
Les Escaliers du Mont, lieu-dit (Charmey, district de la Gruyère, Fribourg).

Ancien français eschalier, eschallier, « escalier » :
L´Echelier, lieu-dit en forêt où le chemin franchit une succession de barres (Buttes, district du Val-de-Travers, Neuchâtel) ;
L´Echellier, lieu-dit (Les Saisies, Beaufortain, Savoie).

2. Enclos formé de brandes disposées en forme d´échelle, vieux français échalier, ancien français eschalier, eschallier, « clôture d´un champ faite avec des branches d´arbres », bas latin scalalus, scalanium.
Ruisseau des Echelles, affluent du Chandon (Esserts et Villarepos, district du Lac, Fribourg).

Avec le suffixe diminutif -ette :
Les Echelettes, lieu-dit (Cugy, district de la Broye, Fribourg).

Avec le suffixe -ard :
Les Echelards, lieu-dit (Myans, Combe de Savoie, Savoie).

Voir aussi Echaillon, Lischilir.


Echenevex, Excenevex, Excenevrex
Anciens *Es Chenevay, du préfixe latin ex, « hors », et d´un dérivé de Chenevière. Cf. Chenevières (Haute-Vienne), anciennement Canaviacum.
Echenevex, Chevenay en 1236, Eschenevay en 1390, Exchenevay et Eychenevay en 1497, Exchenevex en 1528, Echevenai en 1730, Eschenecex en 1744, Echénevex au XIXème siècle, commune et village (Pays de Gex, Ain) ;
Excenevex, Essanevai en 1039, Essonevay en 1275, Cura de Essenevay vers 1344, plus tard Exchenevay, et Echénevex au XIXème siècle, commune et village du Bas-Chablais, nom dans lequel certains voient un *Es sénévé, du nom commun de la plante dont les grains fournissent la moutarde (Sinapis nigra), et d´autres, on aura vraiment tout vu, un nom d´origine burgonde *Hexenweg, « chemin des Fées ! » (Douvaine, arrondissement de Thonon-les-Bains, Haute-Savoie).
Excenevrex, maison isolée près de la Ferme du Genevray (Allinges, Bas-Chablais, Haute-Savoie).

Echerassons
Les Echerassons, forêt déclive de la commune de Bex, district d´Aigle (Vaud), probablement dérivé d´essert, avec le suffixe dépréciatif -asse et le suffixe diminutif -on.

Echerche, Echerches, Echerchettes, Esserce, Esserches,
Essercles
Dérivés de es Cherches, par agglutination, ou dirctement de l´ancien français eserchelé, « en forme de cercle », ou de l´ancien français escerchier, escercier, escherchier, eschercier, « parourir, fouiller, sonder ». Selon le GPSR, ces noms désignent un passage difficile dans les rochers, un chemin escarpé.
Torrent de l´Echerche, lieu-dit (Fully, district de Martigny, Valais) ;
Les Echerches, lieu-dit (Tanay, Vouvry, district de Monthey, Valais) ;
Châble de l´Esserce, couloir en forêt (Martigny-Combe, district de Martigny, Valais) ;
Les Esserches, Escherchia de Sarduns versus Leissins en 1232, Es Cherchy en 1314, Lecherchi en 1315, es Serches en 1718, lieu-dit en forêt (Aigle, Vaud) ;
Les Essercles a sans doute la même origine, maison isolée (Vaux-sur-Morges, district de Morges, Vaud).
Diminutif avec le suffixe -ette :
Les Echerchettes, ancien lieu-dit (Lavey-Morcles, district d´Aigle, Vaud).


Echeregnes, Echerenne, Eschereine
D´un mot local écherêne, bas latin *[e]scarena, « crête de montagne », par rhotacisme de scalena, « petite échelle », diminutif de scala, « échelle, escalier » [Gros], cf. L´Escarène dans les Alpes-Maritimes.
Echeregnes, hameau (Montreux, district de Vevey, Vaud) ;
Rochers de l´Echerenne, Lescheraines en 1935, sommet (Valloire, Maurienne, Savoie) ;
Bois de l´Eschereine, Bois de Lescheraine en 1935, forêt déclive (Saint-Avre, La Chambre, Maurienne, Savoie).
Voir aussi Chérennes, Lécharenne.


Echereuse
Par déglutination de Léchereuse, « prairie à laîche ».
L´Echereuse, alpage (Champéry, Val d´Illiez, district de Monthey, Valais).

Echerins
Les Echerins, hameau de la commune de Lutry (District de Lavaux, Vaud), Echerin et Escherin en 1906, pourrait être d´origine burgonde, d´un anthroponyme *Eschari, burgonde *skiks, « habile », et *harja, harjis, « guerrier » [Jaccard].

Echermenat
L´Echermenat, lieu-dit de la commune de Forel-sur-Lucens (District de Moudon, Vaud), probablement « essert [de] Menat », avec un patronyme.

Echerny
Voir Cergna.
L´Echerny, hameau (Sixt-Fer-à-Cheval, Faucigny, Haute-Savoie).

Echerolles, Echirolles
Par déglutination de Lécherolle « prairie à laîche », ou plus probablement du franco-provençal etchiròl, « écureuil ».
L´Echerolles, Les Eschiroles en 1275-1300, L´Escheroles en 1288, Apud Leschieroles en 1299-1369, château et hameau de la commune de Montanay, rattachée au département du Rhône en 1967 ;
Echirolles, ecclesia de Eschirolis au XIème siècle, Eschiroles au XIIIème siècle, canton, commune et village (Arrondissement de Grenoble, Isère), et La Commanderie, Templum de Echirollis Templum de las Eschirolas au XIIIème siècle, quartier d´Echirolles.

Echervettes
Les Echervettes, hameau de la commune de Romont, district de la Glâne (Fribourg), pourrait être un ancien es Chervettes.

Echeseby
Hameau de la commune de Noréaz, district de la Sarine (Fribourg), in leschiresibel, en echerssibel et de echersibel en 1406, anciennement Es Echesibys ; en se basant sur cette première forme ancienne, [Aebischer] y voit un composé de Léchère, « terrain humide, marécageux » et d´un anthroponyme hypocoristique de *Elisabel.

Echeute
Mont Echeute, hameau de la commune de Bionaz (Vallée d´Aoste), du vieux français echeute, « ce qui est échû par succession collatérale ou autre droit casuel ».

Echevennoz
Hameau de la commune d´Etroubles (Vallée d´Aoste), probablement par contraction de es Chevenoz.

Echichens
Commune et village vaudois du district de Morges, Chichens en 1131, Echichen en 1177, Eschichens en 1213, Eschicheins et Eschichins en 1238, nom d´origine burgonde qui dériverait d´un primitif *Kikingos, « chez les Kikingi », dérivé du nom propre Kiko, germanique *kviva (kvikva), « vif, rapide, hardi » [Perrenot].

Echies
Du patois jurassien échie, « essart » [Prongué].
Les Echies et Les Echies Basué, lieux-dits (Courtedoux, district de Porrentruy, Jura).

Echilles, Echilly
Probablement un dérivé de es chilles, es chilly par agglutination, voir Chillaz.
Echilles, Echille en 1906, hameau (Saint-Saphorin-sur-Morges, district de Morges, Vaud) ;
Echilly, Eschillie en 1344, lieu-dit en forêt (Romainmôtier-Envy, district d´Orbe, Vaud).

Echines
Du français « échine » par métaphore, francique *skina, « baguette de bois », peut désigner une arête ou une croupe de montagne.
Les Echines, alpage (Rossinière, Pays-d´Enhaut, Vaud) ;
Les Echines, arête (Passy, Haut-Faucigny, Haute-Savoie) ;
Les Echines dessous et les Echines dessus, hameaux de la commune de Bourg-Saint-Maurice (Tarentaise, Savoie), Les Echines en 1237, de Exchinis superioribus en 1540, pourrait aussi venir d´un patronyme issu du latin echinus, « hérisson » [Gros].

Echiouse, Echiouses
Grande Echiouse et Petite Echiouse, lieux-dits de la commune de Courtemaîche, district de Porrentruy (Jura), qui forment ensemble Les Echiouses ; du patois éçhuje, éçhyuj, « cluse » [Prongué].

Echolsons
Les Echolsons, lieu-dit de la commune de Malleray (District de Moutier, Jura bernois), peut-être du patronyme anglo-saxon Echolson.

Eclagnens
Commune et village du district d´Echallens, Claignens en 1219, Clanens en 1265, Claniens et Clagnens en 1285, aussi Esclagnens, nom d´origine burgonde, dériverait d´un primitif *Claningos, « chez les Claningi », dérivé du nom propre Clano, [Perrenot], du germanique *klaini, « brillant ».

Eclépens
Commune et village vaudois du district de Cossonay, Sclepedingus en 814, Isclapadenes en 1011, Sclepens en 1147, Esclepens en 1174, Esclepeins en 1228, Esclepans en 1286, Esclapeins en 1325, nom d´origine burgonde qui dériverait d´un primitif *Slahabad, « le guerrier qui sait frapper », du germanique slahan, « frapper », et burgonde *badus, germanique *badvô, « combat » [Perrenot]. Plus récemment, des anthroponymes comme *Slapadeo ou *Slipido ont été proposés.

Eclos, Eclose, Eclosets
Probablement dérivé de es Clos, Closets par agglutination d´un ancien es, « en les ».
Sur les Eclos, lieu-dit (Courchapoix, district de Delémont, Jura) ;
Eclose, Eclosa et vivarium de Esclosa au XIIème siècle, commune et village du Pays viennois (Saint-Jean-de-Bournay, arrondissement de Vienne, Isère).
Diminutif avec le suffixe -et :
Les Eclosets, lieu-dit (Vallorbe, district d´Orbe, Vaud).


Ecluse
Mot régional écluse, « vanne dans un canal d´irrigation » [Bossard], du bas latin exclusa [aqua], « [eau] séparée [du courant] », participe passé féminin de exclusere, « séparer, isoler, fermer ».
Ancienne Ecluse sur l´Eau Froide (Villeneuve, district d´Aigle, Vaud) ;
L´Ecluse, lieu-dit en forêt, peut-être une ancienne écluse sur le Ruhaut (Cressier, Neuchâtel).

Ecoeurne, Ecrena
De l´ancien mot neuchâtelois écrene, « entaille, coche, échancrure », patois ekrena, par syncope de Encrena [Michaud].
Petite Ecoeurne, par métathèse, lieu-dit, point culminant (1335m) de la commune de Bevaix, et Grande Ecoeurne, lieu-dit de la commune de Boudry (District de Boudry, Neuchâtel) ;
L´Ecrena Dessous et L´Ecrena Dessus, hameaux (La Brévine, district du Locle, Neuchâtel).

Ecofferie, Ecoffey, Ecoffier, Etoffeire, Excoffières,
Excoffonière, Excoffons
Tannerie, de l´ancien français escoerie, escoherie, scoherie, « métier de fourreur, de pelletier, de celui qui travaille le cuir ; ouvrage en cuir, cuir apprêté », eschoyer, escohier, scohier, « fourreur, pelletier, tanneur, mégissier, celui qui travaille les peaux ou qui les vend », avec une probable influence de escoffraye, escoffret, escoffroi, escofrai, « établi », bas latin escofferia, « magasin de cuir », germanique *skoh, « tannerie ».
Avec les suffixes -eire, -erie, -ière :
Ecofferie, maison isolée (Le Sentier, district de la Vallée, Vaud) ;
L´Etoffeire, cacographie de *Ecoffeire [Aebischer], lieu-dit (Morat, district du Lac, Fribourg) ;
Les Excoffières, hameau (Saint-Julien-Montdenis, Maurienne, Savoie).

Nom de métier ou patronyme Ecoffey, Ecoffier, vieux français escofier, écofier, ancien français escohier, « ouvrier du cuir » :
Champ de l´Ecoffey, maisons isolées (Cournillens, Misery-Courtion, district du Lac, Fribourg) ;
Ecoffier, Escofferi en 1233, hameau (Sulignat, Dombes, Ain).

Patronyme Excoffon de même origine :
Les Excoffons, hameau, et Les Granges des Excoffons, maisons isolées (Vailly, Chablais, Haute-Savoie).

Avec le suffixe de propriété -ière :
Les Excoffonières, alpage (Notre-Dame-de-Bellecombe, Val d´Arly, Savoie).


Ecogia
Hameau de la commune de Versoix (Genève), in villa que dicitur Adesgogia en 1022, pourrait venir de la préposition ad, « près de » et d´un terme esgogia dérivé de exagitare, « pousser dehors » faisant allusion à la source déjà exploitée par les Romains [Ferdinand de Saussure].

Ecole
Commune et village des Bauges (Le Châtelard, arrondissement de Chambéry, Savoie), Villa Boggarum que Scola nuncupatur à la fin du XIème siècle, de Eschola en 1215, Cura de Scola vers 1344, Parrochia Scole en 1432, d´un patronyme Scola selon Gros.

Ecommunailles
Les Ecommunailles, granges de la commune de Faverges (Haute-Savoie), dérivé de Communaille, par agglutination de la préposition es, « en les ».

Ecône
Hameau de la commune de Riddes (District de Martigny, Valais), Esquinia en 1302, Escona en 1320, aussi Econaz, Econna et Icone en 1906, serait une *villa Esquinia, domaine d´un gallo-romain *Esquinus.
Mont d´Ecône, forêt déclive (Saxon, district de Martigny, Valais) ;
Torrent d´Ecône, affluent du Rhône (Riddes, district de Martigny, Valais).
Voir aussi Icogne.


Ecopets
Les Ecopets, hameau de la commune de Vernoux (Bresse, Ain), Escopay en 1227, Escopey en 1716, Ecopay sur la Carte de Cassini, Escopets en 1845, Ecopet en 1911, où se trouvait une commanderie de l´ordre des Templiers, puis de l´ordre de Saint-Jean de Jérusalem. Ce nom pourrait venir de l´ancien français escopir, « balayer, nettoyer », du francique *skôpa, « pelle, épuisette ».

Ecorans
Commune et village du Pays de Gex (Ain), canton de Collonges, Escorenz en 1277, Escorens et Excorens en 1401, nom d´origine burgonde qui dériverait d´un primitif *Scoringos, « chez les Scoringi », dérivé du nom propre Skora, du participe passé *skoran, « tondu » [Perrenot].

Ecorcha
L´Ecorcha, L´Ecortchia en 1906, forêt déclive de Derborence (District de Conthey, Valais), forme patoise de l´écorchée, de l´ancien français escorce, escorche, « écorce », escorcer, « écorcer », du bas latin excorticare, « écorcer ». Selon Bossard ce terme désignerait un terrain escarpé sujet à de fréquents éboulements détruisant la végétation.

Ecorcheboeuf, Ecorche Boeuf, Ecorche-Boeuf, Ecorcheloup, Ecorchevez,
Escorchevel
Nom de plusieurs lieux-dits où l´on a jadis abattu et écorché des animaux, juxtaposition ou composé de écorche, du verbe écorcher, ancien français escorchier, « dépouiller de sa peau », de escorce, escorche, « écorce, au figuré peau », du bas latin excorticare, « écorcer », avec le nom de l´animal, boeuf, loup, ou vel, « veau ».
Avec le nom d´animal boeuf ; ce nom pourrait aussi signifier « jonc fleuri » [GPSR] :
Ecorcheboeuf, lieu-dit (Montagny, district de la Broye, Fribourg) ;
Ecorcheboeuf, ferme isolée (Collonges, Pays de Gex, Ain) ;
Ecorche Boeuf, hameau (Carrouge, district d´Oron, Vaud) ;
L´Ecorche-Boeuf, lieu-dit déclive en forêt (Chanay, Bugey, Ain).

Avec le nom d´animal loup :
Ecorcheloup, Escorchelo en 1271, Corchylou en 1283, Escorchiloup en 1431, Escorcheloup en 1674, lieu-dit, ancienne maison des Templiers, puis de l´ordre de Saint-Jean de Jérusalem (Dagneux, Dombes, Ain).

Avec le nom d´animal veau ; ces noms désignent par métaphore un vent froid ou violent, ancien français escorchevel, « sorte de vent violent » :
Escorchevel, Corchivel en 1344, Ecorchevel en 1909, lieu-dit (Le Châtelard, Bauges, Savoie).

Patois jurassien écoèrtche vé, « écorche veaux », nom familier d´un vent froid du nord-ouest [Prongué] :
Ecorchevez, forêt (Vendlincourt, district de Porrentruy, Jura).

Voir aussi Courchevel.


Ecorcheresses, Ecorcherie, Ecorchoir
Vieux français écorchoir, ancien français escorchoir, « abattoir », de escorce, escorche, « écorce, au figuré peau », du bas latin excorticare, « enlever l´écorce », puis « ôter la peau », du latin cortex, « enveloppe ».
Pointe de l´Ecorchoir, 2409m, Col Nord de l´Ecorchoir, 2338m, et Col Sud de l´Ecorchoir, 2262m (Samoëns et Sixt, Faucigny, Haute-Savoie).
Vieux français écorcherie, « abattoir », ancien français escorcherie, de même sens :
Chemin de l´Ecorcherie (Vandoeuvres, Genève).

Ancien français escorcheresse, « celle qui écorche », féminin d´écorcheur avec le suffixe de féminisation -esse :
Les Ecorcheresses, hameau, et Droit des Ecorcheresses, Envers des Ecorcheresses, forêts déclives de part et d´autre du hameau (Souboz, district de Moutier, Jura bernois).


Ecot, Ecots, Ecottis
Selon Gros c´est un patronyme Escot, « Ecossais », latin Scotus. On peut aussi y voir un ancien es côtes, mais il manque le s intermédiaire et la marque du pluriel. Plus sérieusement, selon Jaccard, c´est un participe passé substantivé du verbe vieux français escorre, escourre, « faire tomber, renverser », qui qualifie un lieu situé sur des éboulis, ce qui est confirmé par le nom Ecottis.
L´Ecot, Capella in Escoto en 1446, In villagio de Lescot en 1609, L´Escot en 1628, Escot en 1700, hameau (Bonneval-sur-Arc, Haute-Maurienne, Savoie) ;
Haut d´Ecot, maison isolée (Remaufens, district de la Veveyse, Fribourg) ;
Perey Ecot, lieu-dit (Bettens, district de Cossonay, Vaud) ;
Pré l´Ecot, Praz l´Escot en 1906, lieu-dit (Roche, district d´Aigle, Vaud) ;
Les Ecots, forêt déclive (Corbeyrier, district d´Aigle, Vaud) ;
Vers-les-Ecots, vignoble (Yvorne, district d´Aigle, Vaud).
Avec le suffixe collectif -is :
Les Ecottis, forêt déclive, et Tête des Ecottis, lieu-dit (Le Flon, Vouvry, district de Monthey, Valais).


Ecotagnes
Les Ecotagnes, maison isolée de la commune de Saint-Jean-de-Sixt (Bornes, Haute-Savoie), par mécoupure de *les Cotagnes.

Ecotay, Ecottay
L´Ecottay, hameau de la commune de Bâgé-la-Ville (Bresse, Ain), De Escotaco en 1186, Escotai en 1344, Escotay en 1399, Apud Escotey en 1533, Escottay en 1572, Ecotey en 1757, Ecotay en 1911, serait selon la forme la plus ancienne issu d´un nom de domaine d´origine gallo-romaine *Scotiacum, dérivé avec le suffixe -acum de l´anthroponyme gaulois Scotius.
Peut-être de même origine :
L´Ecotay, cours d´eau affluent de l´Ain (Jujurieux et Mérignat, Haut-Bugey, Ain).


Ecoteau, Ecoteaux, Ecotex
De es coteaux, « aux coteaux », par agglutination.
L´Ecoteau, lieu-dit en forêt (Saxon, district de Martigny, Valais) ;
Ecoteaux, Escoit et Escotals en 1134, Scotals en 1157, Costels au XIIème siècle, Escotaus en 1233, Escotaz en 1251, aussi Ecotteaux en 1906, commune et village (District d´Oron, Vaud) ;
Les Ecoteaux, maisons isolées en clairière (Martigny, Valais) ;
Dzeu des Ecoteaux, forêt (Sembrancher, district d´Entremont, Valais).
Peut-être de même origine :
Ecotex, hameau (Vacheresse, Val d´Abondance, Haute-Savoie).


Ecouane
L´Ecouane, maison isolée de la commune de Chaux-de-Fonds (Neuchâtel), peut-être du vieux français écouane, « lime plate ».

Ecouarges
Les Ecouarges, hameau de la commune de Massonnens (District de la Glâne, Fribourg), du patois écouardze, « écorce » [Aebischer]. Une tannerie, qui utilise la poudre d´écorce de chêne ou tan, se trouve à proximité.

Ecoui
Maison isolée de la commune de Nendaz (District de Conthey, Valais), sans doute à rapprocher du patois coui, « abri », voir Tracui.

Ecoulâ, Ecoulaies, Ecoulas, Ecoulaz
Grande coulée de limon ou de terre, ancien français ecoulant, escoulant, « qui coule, qui glisse », voir Coulayes.
Avec le suffixe collectif -aie :
Rochers des Ecoulaies, chaînon, 3096m, et Glacier des Ecoulaies (Val des Dix, Hérémence, district d´Hérens, Valais).

Avec le suffixe collectif patois -a :
Ecoulâ, forêt déclive (Cerniaz, district de Payerne, Vaud) ;
Les Ecoulas, hameau (Siviriez, district de la Glâne, Fribourg) ;
Les Ecoulaz, lieu-dit (Colombier, district de Morges, Vaud).


Ecoumaudaux
Les Ecoumaudaux, Ecoumandons en 1906, alpage de la commune de Rougemont (Pays-d´Enhaut, Vaud), « lieu où l´on plante le coin de fer, la kemanlite, en tête d´une bille pour la traîner sur la neige », voir aussi Déquemanliau qui désigne le lieu où s´effectue l´opération inverse [Jaccard].

Ecours
Les Ecours, hameau de la commune de Saint-Jean-d´Arves (Arvan, Savoie), Escourts en 1587, ancien à les cours devenu à l´escour, voir Cour.

Ecovaux, Ecovets, Ecovettes, Ecovots, Ecuvillon
Lieu buissoneux, roncier, de l´ancien français escoive, « buisson, touffe de ronces », escouvier, « branche », latin scopa, « balai ».
Avec le suffixe -aux :
Forêt des Ecovaux, forêt déclive (Lavey-Morcles, district d´Aigle, Vaud).

Du mot régional écovet :
Les Ecovets, hameau (Huémoz, Ollon, district d´Aigle, Vaud) ;
Les Ecovots, lieu-dit (Plagne, district de Courtelary, Jura bernois).

Diminutif avec le suffixe -ette :
Les Ecovettes, maison isolée (Ponthaux, district de la Sarine, Fribourg).

Double diminutif avec le suffixe -illon, aussi en vieux français escouvillon, « bouchon, torchon de paille » :
Ecuvillon, Escuvillon en 1563, hameau (Leyssard, Haut-Bugey, Ain).


Ecré
Sommet boisé de la commune de Cornol, district de Porrentruy (Jura), composé patois de « au Crêt ».

Ecreuleuse
Lieu-dit de la commune de Salvan, district de Saint-Maurice (Valais), « l´écrouleuse », lieu où abondent les éboulis [Guex]. Bas latin crotalare, grec krotalon, « crouler ».

Ecrivieux
Hameau de la commune de Massignieu-de-Rives (Bugey, Ain), Escruviacus en 1318, Escrivyou en 1343, Escriviacus en 1346, Ecclesia d´Escrivieu vers 1400, Excriviacus en 1409, Escrivieux en 1536, Ecrivieu sur la Carte de Cassini, peut-être d´un nom de domaine d´origine gallo-romaine *Scruviacum, dérivé avec le suffixe -acum d´un anthroponyme Scruvius.

Ecrots
Lieu-dit de la commune de Begnins (District de Nyon, Vaud), par agglutination de es Crottats.

Ecrottats
Les Ecrottats, lieu-dit de la commune du Lieu (Vallée de Joux, Vaud), par agglutination de es Crotta, ou de l´ancien français escroter escrotter, « Ôter la crotte, décrotter ; enlever les ordures ».

Ecuale, Ecualette, Ecuelle
Lieu en forme d´écuelle, enfoncé, en forme d´hémicycle, par métaphore [Jaccard], ancien français escuale, escuele, « écuelle », du latin vulgaire *scutella, « petite coupe ».
L´Ecuale, Ecualaz en 1906, alpage (Les Mosses, Ormont-Dessous, district d´Aigle, Vaud) ;
L´Ecuelle, Ecuellaz en 1906, lieu-dit (Anzeindaz, Bex, district d´Aigle, Vaud) ;
L´Ecuelle, alpage, nom monté au Col de l´Ecuelle, 1534m (Abondance et Saint-Jean-d´Aulps, vallée de la Dranse, Haute-Savoie) ;
Chalets d´Ecuelle, en ruines (Passy, Haut-Faucigny, Haute-Savoie).
Synonyme de cupule, en parlant de pierres à cupules :
Pierre de l´Ecuelle, aux Voirons (Bons-en-Chablais, la Côte en Chablais, Haute-Savoie).

Ancien français escuelete, esculette, diminutif avec le suffixe -ette :
L´Ecualette, Ecualettaz en 1906, lieu-dit (L´Etivaz, Château-d´Oex, Pays-d´Enhaut, Vaud).


Ecublens
Noms d´origine burgonde, dériveraient d´un primitif *Scubilingos, « chez les Scubilingi », dérivé du nom propre Scubila, diminutif d´un germanique *skub, « pousser » [Perrenot]. D´autres auteurs proposent un dérivé de l´anthroponyme germanique *Skubilo.
Ecublens, Escublens en 1180 et 1403, Escublans en 1220, Escubleins en 1226, nom allemand Scubilingen, commune et village (District de la Glâne, Fribourg) ;
Ecublens, in villa Scubilingis in fine Rûningorum en 964, Escublens en 1142, Scublens en 1147, Esciblens en 1161, descublens en 1179, Scubleins en 1220, Escublens en 1228, commune et village (District de Morges, Vaud).

Ecuer
Combe Ecuer, lieu-dit en forêt de la commune de Burdignin (Vallée Verte, Haute-Savoie), avec un patronyme Ecuer, nom de métier, ancien français escuer, « faiseur d´écu (bouclier) ».

Eculaz, Eculées, Eculés
De même sens que Culaz, mais du bas latin esculata ou exculata [terra], « [terre] éboulée ».
L´Eculaz, hameau (Reignier, Genevois, Haute-Savoie) ;
Les Eculaz, lieu-dit (Challex, Pays de Gex, Ain) ;
Eculées, hameau (Saint-Jean-de-Sixt, Bornes-Aravis, Haute-Savoie) ;
Les Eculées, ruines en forêt (Saint-André-de-Boëge, Vallée Verte, Haute-Savoie) ;
Eculés, alpage (La Salle, vallée d´Aoste) ;
Les Eculés, maisons isolées (Le Petit-Bornand-les-Glières, Faucigny, Haute-Savoie).

Ecurie, Ecuries
En Valais et Savoie, étable, habitation d´alpage pour les bêtes et les gens. De l´ancien français escurie, etc., « réunion d´écuyers », escuier, « écuyer », bas latin scutarius, « soldat portant un bouclier », latin scutum, « écu, bouclier ».
Ecurie de la Lia, maison isolée d´alpage (Mauvoisin, Bagnes, district d´Entremont, Valais) ;
Ecuries du Giétro, maisons isolée d´alpage (Mauvoisin, Bagnes, district d´Entremont, Valais).

Ecus
Ecu, monnaie de compte du Moyen Age qui valait trois livres ou soixante sols.
Bois de six Ecus, certainement le prix payé pour ce bois (Siviriez, district de la Glâne, Fribourg).

Ecutieux
L´Ecutieux, alpage de la commune de la Tour (Faucigny, Haute-Savoie), sur le flanc nord du Môle, nom monté à la Tête des Ecutieux, 1627m, du patois ekota, « petite branche » [Künzi 1997].

Ecuvillens
Village de la commune de Hauterive (District de la Sarine, Fribourg), ancienne commune, Escuuilens en 1137, Scuuillens en 1143, Escuviliens en 1182, Escuuillens en 1228, Escubilliens en 1401, Escuvilliens en 1445, Escuvillens en 1453, Escuuillens en 1578, Escuuilens en 1668, nom allemand Cüvellingen, d´origine burgonde, dériverait d´un primitif *Skûwilingos, « chez les Skûwilingi », dérivé du nom propre Skûwila, diminutif dérivé de du germanique *skava, « observer » [Perrenot], ou bien dérivé d´un primitif *Skubikil, cf. Scubiculus attesté [Stadelmann].


Edioulaz
Ruisseau de l´Edioulaz, cours d´eau affluent du Merderel (Fontcouverte-la-Toussuire et Villarembert, Maurienne, Savoie), Bois à l´Odiolaz et La Roche de L´Idiollaz en 1585, L´Idiole en 1835, peut-être d´un bas latin *aquatula, « petite eau » [Gros].

Effeuillés
Ce toponyme pourrait être une dérivation de les feuillés avec mauvaise coupure de l´article, et désignerait alors une forêt de feuillus, voir Feuillasse. Le sens original s´étant perdu, il y aurait eu confusion avec « effeuillés ».
Les Effeuillés, avec le suffixe collectif se rapportant à la flore -é (Echandens, district de Morges, Vaud).

Efflot
Efflot de Veyge, colline boisée de la commune de Leysin, district d´Aigle (Vaud), nom dérivé de Flot par agglutination de l´article.

Effondrais, Effondras, Effondres
Probablement un lieu où s´est produit un effondrement.
Saignes des Effondrais, lieu-dit (Saignelégier, district des Franches-Montagnes, Jura) ;
L´Effondras, Léfondras en 1911, hameau (Confrançon, Bresse, Ain) ;
Les Effondras, forêt déclive (Rebévelier, district de Moutier, Jura bernois) ;
Les Effondres, forêt déclive (Germagnat, Revermont, Ain).

Egala
Ruisseau de l´Egala, anciennement Aqua lata, latin aqua, « eau », et adjectif féminin lata, « lente (en parlant du débit) » (Moirans, Pays voironnais, Isère), et L´Egala, maison isolée dans la commune voisine de Saint-Jean-de-Moirans ;
L´Egala, maisons isolées (Vatilieu, Sud du Grésivaudan, Isère).

Egasse, Egassieux
Du nom local de la pie, egasse, voir aussi Agasse.
L´Egasse, petit sommet (1460m) de la commune de Villeret, et Plan à l´L´Egasse, maison isolée de la commune de Saint-Imier (District de Courtelary, Jura bernois).
Avec le suffixe -eux :
Les Egassieux, écart (Saint-André-d´Huiriat, Bresse, Ain).


Egats, Eguets
Noms de même origine que aigue, voir Aigue.
Les Egats, Aygua Porchier au XIIIème siècle, hameau (Saint-Laurent-en-Beaumont, Beaumont, Isère).
Variante de Ayguets :
Les Eguets, probablement Les Eyguets en 1935, lieu-dit (Savigneux, Dombes, Ain).


Egaux, Eygue
Eau, source, rivière, voir aigue.
Les Egaux, Mons qui vocatur Equalis et Mons qui appellatur Egals vers 1100, puis Campus qui vocatur ad Egualos, hameau (Corbel, Les Echelles, Chartreuse, Savoie) ;
Les Egaux, anciennement Les Eygaux, à proximité de nombreuses sources (Saint-Pierre-de-Chartreuse, Chartreuse, Isère) ;
La Bonne Eygue, maison isolée (Sassel, district de Payerne, Vaud).

Egieux
Hameau de la commune de Rossillon (Bugey, Ain), De Egiaco et Egeu en 1359, Egiou en 1385, Egiouz en 1469, Egieux en 1808, d´un nom de domaine d´origine gallo-romaine Egiacum, dérivé avec le suffixe -acum du gentilice Egius ou Aegius.

Eglaise
Plan de l´Eglaise, maisons isolées en clairière, commune de Saint-Livres, district d´Aubonne (Vaud), probablement de l´ancien français glaise, gleise, « église », de *glasia, par aphérèse du latin médiéval eglesia, latin ecclesia, pour une terre ayant appartenu à l´Eglise.

Eglantier
L´Eglantier, maison isolée de la commune du Chenit (District de la Vallée, Vaud), du nom de l´églantier (Rosa canina), de l´ancien français aiglant, « églantier », du latin vulgaire *aquilentum, du latin aculeatus, « qui a des piquants », de aculeus, « épine, piquant », acus, « aiguille », racine indo-européenne *ak-, « pointu ».

Eglantine
Toponyme récent, le nom de l´églantine (Rosa canina) n´apparaissant qu´au XVIème siècle. C´est une forme féminine substantivée de l´adjectif aiglantain, de l´ancien français aiglant, « églantier », voir Eglantier.
L´Eglantine, maison isolée (Arnex-sur-Nyon, district de Nyon, Vaud).

Eglise, Eglises, Eglisette
Village où se trouve l´église paroissiale, en particulier quand celle-ci ne se situe pas dans l´agglomérarion principale.
L´Eglise, hameau (Grône, district de Sierre, Valais) ;
L´Eglise, hameau (Fréterive, Combe de Savoie, Savoie) ;
Bois de l´Eglise, forêt (Marly, district de la Sarine, Fribourg) ;
Champ de l´Eglise, hameau (La Verrerie, district de la Veveyse, Fribourg) ;
Derrière l´Eglise, hameau (Chézard-Saint-Martin, district du Val-de-Ruz, Neuchâtel) ;
Combe rière l´Eglise, lieu-dit (Courtemaîche, district de Porrentruy, Jura) ;
Village de l´Eglise, hameau (Betton-Bettonet, Val Gelon, Savoie) ;
Vers l´Eglise, hameau à la limite des communes de Châbles et Font, où se situe l´église Saint-Sulpice qui dessert la paroisse de Font-Châbles (District de la Broye, Fribourg) ;
Vers l´Eglise, partie du village où se trouve l´église (Fully, district de Martigny, Valais) ;
Vieille Eglise, hameau (Lugrin, Chablais, Haute-Savoie) ;
La Vieille Eglise, hameau sur l´emplacement de l´église du Prieuré des Bénédictins fondé avant 1040 par Saint Georges, ermite du Luxembourg, aujourd´hui détruite (Saint-Jorioz, Annecy, Haute-Savoie) ;
Derrière la Vieille Eglise, lieu-dit (Soyhières, district de Delémont, Jura) ;
Vers la Vieille Eglise, lieu-dit (Courrendlin, district de Delémont, Jura) ;
Les Eglises, hameau (Longirod, district d´Aubonne, Vaud).
Diminutif avec le suffixe -ette :
L´Eglisette, quartier (Oyonnax, Haut-Bugey, Ain).

Sommet dont le forme évoque une église, par métaphore :
L´Eglise, sommet rocheux près de la Tour Sallière, 3077m (Evionnaz, district de Saint-Maurice, Valais) ;
L´Eglise Musset, avec un patronyme Musset, contrefort du Grand Bargy (Bargy, Massif des Bornes, Haute-Savoie).


Egralets, Egras, Egrats, Egratz, Egretse
Escalier, voir le mot patoisD0 égras.
Les Egras, hameau (Ursy, district de la Glâne, Fribourg) ;
Pont d´Egras, lieu-dit (Roche, district d´Aigle, Vaud) ;
Les Egrats, lieu-dit (Vallée de Chamonix, Haute-Savoie) ;
Les Egratz, montée aux chalets de Platé taillée dans la falaise (Passy, Haut-Faucigny, Haute-Savoie) ;
L´Egretse Dessous et L´Egretse Dessus, fermes isolées (Vallée du Motélon, Charmey, district de la Gruyère, Fribourg).
Avec le suffixe diminutif -et :
Les Egralets, escalier entre la ville basse et la ville haute (Estavayer-le-Lac, district de la Broye, Fribourg) ;
Les Egralets, sentier du refuge du Couvercle équipé avec des échelles (Mer de Glace, Chamonix, Haute-Savoie).


Eguerande
Hameau de la commune de Chaveyriat (Dombes, Ain), in villa qui dicitur Yvueranda en 959-992, Esguerenda en 1443, Esgierenda en 1492, Eguirenda en 1497, Esguerende en 1536, Eguerande sur la Carte de Cassini, Les Guérandes en 1841, nom qui pourrait signifier « limite de l´eau », formé de la racine gauloise *yve dérivée de *eve, « eau », et du gaulois *randa, « limite ».

Ehala, Ehéley
Forme valaisanne dérivée du roman escala, voir Echelle, avec mutation de s suivi du son [k] en h fortement aspiré.
Ehala, vigne (Sierre, Valais) ;
Ehéley, peut-être de même origine, alpage (Ayent, district d´Hérens, Valais).

Ehornettes
Les Ehornettes, lieu-dit de Tseuzier (Icogne, district de Sierre, Valais), mot patois pour es cornettes, avec mutation de s suivi du son [k] en h fortement aspiré.

Einzon
Einzon, Chaux d´Einzon et Chalet d´Einzon, alpages, Grenier d´Einzon, lieu-dit, Bisse d´Einzon, cours d´eau de la commune d´Ardon (District de Conthey, Valais), peut-être une variante d´Enson.

Eischoll
Commune et village valaisans du district de Rarogne, Oselz en 1200, Oiselz en 1250, Oysez en 1267, Oysel en 1286, Oysol en 1336, apud Ausel avant le XIIIème siècle, Eysoll en 1418, Oeysel en 1444, Eysel en 1534, nom roman alémanisée au XVème siècle, du gaulois ouxellos, uxellos, « élevé » [Jaccard], voir Ussel.

Eison
Eison, hameau de la commune de Saint-Martin (District d´Hérens, Valais), Eson en 1224, Eyson en 1307, Mayens d´Eison et Tsalet d´Eison, alpages, et Montagne d´Eison, grand pâturage, nom d´origine inconnue, peut-être à rapprocher d´Enson.

Eissy
Hameau de la commune de Domdidier, district de la Broye (Fribourg), Essie au XIIème siècle, Eyssy en 1401, probablement un ancien *Acciacum, dérivé avec le suffixe -acum du gentilice Accius ;
Prés d´Eissy, lieu-dit sur la même commune.


Elay
Nom français de la commune germanophone de Seehof, « courtine du lac », district de Moutier (Jura bernois), nom d´origine inconnue.

Elé
L´Elé, l´Elex sur la Carte Nationale, pourrait venir de es Lé par agglutination ou de les Lé par mécoupure, avec le patois chablaisien lé, « paroi rocheuse, dalle de rocher ».

Elevaz
Hameau de la commune de Pré-Saint-Didier (Vallée d´Aoste), Cleuva au VIème siècle, d´un mot occitan ayant le sens de fermé.

Eloise
Commune et village de la vallée des Usses (Frangy, arrondissement de Saint-Julien-en-Genevois, Haute-Savoie), Ehelusia en 1110, Cura de Eloysy vers 1344, nom d´origine inconnue.

Eloyes
Les Eloyes, pâturage de la commune de Saint-Imier (District de Courtelary, Jura bernois), probablement d´un ancien es Loyes.

Ely
Bois d´Ely, forêt de la commune de Crassier (District de Nyon, Vaud), pourrait être un ancien dérivé de laye, « forêt ».

Emaney
Emaney, hameau d´alpage de la commune de Salvan, district de Saint-Maurice (Valais), Amaney en 1324, patois Omaney, nom d´origine inconnue, dans le Vallon d´Emaney, et aussi Col d´Emaney, 2462m, Revers d´Emaney, lieu-dit, et Dent d´Emaney, sommet, 2568m.

Emarèse
Commune et village de la vallée d´Aoste, nom probablement issu de *Imo Areense, avec l´adjectif latin imus, « le plus bas », en raison de la position du village en-dessous d´Erèse.

Embailles
Les Embailles, hameau de la commune de Cohennoz (Val d´Arly, Savoie), pourrait être un déverbal de l´ancien français embailler, « bailler » dans le sens de « béer », peut-être pour un endroit où il y a des trous.

Embossieux, Embossu, Emposieux, Epoisats
Aven, gouffre, puits, doline creusé naturellement et par où s´écoulent les eaux, dérivés de Peseux, etc., avec agglutination de la préposition en, es.
Mot régional jurassien embossieux, empossieux :
L´Embossieux, hameau (La Pesse, Bouchoux, arrondissement de Saint-Claude, Jura) ;
L´Embossu, profond ravin et maison isolée (Renan, district de Courtelary, Jura bernois) ;
Les Emposieux, hameau, et Côte des Emposieux, lieu-dit (Travers, district du Val-de-Travers, Neuchâtel).

Dérivé du patois posat, « flaque d´eau », voir Poisat :
Les Epoisats, lieu-dit, et Ruisseau des Epoisats, affluent de l´Orbe (Le Pont, Vallée de Joux, Vaud).


Embouteilleu
L´Embouteilleu, maison isolée de la commune d´Arbent (Haut-Bugey, Ain), soit un endroit où l´on mettait en bouteille, soit d´un nom de métier, « embouteilleur ».

Embreux
Peut-être du patois local ambre, « framboise » [Prongué].
Les Embreux, forêt marécageuse (Les Genevez, district des Franches-Montagnes, Jura), et Derrière les Embreux, maison isolée (Lajoux, district des Franches-Montagnes, Jura).

Embrouchis, Embruneraie
Lieu où abondent les airelles ou les myrtilles, plantes des terrains acides.
Du parler local embroche, « myrtille », plante typique des sols acides, patois embrotze, eimbrotze [Jaccard] :
Les Embrouchis, Les Embrouches en 1906, lieu-dit (Jussy, Genève).

Variante du patois savoyard ambrune, « airelle-myrtille » [Constantin], avec le suffixe collectif se rapportant à la flore -aie :
L´Embruneraie, ruines (La Ferrière, Belledonne, Isère).


Emenne
L´Emenne ou L´Emenna, alpage de la commune de Bourg-Saint-Pierre (District d´Entremont, Valais), dont le nom désignerait une mesure de capacité et le vase en bois où le lait repose pour être écrémé [Guex].

Emetteneux, Emettennes
Probablement une cacographie de Amatenne.
Les Emettennes, forêt déclive (Roches, district de Moutier, Jura bernois).
Avec le suffixe d´abondance -eux :
Les Emetteneux, lieu-dit (Vicques, district de Delémont, Jura).


Emibois

Les Emibois, hameau de la commune de Muriaux (District des Franches-Montagnes, Jura), patois jurassien emmey les bôs, « au milieu des bois » [Prongué].
Voir aussi Mébôs.


Emilius
Mont Emilius, 3559m (Vallée d´Aoste), nommé Pic des Dix Heures jusqu´en 1839, année où le chanoine Georges Carrel en réalisa la première ascension en compagnie d´Emilie Argentier, agée de 14 ans, en l´honneur de qui le chanoine donna à ce sommet son nom actuel, officialisé en 1852.

Emondaux
Hameau de la commune de Dortan (Haut-Bugey, Ain), De Monda en 1419, Esmondaux en 1563, Emondau en 1844, peut-être de l´ancien français monde, « pur, sans souillure », déverbal de monder, « purifier », latin mondare, même sens.

Emonets, Emonnets
Patronyme Emonet, variante de Aymonet, diminutif du prénom Aymon, du germanique *haima, « foyer, village, patrie ».
Les Emonets, hameau (Saint-Maurice, Valais) ;
Les Emonnets, Les Emonets sur la Carte de Cassini, hameau (Chaveyriat, Dombes, Ain).

Emosson
Lieu-dit de la commune de Finhaut, district de Saint-Maurice, (Valais), Musson en 1307, Mosson en 1324, Emousson en 47, voir Mosson.
Vieux Emosson, pâturage, Lac du Vieux Emosson, lac artificiel, dans la même commune.

Empétières
Les Empétières, lieu-dit de la commune de Dombresson (District du Val-de-Ruz, Neuchâtel), probablement du patois petâ, « boue », avec agglutination de la préposition en, es, avec le suffixe collectif -ière.

Emptaz, Emptes, Emptos, Emptoz
Ces noms seraiemt dérivés de l´ancien français emption, « achat », du latin emptus, « achat » selon Jaccard. Ce sont aussi des patronymes, probablement du franco-provençal empesta, « infecter, empester ».
Les Emptaz, hameau (Saint-Aupre, Pays voironnais, Isère) ;
Les Emptes, Max des Emptoz en 1553, hameau, et Le Pré sous les Emptes, maison isolée (Aigueblanche, Tarentaise, Savoie) ;
Les Emptos, hameau (Miribel-les-Echelles, Chartreuse, Isère) ;
Chemin des Emptoz, d´un ancien lieu-dit (Blonay, district de Vevey, Vaud).

Encasse
Partie d´un champ qui s´avance dans un autre, vieux français encasse, « entaille, échancrure, enclave ».
L´Encasse, lieu-dit en forêt (Enges, Neuchâtel).

Enchainieux
Bois de l´Enchainieux, forêt de la commune des Villards-sur-Thônes (Bornes, Haute-Savoie), nom dérivé de chaîne ou enchaîner, probablement en rapport avec les travaux forestiers.

Enchasaz
Enchasaz ou Enchesaz, hameau de la commune de Saint-Marcel (Vallée d´Aoste), d´un mot patois qui désigne une écluse sur un ruisseau.

Enclave, Enclaves
Probablement d´une propriété entourée d´une clôture, du latin vulgaire *inclavare, « fermer à clé », latin clavis, « clef ».
Col de l´Enclave, 2672m, et Lac de l´Enclave (Les Contamines-Montjoie, Val Montjoie, Haute-Savoie) ;
Les Enclaves, pâturage, nom monté aux Rochers des Enclaves, 2465m (Hauteluce, Beaufortain, Savoie) ;
Torrent des Enclaves, affluent du Giffre (Sixt-Fer-à-Cheval, Faucigny, Haute-Savoie).

Enclos, Enclose
Voir Clos.
L´Enclos, lieu-dit en forêt (Chéserex, district de Nyon, Vaud) ;
L´Enclose, hameau (Riaz, district de la Gruyère, Fribourg).

Enclume
Croix de l´Enclume, lieu-dit sur la crête du Mont Lachat (Les Villards-sur-Thônes, Bornes, Haute-Savoie), par métaphore.

Encochet
Ruisseau de l´Encochet, affluent du Foron, probablement un diminutif du français encoche, « petite entaille », déverbal d´encocher.

Encombres
Du français encombre, « gêne, obstacle » déverbal de encombrer, de l´ancien français combre, voir Combremont.
Col des Encombres, 2329m, et Torrent des Encombres (Saint-Martin-de-Belleville, Tarentaise, Savoie).

Encrena, Encrenaz, Encrène, Encrennes
Brèche, col. Patois encrena, « entaille, arête dentelée, couloir dans une paroi rocheuse », vieux français créner, « entailler, découper », ancien français cren, crene, crenne, « entaille, coche, cran », bas latin crena, peut-être du gaulois *crinare.
Col de l´Encrena, 2578m, et Combe de l´Encrena, nom montéà l´Aiguille de l´Encrena, 2863m (Aiguilles Rouges, vallée de Chamonix, Haute-Savoie) ;
Col d´Encrenaz, 1984m (Bargy, Massif des Bornes, Haute-Savoie) ;
Col de l´Encrenaz, 1591m (Rochers du Jotty, la Baume, Chablais, Haute-Savoie) ;
L´Encrenaz, hameau situé au Col de l´Encrenaz, 1433m (La Côte d´Arbroz, Faucigny, Haute-Savoie) ;
L´Encrène, lieu-dit (Ollon, district d´Aigle, Vaud) ;
Pointe des Encrennes, 2642m (Grand Muveran, Préalpes vaudoises).
Voir aussi Crenés Increne, Lancrenaz.


Endroit, Endroits
Versant d´une montagne tourné au sud, appelé aussi Adret, et opposé à l´Envers.
Le Plan Endroit, où il y a aussi un Plan Envers (Vallorcine, vallée de l´Eau Noire, Haute-Savoie) ;
Les Endroits, côte avec habitat dispersé (La Chaux-de-Fonds, Neuchâtel).

Enfer, Enfers
Vallée étroite et profonde, ravinement de montagne, de l´ancien français enfern, latin écclésiastique infernum, « lieu d´en bas », latin infernus, « d´en bas, d´une région inférieure ».
L´Enfer, lieu-dit (Reignier, Genevois, Haute-Savoie) ;
Combe d´Enfer, lieu-dit (Diesse, district de la Neuveville, Jura bernois) ;
Creux de l´Enfer, lieu-dit dans les gorges de la Sarine (Lessoc, Haut-Intyamon, district de la Gruyère, Fribourg) ;
Creux d´Enfer, lieu-dit (Ollon, district d´Aigle, Vaud) ;
Porte des Enfers, ravin (La Heutte et Sonceboz-Sombeval, district de Courtelary, Jura bernois).
Roc d´Enfer, sommet, 2243m, anciennement La Pointe d´Oël pour les habitants de Bellevaux, La Penta d´Oé en patois, et La Mont-Maudite en 1580 [cité par Künzi 1997] (Saint-Jean-d´Aulps, vallée de la Dranse, et la Côte d´Arbroz, Faucigny, Haute-Savoie) ;
Rio d´Enfer, cours d´eau affluent de la Glâne (Ursy, district de la Glâne, et Le Flon, district de la Veveyse, Fribourg) ;
Riau d´Enfer, cours d´eau affluent de la la Trême (Gruyères, district de la Gruyère, Fribourg).
Voir aussi Infernet.


Enfers
Les Enfers, commune et village jurassiens du district des Franches-Montagnes, Au cruz des Enfers en 1330, Die Hell au XVème siècle, dont le nom vient des « enfers », les incendies allumés par les défricheurs ; pour Prince, ce lieu s´appelait autrefois Les Envers, et serait devenu Les Enfers par remotivation ;
Combe des Enfers, probablement de même origine, lieu-dit et pâturage avec maisons isolées (Le Locle, Neuchâtel).

Engens, Enges
Noms d´origine burgonde, qui dériveraient d´un primitif *Igingas, « chez les Igingi », dérivé du nom propre Igo, forme populaire de Idgêr ou apparenté au nom ostrogoth Igo, allemand Igel, « hérisson » Perrenot.
Vallée d´Engens, lieu-dit en forêt (La Sarraz, district de Cossonay, Vaud) ;
Enges, Enge en 1178, Eingu en 1182, Einge en 1212, Enjo en 1235, dont le nom pourrait aussi venir du patois local « vallée encaissée », de l´ancien haut allemand angi, engi, « pointe », toutefois la forme Eingu dénote une origine germanique, commune et village (Neuchâtel).

Engins
Commune et village du Vercors (Villard-de-Lans, arrondissement de Grenoble, Isère), Ecclesiam S. Johannis de Ingenio en 1080, Engeniis et ecclesia de Ingeniis au XIème siècle, Enginz et Ingins au XIIème siècle, du gentilice romain Ingenius.

Englannaz, Englenaz, Englene
Peut-être de même origine que Glenne, avec la préposition en [Künzi 1997]
Englannaz, hameau (Faverges, Haute-Savoie) ;
Ruisseau de l´Englenaz, affluent de l´Arve (Cluses, Bonneville, Haute-Savoie) ;
Englene, hameau (Sixt-Fer-à-Cheval, Faucigny, Haute-Savoie).

Engolieu, Engollon
Ces toponymes désignent une perte, un entonnoir naturel, patois engollieu, du préfixe en et du latin gula, « gosier, gorge », voir Golet.
L´Engolieu, Engollieu en 1906, maisons isolées (Montmollin, district du Val-de-Ruz, Neuchâtel).
Avec le suffixe -on :
Engollon, Engolon en 1143, Engolun en 1228, Angelon en 1374, commune et village (District du Val-de-Ruz, Neuchâtel).


Enne
Grande Enne et Petite Enne, alpages de la commune d´Arzier (District de Nyon, Vaud), anciennement Aîne, peut-être de même origine que le français aine, latin vulgaire inguinem, latin inguen, inguinis, même sens, avec la signification de creux de terrain [Jaccard]. Pour Bossard, Enne désigne « un lieu reserré, dans une combe étroite », mot d´origine inconnue.

Enney
Village et ancienne commune (District de la Gruyère, Fribourg), Eis et Eiz en 1224, Ex en 1238, Heyz en 1254, Eys en 1388, Hayes en 1535, En Heyz en 1548, Heney en 1555, aussi Henney en 1906. Selon Perrenot ce nom dérive du germanique *hais-, bas latin heisa, aisia, « bois de buisson, de broussailles », probablement à l´origine du germanique *haistra, « jeune pousse [de hêtre] ». L´ancien nom allemand Zum Schnee, « dans la neige », serait une métraduction du patois en nei, qui signifie aussi « dans la neige ».

Enny
L´Enny, lieu-dit de la commune de Bussigny-près-Lausanne (District de Morges, Vaud), pourrait être de même origine que Henniez, qui s´appelait Enny en 1578.

Ensarmets
Les Ensarmets, hameau de la commune de Loisin (Bas-Chablais, Haute-Savoie), pourrait être une cacographie de Ansermets, voir Ansermoz.

Ensex

Ensex, Escez en 1291, aussi Encex en 1906, hameau, et Marais d´Ensex (Bretaye, Ollon, district d´Aigle, Vaud), « dans les rochers », voir Cez et Sex.

Ensomparoisse, Enson
Toponyme désignant un sommet, par agglutination de en som, « au sommet », voir Som.
Enson la Fin, hameau (Saint-Brais, district des Franches-Montagnes, Jura) ;
Ensomparoisse ou Enson Paroisse, Sonbaroiche en 1446, « au sommet de la paroisse », maisons isolées (Epiquerez, district des Franches-Montagnes, Jura).
Voir aussi Chevalenson, Einzon, Enson Nova, Esson, Faux d´Enson, Villar Enson.


Ente, Entes, Entos, Entoux
D´un déverbal du verbe français enter, « greffer », du latin vulgaire *imputare [Aebischer], dérivé de impotus, « greffe », du grec emphuton, de même sens.
L´Ente, lieu-dit (Etagnières, district d´Echallens, Vaud) ;
Champ de l´Ente, lieu-dit (Mont-la-Ville, district de Cossonay, Vaud) ;
Les Entos ou Es Entes, maisons isolées (Pont-la-Ville, district de la Gruyère, Fribourg) ;
Champ des Entes, lieu-dit (Villeret, district de Courtelary, Jura bernois).
Avec le suffixe d´abondance -oux :
Pré des Entoux ou Pré des Entous, lieu-dit (Misery-Courtion, district du Lac, Fribourg).


Entonnoir
L´Entonnoir, lac marécageux de la commune d´Ormont-Dessous, district d´Aigle (Vaud), nommé ainsi parce qu´il n´a pas d´exutoire.

Entraigues, Entraygues, Entrèves
Entre les eaux. Lieu situé au confluent de deux cours d´eau.
Français entre et suffixe -aigue, -aygue :
Entraigues, Interaquis au XIIIème siècle, Entre Aygues au XIVème siècle, commune et village du Valbonnais (Valbonnais, arrondissement de Grenoble, Isère) ;
Entraigues, inter Aquas en 1421, village au confluent de l´Arvette et de l´Arvan (Saint-Jean-d´Arves, arrondissement de Saint-Jean-de-Maurienne, Savoie) ;
Entraygues, lieu-dit entre les torrent de la Vallonette et de la Lauzette (Valloire, Maurienne, Savoie).

Français entre et suffixe -ève :
Entrèves, hameau (Bellecombe-en-Bauges, Le Châtelard, Bauges, Savoie) ;
Entrèves, village au confluent de la Doire du Val Ferret et de la Doire du Val Veny (Courmayeur, vallée d´Aoste).


Entre Deux
Les Entre Deux, pâturage en-dessous de la Pointe d´entre Deux Pertuis, entre deux crêtes rocheuses.

Entre deux Bains
Lieu-dit de la commune de Lignières (Neuchâtel), situé entre deux rus.

Entre deux Bois
Entre deux Bois, lieu-dit entre des forêts (Siviriez, district de la Glâne, Fribourg) ;
Entre deux Bois, maisons isolées entre deux ruisseaux aux rives boisées (Savigny, district de Lavaux, Vaud).

Entre deux Cornets
Lieu-dit de L´Etivaz (Château-d´Oex, Pays-d´Enhaut, Vaud), situé entre deux petites éminences, dont l´une est la Corne du Soere, voir Cornette.

Entre Deux Dents
Lieu-dit de Neirivue (Haut-Intyamon, district de la Gruyère, Fribourg), entre deux sommets d´une arête, voir Dent.

Entre Deux Eaux
Hameau de la commune de Termignon (Haute-Maurienne, Savoie), situé au confluent du torrent de la Leisse et du torrent de la Rocheure.

Entre-deux-Guiers
Commune et village de Chartreuse (Saint-Laurent-du-Pont, arrondissement de Grenoble, Isère), inter duos Guerios au XIVème siècle, Les Deux Guiers au XVIème siècle, Entre-Deux-Guiers-le-Bas ou les Echelles au XVIIIème siècle, situés entre le Guiers Mort et le Guiers Vif.

Entre deux Lavanches
Lieu-dit en montagne de la commune de Peisey-Nancroix (Tarentaise, Savoie), voir Lavanche.

Entre deux Monts
Entre deux Monts, hameau, et Entre deux Monts Dessus, pâturage avec maisons isoléesde la commune de la Sagne (District de la Chaux-de-Fonds, Neuchâtel), entre deux chaînons du Jura.

Entre deux Nants, Entre Deux Nants
Situé entre deux nants.
Entre deux Nants, hameau entre le Dorinet et un affluent de celui-ci (Hauteluce, Beaufortain, Savoie) ;
Entre Deux Nants, forêt déclive entre le torrent de Giers et le nant Large (Sixt-Fer-à-Cheval, Faucigny, Haute-Savoie).

Entre Deux Pertuis
Alpage situé entre l´Aiguille de Pertuis et la Pointe d´Ardens, nom monté à la Pointe d´Entre Deux Pertuis, 2176m (Massif de Tavaneuse, Chablais, Haute-Savoie).

Entre deux Ponts
Lieu-dit en forêt de la commune de Pampigny (District de Cossonay, Vaud), situé entre deux ponts sur le Veyron.

Entre deux Ruz
Lieu-dit de la commune de Chavornay (District d´Orbe, Vaud), « entre deux ruisseaux », voir ruz.

Entre deux Sex, Entre deux Siex
Signifie « entre deux rochers », voir Sex, Siex.
Entre deux Sex, couloir entre le Rocher à Pointes et le Rubli (Rougemont, Pays-d´Enhaut, Vaud) ;
Entre deux Siex, alpage (L´Etivaz, Château-d´Oex, Pays-d´Enhaut, Vaud).

Entre deux Villes
Quartier de la commune de La Tour-de-Peilz (District de Vevey, Vaud), entre celle-ci et la ville de Vevey.

Entre Deux Vys
Lieu-dit en forêt de la commune d´Arzier (District de Nyon, Vaud), « entre deux chemins », voir Vy.

Entre les Biefs
Lieu-dit de la commune de Saint-Germain-les-Paroisses (Bugey, Ain), voir Biefs.

Entre les Bois
Lieu-dit de la commune de Beurnevésin (District de Porrentruy, Jura).

Entre les Deux Tours
Pâturage de la commune de Liddes (District d´Entremont, Valais), dans la combe de l´A, entre la Tour de Bavon et le Bec Rond.

Entre les Métairies
Lieu-dit de la commune du Landeron (Neuchâtel), près de la métairie du Landeron.

Entre les Prés
Lieu-dit en forêt de la commune de Soulce (District de Delémont, Jura), situé entre Les Prés Dessous et Les Prés Dessus.

Entre les Vies
« Entre les chemins », voir Vies.
Entre les Vies, lieu-dit (Alle, district de Porrentruy, Jura) ;
Entre les Vies, lieu-dit (Sutrieu, Valromey, Ain).

Entremont, Entremont-le-Vieux
Signifie « entre les montagnes ».
Entremont, Inter montes en 1154 lors de la fondation de l´abbaye de chanoines réguliers de Saint Augustin, Entremonz en 1275, de encombra monte en 1301, Abbas de Intermontium vers 1344, commune et village (Arrondissement de Bonneville, Haute-Savoie) ;
Entremont, vallis Paenina en 998-1018, inter montes en 1251, vallée et district valaisans ;
Entremont, ancien château en ruine, au confluent des Dranses de Bagnes et d´Entremont (Sembrancher, district d´Entremont, Valais) ;
Entremont-le-Vieux, Entremons en 1145, Entremonts en 1347, Intermontes en 1488, Intermons vetus en 1531, commune et village (Les Echelles, arrondissement de Chambéry, Savoie) ;
Pointe d´Entremont, 2650m (Saint-Rhémy-en-Bosses, vallée d´Aoste).

Entremouille
Entre des zônes humides, voir Mouille.
Entremouille, hameau (Gryon, district d´Aigle, Vaud).

Entrenants
Signifie « entre les nants ».
Entrenants, hameau (La Thuile, Bauges, Savoie) ;
Entrenants, hameau (Le Châtel, Maurienne, Savoie).

Entrepra
Lieu-dit de la commune de Grancy, district de Cossonay (Vaud), « entre les prés », voir Pra.

Entreroches, Entre Roches
Passage « entre les roches », défilé.
Entreroches, lieu-dit (Orny, district de Cossonay, Vaud) ;
Défilé d´Entreroches, lieu-dit, gorge formée par le Doron (Beaufort-sur-Doron, Beaufortain, Savoie) ;
Entre Roches, lieu-dit entre la Dent de Brenleire et la Dent de Folliéran (Charmey, district de la Gruyère, Fribourg) ;
Entre Roches, lieu-dit (Sainte-Croix, district de Grandson, Vaud).

Entresaix, Entresex
Signifie « entre les rochers », latin inter saxa, voir Sex, « rocher ».
Maladière d´Entresaix, Maladeria de Intersaxis au XIIème siècle, Maladière d´Entresex en 1771, ancienne léproserie (Yenne, arrondissement de Chambéry, Savoie) ;
Entresex Dessous et Entresex Dessus, lieux-dits entre les falaises de Château Chamois et de la Douve (Château-d´Oex, Pays-d´Enhaut, Vaud).

Entreverges
Hameau de la commune de la Tour (Faucigny, Haute-Savoie), « entre les verges », latin virga, « petite branche, baguette ».

Entrevernes
Commune et village de la région du lac d´Annecy (Seynod, arrondissement d´Annecy, Haute-Savoie), « entre les vernes » en raison de sa position dans une vallée reserrée entre le Roc de Boeufs et le Taillefer, où poussent des vernes. Nom monté à la Montagne d´Entrevernes, 1305m (Entrevernes, Annecy, Haute-Savoie).

Entrevie
Lieu-dit de la commune de Passy (Haut-Faucigny, Haute-Savoie), soit « entre les chemins », avec Vie, « chemin », soit « entre les eaux », voir Entrèves, mais la topographie ne corrobore pas cette deuxième hypothèse.

Envelier
Hameau de la commune de Vermes, district de Delémont (Jura), de l´anthroponyme germanique *Emmo, Enno, avec le suffixe -velier [Prongué]. Son nom allemand est Wiler, ou Welschwiler, avec l´allemand welsch.

Envers, Enversain, Enverse, Enverses, Enversets,
Enversin, Enversins, Enversis
Versant d´une montagne, d´une colline tourné au nord, appelé aussi ubac. Latin inversus, « retourné ».
Envers Damon, alpage (Bionaz, vallée d´Aoste) ;
Bois de l´Envers (Pays de Gavot, Chablais, Haute-Savoie) ;
Derrière l´Envers, lieux-dits (Enges et Lignières, Neuchâtel) ;
Pâturage de l´Envers, lieu-dit, cf. dans la même commune le Pâturage du Droit (Corgémont, district de Courtelary, Jura bernois) ;
Les Enverses, alpage (Saint-Martin-de-Belleville, Tarentaise, Savoie) ;
Les Enversis, lieu-dit (Jujurieux, Haut-Bugey, Ain).
Formes adjectives :
Combe Enverse, lieu-dit (Arâches-la-Frasse, Faucigny, Haute-Savoie) ;
Côte Enverse, forêt déclive (Bottens, district d´Echallens, Vaud).

Diminutif avec le suffixe -et :
Les Enversets, hameau (Fontcouverte-la-Toussuire, Arvan, Savoie).

Diminutifs avec le suffixe -in :
L´Enversain, hameau (Saint-Jean-de-Bournay, Pays viennois, Isère) ;
L´Enversin, lieu-dit en forêt (Saint-Jean-d´Aulps, vallée de la Dranse, Haute-Savoie) ;
Les Enversins, lieu-dit en forêt (Lullin, Chablais, Haute-Savoie) ;
Bois des Enversins, anciennement Les Aversins, forêt (Méaudre, Vercors, Isère).

Voir aussi Invers, Lanversin, Revers, Traverses.


Envuissel
Mot qui dérive du patois anvoué, « orvet fragile » (Anguis fragilis), voir le mot régional Lanvoui.
Forêt de l´Envuissel (Cremin, district de Moudon, Vaud).

Envy
Village de la commune de Romainmôtier-Envy (District d´Orbe, Vaud), Envi en 1216, dont le nom vient probablement du latin in via, « sur la routes », ou in viae, « entre les routes ».

Eoué
Sex vers l´Eoué, rochers de la commune de Vouvry (District de Monthey, Valais), probablement Evoué avec syncope du v.

Epagnier, Epagny
Du nom de domaine gallo-romain *Hispaniacum, Spaniacum formé avec le suffixe -acum à partir du nom propre Hispanius, Spanius, « Espagnol ».
Epagnier, Espagnie en 1163, Espaniei et Ispaniei vers 1180, Espagniez et Hispanie en 1192, Espagniacum en 1201, anciennement Espanier, ancien nom allemand Spaniz, village (Marin-Epagnier, district de Neuchâtel, Neuchâtel) ;
Epagny, Espagnier en 1115, Espaniei, Ispaniei, Hispanie et Espanie au XIIème siècle, Espagnie en 1163, Espaignye en 1277, Epanye en 1278, Espagnye en 1296, ancien nom allemand Eppenach, hameau (Gruyères, district de la Gruyère, Fribourg) ;
Epagny, Espanie en 1311, Cura de Espagnie vers 1344, Expagniacus en 1495, puis Epargny, commune et village (Annecy Nord-Ouest, arrondissement d´Annecy, Haute-Savoie) ;
Epagny, Espagnie et probablement Expagnier en 1245, hameau (Jonzier-Epagny, Genevois, Haute-Savoie).
Epagny, hameau (Saint-Jorioz, Annecy, Haute-Savoie).
Peut-être de même origine :
L´Epagny, hameau (Passy, Haut-Faucigny, Haute-Savoie) ;
L´Epagny, hameau (Bonneville, Faucigny, Haute-Savoie), mais selon Künzi 1997 les formes anciennes seraient Les Pergniers, avec un patronyme Pergnier.


Epais, Epaisse, Epasses, Epeisse, Epeisses,
Epesse, Epessoux, Epey, Epeyssoles, Episses
Mot régional suisse épesses, « terre inculte, friche » [Pégorier]. Vieux français épais, épaisse, ancien français espaisse, espeisse, espesse, espoise, espoisse, « épaisseur, en particulier d´un bois, d´une forêt, fourrés », du latin spissa, « dense, épais », ou ancien français espesche, « terre ou pré dépouillé où l´on mène paître les troupeaux ».
Bois Epais, lieu-dit en forêt (La Neuveville, Jura bernois) ;
L´Epaisse, Espesi en 1171, Espeissi en 1192, Espeissia en 1265, Espeyssia en 1271, Espeysse vers 1350, hameau (Bâgé-la-Ville, Bresse, Ain) ;
Les Epasses [Prongué], lieu-dit (Grandfontaine, district de Porrentruy, Jura) ;
En Epeisse Dessous, Espessy en 1340 (Ollon, district d´Aigle, Vaud) ;
Epeisses, Espeyssie et Espessi en 1220, Epeisy en 1302, Espeissy au XIVème siècle, hameau (Avully, Genève) ;
L´Epesse, maison isolée (Puidoux, district de Lavaux, Vaud) ;
Epesses, Espesses en 1166 et 1453, Spesses en 1228, commune et village (District de Lavaux, Vaud) ;
Epey, Apud Espeys en 1288, Espey en 1463-1468, hameau (Châtillon-sur-Chalaronne, Bresse, Ain) ;
Episses, lieu-dit (Avully, Genèe).
Avec le suffixe d´abondance -oux :
Les Epessoux, hameau (Riaz, district de la Gruyère, Fribourg).

Avec le suffixe diminutif -ole :
Epeyssoles, Espisola en 1289, Espeisola vers 1335, Epeyssola en 1503, Espeyssoles en 1650, Epeyssolles en 1757, Epeissoles au XVIIIème siècle, château (Vonnas, Dombes, Ain).


Epaleires
Les Epaleires, lieu-dit de la commune de Neyruz-sur-Moudon (District de Moudon, Vaud), peut-être du vieux français espaille, « buisson, broussaille », ancien français espaille, « paille, menu bois », avec le suffixe collectif -eire.

Epalinges
Commune et village vaudois du district de Lausanne, de Spanengis en 1182, Espaningio en 1224, Espalingio en 1233, Espallingiez au XIVème siècle, nom d´origine burgonde qui dériverait d´un primitif *Spaningos, « chez les Spaningi », dérivé du nom propre Ipana, Ipano, du germanique *spanan, « attirer à soi » [Perrenot]. D´autres auteurs y voient un ancien *Hispanianicum, dérivé avec un suffixe -anicum d´un cognomen Hispanius, probablement un vétéran d´origine espagnole.

Epalud
L´Epalud, hameau de la commune de Saint-François-Longchamp (Maurienne, Savoie), cacographie de Palud, ou culture sur espalier.

Epancheurs
Place des Epancheurs et Rue des Epancheurs, commune d´Auvernier (District de Boudry, Neuchâtel), rappelle un lieu où les pêcheurs allaient « épancher » leurs filets, c´est-à-dire les étendre après usage, sur des piquets de bois fichés en terre.

Eparis, Epars, Eparse, Espersiers
Français épars, éparse, « qui est épandu çà et là en divers endroits », ancien français esparse, « éparpillement », esparser, « éparpiller », latin sparsus, « répandu ; disséminé, dispersé, épars ».
Maison dispersées :
Les Epars, maisons isolées en forêt (Fillinges, Genevois, Haute-Savoie).

Ruisseau qui se répand et qui déborde :
Ruisseau des Eparis, affluents du Chéran (Albanais, Haute-Savoie) ;
L´Eparse, cours d´eau canalisé (Corcelles-près-Payerne, district de Payerne, Vaud), et lieu-dit (Payerne, Vaud).

Avec le suffixe collectif -ier :
Les Espersiers, hameau (Corsier-sur-Vevey, district de Vevey, Vaud).


Eparres, Eperry
Probablement du franco-provençal epara, « penture de porte », lyonnais éparre, « pièce de bois ou traverse de fer soutenant les portes et les fenêtres », germanique *sparra, « poutre », pouvant désigner un replat par métathèse [Vurpas].
Les Eparres, castrum de les Esparres au XIIIème siècle, castrum de Espareis, ecclesia Esparis et Esperres au XIVème siècle, Asperarum castrum au XVème siècle, commune et village (Bourgoin-Jallieu, arrondissement de la Tour-du-Pin, Isère) ;
Les Eparres, quartier (Saint-Martin-d´Hères, Pays grenoblois, Isère) ;
Forêt des Eparres et Rochers des Eparres, dans la Combe des Eparres (Saint-Pierre-d´Entremont, Chartreuse, Isère) ;
Source des Eparres, boschayregium de Espariis au XIVème siècle, (Chapareillan, Grésivaudan, Isère).
Peut-être de même origine, mais c´est douteux :
L´Eperry, hameau (Chézery-Forens, Pays de Gex, Ain).


Epaule
Désigne par métaphore un promontoire. De l´ancien français espalle, bas latin spathula, issu du latin spatha, « épée », par allusion à l´omoplate.
L´Epaule, petit sommet rocheux près de la Tour Sallière, 3011m (Evionnaz, district de Saint-Maurice, Valais).

Epautaire, Epautheyres
Champ où l´on cultive l´épeautre (Triticum sp.), une sorte de blé, du bas latin d´origine germanique spelta, avec les suffixes collectifs -aire, -eyre.
Epautaires, lieu-dit (Chapelle-sur-Moudon, district de Moudon, Vaud) ;
Epautheyres, Spelterias en 885, Epautaires et Epautheires en 1906, village (Essertines-sur-Yverdon, district d´Echallens, Vaud).

Epauvillers
Commune et village jurassiens du Clos-du-Doubs, district des Franches-Montagnes, nommé Villare en 1139, Vilaire en 1175, Vilers en 1210, Vilario en 1173, Villario en 1558, par la suite Villers et Haut-Villers ; le nom Villers a subsisté dans le lieu-dit de la même commune, Bois de Villers. Selon Prongué, le nom actuel pourrait signifier « es Peux de Villers ». Toutefois, Jaccard cite un Epavillers en 1179, qui lui fait dériver ce nom de lieu d´un anthroponyme germanique avec le suffixe -villers.

Epée
L´Epée, 3605m, un sommet du Massif des Combins (Bagnes et Bourg-Saint-Pierre, district d´Entremont, Valais), par métaphore, latin spada, même sens.

Epena, Epenatte, Epenay, Epenaz, Epenetta,
Epenettaz, Epenettes, Epeneux, Epenex, Epeney,
Epeneys, Epenis, Epenouet, Epenoux, Epignat,
Epignier, Epigny, Epinanches, Epinarde, Epinasses,
Epinassey, Epinay, Epine, Epinées, Epinenaie,
Epines, Epinet, Epinette, Epinettes, Epineuse,
Epineux, Epiney, Epineys, Epinier, Epinières,
Epiniers, Epinoux, Epinouza, Eponnet, Eppenis,
Espinasses
Lieu où pousse des épineux, par exemple l´épine noire (Prunus spinosa) ou l´aubépine, nom commun épine (Crataegus oxyacantha). Du gaulois et latin spina, « épine ».
Français épine, « arbre ou arbrisseau aux branches pourvues de piquants » :
L´Epine, lieu-dit (Apples, district d´Aubonne, Vaud) ;
Fin l´Epine, lieu-dit, dont le nom devenu Fin Lépine a été donné à une rue de la ville (Moutier, Jura bernois) ;
Fleur d´Epine, maison isolée (L´Isle, district de Cossonay, Vaud) ;
Mont de l´Epine, chaînon de montagnes, nom monté du Château de l´Epine de Spina au XIème siècle, Castrum Spine et Mons Spine en 1380, Mons de Spina en 1497, l´Espine au XIVème siècle (Nances, Avant-Pays savoyard, Savoie) ;
Les Epines, lieu-dit (Chabrey, district d´Avenches, Vaud).
Noms collectifs : Vieux français épinaie, occitan espinasso, « endroit planté d´arbustes épineux », latin spinaria, variante de spinarium, « lieu encombré d´épines », spinetum, « lieu où croissent les plantes épineuses », spinosus, « couvert d'épines, épineux, piquant », aussi [locus] spinosus, « [lieu] âpre, escarpé, difficile ».

Ancien français épinette, jusqu´au XVIIIème siècle, « buisson épineux », avec les suffixes collectifs se rapportant à la flore -et, -ette :
L´Epinet, lieu-dit (Ceyzériat, Revermont, Ain) ;
L´Epinette, lieu-dit (Roche, district d´Aigle, Vaud) ;
Les Epinettes, lieu-dit du vignoble (Vétroz, district de Conthey, Valais).

Ancien français espinée, « touffe d´épines » :
Combe des Epinées, lieu-dit (Saint-Martin-d´Arc, Maurienne, Savoie).

Avec les suffixes d´abondance -euse, -eux, -oux :
Epineuse, hameau (Reignier, Genevois, Haute-Savoie) ;
L´Epineuse, lieu-dit (Innimond, Bugey, Ain) ;
L´Epineux, hameau (Crozet, Pays de Gex, Ain) ;
Epinoux, In fine Spinacensi et in ipsa villa Spinaco vers 1004, Espinous en 1277, hameau (Manziat, Bresse, Ain).

Forme patoise :
Epinouza, hameau (Seyssel, Bugey, Ain).

Français épinier, terme de vénerie, « hallier, fourré de buissons épineux où se retirent les bêtes noires », avec le suffixe collectif -ier :
L´Epignier, hameau (Thénésol, Combe de Savoie, Savoie) ;
L´Epinier, lieu-dit (Compôte-en-Bauges, Bauges, Savoie) ;
Les Epiniers, hameau (Boëge, Vallée Verte, Haute-Savoie).

Adjectif vieux français épinière, « qui porte des épines », avec le suffixe collectif -ière :
Les Epinières, forêt (Thoiry, Bauges, Savoie) ;
Ruisseau des Epinières (Saint-Pierre-de-Bressieux, Bièvre, Isère).

Avec les suffixes collectifs -ay, -ey, -y, ancien français espinei, espinoi, espinoy, « endroit plein de ronces et d´épines » :
Epigny, lieu-dit (Arveyes, Ollon, district d´Aigle, Vaud) ;
L´Epinay, hameau (Saint-Didier-sur-Chalaronne, Dombes, Ain) ;
L´Epiney, Lespiney en 1444, Lépinay en 1911, maisons isolées (Cras-sur-Reyssouze, Bresse, Ain) ;
L´Epinenaie, lieu-dit (Saint-Germain-les-Paroisses, Bugey, Ain).

Probablement par le patronyme Epiney de même origine :
Epiney, lieu-dit au bord du Rhône (Dorénaz, district de Saint-Maurice, Valais) ;
Les Epineys, lieu-dit au bord du Rhône (Saillon, district de Martigny, Valais).

Avec le suffixe collectif patois -at :
Epignat, Epignaz en 1760, maisons isolées en clairière (Evionnaz, district de Saint-Maurice, Valais).

Avec le suffixe péjoratif -asse :
Les Epinasses, Spinassy et nantum de Spinassy en 1300, lieu-dit (Viuz-en-Sallaz, Faucigny, Haute-Savoie) ;
Les Epinasses, clairière (Bois de Jussy, Genève) ;
Les Espinasses, Les Espinaces en 1480, lieu-dit (Genay, Rhône).

Avec le suffixe péjoratif -asse et le suffixe collectif -ey :
Epinassey, Silvam Spinaceti vers 850, Spinacetum en 1214, Espinassex en 1263, Espinassetum en 1281, hameau (Saint-Maurice, Valais).

Avec le suffixe -anche :
Les Epinanches, lotissement (Thonon-les-Bains, Bas-Chablais, Haute-Savoie).

Avec le suffixe -arde :
L´Epinarde, lieu-dit (Saint-Paul-en-Chablais, Chablais, Haute-Savoie).

Forme patoise epena :
L´Epena, lieu-dit (Grolley, district de la Sarine, Fribourg) ;
Ruisseau de l´Epena, affluent du lac de Neuchâtel (Cheseaux-Noréaz, district d´Yverdon, Vaud) ;
L´Epenaz, cours d´eau (Villars-Epeney, district d´Yverdon, Vaud).

Dérivés de epena avec les suffixes collectifs -ay, -ex, -ey :
L´Epenay, maisons isolées (Curtilles, district de Moudon, Vaud) ;
L´Epenex, lieu-dit (Le Glèbe, district de la Sarine, Fribourg) ;
Epeney, lieu-dit (Aclens, district de Morges, Vaud) ;
Les Epeneys, lieu-dit au bord du Rhône (Riddes, district de Martigny, Valais).

Dérivés de epena avec le suffixe collectif -is :
Epenis Dessus, Hauts Espeny en 1364, maisons isolées, et Bas Epenis, hameau (Choëx, Monthey, Valais) ;
Les Eppenis, lieu-dit en forêt (Excenevex, Bas-Chablais, Haute-Savoie).

Dérivés de epena avec les suffixes d´abondance -eux, -oux :
L´Epeneux, lieu-dit (Crozet, Pays de Gex, Ain) ;
L´Epenoux, lieu-dit (Commugny, district de Nyon, Vaud).

Avec le suffixe diminutif -et :
L´Epenouet, hameau (Viuz-la-Chiésaz, Albanais, Haute-Savoie).

Dérivés de epena avec le suffixe collectif se rapportant à la flore -ette :
Les Epenettes, hameau (Lussy, district de la Glâne, Fribourg).

Dérivés de epena avec le suffixe diminutif patois -etta, -ettaz :
L´Epenetta ou L´Epenettaz, lieu-dit (Corcelles-près-Payerne, district de Payerne, Vaud) ;
Chemin de l´Epenettaz (Morrens, district d´Echallens, Vaud).

Dérivés de epena avec le suffixe diminutif jurassien -atte :
Sur l´Epenatte, lieu-dit en forêt (Fahy, district de Porrentruy, Jura).

Peut-être de même origine [Künzi 1997] :
L´Eponnet, hameau (Marignier, Faucigny, Haute-Savoie), et Bois de l´Eponnet, forêt déclive (Ayse, Faucigny, Haute-Savoie).

Voir aussi Ependes, Epines Blanches, Lépinay, Lespeneux, Montépin, Penau.


Ependes
Dérivés du latin spinas, « épines », voir Epena.
Ependes, Spinles en 1154, Espinnes en 1160, Espindes en 1216, Espignes en 1227, Spinnes en 1251, village (District d´Yverdon, Vaud) ;
Ependes, Spindis en 1142, Espindes en 1163, Ispindes et Espinnes en 1174, Espindis en 1180, Pindes en 1198, Spindes en 1251, Espines et Espignes en 1354, nom allemand Spinz, anciennement Spins en 1356, commune et village (District de la Sarine, Fribourg) ;
Petit Ependes, hameau (Ependes, district de la Sarine, Fribourg) ;
Bois d´Ependes, forêt (Apples, district d´Aubonne, Vaud).

Epereyes
Probablement un ancien es Perey.
Les Epereyes, lieu-dit (Vaux-sur-Morges, district de Morges, Vaud).

Eperleires
Les Eperleires, quartier d´habitation de la commune de Vuisternens-devant-Romont (District de la Glâne, Fribourg), selon Bossard un endroit où poussent des prêles (Equisetum arvense), aussi appelées « queue de chat, queue de renard, queue de cheval », avec le suffixe collectif -eire, du latin vulgaire *asperella dérivé de asper, « rude ».

Epernay
Nom dérivé du gaulois sparno-, « épine, aubépine », peut-être par des formes intermédiaires Sparnacum, Spernaco [Delamarre]. Selon Gros, ces noms sont dérivés d´un cognomen *Aspernus, pour Asprenus, du latin asper, « âpre, rude, rugueux ».
Epernay, Esperniacus vers 1050, Espernay en 1216, Experniacus en 1232, Experney en 1662, Epernay en 1830, Epernex en 1935, village (Sainte-Reine, Bauges, Savoie) ;
Epernay, Ecclesia de Aspernay vers 1100, Parrochia de Aspernaico en 1111, Esperney en 1344, Aspernay en 1488, Epernay en 1556, Epernex en 1935, village, chef lieu de la commune d´Entremont-le-Vieux (Les Echelles, arrondissement de Chambéry, Savoie).

Eperon
Français éperon, « partie d´un relief montagneux qui forme une saillie abrupte et se termine en pointe », par métaphore de l´éperon du cavalier, ancien français esperon, esperun, francique *sporo, même sens.
L´Eperon, un des sommets des Dents du Midi, 3114m (Val-d´Illiez, district de Monthey, Valais) ;
L´Eperon, sommet, 1778, et Nant de l´Eperon, affluent du torrent de Jaillet (La Giettaz, Val d´Arly, Savoie).

Epersy
Commune et village de l´Albanais (Albens, arrondissement de Chambéry, Savoie), de Spartiaco au XIème siècle, Sparziacum au XIIème siècle, Cura de Espersie vers 1344, Curatus Esparciaci en 1426, nom de domaine gallo-romain Spartiacum, dérivé avec le suffixe -acum du gentilice Sparcius, Spartius [Gros].

Epervières
Les Epervières, alpage de la commune de Manigod (Bornes-Aravis, Haute-Savoie), lieu fréquenté par des éperviers (Accipiter nisus).

Epicoune
Bec d´Epicoune et Grand Epicoune, 3346m, sommets des Alpes Pennines (Chanrion, Bagnes, district d´Entremont, Valais, et Bionaz, vallée d´Aoste), et aussi Col d´Epicoune, 3233m, et Glacier d´Epicoune, au-dessus du Vallon des Pecons, par mécoupure de des Picounes, « des petits pics », avec le suffixe diminutif -oune, forme patoise de -on, voir Picion.

Epierre, Espierres
Du latin ex petra, roman epera, expera, (es pera), « hors des pierres », pour un lieu situé entre des rochers. Roman pera, latin petra, « pierre ».
Epierre, Epetra au XIIème siècle, Aipera en 1127, Aypera en 1262, graphies fantaisistes qui semblent rappeler un plus ancien ad petram, « aux pierres », commune et village de Basse-Maurienne (Aiguebelle, arrondissement de Saint-Jean-de-Maurienne, Savoie) [Gros] ;
Epierre, Territorium quondam nemorosum Esperiarum en 1235, Eypieres en 1299-1369, Eypierre en 1396, En Esperes en 1347, château (Préau, Cerdon, Haut-Bugey, Ain) ;
Espierres, Eperes en 1228, hameau (Conand, Bugey, Ain).

Epillardes
Les Epillardes, lieu-dit en forêt de la commune de Thônes (Bornes, Haute-Savoie), sans doute de l´ancien français espille, « épingles », avec le suffixe -arde, par allusion aux aiguilles de conifères, ou par féminisation d´un patronyme Epillard rare.

Epines Blanches
Lieu-dit de la commune de Praz-sur-Arly (Haut-Faucigny, Haute-Savoie), d´épine blanche, nom commun de l´aubépine (Crataegus sp.).

Epinglette
L´Epinglette, hameau de la commune d´Aiguebelle (Basse-Maurienne, Savoie), serait selon Gros un diminutif de espingole, du provençal espingala, « fusil à large canon », peut-être en souvenir d´un des sièges du château aujourd´hui ruiné de la Charbonnière.

Epion
L´Epion, petit sommet de la commune de Saint-Pierre-d´Albigny (Bauges, Savoie), A jactatu de l´Espion en 1220, probablement un ancien poste d´observation [Gros].

Epiquerez
Commune et village jurassiens du district des Franches-Montagnes, Es Piquerez, « chez les Piquerez » en 1446, du nom d´une famille locale. L´étymologie populaire « au pic du crêt » est fantaisiste.

Eplagnes, Eplane
Lieu-dit en forêt de la commune de Bagnes (District d´Entremont, Valais), soit de plane, « érable », soit de Plane, « [surface] plane », avec mécoupure.
Les Eplagnes, lieu-dit en forêt (Scionzier, Faucigny, Haute-Savoie) ;
Eplane, lieu-dit en forêt (Bagnes, district d´Entremont, Valais).

Eplatures
Composé d´un ancien es Platures.
Les Eplatures, quartier (La Chaux-de-Fonds, Neuchâtel).

Epondaz
Rue de l´Epondaz, village de Saint-Prex (District de Morges, Vaud), d´un mot signifiant « bordure en maçonnerie ou en terre, mur de soutènement », cf. le terme de marine éponde, « bordage », du latin sponda, « bord du lit ».

Epoyes
Les Epoyes, lieu-dit de la commune de Meinier (Genève), peut-être de l´ancien français espoye, collectif de espoi, « épieu, pieu », d´un plus ancien inspieth, issu du francique *speot.

Equilivaz
Hameau de la commune de La Salle (Vallée d´Aoste), dont le nom signifierait « grande eau », d´un patois livaz, « eau », avec un préfixe augmentatif equi.

Er, Err, Erra
Patois valaisan er, dérivé de Ar, « alpe, alpage ».
Er de Chermignon, alpage (Icogne, district de Sierre, Valais) ;
Er de Lens, alpage, et La Cave d´Er de Lens, lieu-dit (Icogne, district de Sierre, Valais) ;
Cry d´Er, ou plus rarement Cry d´Err épaule, 2258m (Lens et Randogne, district de Sierre, Valais) ;
Erra d´en Bas, Erra d´en Haut et Petite Erra, ruines et maisons isolées (Liddes, district d´Entremont, Valais).

Erable, Erables
Français érable, arbre ou arbuste du groupe acer, dont le nom est une aphérèse d´Isérable.
L´Erable, forêt (Oyonnax, Haut-Bugey, Ain) ;
Les Erables, hameau (La Balme-de-Sillingy, Annecy, Haute-Savoie).

Eraisis
Les Eraisis, lieu-dit de la Léchère (Château-d´Oex, Pays-d´Enhaut, Vaud), pourrait désigner un endroit où les arbres ont été sciés, du patois raissi, « scie », voir Raisse.

Erbépines
Les Erbépines, lieu-dit de la commune de Montignez, district de Porrentruy (Jura), vieux français erbépine, « aubépine » [Prongué].

Erberey
Bois de l´Erberey, forêt des communes de Bussigny, Palézieux et Oron-le-Châtel (District d´Oron, Vaud), probablement une cacographie de Arberets.

Erbets
Torrent des Erbets, cours d´eau de la commune de Bourg-Saint-Pierre, district d´Entremont (Valais), affluent de la Dranse, diminutif en -et dérivé du latin herba, « herbe », pour désigner un terrain couvert d´herbe maigre [Guex].

Erbio
Erbio et Erbioz, maisons isolées et vignes de la commune de Vernamiège (District d´Hérens, Valais), probablement Elbio en 1224, du latin albus, « blanc », en raison du terrain gypseux [Jaccard].

Erde
Hameau de la commune de Conthey (Valais), Erdes en 1208, Herdes en 1214, à nouveau Erdes en 1906, nom d´origine inconnue.

Erdesson
Hameau de la commune de Grône (District de Sierre, Valais), Merdesson jusqu´en 1912, rebâti et rebaptisé après un grave incendie, voir Merdesson.

Erdzire
Lieu-dit de Pringy (Gruyères, district de la Gruyère, Fribourg), dérivé du verbe patois erdzi, « irriguer », avec le suffixe collectif -ire [Bossard].

Erellaz, Eretta
Cacographies patoises de Airelle, Airette, « petite aire », diminutifs de Aire.
Avec le suffixe -ella :
L´Erellaz, L´Erella en 1935, alpage (Sollières, Haute-Maurienne, Savoie), et Le Sort de l´Erellaz, pâturage (Termignon, Haute-Maurienne, Savoie).

Avec le suffixe -etta :
Eretta, lieu-dit en forêt (Isérables, district de Martigny, Valais).


Erèse
Hameau de la commune d´Emarèse (Vallée d´Aoste), nom qui dériverait d´un adjectif latin areensis, formé sur area, « petite surface plane, fonds de terre, sol, terrain, emplacement pour bâtir, planche, carreau (d´un jardin), marais, espace inculte » ; ce nom pourrait aussi dériver du gentilice Arrius.

Ergisch
Commune et village valaisans du district de Loèche, Mons de Argessa en 1203, Argissa entre 1100 et 1400, Orgissa en 1279, peut-être d´une racine indo-européenne *arg-, ar(e)g-, « blanc, brillant », nom alémanisé au XVème siècle.

Erguël
Borne d´Erguël, lieu-dit à la limite des communes des Bois (District des Franches-Montagnes, Jura), et de la Ferrière (District de Courtelary, Jura bernois), et Château d´Erguël, en ruine (Sonvilier, district de Courtelary, Jura bernois), du nom des seigneurs d´Erguël ou d´Arguel, nom qui pourrait venir du vieux français arguel, « orgueil », du francique *urgoli, « fierté », issu de l´adjectif *urgol, « excellent ».

Erigné, Erignena
Noms qui pourraient signifier « lieu envahi par des araignées », d´un mot patois issu du latin aranea, « araignée », ancien français araigne, areigne, etc.
L´Erigné derrière et L´Erigné devant, hameaux (Vallée de la Manche, Morzine, Chablais, Haute-Savoie) ;
Erignena, lieu-dit (Samoëns, Faucigny, Haute-Savoie).

Ermitage, Ermitages
Pas forcément la demeure d´un ermite, ce toponyme généralement récent désigne un lieu où l´on désirait vivre dans la solitude, ou simplement un lieu isolé.
L´Ermitage, lieu-dit (Neuvecelle, Chablais, Haute-Savoie) ;
Les Ermitages, lieu-dit, probablement des lieux habités par des moines de l´Abbaye voisine (L´Abbaye, Vallée de Joux, Vaud).

Ermite
L´Ermite, hameau de la commune de Serraval (Bornes, Haute-Savoie), probablement un sobriquet, vieux français eremite, heremite, du latin ecclésiastique eremita, « religieux retiré dans un lieu désert », grec erêmitês, « qui vit dans la solitude ».
Voir aussi Hermites.


Ermont
Ermont et Bas d´Ermont, lieux-dits de la commune de Chevenez (District de Porrentruy, Jura), aphérèse de Hermont.

Ermont
L´Ermont, hameau et Bois de l´Ermont, forêt déclive de la commune de Bellevaux (Chablais, Haute-Savoie), probablement de même origine que Herme, « terrain inculte ou en friche », avec influence de Mont.

Ernayaz
Lieu-dit de la commune d´Hérémence (Valais), aphérèse de Vernayaz, l´aphérèse du V initial étant fréquente dans certains patois valaisans.

Erniaule
Alpage de la commune de Villeneuve, district d´Aigle (Vaud), Herniaulaz en 1906, nom de même origine (inconnue) que Argnaule.

Erperens
Ancien hameau de la commune neuchâteloise de Montalchez, district de Boudry, disparu à la fin du XVIIIème siècle, villula de Orperens en 1340, nom d´origine burgonde.

Erpilles
Erpilles Dessous et Erpilles Dessus, alpages de la commune de Rougemont (Pays-d´Enhaut, Vaud), variante d´Arpilles.

Erplan
L´Erplan, maisons isolées en clairière de la commune de Mégevette (Faucigny, Haute-Savoie), variante d´*Arplan, voir Arplane, « alpe plane ».

Errauts, Erres, Erreuilles
Terres cultivées, du latin arare, « labourer, cultiver ».
Les Errauts, hameau (Saint-Brais, district des Franches-Montagnes, Jura) ;
Les Erres, serait l´ancien français erre, « chemin » selon Jaccard, ferme isolée (Cottens, district de la Sarine, Fribourg) ;
Es Erreuilles, lieu-dit (Lajoux, district des Franches-Montagnes, Jura).

Errouvenoux, Errouvines, Ervuines
Dérivés d´un ancien es rouvenes, etc., voir Rouvenes.
Les Errouvines, anciennement Errouvenaz, alpage (Châtel-Saint-Denis, district de la Veveyse, Fribourg) ;
Les Ervuines, avec métathèse, forêt déclive (Baulmes, district d´Orbe, Vaud).
Avec le suffixe d´abondance -oux :
Sur les Errouvenoux, lieu-dit (Le Glèbe, district de la Sarine, Fribourg).


Ersattes
Lieu-dit de la commune de Perrefitte, district de Moutier (Jura bernois), anciennement Arsattes, voir Arsattes. Roche propose une dérivation du latin vulgaire *herpex, latin classique hirpex, « herse (pour arracher les mauvaises herbes) », mais cette étymologie est à rejeter.

Ersaz, Erse, Erses
Du participe passé erse du verbe vieux français erdre, ancien français aerdre, « saisir, attraper ». Ces noms pourraient aussi dériver d´un patois ersa, « herse ».
Ersaz, alpage, nom monté à la Fenêtre d´Ersaz et au Mont d´Ersaz, 2788m (Torgnon et Valtournenche, vallée d´Aoste) ;
L´Erse, lieu-dit en forêt déclive (Evionnaz, district de Saint-Maurice, Valais) ;
Pointe de l´Erse, 2032m (Monthey et Troistorrents, district de Monthey, et Vérossaz, district de Saint-Maurice, Valais) ;
Sus l´Erse, lieu-dit (Troistorrents, district de Monthey, Valais) ;
Les Erses, lieu-dit (Dompierre, district de la Broye, Fribourg) ;
Les Erses, maison isolée en clairière (Concise, district de Grandson, Vaud).

Erschmatt
Commune et village valaisans du district de Loèche, Huers en 1209, Uiers et Uyers en 1250, Hoers en 1357 et 1453, Huyrs en 1400, peut-être du latin hortus, « jardin » selon Jaccard, nom alémanisé au XVème siècle avec adjonction d´un mot germanique matte, « prairie ».

Ertets
Les Ertets, nom allemand Im Serti, maison isolée du canton de Berne, à la limite de la commune d´Ormont-Dessus, district d´Aigle (Vaud), probablement un dérivé de Essert. Selon Jaccard, qui cite une forme ancienne Yretes en 1441 et 1474, c´est plutôt un nom à rapprocher de Airette.

Ervin, Ervines
Probablement avec un patronyme Ervin, Ervine.
Prés d´Ervin, maison isolée (Nods, district de la Neuveville, Jura bernois) ;
Les Ervines, hameau (Habère-Lullin, Vallée Verte, Haute-Savoie).



Escaberts
Les Escaberts, forêt déclive de la commune du Landeron (Neuchâtel), d´un patronyme Escabert attesté à la Neuveville au XVIème siècle.

Escarbillon
Lieu-dit de la commune de Boudry (Neuchâtel), que Michaud décompose en *es carres Billon, « en les coins [à] Billon », avec le vieux mot suisse romand carre, « angle, coin » et le patronyme Billon.

Escarpineau
Côte de l´Escarpineau, lieu-dit de la commune des Brenets (District du Locle, Neuchâtel), apparenté à escarpe, « talus », de l´italien scarpe, même sens.

Eschert
Commune et village du district de Moutier (Jura bernois), Escert en 1179, aussi Echert, nom allemand Escherz, dériverait selon Perrenot d´un nom primitif *ask-erth, « terre à frênes », germanique *aik, « frêne », et erþô, « terre ». Selon Roche c´est un dérivé du latin exsertare, c´est-à-dire un synonyme d´Essert.
Bergerie d´Eschert, maison isolée (Eschert, district de Moutier, Jura bernois) ;
Au vieil Eschert, maison isolée (Grandval, district de Moutier, Jura bernois) ;
Ruisseau de la Combe d´Eschert, cours d´eau affluent du ruisseau de Chaluet (Court, district de Moutier, Jura bernois).

Eschiens
Hameau fribourgeois de la commune d´Ecublens, district de la Glâne, ancienne commune, Eschiens en 1245, Echichens en 1274, Eschyens en 1330, Echiens et Eschiens en 1906, nom d´origine burgonde qui dériverait d´un primitif *Skîhingos, « chez les Scîhingi », dérivé du nom propre Scih, burgonde *skiks, « habile » ou d´un primitif *Scîtingos, dérivé du nom propre Scit-, d´un germanique *skid, skaidan, « briser, séparer » [Perrenot].

Escuens
Ancien pagus de la Bourgogne, qui s´étendait de Salins à Baume-les-Messieurs et Château-Châlons, comitatus Scudingensis en 846, comitatu Scudingis en 850, in pago Scudingis en 853, comitatu Scodingum en 943, par la suite Comté de Scoding, dont le nom viendrait selon Longnon du nom d´une tribu burgonde, les Scotingi.

Esery
Esery ou aussi Aisery, hameau de la commune de Reignier (Genevois, Haute-Savoie), ancienne commune d´Esserts-Esery jusqu´à 1914, puis Esery, réunie à Reignier en 1973. Anciennement Asiriacum, puis Aysirie en 1302, et Cura de Exirie vers 1344, nom de domaine d´origine gallo-romaine dérivé avec le suffixe -acum du gentilice Asirius. Bois d´Esery, forêt (Reignier, Genevois, Haute-Savoie).

Eslex
Hameau de la commune de Lavey-Morcles, district d´Aigle (Vaud), la Lex en 1504, composé de es lex, « dans les parois de rocher », voir Lex.

Esmonts
Hameau de la commune de Vuarmarens (District de la Glâne, Fribourg), villa de Mont en 996, ès Monts en 1832, ancienne commune, dont le nom signifie « en les monts », donc un village situé sur une colline.

Espagnoux
Les Espagnoux, lieu-dit d´Annecy (Haute-Savoie), ancien français espanois, « espagnol ».

Esparcette
Chemin de l´Esparcette (Crissier, district de Lausanne, Vaud), français esparcette, « sainfoin » (Onobrychis sp.), plante des sols profonds, secs et calcaire [Bossard].

Espérance
Français espérance, « sentiment qui porte à attendre avec confiance un bien que l´on désire ».
L´Espérance, maisons isolées (Burdignin, Vallée Verte, Haute-Savoie).

Essantse
Endroit où l´on rouissait le chanvre, du verbe de l´ancien français essengier, « rouir le chanvre », du latin exsaniare, « enlever la sanie », de sanies, « sang corrompu, sanie, pus, fluide épais, liquide visqueux », ou selon Bossard, déverbal du verbe étancher dont un sens régional est « interrompre un cours d´eau, faire un étang », de l´ancien français estanchier, « étancher, empêcher de couler », du latin vulgaire *stanticare, « arrêter ».
L´Essantse, hameau (Les Montets, district de la Broye, Fribourg).

Essapeux
Les Essapeux, lieu-dit de la commune de Coeuve, district de Porrentruy (Jura), du patois jurassien essapaie, « défricher ».

Esse, Essets, Essettes
Ancien français esse, « fonds de terre où passe quelque peu d´eau qui le rend impropre au labour et qui n´est bon qu´à produire de l´herbe ».
Bois d´Esse, lieu-dit où il n´y a plus de forêt (Mézières, district de la Glâne, Fribourg).
Avec les suffixes diminutifs -et, -ette ou collectifs -et, -ette :
Col des Essets, 2029m, zône de pâturages humides (Bex, district d´Aigle, Vaud) ;
Les Essettes, pâturage (Vallon de l´Hongrin, Villeneuve, district d´Aigle, Vaud) ;
Les Essettes, pâturage, nom monté aux Pointes des Essettes, sommets, 3160m, et au Col des Essettes, 3113m (Val Ferret, Orsières, district d´Entremont, Valais).


Esseims
Les Esseims, maisons isolées de la commune de Cranves-Sales (Annemasse, Haute-Savoie), peut-être de même origine que l´ancien français essemee, « terre ensemencée ».

Essenges, Essinge, Essinges
Pour Perrenot, c´est un nom d´origine burgonde, dérive d´un primitif *Aissingos, « chez les Aissingi », dérivé du nom propre Aisso, « celui qui travaille l´airain », du burgonde *ais, germanique *aiza, « bronze, airain ». Pour Jaccard, et après lui Aebischer, c´est un nom de même origine que Essantse. Notons qu´il existe en Allemagne un Essingen, que l´on fait dériver d´un nom propre allaman « *Esso, Ezzilo ».
Essenges lieu-dit (Penthéréaz, district d´Echallens, Vaud) ;
L´Essinge ou Les Essinges, hameau (Mézières, district de la Glâne, Fribourg) ;
Essinges, maisons isolées (Pont-en-Ogoz, district de la Gruyère, Fribourg) ;
Les Essinges, Essenges en 1278, aussi Esseinges en 1906 hameau (Surpierre, district de la Broye, Fribourg).

Esserailloux, Essercurons
Noms composés de Essert et d´un patronyme indéterminé.
Esserailloux, lieu-dit en forêt (Saint-Jean-d´Aulps, vallée de la Dranse, Haute-Savoie) ;
Essercurons, lieu-dit (Montbovon, Haut-Intyamon, district de la Gruyère, Fribourg).

Esserpas, Esserpes, Esserpis, Esserpys
Terrain défriché ; ces toponymes sont toujours au pluriel. Du patois esserpa, « défricher », de serpa, « pioche », latin vulgaire *sarpa, bas latin sarpere, « tailler, émonder ».
Les Esserpes, hameau (Ornex, Pays de Gex, Ain).
Du patois esserpa, « défricher » :
Les Esserpas, lieu-dit (Autavaux, Vernay, district de la Broye, Fribourg).

Avec le suffixe collectif -is :
Les Esserpis, lieu-dit (Sévaz, district de la Broye, Fribourg) ;
Chemin des Esserpys (Romanel-sur-Lausanne, district de Lausanne, Vaud).

Voir aussi Xerpès.


Essertfallon
Hameau jurassien de la commune d´Epiquerez, district des Franches-Montagnes, versus Esers Phaloni vers 1337, versus Essertfallon en 1347, d´un nom primitif *Exartus Falonis, « Essert de Falon », issu de l´ancien haut allemand falo, germanique *falva, « fauve ». En 1347 vivait à Ocourt un Jean Falum [Perrenot].

Essieu
Hameau de la commune de Saint-Germain-les-Paroisses (Bugey, Ain), Ayssieu en 1354, De Ayssiaco et Aysseu en 1359, Ayssiou en 1385, Eyssieux sur la Carte de Cassini, Essieux en 1847, d´un nom de domaine d´origine gallo-romaine comme *Aysciacum, dérivé avec le suffixe -acum du gentilice Ayscius.

Essieux
Les Essieux, maison isolée en clairière de la commune de Péry (District de Courtelary, Jura bernois), pourrait être une réfection analogique de Essert.

Esson
Côte d´Esson, sommet boisé (1182m) de la commune de Couvet (District du Val-de-Travers, Neuchâtel), peut-être une variant de Enson, « au sommet ».

Essorbiers
Les Essorbiers, lieu-dit de la commune de Bevaix, district de Boudry (Neuchâtel), probablement un ancien es sorbiers, lieu où poussaient des sorbiers (Sorbus sp.).

Essui, Essuite, Essuyères
Français essuyer, ancien français essuit, essuyt, « sec », du latin vulgaire *exsucare, « exprimer le suc », mais le sens de « sécher » apparaît dès le Moyen Age, du latin sucus, « suc », ou encore du latin exsuctus, participe passé de exsugere, « tarir, dessécher, pomper [l´humidité] », pour un lieu sec et sans eau [Gros].
Pré Essui, alpage (La Léchère, Tarentaise, Savoie) ;
Côte Essuite, croupe (Besse, Oisans, Isère).
Avec le suffixe collectif -ière :
Les Essuyères, forêt déclive (Bex, district d´Aigle, Vaud).


Est
Situé à l´est d´un point de repère. Du vieil anglais east, racine indo-européenne *es-, « aurore ».
Cime de l´Est, anciennement Mont de Novierre, puis Mont Saint Michel au XVIIème siècle, et Dent Noire au XIXème siècle, sommet oriental des Dents du Midi, 3178m (Val-d´Illiez, district de Monthey, Valais).

Estavannens
Estavannens Dessous et Estavannens Dessus villages de la nouvelle commune de Bas-Intyamon (District de la Gruyère, Fribourg), et ancienne commune, Estavanens et Extavanens en 1231 et 1278, Extavannens en 1453, ancien nom allemand Estavanning, dont le gentilé est stabadin. C´est un nom d´origine burgonde qui dériverait d´un primitif *Stawaningos, « chez les Stawaningi », dérivé du nom propre Stawa, du burgonde *staua, « juge » [Perrenot]. Chaux d´Estavannens, pâturage (Estavannens, Bas-Intyamon, district de la Gruyère, Fribourg).

Estavayer-le-Gibloux, Estavayer-le-Lac
Nom de domaine dérivant du nom d´un chef germain Stavius, selon Stadelmann.
Estavayer-le-Gibloux, Stavael en 1142, Estavaiet vers 1160, Staviolum sub Jublor en 1227, Estavaiel li villa en 1228, nom allemand Stäffis am Gibel, commune et village (District de la Sarine, Fribourg) ;
Estavayer-le-Lac, nom latin Staviolum, fondée en 512, Stavaiel en 1158, Stavaiel et Estavaiel aux XIIème et XIIIème siècles, Stavaia en 1177, Estavay en 1184, Estavaie en 1220, Estavail en 1224, Estavayacum en 1265, Stavay en 1300, Estavaiez et Estavayel au XIIIème siècle, anciens noms allemands Staviolo en 1225, Steviols en 1231, Stavaya en 1244, Stäffies en 1578, nom allemand actuel Stäffis am See, Steffis am See, commune et village (District de la Broye, Fribourg).

Esterpeys, Etarpay, Eterpa, Eterpas, Eterpaux,
Eterpay, Eterpaz, Eterpecs, Eterpées, Eterpets,
Eterpeys, Eterpilles, Eterpis, Eterpys, Etrepets
Lieu défriché où les souches ont été arrachées à la houe, de l´ancien français estarpeis, estrapeis, estrepeis, « abattis », esterper, estirper, estraper, estreper, estrepier, estriper, « extirper, arracher ; arracher les mauvaises herbes », estrepeure, « défrichement », latin médiéval extirpare, « arracher, défricher », bas latin ex sterpi[g]nacum, stirpetum, « lieu défriché, essart », sterpinacum, « couvert de racines », latin vulgaire ex[s]tirpata, du latin stirps, stirpis, « souche ; racine », au pluriel « végétation, arbrisseaux, broussailles ».
Avec le suffixe collectif -is :
Les Eterpis, maison isolée (Sâles, district de la Gruyère, Fribourg).

Dérivés avec les suffixes collectifs -az, -ée :
L´Eterpaz, alpage (Château-d´Oex, Pays-d´Enhaut, Vaud) ;
Les Eterpaz, hameau (Vallorbe, district d´Orbe, Vaud) ;
Les Eterpées, maisons isolées (Mieussy, Faucigny, Haute-Savoie).

Dérivés avec les suffixes collectifs -ay, -et, -ey, -y :
Les Esterpeys ou Les Esterpis, maison isolée (Grangettes, district de la Glâne, Fribourg) ;
L´Etarpay, clairière (Val Ferret, Orsières, district d´Entremont, Valais) ;
L´Eterpay, hameau (Nendaz, district de Conthey, Valais) ;
L´Eterpay, hameau (Mayens-de-Riddes, Riddes, district de Martigny, Valais) ;
Les Eterpets, ruines (Valloire, Maurienne, Savoie) ;
Chemin des Eterpeys, d´un lieu-dit Esterpaies mentionné en 1224 (Lausanne, Vaud) ;
Les Eterpys, lieu-dit (Conthey, district de Conthey, Valais).

Avec métathèse :
Les Etrepets, hameau (Margencel, Bas-Chablais, Haute-Savoie).

Avec le suffixe collectif patois valaisan -ec :
Les Eterpecs, lieu-dit en forêt (Mase, district d´Hérens, Valais).

Dérivés avec le suffixe collectif patois -a :
L´Eterpa (Château-d´Oex, district du Pays-d´Enhaut, Vaud) ;
Les Eterpas, ferme (Cerniat, district de la Gruyère, Fribourg).

Avec le suffixe -aux :
Les Eterpaux, lieu-dit dans les vignes (Charrat, district de Martigny, Valais).

Avec le suffixe diminutif -ille :
Les Eterpilles, lieu-dit (Saint-Sulpice, district du Val-de-Travers, Neuchâtel).


Estévenens
Hameaux dispersés de la commune de Vuisternens-devant-Romont (District de la Glâne, Fribourg), ancienne commune, esteuenens en 1403, Estevenens en 1666, Esteuenens en 1668. Stadelmann cite des anthroponymes romand Esteven-, tirés de « Stephanus » : Estevena, Estevenaz, Estevenin.

Estiva, Estivage, Etival
1. Pâturage d´été, où le bétail estive. Franco-provençal estiva, étiva, latin aestivus, aestivalis, « relatif à l´été, estival ».
2. Lieu où sont semées les céréales de printemps, latin médiéval aestiva.

Les noms suivants répondent à l´une ou l´autre de ces définitions :
L´Estiva, ruines (Villarodin-Bourget, Haute-Maurienne, Savoie) ;
L´Estivage, lieu-dit (Avenches, Vaud) ;
Etival, Estiva Castra à l´époque romaine, commune et village (Moirans-en-Montagne, arrondissement de Saint-Claude, Jura).


Estoul, Etale, Etalle, Etalles, Etelles,
Etelley
Variante d´étable, soit du latin stabulum, « étable, écurie », soit du germanique *stalla, de même sens, ou, selon Jaccard, du patois étale, « éclat de bois, copeau », etella, itella, « bûche ».
Chalet de l´Etale, alpage, nom monté à L´Etale, sommet, 2483m (La Clusaz, Bornes-Aravis, Haute-Savoie), et passé à L´Etale, station de sport (Manigod, Bornes-Aravis, Haute-Savoie) ;
Plan de l´Etalle, alpage (Château-d´Oex, Pays-d´Enhaut, Vaud) ;
Poteu des Etales, passage dans les rochers (Sanetsch, Conthey, Valais) ;
Les Etalles, hameau (Lélex, Pays de Gex, Ain) ;
Combe des Etelles, lieu-dit en forêt (Saint-Ursanne, district de Porrentruy, Jura) ;
Marais des Etelles, lieu-dit (Vallée des Huiles, Savoie) ;
L´Etelley, hameau (Samoëns, Faucigny, Haute-Savoie).
Forme valdôtaine :
Estoul, alpage (Ayas, vallée d´Aoste) ;
Estoul, hameau (Brusson, vallée d´Aoste).


Estrablin
Commune et village du Pays viennois (Vienne-Sud, arrondissement de Vienne, Isère), ager Stabiliacense au IXème siècle, Estabiliacense et terra S. Petri de Stabliano au Xème siècle, Stablinus au XIème siècle, terra Strambinum, Estrabinum, Estrambinum et Estrablin au XIIème siècle, Establins au XIIIème siècle, de Establino au XVème siècle, d´un nom de domaine d´origine gallo-romaine *Stabilianum dérivé avec le suffixe -anum du nom d´homme Stabilius, avec par la suite un r épenthétique.

Estraz, Eter, Etra, Etrat, Etraz,
Etrez, Etrier
Localité proche d´une ancienne route pavée ou dallée, d´une voie de grande communication romaine. Patois romand étraz, ancien français estrée, « chemin, route, voie », latin [via] strata, « grande route pavée », littéralement « chemin à matériaux épandus ».
Rue Estraz, lieu-dit Strata en 1216, Estra en 1239 (Lausanne, Vaud) ;
Etra, lieu-dit (Gollion, district de Cossonay, Vaud) ;
Vy de l´Etra (Frasses, district de la Broye, Fribourg) ;
Etrat, hameau (Aigueblanche, Tarentaise, Savoie) ;
Etraz, hameau (Quart, vallée d´Aoste) ;
Vy de l´Etraz, Vy d´Etraz ou Vy d´Etra, route romaine allant de Genève à Bâle par le pied du Jura, Rue de l´Etrat et Vie de l´Etrat en 1731, Rue de l´Etraz en 1748, Vy de l´Etraz en 1858, Vi d´Etra en 1895, Vi de l´Etra en 1888, à Bôle (District de Boudry, Neuchâtel) [Michaud] ;
L´Etraz, de Strata en 1475 (Saint-Michel-de-Maurienne, Savoie) ;
Sous Etraz, hameau sur l´ancienne voie romaine qui passait par Veigy, Douvaine, Bachelard, Sous Etraz et Filly (Massongy, Bas-Chablais, Haute-Savoie) ;
Mont d´Etrier, Mont Détrier en 1935 (La-Motte-en-Bauges et Bellecombes-en-Bauges, Le Châtelard, Bauges, Savoie).
De l´accusatif pluriel latin stratas :
Etrez, Estres en 1253, Estrees en 1292, Estrez en 1442, Estré en 1564, Etrée au XVIIIème siècle (Carte de Cassini), Etréz en 1911, commune et village de la Bresse (Montrevel-en-Bresse, arrondissement de Bourg-en-Bresse, Ain) ;
Etrez, Estres en 1416, hameau (Lescheroux, Bresse, Ain).

Peut-être de même origine :
Forêt de l´Eter, traversée par une ancienne route (Cressier, Neuchâtel).

Voir aussi Détrier, Létraz.


Estressin
Faubourg de la ville de Vienne (Pays viennois, Isère), anciennement Astressi.

Etable, Etables, Etablons, Etoblons, Etrables,
Etrabloz
Etable ou écurie, mais aussi anciennement auberge ou hôtellerie, du latin vulgaire *stabula, pluriel pris pour un féminin du neutre stabulum, « lieu de séjour, demeure, auberge, étable, écurie ».
Etable, de Stabulo en 1250, Curatus de Stabulis et Curatus de Stabillis au XIVème siècle, commune et village du Val Gelon (La Rochette, arrondissement de Chambéry, Savoie) ;
Etables, De Stabulis vers 1225, Estrablos en 1250, Estables et Estrables en 1299-1369, Establoz en 1670, village et ancienne commune (Ceignes, Haut-Bugey, Ain).
Diminutifs avec le suffixe -on :
Les Etablons de Riddes, montana de Establon en 1262, diminutif avec le suffixe -on, maison isolée, Forêt des Etablons, (Mayens-de-Riddes, Riddes, district de Martigny, Valais), et Les Etablons de Saxon, alpage (Saxon, district de Martigny, Valais), nom monté à la Tête des Etablons, 2416m (Verbier, Bagnes, district d´Entremont, et Riddes, district de Martigny, Valais).

Peut-être de même origine :
Les Etoblons, lieu-dit (Renan, district de Courtelary, Jura bernois).

Du latin médiéval estrablo :
Etrables, Etablu en 1295, aussi Estable et Etrabloz, hameau (Desingy, Genevois, Haute-Savoie) ;
Les Etrables, hameau (Margencel, Bas-Chablais, Haute-Savoie) ;
Les Etrables, lieu-dit (L´Abergement-de-Varey, Bugey, Ain) ;
Etrabloz, villam de Stabulis en 1148, Extablo en 1299, hameau (Payerne, Vaud).

Voir aussi Etaves ; Trable.


Etache
Etache, Estache et Extache en 1553, alpage, nom monté aux Col d´Etache, 2799m, Glacier d´Etache et Roche d´Etache, Vallon d´Etache, etc. (Bramans, Haute-Maurienne, Savoie), du patronyme Eustache, roman Estace, Estache, latin Eustachius, du grec eustachios, « bon épi ».

Etages
Ancien français étage, « demeure, séjour, habitation », du verbe ester, « se tenir debout, rester, s´arrêter ».
Les Etages, hameau (Le Cerneux-Pequignot, district du Locle, Neuchâtel) ;
Les Etages, pâturages en terrasses (Champéry, district de Monthey, Valais) ;
Les Etages, hameau, et sur les Etages, alpage (La Clusaz, Bornes-Aravis, Haute-Savoie).

Etagnes
L´étagne est la femelle du bouquetin (Capra ibex).
Les Etagnes, lieu-dit au-dessus du lac des Dix (Hérémence, district d´Hérens, Valais) ;
Bec des Etagnes, sommet, 3207m, et Glacier des Etagnes (Nendaz, district de Conthey, Valais).

Etagnières
Village vaudois du district d´Echallens, Estanneres en 1202, Estaneres en 1290, Etanières en 1377, Ethagnires en 1403, Estagnyeres en 1424, « es tanières » [Jaccard], voir Tanière.

Etagnire
Lieu-dit de la commune de Villars-le-Terroir (District d´Echallens, Vaud), pour lequel Jaccard donne la même origine que Etagnières, mais l´absence de marque du pluriel fait pencher pour un dérivé du latin stagnum, « eau stagnante, marais, lac, étang ».

Etaillers, Etaillies
Dérivés de Taille, etc, avec agglutination d´une proposition es.
Les Etaillers, lieu-dit en forêt aux Voirons (Fessy, la Côte en Chablais, Haute-Savoie) ;
Bois des Etaillies, bois de la commune de Laconnex (Genève).

Etain, Etang, Etangs
Etang, du bas latin stannum, latin stagnum, « eau stagnante, marais, lac, étang », probablement avec l´influence de l´ancien français estanchier, « étancher, empêcher de couler ».
Etain, hameau, cf. Etain (Meuse), Stagnum au XIème siècle, et Estaing (Arveyron) (Yenne, Avant-Pays savoyard, Savoie) ;
L´Etang, hameau (Saint-Jean-sur-Reyssouze, Bresse, Ain) ;
Bas de l´Etang, maisons isolées (Neyruz, district de la Sarine, Fribourg) ;
Les Etangs, lieu-dit dans la plaine du Rhône (Martigny, Valais).
Voir aussi Etagnire.


Etava, Etavez
Mot patois signifiant « huitième ».
Pointe d´Etava, sommet (2376m) où le passage du Soleil indiquait pour l´alpage d´Emaney la huitième heure du jour (14 heures), qui est l´heure de la traite de l´après-midi [Guex] (Vallon d´Emaney, Salvan, district de Saint-Maurice, Valais) ;
Etavez, hameau (Le Mont-sur-Lausanne, district de Lausanne, Vaud).

Etavel, Etaves
Patois savoyard étave, « étable » [Boyer].
Les Etaves, maison isolée (Saint-Rémy-de-Maurienne, Basse-Maurienne, Savoie).
Avec le suffixe diminutif -el :
Etavel, hameau (Saint-Pierre, vallée d´Aoste).


Etercy
Commune et village de l´Albanais (Rumilly, arrondissement d´Annecy, Haute-Savoie), Prior de Estercie vers 1344, aussi Estercy au XIXème siècle, d´un nom de domaine d´origine gallo-romaine, peut-être *Sterciacum, dérivé avec le suffixe -acum de l´anthroponyme germanique Stercius.

Eterd
Lieu-dit de la commune de Démoret (District d´Yverdon, Vaud), du patois éterdre, latin sternere, « étendre », aussi avec le sens de « défricher », c´est-à-dire « augmenter la surface défrichée ».

Etiez
Hameau de la commune de Vollèges, district d´Entremont (Valais), Octier en 1150, Octiez en 1177, Oitiez en 1179, Ottiez en 1198, Othiez en 1245, Oytier en 1249, Octhiez en 1280, Octyez en 1315, aussi Etier en 1906, du latin octavus, « huitième », la localité étant situé à la huitième milliaire depuis Martigny sur l´ancienne voie romaine qui traversait les Alpes [Guex].
Voir aussi Oytier.


Etivaz
L´Etivaz, hameau de la commune de Château-d´Oex, (District du Pays-d´Enhaut, Vaud), Leytiva en 1460, Leytivaz en 1514, nom patois Léthuà, qui signifie « frontière », ancien nom allemand Lessi.

Etoile
Mot français, latin stella, « étoile ».
L´Etoile, alpage (Lignières, Neuchâtel) ;
L´Etoile, Domus de Stella en 1344, hameau (Le Châtelard, Bauges, Savoie) ;
La Belle Etoile, maison isolée (Undervelier, district de Delémont, Jura) ;
Mont de l´Etoile, 3370m (Evolène, district d´Hérens, Valais).

Etournel, Etournelle, Etournelles
Probablement du latin vulgaire *sturnellus, du latin sturnus, « étourneau », ou de l´ancien français estourneau, « treuil, cylindre sur lequel s´enroule la corde d´un engin à élever des fardeaux ».
L´Etournel, L´Estornel en 1497, L´Estournel en 1738, hameau (Pougny, Pays de Gex, Ain) ;
L´Etournelle, lotissement (L´Albenc, Sud du Grésivaudan, Isère) ;
Les Etournelles, lieu-dit (Châtillon-en-Michaille, Michaille, Ain) ;
Sentier des Etournelles (Le Salève, Haute-Savoie).

Etouvières
Les Etouvières, hameau de la commune de Thônes (Bornes, Haute-Savoie), probablement d´un ancien *es Touvières par agglutination de l´article.

Etovaires
Les Etovaires, hameau de la commune de Val-d´Illiez (District de Monthey, Valais), peut-être un composé de es tovaires, voir Tovares.

Etoy
Commune et village vaudois du district de Morges, Stuie en 1145, Estui en 1167, Stoy en 1177, Estue en 1215, Estuve en 1228, Estuy en 1269, Estuez en 1349, Stuez en 1379, Estuey en 1430.
Pré d´Etoy, alpage (Les Bioux, Vallée de Joux, Vaud).

Etramats
Les Etramats, hameau de la commune de Bottens, district d´Echallens (Vaud), probablement d´un patronyme *Etramat disparu, dérivé du verbe patois etrama, « retirer, ranger », aussi ancien français estramure, « litière des bêtes ».

Etray, Etrey, Etreys, Etroit, Etroits,
Etry, Etrye
Passage reserré, encaissé entre deux parois ou flancs de montagne, ou aussi pièce de terre allongée. Du vieux français étreit, « étroit », ancien français estrei, estreit, estroict, estroit, « lieu étroit, resserré, détroit », du latin strictus, « serré ».
L´Etroit Denté, maison isolée (Taninges, Faucigny, Haute-Savoie) ;
Etroit du Siaix, lieu-dit (Pomblière, Tarentaise, Savoie) ;
Les Etroits, In Bona Nocte a cleta de Eytretis en 1508, hameau (Bonnenuit, Valloire, Maurienne, Savoie) ;
Les Etroits, Via que vocatur ad Extrictos, hameau (Voreppe, Pays voironnais, Isère) ;
Bois des Etroits, forêt déclive (Entremont, Faucigny, Haute-Savoie) ;
Col des Etroits, 1152m, supra rupem des estreys vers 1400 (Sainte-Croix, district de Grandson, Vaud).
Formes patoises :
L´Etray, hameau (Fully, district de Martigny, Valais) ;
L´Etrey, hameau (Riaz, district de la Gruyère, Fribourg) ;
Champs des Etreys, lieu-dit (Grône, district de Sierre, Valais) ;
Etry et Plaigne d´Etry, hameaux (Taninges, Faucigny, Haute-Savoie) ;
L´Etrye, maisons isolées, et Ruisseau de l´Etrye (Châtel, Val d´Abondance, Chablais, Haute-Savoie).


Etre, Etrille, Etroz, Etrua
Abri de bergers, patois valaisan et savoyard îtro, êtro, vieux français êtres « devant de la grange, aire, puis logement, maison », ancien français aistre, estra, estre, iestre, « emplacement dans un lieu ouvert, chambre, jardin, fossé, lieu, place en général », latin extera, « à l´extérieur ».
Etre, maisons isolées (Jarsy, Bauges, Savoie) ;
L´Etre, cours d´eau (Polliat, Bresse, Ain) ;
L´Etrua, maison isolée, a peut-être la même origine (Pont-en-Ogoz, district de la Gruyère, Fribourg).
Avec le suffixe diminutif -ille :
L´Etrille, lieu-dit (Bretaye, Ollon, district d´Aigle, Vaud).

avec le suffixe collectif patois -oz :
Bois d´Etroz (La Sarraz, district de Cossonay, Vaud).

Voir aussi Itre, Litro.


Etrembières, Etremble, Etrembles, Etremblés
Un ancien es Tremblières, es trembles, tremblaie, endroit où poussent des trembles.
L´Etremble, cours d´eau affluent du Veyron (Montricher, district de Cossonay, Vaud) ;
Etrembles, hydronyme (District d´Aubonne, Vaud).
Avec le suffixe collectif -ière :
Etrembières, Estremberes en 1275, villa de Estramberes en 1302, puis Estrambiéres, et aux Trembières en 1682, aussi Etrambière et Etrambières au XVIIème siècle, château et commune du Genevois (Annemasse-Sud, arrondissement de Saint-Julien-en-Genevois, Haute-Savoie).

Avec le suffixe collectif -é :
Les Etremblés, lieu-dit (Meinier, Genève).


Etremolais
Lieu-dit de la commune de Damvant (District de Porrentruy, Jura), ancien *es tremolais, « en les tremblaies », voir Trémolay.

Etret
L´Etret, pâturage de la commune de Megève (Haut-Faucigny, Haute-Savoie), dont le nom pourrait être une cacographie de *Les Traits, le ruisseau qui y coule étant le Nant des Traits.

Etrivaz, Etrives, Etruve
Ancien français estrive, « querelle, combat, lutte, bataille », peut-être un terrain qui fut l´objet d´une contestation musclée.
L´Etrivaz, forêt déclive (Montriond, Chablais, Haute-Savoie) ;
Les Etrives, maisons isolées (Saint-Triphon, Ollon, district d´Aigle, Vaud) ;
L´Etruve, lieu-dit (Curtilles, district de Moudon, Vaud).

Etroubion, Etroubles
Du patois étroblia, « éteule, chaume laissé sur le champ après la moisson ». Latin stipula, « paille, chaume », voir le mot régional étrouble. On a aussi proposé une dérivation de aix troubles, « eaux troubles », auquel cas Stipulis serait une remotivation tardive.
Etroubles, anciennement Estrobles, puis ecclesia de Stipulis vers 1100, commune et village (Vallée d´Aoste) ;
Les Etroubles, hameau (Malafretaz, Bresse, Ain).
Peut-être de même origine :
Forêt d´Etroubion, lieu-dit (Courtelary, Jura bernois).


Eudenna
L´Eudenna, lieu-dit de la commune de Bourg-Saint-Pierre, district d´Entremont (Valais), selon Guex c´est le nom patois d´une herbe piquante et glissante, du bas latin acuculina, « petite aiguille », diminutif de acucula.

Eugine
Vers l´Eugine, lieu-dit de la commune de Saint-Maurice (Valais), au bord du Rhône, probablement une variante de Augine.

Eulets
Les Eulets, maison isolée de la commune de Bourg-Saint-Maurice (Tarentaise, Savoie), In pago des Aulets en 1633, avec un patronyme Aulet.

Eulier
Le Grand Eulier, sommet de la commune de Revel (Belledonne, Isère), 2232m, non nommé sur la Carte IGN, nemum nigrum de Acu sans date, Aiguille au XVème siècle, du latin acula, « aiguille ».

Eura
L´Eura ou Mont de l´Eura, alpage de la commune de Valtournenche (Vallée d´Aoste), patois valdôtain eura, « heure ».

Euseigne
Village de la commune d´Hérémence (District d´Hérens, Valais), Usegni et Usogny en 1200, Usenni et Usogni au XIIIème siècle, Osogny en 1352, Ysogni en 1379, nom dans lequel Guex voit un ancien [villa] Eugenia.

Euzanne
Alpage de la commune de Bex (District d´Aigle, Vaud), Ausannaz et Eusannaz en 1906, nom d´origine inconnue.

Evaire, Evaux, Eve, Eveaux, Eves,
Evette, Evettes, Evi, Evian, Evian-les-Bains,
Evieu, Evires, Evoëttes, Evons, Evouaz,
Evoué, Evoués, Evouette, Evouettes, Evouex,
Evron, Evuaz, Evuex
Terrain humide, ou présence de sources, vieux français éveux, « humide », en parlant d´un terrain, noms dérivés du gaulois eve, « eau », voir eau.
Sur l´Eve, forêt déclive (Soulce, district de Delémont, Jura) ;
Les Eveaux, lieu-dit (Vesancy, Pays de Gex, Ain) ;
Les Eves, maison forestière et source (Queige, Beaufortain, Savoie) ;
Crête de la Montagne des Eves, arête rocheuse (Sixt-Fer-à-Cheval, Faucigny, Haute-Savoie) ;
Plan des Eves, alpage (La Giettaz, Val d´Arly, Savoie) ;
Gorges de l´Evi, où coule la Marive, et Chapelle de l´Evi, reconstruite en 2000 (Neirivue, Haut-Intyamon, district de la Gruyère, Fribourg) ;
L´Evouaz, bief affluent de l´Oignin (Nurieux-Volognat, Haut-Bugey, Ain) ;
Evuaz, hameau, et La Combe d´Evuaz, lieu-dit (Champfromier, Michaille, Ain).
Avec le suffixe diminutif -ette ou collectif -ette :
L´Evette, alpage (Cohennoz, Val d´Arly, Savoie) ;
Les Evettes, lieu-dit en forêt (Notre-Dame-de-Bellecombe, Val d´Arly, Savoie), Chalet des Evettes, alpage (Praz-sur-Arly, Haut-Faucigny, Haute-Savoie), Lac des Evettes, étang, et Roc des Evettes, rochers (Flumet, Val d´Arly, Savoie) ;
Les Evettes, aussi Les Zivettes, maisons isolées en clairière (Freney, Maurienne, Savoie) ;
Tête des Evettes, sommet, 2171m (Aiguilles Rouges, vallée de Chamonix, Haute-Savoie) ;
Les Evoëttes, lieu-dit (Ormont-Dessous, district d´Aigle, Vaud) ;
L´Evouette, lieu-dit (Berolle, district d´Aubonne, Vaud) ;
Les Evouettes, Evuytes en 1436, aussi Ivettes en 1906, et Evouettes d´Amont, hameaux (Port-Valais, district de Monthey, Valais) ;
Les Evouettes, alpage avec plusieurs sources (Arbaz, district de Sion, Valais).

Diminutifs avec le suffixe -on :
Les Evons, lieu-dit des Menuires, anciens réservoirs (Saint-Martin-de-Belleville, Tarentaise, Savoie).

Avec le suffixe -aux, nom qui peut aussi signifier es vaux, « en les vallons » :
Les Evaux, domaine (Onex, Genève) ;
Les Evaux, lieu-dit (Pers-Jussy, Genevois, Haute-Savoie) ;
Chapelle des Evaux (Saint-Pierre-en-Faucigny, Faucigny, Haute-Savoie).

Avec le suffixe collectif -é :
L´Evoué Leiva, torrent affluent de la Manna (Saint-Martin, district d´Hérens, Valais) ;
Les Evoués ou Les Evouais, lieu-dit (Chanay, Bugey, Ain).

Avec le suffixe collectif -ex :
Les Evouex, lieu-dit (Senarclens, district de Cossonay, Vaud) ;
L´Evuex, maisons isolées (Roche, district d´Aigle, Vaud).

Avec le suffixe -eu :
Evieu, Fons de Evouz en 1199, Evoux en 1220, Apud Eviu en 1272, Foresta de Eviu en 1287, Evieu en 1650, Evieux en 1808, hameau (Saint-Benoît, Bugey, Ain).

Mot régional évire, « terre où il y a de l´eau » [Pégorier], dérivés du gaulois eve, « eau », avec les suffixes collectifs -aire, -ire, latin [terra] aquaria :
Evaire, alpage (Val-d´Illiez, district de Monthey, Valais) ;
Evires, Cura de Aquaria vers 1344, commune et village des Bornes (Thorens-Glières, arrondissement d´Annecy, Haute-Savoie).

Cas régime :
Evian, hameau (Saint-Nicolas, vallée d´Aoste) ;
Mont d´Evian, hameau (Saint-Jean-d´Aulps, vallée de la Dranse, Haute-Savoie) ;
Evian-les-Bains, Evian jusqu´en 1865, Aquianum en 1150, Eviano en 1170, Cura de Aquiano vers 1344, canton, commune et ville du Chablais (Arrondissement de Thonon-les-Bains, Haute-Savoie).

Probablement de même origine :
Evron, Evron et Apud Yvrom en 1299-1369, Evrom en 1394, hameau (Martignat, Haut-Bugey, Ain).

Voir aussi Bonévouette, Evionnaz, Ivoues.


Evalanche
Eboulement, glissement de terrain, du vieux français valanche, voir Lavanche.
Sur l´Evalanche, lieu-dit (Orzens, district d´Yverdon, Vaud).

Evançon
L´Evançon, cours d´eau de la vallée de Challant-Ayas, affluent de la Doire Baltée, (Vallée d´Aoste), Torrent Evenson sur la Carte Nationale probablement de même origine que Avançon.

Evêché
Forêt de l´Evêché, forêt de la commune de Martigny-Combe (District de Martigny, Valais), ayant appartenu à l´évêché de Sion.

Evêque, Evêques
De *episcus, forme abrégée du latin ecclésiastique episcopus, « chef d´une communauté chrétienne », du latin episcopus, « intendant, garde, surveillant », grec episkopos, « gardien », préfixe epi, « sur, dessus », et skopos, du verbe skopein, « examiner ».
Propriété d´un évêque ou d´un évêché :
L´Evêque, 3716m, sommet (Evolène, district d´Hérens, Valais), et Col de l´Evêque, 3382m, à la frontière italienne (Bionaz, vallée d´Aoste), par allusion à l´évêque de Sion, propriétaire des alpages d´Arolla jusqu´en 1875 [Kraege 2001] ;
Bois de Praz l´Evêque, forêt (Taninges, Faucigny, Haute-Savoie) ;
Evêques et Tsa des Evêques, alpages (Ollomont, vallée d´Aoste).


Everdes
Plan d´Everdes, maison isolée, et Joux d´Everdes, forêt de la commune d´Echarlens (District de la Gruyère, Fribourg), Everde en 1137, Verdes en 1343, Everdes en 1394, nom allemand Grüningen, de *es verdes, ancien français verde,« verte » par agglutination [Jaccard].

Evilard
Commune et village du Jura bernois, district de Bienne, anciennement Evillard, es Villard, « au village », du bas latin villare. Nom allemand Leubringen et Lomeringen en 1300, nom d´origine burgonde.
Métairie d´Evilard, maison isolée (Orvin, district de Courtelary, Jura bernois).

Evionnaz
Commune et village valaisans du district de Saint-Maurice. L´hypothèse selon laquelle cette localité fut détruite lors de l´éboulement du Tauredunum en 563 ne tient pas. Il est probable qu´elle disparut lors d´un éboulement causé par le torrent de Saint-Barthélémy, dont le cône de déjection a formé le Bois Noir. On retrouve ensuite des traces du village sous le nom d´Evunna en 1032, Aquisonia en 1100, Eviona en 1263, Evyone en 1338, Ivvian en 1544, Evvia en 1554, Yvian en 1654. Du celtique eve et peut-être du suffixe issu du gaulois -onnaz, « cours d´eau, source ». Selon Delamarre, ce toponyme aurait la même origine que Vionnaz, soit un dérivé du gaulois *en uitunai.

Evole
L´Evole, lieu-dit de la ville de Neuchâtel, « glissoir, couloir pour descendre bois et pierres », du verbe evaler, variante de l´ancien français avaler, « faire descendre » [Bossard], ou de l´ancien français esvoler, evoler, « [s´]envoler ».
Glacier de l´Evole, petit glacier au-dessus de la cabane de Saleina, qui aurait reçu ce nom d´un gardien de la cabane en référence au quartier de Neuchâtel portant ce nom, selon Guex [Boyer].

Evolène
Commune et village valaisans du district d´Hérens, Ewelina en 1250, Eweleina en 1255, in loco de Evolena en 1444, Ewolenaz en 1449, puis Evolénaz, dont le nom viendrait du patois Ewüi lena, qui signifie « eau facile », patois leina, en raison de l´abondance de l´eau à cet endroit, du latin aqua lenis, « eau douce, facile, calme, agréable ».

Evordes
Hameau de la commune de Bardonnex (Genève), Esvordes en 1201, par agglutination de es vordes, « en les saules marsaults », voir Vorze.

Evosges
Commune et village du Bugey (Saint-Rambert-en-Bugey, arrondissement de Belley, Ain), villa que Evoge dicitur en 1137, Evogge en 1169, De Evogiis en 1191, La terra Peron de Voges en 1341, Evogii en 1369, Evosges en 1730, Evoge sur la Carte de Cassini, Evoges en 1808, nom d´origine inconnue.

Exartiers
Du patronyme Exartier, du nom de métier exartier, exertier, « défricheur, essarteur », voir Essart.
Les Exartiers, hameau (Saint-Julien-Montdenis, Maurienne, Savoie).

Exchaquette
Bois de Mont-la-Ville (District de Cossonay, Vaud), par féminisation d´un patronyme Exchaquet, nom qui dériverait de es-Chaquet, lieu-dit savoyard d´où cette famille serait originaire (Mont-la-Ville, district de Cossonay, Vaud).

Excugefattaz
Hameau de la commune de Sciez (Bas-Chablais, Haute-Savoie), composé de la préposition latine ex, « hors », et d´un terme que Künzi 1997 rapproche du patois savoyard cuchefatta, « cul-de-sac », voir Fatta.

Excuvilly
Hameau de la commune de Sciez (Bas-Chablais, Haute-Savoie), voisin de la dépression du Foron, composé de la préposition latine ex, « hors », et d´un terme probablement de même origine que Covillet, « endroit creux ».

Exendilles
Ancien nom du territoire où se trouve l´abbaye de Hautecombe (Saint-Pierre-de-Curtille, Chautagne, Savoie), peut-être dérivé de essandole, essendole, scindelle, « tavillon, bardeau », latin scandula, scindula, même sens [Gros].

Exergillod
Hameau vaudois de la commune d´Ollon, district d´Aigle, nom primitif Essert-Gillod, « lieu essarté par les Gillod ».

Expilly
Hameau de la commune de Chindrieux (Ruffieux, Chautagne, Savoie), peut-être d´un patronyme dérivé du latin expellere, « pousser dehors, chasser ».

Extravache
Plateau avec une église ruinée situé sur la commune de Bramans (Maurienne, Savoie), dont le nom dériverait de extra, « en-dehors », et du vieux français vaque, « terre inculte, déserte », du latin vacuus, « vide », et signifierait donc « en-dehors des lieux inhabités ».

Extrepieraz
Hameau de la commune d´Ayas (Vallée d´Aoste), aussi Extrepiera, et Extrepierre sur la Carte Nationale, composé de extra, « en-dehors », et pieraz, « pierre ».

Eybens
Canton, commune et village du Pays grenoblois (Arrondissement de Grenoble, Isère), ecclesia de Aiben vers 1100, rivus de Eybeno, castrum Aybenum, castrum Eybenum au XIIIème siècle, Heybonum au XIVème siècle, aussi Ebent, Ayben, Aybenco, Eyben, etc.

Eybertière
Hameau de la commune d´Autrans (Vercors, Isère), anciennement Le Berlière et Les Bertières, par féminisation d´un patronyme Berlier ou Bertier.

Eydoche, Eydoches
Commune et village de la Bièvre (Le Grand-Lemps, arrondissement de la Tour-du-Pin, Isère), Aydoschi supra Ecclesiam au XIIIème siècle, parrochia Eydochie, apud Edoichi, fortalicium de Edochia au XIVème siècle, peut-être d´un anthroponyme romain Avitus avec le suffixe -oscus [Nègre 1990].
Peut-être de même origine, ou par transfert :
Les Eydoches, lieu-dit, et Ruisseau des Eydoches, cours d´eau tmeporaire(Commelle, Bièvre, Isère).


Eymard, Eymards
Patronyme Eymard, variante dans l´Isère des patronymes Aymar, Aymard, de l´anthroponyme germanique Haimhard, du germanique *haima, « foyer, village, patrie », et *hardu, « dur, fort ».
Eymard, quartier (Domène, Pays grenoblois, Isère) ;
Clot des Eymard, lieu-dit en montagne (Saint-Christophe-en-Oisans, Oisans, Isère) ;
Les Eymards, Les Aymards au XVIIIème siècle, hameau, et Grotte des Eymards, grotte (Lans-en-Vercors, Vercors, Isère) ;
Les Eymards hameau (Mont-de-Lans, Oisans, Isère) ;
Les Eymards, maisons isolées (Villard-de-Lans, Vercors, Isère).

Eymes
Les Eymes, quartier de la commune de Saint-Nazaire-les-Eymes (Pays grenoblois, Isère), Aymias au XIVème siècle, Les Aymes au XVème siècle, Les Aymoz au XVIIIème siècle, variante de Aymes.

Eysins
Commune et village vaudois du district de Nyon, in villa Osinco en 1002, Osins en 1140 et 1164, Oisins en 1212, Oysins en 1235, Osins et Oyssins en 1236, Oisins en 1250. Nom d´origine burgonde, qui serait à l´origine Ausingus, Osingus et qui dériverait d´un primitif *Ausingos, « chez les Ausingi », dérivé du nom propre Ausa, du radical aus, forme simple du germanique *austa, austra, « orient (point cardinal) » [Perrenot].

Eyzin-Pinet
Commune et village du Pays viennois (Vienne-Sud, arrondissement de Vienne, Isère), Aisinum et Aysinis au XIème siècle, ecclesia Aysinum et Aisinis villa au XIIème siècle, peut-être d´un gentilice Asinius, voir aussi Pinet.


Ezilière
L´Ezilière, lieu-dit de la commune de Gimel (District d´Aubonne, Vaud), forme patoise de Argilière, avec syncope du [r] et mutation du son [g] en [z].