ANNEXE AUX GLOSSAIRES DES NOMS DE LIEUX ET DES TERMES RÉGIONAUX DE SUISSE ROMANDE & ENVIRONS

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Cette page regroupe les définitions de quelques termes qui apparaissent dans les pages Noms de lieux de Suisse romande, Savoie, Jura et Vallée d´Aoste et Termes régionaux de Suisse romande et environs.



Alpage
Etendue de terre destinée au pâturage estival, comprenant une ou plusieurs constructions destinées à abriter le bétail et ceux qui le gardent, et parfois encore à la fabrication du fromage. Nom dérivé de alpe avec le suffixe collectif -age.

Clairière
Endroit d´une forêt dégarni d´arbres, de manière naturelle, ou artificielle à la suite d´une coupe claire.

Col
Point bas d´une crête de montagnes, permettant souvent le passage d´un flanc à l´autre, latin collum, « col, cime ».

Colline
Elevation en pente douce au-dessus de la plaine, plus petite qu´une montagne. Du latin collina, « pays de collines », féminin substantivé de collinus, « de colline, de coteau », adjectif issu de collis, « colline, coteau, tertre ».

Ecart
Maison ou groupe de maisons éloigné de l´agglomération principale.

Faubourg
Historiquement, partie de l´habitat située en dehors du bourg (fortifié). Actuellement, partie de l´agglomération située à l´emplacement des anciens faubourgs. Altération de fors bourg, ancien français forsborc, du latin foris, « hors, dehors », et bourg.

Fleuve
Entité topographique naturelle, cours d´eau important qui se jette dans une mer. Du latin fluvium, « fleuve ».

Forêt
Etendue plus ou moins vaste portant un peuplement d´arbres relativement dense. Une forêt de petite étendue est parfois appelée bois. Ancien français forel, forest, latin médiéval forestum, foristum, « bois, terrain de chasse réservé à l´usage du seigneur », bas latin foresta silva, « forêt hors de l´enclos, forêt, vaste étendue boisée », de forestare, « bannir, prohiber, mettre dehors », du latin foris, « dehors ». Ce mot a remplacé les dérivés du latin silva, « forêt, bois, bosquet ».

Forêt déclive
Forêt en pente assez forte, conservée en forêt parce qu´inexploitable pour la culture ou la pâture.

Habitat dispersé
Groupe de maisons relativement éloignées les unes des autres, et ne formant pas de rues ou de places.

Hameau
Groupe de maisons de petite dimension en milieu rural, n´ayant pas de rôle administratif. Ancien français hamel, diminutif de ham, « petite agglomération de maisons », francique *haim, « domicile, foyer ».

Lac
Etendue d´eau plus ou moins importante entourée de terres, parfois simple étang, surtout en montagne.

Lieu-dit
Lieu d´étendue restreinte, généralement en milieu rural. Cette dénomination englobe tout ce qui n´entre pas dans les autres définitions, par exemple des prés, des champs, des accidents géographiques mineurs.

Lotissement
Terrain qui a été divisé en parts destinées à être bâties, ensemble de maisons construites sur un tel terrain.

Maisons isolées
Entité en milieu rural comprenant une ou plusieurs maisons et leurs dépendances, plus petite qu´un hameau. C´est souvent une ferme ou un groupe de deux ou trois fermes, une auberge, un abri forestier.

Montagne
Entité topographique naturelle, élévation importante de terrain souvent rocheuse. Ce terme a remplacé le terme mont, qui ne s´utilise guère que dans les nom propres ou avec une valeur poétique. Voir mons.

Pâturage
Etendue de terrain herbager destiné à la pâture. Nom dérivé de pâture avec le suffixe collectif -age.

Quartier
A l´origine, « partie du territoire », puis « division d´une ville ». Du français quart, latin quartus, « quatrième », de quattuor, « quatre ».

Rivière
Entité topographique naturelle, cours d´eau secondaire affluent d´un fleuve ou parfois d´une autre rivière ou d´un lac. Du latin populaire riparia, féminin substantivé de riparius, « de la rive », adjectif issu de ripa, « rive ». Le terme rivière désignait à l´origine un terrain en bordure du cours d´eau, puis a désigné le cours d´eau lui-même par synecdoque.

Ruisseau
Entité topographique naturelle, cours d´eau peu important à débit variable, affluent d´un autre ruisseau ou d´une rivière, ou qui se perd. Du latin vulgaire *rivuscellus, diminutif de rivus, « petit cours d´eau ».

Sommet
Point culminant d´une montagne, qui porte en général un nom et est coté sur les cartes topographiques.

Torrent
Entité topographique naturelle, cours d´eau peu important à débit très variable ou saisonnier, avec une pente forte et un débit rapide. Du latin torrens, participe passé de torrere, « brûler, dessécher », employé au sens de « impétueux ».

Village
Groupe d´habitations rurales, villagium au XIIIème siècle, de villa, avec le suffixe collectif -age. Le village est en général de dimension intermédiaire entre le hameau et le bourg ou la ville. Il se distinguait du hameau par la présence d´une église paroissiale, mais de nos jours il s´en distingue plutôt en tant que centre administratif d´une commune, avec une mairie, mais ce n´est pas une règle générale.
Les langues anciennes :


Ancien français
Langue apparue vers le IXème siècle, utilisée jusqu´au XIVème siècle. A l´ancien français ont succédé le moyen français (XIVème au XVIème siècle), le français classique (XVIIème et XVIIIème siècle), et le français moderne.

Bas latin
Parler populaire latin des troupes romaines d´occupation et des anciens légionnaires ayant reçu des terres dans les Provinces pour leur retraite, entre 300 et 700 environ. Il comprend beaucoup de mots empruntés au parlers des pays occupés, par exemple gaulois ou germaniques.

Burgonde
Langue parlée par les Burgondes dont on ne sait preque rien. Les rares témoignages que l´on en a ne permettent pas d´établir si elle appartient au groupe germanique oriental ou occidental. Quelques analogies avec le gothique sont à mettre au compte d´une origine commune germanique septentrionale.

Celte, celtique
Langues d´origine indo-européenne parlées par des peuples qui s´établirent en Europe dès -2000. Les différents dialectes celtes étaient assez proches. On appelle aussi ces dialectes vieux celtique pour les distinguer des langues celtiques modernes.

Francique
Dialecte westique parlée par les Francs, qui occupèrent le Nord de la France dès le Vème siècle. Il a enrichi le gallo-roman, mais ne l´a pas supplanté.

Franco-provençal
Ensemble des dialectes parlés en Suisse romande, en Savoie, dans la Bresse, au sud de la Franche-Comté, dans le Lyonnais, le Forez, la Maurienne, le Val d´Aoste et dans une partie du Piémont italien et du Dauphiné.

Gallo-roman, roman
Langue vernaculaire (lingua romana rustica) intermédiaire entre le latin vulgaire et l´ancien français, parlée en Gaule du Vème au IXème siècles, divisée dès le VIIIème siècle en gallo-roman septentrional, à l´origine de l´ancien français (langue d´oïl), le gallo-roman méridional, à l´origine de l´occitan (langue d´oc), et le franco-provençal.

Gaulois
Une des langues de la famille des langues celtes, parlée en Europe centrale, dans la vallée du Danube et dans la France actuelle à partir du VIIIème siècle avant notre ère. Pour certains linguistes « gaulois » est un terme erroné pour « celtique continental ».

Germanique
Langue indo-européenne parlée dès -1000 par des peuples du Nord de l´Europe. Elle s´est fragmentée en une grande quantité de langues regroupées en trois ensembles : les langues germaniques de l´Est (ou ostiques) : le gotique ou gothique (langue des Goths, disparue), les langues germaniques de l´Ouest (ou westiques) : l´allemand, le néerlandais, le frison, l´anglais, etc ; et les langues germaniques du Nord (ou nordiques), le danois, le suédois, le norvégien, l´islandais, etc, qui dérivent du vieux norrois ou vieux nordique commun (urnordisk).
On appelle proto-germanique une langue hypothétique qui serait l´ancêtre commun des langues germaniques.

Grec
Langue indo-européenne parlée en Grèce pendant la période classique, de -800 à 400 environ.

Indo-européen
Langues dérivées de celle du peuple aryen dispersé en deux branches, l´une vers l´Europe, l´autre vers l´Inde. L´indo-européen comprend aussi bien les dialectes hittites, iraniens et grecs que les dialectes celtes, italiques, germaniques ou slaves.

Latin (littéraire ou classique)
Langue parlée par l´aristocratie romaine, langue des écrivains, qui apparaît au IIIème siècle de notre ère. On distingue le latin préclassique ou archaïque, le latin cicéronien ou républicain, le latin impérial, le latin chrétien et le latin tardif.

Latin écclésiastique
Forme de bas latin utilisée par les clercs du Moyen Age.

Latin médiéval
Version plus tardive du bas latin.

Latin populaire
Langues mêlant au latin différentes expressions régionales et dialectes, parlées dans les territoires sous domination romaine.

Latin tardif ou de basse époque
Langue parlée et écrite aux IVème et Vème siècles, dans laquelle le latin classique a subi l´influence du latin vulgaire.

Latin vulgaire
Langue parlée par le peuple romain.

Moyen français
Voir Ancien français.

Occitan
Langue intermédiaire entre les langues romanes du sud et le français, influencée selon les régions par le gaulois, le ligure ou l´aquitain. Elle est proche du catalan.

Pré-indo-européen
Tout langage parlé par des peuples qui occupaient l´Europe centrale dès l´époque néolithique et jusqu´à l´arrivée des peuples indo-européens vers -4000 : le ligure (civilisation des palafittes), le méditerranéen et l´ouralo-altaïque (ou alpin).
Les différentes racines pré-indo-européennes mentionnées sont accompagnées de l´origine la plus probable.

Nota bene 1 : on appelle ligures des peuples pré-indo-européens qui ont fui vers la Ligurie lors de l´arrivée des Indo-européens et non des peuples originaires cette région.

Nota bene 2 : Ne pas confondre les langues pré-indo-européennes et le proto-indo-européen ou indo-européen primitif.


Pré-latin
Amalgame des dialectes parlés avant l´arrivée immédiate des romains.

Vieil allemand
Langue westique apparue au IXème siècle, ancêtre de l´allemand actuel, parlée jusqu´en 1200 environ.

Vieux français
Ce terme ne recouvre pas un concept linguistique. On l´utilise pour désigner des mots du français classique obsolètes ou disparus.

Vieux provençal
Langue romane des troubadours, parlée dans le sud de la France jusqu´en 1500 environ.


Onomastique :


Acception
Sens particulier d´un mot, admis et reconnu par l'usage.

Agglutination
Réunion suite à une erreur de compréhension, de deux phonèmes originairement distincts, ce qui finit par faire un nom nouveau. C´est souvent l´article défini qui est agglutiné au nom qui le suit.
Exemple : Labalme, agglutination de l´article défini La et du toponyme Balme.
L´inverse de l´agglutination est la déglutination.


Alémanisation
Alémanisation ou germanisation, transformation d´un nom d´origine romane en un nom à consonnance alémanique, avec perte de la signification originelle. Ce phénomène se produit lors de migration massive de populations alémanophones vers des régions de langue francoprovençales ou francophones. Cette alémanisation des toponymes est très répandue dans le district valaisan de Loèche et quelques communes voisine suite à uns immigration de populations alémanophones au XIVème siècle.
Exemple : Tschanderünu, forme alémanisée de l´ancien nom [eys] chan de ronoz, « [aux] champs du Rhône ».

Allonyme
L´un quelconque des noms propres, d´origines différentes, servant à désigner un même objet topographique.
Exemple : Mont Cervin et Matterhorn.

Anthroponyme
Nom d´une personne. Il peut s´agir d´un prénom, d´un patronyme, d´une initiale, d´un surnom, ou d´une combinaison de ces éléments.
Exemple : Publius Gracius Paternus.
Lorsque l´anthroponyme désigne un lieu, on parle aussi d´anthropotoponyme ou d´anthropochoronyme.

Antiphrase
Figure de style qui consiste à dire le contraire de ce qu´on pense.
Exemple : Bonrieu pour un cours d´eau dangereux.

Antonyme
Mot de sens opposé.
Exemple : Malval est un antonyme de Bonneval.

Aphérèse
Suppression d´un ou de plusieurs phonèmes au début d´un mot.
Exemple : Dray, aphérèse de Adray.
Voir aussi déglutination.


Apocope
Suppression d´un ou de plusieurs phonèmes à la fin d´un mot.

Apophonie
Modification de la voyelle radicale d´un mot, généralement rencontrée dans la déclinaison d´un verbe.
Exemple : meurt - mourons.

Apothiconyme
Nom de boutique ou de commerce.

Appellatif
Terme générique employé comme toponyme pour identifier une entité géographique.
Exemple : Le Mont.

Assibilation
Changement de consonne en sifflante, en particulier du r en s
Exemple : chaire en chaise.

Assimilation
Changement phonétique qui fait que deux phonèmes voisins tendent à devenir identiques.
Exemple : Grand Mont devenu Grammont.

Assourdissement
Mutation d´une consonne sonore en consonne sourde (occlusives : [b] en [p], [d] en [t], [g] en [k], fricatives : [v] en [f], [z] en [s], [j] en [ch]).

Attraction paronymique
Modification d´un nom sous l´influence d´un paronyme, cas particulier de remotivation.
Exemple : Crêt d´Aup, devenu Crêt d´Eau, Credo.

Bêtacisme
Mutation de [b] en [v] ou confudion entre ces deux sons.

Cacographie
Graphie erronée.

Cas direct
Equivalent du nominatif.

Cas oblique
Cas autre que le nominatif.

Cas régime
Equivalent en vieux français de l´accusatif latin.
Exemple : garçon.

Cas sujet
Equivalent en vieux français du nominatif latin.
Exemple : gars.

Choronyme
Nom de lieu qui identifie un espace géographique.
Exemple : Les Alpes, Palexpo.

Commutation
Remplacement d´un phonème par un autre.
Exemple : crêt devient en patois jurassien crat.

Composition
Phénomène par lequel deux noms se trouvent soudés l´un à l´autre.
Exemple : Beau mont devenu Beaumont.

Contraction
Rassemblement de deux lettres ou syllabes en une seule.

Déglutination
Coupure erronée suite à une mauvaise compréhension du mot. Ce phénomène se produit très souvent avec l´article.
Exemple : L´Echereuse par déglutination de Léchereuse.

Démotivation
Disparition du sens primitif lié à l´étymologie d´un nom, remplacé par un autre sens.
Exemple : panier n´est plus un récipient pour le pain, mais a pris un sens général de récipient pour toute sortes de chose ; on dira maintenant corbeille à pain.

Dendrolatrie
Culte païen rendu à un arbre.
Exemple : Belfaux (Fribourg) doit sans doute son nom à un culte dendrolatrique.

Déverbal
Substantif, souvent féminin, obtenu en retirant la désinance verbale d´un verbe à l´infinitif.

Diminutif
Ajoute au sens du mot une idée de petitesse.
Exemple : Alpette, diminutif de Alpe.

Dissimilation
Changement phonétique qui fait que deux phonèmes identiques ou voisins tendent à devenir différents.
Exemple : Patois colonde issu du français colonne par mutation de [nn] en [nd].

Endonyme
Appellation toponymique exprimée dans la forme orthographique et dans la langue locales de la région où l´entité dénommée est située.

Epenthèse
Apparition à l´intérieur d´un mot d´un phonème que l´étymologie ne justifie pas.
Exemple : Ruvine, dérivé de ruine avec un v épenthétique.

Epithèse
Apparition à la fin d´un mot d´un phonème que l´étymologie ne justifie pas.
Exemple : Molard, dérivé de molare avec un d épithétique sous l´influence du suffixe -ard.

Eponyme
Nom de personne dont est tiré, en tout ou en partie, un nom de lieu.
Exemple : Le Cerneux-Péquignot.

Ethnonyme
Nom propre désignant un peuple, une peuplade.
Exemple : Les Allobroges.

Etymologie
Etude de l´origine des mots.

Exonyme
Nom géographique utilisé dans une langue pour désigner un lieu situé en dehors du territoire dont cette langue est la langue officielle.

Gentilé
Nom des habitants d´un lieu.
Exemple : Septimontain, gentilé de Samoëns.

Hagiotoponyme
Nom de lieu en relation avec le nom d´un saint.
Exemple : Saint-Ursanne, Dommartin, Sembrancher.

Hapaxépie
Non-répétition de phonèmes proches dans un même mot. On dit aussi haplologie.
Exemple : Nova Villa, devenu Novella.

Homonyme
Noms de lieux identiques attribués à des entités géographiques différentes.
Exemple : Chamonix, nom porté par deux localités de la vallée de l´Arve.

Hydronyme
Toponyme désignant un lieu caractérisé par la présence permanente ou temporaire d´eau ou lié à la neige tel que glacier, névé, moraine etc.
Exemple : Le Nant d´Aisy.

Hypocoristique
Forme familière et affective d´un nom.
Exemple : Tholome, hypocoristique par aphérèse de Bartholomé.

Lambdacisme
Mutation consonantique de [r] en [l], inverse du rhotacisme.

Limnonyme
Nom de lac, cas particulier d´hydronyme.

Limonyme
Nom donné à une limite territoriale, par exemple suite à un événement historique.
Exemple : La Douane.

Mécoupure
Appelée aussi métanalyse. Mauvaise coupe de termes, résultant d´une mauvaise compréhension ou d´une attraction paronymique.

Métaphore
Utilisation d´un mot dans un sens figuré, en raison d´une ressemblance.
Exemple : Le Châtelet, pour une montagne dont la forme évoque celle d´un petit château.

Métathèse
Changement de place de deux sons, ou échange de lettres dans un mot. C´est un synonyme de permutation, qui est le sens du mot grec metathesis.
Exemple : Drabon, métathèse de darbon.

Métonymie
Remplacement d´un terme par un autre qui est lié au premier par un rapport logique.

Métraduction
Mauvaise traduction parfois engendrée par la dualité de sens du nom dans la langue de départ.

Microtoponyme
Nom d´un lieu de faible étendue et/ou de moindre importance : maison, champ, pièce de terre, etc.
Exemple : Champ à la Bise.

Motivation
Raison ayant décidé du choix d´un nom donné pour baptiser un lieu. La motivation peut être sémantique si ce nom correspond à une caractéristique du lieu (exemple : Hauterive), métaphorique (exemple : La Cape au Moine), ou associative, comme pour les lieux nommés d´après leur premier propriétaire. Dans la plupart des cas la motivation originale devient opaque suiet à l´évolution linguistique du nom de lieu. Voir aussi démotivation, remotivation.

Mutation consonantique
Transformation d´une consonne (ou groupe de consonnes) en une autre dans un environnement particulier.
Première mutation consonantique, seconde mutation consonantique : modifications phonétiques qui ont touché en particulier les langues germaniques.

Dans les patois romands on observe les mutations consonantiques suivantes (liste partielle) :

le groupe ss devient ch ;
le son [ch] devient [ts] ;
le son [j] devient [dj], [dz], [z].
Dans la vallée du Rhône en aval de Martigny on observe la mutation du son [s] initial en [f].

Dans certains patois valaisans on observe les mutations consonantiques suivantes (liste partielle), voir Guex :
Après un s même muet ou fossile,

p devient f : i fras, « aux prés » ;
pl devient fl ou chl : Les Flans, « les plans » ;
le son [k] devient t : Patier, « pasquier » ;
le son [k] devient h fortement aspiré : Les Hombes, « les combes » ;
le son [kl] devient fl ou chl ;
ts devient s : Les Sampelets, issu de « les tsampelets », forme patoise de « les champelets ».
De plus le l mouillé devient d : sonadon, forme patoise de « sonaillon ».

Odonyme
Toponyme qui désigne une voie de communication pédestre, routière ou ferroviaire.
Exemple : La Vy d´Etraz, ancienne route romaine.

Oronyme
Nom propre attribué à un accident de relief du sol comme une montagne, une colline ou un ravin, ainsi qu´au relief côtier comme un cap, un promontoire, une île, une presqu'île.
Exemple : Le Mont Blanc.

Paronymie
Ressemblance entre deux paronymes, mots n´ayant aucune parenté, mais presque homonymes.
Exemple : Chavonette et Savonette.

Patronyme
Partie finale du nom d´une personne qui suit son ou ses prénoms et qui établit un lien de parenté, appelée aussi « nom de famille ».

Phytotoponyme
Nom de plante attribué à une entité géographique en raison de la présence caractéristique de cette plante en ce lieu.
Exemple : Les Acacias.

Polisonyme
Nom de ville.

Potamonyme
Nom de cours d´eau, cas particulier d´hydronyme.

Prosthétique
Introduction d´un phonème au début d´un mot.
Exemple : Houche dérivé de Ouche.

Provection
Passage d´un phonème de la fin d´un mot au début du suivant.
Exemple : la rionda devenu L´Ariondaz.

Réfection analogique
Modification d´un mot sous l´influence d´un terme voisin.
Exemple :le latin vulgaire *cassanum, « chêne », devenu *caxanum sous l´influence de fraxinum, « frêne ».

Réfection savante
Doublet, reconstruit à partir de l´origine étymologique, d´une variante populaire d´un mot.
Exemple : gémeau est une réfection savante de jumeau à partir du latin gemellus.

Régionyme
Nom d´une région aministrative ou topographique.
Exemple : La Singine, Le Plateau.

Remotivation
Réinterprétation fausse d´un nom, en général en raison d´une homonymie, lorsque la motivation primitive est devenue opaque. Cette remotivation est à l´origine des armes parlantes, et des légendes qui prétendent motiver la nouvelle interprétation.
Exemple : Le Mont Rose, qui ne doit pas son nom à la couleur rose, mais au patois rosa, « glacier ».

Rhotacisme
Phénomène phonétique qui consiste à transformer en [r] la consonne [l].
Exemple : Alba devenu Arba.

Sonorisation
Mutation d´une consonne sourde en consonne sonore (occlusives : [p] en [b], [t] en [d], [k] en [g], fricatives : [f] en [v], [s] en [z], [ch] en [j]).

Syncope
Chute d´un ou plusieurs phonèmes ou syllabes à l´intérieur d´un mot.
Exemple : Coma, à l´origine Comba.

Synecdoque
Cas particulier de métonymie qui consiste à prendre la partie pour le tout ou inversément, la matière pour l´object, etc.
Exemple : Un bronze de Rodin.

Terme générique
Partie d´un toponyme qui identifie de façon générale la nature de l´entité géographique dénommée.
Exemple : Lac, Pont, Mont.

Théonyme
Nom de dieu, de déesse ou autre divinité.
Exemple : Minnos.

Topique
Qui a rapport à un lieu donné.
Exemple : Aximus était la divinité topique d´Aime.

Toponyme
Nom propre attribué à une entité géographique.
Exemple : Les Degrés de Poule.

Transfert
Transport d´un toponyme par l´intermédiaire d´un anthroponyme.

Transformation
Evolution d´un nom de lieu due à la succession des idiomes locaux.

Vélléitaire
Un toponyme vélléitaire est un toponyme qui n´a qu´une motivation faible.

Vocalisation
Passage d´une consonne à une voyelle.
Exemple : Baume est dérivé de Balme par vocalisation.

Zootoponyme
Nom d´animal attribué à une entité géographique, soit en raison de la présence caractéristique de cet animal en ce lieu,
Exemple : Champ des Alouettes ; soit par métaphore.
Exemple : Les Mulets.


Glossaire :


abergeage, abergement [n. m.]
Terre remise à un paysan plus ou moins libre, l´abergataire, pour un temps très long, surtout en vue de défrichement, moyennant un prix comptant, l´entrage, et une redevance annuelle en nature nommée cens ou cense.
Dérivé du verbe français régional aberger avec le suffixe d´action -age, vieux français herbergier, « héberger », ancien français herberc, herberge, herbergerie, herbergement, bas latin abberragium, « accensement d´un fond sous une certaine redevance », abbergare, abergare, abergiare, « donner en accensement, donner à cens », albergare, « loger, habiter, héberger ; être hébergé, recevoir l´hospitalité », alberga, arberga, arbergum, « droit de gîte ; maison ; famille », albergaria, arbergaria, arbergeria, « auberge », arbergamentum, puis albergamentum, « droit de gîte ; le gîte lui-même ; maison de paysans », issu du germanique (westique) *haribergon, *heribergon , « loger un armée, camper », composé de *hari, « armée », et de *bergon, « abriter ». On trouve de nombreux dérivés de cette racine germanique, comme haberg, habergage, haberge, habert, harbert, hesbergage, ainsi que albergement, « acensement, contrat de bail de longue durée concédant un droit d´usage, bail emphytéotique avec réserves perpétuelles », ou les Francs habergeants, bénéficiaires de la charte accordée aux habitants du Locle par Jean II, sorte d´assimilation à la condition d´hommes libres, et les termes actuels auberge, héberger et leurs dérivés.

ager [n. m. latin]
Champ, terre (cultivable) ; domaine, propriété foncière ; campagne ; territoire, contrée, canton, pays.
Ager regius : domaine royal
Ager privatus : domaine privé ou qui appartient à une personne.
Ager publicus : ensemble des terres publiques appartenant au peuple romain, fruit des conquêtes militaires ; c´est du revenu de ces terres que vivent les citoyens romains.

albos, albios, albanos [mots gaulois]
Selon Delamarre, ce mot n´aurait pas le sens de « blanc », comme le latin albus ou le gaulois vindos, « blanc, de couleur blanche », mais plutôt le sens religieux de « monde lumineux, monde d´en haut », par opposition à dubnos, dumnos, « monde sombre, monde d´en bas ». Ces mots dérivent respectivement des racines indo-européennes *albho-, « blanc » et *dheu-b-, dheu-p-, « creux, profond ».

alleu [n. m.]
Bien héréditaire propre, terre libre de redevances seigneuriales. Vieux français aleu, alleu, ancien français aleu, alieu, alue, « location, bail », aleugerie, « fief tenu en alleu », latin médiéval alodum, alodis, latin allodium, francique allod, « propriété complète », ancien haut-allemand alod, « possession libre », ancien haut-allemand al, « tout, entier », germanique *alla, « tout, tout à fait » et germanique auda, « bien, possession, fortune ». L´alleu s´opposait au fief.

alpe [n. f.]
Le choronyme qui désigne nos Alpes actuelles, en latin Alpes, apparaît dès le premier siècle avant J.-C. Il est issu de l´appellatif gaulois *alpe, d´une racine celtique ou préceltique *alb-, qui viendrait de albos. Pour Nègre, le sens premier de cette racine préceltique serait « hauteur » ou « pâturage ». Des dérivés apparaissent par rhotacisme (Ar, Arp, etc.) ou par vocalisation du l (Au, Aulp), et aussi par mutation du p en b (Arbignon). Certains dérivés apparaissent aussi comme préfixes dans un grand nombre de toponymes. Le toponyme générique alpe, de l'appellatif latin féminin singulier alpis, « alpe, alpage », a d´abord eu le sens d´alpage, et au Moyen Age le sens plus restreint de pâturage d´été en montagne. On trouve beaucoup de diminutifs désignant des petits alpages, par exemple : Alpette, Arpette, Arpille, ou en patois valaisan et valdôtain arpetta, arpettaz.

armes parlantes
Armoiries, blason, drapeau représentant un objet dont le nom évoque le nom du lieu ou de la personne qui les possède. Dans certains cas le rapport entre le nom et l´objet représenté est purement paronymique, et n´a aucun lien étymologique, par exemple la grue des comtes de Gruyère et de la commune de Gruyère, la coupe de Coppet, la roue de Rue ou de Riaz, le fer de lance de Ferlens, la colonne de Cologny, etc.

ban [n. m.]
1. Dès le XIème siècle, le seigneur peut s´attribuer le monopole d´installations telles que four, halle, forge, pressoir, moulin à grain, moulin à huile, foulon, ou la propriété de bois ou pâturages, dont l´usage, contre une redevance appelée banalité, est obligatoire pour ses sujets. Ancien français ban, « défense proclamée hautement ; sorte de redevance ; territoire soumis à la juridiction », latin médiéval bannus, « prestation de travail exigée en vertu du droit de ban », ancien bas francique *ban, « loi, ordre dont la non-observance entraîne une peine », germanique *bann, « défense », *bannjan, « bannir, en raison de l´interdiction faite aux sujets de se servir de biens n´appartenant pas au seigneur ».
2. Bois, terrain banal, appartenant à une commune, dirigé par une autorité territoriale. Ancien français banable, banal, « soumis à la banalité ».
3. Terre, forêt mise à ban : dont l´accès est réservé à certaines personnes ou réservé au seigneur et interdit aux villageois, ou dont l´accès est interdit à certaines périodes.

bastide [n. f.]
Bas latin bastida, « fortification », ancien provençal bastide, « ouvrage de fortification situé à l´extérieur d´une enceinte », ancien français bastide, « château fort, forteresse ; cabane, hutte »,
Terme employé jusqu´à la fin du XIIIème siècle pour désigner des ouvrages provisoires destinés à protéger un campement. Au moyen âge, c´est ouvrage de défense isolé, mais faisant cependant partie d´un système général de fortification, et aussi une maison isolée, bâtie en dehors des murs d'une ville.

bastille [n. f.]
De *basticula, diminutif de bastide avec le suffixe -cula, ce terme a pris le même sens que bastide.

Belenos [nom propre gaulois]
Théonyme, dieu gaulois du soleil correspondant à Phoebus-Apollon, racine celtique *belo-, racine indo-européenne *bhel-, « blanc, brillant », nommé aussi Bel ou Belen.

bourg [n. m.]
1. Latin burgus, du grec purgos « tour », désigne une fortification, une tour fortifiée, une redoute, et par extension un petit château, puis un petit hameau dès 1185.
2. Bas latin burgus, du germanique *burg, « localité, lieu fortifié », proto-germanique *burg, racine indo-européenne *bhergh, « élévation fortifiée », désigne un ensemble d´habitations fortifiées.
3. Latin médiéval burgus, issu de la fusion des mots latin et bas latin, attesté en 837, désigne une petite ville, souvent centre de marché, fortifiée ou non, voire close de murailles. Dès le Xème siècle, c´est le chef-lieu bâti, par opposition au terroir ou partie agricole de la paroisse. Plus récemment le mot bourg a désigné le centre d´une localité étendue.
4. Franco-provençal [bor, bur], bourg, faubourg, nouvelle ville fortifiée.

breuil [n. m.]
1. Au Moyen Age, pré ou verger clôturé par un mur de pierres sèches ou cimentées ou clôturé par une enceinte d´entrelacs. Il fait partie du manse dominical et il doit être proche du centre d´exploitation domanial. Latin médiéval broilum.
2. Pré clôturé de haies, petit bois clôturé, bois servant de réserve de chasse au chef de village, anciennement bois humide, puis bois taillis, bois taillé régulièrement pour en exploiter les repousses.

3. Dans la vallée d´Aoste, le terme breuil désigne plutôt une zône humide olu très irriguée.

Patois broilla, ancien français breuil, broeil, broil, brueil, bruel, bruil, etc., « bois, forêt, taillis, fourré, buisson, parc dans lequel on enfermait des bêtes fauves », breuille, bruelle, bruille, brule, brulle, « bois », diminutifs broillet, brollet, brolet, bruillat, bruillet, brullet, etc., « petit bois », bas latin brogilum, broilum, gaulois brogilos, « petit bois humide », avec la forme dégradée breialo, diminutif dérivé du gaulois brog(i)-, « territoire, région, frontière », issu du celtique *mrog, voir Morge.


briga, brio [mots gaulois]
A l´origine, ce terme désigne un sommet, une colline. Par la suite, par métonymie, il désigne une colline, un tertre fortifié occupé antérieurement par les Ligures, peut-être enlevé de force, et repeuplé par l´aristocratie militaire celte. D´une racine indo-européenne *bheregh-, « haut, éminent, montagne », dont dérivent le germanique *burg- et l´allemand Burg, « château, forteresse » et Berg, « montagne ». Il existe aussi un mot gaulois brigantion, « éminence », de l´adjectif brigant-, « éminent, élevé », qui dérive de cette même racine [Delamarre].

briva [mot gaulois]
Pont. Dérive peut-être d´un plus ancien *breva, apparenté au germanique *brovo, dont dérivent l´allemand Brücke et l´anglais bridge [Delamarre], racine indo-européenne *bhru-, bhreu-, « poutre, pont ».

calmis [mot gaulois]
Terrain ouvert, haut plateau dénudé et rocheux, séchard, d´un préceltique calma, « terre déserte », racine indo-européenne *kel-, kela-, « être élevé ; colline ». Ce nom a donné le gaulois calmis et le bas latin et roman calma, « champ, pâturage ». Il apparaît au Moyen Age en langue d´oïl sous les formes calma, chalme, « champ, pâturage », caumoi, chaumois, « plateau désert », chalm, « lande », charme, « friche », chaume, « terre inculte, lande, plateau désert », chaux, « terre inculte », en occitan calm, « lande, plateau désert », en nord-occitan chalm, charm, « lande, plateau désert », et féminin champ, par attraction paronymique du masculin champ, « champ », chaumo, « plateau, friche, jachère », chau (pluriel chaux), « montagne à sommet aplati », et en franco-provençal comme chal, chalp, charp, chaup, « partie élevée et arrondie d´un pâturage haut », chalm, chaume, « hauteur dénudée », charme, « pâturage des sommets, terre inculte ». On trouve en outre en ancien français chaume, « montagne », chaumart, « terre inculte, jachère », en vieux français chaux, « lieu improductif », en patois romand tsau, tsò, et en patois valaisan tsa, tous de même origine. En revanche, les noms en ancien français chaumoi, chaumoie, chaumois, « lieu couvert de chaume, champ moissonné » dérivent plus probablement du latin calamus, « roseau ; tige d´une plante ».

castellum [n. m. latin]
Poste fortifié, redoute ; fort, forteresse, château fort, ville fortifiée ; rempart, citadelle, asile, repaire, refuge. C´est un lieu fortifié moins important que le castrum ou le fortalicium. Ce terme désigne dans l´Antiquité aussi bien un site militaire fortifié qu´un camp temporaire ou permanent. A la fin de l´Empire romain dans les villes gauloises, réduit fortifié où la population peut se réfugier en cas d´attaque. Ancien français castel, chastel. Diminutif bas latin castelletum, « châtelet ».
Castellum aquae : château d´eau, citerne, réservoir.
Castellum divisorium : château d´eau avec répartiteur.

castrum [n. m. latin]
Sous la République romaine, camp fortifié dressé le soir à la fin de l´étape. Sous l´Empire, camp fixe à la frontière avec des murailles de pierre. Au Bas-Empire, la partie essentielle d´une ville, fortifiée et érigée en citadelle. Au haut Moyen Age, il est souvent appliqué à une agglomération secondaire. Jusqu´à la fin du XIIème siècle, le castrum est un château. A partir du XIIIème siècle, le castrum est le centre de l´autorité, le lieu où siège le seigneur ou son représentant, mais ce n´est plus un lieu fortifié.

cella, sella [n. f. latin médiéval]
Etablissement religieux. Petite exploitation agricole dépendante du centre domanial. Dépendance, bâtiment annexe du centre d´exploitation domanial, éventuellement temporaire. En 1296 : cella seu grangia, « celle ou pour mieux dire grange ». En ancien français celle, cele, selle, sele, « petite maison, hermitage, habitation en général, chambre, cellule ; cellier ; tribunal ».

chavanne [n. f.]
Ferme, bien-fonds, aussi construction le plus souvent en pierres sèches utilisée par les bergers, notamment pour la confection de fromages. Vieux français chavane, ancien français capane, chabanne, chavene, « petite habitation faite de terre et de bois, et ordinairement couverte de chaume », provençal cabana, « cabane, chaumière », roman cabana, « abri à bestiaux », bas latin cabana, cabanna, capanna, cappana, « maisonnette, cabane », bas latin chavanna, « chalet de montagne », latin cabanna, capanna, « hutte, cabane », gaulois capanna, « hutte, cabane, cabanon, petite ferme ». Selon Pégorier, chavanne, « domaine autour d´une demeure ; cabane ».

chavannerie [n. f.]
Au Moyen Age une chavannerie était une exploitation agricole, une métairie, du bas latin cabannaria, cavannaria, chavaneria, chavannaria, dérivé « petite exploitation rurale détachée du domaine, métairie qui comprend des chaumières ou des maisons de paysans ». Selon Pégorier, chavannerie, « maison rustique » ; chavannerie est devenu chavonnerie, sans doute par attraction paronymique avec Chavonne.

chesal [n. m.]
1. Ce terme désignait le plus souvent l´habitation et le tènement des hommes de condition servile. Après la libération des serfs les seigneurs se réservèrent des droits sur ces tenements.
En Suisse romande, dans le milieu urbain des villes neuves ou des faubourgs neufs du Moyen Age, le chesal est une parcelle de terrain rectangulaire allongée, perpendiculaire à la rue, dont la partie donnant sur celle-ci est entièrement bâtie, les maisons voisines se touchant.

A la campagne, le chesal est un terrain plus étendu, destiné à la construction d´une maison et de ses annexes rurales et comprend parfois une partie au moins des terres cultivées. C´est aussi la propriété d´un agriculteur.

Patois tsèsau, romand chesal, savoyard chosal, « petit groupe de maisons, surtout maisons en ruines dont il ne reste que des pans de murs » [Gros], vieux français chésal, pluriel cheseaulx, ancien français casal, casel, casele, caselle, cazal, chaisel, chasal, chasaul, chasel, chazel, chazeau, chesal, chesau, chesaul, cheseau, chessal, etc., « bourg, château, domaine, ferme, métairie, manoir entouré de terre propre à cultiver », franco-provençal tsaza, tsoza, « ruines, réduit misérable », du bas latin casale, « ferme, métairie ; habitation, cabane ; hameau, bourg, faubourg », casalis, « habitation, demeure ; tenure paysanne, unité d´exploitation rurale, de dimensions modestes ; famille », diminutif latin casella, « petite cabane, petite ferme, maisonnette », du latin casa, « ferme, maison ».

2. Le terme « chesal » peut aussi désigner un terrain destiné à la construction d´une maison, bas latin casal, « place ou l´on peut bâtir des maisons », éventuellement un terrain où a existé une maison et où l´on peut en reconstruire une, bas latin casalaria, casaleria, « emplacement d´une maison », casalenum, « place vague où il a existé, où l´on peut bâtir des maisons », et par synecdoque les ruines d´une maison, mots régionaux chosal, choseau, « chalet en ruine » [Pégorier].


châtellenie [n. f.]
Ressort territorial sur lequel s´exerce les droits banaux d´un maître de château. Il exerce également par délégation l´ensemble des droits, militaire et judiciaire. Latin médiéval castellania, dérivé de castellum.

civitas [n. f. pl. latin]
Latin, pl. civitates. Grande fédération de peuples, nation ; ville, cité.

colonia [n. f. latin]
Ville fondée de toute pièce sur un territoire conquis et annexé par Rome, concédée à des colons venus d´autres régions et jouissant d´une autonomie administrative, chargés de mettre la terre en valeur. Bien-fonds féodal jouissant de privilèges. Au Moyen Age, groupe de manses, faisant référence à une ancienne division du domaine en lots répartis à des colons.

colon [n. m.]
Du latin colonus. Citoyen ou descendant de citoyen établi par l´autorité romaine dans une colonia, et appartenant à la couche sociale supérieure. Sous le Haut-Empire, exploitant agricole qui paie au propriétaire un loyer en espèces ou en nature. Au Bas-Empire, agriculteur libre mais fixé à la terre, travaillent sur les domaines (villa) des grands propriétaires. Son sort s´aggrave durant le Haut Moyen Age.

cortis, curtilis, curtis [n. f. latin médiéval]
Du latin cohors, cohortis, « enclos, cours d´une ferme, basse-cour », devenu en roman cors, en ancien français cort, cour, court, cuert, « ferme, exploitation agricole », puis « manse seigneurial isolé », puis « domaine rural, village ». Au Moyen Age, exploitation agricole ; ensemble d´exploitations, regroupées géographiquement, souvent placée sous l´autorité d´un seigneur.
Charlemagne partagea les courts en deux classes. Les premiers, qui continuèrent à s´appeler courts, étaient des manses seigneuriaux isolés. Les seconds, qu´il appelait villa, étaient composés de plusieurs villages où se trouvait ordinairement un château. Mais sous Charles le Chauve le nom de court ne s´appliqua plus qu´aux petites fermes [Corblet, Hypoth. étym. sur les noms de lieux de Picardie.]

Le latin cortile a donné l´ancien français courti, courtil, « jardin ».

Le diminutif bas latin curtina, « petite propriété rurale », a donné courtine, « petite cour, place de ferme. »

Curtis dominica : centre d´exploitation domanial, constituant une ferme domaniale, composée d´un logis, de bâtiments annexes, d´une cour et souvent entouré par une enceinte (closura). Les termes curia et cortis se sont influencés mutuellement dans l´évolution sémantique.

Les toponymes dérivés de ces noms sont de formation germano-romane, de l´époque mérovingienne (VIIème et VIIIème siècle), et désignent la ferme, le domaine rural d´un Germain. Ils sont fréquents dans les régions proches du domaine germanophone (Jura, Neuchâtel, Fribourg).


courtil [n. m.]
Première forme de la tenure seigneuriale et de l´exploitation agricole. Parcelle enclose, petite cour de ferme servant aux ébats du bétail, au dépôt du matériel agricole. Petit jardin clos de murs ou de haies attenant à une ferme. Nom devenant le nom de la ferme, puis celui du village.
Voir les mots régionaux corti, cortil, courti, courtil, ancien français corti, cortil, cortille, courtil, curtil, « petite cour ou jardin de campagne fermé de haies, de fagotage, ou quelquefois aussi de murs », diminutif courtillet, curtillet, « petit jardin », cortillerie, courtilliere, curtilliere, « jardin », du latin médiéval curtilis, bas latin curtile, cortillum, latin médiéval curtilis. On donnait le nom de « courtils » aux jardins des colons dépendant d´une villa romaine agricole.


curia [n. f. latin]
En plus du sens habituel de bâtiment abritant le Sénat, ce nom signifie aussi cour (La place Bellecour, à Lyon, porte le nom latin Bella Curia jusqu´au XIIIème siècle), ou campagne.

dom [n. m.]
Saint homme au Haut Moyen-Age, vieux français dom, « maître », ancien français dam, dant, employé comme formule d´adresse, latin médiéval dompnus, domnus, dérivé de dominus, « maître », employé dès l´époque mérovingienne et jusqu´au Xème siècle avec le sens de saint. Au féminin, ancien mot régional donna, « dame de condition sociale élevée », ancien français done, « dame, femme », latin médiéval dompna, domna, « sainte », roman donna, « dame », latin domina, « maîtresse ».

dunon [mot gaulois]
Mot latinisé en dunus, dunum. A l´origine « colline, hauteur, lieu élevé, montagne », puis « colline consacrée à un Dieu ou à une Déesse », ensuite « colline fortifiée, oppidum », enfin « cité sur une colline ».
Ce nom a donné l´anglais town et l´allemand Zaun.


duron [mot gaulois]
D´une racine indo-européenne *dhwer-, « porte », latinisé en durus, durum, devenu dorum en bas-latin. Ce mot a d´abord signifié « porte, passage », puis « habitation » par synecdoque et par la suite « habitation fortifiée, marché enclos, place, forum, enfin ville close, forteresse ». On a opposé duron, « ville close située en plaine », à dunon, « ville forte située en hauteur ». C´est une simplification hâtive. Ce nom apparaît surtout comme suffixe, ayant disparu tôt comme nom commun.
Il a donné l´anglais door et l´allemand Tor, Tür en conservant son sens de porte.


eau [n. m.]
La racine indo-européenne *av(e)-, « eau, couler, mouiller, etc. » a donné le vieux celtique *aa, ava, ave, puis le celtique eve. D´autre part, la racine indo-européenne *akwa-, « eau, rivière » a donné le latin aqua, devenu en ancien français egua, awa, ewe (ce dernier au XIIème siècle), avec les variantes aege, aeghe, aegue, ague, aige, aighue, aive, aiuwe, ave, awe, ayawe, ayeuwe, eage, eauve, eave, eawe, ege, egue, eighe, eive, esgue, euave, euve, euwe, eve, ewe, hawe, hayve, hyauwe, hyeuve, ia, iaiwe, ial, iau, iauge, iaugue, iaul, iauve, iauwe, iave, iawe, yauve, yauwe, yeuve, yeuwe, et en vieux français eaue (XIVème siècle), d´où le mot actuel eau. De aqua dérive aussi l´occitan aïgo, d´où le provençal aiga, devenu aigue, aygue en vieux français.
Autres termes dérivés :

Les bas latins aquairolium, aquarium, aquarolium, aquarolius, aquatorium, aqueria, aquerium, « canal, conduit, auge, évier », aquaserium, « fossé » ;
les formes romanes Aix, Ais, Eis, Eix, Ex, latinisées au Moyen Age en Aixium, Assium, Axium, Essium, qui désignent des sources thermales ou des villes d´eau, dérivés de l´ablatif locatif pluriel aquis, « aux eaux », ainsi que la forme féminine Axia dont sont issus les vieux français Aisse, Asse, Eisse, Esse, anciens noms de cours d´eau ;
l´ancien français oue, « ruisseau », qui donne par agglutination de l´article loue, et le diminutif ouette, « petit ruisseau » ;
le diminutif aiguette, vieux français aiguet, « ruisseau, canal », du bas latin aquetum ;
les patois éva, ève, ive, aussi évoué, qui signifient tous « eau ».


fief [n. m.]
Au moyen Age, source de revenu (très généralement terre, mais aussi cens, droit, péage, etc.) concédée par le seigneur à son vassal à titre temporaire ou viager, puis surtout héréditaire, et sur laquelle le propriétaire initial garde certains droits (beneficium, feudum).

fortalicium [n. m. latin]
Forteresse moins importante que le castrum, lieu fortifié qui garde un défilé, un cours d'eau, une route. Quartier central d´un bourg fortifié, entouré de remparts et de fossés.

fundus [n. m. latin]
Domaine agricole, domaine immobilier rural, fonds de terre.
Latifundia : Grandes propriétés foncières. Grands domaines ruraux donnés en usufruit, mais considérés comme une véritable propriété par les grands seigneurs romains et les grands propriétaires locaux.

gentilice [n. m.]
Tout citoyen romain possède au moins trois noms (tria nomina) : un prénom (praenomen), un gentilice (nomen gentilicium), nom de sa gens, celui qui se transmet, et un surnom (cognomen). Le gentilice était parfois un dérivé en -ius d´un surnom, lui-même décrivant une particularité physique, morale, sociale, etc., comme Mancius, dérivé du surnom Mancus, du latin mancus, « privé d´un membre, mutilé, estropié, manchot », ou Publicius, gentilice d´un esclave affranchi et devenu citoyen, dérivé de [servus] publicus, « [esclave] public ».

glanna [mot gaulois]
Ce mot qui signifie « rive, berge », et le mot gaulois *glano-, qui signifie « clair, pur, limpide, transparent », racine indo-européenne *ghla- ghle- ghlo- , « brillant », se sont probablement confondus en gaulois tardif dans la toponymie [Delamarre].

grange [n. f.]
Ancien français graigne, granche, grange, grangeage, grangne, « métairie », roman granja, granga, latin médiéval grangia, « grange pour le grain et le fourrage », bas latin *granea, grania, latin vulgaire *granica, « grange », du latin granum, « grain ».
A l´origine, domaine rural dans une clairière que l´on agrandissait peu à peu, en fonction des besoins, des nouvelles bouches à nourrir.

Dès le IXème siècle, maison de campagne, ferme comprenant un bâtiment destiné à la conservation du grain, la grange, une écurie, et un appartement.

Au Xème siècle, exploitation agricole, ferme souvent fortifiée et dirigée par des religieux (principalement cisterciens). Les moines, ne devant pas parcourir plus d´une certaine distance pour se rendre à leurs propriétés, construisaient une grange qui servait de relais. Ils y conservaient les récoltes des terres en dépendant ou les dîmes en nature dues par les exploitants agricoles soumis à ce droit.

Aussi, groupe rural comprenant maison et bâtiments agricoles avec terres, prés, bois, paquages ou métairie.

Plus récemment, bâtiment où l´on portait les gerbes de céréales et où l´on effectuait le battage, et enfin bâtiment d´une exploitation agricole où l´on met à l'abri les récoltes de paille, de foin, de fourrage, etc.

Aussi, en montagne, chalet où l´on fabriquait le fromage d´alpage.


ialon [mot gaulois]
Mot latinisé en ialum. A l´origine « clairière de défrichement, espace découvert », puis « village de défricheurs, créé dans une zone forestière en cas de surpeuplement d´un autre établissement », et en gaulois tardif « lieu, endroit, village » [Delamarre].

locus [n. m.]
Latin. Centre religieux isolé, établi sur un domaine agricole fortifié ; paroisse, dans le Bas Empire.

magos [mot gaulois]
Latinisé en magus. Village agricole occupé par des serfs (étrangers dont on a conquis le pays, mais que l´on n´a pas exterminés), marché agricole, champ. Le mot gaulois magos, « marché », vient du celtique *magos, « plaine, terrain découvert, champ », racine indo-européenne *meg(h)-, « grand ».
Les toponymes issu de magos sont souvent des bourgs commerçants établis au carrefour d´axes routiers.


maison forte [loc. f.]
Latin domus fortis, maison fortifiée, avec des murs épais, dont le possesseur ne détient pas les droits seigneuriaux permettant d'élever un château muni de défenses importantes.

mandement [n. m.]
Espace contrôlé à partir d´un lieu principal, souvent un château ; territoire, étnedue d´une juridiction. Ancien français mandement, « commandement ; gouvernement, subdivision du baillage », du verbe mander, « commander, ordonner », latin médiéval mandamentum, du latin mandatum, participe passé du verbe mandare, « donner mandat, ordonner ». On distinguait le castrum, lieu du pouvoir, et le mandamentum, territoire sur lequel s´exerçait ce pouvoir.

manse [n. m. ou f.]
Latin mansio, mansus, « maison, ferme, domaine », gaulois maes, magen, même sens. A l´époque romaine, « séjour, habitation, demeure, auberge, gîte d´étape, relais sur une voie romaine ».
Latin médiéval mansa, mansus, massus. Au Moyen Age, habitation rurale en fief, tenure paysanne roture ou servile, associant maison, jardin, dépendances et champs, d´une surface généralement comprise entre 10 et 15 hectares, que l´on peut travailler avec un attelage et suffisante pour qu´une famille puisse s´y fixer et y vivre. Le tenancier paye au maître une redevance en argent (le cens) ou en nature (le champart) et en corvée. On distinguait les manses ingenuiles, exploitées par des colons libres, les manses serviles, confiés à des serfs et les manses lidiles, attribués à des affranchis.
Manse dominical, réserve, en latin Mansus (in)dominicatus : partie d´un domaine gérée par le maître et sur laquelle travaillent des esclaves et des paysans tenanciers faisant la corvée. Sur cette portion du domaine se concentre la vie industrielle, et tout ce dont le domaine a besoin est produit là (tissage du lin, filature, brosserie, moulin...).

D´après [Martignier], qui cite le polyptique d´Irminon (IXème siècle) : « Petit domaine appelé aussi manoir et meix. (...) les terres sont divisées en domaniales et tributaires. Les premières sont administrées par les moines eux-mêmes ; c´est ce qu´on nommait granges (grangiae) dans le pays de Vaud. -- La plus grande partie de terres tributaires sont distribuées en petites fermes appelées manses. Ces manses se composent, en moyenne, de dix hectares et un tiers. (...) Le manse était héréditaire ; il ne pouvait être morcelé et était soumis à une charge fixe, déterminée une fois pour toutes. (...) »

Manse abbatiale, conventuelle : bâtiment qui hébergeait les employés ou les visiteurs, à ne pas confondre avec la mense, du latin mensa, « repas, plat, mets », qui désigne les revenus d´une abbaye ou d´un couvent.


milliaire [adj.]
Borne de pierre installée au bord des routes tous les mille pas (soit un mille romain ou 1481m) sur le côté gauche en tournant le dos à Rome, et portant diverses mentions dont les distances.

mons [n. m. latin]
Génitif montis, d´une racine indo-européenne *men-, « être saillant ». Mont, montagne, colline pointue, colline.
Montis a donné l´ancien français mont, passé au français moderne. Montanus, adjectif signifiant montagneux, a donné le latin vulgaire *montaneus, même sens, dont le féminin substantivé a donné le bas latin *montanea qui a pris le sens de montagne, région montagneuse, devenu en ancien français montaigne et en français moderne montagne.

Au Moyen Age le toponyme mont désignait surtout les sommets escarpés et les versants raides, c´est-à-dire l´espace inculte d´exploitation, alors que montagne était synonyme d´alpage. Montagne avait aussi parfois tendance à prendre le sens de pays pauvre par opposition à la plaine, le bon pays. Le diminutif latin monticellus a donné l´ancien français muncel et le français moderne monceau, le diminutif monticulus, bas latin *montuculus a donné le français moderne monticule.


motte [n. f.]
Amas de terre de forme tronconique servant de fortification, souvent flanquée d´un baile (cour basse avec aménagements défensifs). La motte pouvait être constituée des déblais des douves. Colline naturelle ou artificielle fortifiée entre le IXème et le XIème siècle avec des palissades, au début de l´époque féodale. Vieux français mothe, ancien français mote, « tertre, colline, élévation, monticule ; maison seigneuriale ; terre labourable ; atterrissement, alluvion », motel, motelet, motete, « petite motte », motele, « colline », latin médiéval motta, « amas de terre, monticule », puis « château bâti sur une éminence », celtique *mutta, « hauteur », racine préceltique MOT, « levée de terre, tertre isolé ». Les mottes peuvent être d´anciens oppidums.

oppidum [n. m.]
Préhistoire : agglomération du Deuxième Age du Fer puissamment fortifiée comportant rempart et fossé, de surface assez importante (5 à 140 ha), implantée à un endroit stratégique.
Chez les gaulois : plateau facilement fortifiable.
Chez les romains : place forte, ville avec une enceinte de remparts.
En général : établissement ; site perché ; site défendu par un rempart. Les oppidums ont parfois été réutilisés comme motte ou comme poipe.

onno, unna [mots gaulois]
La forme unna, « eaux » est postulée d´après les théonymes Andounna, de *ande-unna, « eaux d´en bas », et Uxounna, « eaux d´en haut ». Le mot onno, « fleuve » pourrait être une forme tardive, mais son existence est douteuse [Delamarre]. Racine indo-européenne *pen-, pen-ko-, « marais, eau, mouillé », avec l´aphérèse du p courante en gaulois.

pagus [n. m. latin]
Petite peuplade locale, canton ; subdivision territoriale d´une civitas.

poipe [n. f.]
De l´ancien français poipe, poype, « maison fortifiée bâtie sur une hauteur et entourée de fossés ». On peut lire : « Les poipes sont des terres élevées et fortifiées... il y avait autrefois des châteaux sur toutes ces poipes » [Collet]. De poypia, issu du latin podium, grec podion, même sens, celtique pech, puech, puich, « hauteur, colline ». Les poipes occupent souvent d´anciens oppidums.

praedium [n. neutre latin]
Domaine agricole, domaine immobilier rural, avec droit de propriété ou avec droit d´usage.

salla [n. f. roman]
Résidence seigneuriale sans fortification ni défense, grande maison rurale avec une salle de réception. Occitan sala, « résidence seigneuriale », ancien français sal, « maison contenant une seule pièce », du francique sal, « salle, pièce spacieuse destinée à recevoir », vieil haut allemand sal, « résidence, maison, salle, halle (surtout un bâtiment ne contenant qu´une salle) », germanique *salaz, sali, saliz, « habitation, maison, salle ». Le terme salla ou sala est remplacé dans certains documents par le latin aula, « palais, cour d´un souverain ».

tènement, tenure [n. m., n. f.]
Terre concédée à un tenancier par un seigneur qui en garde la propriété éminente. Concession en principe précaire, mais en pratique constamment héréditaire. Du latin médiéval tenura, tenementum, dérivé du latin tenere, « tenir ».
Tenure servile (tenementum servilum) : tenure détenue par un serf, ou par un homme libre qui devenait serf en l´acquérant.


vallis [n. f. latin]
Latin vallis, pluriel valles, « vallée, ravin », dérive d´une racine indo-européenne *wel-, « rouler ».
Le féminin vallis est devenu masculin au Xème siècle sous la forme vallus, vieux français val, vau, pluriel vals, vaux. En revanche, en patois val, vaux sont restés féminins. Le diminutif latin valicella a donné les anciens français masculins valce, valcel, vauce, vaucel, vauciel, vauchel, vausel, « vallon », et féminins vacele, valcele, vaucele, vauciele, avec le diminutif vaucelete, « tout petit vallon », et le diminutif latin valitta a donné les anciens français valet, valette, « vallon », valiere, « petit vallée ».

vardô [mot germanique]
Germanique vardô, vieil haut allemand warta, « surveiller, garder », germanique vahtô, vieil haut allemand wahta, « garde, guet », a donné le francique *wahton, *wardôn, « surveiller, regarder », latinisé sous les formes garda, gardia, guarda, varda, warda, wardia. Ancien français guardenc, warde, « garde », puis « forteresse, tour de garde, endroit d´où l´on surveille les environs », a pris le sens de « point de vue stratégique, endroit d´où l´on peut surveiller les environs, en particulier lieu d´où l´on peut surveiller les troupeaux », par le patois vuardâ, « garder, surveiller, protéger », vouarda, vuardo, vuarda, « gardien, garde ». A noter aussi le germanique garda, « claie, enclos à bétail, jardin », racine indo-européenne *gherdh-, « clôturer », et le vieux norique vardi, varda, « sentinelle, cairn ».

vicus [n. m. latin]
Agglomération secondaire gallo-romaine non fortifiée, du village rural jusqu´à la petite ville, principalement située le long des routes, ou subdivision territoriale de la cité.
Bourgade du haut Moyen Age, plus importante qu´une villa, et où se tiennent des assemblées publiques, jusqu´à l´apparition des châteaux au Xème siècle.

Adjectif dérivé : vicanus, a, um, « de village, de bourg », et substantif vicanus, i, « habitant d´un bourg ».


villa [n. f. latin, pl. villae]
Grande exploitation agricole gallo-romaine, grand domaine foncier, le fundus, couvrant parfois une centaine d´hectares et utilisé pour la culture (ager, champ), et l´élevage (saltus, terrain boisé, clairière, pâturage). Le domaine était divisé en pars rustica, où étaient concentrées les activités artisanales et les zones d´habitat du personnel de maison, et en pars urbana, où se situe la demeure du maître de maison.
Durant tout le Bas Empire romain, la villa est le grand domaine égal à peu près à la commune de nos jours. La villa forme une unité économique exploitée selon le régime domanial : une partie du domaine, le Manse dominical, reste propriété directe du maître, l´autre partie est divisée en lots, les Manses, et répartie entre les familles.

Ces anciens domaines Gallo-romains furent souvent abandonnés à l´époque des grandes invasions (Vème et VIème siècle), puis réoccupés par des populations franques nouvellement installées en Gaule. Dès le VIIIème siècle, le sens évolue et villa équivaut à petite exploitation.

A partir du XIème siècle, villa prend le sens de village ou circonscription villageoise et désigne le village principal d´une paroisse, de terroir cultivé et habité, puis d´agglomération urbaine.

Villa urbana : Demeure de luxe et de plaisance, à la campagne.

Villa rustica : Maison de campagne, domaine rural comprenant la maison du maître, les logements des colons et des esclaves et les bâtiments agricoles.

Diminutif : vilulla, « hameau, petite villa ».


villa [n. f. latin, pl. ville]
Unité territoriale de base dont sont formés les pagi du haut Moyen Age ; correspond parfois à une seigneurie foncière.

villare [mot bas-latin]
Subdivision, partie habitée de la villa. De l´adjectif latin villaris, villare, « de maison de campagne, de métairie, de ferme, de basse-cour ».
Au haut Moyen Age, domaine rural. Dès le IXème siècle, petit village, hameau avec son territoire, écart (tout petit hameau éloigné de toute autre habitation). Ce terme est devenu wiler, willer en allemand. L´expression terrae villares, que l´on rencontre au VIIème siècle, s´applique aux terres dépendant d´une villa.



Préfixes et suffixes :


-a, -az, -é, -ée, -i, -ie, -it, -o, -od, -ou, -oz, -u
Suffixes collectifs ou indiquant le contenu, dérivant des suffixes latins -atus, -ata, -atum ou dérivés de participes passés. Les suffixes -a, -az, -i, -o, -od, -oz sont des formes patoise.

-ache, -ace, -as, -asse
Suffixes dérivés des suffixes latins -aceus, -acea, ayant souvent pris un sens augmentatif ou dépréciatif. Ils sont couramment utilisés pour indiquer un lieu envahi par quelque chose, souvent un végétal indésirable.

-acos, -iacos
Suffixes gaulois de possession, latinisés en -acus, -aca, -acum, respectivement -iacus, -iaca, -iacum, devenus par la suite -(i)aco, -(i)agu, -(i)ag-, (i)ai, -(i)ei, -i, -ie, -(i)er, -(i)ez, -ye avant de prendre les formes actuelles -at, -ay, -(i)é, -(i)er, -(i)ex, -(i)ey, -(i)ez, -ieu, -ieux, ou -y.
Ajoutés à un patronyme d´origine latine (gentilice ou cognomen), gauloise ou germanique, ils désignaient la propriété d´un notable, au masculin un fundus ou un ager, au féminin une villa gallo-romaine ou au neutre un praedium. L´emploi de ces suffixes débute au IIème siècle et culmine aux IIIème et IVème siècles, mais ils sont restés en usage pendant plusieurs siècles. Selon Stadelmann, seuls les suffixes -acus, -aca, -acum sont à considérer, le i intermédiaire appartenant au patronyme.
Voir aussi les suffixes collectifs -ay, -ex, -ey et -er.


-ade
Suffixe formant des noms féminins construits sur base verbale ou nominale, ou dérivés du suffixe latin -ata (salade, latin salate), ayant un sens collectif (colonnade) ou exprimant une action (embrassade).

-age
Suffixe dérivé du suffixe latin -aticum par le latin médiéval -agium. Lorsqu´il dérive d´un nom, ce suffixe a un caratère collectif, comme dans feuillage, et lorsqu´il dérive d´un verbe, il désigne le résultat de l´action verbale, comme dans ferrage, dérivé du verbe ferrer.

-agne, -ain, -aine, -an, -ane, -anne, -in, -ine
Suffixes d´appartenance dérivés des suffixes latins -an[e]us, -ana, -anum. Les suffixes -ain, -aine sont de formation populaire, -an, -ane de formation savante.

-ai, -aie, -ais, -aise, -aix, -at, -atte, -ay, -aye, -èche, -eis, -et, -ette, -ex, -ey, -eye, -eyse, -ez, -iaz, -ie, -oie, -ois, -oise, -oix, -oye, -y
Suffixes collectifs, endroit où abonde quelque chose, se rapportant aussi à la flore et désignant un endroit où abondent des arbres ou des plantes, dérivant généralement des suffixes collectifs latins neutre -etum ou neutre pluriel pris pour un féminin -eta. Les suffixes -et, -ex, -ey, -ez sont des cacographies de -aie, qui est la seule forme actuelle. Les suffixes -at, -atte, -iaz sont des formes patoise.
Ne pas confondre avec les suffixes dérivés des suffixes gaulois de possession -ay, -ex, -ey.

aigue-, -aigue, -igue
Préfixe et suffixes issus du patois et vieux français aigue, « eau ».

-ail, -aille, -ille, -oille, -ouille
1. Suffixes collectifs, du pluriel neutre latin -alia, -ilia des suffixes -alis, -ilis, pris pour une terminaison féminine.
2. Suffixes péjoratifs, dérivés des précédents sous l´influence de mots collectifs ayant acquis un sens dépréciatif, comme valetaille, broutille.

-aire, -are, -arie, -ary, -eire, -ellière, -er, -eraz, -eré, -ère, -erel, -eresse, -eret, -eriaz, -erie, -ery, -eyre, -ier, -ière, -illière, -ire
Dérivent des suffixes latin -arius, -aria, -arium, -arum à valeur collective ou indiquant une caractéristique. Ils indiquent souvent un endroit où abonde un animal, une plante, une chose, ou l´endroit où s´exerce une activité : culture, élevage, manufacture, ou simplement une étendue, un territoire. Le suffixe -ier désigne aussi l´arbre produisant un certain fruit. Avec un patronyme, les suffixes -erie, -ière, parfois -aire, -eyre, indiquent une propriété. Les suffixes -eraz, -eriaz sont des formes patoise.
Ne pas confondre avec le suffixes dérivé des suffixes gaulois de possession -er.

-al, -ala, -ale, -alla, -allaz, -alle, -au, -eau, -el, -èle, -ella, -ellaz, -elle, -ey, -y
Suffixes diminutifs correspondant aux suffixes latins -ellus, -ella, -ellum. Les formes -ala, -alla, -allaz, -ella, -ellaz sont patoises.

-an, -anne, -enaz, -inne, -on, -one, -onnaz, -onne
L´accusatif onnum, dérivé du gaulois onno, aurait donné onem, latinisé en onium aux XIème et XIIème siècles. Cette terminaison a été transcrite en -ona, -onia, parfois -una, -umna, -unna, et aurait donné le suffixe français -on. L´accusatif onnam, masculin ou féminin, aurait donné le suffixe français féminin -onne, -one. Toutefois, selon Delamarre, il pourrait s´agir d´un simple suffixe, l´existence même du gaulois onno étant « très douteuse ». Les suffixes -enaz, -onnaz sont des formes patoises.
Voir aussi les suffixes collectifs -on, -onne.

-ance, -anche, -antse, -ence, -enche, -entse, -ince, -intse,
1. Suffixes issus des suffixes latins -antia, -encia, -encus, -entia, qui servent à former des adjectifs par la suite substantivés dans les noms de lieux, ou des noms d´action ou d´événement. Les suffixes -antse, -entse, -intse sont les formes patoises correspondantes, avec mutation du son [ch] en [ts].
2. Suffixes issus des suffixes préceltiques, peut-être ligure *-incus, -inca.


-ande, -ende, -inde
Suffixes issus du pluriel neutre de noms latins avec le suffixe -endum pris pour des féminins, ou suffixes amplificateurs.

-ans, -enge, -ens, -ing, -inge, -ins
Les noms se terminant par ces suffixes sont d´origine burgonde, et dérivent du suffixe de possession -ingos accolé à un nom propre latinisé en -ingis, -ingum, -ingus. Ils correspondraient à des établissements militaires destinés à lutter contre les Allamans, et dateraient du Vème siècle. Les noms en -ans se trouvent plutôt dans la Franche-Comté et le Jura, ceux en -enge ou -ens en Suisse romande, ceux en -inge en Savoie et à Genève, et ceux en -ins dans le district de Nyon. Cette interprétation est toutefois contestée.

-ant, -ante
Suffixe nominal ou adjectivel issu du participe présent d´un verbe.

-ard, -arde
Ces suffixes sont issus de la racine germanique *hardu, ancien haut allemand hart, « dur, fort », employée fréquemment dans la composition des noms de personnes germaniques, et qui a fini par jouer le rôle d´un suffixe. Dans la plupart des cas, ils ont un sens dépréciatif (froussard), mais parfois un sens augmentatif (veinard), ou indiquent simplement une propriété, une qualité (montagnard).

-ascus, -oscus, -uscus
Suffixes locatifs pré-indo-européens (ligures) -asco, -osco, -usco, latinisés en -ascus, -oscus, -uscus, que l´on retrouve par exemple dans les suffixes toponymiques actuels -asque, -osque du sud de la France et du nord de l´Italie. Il y en aurait quelques exemples en Suisse romande, particulièrement en Valais, où ils auraient donné des nome en -ois, -ot, -ou, -oud, -oz, voire -uat. On en trouve aussi dans la vallée d´Aoste, avec le suffixe -asc, et probablement avec le suffixe -od (selon certains auteurs il dériverait du suffixe latin -ottus). Dans certains cas, ces suffixes, généralement associé à un anthroponyme, seraient des suffixes de possession. Ils ont survécu à la présence ligure et ont été associés à des patronymes romains, voire d´origine germanique. Dans dautre cas ils sont associés à un nom commun, comme barmasc, fontanasc, et leur sens demeure obscur. Dans l´Ain, le suffixe -oscus a donné des noms en -ost, -ot, -od, -oud et -oux.

-at, -atte
Dans le Jura et parfois ailleurs, suffixe diminutif, équivalent du français -et, ette, par commutation des voyelles e et a courante dans le Jura, ou directement du suffixe latin -attus, -atta, -attum. En français ce suffixe a perdu le sens diminutif.

-atis
Suffixe d´appartenance dérivé du suffixe gauloise -ati.

-atre, -âtre
Suffixes indiquant une idée de diminution, de dépréciation ou d´approximation. Du latin -aster, -astrum.

-aud, -aude, -od, -ode, -oud, -oude
Ces suffixes sont issus de la racine germanique wald, de waldan, « gouverner », que l´on trouve dans beaucoup de noms propres masculins d´origine germanique sous la forme du suffixe -ald, devenu -aud par vocalisation. Cette désinence -aud est passée aux noms communs, avec des radicaux soit germaniques, soit non germaniques, et souvent avec un sens péjoratif. Les formes -od, -ode, -oud, -oude sont locales.

-aulaz, -aule, -eule, -iol, -iolaz, -iole, -ioule, -ola, -olaz, -ole, -olla, -ollaz, -olle, -oulaz, -oule, -ule
Suffixes diminutifs issus des suffixes latins -ulus, -ula, -ulum, et bas latins -olus, -ola, -olum. Les suffixes -aulaz, -iolaz, -ola, -olaz, -olla, -ollaz, -oulaz sont des formes patoises.

-ause, -aux, -euse, -eux, -ose, -osse, -ouse, -oux
Ces suffixes dérivent du latin -osus, -osa, -osum et servent à former des adjectifs qui indiquent une propriété ou une qualité, et peuvent aussi indiquer l´abondance.

ca-
Préfixe à caractère péjoratif qu´on trouve par exemple dans cahute.

cour-, court-, courte-, -court
Préfixe et suffixe dérivés du latin cortis, curtis et dont l´ancienne forme est en général -cort. Les toponymes contenant ces termes sont fréquents dans le Jura, où ils correspondent à une première vague d´occupation franque, au VIème et surtout au VIIème siècle, sur les sols les plus riches.

-cle, -cule
Dérivent des suffixes diminutifs latins -culus, -cula, -culum.

dam-, dém-, dom-, don-
Ancien préfixe hagiotoponymique dérivé de dom.

-don, -dun
Avec un o de liaison, *dunon, latinisé en dunum, est devenu odunum, qui a donné le suffixe français -don ; sans le o de liaison, dunum a donné le suffixe -dun.

-ec, -ic, -oc
Ces suffixes sont des terminaisons du patois valaisan du sud de la vallée du Rhône (Val d´Anniviers, Val d´Hérens). Le suffixe -ec correspond aux suffixes -ai, etc. Les terminaisons -ic, -oc ne semblent pas avoir de fonction particulière.

-èche
Suffixe issu du latin médiéval -escus, -esca, -escum, indiquant une ressemblance de style ou de caractéristique.

-eil, -eille, -ejouls, -elle, -euges, -euil
Utilisé comme suffixe avec un o de liaison, ialum, forme latinisée du gaulois ialon, « clairière » a donné -o-ialum, devenu -oilum au VIIème siècle, puis -ogilum, -ogelum par introduction d´un g guttural pour le i semi-consonne qu´on retrouve dans les suffixes -ejouls, -euges. Ce g disparut pour laisser -olium, qui donna en français les suffixes -eil, -eille, -elle, -euil.

-eil, -eille, -il, -ile, -ille
Dérivent des suffixes diminutifs latins -iellus, -iella, -iellum ou -illus, -illa, -illum ou encore -iculus, -icula, -iculum.
Ne pas confondre avec les suffixes dérivés de ialum tels que -eil,-eille ni avec le suffixe collectif -ille.

-eillon, -eillonne, -illon, -illonne
Doubles suffixes diminutifs, avec les suffixes diminutifs -eil, -eille ou -il, -ille et -on, -onne.

-ence
Suffixe issu des suffixes latins -entius, -entia, -entium, qui servent à former des adjectifs, par la suite substantivés dans les noms de lieux.

-ere, -erre, -eure, -eurre, -ore, -orre
Avec un o de liaison, durum, forme latinisée de *duron, a donné -odurum qui est devenu -odorum,-odorus, puis -oderum, -oderus, -odrum, -otrum aux VIIème et VIIIème siècles. En français, ce suffixe est devenu -orre, -ore, puis -eurre, -eure, et enfin -erre, -ere.

-èse, -esse
Suffixe issu du gréco-latin -issa qui sert à former des féminins.

-et, -eta, -etaz, -etta, -ettaz, -ette
Suffixes diminutifs correspondant aux suffixes latins -ittus, -itta, -ittum devenus -ettus, -etta, -ettum. Les suffixes -eta, -etaz, -etta, -ettaz sont des formes patoises de -ette.
Ne pas confondre avec le suffixe collectif -et.

-eu
Suffixe diminutif dérivé du latin -eolum.

-eure, -ure
Suffixes dérivés du latin -ura, qui a été utilisé en français de deux façons : soit sous la forme -ure ajoutée à un participe passé ou des adjectifs, soit sous la forme -atura devenue en français -edure, -eüre, puis -eure, -ure, ajoutée au radical de verbes, surtout de la première conjugaison, ou à des radicaux de substantifs, dans quel cas il présente souvent un sens collectif.

-euve, -ève, -ive, -ivue
Suffixes apparaissant dans des hydronyme, voir eve, « eau ».

-euvre, -uevre
Utilisés comme suffixes avec un o de liaison, briga et briva ont donné -obriga, -obriva, devenus -obria, puis -obrium ou rarement -uvrium, simplifié en -obra, -obrum, d´où l´adjectif en -obrensis. En français, -obria a donné les suffixes -euvre ou -uevre.

-icus
Suffixe latin signifiant « qui est relatif à ».

-ien, -ienne
Suffixes dérivés des suffixes latins -ianus, -iana, -ianum.

-ies, -is, -isse, -ix
Suffixes dérivés des suffixes latins -icius, -icia, dont la signification est le plus souvent collective.

-if, -ive
Suffixes adjectivaux indiquant un propriété ou une relation, dérivés des suffixes latins -ivus, -iva, -ivum.Les adjectifs formés avec ses suffixes peuvent devenir des noms.

-illet, -illette
Doubles suffixes diminutifs, avec les suffixes diminutifs -il, -ille et -et, ette.

-in, -inaz, -ine, -innaz, -inne
Suffixes diminutifs dérivés des suffixes bas latins -inus, -ina, -inum. Le suffixe -innaz est une forme patoise.

-isca
Suffixe germanique servant à former des adjectifs, que l´on retrouve sous la forme -isch en allemand moderne. On trouve ce suffixe associé à un anthroponyme germanique dans quelques toponymes.

ma-, mal-, mala-, male-, -male, males-, mau-
Préfixes ou suffixes signifiant « mauvais, redoutable », ancien adjectif mal, mau, « mauvais », féminin mala, male, latin malus, « mauvais, funeste ».

-magne,
Suffixe issu du latin magnus, magna, magnum, « grand, grande ».

-ment
Suffixe d´action dérivé d´un verbe.

-oir, -oire
Au masculin, ce suffixe issu du latin -orium indique l´endroit où se fait une action ou un instrument. Au féminin, du latin -oria, il désigne le plus souvent un instrument.

-olet, -olette, -oliet, -olliet, -ollet
Doubles suffixes diminutifs, avec les suffixes diminutifs -ole, -olle et -et, ette.

-on, -one, -onne
Suffixes qui correspondent au suffixe latin -onem, qui suit un nom propre et indique la propriété, ou qui exprime une idée diminutive, en particulier en patois, voire augmentative.
Ne pas confondre avec les suffixes hydronymiques -on, -onne.

-onius, -onia
Suffixes latins qui suivent un nom propre et indiquent la propriété, et que l´on retrouve en particulier dans les noms en -ogne.

-ot, -ote, -ottaz, -otte
Suffixes diminutifs issus des suffixes latins -ottus, -otta, -ottum. Le suffixev-ottaz est une forme patoise.

ram-, riom-, rom-
Préfixes issus de l´adjectif patois riond ou français rond, avec mutation du n en m s´il est suivi d´un b ou d´un p.

tra-, trai-, tré-, trey-, tri-
Préfixes signifiant « au-delà de, outre, derrière », du patois trai, ancien français tres, latin trans, « au-delà », ou signifiant « le lieu, l´endroit, le pâturage », du latin tractus, « quartier, coin de terre, endroit ».

-ville
Suffixe dérivé du latin villa.

-velier, -vilier, -villers, -villier, -villiers, -wil, -wiler, -willer, -wilre
Suffixes dérivés de villare, en français -velier, -vilier, -villiers, et en allemand -wil, -wiler, -willer, -wilre, employés surtout dans le Jura suivant la construction germanique d´inversion avec le patronyme en premier. Dans cette région, ils désignent des lieux occupés par une deuxième vague d´occupation franque, postérieure à celle marquée par les préfixe et suffixe Court-, -court et occupent des lieux reculés, délaissés par les premiers arrivants.




Cartes anciennes :


Carte de Ptolémée
Le géographe et astronome Claude Ptolémée vécut d´environ 85 à 165, principalemant à Alexandrie (Egypte). Parmi de nombreuse oeuvres, il a laissé une Geographia, traduite en latin en 1409 sous le nom de Cosmographia, et éditée en 1478. Elle contient 26 cartes détaillés de l´Europe et une carte du monde, gravées sur cuivre.

Itinéraire d´Antonin
Liste des routes de l´Empire romain, contenant des milliers de stations, avec l´indication des distances entre elles. Ce manuel date du IIIème ou IVème siècle, et fut publié par Henri Estienne en 1512.

Table de Peutinger
Carte routière de l´Empire romain, découverte à Worms au début du XVIème siècle, et confiée à Konrad Peutinger, qui la publia. C´est une reproduction réalisée au XIIème siècle d´une copie datant d´environ 350, dont l´original est certainement encore plus ancien. Elle mesure plus de 6 mètres de long et 30 cm de large. Elle représente de façon schématique les principales routes de l´Empire romain.

Carte de Cassini
Carte de la France réalisée et gravée entre 1750 et 1815, les dernière corrections datant de 1812. Elle est basée sur une triangulation effectuée de 1683 à 1744 par Jean-Dominique Cassini et son fils Jacques Cassini (1677-1756), de l´Académie Royale des Sciences, anobli par le Roi au titre de « Seigneur de Thury ». Les levés sur le terrain, entrepris en 1750 par César-François Cassini de Thury, fils de Jacques, furent achevés en 1789 par son fils Jacques-Dominique. La carte de Cassini est à l´échelle 1 :86400 (1 ligne pour 100 toises) et comprend 154 feuilles de format 104 cm x 73 cm et 26 feuilles partielles de format divers.

Carte Dufour
Carte de la Suisse au 1 :100000 établie sous la direction de Guillaume-Henri Dufour (1787 - 1875), publiée entre 1845 et 1865, mise à jour jusqu´en 1939.

Carte Siegfried
Carte de la Suisse établie sous la direction de Hermann Siegfried au 1 :50000 dans les régions alpines et au 1 :25000 ailleurs, publiée à la fin du XIXème siècle.



Cartes récentes :


Carte Nationale Suisse
Carte nationale de la Suisse, publiée par l´Office fédéral de topographie, voir la version en ligne de swissinfoGEO.

Carte IGN
Carte de la France établie par l´Institut Géographique National au 1 :25000.

Carte IGC
Carte de l´Italie établie par l´Istituto Geografico Centrale au 1 :25000.
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Egger Ph.