D

Dâ, Deur, Dhuy, Dia, Diat,
Diey, Dix, Dixence, Doey, Doie,
Dou, Douai, Douay, Doue, Doues,
Doux, Doye, Doys, Duche, Dui,
Duis, Duit, Duy
Ces termes désignent des sources à fleur de terre, des canaux ou des cours d´eau, du bas latin doga, latin ductus, « conduite d´eau, canal, eau canalisée », grec dokhê, « source pérenne ».
Patois deur, doue, « source de rivière ou de ruisseau, canalisation », douillon, douix, « source » :
La Deur, lieu-dit (Coffrane, district du Val-de-Ruz, Neuchâtel) ;
La Deur, ancien lieu-dit de 1771, où se trouve une source importante (Bôle, district de Boudry, Neuchâtel) ;
La Dou ou La Doux, petit cours d´eau affluent de la Suze (Cormoret, district de Courtelary, Jura bernois) ;
Doues, commune et village (Vallée d´Aoste) ;
La Doux, source (Fontenais, District de Porrentruy, Jura).

Mots régionaux du Jura et de l´Ain dhuys, doue, doye, duys, « source, généralement résurgence » [Pégorier], patois comtois doye, « petit ruisseau », jurassien doie, « source », ancien français doie, douhe, doye, « courant d´eau » :
La Doie, hameau (Nangy, Genevois, Haute-Savoie) ;
Bois de la Doie, forêt (Thonon-les-Bains, Bas-Chablais, Haute-Savoie) ;
La Doue, cours d´eau (Lompnieu, Valromey, Bugey, Ain) ;
Fontaine de la Doue, source (Vieu, Valromey, Ain) ;
La Doye, dérivation du Grenier, probablement un ancien canal de remplissage des douves du château (Coppet, district de Nyon, Vaud) ;
La Doys, cours d´eau affluent de la Semine (Ain).

Patois douai, « source abondante et pérenne », patois dai, « canal, conduit d´eau », ancien français doeit, doet, dois, doit, douet, doys, duix, « conduit, canal, courant d´eau », verbe ancien français dhuire, duire, duyre, « conduire, mener », dont le participe passé est doit, duit :
La Dia, Doiz de la Lancy en 1312, Diaz en 1906, affluent du lac de Neuchâtel aussi appelé La Lance (Concise, district de Grandson, Vaud) ;
Le Diat, hameau (Cohennoz, Val d´Arly, Savoie) ;
La Diey, hameau (Granges, district de la Veveyse, Fribourg) ;
Source de la Diey, marais (Romainmôtier-Envy, district d´Orbe, Vaud) ;
Val des Dix, en Dies en 1239, Dyes en 1456, partie supérieure du val d´Hérémence (Valais), qui a donné son nom à
La Dixence, avec le suffixe -ence, cours d´eau affluent de la Borgne (Val d´Hérémence, Valais) ;
La Doey, hameau (Vérossaz, district de Saint-Maurice, Valais) ;
Vers la Doey, hameau (Corbeyrier, district d´Aigle, Vaud) ;
La Douai, hameau (Bellevaux, Chablais, Haute-Savoie) ;
La Douai, ruisseau affluent de l´Albarine (Bugey, Ain) ;
La Douay, hameau (Orsières, district d´Entremont, Valais).

Mot régional duche, « source » [Pégorier] :
La Duche, alpage, Ruisseau de la Duche, affluent du Borne, et Bois de la Duche, forêt (Le Grand-Bornand, Bornes-Aravis, Haute-Savoie).

Mot régional dhuie, « source, canal » [Pégorier] :
Nant de la Dhuy, cours d´eau, et la Dhuy, A la Duy en 1730, La Dhuit et La Dhuis en 1935, forêt déclive (Mercury, Combe de Savoie, Savoie).

Mot régional duit, « ruisseau à sa source ; amenée d´eau au moulin » [Pégorier] :
La Dui, alpage ruiné avec plusieurs sources alimentant la Nétage (Savièse, district de Sion, Valais) ;
La Duis, cours d´eau (Vanoise, Savoie) ;
La Duit, granges, et Etangs de la Duit (Esserts-Blay, Basse-Tarentaise, Savoie) ;
La Duy, lieu-dit (Bozel, Tarentaise, Savoie).

Autre dérivation patoise :
Le Dâ, affluent de la Broye (District de la Veveyse, Fribourg) ;
Le Dâ, Le Dah en 1906, affluent de la Sarine sous le nom de Le Fossard, et Chapelle du Dâ (Estavannens, Bas-Intyamon, district de la Gruyère, Fribourg).

Voir aussi Adoux.


Dacier, Dashlie
Noms issus du patois local dachlyé, « glacier » [Guex].
Le Dacier, lieu-dit, nom monté à la Tête du Dacier, sommet, 2032m (Val Ferret, Orsières, district d´Entremont, Valais) ;
Sur le Dashlie, lieu-dit (Plamproz, Bagnes, district d´Entremont, Valais).

Dâda, Dades, Daudaz, Daude, Daudes
Probablement d´un anthroponyme germanique comme *dalda, daldo [Jaccard]. Pour Bossard, ces noms pourraient désigner des terres dont le revenu servait à l´entretien du curé, voir Deude.
Les Dades, lieu-dit en forêt (Saint-Cergues, la Côte en Chablais, Haute-Savoie) ;
Daudaz, La Dâda sur la Carte Nationale, et Fin de la Dâda, maisons isolées (Grandvillard, district de la Gruyère, Fribourg) ;
La Daude, hameau (La Brillaz, district de la Sarine, Fribourg) ;
Les Daudes, forêt (Saint-Offenge-Dessous, Bauges, Savoie).

Dagneux
Commune et village de la Dombes (Montluel, arrondissement de Bourg-en-Bresse, Ain), Dagniacum en 885, Dagniacus en 892, Danniacus et Ecclesia de Dagniaco en 1103, Daignius en 1199, Dagnieu en 1236, Danneu vers 1250, Dagneu en 1250, d´un nom de domaine d´origine gallo-romaine Danniacus, dérivé avec le suffixe -acus de l´anthroponyme gaulois Dannius.

Daillard, Daillay, Daille, Daillec, Dailles,
Daillet, Daillettes, Daillex, Dailley, Dailleys,
Daillon, Dailly, Dala, Daley, Dallaz,
Dally, Day
Daille, patois daye, est un des noms communs du pin sylvestre (Pinus sylvestris). Mot dérivé du gaulois *dagla, qui signifie « pin » et « torche [de bois de pin] », d´une racine indo-européenne *dhegh-, « brûler » [Delamarre].
La Daille, lieu-dit en forêt (Saxon, district de Martigny, Valais) ;
Les Dailles, lieu-dit (Montricher, district de Cossonay, Vaud).
Dérivés avec les suffixes collectifs -ay, -et, -ex, -ey, -y :
Daillay, lieu-dit (Sembrancher, district d´Entremont, Valais) ;
Daillet, hameau (Grône, district de Sierre, Valais) ;
Les Daillettes, quartier d´habitation (Villars-sur-Glâne, district de la Sarine, Fribourg) ;
Le Daillex, alpage (L´Etivaz, Château-d´Oex, Pays-d´Enhaut, Vaud) ;
Dailley, forêt déclive (Leysin, district d´Aigle, Vaud) ;
Dailley, hameau (Morgex, vallée d´Aoste) ;
Les Dailleys, lieu-dit en forêt (Vex, district d´Hérens, Valais) ;
Dailly, hameau (Lavey-Morcles, district d´Aigle, Vaud) ;
Le Daley, hameau (Puidoux, district de Lavaux, Vaud) ;
Le Dally et Sur le Dally, hameaux (Vuadens, district de la Gruyère, Fribourg).

Avec le suffixe collectif patois valaisan -ec :
Daillec, lieu-dit (Evolène, district d´Hérens, Valais).

Avec le suffixe augmentatif -ard :
Le Daillard, ferme (Ballaigues, district d´Orbe, Vaud).

Du gaulois *daglono-, « bois de pin » :
Daillon, Dallon en 1267, hameau (Conthey, Valais) ;
Daillon, hameau (Allein, vallée d´Aoste).

Peut-être de même origine :
Dala, cours d´eau affluent du Rhône (District de Loèche, Valais) ;
Dallaz, lieu-dit (Bussigny-près-Lausanne, district de Morges, Vaud) ;
Le Day, hameau (Vallorbe, district d´Orbe, Vaud).

Voir aussi Pradayens.


Daillens
Commune et village vaudois du district de Cossonay, Daliens vers 600, Dallens en 1109, Dalens en 1182, Dalleins en 1238, Dallyens en 1344, Dalliens en 1358, ancien nom allemand Dachslingen, nom d´origine burgonde qui dériverait d´un primitif *Dallingos, « chez les Dallingi », dérivé du nom propre Dallo, d´un radical anglo-saxon *deall « clair » [Perrenot] ;
En Daillens, hameau (Bottens, district d´Echallens, Vaud).

Daims
Les Daims, maison isolée de la commune de Tramelan (District de Courtelary, Jura bernois), de daim, mammifère ruminant ongulé, de la famille des Cervidés. Du latin populaire *damus, en latin classique dama, damma.

Daloy
Hameau de la commune de Saint-André-sur-Vieux-Jonc (Bresse, Ain), Alloy sur la Carte de Cassini, Daloy 1841, Alloy en 1911, avec un patronyme Alloy, ou plus probablement Daloy.

Dame, Dames
1. Biens ayant appartenu à une personne de la noblesse, vieux français masculin et féminin dame, « seigneur, dame », latin médiéval masculin dompnus, domnus, féminin dompna, domna, du latin dominus, domina. Dame ou Dame Blanche pouvait aussi désigner une fée.
Le Crêt à la Dame, colline boisée (Allonzier-la-Caille, Genevois, Haute-Savoie) ;
Bois de la Dame, forêt (Lugrin, Chablais, Haute-Savoie).
2. Désigne aussi des biens ayant appartenu à des religieuses de haut rang, ou un lieu où se trouvait un établissement abritant de telles religieuses. Au singulier, la Dame était la mère abbesse.
Champ la Dame, ancienne possession des religieuses de Soleure [Roche], maison isolée (Moutier, Jura bernois) ;
Baume-les-Dames, Baume-les-Nonnes au IXème siècle, abbaye de bénédictines issues de la noblesse fondée au Moyen Age (Département du Doubs) ;
Bois des Dames, forêt (Brenthonne, la Côte en Chablais, Haute-Savoie) ;
La Croix des Dames, croix en forêt (Saint-Gingolph, district de Monthey, Valais).

3. Bois de la Dame, forêt déclive ayant appartenu à une église consacrée à Notre-Dame (Baulmes, district d´Orbe, Vaud).

Voir aussi Prédame.


Dame Othenette
Forêt de Dame Othenette, forêt de la commune de Corcelles-Cormondrèche (District de Boudry, Neuchâtel), du nom de Othenette de Cormondrèche, épouse de Vauthier de Colombier (XIVème siècle).

Dames Anglaises
Les Dames Anglaises, à l´origine Les Demoiselles Anglaises, groupe de cinq pointes aiguës du Val Veny (Vallée d´Aoste), nommées ainsi vers 1860 par le Capitaine Mieulet, topographe, en raison de leur aspect rébarbatif [Boyer].

Damians
Les Damians, lieu-dit de la commune de Confignon (Genève), d´un patronyme Damian variante du prénom Damien, issu du théonyme grec Damia, déesse de la fertilité.

Damon, Damont, Damoz
Dérivés de d´amont, « en amont, en haut » par agglutination, voir Amont.
Patois valdôtain damon, damont :
Arp Damon, alpage (Oyace, vallée d´Aoste) ;
Belle Combe Damon, maison isolée (Val Ferret, vallée d´Aoste) ;
Berrio Damont (Ollomont, vallée d´Aoste).

Patois savoyard damo :
Damoz des Prés, alpage, nom monté à la Montagne de Damoz les Prés, pâturage, et Damoz des Moulins, alpage, nom monté au Col de Damoz les Moulins, 1837m (Saint-Jean-d´Aulps, vallée de la Dranse, Haute-Savoie).


Damonvy
Damonvy ou Damon Vy, lieu-dit du vignoble de la commune de Miège (District de Sierre, Valais), « voie d´amont », voir Damon et Vy.

Damphreux
Commune et village jurassiens du district de Porrentruy, à l´origine domini Ferreolis [ecclesia], Domno Friolo en 1140, Damfriol en 1161, Dunfriol en 1178, puis Danfriol, et Damphriol en 1256, etc., dont le nom signifie Dom Ferréol, « Saint Férréol » ;
La Croix de Damphreux, lieu-dit près de Damphreux (Bonfol, district de Porrentruy, Jura) ;
Les Vies de Damphreux, hameau (Courtemaîche, district de Porrentruy, Jura).

Damprichard
Commune et village du canton de Maîche (Département du Doubs), de « Dominus Ricardus », voir Dom et Richard, avec un p épenthétique apparu au XIXème siècle.

Damvant
Commune et village jurassiens du district de Porrentruy, Dampvant en 1283, Dampna Walle et Danval en 1346, Dampvant en 1283, Dampvalx en 1476. Composé du préfixe Dam et d´un nom germanique féminin comme Wala ou Wallia [Jaccard].

Danna, Danne
Grotte, caverne. Voir Tanne.
Danna du Leup, lieu-dit (Sillingy, Annecy, Haute-Savoie) ;
La Danne aux Loups, lieu-dit en forêt (Quintal, Annecy, Haute-Savoie) ;
Grand Danne au Trésor (Serrières-en-Chautagne, Chautagne, Savoie) ;
Crêt de la Grande Danne, sommet du Semnoz, 1530m (Quintal, Annecy, Haute-Savoie).

Dannemarie-Lès-Glay
Commune et village du canton de Hérimoncourt (Doubs), nom composé de l´ancien français danne, donne, etc. « jeune dame » avec le prénom Marie.

Dappey
Dappey du Ritord, lieu-dit de la commune de Bourg-Saint-Pierre (District d´Entremont, Valais), de Liapey par mutation patoise du son [l] mouillé en [d].

Dar, Dard, Dardes, Dardet
Hydronyme. Francique *darodh, « source jaillissante, cascade », et aussi « arme de jet », qui a donné le français dard.
Le Dar, cours d´eau affluent de la Grande Eau et lieu-dit (Les Diablerets, Ormont-Dessus, district d´Aigle, Vaud) ;
Le Dard, cascade (Ferreyres, district de Cossonay, Vaud) ;
Le Dard, lieu-dit déclive (Bonneville, Faucigny, Haute-Savoie) ;
Cascade du Dard (Sixt-Fer-à-Cheval, Faucigny, Haute-Savoie) ;
La Pierre du Dard, gros rocher (Sixt-Fer-à-Cheval, Faucigny, Haute-Savoie) ;
Nant du Dard, cours d´eau affluent de l´Arrondine, et Cascade du Dard, sur ce cours d´eau (La Giettaz, Val d´Arly, Savoie) ;
Les Dardes, lieu-dit (Vallon d´Emaney, Salvan, district de Saint-Maurice, Valais).
Avec le suffixe diminutif -et :
Le Dardet, lieu-dit (Sixt-Fer-à-Cheval, Faucigny, Haute-Savoie).

Voir aussi Grosdar, Oudar.


Darbé, Darbéla, Darbelay, Darbelet, Darbeley,
Darbeline, Darbella, Darbellaire, Darbellay, Darbellec,
Darbelley, Darbellots, Darbelots, Darbey, Darbillets,
Derbali, Derbaly, Derbalys, Derbandgiers, Derbé,
Derby
Jeune sapin, plantation de jeunes sapins, voir le mot régional darbel, « jeune sapin ». Selon Pégorier, darbé, darbellay, darbi, « épicéa ».
Patois romand darbé, derbé, « jeune sapin » :
Le Darbé, alpage (La Fouly, Val Ferret, Orsières, district d´Entremont, Valais) ;
Derbé Saudan, lieu-dit (Ormont-Dessus, district d´Aigle, Vaud).

Patois savoyard darbèlè, « forêt de sapins petits ou rabougris », avec le suffixe collectif patois -a :
Darbéla, maison isolée (Les Mosses, Ormont-Dessous, district d´Aigle, Vaud) ;
La Darbella, forêt déclive (Bonneval, Tarentaise, Savoie) ;
La Darbella, maison isolée en clairière (Prémanon, Morez, arrondissement de Saint-Claude, Jura) ;
Derbali, forêt (Sâles, district de la Gruyère, Fribourg).

Avec les suffixes collectifs -ay, -et, -ex, -ey, -y :
Le Darbelay lieu-dit (Val-d´Illiez, district de Monthey, Valais) ;
Darbelet, maison isolée (Megève, Haut-Faucigny, Haute-Savoie) ;
Le Darbeley, alpage (La Léchère, Tarentaise, Savoie) ;
Le Darbellay, maisons isolées en clairière, et Torrent du Darbellay, affluent de la Dranse de Ferret (Val Ferret, Orsières, district d´Entremont, Valais) ;
Darbelley, maison isolée en clairière, mais c´est aussi un patronyme (La Salle, vallée d´Aoste) ;
Forêt de Derbaly (Sorens, district de la Gruyère, Fribourg) ;
Les Derbalys, lieu-dit (Bossonnens, district de la Veveyse, Fribourg) ;
Le Darbey, forêt déclive (Verbier, Bagnes, district d´Entremont, Valais) ;
Les Darbillets, hameau (Cordon, Haut-Faucigny, Haute-Savoie) ;
Derby, village (La Salle, vallée d´Aoste).

Avec le suffixe collectif patois valaisan -ec :
Forêt du Darbellec, petite forêt déclive (Chandolin, Val d´Anniviers, Valais).

Avec le suffixe collectif -aire :
La Darbellaire, lieu-dit (Bruson, Bagnes, district d´Entremont, Valais).

Avec le suffixe diminutif -ine :
Darbeline, forêt (Ovronnaz, Leytron, district de Martigny, Valais).

Avec le suffixe diminutif -ot :
Les Darbellots, forêt déclive (Planay, Vanoise, Savoie) ;
Les Darbelots, lieu-dit (Cohennoz, Val d´Arly, Savoie).

Peut-être de même origine :
Les Derbandgiers, pâturage (Hérémence, district d´Hérens, Valais).

Voir aussi Dorben.


Darbon, Darbonneire, Darbonnet, Darbonnets, Darbonnières,
Darbounouse, Derbon, Derbonna, Derbonne, Drabons
Peut-être un lieu envahi de taupes, patois darbon, « taupe », mais plus probablement une plantation de jeunes sapins, voir Darbé.
Darbon, hameau (Champanges, Chablais, Haute-Savoie) ;
Darbon, alpage, Lac de Darbon, nom monté aux Aiguilles de Darbon, 2030m (Vacheresse, Val d´Abondance, Haute-Savoie) ;
Derbon, pâturage, et Pas de Derbon, passage, 2340m (Derborence, Conthey, Valais).
Avec métathèse :
Les Drabons, alpage (Villard-sur-Doron, Beaufortain, Savoie).

Par féminisation :
La Derbonne, affluent de la Lizerne (Conthey, Valais).

Avec les suffixes collectifs -eire, -ière :
Darbonneire et Torrent de Darbonneire, affluent du Lac des Dix, Glacier de Darbonneire, nom monté à la Pointe de Darbonneire, 3432m, au Col Nord de Darbonneire, 3364m, et au Col Sud de Darbonneire, 3336m (Hérémence et Evolène, district d´Hérens, Valais) ;
Darbonnières, anciennement en d´Arbonnière par mécoupure, hameau (Saint-Just-Chaleyssin, Pays viennois, Isère).

Avec le suffixe collectif -et :
Le Darbonnet, lieu-dit (Thénésol, Combe de Savoie, Savoie) ;
Les Darbonnets, Les Darbonnes en 1911, hameau (Chavannes-sur-Reyssouze, Bresse, Ain).

Avec le suffixe -ouse :
Darbounouse, Darbonnosa au XVème siècle, Arbounouze par mécoupure en 1921, grande clairière (Corrençon-en-Vercors et Saint-Andéol, Vercors, Isère, et La Chapelle-en-Vercors, Drôme).

Avec le suffixe collectif patois -a :
Derbonna, lieu-dit (Corcelles-près-Payerne, district de Payerne, Vaud).


Dardagny
Commune et village du canton de Genève, sur un site gallo-romain, Villa Dardaniaco en 1093, Dardanie en 1298, Dardagnier en 1305, nom de domaine d´origine gallo-romaine Dardaniacum, dérivé avec le suffixe -acum du gentilice Dardanius, « Troyen ».

Dardens
Hameau de la commune de Bulle, district de la Gruyère (Fribourg), attesté en 1293, anciennement Dardin, nom d´origine burgonde qui dériverait d´un primitif *Daridingos, « chez les Daridingi », dérivé du nom propre Darida, « celui qui blesse », du burgonde *dards, « épée » [Perrenot]. Pour Stadelmann le nom propre germanique pourrait être Tarod.

Dare, Darenches, Dares
Ces noms pourraient venir d´un celtique *dar, diri, « chêne ».
La Dare, peu probable, alpage (Conthey, Valais) ;
Les Dares, vignes (Epesses, district de Lavaux, Vaud).
Dérivé avec le suffixe collectif -elle :
Les Darelles, lieu-dit en forêt (Marignier, Faucigny, Haute-Savoie).

Avec le suffixe -enche :
Les Darenches, vignes (Mont-sur-Rolle, district de Rolle, Vaud).


Darne
Maison de Darne, maison isolée de la commune de Saint-Martin-de-Clelles (Trièves, Isère), Ruisseau de Darne dans la commune voisine de Chichilianne, anciennement Rif d´Ane.

Darnona
Darnona d´en Haut (Randogne, district de Sierre, Valais), Darnona d´en Bas (Randogne et Venthône, district de Sierre, Valais), hameaux Darnona en 1267, Darnona et Darnonnaz en 1906, nom d´origine inconnue.

Darray, Darrays, Darrey, Deré, Déri,
Dernier, Derniers, Derra, Derrey, Derrez,
Derri, Derrie, Derrière, Derrières, Derrire,
Derry
Prépositions et adverbes ayant le sens de « derrière, en arrière de, à l´arrière de ».
Français derrière, ancien français derere, deriere, du bas latin deretro, avec retro, « par derrière, derrière, en arrière » :
Champs là Derrière, lieu-dit (Rebeuvelier, district de Delémont, Jura) ;
Champs Derrière, maisons isolées (Ocourt, district de Porrentruy, Jura) ;
Forêt Derrière, lieu-dit (Champéry, district de Monthey, Valais) ;
Mont Derrière, hameau (Bellecombe-en-Bauges, Bauges, Savoie) ;
Mont Derrière, alpage, et Bois de Mont Derrière, forêt (Serraval, Bornes, Haute-Savoie) ;
Prés là Derrière, maison isolée (Eschert, district de Moutier, Jura bernois) ;
Les Derrières de Sémy, pâturage (Vacheresse, Val d´Abondance, Haute-Savoie) ;
Sur la Derrire, forêt déclive (Champagny-en-Vanoise, Vanoise, Savoie).

Français dernier, contraction de derrenier, dérivé de daerrain, derrain, du latin vulgaire *deretranus, aussi issu de deretro :
Là Dernier, « là derrière », hameau, et Pâturage de là Dernier (La Côte-aux-Fées, district du Val-de-Travers, Neuchâtel) ;
Là Dernier, Ladernier en 1906, hameau (Vallorbe, district d´Orbe, Vaud) ; Combes Dernier et Martel Dernier, pâturages avec maisons isolées, et
Place de Dernier, maison isolée (Cormoret, district de Courtelary, Jura bernois) ;
Plans Dernier, colline boisée de la commune de la Chaux-du-Milieu, Sous Martel Dernier, pâturage de la commune des Ponts-de-Martel, probablement avec un patronyme Dernier qui expliquerait le singulier (District du Locle, Neuchâtel) ;
Dernier Mur, maisons isolées (Mex, district de Cossonay, Vaud) ;
Champs Derniers, lieu-dit (Amancy, Faucigny, Haute-Savoie) ;
Moulin les Derniers, maisons isolées (Seynod, Annecy, Haute-Savoie) ;
Quartiers Derniers, habitat dispersé (Rougemont, Pays-d´Enhaut, Vaud).

Patois darri, derrai, « derrière, dernier », vieux français darier, derrier, « derrière, arrière », ancien français derrien, derrier, « dernier » :
Le Ban Darray, pâturage, et Col du Ban Darray, 2695m, à la frontière italienne (Val Ferret, Orsières, district d´Entremont, Valais) ;
Grand Darray, sommet, 3514m, Petit Darray, sommet, 3508m, et Glacier du Darray (Val Ferret, Orsières, district d´Entremont, Valais) ;
Les Plans Darrays, pâturage (Bourg-Saint-Pierre, Val d´Entremont, Valais) ;
Les Darreys, lieu-dit en forêt (Vernayaz, district de Saint-Maurice, Valais) ;
L´En Darrey, pâturage, et Glacier de l´En Darrey (Val des Dix, Hérémence, district d´Hérens, Valais) ;
Deré la Vieille, alpage (Bionaz, vallée d´Aoste) ;
Cu-Déri, lieu-dit (Bornes, Haute-Savoie) ;
Forêt-Derra, lieu-dit (Troistorrents, district de Monthey, Valais) ;
Le Commun Derrey, maison isolée (Cerniat, district de la Gruyère, Fribourg) ;
Frejima Derrey, alpage (Charmey, district de la Gruyère, Fribourg) ;
Derrez Crousaz, quartier (Chexbres, district de Lavaux, Vaud) ;
Zours Derri (Chandolin, Val d´Anniviers, Valais) ;
Derrie le S´lesie, avec un deuxième terme indéterminé, maison isolée (Montfaucon, district des Franches-Montagnes, Jura) ;
Derrie le Tchété, « derrière le château », nom allemand Hinterschloss, même sens, patois jurassien tchété, château, allusion au château aujourd´hui ruiné de Löwenburg (Pleigne, district de Delémont, Jura) ;
Derry les Bous ou Derrière les Bous, maison isolée (Farvagny, district de la Sarine, Fribourg) ;
Praz Derry, lieu-dit (Onnion, Faucigny, Haute-Savoie).

Voir aussi Crédery, Dhéré, Derreydzu, Léderrey, Tsaudery.


Daucher
Commune et village bernois du district de Nidau, nom allemand Tüscherz, Tusschiers vers 1230, Tuschers en 1267, Tuschiers en 1288, nom alémanisée au XIIIème siècle.

Daudens
Hameau de la commune d´Evires (Bornes, Haute-Savoie), anciennement Dodens, Dodinga, nom d´origine burgonde qui dériverait d´un primitif *Dôdingos, « chez les Dôdingi », dérivé du nom propre Dôda, du burgonde *deþs, germanique *dêdi, « action » [Perrenot].

Dauphiné
Le Dauphiné, région qui recouvre les départements de l´Isère, de la Drôme et des Hautes-Alpes, est une ancienne province française limitée par le Rhône au Nord et à l´Ouest, la Savoie et le Piémont à l´Est et la Provence et le Comtat Venaissin au Sud. Elle est divisée en Bas-Dauphiné, région de la plaine et des Préalpes, et Haut-Dauphiné, région des Alpes. Le comte d´Albon Guigue IV fut le premier à porter le surnom de Dauphin, Guigo Dalphinus en 1110, devenu nom patronymique des comtes d´Albon et repris par le fils du roi de France après l´annexion du Dauphiné en 1349. C´est en 1285, du temps du comte Humpert Ier, qu´apparait le nom Delphinatus Vienne et Albonis, devenu en ancien français Dolphiné au XIIIème siècle et la Dolfiné de Vienne en 1345, et en ancien occitan lo Dolfinat.

Dause
La Dause, hameau de la commune des Tavernes, district d´Oron (Vaud), Douza avant 1154, Dosa ou Doza en 1154, Dousa en 1181, Dauza en 1867, Dausaz en 1906, nom d´origine inconnue.

Daval, Davales
Patois dava, davalé, dérivé de d´aval, « en aval, en bas » par agglutination, voir Aval.
Daval, lieu-dit (Sierre, Valais) ;
Les Prés Davales, lieu-dit (Larringes, Chablais, Haute-Savoie).

Daviaz
Hameau de la commune de Massongex (District de Saint-Maurice, Valais), Davias en 1316, de villas Davias, avec le gentilice Davius, du cognomen d´esclave affranchi Davus [Jaccard].

Daxelhofer
La Daxelhofer, maisons isolées de la commune de Cortébert et de Villeret (District de Courtelary, Jura bernois), du patronyme d´une famille bourgeoise de Berne originaire de Zurich, dont l´un des membres, Niklaus (1770-1852), fut préfet de Courtelary de 1822 à 1831.

Dazenet
Le Dazenet, alpage de la commune des Planchettes (District de La Chaux-de-Fonds, Neuchâtel), serait un Dasaley en 1154, voir Désaley.

Dazin
Hameau de la commune de Chavornay (Valromey, Ain), Dasinz en 1422, Dassin en 1650, nom d´origine burgonde qui dériverait d´un primitif *Dasingos, « chez les Dasingi », dérivé du nom propre Dasa, Dasi [Perrenot].

Débandit
Le Débandit, forêt déclive de la commune de Montreux (District de Vevey, Vaud), probablement de l´ancien français debanir, « révoquer la proclamation d´un ban », donc une forêt qui n´est plus à ban.

Decé
Mot patois decé, « deça, de ça, plus près », opposé à delé, « delà, de là », voir Delé.
Pâquier Decé, lieu-dit (Saint-Aubin, district de la Broye, Fribourg).

Déchappieu
Le Déchappieu ou Le Déchappieux, maisons isolées de la commune de Saint-Gervais-les-Bains (Val Montjoie, Haute-Savoie), contient le terme Chapieu, mais le préfixe dé- en rend le sens obscure.

Déchargeux
Le Déchargeux, lieu-dit dont la position en lisière de forêt en fait un synonyme de Chargeux, cf. l´ancien français decharge, « charge » (Sixt-Fer-à-Cheval, vallée du Giffre, Haute-Savoie).

Déclives
En pente, situé sur une pente. Latin declive, « pente, déclivité », de clivus, « pente, montée, inclinaison ».
Forêt de Déclives, forêt déclive (Icogne, district de Sierre, Valais).

Décoppet
Grange Décoppet, hameau de la commune de Suscévaz (District d´Yverdon, Vaud), d´un patronyme Decoppet, Décoppet d´origine suisse.

Dedans
Situé entre « en bas » et « en haut ».
Crêt Dedans, ruine (Bourg-Saint-Pierre, district d´Entremont, Valais).

Dedos, Do, Dô, Dos
Mots du patois jurassien qui signifient « sous, en-dessous ».
Bois Dedos, « Bois Dessous », lieu-dit (Corban, district de Delémont, Jura) ;
Côte Dedos, forêt déclive (Montfavergier, district des Franches-Montagnes, Jura) ;
Mont Dedos, maisons isolées (Undervelier, district de Delémont, Jura) ;
Do chez Jean Lachausse, maison isolée, avec un patronyme local (Lajoux, district des Franches-Montagnes, Jura) ;
Dô les Dgenâvres, lieu-dit (Courtedoux, district de Porrentruy, Jura) ;
La Dô, lieu-dit (Damphreux, district de Porrentruy, Jura) ;
Dos Val, lieu-dit (Grandfontaine, district de Porrentruy, Jura).

Défenant, Défendu, Devanchaz, Devens, Dévens,
Deviaz, Dévies, Deviets, Déviets, Devin,
Dévin, Devinchet, Devins, Deweng
Terrain, forêt appartenant au seigneur ou à la communauté et mis en défens, c´est-à-dire interdit au pâturage et à la coupe de bois ; par la suite, bois communal où la pâture était simplement réglementée. Mot local devant, patois dévin, [nemora] que sunt endevein au Moyen Age, latin defensus, « gardé, mis à l´abri, défendu, protégé », participe passé de defendere, « défendre, garantir, protéger ».
Français défendu, participe passé de défendre, « interdire quelque chose à quelqu´un, l´en empêcher par un ordre, une injonction », latin defendere, « défendre, garantir, protéger » :
Bois Défendu, lieu-dit en forêt (Beurnevésin, district de Porrentruy, Jura).

Vieux français défens, ancien français defans, defens, deffens, « défense, interdiction ; lieu défendu, fermé » :
Le Devens, nemus et castellum Devens au XIIIème siècle (Montricher, district de Cossonay, Vaud) ;
Bois du Devens (La Béroche, Neuchâtel) ;
Au Dévens, lieu-dit et vigne (Laconnex, Genève) ;
Les Dévens, hameau (Bex, district d´Aigle, Vaud).

Patois devin, dévin, même sens :
Le Devin, hameau (Semsales, district de la Veveyse, Fribourg) ;
Forêt du Devin (Vuadens, district de la Gruyère, Fribourg) ;
Grand Devin, lieu-dit en forêt (Saint-Gingolph, district de Monthey, Valais) ;
Le Dévin, forêt, et Dessous le Dévin, maison isolée (Sâles, district de la Gruyère, Fribourg) ;
Au Dévin, hameau (Gletterens, district de la Broye, Fribourg) ;
Bois Dévin, forêt déclive (Saint-Légier-La-Chiésaz, district de Vevey, Vaud) ;
Dévin des Dailles (Les Paccots, Châtel-Saint-Denis, district de la Veveyse, Fribourg) ;
Les Devins, lieu-dit en forêt (Enges, Neuchâtel).

Avec le suffixe diminutif -et :
Les Devinchets, lieu-dit (Thierrens, district de Moudon, Vaud).

Ancien français devie, « défens » ; selon Bossard, certains de ces termes peuvent désigner un « chemin rudimentaire et aborné servant, surtout dans le Jura, à conduire les troupeaux au pâturages ; terrain communal situé à l´aboutissement de ces chemins », déverbal de dévier :
Chemin de la Deviaz (Chamonix, vallée de Chamonix, Haute-Savoie) ;
Les Dévies, hameau (Villard-sur-Doron, Beaufortain, Savoie).

Avec le suffixe diminutif -et :
Les Deviets, pâturage (Aiguilles Rouges, vallée de Chamonix, Haute-Savoie) ;
Les Déviets, forêt déclive (Sainte-Croix, district de Grandson, Vaud).

Peut-être contracté avec Chaz :
La Devanchaz, hameau (Montvalezan, Tarentaise, Savoie).

Forme alémanisée au XVème siècle :
Deweng ou Däweng, hameau (Albinen, district de Loèche, Valais).

Peut-être de même origine :
Défenant, maison isolée, et Cul du Défenant, lieu-dit (Grangettes, district de la Glâne, Fribourg).

Voir aussi Devant, Grandevent.


Déféria, Defforida, Deforan, Déforans, Defour,
Défure
En dehors, éloigné, ancien français defors, deffors, defuer, deffuers, « hors de, dehors », roman forata, forda, fordana, fors, fora, foras, bas latin deforis, bas latin foreanus, latin foris, « hors, dehors », foras, « hors, dehors (avec mouvement) ».
Vieux français et patois defeur, defour :
Pré Defour, lieu-dit (Cossonay, Vaud) ;
Pro Défure, alpage à habitat dispersé (Anzère, Ayent, district d´Hérens, Valais).

Adjectif ancien français defforain, deforain, « du dehors, exterieur », nom deforaine, « lieu écarté » :
Pro Deforan, maisons isolées en clairière (Val-d´Illiez, district de Monthey, Valais) ;
Les Déforans, lieu-dit (Vollèges, district d´Entremont, Valais).

Autres dérivations :
Le Déféria, lieu-dit (Estavannens, Bas-Intyamon, district de la Gruyère, Fribourg) ;
La Defforida ou La Deforida, maison forestière (Semsales, district de la Veveyse, Fribourg).

Voir aussi Four, Chavannes-les-Forts, Laidefeur, Luidefour, Pot de Fer, Pra du Four.


Défrichements
Les Défrichements, lieu-dit de la commune de Commugny (District de Nyon, Vaud), terme récent (de défricher, XIVème siècle), formé sur le substantif friche, sans doute du moyen néerlandais versch, virsch [lant], « [terre] nouvelle, gagnée sur la mer ».

Dégenève
Le Moulin Dégenève, ancien moulin sur le ruisseau des Moises (Draillant, La Côte en Chablais, Haute-Savoie), avec un patronyme Dégenève ou Degenève.

Dégoliau
Le Dégoliau, lieu-dit en forêt de Villars-sous-Mont (Bas-Intyamon, district de la Gruyère, Fribourg), d´un verbe dégouler, « couler, dégringoler » [Michaud], voir Goli.

Dégottiau
Source ou cascade qui coule goutte à goutte, qui dégoutte. Patois dégotâ, « couler goutte à goutte, dégoutter » [Constantin], cf. l´ancien français degoutal, « gouttière ».
Le Dégottiau, lieu-dit en forêt (Château-d´Oex, district du Pays-d´Enhaut, Vaud).

Deisse
La Deisse, écrit aussi La Daisse ou La Deysse, cours d´eau affluent du Sierroz (Albens, Albanais, Savoie), nom dérivé de Axia avec agglutination de la préposition de [Gros].

Déjeuner
Repas du matin qui se prend au lever. Ancien français desjuner, du verbe sei desgeüner, « prendre le repas du matin », du latin populaire *disjunare, composé de *disjejunare, bas latin jejunare, « jeûner », avec le préfixe dis-, marquant la séparation et la cessation.
Le Déjeuner, maisons isolées (Essert-Romand, vallée de la Dranse, Haute-Savoie) ;
Le Déjeuner, lieu-dit en forêt (Lugrin, Chablais, Haute-Savoie) ; Aiguille du Déjeuner, sommet, 3346m (Alpes Pennines, Bourg-Saint-Pierre, district d´Entremont, Valais et vallée d´Aoste) ;
Plateau du Déjeuner, replat sur un glacier du Massif des Combins (Bagnes, district d´Entremont, Valais), nom récent, lieu où les alpinistes font une pause sur la voie d´ascension du Grand Combin.

Déjo, Déjot, Dézo, Dezot
Mots patois signifiant « dessous », du latin desubtus, « en dessous ».
Déjo Lo Ché, « sous le rocher », lieu-dit (Evolène, district d´Hérens, Valais) ;
Route de Déjot Vy (Miège, district de Sierre, Valais) ;
Au Dézo, lieu-dit (Lourtier, Bagnes, district d´Entremont, Valais) ;
Champ lé Dézo, « champ là-dessous », lieu-dit (Fétigny, district de la Broye, Fribourg) ;
Ferme le Dézo, ferme isolée (Chesalles-sur-Oron, district d´Oron, Vaud) ;
Ique-Dezot, « ici dessous », maisons isolées (Reverolle, district de Morges, Vaud).

Delà, Delai, Delé, Délé, Delez
Mots patois qui signifient « de l´autre côté, au delà, plus loin », opposés à decé, « deçà, de çà », voir Decé.
Delà le Bras, lieu-dit au delà d´un bras du Rhône (Noville, district d´Aigle, Vaud) ;
Delà du Chemin, lieu-dit (Saint-Cierges, district de Moudon, Vaud) ;
Champ Delà, clairière (Courtemaîche, district de Porrentruy, Jura) ;
Delai di Bief, « au-delà du bief », lieu-dit (Les Pommerats, district des Franches-Montagnes, Jura) ;
Delé le Dar (Les Diablerets, Ormont-Dessus, district d´Aigle, Vaud) ;
Essert Delé (Leysin, district d´Aigle, Vaud) ;
Fin Delé, lieu-dit (Murist, district de la Broye, Fribourg) ;
Praz-Delé, lieu-di (Marchissy, district d´Aubonne, Vaud) ;
Giète Délé, maisons d´alpage (Anzère, Ayent, district d´Hérens, Valais) ;
Delez du Flon, lieu-dit (Le Flon, district de la Veveyse, Fribourg).

Delairaz
Hameau de la commune de Saint-Pierre-en-Faucigny (Faucigny, Haute-Savoie), pourrait se décomposer en *de l´airaz, « de l´Aire ».

Delaise, Delaises, Délége, Delése, Delèses,
Delèze, Délèze, Delèzes, Delise, Deraise,
Dolaise, Dôlaise, Draises, Draize, Drize
D´un mot régional désignant une clef de haie, une porte à claire-voie, une grille, une barrière. Selon Guex ces noms seraient dérivés du gaulois *doraton, « porte », voir duron, cf. le latin ecclésiastique daresia, « grille entre la nef et le choeur ».
La Delaise, lieu-dit (Siviriez, district de la Glâne, Fribourg) ;
Les Delaises ou Les Deléses, lieu-dit (Sévaz, district de la Broye, Fribourg) ;
La Délége, lieu-dit (Lens, district de Sierre, Valais) ;
La Delése, maison isolée (Enney, Bas-Intyamon, district de la Gruyère, Fribourg) ;
Les Delèses, lieu-dit (Villars-Bramard, district de Payerne, Vaud) ;
Delèze, lieu-dit (Dizy, district de Cossonay, Vaud) ;
Clos de la Delèze, maison isolée (Noville, district d´Aigle, Vaud) ;
En Délèze, quartier (Ollon, district d´Aigle, Vaud) ;
Les Delèzes, probablement du patronyme Delèze, maison isolée (Le Pâquier, district de la Gruyère, Fribourg) ;
La Delise, maison isolée à l´entrée du vallon (Valsorey, Bourg-Saint-Pierre, district d´Entremont, Valais) ;
Deraise, hameau de la châtellenie de Thielle disparu au XVème siècle (Thielle-Wavre, Neuchâtel).
Du patois jurassien dolaije, « porte dans la barrière d´un pâturage, d´un enclos » [Prongué], de même origine :
Le Pré lai Dolaise, hameau (Lajoux, district des Franches-Montagnes, Jura) ;
Prè lai Dôlaise, lieu-dit (Montfaucon, district des Franches-Montagnes, Jura).

Du francoprovençal et patois local draise, drise, variantes par syncope de deraise, derise, « porte à claire-voie, grille, barrière » :
Les Draises, maisons isolées en clairière (Brot-Dessous, district de Boudry, Neuchâtel) ;
Draize, aussi Draise et in Derayse en 1339, en Deraise, a la Derraise et a la Doraise en 1441, a la Draise et en Draize en 1596 [Jaccard, Michaud], quartier (Bôle, district de Boudry, Neuchâtel) ;
Drize, quartier des communes de Plan-les-Ouates et Troinex (Genève), et La Drize, la Derize sur la Carte de Cassini, ruisseau affluent de l´Arve (Haute-Savoie et Genève).


Délassement
Le Délassement, maisons isolées de la commune de Moudon (Vaud) est certainement un toponyme récent.

Deleeschi
Lieu-dit de la commune d´Albinen (District de Loèche, Valais), pourrait être une forme alémanisée au XVème siècle de Delése.

Delémont
Ville, commune et district du Jura, in figo Delomonte en 736, Laimunt en 1181, Deleymunt en 1225, Delémont en 1328, nom allemand actuel Delsberg, et Telsperg en 1131, Thalesberc en 1161, Talesperc en 1184, Telisberc et Telsperg en 1234, composé d´un patronyme germanique *Tello, ou Dagili, Delli selon Besse, et du latin mons.

Délices
Endroit particulièrement plaisant, souvent un nom de domaine. Du latin deliciae, « délices, douceurs, plaisirs, jouissances, bonheur, etc. »
Les Délices, domaine (Apples, district d´Aubonne, Vaud).

Délifrête
Délifrête, pâturage de la commune de Val-d´Illiez (District de Monthey, Valais), peut-être « au delà de la crête », voir Delé, ou adjectif ancien français deli, « délicat, frêle ; affaibli », et Frête. Aussi : mot régional déli, « fissure, fente, veine » [Pégorier].

Delley
Village fribourgeois de la commune de Delley-Portalban (District de la Broye, Fribourg), ancienne commune, Deler en 1342, nom d´origine inconnue.
Delley-Portalban, nouvelle commune fribourgeoise du district de la Broye, qui regroupe les anciennes communes de Delley et Portalban.

Déluge
Français déluge, « pluie torrentielle », du latin diluvium, « inondation, débordement ».
Le Déluge, forêt, nom récent donné en 1715, après un glissement de terrain [Künzi 1997] (Viuz-en-Sallaz, Faucigny, Haute-Savoie).
Nom dû probablement à un événement du même genre :
Le Déluge, lieu-dit en forêt (Lullin, Chablais, Haute-Savoie) ;
Le Déluge, lieu-dit en forêt (Fessy, la Côte en Chablais, Haute-Savoie) ;
Ruisseau du Déluge, affluent du Borne (Le Grand-Bornand, Bornes-Aravis, Haute-Savoie).


Demaison
Hameau de la commune de Saint-Jorioz (Annecy, Haute-Savoie), anciennement Chez les Demaisons, du nom d´une famille venue du hameau des Maisons dans le vallon d´Entrevernes.

Demècre
Col du Demècre, 2361m, nom monté d´un alpage de la Montagne de Fully, district de Martigny (Valais), Loué Demècre, du patois demècre, ancien français dimescre, « mercredi », alpage où le bétail paissait ce jour là [Guex].
Voir aussi Desande, Devindre.


Demelette
La Demelette, maison isolée de la commune de Forel (District de Lavaux, Vaud), par féminisation d´un patronyme Demellet, plus probablement de Mellet attestés dans la région.

Demi-Lune
La Demi-Lune, hameau de la commune de Demi-Quartier (Haut-Faucigny, Haute-Savoie), métaphore dont la raison n´est pas évidente.

Demi-Quartier
Commune du Haut-Faucigny (Sallanches, arrondissement de Bonneville, Haute-Savoie) dont la mairie est à Megève, séparée de Megève vers 1700, sous le nom de Demi-Quartier de Megève, voir Quartier.

Démoret
Commune et village vaudois du district d´Yverdon, Donmores en 1154, Demores en 1217, Dummores en 1228, Demoret en 1453, dont le nom signifie Dom Moret, « Saint Maurice ».

Demptezieu, Demptézieu
D´un nom de domaine d´origine gallo-romaine Antisiacum, dérivé avec le suffixe -acum du gentilice Antisius, avec agglutination de la préposition « de ».
Demptézieu, de Antisiacum au XIIIème siècle, Amptheisiacum au XVème siècle, hameau (Saint-Savin, La Tour-du-Pin, Isère) ;
Demptezieu, maisons isolées (Saint-Didier-de-la-Tour, La Tour-du-Pin, Isère).

Dena, Denâ, Denas, Diners
Ces noms désignent l´endroit où l´on donne aux vaches leur repas du matin [Fellay].
Français dîner, ancien français disner, « prendre le premier repas de la journée », forme faible de desjeuner, latin vulgaire *disjunare, bas latin *disjejunare,« rompre le jeûne », du latin jejunus, « à jeun » :
Les Grands Diners, alpage déclive (Méribel, Les Allues, Tarentaise, Savoie).

Patois valaisan et savoyard denâ, dinâ, « dîner » :
Dena Dou, lieu-dit (Val d´Hérémence, Valais) ;
Les Denas Catchias, « cachés ? », alpage (Cleuson, Val de Nendaz, district de Conthey, Valais) ;
Denâ da Byua, pâturage (Fionnay, Bagnes, district d´Entremont, Valais) ;
Crouye Denâ, « mauvais repas du matin », alpage (Val de Nendaz, district de Conthey, Valais).


Denantou
Le Denantou, lieu-dit de la ville de Lausanne (Vaud), de Nantou, ancien nom de la rivière Vuachère.

Denens
Denens, commune et village vaudois du district de Morges, villa Disnens en 1005, Denens en 1164, Dignens en 1220, Digneins en 1228, Dynens en 1453, nom d´origine burgonde qui dériverait d´un primitif *Dîsiningos, « chez les Dîsiningi », dérivé du nom propre Diso, Disin, du radical gothique deisei, germanique *dîs-, « clairvoyant, habile » [Perrenot] ;
Pré de Denens, alpage (Le Chenit, Vallée de Joux, Vaud).

Dénériaz
Patronyme Dénériaz attesté dans la région. Ces noms de lieux sont écrits Deneyriaz en 1906, et sont de même origine que Neyres.
La Dénériaz Dessous, maison isolée (Sainte-Croix, district de Grandson, Vaud) ;
La Dénériaz Dessus, maison isolée (Bullet, district de Grandson, Vaud) ;
La Dénériaz, cours d´eau affluent des Buttes (Sainte-Croix, district de Grandson, Vaud).

Denève
La Denève, maison isolée de la commune de Saint-Légier-La-Chiésaz (District de Vevey, Vaud), semble être un patronyme.

Denezy
Nom de domaine d´origine gallo-romaine *Donatiacum, dérivé avec le suffixe -acum du gentilice Donatius, du cognomen d´esclave affranchi Donatus, « donné, gratifié, pardonné ».
Denezy, villare Donaciaco en 929, Danesie et Donasiei au XIIème siècle, Danisei en 1142, Donesie en 1169, Danusiacum en 1173, Dunesie en 1188, Deneisie en 1228, Danaisie au XIIIème siècle, Denisiez en 1453, Dinisiez en 1555, commune et village (District de Moudon, Vaud) ;
Bois Denezy, lieu-dit (Lussery-Villars, district de Cossonay, Vaud).

Denges
Ce nom aurait la même origine que Daillens.
Denges, villa Dallingis en 964, apud Dangias en 1005, Les Denges en 1164, Denges en 1184, ancien nom allemand Dalingen, commune et village (District de Morges, Vaud) ;
Denges et Les Denges, maisons isolées (Ecublens, district de la Glâne, Fribourg).

Denise
La Denise, alpage de la commune de Rougemont (Pays-d´Enhaut, Vaud), du prénom féminin Denise ou par féminisation d´un prénom ou patronyme Denis.

Dent
Sommet en forme de dent, par métaphore. Du latin dens, dentis, « dent ».
La Dent, sommet, 1640m (Sembrancher, district d´Entremont, Valais) ;
La Dent, sommet, 1965m (Ayent, district d´Hérens, et Arbaz, district de Sion, Valais) ;
Grande Dent, 2832m (Ayas et Chamois, vallée d´Aoste) ;
Calvaire de la Dent, lieu-dit (Bellevaux, Chablais, Haute-Savoie) ;
Sous la Dent, pâturage sous la Dent de Bonavau (Champéry, district de Monthey, Valais).

Dent
Ce nom viendrait d´un terme *dan, « sous-bois, orée de la forêt » [Wipf].
La Dent, clairière (Liddes, district d´Entremont, Valais).

Dentaux
Les Dentaux, sommets (1714 m) de la commune de Villeneuve, district d´Aigle (Vaud), diminutif masculin de Dent, dont le féminin est dentelle, « petite dent » en ancien français.

Dépendues
Bois des Dépendues, forêt déclive de la commune de Gingins (District de Nyon, Vaud), ancien français dependre, « pendre », dependance, dependant, dependence, « pente, terrain en pente raide, ou comme suspendu », voir Pendant.

Déplan
Le Déplan, maison isolée de la commune de la Brévine (District du Locle, Neuchâtel), semble être l´endroit où se termine le plan et commence la côte.

Dèpleyau
Le Dèpleyau, lieu-dit en lisière de forêt de la commune de Cheyres (District de la Broye, Fribourg), endroit où l´on dételle les bêtes de trait, antonyme de Aplayau.

Déquemanliau, Dèquemanlieu
Endroit où l´on enlève le kmanhllo, « coin de fer avec anneau qu´on enfonce dans un tronc d´arbre pour le traîner » [Jaccard], voir aussi Ecoumaudaux.
Le Déquemanliau, lieu-dit (Les Diablerets, Ormont-Dessus, district d´Aigle, Vaud) ;
Dèquemanlieu, lieu-dit en forêt (Champéry, district de Monthey, Valais).

Déracinées
Les Déracinées, forêt déclive de la commune de Gorgier (District de Boudry, Neuchâtel), nom moderne pour un endroit où les arbres ont été arrachés, soit par une catastrophe soit par défrichement.

Derbétemp
Hameau de la commune d´Entremont-le-Vieux (Chartreuse, Savoie), Derbetan en 1856, L´Herbetan en 1935, nom issu de *d´Herbetan par agglutination.

Derborence
Derborence, alpage et hameau, Lac de Derborence, sur la Lizerne, commune de Conthey (Valais), anciennement Darborence, Derborentze, peut-être dérivé du patoisD0 darbel, « jeune sapin », avec le suffixe -ence.

Dérette
La Dérette, maison isolée de L´Etivaz (Château-d´Oex, Pays-d´Enhaut, Vaud), par féminisation d´un patronyme Déret.

Deripe
De riper, « glisser », avec le préfixe séparatif de-
Le Deripe, lieu-dit déclive (Premier, district d´Orbe, Vaud).

Dérochet, Dérochettaz, Derochette, Dérochia, Dérochiaz,
Dérochoir, Dérochoz, Derotchieu
Mot régional dérocher, ancien français derochier, desrochier, « faire tomber des pierres, tomber d´un rocher, dégringoler », ancien français derochier, desrochier, « renverser, détruire, démolir », desrocheis, « destruction, ruine », patois dérostiu, « sentier, couloir escarpé, précipice ». Ces toponymes désignent généralement un endroit où un éboulement de roches a eu lieu.
De dérocher, avec le suffixe indiquant l´endroit où se fait une action -oir :
Le Dérochoir, lieu-dit du versant sud de la chaîne des Fiz, au-dessus du plateau d´Assy, où ont eu lieu trois éboulements, les derniers en 1471 et 1751, nom monté au Passage du Dérochoir, 2411, à la Pointe du Dérochoir, 2411m, et à la Brèche du Dérochoir, 2171m (Passy, Haut-Faucigny, Haute-Savoie) ;
Le Dérochoir, lieu-dit (Les Houches, vallée de Chamonix, Haute-Savoie) ;
Le Dérochoir, lieu-dit en montagne (Bellentre, Tarentaise, Savoie).

Avec le suffixe patois -oz :
Au Dérochoz, lieu-dit (Chardonne, district de Lavaux, Vaud).

Du patois derochi, même sens :
La Dérochia ou Derotchia, cours d´eau affluent du Rhône (Nax, district d´Hérens, et Grône, district de Sierre, Valais) ;
La Dérochiaz ou La Dérotchia, alpage à proximité duquel on situe l´éboulement du Tauredunum (Port-Valais, district de Monthey, Valais) ;
Le Derotchieu ou Le Dérochoir, où, le 23 septembre 1714, une grosse masse de rochers s´est détachée de la paroi sous le sommet des Diablerets (Derborence, district de Conthey, Valais).

Avec les suffixes diminutifs -et, -ette :
Chemin du Dérochet (Jouxtens-Mézery, district de Lausanne, Vaud) ;
La Derochette, lieu-dit en forêt (Juriens, district d´Orbe, Vaud).

Avec le suffixe diminutif patois -ettaz :
La Dérochettaz, lieu-dit en forêt (Lugrin, Chablais, Haute-Savoie).


Derotieux, Dérottes, Dérouts, Déroutse
Pente raide. Du latin deruptus, « fortement incliné, penché, en pente, escarpé, à pic », du latin derumpere, « briser », ancien français derompre, « rompre, briser ; se rompre ». Voir le mot régional Dérupe.
Les Dérottes, lieu-dit très en pente (Martigny-Combe, district de Martigny, Valais) ;
Les Dérouts, maison ruinée (Châteauneuf, Chamoux-sur-Gelon, Val Gelon, Savoie) ;
Déroutse Pouey, ravin (Gruyères, district de la Gruyère, Fribourg).
Avec le suffixe -eux :
Les Derotieux, forêt déclive (Lyaud, Bas-Chablais, Haute-Savoie).


Derreydzu
Forêt déclive de la commune de Rougemont (Pays-d´Enhaut, Vaud), « la forêt derrière », avec le patois Derrey et dzu.

Dérupe
Voir le le terme régional dérupe, « pente raide ».
Le Dérupe, lieu-dit (Montherod, district d´Aubonne, Vaud).

Désaley, Dezaley, Dézaley, Dézallay
Ces noms dériveraient d´un primitif *dahsa-legia, de l´ancien haut allemand dahs, germanique *þahsu, « blaireau », et bas latin lagia, legia, « forêt », voir Lay, et désigneraient donc une forêt où abondent des blaireaux selon Jaccard, repris par Perrenot, mais pour Bossard cette étymologie est à rejeter. Pour Pégorier, c´est un mot régional suisse dezaley, « terre inculte, friche ».
Le Désaley, lieu-dit (Grangettes, district de la Glâne, Fribourg) ;
Le Dezaley, lieu-dit (Seiry, Lully, district de la Broye, Fribourg) ;
Le Dézaley, vignoble, Daisiloi en 1137, Dasalay en 1154, puis Daseluy en 1184, Desaley en 1383, et Désaley vers 1860 (Puidoux, district de Lavaux, Vaud) ;
En Dézallay, vignoble (Genthod, Genève).

Desande
Lui Desande, alpage de la Montagne de Fully, district de Martigny (Valais), « pâturage de samedi », où le bétail paissait ce jour là, du patois dessande, « samedi » [Guex].

Désert, Désertaz, Déserte, Désertet, Déserts
Terre inexploitée ou inhabitée. Vieux français désert, ancien français desert, « terre en friche », latin desertus, « abandonné ».
Le Désert, lieu-dit (La Fouly, Val Ferret, Valais) ;
Grand Désert, glacier, et Lac du Grand Désert (Nendaz, district de Conthey, Valais) ;
La Déserte, maison isolée (Lyaud, Bas-Chablais, Haute-Savoie) ;
Les Déserts, Cura de Desertis vers 1344, Ecclesia de Deserto en 1356, Ecclesia Sancti Michaelis de Desertis en 1414, S. Michael de Deserto en 1488, Saint-Michel-des-Déserts jusqu´en 1703, commune et village (Saint-Alban-Leysse, arrondissement de Chambéry, Savoie).
Avec le suffixe diminutif -et :
Le Désertet, hameau (Le Pontet, La Rochette, Val Gelon, Savoie).

Forme patoise :
La Désertaz, hameau (Saint-Cassin, Chambéry, Savoie).

Voir aussi Montdesert, Tsandésert.


Desingy, Disimieu, Dizimieu
D´un nom de domaine d´origine gallo-romaine *Decimiacum, dérivé avec le suffixe -acum du gentilice Decimius, du latin decimus, « dixième ».
Desingy, Desingie et in potestate Desingiaci en 1166, Desingiaco en 1170, Disingieu en 1219, Dissingie en 1247, Dinsingie, Disingie et Disingier en 1249, aussi Disengier, Desingier, Desingiez, commune et village de la Semine (Seyssel, arrondissement de Saint-Julien-en-Genevois, Haute-Savoie) ;
Disimieu, Disimieu et Disimeu au XIVème siècle, hameau (Porcieu-Amblagnieu, L´Isle-Crémieu, Isère) ;
Dizimieu, ecclesia Decimiaci ville au IXème siècle, Desimiacum au XIème siècle, Disimeu et Dissimieu au XUVème siècle, Dysimieu et Dizimieu au XVème siècle, commune et village de L´Isle-Crémieu (Crémieu, arrondissement de la Tour-du-Pin, Isère).

Désonnète
Probablement une cacographie pour déshonnête, « malhonnête », pour un bien acquis malhonnêtement ou qui n´a pas tenu ses promesses.
Le Pré Désonnète, lieu-dit en forêt (Messery, Bas-Chablais, Haute-Savoie).

Dèsot
Patois valdôtain désot, « dessous, d´en bas », antonyme de Damon.
Belle Combe Dèsot, maison isolée (Val Ferret, vallée d´Aoste).

Dessy
Nom de domaine d´origine gallo-romaine, probablement *Deciacum, dérivé avec le suffixe -acum du gentilice Decius, attesté dans le vicus de Genève et dans le territoire de la colonie romaine de Vienne.
Dessy, hameau (Mieussy, Faucigny, Haute-Savoie) ;
Dessy, hameau, et La Balme de Dessy, lieu-dit en forêt (Bonneville, Faucigny, Haute-Savoie).

Detor, Détour
Français détour, « tracé, trajet, itinéraire qui s´écarte de la ligne droite, du chemin direct ; endroit où un chemin change de direction », ancien français destor, « lieu détourné, écarté ; détournement ».
Le Détour, sommet (2448m) de la commune des Contamines-Montjoie (Val Montjoie, Haute-Savoie), dominant le Glacier de Tré la Tête, soit parce qu´il faut faire un détour pour l´atteindre, soit parce qu´il est situé au détour du glacier.
Patois detor, « détour » :
Lo Detor, « le détour », alpage (Torgnon, vallée d´Aoste).


Détourbe
Probablement du français tourbe, francique *turba.
La Détourbe, hameau (Moidieu-Détourbe, Pays viennois, Isère) ;
La Détourbe, quartier (Meylan, Grenoble, Isère).

Détrier
Commune et village du Val Gelon (La Rochette, arrondissement de Chambéry, Savoie), Ecclesia de Dextrariis vers 1100, de Destreriis en 1414, de Destrario en 1224, Lacus de Destres en 1237, Lacus de Destrerio en 1243. Selon Gros, le nom Destrarius, en bas latin « destrier », du latin dextra, « droite », est une remotivation, ce nom provenant du vieux français estrée, « chaussée », avec agglutination de l´article, voir Estraz.

Deude, Deudes, Deute, Dot
Français dot, du latin juridique dotis, de dotare, « doter, pourvoir d´une dot ».
Pesses de la Dot, lieu-dit (Fontenais, District de Porrentruy, Jura).
Patois jurassien deûte, « dot ecclésiale, terres dont les revenus finançaient une partie des charges paroissiales » [Prongué] :
La Deute, hameau (Delémont, Jura).

Peut-être de même origine :
La Deude, maison isolée (Grandson, Vaud) ;
Les Deudes, lieu-dit (Armoy, Bas-Chablais, Haute-Savoie).


Deutes
Nom régional pluriel de la dalle nacrée, pierre calcaréo-siliceuse utilisée autrefois dans la construction [Prongué].
Les Deutes, lieu-dit, ancienne carrière (Boécourt, district de Delémont, Jura).

Deuve, Deuvets, Doge, Douva, Douve,
Douves, Dovalles
Français douve, « fossé », désigne aussi une dépression ou un couloir de montagne. Ancien français doue, doure, douve, dovan, « fossé servant à l´écoulement des eaux ; fossé en général ; rebord d´un fossé », bas latin dova, même sens, latin tardif doga, « sorte de vase », grec dokhé, « récipient ».
La Deuve, maisons isolées (Val Ferret, Orsières, district d´Entremont, Valais) ;
Douva de Mouri, ravin déclive (Seytroux, vallée de la Dranse, Haute-Savoie) ;
La Douve, lieu-dit (Villars-Burquin, district de Grandson, Vaud) ;
La Douve, sommet, 2170m (L´Etivaz, Château-d´Oex, Pays-d´Enhaut, Vaud) ;
La Douve, forêt déclive (Magland, Faucigny, Haute-Savoie) ;
Bois des Douves, forêt (Versoix, Genève) ;
Les Douves Blanches, arête et sommets, 3664m, Torrent des Douves Blanches, affluent de la Borgne d´Arolla, et Glacier des Douves Blanches (Arolla, Evolène, district d´Hérens, Valais).
Diminutif avec le suffixe -alle :
Les Dovalles, maison isolée (Neirivue, Haut-Intyamon, district de la Gruyère, Fribourg).

Avec le suffixe diminutif -et :
Les Deuvets, couloirs en forêt (Talloires, Bornes, Haute-Savoie).

Forme patoise :
Pré Doge, lieu-dit (Vuissens, district de la Broye, Fribourg) ;
La Doge, quartier (La Tour-de-Peilz, district de Vevey, Vaud).


Deux Heures
Sommet où le passage du Soleil indique environ quatorze heures.
Pointe de Deux Heures, 2018m, au sud-sud-ouest de Pralong (Le Reposoir, Bornes, Haute-Savoie).

Devaint Tchênet
Lieu-dit de la commune de Bure, district de Porrentruy (Jura), nom composé du patois devaint, « devant » ou « défendu », voir Devant, et du patois tchênet, « chênaie », voir Chenet [Prongué].

Dévaloir
Synonyme de châble, voir le mot régional dévaloir.
Dévaloir de Pierre Blanche
Grand Dévaloir, lieu-dit déclive (Saillon, district de Martigny, Valais).

Devant, Devants
1. Qui est en avant, par exemple par rapport à une montagne.
Bois Devant, par opposition à Forêt Derrière (Moudon, Vaud) ;
Champs Devant, hameau (Sallanches, Haut-Faucigny, Haute-Savoie) ;
Les Devants, hameau (Lyaud, Bas-Chablais, Haute-Savoie) ;
Les Plans Devants, lieu-dit (Liddes, district d´Entremont, Valais).
2. Dont l´accès est défendu, voir Devens.
Le Devant, lieu-dit en forêt (Saint-Jean-d´Aulps, vallée de la Dranse, Haute-Savoie) ;
Bois Devant, Bois Devant et Bois de Vent en 1769, forêt, pourrait aussi être un bois de Vent, donc dans la direction du Sud-Ouest (Bôle, district de Boudry, Neuchâtel) ;
Les Devants, lieu-dit en forêt (Jussy, Genève).


Dévaud
Pra Dévaud, maisons isolées de la commune de La Verrerie (District de la Veveyse, Fribourg), avec un patronyme fribourgeois Dévaud, famille de Mossel.

Develier
Commune et village jurassiens du district de Delémont, nom allemand Dietwiler, Telii villa à l´époque romaine, Diuuilier en 1139, Diuilier en 1181, Titewilre en 1184, Titwilr en 1441. Le nom romain indique qu´il y avait là le domaine d´un romain Telius. Le nom allemand évoque plutôt le villare d´un germain Tito, Teuto, voire Þeudo [Besse], du germanique þeudô, « peuple ». Les anciens noms français laissent plutôt supposer, selon Perrenot, un *Diun villarium, dérivé de *Digonis villa, du nom propre Digo, « le gros », du germanique *þeku, þekva « épais ». Nom formé avec le suffixe -velier. Plus probablement, le nom français est une corruption du nom allemand.

Devindre
Le Devindre, alpage de la Montagne de Fully, district de Martigny (Valais), signifie « le [pâturage de] vendredi », où le bétail paissait ce jour là [Guex]. Patois savoyard devendre [Constantin], ancien français divendres, « vendredi ».

Dey
Clos Dey, maison isolée de la commune de La Verrerie (District de la Veveyse, Fribourg), avec un patronyme Dey, voir Diey.

Dgenâvre
En patois jurassien, « genévrier », cf. le patois romand dzenevri [Bridel]. Voir Genavrats.
Dô les Dgenâvres, lieu-dit (Courtedoux, district de Porrentruy, Jura).


Dhéré
Château et hameau de la commune de Duingt (Annecy, Haute-Savoie), aussi Dhérée et d´Héré, nom qui viendrait d´un patois savoyard derè, « derrière », voir Darray.

Diabla, Diable, Diablerets, Diablesse, Diabley,
Diablon
Région, montagne réputée hantée par des démons.
Aiguilles du Diable, 4114m (Massif du Mont-Blanc, Haute-Savoie) ;
Bornes du Diable, rochers (Mauvoisin, Bagnes, district d´Entremont, Valais) ;
Combe au Diable, ravin en forêt (Pleigne, district de Delémont, Jura) ;
Quille du Diable, maintenant Tour Saint-Martin, sommet monolithique, 2908m (Les Diablerets, Conthey, et Savièse, district de Sion, Valais).
Pont enjambant une gorge, ouvrage si audacieux que seul le Diable pouvait le réaliser, le plus souvent en échange d´une âme :
Pont du Diable, sur la Morge (Conthey, et Savièse, district de Sion, Valais) ;
Pont du Diable, sur le Giffre (Mieussy, Faucigny, Haute-Savoie).

Il peut aussi s´agir d´une arche naturelle :
Pont du Diable, lieu-dit (Nancy-sur-Cluses, Faucigny, Haute-Savoie).

Formes patoises :
Pra Diabla, lieu-dit (Mézières, district de la Glâne, Fribourg).

Avec le suffixe de féminisation -esse :
Pierre de la Diablesse, lieu-dit (Vallon de Nant, Bex, district d´Aigle, Vaud).

Avec le suffixe collectif -er et le suffixe diminutif -et :
Les Diablerets, massif montagneux à la limite des cantons de Vaud, Valais et Berne, anciennement Rochers de Champ, Scex de Champ et Saix de les Diableyres, et village, anciennement Plan des Isles (Ormont-Dessus, district d´Aigle, Vaud), et Glacier des Diablerets (Conthey, Valais).

Avec le suffixe collectif -ey :
Le Diabley, sommet, 2469m (Fully, district de Martigny, Collonges et Dorénaz, district de Saint-Maurice, Valais).

Avec le suffixe diminutif -on :
Diablon, sommet, 3053m (Grimentz, district de Sierre, Valais) ;
Diablon des Dames, sommet, 3538m (Zinal, Val d´Anniviers, Valais) ;
Les Diablons, sommet, 3609m (Zinal, Val d´Anniviers, Valais), et Glacier des Diablons (Vallée de Tourtemagne).


Diane
Maison isolée de la commune d´Entremont (Faucigny, Haute-Savoie), prénom issu de la mythologie.

Diemoz, Diémoz
Du latin ad duodecimum [lapidem], « à la douzième [pierre milliaire] ».
Diemoz, hameau situé à la douzième milliaire d´Aoste (Verrayes, vallée d´Aoste) ;
Diémoz, Duodocimum en 900, Duesmo en 1169, Dueimo en 1240, Demo en 1320, Dyems en 1391, Dieme en 1533, commune du Pays viennois (Heyrieux, arrondissement de Vienne, Isère), et village situé à la douzième milliaire de l´ancienne voie romaine qui allait de Vienne à Milan en passant par le Petit Saint-Bernard.

Diesse
Commune et village du district de la Neuveville (Jura bernois) attesté en 1178, Diesson en 1195, Diessi en 1200, Diessy en 1249, nom allemand actuel Tess, villa Thesso en 1182, Tesson et Thesse en 1185 d´un anthroponyme germanique comme Tassa, Tasso, de la racine germanique *das-, « paresseux, oisif » ;
Montagne de Diesse ou Plateau de Diesse, région du Jura (District de La Neuveville, Jura bernois, et Lignières, Neuchâtel), nom allemand Tessenberg ;
Métairie de Diesse, maison isolée (Corgémont, district de Courtelary, Jura bernois).

Dieu
Praz de Dieu, alpage de la commune de Bionaz (Vallée d´Aoste), avec Dieu, être suprême dans la religon chrétienne. C´est aussi un sobriquet donné à quelqu´un ressemblant à l´image traditionnelle du Christ, ou un patronyme. Nom monté au Dôme de Praz de Dieu, 3242m.

Dîme, Dîmerie, Dimes, Dîmes, Dimière
Résidence où était perçue et conservée la dîme, partie prélevée sur les récoltes au bénéfice du clergé ou des seigneurs. Territoire sur lequel la dîme était perçue. Ancien français dismerie, « étendue de territoire sujet au droit de dîme », disme, dixme, « dixième partie, un dixième », du latin decima, « dîme », de decima [pars], « dixième partie, un dixième ».
La Grange du Dîme, maisons isolées (Romainmôtier-Envy, district d´Orbe, Vaud) ;
Les Dimes, hameau (Saint-Trivier-sur-Moignans, Dombes, Ain) ;
Les Dîmes, hameau (Laiz, Bresse, Ain) ;
La Grange des Dîmes, ancien temple romain (Avenches, Vaud) ;
Maison des Dîmes, maison isolée (Vullierens, district de Morges, Vaud).
Avec les suffixes d´activité -erie, -ière :
La Dîmerie, hameau (La Baume, vallée de la Dranse, Haute-Savoie) ;
Grange Dimière, maison dépendant de la Chartreuse de la Sylve-Bénite (Le Pin, Pays voironnais, Isère).


Dingy, Dingy-en-Vuache, Dingy-Saint-Clair
Dingy, village de la commune de Dingy-Saint-Clair (Bornes, Haute-Savoie), Dongi en 1221, Dungiacus en 1227, Dungiey en 1271, Dingie au XIVème siècle, Cura de Dingier vers 1344, d´un nom de domaine d´origine gallo-romaine *Tinciacum, dérivé avec le suffixe -acum du gentilice Tincius, attesté par une inscription gravée dans le rocher du défilé de Dingy, « Lucius Tincius Paculus per vium fecit » ;
Dingy-Saint-Clair, commune des Bornes (Annecy-le-Vieux, arrondissement d´Annecy, Haute-Savoie).
Peut-être de même origine :
Dingy-en-Vuache, Dingie en 1275, Cura de Dingier vers 1344, anciennement Dingy, commune et village du Genevois (Arrondissement de Saint-Julien-en-Genevois, Haute-Savoie) ;
Dingy, château (Passy, Haut-Faucigny, Haute-Savoie).


Dinière
La Dinière, lieu-dit de la commune de Cervens (La Côte en Chablais, Haute-Savoie), de l´ancien mot régional dignère, mesure de superficie de la vigne.

Diogne
Hameau de la commune de Montana (District de Sierre, Valais), Dyogni en 1210, Diogni en 1228, Diogny en 1259, nom d´origine inconnue.

Diolly
Ecart du hameau d´Ormône, commune de Savièse (District de Sion, Valais), Dioles en 1100, aussi Tioly en 1906, nom d´origine inconnue.

Dionay
Commune et village du Chambaran (Saint-Marcellin, arrondissement de Grenoble, Isère), Doennaicum et Doennai au XIème siècle, Dionnay et Duennay au XIIème siècle, nom dérivé avec le suffixe -acum de l´anthroponyme germanique Dodenus [Nègre 1990].

Diosaz, Divonne, Divonne-les-Bains
Source ou rivière sacrée, du gaulois devos, « dieu ; divin », racine indo-européenne *deivos, forme dérivée du nom du ciel *dieus [Delamarre].
La Diosaz ou Diose, torrent affluent de l´Arve, qui traverse les Gorges de la Diosaz (Chamonix et Servoz, Haut-Faucigny, Haute-Savoie), anciennement Desa, Deusa et Dyosa [Boyer], d´un primitif *Divosa, formé du gaulois *deva, « divine », avec le suffixe romain -ose [Nègre 1990].
La Divonne, nom du cours supérieur de la Versoix ;
Divonne-les-Bains, commune et ville du Pays de Gex (Arrondissement de Gex, Ain), qui doit son nom aux sources de la Divonne, Divonae en 1110, Divonna vers 1137, Divona en 1164, Prior de Dyvona vers 1344, Dyvone en 1398, Dyvonne en 1509, Divonne en 1676. Du théonyme gaulois *Devona, Divona, ayant désigné d´abord une source sacrée, peut-être avec le suffixe -onne.

Dirlaret
Commune et village fribourgeois du district de la Singine, Drallaris en 1142, de Recto Clivo « versant droit » en 1173, Dreitlaris en 1180, Dretlaris en 1216, Dreclaris en 1228, drillaris en 1238, Drilaris en 1293, Derlarret en 1755, composé de l´ancien français dreit, « droit » et laris, « lande, bruyère, terrain en friche, ordinairement inégal et montueux ». Le nom allemand actuel Rechthalten et Rechthalton en 1250, qui est un composé de recht, « droit », et de l´alémanique halte, allemand Halde, « pente », exprime la même idée.

Diron, Doire, Doire Baltée, Doire Ripaire, Doria,
Dorinaz, Dorinet, Doron, Drac
Hydronymes dont l´origine remonte au gaulois *dubro, « eau », préceltique *dor, *dora, « torrent », *dorava, « eau du torrent », avec le suffixe -ava, voir eve. Cf. l´ancien français doire, doure, « fossé ». Pour Nègre 1990 ces noms sont issus d´une racine préceltique *doira
Doire Baltée, Duria major (Pline), Duria Bautica [Anonyme de Ravenne], nom italien Dor[i]a Baltea, affluent du Pô, dont le nom bautica, *baltica serait apparenté à l´illyrien *balta, « marais » (Vallée d´Aoste) ;
Doire de Ferret ou Doire du Val Ferret, Doire du Val Veny, Doire de la Thuile, Doire de Valgrisanche et Doire de Rhêmes, affluents de la Doire Baltée (Vallée d´Aoste) ;
Doire Ripaire, secus ripam Durie fluminis en 1065, nom italien Dor[i]a Riparia, du latin riparia, « appartenant au rivage », de ripa, « rive, berge, rivage, côte », affluent du Pô (Vallée de Suse) ;
La Doria, cours d´eau (Saint-Jean-d´Arvey, Bauges, Savoie) ;
Dorinaz, hameau (Verrayes, vallée d´Aoste).
Diminutifs avec le suffixe -on :
Le Diron, cours d´eau affluent de la Sionge et hameau (Vaulruz et Vuadens, district de la Gruyère, Fribourg) ;
Doron, Aqua Doronis en 1365, plusieurs cours d´eau portent ce nom en Savoie (Beaufortain, Tarentaise, Vanoise) ;
Le Doron, cours d´eau affluent de l´Arly, et Le Doron, hameau sur le Doron (Venthon, Combe de Savoie, Savoie) ;
Doron des Allues, cours d´eau affluent du Doron de Bozel (Les Allues, Tarentaise, Savoie) ;
Le Doron de Belleville, cours d´eau affluent du Doron de Bozel (Saint-Martin-de-Belleville, Tarentaise, Savoie) ;
Le Doron de Bozel, cours d´eau affluent de l´Isère (Bozel, Vanoise, Savoie) ;
Le Doron de Champagny, cours d´eau affluent du Doron de Bozel (Champagny-en-Vanoise, Vanoise, Savoie) ;
Le Doron de Chavière, cours d´eau affluent du Doron de Pralognan (Pralognan-la-Vanoise, Vanoise, Savoie) ;
Le Doron de Pralognan, cours d´eau affluent du Doron de Bozel (Pralognan-la-Vanoise, Vanoise, Savoie) ;
Le Doron de Prémou, cours d´eau affluent du Doron de Champagny (Champagny-en-Vanoise, Vanoise, Savoie) ;
Le Doron de Termignon, cours d´eau affluent de l´Arc (Termignon, Haute-Maurienne, Savoie) ;
Les Côtes du Doron, forêt déclive au bord du Doron (Césarches, Combe de Savoie, Savoie).

Diminutif avec le suffixe -et :
Dorinet, hameau et cours d´eau affluent du Doron (Beaufort-sur-Doron, Beaufortain, Savoie).

Avec le suffixe -avum :
Drac, flumen de Derausum, lire *flumen de Derauvum au XIème siècle, Dracum vers 1100, Dravus en 1289, Dravum en 1373, reperia Dravi en 1413, la ribière dou Drau en 1545, avec attraction paronymique de l´occitan drac, « diable lutin », latin draco, « dragon, serpent fabuleux ».

Voir aussi Dyure.


Disonche
Hameau de la commune de Villaz (Thorens-Glières, Annecy, Haute-Savoie), Disonchiaco en 1444, probablement une latinisation abusive, Disunchio en 1454.

Dix
La Dix, hameau Plan de la Dix, alpage, peut-être parce que c´est la dixième d´une série d´alpages qui commence à la Première (Ormont-Dessus, district d´Aigle, Vaud).

Dizeille
Hameau de la commune de Saint-Vincent (Vallée d´Aoste), anciennement Diseille, Diseile, et Dyssellys en 1599, Yselly en 1655, nom d´origine inconnue.

Dizy
Commune et village vaudois du district de Cossonay, in villa Discidis en 961, Dysi en 1041, Disi en 1221, Disye et Dysi en 1223, Dysy en 1285, Disis en 1299, Dyssi en 1311, Dysi en 1336, Disiaco en 1242-1252, nom de domaine d´origine gallo-romaine Dis[c]iacum, dérivé avec le suffixe -acum du gentilice Decius, Dicius.

Djoua
Probablement une forme patoise de Joux.
Pointe du Djoua, sommet, 2276m, et Lués du Djoua, lieu-dit (Salvan, district de Saint-Maurice, Valais).

Djoux
Forme patoise de Joux, dans le Jura.
Piain des Djoux, maison isolée (Lajoux, district des Franches-Montagnes, Jura).

Doda, Dodat
Patronymes Doda, Dodat, soit d´un anthroponyme germanique Dôda, du burgonde *deþs, germanique *dêdi, « action », soit du prénom occitan Deodat, « donné à Dieu ».
Gîte à Doda, maison isolée (L´Abbaye, Vallée de Joux, Vaud) ;
Champ Dodat, lieu-dit (Le Bémont, district des Franches-Montagnes, Jura).

Doigt, Doigts
Sommet monolithique dressé vers le ciel comme un doigt, par métaphore, ancien français dei, doi, latin vulgaire *ditus, latin digitus.
Le Doigt Cassé, rocher en forme de doigt tronqué (Sallanches, Haut-Faucigny, Haute-Savoie) ;
Doigt de l´Etala, sommet, 2850m (Aiguilles de Chamonix, massif du Mont-Blanc, Haute-Savoie) ;
Les Doigts, anciennement Doigts de Salanfe, sommets des Dents du Midi, 3205 et 3210m, et Couloir des Doigts, dans le versant Nord (Val-d´Illiez, district de Monthey, Valais).
Voir aussi Index, Pouce.


Doissin
Commune et village (Virieu, arrondissement de la Tour-du-Pin, Isère), Doysinum et Doysanis au XIVème siècle, peut-être d´un nom de domaine d´origine gallo-romaine dérivé du nom d´homme Dossius avec le suffixe -inum.

Dole, Dôle, Dolent, Dolin, Dollaz,
Dolle
Pente dominant un creux, du bas allemand dole, « petite fosse », germanique *dula, « rigole, fossé, canal » [Bossard], aussi gaulois dola, « feuille », dans le sens de « plat », cf. le breton dol, « table ».
La Dole, nom patois La Dollaz, maisons isolées (Pont-la-Ville, district de la Gruyère, Fribourg) ;
Dole, Dolla en 990, située sur une corniche calcaire qui surplombe le Doubs d´une vingtaine de mètres, arrondissement, canton, commune et village (Jura) ;
La Dôle, Dolaz en 1628, Dole en 1906, sommet du Jura vaudois 1677m, nom monté d´un pâturage (Chéserex, district de Nyon, Vaud) ;
Mont Dolent, 3823m, au point triple de la France, de l´Italie et de la Suisse, et Col du Mont Dolent, 3490m, entre la France et l´Italie (Massif du Mont-Blanc) ;
Mont Dolin, 2974m (Arolla, Evolène, district d´Hérens, Valais) ;
Pic de la Dollaz, 1789m (Saint-Jean-d´Aulps, Essert-Romand et la Côte d´Arbroz, Chablais, Haute-Savoie), et Les Cez de la Dollaz, falaises (Saint-Jean-d´Aulps et la Côte d´Arbroz, Chablais, Haute-Savoie) ;
La Dolle, la Dola en 1216, Dollaz en 1484, aussi Dôle en 1906, et Sous la Dolle, maisons isolées (Gilly, district de Rolle, Vaud).

Dolliets
Les Dolliets, lieu-dit en forêt de la commune de Jussy (Genève), du patronyme Dolliet, variante de Douillet, sobriquet.

Dolomieu
Commune et village (Arrondissement de la Tour-du-Pin, Isère), Doloimeiacum et in vico qui vocatur Doloimepacus au VIIème siècle, Dolomeium au XIIIème siècle, d´un nom de domaine d´origine gallo-romaine dérivé avec le suffixe -acum d´un nom propre non identifié ;
Château de Dolomieu, castrum Dolomiaci et castrum Dolomey, sans date.

Domaine
Le Domaine, hameau de la commune de Saint-Léger (Maurienne, Savoie), Domeynoz en 1603, variante du prénom Dominique [Gros], du latin Dominicus, « [béni] du Seigneur ».

Domancy
Domancy, Domensier en 1339, commune et village du Haut-Faucigny (Sallanches, arrondissement de Bonneville, Haute-Savoie), d´un primitif *Domantiacum, nom de domaine formé avec le suffixe -iacum sur le nom de personne *Domantius [Gros].

Domange, Domenges, Dominge, Domingue, Dominique
Patronymes dérivés du latin Dominicus, « [béni] du Seigneur ». Ces toponymes peuvent aussi désigner des biens appartenant à un seigneur, latin dominicus, « du maître, qui appartient au maître ».
Prénom Dominique :
Route à Dominique, chemin en forêt (Sainte-Croix, district de Grandson, Vaud).

Patronymes Domange, Domenge, Doming[u]e, formes patoises :
Chez les Domange, ferme isolée (Pampigny, district de Cossonay, Vaud) ;
Les Domenges, hameau (Saint-Pierre-de-Soucy, Combe de Savoie, Savoie) ;
Dominge, forêt (Ollon, district d´Aigle, Vaud) ;
Champ Dominge, lieu-dit (Panex, Ollon, district d´Aigle, Vaud) ;
Bois Domingue, lieu-dit (Morat, district du Lac, Fribourg).


Domarin
Commune et village (Bourgoin-Jallieu, arrondissement de la Tour-du-Pin, Isère), parrochia Domarinum et Domayrin au XIVème siècle, probablement du latin médiéval masculin dompnus, domnus, et du nom de saint Marinus ; castrum de Domarino au XIVème siècle, ancien château dans la même commune.

Dombes
La Dombes ou parfois Les Dombes, région du département de l´Ain, de pago Dumbensi au VIIème ou VIIIème siècle, in Dumbis en 1251, Marchia Domberum en 1325, Terra de Dombis en 1365, La Dombes en 1650.

Dombres
Les Dombres, lieu-dit de la commune de Saint-Cergues (La Côte en Chablais, Haute-Savoie), patronyme Dombre.

Dombresson
Commune et village neuchâtelois du district du Val-de-Ruz, ecclesiam de Danbrizun et Dombrecon en 1178, Dombrexon en 1191, Domnus Bricius en 1228, Donbressun en 1267, dont le nom signifie Dom Brice, Saint Brice, compagnon de saint Imier qui vint s´établir en ce lieu au VIIème siècle, voir Saint-Brais.

Domdidier
Commune et village fribourgeois du district de la Broye, nom latin Domnus Desiderius, du dédicataire de l´église du village Dom Didier, « saint Didier », Donno Desiderio en 1162, Sanctus Desiderius en 1228, Dundedier en 1215, Dognodiderio vers 1267.

Dôme
Terme générique, montagne présentant un sommet arrondi, en forme de dôme, ancien provençal doma, « toit en forme de coupole », ancien français dom, duom, « maison », grec dôma, « maison ».
Le Dôme, sommet, 3005m (Glacier des Diablerets, Conthey, et Savièse, district de Sion, Valais) ;
Le Dôme, sommet rocheux près de la Tour Sallière, 3138m (Evionnaz, district de Saint-Maurice, Valais) ;
Dôme du Goûter, sommet, 4303m, et Col du Dôme, 4260m (Massif du Mont-Blanc, Haute-Savoie).

Domelin
Hameau de la commune de Beaufort-sur-Doron (Beaufortain, Savoie), selon Gros ce serait un ancien Dom Alain, du nom latin Alanus, issu de l´ethnonyme Alani, les Alains, nom d´une tribu de langue iranienne de la Mer Noire.

Domène, Doménon
Domène, canton, commune et village du Pays grenoblois (Arrondissement de Grenoble, Isère), prioratus de Domina ancien prieuré fondé au XIème siècle, Veheria Domene au XIVème siècle, Domus fortis de Domena au XVème siècle, nemus Domeno au XVème siècle, d´un mot franco-provençal signifiant « domaine, propriété comprenant maison et terres » [Nègre 1990] ;
Ruisseau de Doménon, aqua Domina au XIème siècle, rivus de Revello au XIIIème siècle, Magnus rivus Domene au XIVème siècle, aussi rivus de Domenum et rifs de Domenons sans date, affluent de l´Isère.

Domène
Lac Domène ou Lac d´Omène, magnus lacus de Aumena en 1447, autre nom du Lac Noir (Fribourg et Berne), zem swartzen sew en 1355, serait selon Bossard un composé de d´O Mène, soit de l´alpe du milieu, voir Ô, et -mène, « moyenne », voir aussi Amena. Cette interprétation paraît toutefois douteuse.

Domessin
Commune et village de la vallée du Guiers (Pont-de-Beauvoisin, arrondissement de Chambéry, Savoie), Domaissin en 1121, Domeyssinum en 1356, Domessinum en 1357, d´un primitif Domitianum [Gros], du nom romain Domitianus, « Domitien ».

Domian, Domianaz
Domian, hameau de la commune de Cessens (Albens, Albanais, Savoie), Dominia en 1738, Dominian en 1856, pluriel du neutre dominium, « propriété, droit de propriété ».
Peut-être de même origine, ou par féminisation d´un nom romain Domianus :
Domianaz, hameau (Châtillon, vallée d´Aoste).


Dommartin
1. Commune et village vaudois du district d´Echallens, Domno Martino villa, attesté en 908, du nom de Dom Martin, moine défricheur, et Donmartin en 1203.
2. Commune et village de la Bresse (Bâgé-le-Châtel, arrondissement de Bourg-en-Bresse, Ain), villa quae vocatur Domnus Martinus en 1029, De Domno Martino en 1100, Ecclesia Sancti Martini vers 1250, Domnus Martinus en 1272.


Domont
Signifie « sous le mont », avec le préfixe patois jurassien Dô. C´est aussi un patronyme jurassien.
Domont, château (Delémont, Jura) ;
Côte Domont et Sur la Côte Domont, lieux-dits (Alle, district de Porrentruy, Jura).

Dompierre, Dompierre-en-Vully, Dompierre-sur-Chalaronne, Dompierre-sur-Veyle
Dom Pierre, saint Pierre.
Dompierre, Dommun Petri en 961, Donperre en 1137, Domnus Petrus en 1180, Dunpero en 1200, Donperro en 1228, puis Dompierre près Payerne et Dompierre-le-Petit en 1553, commune et village (District de la Broye, Fribourg) ;
Dompierre, Dunperro en 1228, autre nom latin Templum Petri « temple de Pierre » (District de Moudon, Vaud) ;
Dompierre, Apud Damperro en 1242, Apud Dompiro en 1410, Castellanus de Dompno Petro en 1467, hameau (Polliat, Bresse, Ain) ;
Dompierre-en-Vully ou Dompierre-le-Grand, Donno Petro en 1123, Donperro en Willie en 1228, anciens noms du hameau de Carignan jusqu´à la fin du XVIIème siècle (Vallon, district de la Broye, Fribourg) ;
Dompierre-sur-Chalaronne, De Donno Petro vers 1250, Dumpero en 1259, Don Pero en 1324, Dompero vers 1350, commune et village de la Dombes (Thoissey, arrondissement de Bourg-en-Bresse, Ain) ;
Dompierre-sur-Veyle, Brutoria villa en 1096-1124, De Donno Petro vers 1250, Apud Dompero en 1285, De Don Pero en 1299-1369, Dompierre-de-Chalamont jusqu´en 1954, commune et village de la Bresse (Pont-d´Ain, arrondissement de Bourg-en-Bresse, Ain).

Domsure
Commune et village de la Bresse (Coligny, arrondissement de Bourg-en-Bresse, Ain), Donceres vers 1250, Doncieur vers 1325, Prior de Donczuerro en 1325, dériverait d´un Don Çuerro qui remonterait à Dominus *Theodorus [Philipon].

Don
Oronyme, dérivé de dunon, « hauteur, sommet ».
La Tour de Don, sommet, 1998m (Collombey-Muraz et Vionnaz, district de Monthey, Valais) ;
Sur Don, colline boisée (Mieussy, Faucigny, Haute-Savoie).

Donatyre
Commune et village vaudois du district d´Avenches, Donnatieri en 1228, Domna Thecla en 1343, Dompna Thecla et alias Donatiere en 1453, Donnatyre en 1584, Donatire en 1849, dont le nom dérive de Domna Tecla, « Sainte Thècle », vierge et première martyre du temps des Apôtres, sauvée plusieurs fois miraculeusement du supplice, et aussi une religieuses décapitée près de Mossoul, en Irak en 347, par un prêtre qui voulait sauver sa vie et ses biens. L´ancien nom allemand Mutterzieh est une métraduction due à la fausse interprétation de -tire compris comme dérivé de tirer, en allemand ziehen, avec Mutter, « mère », pris comme équivalent de Donna.

Donchère, Donchères, Donchière, Donchire, Donchires,
Dontzire
Terre appartenant au seigneur, du bas latin [terra] dominicaria, « [terre] du seigneur », synonyme du latin dominicus, « du maître, qui appartient au maître ».
La Donchère, lieu-dit (Hauteville-Lompnes, Bugey, Ain) ;
Les Donchères, lieu-dit (Veyrins-Thuellin, L´Isle-Crémieu, Isère) ;
La Donchière, lieu-dit (Ursy, district de la Glâne, Fribourg) ;
La Donchire, hameau (Dompierre, district de la Broye, Fribourg) ;
Donchires, hameau (Arnex-sur-Orbe, district d´Orbe, Vaud).
Formes patoises :
La Dontzire, lieu-dit (Autigny, district de la Sarine, Fribourg).


Doncieu
Bois Doncieu, forêt de la commune de Nattages (Bugey, Ain), de *Bois d´Oncieu par agglutination de l´article, de Onciaco en 1361, Le fief d´Oncieu en 1536, voir Oncieu.

Dones, Donna, Donnaz, Donne, Donnes
Dame de condition sociale élevée, voir donna.
Pré aux Dones, deux lieux-dits (Entremont, Faucigny, Haute-Savoie) ;
Pra à la Donna, hameau (Vuadens, district de la Gruyère, Fribourg) ;
Pra à la Donna ou Pra à la Dona, maison isolée en clairière (Semsales, district de la Veveyse, Fribourg) ;
Pré de la Donnaz, lieu-dit (Meinier, Genève) ;
Clos-Donne, lieu-dit (Ecoteaux, district d´Orbe, Vaud) ;
Les Donnes, hameau (Cranves-Sales, Annemasse, Haute-Savoie).

Donin du Jour
Alpage de la commune d´Arbaz (District de Sion, Valais), où Donin est d´origine inconnue, et du Jour est une remotivation d´un patois local dujourlo, dujouro, « au-dessus », du latin de super [Andres Kristol, in Nouvelles du Centre d´Etudes Francoprovençales René Willien, Vol. 41, Saint-Nicolas (Aoste), 2000].

Donjon
Au Donjon, ferme isolée de la commune d´Echarlens, district de la Gruyère (Fribourg), mot français issu du latin vulgaire *dominionem, « [tour] du seigneur », accusatif de *dominio, du latin dominus, « seigneur ».

Donnas
Commune et village de la vallée d´Aoste, anciennement Donacium, puis burgum Donacii ou burgum Donatii, Donasio, Donas et Donnaz, nom qui pourrait venir du latin Donatis, d´un nom de personne Donnus ou mieux Donatus. Certains auteurs y voient plutôt un nom d´origine pré-indo-européenne (ligure) en -ascus.

Donneloye
Commune et village vaudois du district d´Yverdon, Donna Lui au XIIème siècle, Donelui en 1142, Donnolui en 1150, Domnolui en 1157, Donneluy et Donneloia en 1174, Domnelaia et Donnelue en 1177, Doneliua en 1214, Donnellue en 1228, Donnaluy et Dogne Eluye en 1230, Domnoloia et Dompneloye en 1423, de domna et du nom de sainte Lucie, née vers 283, qui vécut à Syracuse, et fut martyrisée en 304 après avoir été dénoncée par son fiancé ; nom issu du latin lux, « lumière ».

Donroux
Clos Donroux, quartier de la ville de Monthey (Valais), es prez Domprod en 1696, de Dom et du patronyme « Rodolphe » [Jaccard], issu de l´anthroponyme germanique Rudolf, du germanique *hrôma, « gloire », et ancien haut allemand wolf, « [qui a le courage du] loup ».

Donzallaz, Donzalles, Donzel, Donzelle
Un donzel était un petit seigneur ou un jeune seigneur, qui n´était pas encore chevalier, damoiseau en français. Latin dominicellus abrégé en domicellus, diminutif de dominus, « maître », puis « seigneur ». Aussi ancien français donzel, « jeune homme ».
Patronyme Donzel :
Grand-Donzel, lieu-dit (Veyrier, Genève).

Par féminisation du patronyme Donzel :
La Donzelle, lieu-dit, vignes (Dardagny, Genève).

Diminutif avec le suffixe -alle :
Chemin des Donzalles (Rossens, district de la Sarine, Fribourg).

Patronyme Donzallaz :
Bois Donzallaz (Siviriez, district de la Glâne, Fribourg).


Dorbagnon, Dorben, Dorbon
Noms probablement à rapprocher du mot régional darbel, « jeune sapin », voir Darbé.
Dorbagnon, lieu-dit (Savièse, district de Sion, Valais) ;
Dorben, alpis de Dorbinis en 1250, Dorbons en 1267, Dorbong en 1322, forme alémanisée au XVème siècle, Dorbu, Unnere Dorbu et Dorbugrabu en patois, hameau (Albinen, district de Loèche, Valais) ;
Dorbon, alpage (Arbaz, district de Sion, Valais) ;
Chaux de Dorbon, lieu-dit (Derborence, district de Conthey, Valais).

Dorées
Qui apparaît de couleur dorée, souvent due à la présence d´oxydes métalliques.
Aiguilles Dorées, chaînon culminant à 3519m (Val Ferret, Orsières, district d´Entremont, et Trient, district de Martigny, Valais).

Dorénaz
Noms peut-être dérivés de duron.
Dorénaz, usque ad frontem Dorone en 848, Dorona en 1100 et 1587, Doronaz en 1302, Dorinaz en 1669, Dorenaz en 1906, commune et village (District de Saint-Maurice, Valais) ;
Dorénaz, Dorenaz en 1906, alpage, nom monté à la Tour de Dorénaz, sommet, 2260m (Charmey, district de la Gruyère, Fribourg, et Château-d´Oex, Pays-d´Enhaut, Vaud).

Dorigny
Quartier de la commune d´Ecublens (District de Morges, Vaud), nom de domaine d´origine gallo-romaine *Doriniacum, dérivé avec le suffixe -acum du gentilice Dorinius, peut-être de Dorius, « Dorien ».

Dorjon
Hameau de la commune de Mégevette (Faucigny, Haute-Savoie), allodium Dorjonis à la fin du XIème siècle, peut-être d´un patronyme.

Dortan
Village et commune du Haut-Bugey (Oyonnax, arrondissement de Nantua, Ain), Cellam Dortincum en 854, Ecclesiam de Dortingo en 1184, Dortenc en 1205, Dortans en 1536, nom d´origine burgonde qui dériverait par métathèse d´un primitif *Drohtingos, « chez les Drohtingi », dérivé du nom propre Drauhta, germanique *druhti, « suite » [Perrenot].

Dos, Dou
Chaînon de montagnes de forme arrondie, par métaphore du français dos, et du bas latin dossus, « colline, hauteur, éminence »,
Le Dos d´Ane, alpage (Chézard-Saint-Martin, district du Val-de-Ruz, Neuchâtel) ;
Le Dos d´Ane, chaînon de montagne au Creux du Van (Noiraigue, district du Val-de-Travers, et Gorgier, district de Boudry, Neuchâtel) ;
Dos de Rollin, en italien Gobba di Rollin, « Bosse de Rollin », sommet arrondi, 3899m, avec un patronyme (Zermatt, district de Viège, Valais, Ayas et Valtournenche, vallée d´Aoste) ;
Dos des Cots, lieu-dit (Saint-Martin-de-Belleville, Tarentaise, Savoie) ;
Dou des Cornes (Notre-Dame-du-Pré, Tarentaise, Savoie).
N.B. : ce terme dos ne doit pas être confondu avec le jurassien dos, « en-dessous ».

Dos Vie
Lieu-dit de la commune de Delémont (Jura), « sous le chemin », voir Dos, « en-dessous, » et Vie, « chemin ».

Dotse
La Dotse, petite éminence du Val Ferret, commune d´Orsières, district d´Entremont (Valais), dont le nom patois dotsa signifie « boudeuse » [Guex].

Douane
La Douane, hameau de la commune des Marches (Montmélian, Combe de Savoie, Savoie), à la limite entre la Savoie et le département de l´Isère. De l´ancien italien doana, de l´arabe emprunté au persique diwan.

Douanne
La Douanne, cours d´eau affluent du lac de Bienne (District de la Neuveville, Jura bernois), dont le nom signifie « eau noire », du celtique *dub, « noir », avec le suffixe onno, « cours d´eau, source » ;
Douanne, village à l´embouchure de la Douanne et commune du district de Nidau (Berne), Tuana en 1136, Duana en 1185, Duan en 1213, Tuanna en 1225, Tuwanno en 1237, Duanne en 1255, plus tard Tavanno, Tuanne et Twanna, nom allemand actuel Twann ;
Petite Douanne, maison isolée, auberge (Courtelary, Jura bernois).

Doubines
Les Doubines, hameau de la commune de Bellevaux (Chablais, Haute-Savoie), par féminisation d´un patronyme Doubin attesté.

Doubs
Rivière de Franche-Comté qui a donné son nom à un département français. La rivière est mentionnée comme Doub en 1390, Dubz en 1549, Dou et Doux à la fin du XVIème siècle, enfin Doubs en 1777. Son nom gaulois est Dubis, « La Noire », d´une racine indo-européenne *dheu-, « fumée, vapeur, etc ».
Doubs, village de la commune de Pontarlier, sur le Doubs (Département du Doubs).

Doucy, Doucy-en-Bauges
Nom de domaine d´origine gallo-romaine Dociacum, Dulciacum, dérivé avec le suffixe -acum du gentilice Docius ou Dulcius [Gros], probablement du latin dulcis, « doux, aimable, charmant ».
Doucy, de Dauciaco en 1283, de Duciaco en 1313, ancienne commune et village (La Léchère, Tarentaise, Savoie) ;
Doucy, hameau (Habère-Poche, Vallée Verte, Haute-Savoie) ;
Doucy-en-Bauges, Dulciacum vers 1090, de Dolciaco en 1215, Ecclesia de Dulciaco en 1238, Cura de Doucie vers 1344, Parrochia Douciaci en 1432, Doucy jusqu´en 1933, commune et village (Le Châtelard, Bauges, Savoie).

Doussard
Commune et village du Pays de Faverges (Faverges, arrondissement d´Annecy, Haute-Savoie), nom venant d´une [villa] Dulciatis mentionnée en 868 dans le diplôme royal de Lothaire II de Lotharingie, villa fondée par par un gallo-romain du gentilice de Dulcius, nom dérivé avec le suffixe d´appartenance -atis, Ducziadum en 867, Dulsatis en 1031-1032, Dolsas en 1121, Cura de Douczaz vers 1344, puis successivement Dulsaz, Dussard et Doussar.

Douvaine
Canton, commune et village du Bas-Chablais (Arrondissement de Thonon-les-Bains, Haute-Savoie), Dovenum au Moyen Age, Dovenoz et Duesno, prieuré en 1153, Dovenos en 1296, Prior de Dognevos vers 1344, Dovaine au XVème siècle, probablement du nom d´une villa romaine.

Douvre, Douvres
Noms issus du gaulois *dubron, dubra, « eau abondante ». Cf. Douvres, en anglais Dover (Kent), nom latin Dubris.
Le Douvre, Douvres en 1536, Douvre en 1844, hameau (Treffort-Cuisiat, Revermont, Ain) ;
Douvres, Villa de Dolvres en 1227, De Dovris en 1323, Dovres en 1344, Douvres en 1390, commune et village (Ambérieu-en-Bugey, Bugey, Ain) ;
Douvres, Doures en 1264, Oures en 1295 par déglutination, hameau (Desingy, Genevois, Haute-Savoie).

Dozerce
La Dozerce, maisons isolées de la commune de Moutier (Jura bernois), nom qui signifierait « en-dessous de l´arse », voir Dos, « en-dessous », et Arse.

Dracy
Ancien village aujourd´hui disparu de la commune de Saint-Prex (District de Morges, Vaud), Villa Draciaco en 885, villa Draciana en 886, Drassie vers 1215, nom de domaine d´origine gallo-romaine Draciacum, dérivé avec le suffixe -acum du gentilice Dracius, peut-être du cognomen Draco, « dragon ».

Dragon, Drahin, Drône
Dragon, animal fabuleux, démon malfaisant des eaux. Les noms Drône et dérivés pourraient venir du latin dracona, forme féminine de draco, « dragon ».
Gouille du Dragon, étang (Combe des Planards, Bourg-Saint-Pierre, district d´Entremont, Valais) ;
Mont Dragon, 3353m, et Lac du Mont Dragon (Bionaz et Valtournenche, vallée d´Aoste) ;
Pont du Dragon, pont sur la Valserine (Champfromier, Michaille, Ain) ;
Le Drahin, Drahen en 1906, cours d´eau affluent de la Sionne (Arbaz et Savièse, district de Sion, Valais) ;
Drône, Draona au IIème siècle, Drona en 1189, hameau (Savièse, district de Sion, Valais) ;
Combe de Drône, lieu-dit, Torrent de Drône, affluent de la Dranse d´Entremont, et Pointe de Drône, Dronaz en 1906, sommet, 2950m, en limite de la vallée d´Aoste (Bourg-Saint-Pierre, Val d´Entremont, Valais).

Dragonnière, Dragonnières
Adjectif féminin formé sur un patronyme Dragon [Gros].
La Dragonnière, Castrum et villa Dragoneri en 1413, hameau (Yenne, Avant-Pays savoyard, Savoie) ;
Les Dragonnières, hameau (Saint-Romans, Royans, Isère).

Draillant
Village de la commune de Perrignier (La Côte en Chablais, Haute-Savoie), commune jusqu´en 1973, Drallens en 1227, Draillens en 1229, Drallyens en 1273, Prior de Dralliens vers 1344, nom d´origine burgonde, dériverait selon Perrenot d´un primitif *Thragilingos, « chez les Thragilingi », dérivé du nom propre Thragila (Drogila), diminutif du germanique *þrag, « courir », cf. burgonde *þregis, « rapide ».
Mont Draillant, 974m, au-dessus de Draillant.
Probablement par transfert :
Chez Draillant, hameau (Saint-Cergues, la Côte en Chablais, Haute-Savoie).


Draillarda
La Draillarda, ferme isolée d´Estavannens (Bas-Intyamon, district de la Gruyère, Fribourg), et Ruisseau de la Draillarda, affluent du Motélon, par féminisation d´un patronyme Draillard peu répandu [Aebischer].

Drance, Dranse, Dronzet
Ces noms viendraient du gaulois *druanto, *druento, composé du préfixe superlatif dru et de *nanto-, et signifierait donc « grande vallée », voir Nant.
Nant de Drance, émissaire du lac artificiel du Vieux Emosson, affluent du lac artificiel d´Emosson (Finhaut, district de Saint-Maurice, Valais) ;
Dranse, anciennement Drantia, hameau sur la rive gauche de la Dranse d´Entremont (Liddes, district d´Entremont, Valais) ;
La Dranse, Dranci en 972, aussi Drance en 1906, affluent de la rive gauche du Rhône (Val de Bagnes, Valais), issue du confluent de la Dranse de Ferret, de la Dranse d´Entremont et de la Dranse de Bagnes ;
La Dranse, anciennement Druentia, qui est aussi le nom gallo-romain de la Durance, Drancia en 1146, appelée aussi Dranse di milieu [Régeste Genevois], affluent du lac Léman, issue du confluent de la Dranse d´Abondance et de la Dranse de Morzine, cette dernière ayant comme affluent la Dranse de Montriond (Chablais, Haute-Savoie) ;
Chalets de Plaine Dranse, alpage près des sources de la Dranse d´Abondance (Châtel, Val d´Abondance, Haute-Savoie) ;
Pont de Dranse, hameau (Marin, Bas-Chablais, Haute-Savoie).
Probablement de même origine, avec le suffixe diminutif -et :
Le Dronzet, cours d´eau affluent du Lac Léman (Sciez, Bas-Chablais, Haute-Savoie).

Voir aussi Durand.


Drapel
Maisons isolées en clairière de la commune d´Aigle (Vaud), ancien français drapel, « chiffon », pur désigner un petit terrain, par métaphore.

Drauzines, Dreusine, Droèse, Droger, Droses,
Droset, Drozes
Du mot régional romand dros, savoyard drose, patois savoyard drouza, « aulne vert » (Alnus viridis).
Droèse, maison isolée (Les Déserts, Bauges, Savoie) ;
Les Grandes Droses, lieu-dit (Lanslevillard, Haute-Maurienne, Savoie) ;
Les Grandes Drozes, lieu-dit (Valmeinier, Maurienne, Savoie).
Noms collectifs, lieu humide où poussent des aulnes verts, aulnaie :

Avec le suffixe -ine :
Drauzines, Drosina en 1315, Drusine en 1464, maison isolée d´alpage (Les Mosses, Ormont-Dessous, district d´Aigle, Vaud) ;
La Dreusine, Dreusenaz et Drousinaz en 1906, pâturage (Croix de Javerne, Bex, district d´Aigle, Vaud).

Avec le suffixe collectif -et :
Pointe Droset, sommet (Bramans, Haute-Maurienne, Savoie).

Avec le suffixe collectif -er :
Le Droger, maisons isolées en clairière (Villard-sur-Doron, Beaufortain, Savoie).


Draye, Drayes, Dréron, Dreyère
Du bas latin et occitan draya, « chemin suivi par les troupeaux, couloir dans une forêt pour l´exploitation du bois, avalanche, chemin rural conduisant aux pâturages, lit de ruisseau » [Gros].
Draye de l´Embernard, lieu-dit rocheux (Vénosc, Oisans, Isère) ;
Draye du Soleil, cours d´eau temporaire affluent du Vénéon (Saint-Christophe-en-Oisans, Oisans, Isère) ;
Draye du Tilleul, cours d´eau temporaire (Saint-Pierre-de-Mésage, Pays grenoblois, Isère) ;
Les Drayes, forêt déclive (Lanslevillard, Haute-Maurienne, Savoie).
Diminutif avec le suffixe -on :
Le Dréron, sommet et ruisseau (La Chapelle, Basse-Maurienne, Savoie).

Nom formé avec le suffixe collectif -ière :
La Dreyère, La Drayère en 1935, forêt déclive (Montgellafrey, Basse-Maurienne, Savoie).


Dreudze, Drouzin, Dru, Druchaux, Drudzes,
Drugé, Drugères, Druges, Druzes
1. Champ fertilisé à végétation abondante. Ancien français druge, druige, « multitude », druger, « pousser abondamment », du gaulois *drudze, « fumier ».
Patois dru, « bien fumé » [Constantin] :
Lac du Dru, étang (Martigny-Combe, district de Martigny, Valais) ;
Chalet de Praz Dru, alpage (Saint-Gervais-les-Bains, Val Montjoie, Haute-Savoie) ;
Dru aux Boyards, lieu-dit, où Les Boyards, « les crapauds » est le sobriquet des habitants d´Ollon (Vallon de l´Avançon, Chablais vaudois).

Patois romand drudje, dreudze, drudze, druge, « fumier, engrais, abondance » [Bridel], et par extension « champ fumé, engraissé, qui fournit une herbe abondante » :
La Dreudze, alpage (Liddes, district d´Entremont, Valais) ;
Les Drudzes, alpage (Lessoc, Haut-Intyamon, district de la Gruyère, Fribourg) ;
Drugé, hameau (Puidoux, district de Lavaux, Vaud).

Patois savoyard druge, « engrais, fumier, purin ; pré en montagne, situé en contrebas d´un chalet, qui reçoit le purin de l´étable » :
Les Druges, alpage (Abondance, Val d´Abondance, Haute-Savoie) ;
Les Druges, alpage (Saint-Jean-de-Belleville, Tarentaise, Savoie) ;
Les Druges, alpage, et Granges des Druges, ruines (Bonneval-sur-Arc, Haute-Maurienne, Savoie).

Avec le suffixe collectif -ère :
Les Drugères, hameau (Samoëns, Faucigny, Haute-Savoie).

Dans la vallée de la Dranse, patois druzhe, « réserve de foin dans les chalets pour parer au mauvais temps ou aux chutes de neige », avec mutation du son [g] en [z] :
Les Druzes, alpage (La Baume, vallée de la Dranse, Haute-Savoie).

Diminutif avec le suffixe -in :
Drouzin, alpage (Le Biot, vallée de la Dranse, Haute-Savoie) ;
Plan Drouzin, maisons isolées, et Montagne de Drouzin, pâturage (Abondance, Val d´Abondance, Haute-Savoie).

Avec le suffixe -aux, ou composé de dru et Chaux [Kraege 2001] :
Druchaux, alpage, Creux d´Enfer de Druchaux, glacière (Berolle, district d´Aubonne, Vaud).

2. Oronyme : montagne drue, monolithique. Français dru, « fort, vigoureux », gaulois *druto, « fort, très », racine indo-européenne *dru :-, « arbre, chêne ». Cette étymologie semble moins probable que la précédente, même dans le cas suivant où le toponyme pourrait être monté d´un alpage.
Les Drus, sommets (Vallée de Chamonix, Haute-Savoie).


Drison
Chalet du Drison, commune de Plancherine (Combe de Savoie, Savoie), serait selon Gros d´Udrison, avec un patronyme diminutif de Udry, variante de l´anthroponyme germanique Uldrich, « puissant par son héritage », de l´ancien haut allemand uodal, germanique *Ôþala, « héritage », germanique *rîka, rîkia, « puissant, celui qui règne ».

Drognens
nom d´origine burgonde qui dériverait d´un primitif *Droginingos, « chez les Droginingi », dérivé de l´hypocoristique Drogino du nom propre Drogos, du burgonde (incertain) *drogo, « guerrier », ou germanique *drauga, druga, « fantôme » [Perrenot].
Drognens, Droynens en 1755, hameau (Siviriez, district de la Glâne, Fribourg) ;
Drognens, maison isolée (Sorens, district de la Gruyère, Fribourg).

Droise, Droisy
D´un nom de domaine d´origine gallo-romaine dérivé du gentilice Drausius.
Par féminisation de Drausius :
Droise, Droysia en 1289, Droyssia en 1296, d´un primitif *Villa Drausia, hameau (Grésy-sur-Aix, Aix-les-Bains, Savoie).

D´un nom de domaine *[fundus] Drausiacus dérivé avec le suffixe -acus :
Droisy, Droisier en 1273, Hospit. de Droysy vers 1344, commune et village du Genevois (Seyssel, arrondissement de Saint-Julien-en-Genevois, Haute-Savoie).


Droit
Signifie « [au] droit [du soleil] », versant orienté au Sud, voir Adret.
Le Droit, lieu-dit (Courfaivre, district de Delémont, Jura) ;
Pâturage du Droit, lieu-dit (Soubey, district des Franches-Montagnes, Jura) ;
Le Plan Droit, hameau en face du Plan de l´Envers (Vallorcine, vallée de l´Eau Noire, Haute-Savoie) ;
Forêt du Droit, Montagne du Droit et Pâturage du Droit, lieux-dits (Corgémont, district de Courtelary, Jura bernois).

Drom
Commune et village du Revermont (Treffort-Cuisiat, arrondissement de Bourg-en-Bresse, Ain), Ecclesia Sancti Thirsi de Dron en 1184, Droin en 1213, Druyn vers 1325, Drun vers 1350, De Drunco en 1482, Drunc en 1536, Drons et Drunt en 1563, Droum en 1655, et Drum en 1670, pourrait être un nom d´origine burgonde.

Dronnaire, Dronneyres
Lieu où poussent des aulnes verts (Alnus viridis), nom patois dronnyè, avec les suffixes collectifs -aire, -eyre.
Dronnaire, Dronaire en 1906, alpage (Alpages de Monthey, Val d´Illiez, district de Monthey, Valais) ;
Les Dronneyres, ou Aux Dronnaires, forêt déclive (Ollon, district d´Aigle, Vaud).

Drotsé, Drotsu, Droutsay
Du patois droutche, droutse, « Patience des Alpes » [Jaccard], appelée aussi « rhubarbe des moines, oseille des Alpes » (Rumex alpinus), plante à grandes feuilles. Cette espèce nitrophile se développe dans les zones de fumure abondante notamment près des reposoirs des troupeaux et à proximité des chalets d'alpage.
Avec les suffixes collectifs patois -é, -u :
Drotsé, maisons isolées (Isérables, district de Conthey, Valais) ;
Le Drotsu, alpage (Charmey, district de la Gruyère, Fribourg).

Avec le suffixe collectif se rapportant à la flore -ay :
Le Droutsay, Droutzai en 1906, lieu-dit (Les Diablerets, Ormont-Dessus, district d´Aigle, Vaud).


Drou, Droux
Mot régional drou, « éboulis, éboulement » [Pégorier], et aussi « boue et pierres charriées par les crues ». Pour Tosti c´est un endroit escarpé, du latin deruptus, « fortement incliné, penché, en pente, escarpé, à pic ». Droux est aussi un patronyme, issu du toponyme. Pont du Drou, pont sur la Malagne (Montricher, district de Cossonay, Vaud) ;
Les Droux, lieu-dit (Epierre, Basse-Maurienne, Savoie) ;
Les Droux, hameau (Les Déserts, Bauges, Savoie) ;
Couloir des Droux, ravin (Saint-Jean-de-la-Porte, Combe de Savoie, Savoie).

Drou
Combe i Drou, lieu-dit, Torrent i Drou, cours d´eau affluent de la Dranse, Val Ferret, commune d´Orsières, district d´Entremont (Valais), selon Guex, qui écrit Torrent Idro il faut interpréter ce nom comme « Combe aux Droz, Torrent aux Droz », d´un patronyme de la région.

Drouilles, Drouilly, Druillat, Druillet
Bois de chênes, d´un gaulois *d[a]rullia, « chêne », racine indo-européenne *deru-, drou-, dru :-, « arbre », spécialement « chêne ».
Les Drouilles, lieu-dit (Challes-les-Eaux, Chambéry, Savoie).
Avec les suffixes collectifs -et, -y :
Drouilly, lieu-dit (Les Marches, Combe de Savoie, Savoie) ;
Le Druillet, Apud lo Drulliey en 1359, Le Drulley en 1306, Druillay sur la Carte de Cassini, hameau (Saint-Cyr-Sur-Menthon, Bresse, Ain) ;
Le Druillet, Li Drulley en 1306, Apud luz Drulliey en 1399, Drulliey en 1532, Druillay sur la Carte de Cassini, hameau (Saint-Jean-sur-Veyle, Bresse, Ain).

Peut-être de même origine, avec le suffixe collectif -at :
Druillat, Durlies vers 1250, De Durlia vers 1341, Durllies et De Drulia vers 1350, De Druliaz en 1350, Drulliaz en 1554, Druillaz en 1642, commune et village de la Bresse (Pont-d´Ain, arrondissement de Bourg-en-Bresse, Ain).


Droz
Bois du Droz, forêt de la commune de Doussard (Pays de Faverges, Haute-Savoie), avec le patronyme Droz, de l´anthroponyme germanique Drogo, « combattant », de *drog, « combattre ».

Drumettaz
Village de la commune de Drumettaz-Clarafond (Aix-les-Bains, arrondissement de Chambéry, Savoie), Drumetaz en 1232, Drumete en 1568, d´un patronyme [Gros].

Duc de Bourgogne
Lieu-dit de la commune de Grandson (Vaud), où se serait trouvée la tente de Charles le Téméraire pendant le siège de Grandson.

Duchatte
La Duchatte, maison isolée de la commune des Bioux (District de la Vallée, Vaud), par féminisation d´un patronyme Duchat attesté mais rare.

Duchère
La Duchère, maison isolée de la commune des Contamines-Montjoie (Val Montjoie, Haute-Savoie), par adjectivisation d´un patronyme Duc ou féminisation d´un patronyme Ducher.

Duchières
Les Duchières, En les Duchires en 1439, hameau de la commune de Béréziat (Bresse, Ain), par féminisation d´un patronyme Duchier.

Dude, Dudes
De l´anthroponyme germanique Dudo, voir Daudens.
La Dude, quartier (Vich, district de Nyon, Vaud) ;
Les Dudes, Castrum de Dudo, démantelé probablement en 1292, maisons isolées (Essertines-sur-Rolle, district de Rolle, Vaud).

Duflonne
La Duflonne, maison isolée de la commune d´Epesses (District de Lavaux, Vaud), par féminisation d´un patronyme Duflon attesté dans la région, qui signifie du flon, « du ruisseau », voir Flon.

Duforte
La Duforte, ferme isolée de la Combe de Mijoux, commune de Gex (Pays de Gex, Ain), du nom d´un propriétaire Dufort.

Dugny
Nom de domaine d´origine gallo-romaine *Duniacum, dérivé avec le suffixe -acum du gentilice Dunius.
Dugny, Dugnyer en 1324, hameau (Leytron, district de Martigny, Valais) ;
Dugny, hameau (Brenthonne, la Côte en Chablais, Haute-Savoie).

Duillier, Dullive, Dully
Noms de domaines d´origine gallo-romaine Dulliacum, dérivés avec le suffixe -acum du gentilice Dullius, Duilius (Duellius, Duillius), de duellis, « ennemi armé, guerrier ».
Duillier, Duelliei et Duellier en 1145, Dulli et Dullye en 1154, Duellai en 1166, Duelli en 1224, Doliacum et Duallie en 1236, Duilie et Dulliacum en 1244, Duelie en 1255, Duyllier vers 1300, commune et village (District de Nyon, Vaud) ;
Dully, anciennement Duliacus et Doliacus [Régeste Genevois], Delui et Deluz en 1238, Delut et Diluth en 1243, Dului en 1284, de Dulucio en 1327, de Dulicio en 1335, Dullict et Dulicium en 1359, Dulut ou Dulict en 1402, Dullit en 1867, commune et village (District de Rolle, Vaud).
Avec le suffixe -ive :
La Dullive, Deluiva en 1272, Duluiva en 1280, Doliva en 1335, cours d´eau affluent du Lac Léman traversant le village de Dully (District de Rolle, Vaud) ;
La Dullive, hameau à l´embouchure de la Dullive (Gland, district de Nyon, Vaud).


Duin
Tour de Duin, une des tours d´un château édifié au XIIème siècle au-dessus de Bex (District d´Aigle, Vaud), Duig en 1208, Duigno en 1275, Duyngh en 1280, Duing au XIVème siècle, incendié pendant les guerres de Bourgogne et abandonné en 1641. Nom probablement de même origine que Duingt.

Duingt
Commune et village de Haute-Savoie, au bord du lac d´Annecy, Duginum au XIIème siècle, Duin en 1225, Cura de Duyng ve rs 1344, Duygnum auXIVème siècle, aussi Duyngt, et Duing-Dhérée au XVIIIème siècle. Selon Perrenot ce pourrait être un ancien *Dugingo burgonde, de même origine que Toisinges.

Duisse
Hameau de la commune de Champagneux (Saint-Genix-sur-Guiers, vallée du Guiers, Savoie), Costa de Dosci au Xème siècle, Duis au XVIIIème siècle (Carte de Cassini), villa de Docius ou Dotius [Gros]d.

Dullin
Commune et village de l´Avant-Pays savoyard (Pont-de-Beauvoisin, arrondissement de Chambéry, Savoie), Dullins en 1808, d´un patronyme Dulin, Dullin issu de l´anthroponyme germanique *Dudolin [Gros].

Dunanche
La Dunanche, ferme isolée de la commune de Bassins (District de Nyon, Vaud), probablement par féminisation d´un patronyme Dunand ou Dunant.

Durand, Durandière
Du patronyme Durand vraisemblablement d'origine germanique, avec l´ancien haut allemand rant, « bouclier », germanique *randa, randô, « limite ». Cet anthroponyme a été très tôt latinisé en Durandus, nom dans lequel on a vu un dérivé de durare, « durer », avec le sens de « persévérant », cf. l´ancien français durant, « durable, endurant ».
Champ Durand, Mansus Durannus au XIème siècle, Champdurand en 1935, maison isolée (Villarembert, Maurienne, Savoie) ;
Le Mas Durand, hameau (Châtillon-la-Palud, Dombes, Ain) ;
Mont Durand, hameau, et sous Mont Durand, maisons isolées (Saint-Jean-de-Sixt, Bornes-Aravis, Haute-Savoie).
Par adjectivisation :
La Durandière, château et hameau (Saint-Sorlin-en-Bugey, Bugey, Ain).


Durand, Durnand
Ces noms ne dériveraient pas d´un patronyme, bien qu´il y ait pu avoir attraction paronymique, mais seraient de même origine que Drance.
Mont Durand, sommet, 3713m, Glacier Durand et Col Durand, 3451m (Zinal, Val d´Anniviers, Valais) ;
Mont Durand, sommet, 2459m, Glacier du Mont Durand, et Fenêtre de Durand, 2805m, col entre Chanrion et la vallée d´Aoste (Chanrion, Bagnes, district d´Entremont, Valais, et Val d´Ollomont, vallée d´Aoste) ;
Le Durnand de la Jure, (Bovernier et Martigny-Combe, district de Martigny, Valais), et Le Durnand d´Arpette (Orsières, district d´Entremont), qui se rejoignent pour former Le Durnand, Dronnant en 1346, Durnant en 1906, cours d´eau affluent de la Dranse (District de Martigny, Valais).

Dursilly
Hameau de la commune de Margencel (Bas-Chablais, Haute-Savoie), anciennement Drusilly.

Duvillard
Hameau de la commune de Gruyères (District de la Gruyère, Fribourg), petronyme formé sur Villard.

Duzillet
Le Duzillet, étang de Saint-Triphon, commune d´Ollon (District d´Aigle, Vaud), serait un diminutif de Duis selon [Jaccard].

Dyure, Dyurette, Dyurô
Hydronyme, du mot patois valaisan dyura qui désigne un torrent issu d´un glacier [Fellay]. C´est probablement un dérivé du celtique *dor, *dora, « torrent », voir Diron.
Dyure de Pazagnou, torrent affluent de la Dranse de Bagnes (Mauvoisin, Bagnes, district d´Entremont, Valais) ;
Le Dyurô, affluent de la Dranse de Ferret (Val Ferret, Orsières, district d´Entremont, Valais).
Avec le suffixe diminutif -ette :
La Dyurette, cours d´eau (Val Ferret, Orsières, district d´Entremont, Valais).


Dza
Croux de Dza, alpage de la commune de Valtournenche (Vallée d´Aoste), « creux d´en bas », avec le patois dza, « en bas, en dessous ».

Dzacaude
Lieu-dit en forêt de la commune de Savièse (District de Sion, Valais), pourrait être une forme patoise de Jacaude, par féminisation du patronyme Jacaud, variante attestée mais plus rare de Jaccaud, avec mutation du son [j] en [dz].

Dzalou
Mont Dzalou, 3007m, sommet de la commune de Bionaz (Vallée d´Aoste), franco-provençal dzalou, « jaloux », probablement un sobriquet.

Dzardis, Dzerdi
Patois valaisan, probablement pour Gerdil, « jardin », avec mutation patoise du son [j] en [dz].
Les Dzardis, habitat dispersé (Chamoson, district de Conthey, Valais) ;
Dzerdi, lieu-dit (Aproz, Nendaz, district de Conthey, Valais).

Dzaune
La couleur jaune, en patois valaisan, avec mutation du son [j] en [dz].
Lui Dzaune, pâturage (Mauvoisin, Bagnes, district d´Entremont, Valais).

Dzéma, Dzéman
Peut-être de même origine que Jaman, avec mutation du son [j] en [dz].
La Fontana Dzéma, source près de la Morge (Savièse, district de Sion, Valais) ;
Le Dzéman, pâturage (Collonges, district de Saint-Maurice, Valais).

Dzemarion
Lieu-dit de la commune de Vollèges (District d´Entremont, Valais), composé de dze, variante soit de Dzeu, « forêt », soit de Tsé, « chaux », avec le patronyme Marion.

Dzetiau
Hameau au-dessus des Avants (Montreux, district de Vevey, Vaud), du patois dzetai, « margouillis, bourbier » [Bridel], ou un endroit où l´on sort le bétail, dérivé d´une forme patoise de jeter [Bossard].

Dzeu, Dzeure, Dzo, Dzô, Dzor,
Dzora, Dzorâsse, Dzorat, Dzorette, Dzour
Forme patoise de Jeur, avec mutation du son [j] en [dz].
Pra da Dzeu, clairière (Isérables, district de Martigny, Valais) ;
Dzeu Neire, forêt déclive (Sembrancher, district d´Entremont, Valais) ;
Les Dzeures, alpage (Le Bouchet, Bornes-Aravis, Haute-Savoie) ;
Les Praz Dzeures, refuge (Serraval, Bornes, Haute-Savoie) ;
La Dzo Devant, lieu-dit (Orsières, district d´Entremont, Valais) ;
Dzô, forêt (Bourg-Saint-Pierre, district d´Entremont, Valais) ;
Dzor i Marro, « forêt aux Marro », avec le patronyme Marro, alpage (Vallon des Morteys, Charmey, district de la Gruyère, Fribourg) ;
La Dzora, habitat dispersé en clairière (Isérables, district de Martigny, Valais) ;
Mayens de la Dzour, habitat dispersé (Savièse, district de Sion, Valais).
Avec le suffixe -asse :
Dzorâsse, forêt, pour Guex, qui écrit Forêt de Jurasse il faut comprendre dzur âssa, « forêt dévastée par un incendie », voir Asse (Praz-de-Fort, Orsières, district d´Entremont, Valais).

Avec le suffixe collectif patois -at :
Le Dzorat, pâturage (Val Ferret, Orsières, district d´Entremont, Valais).

Avec le suffixe diminutif -ette :
La Dzorette, petite forêt (Savièse, district de Sion, Valais).

Voir aussi Derreydzu, Mondzeu.


Dzorneau, Dzorniva
Patois romand dzorniva, « journée de travail », voir Jorniva, avec mutation du son [j] en [dz].
Dzorneau, lieu-dit (Troistorrents, district de Monthey, Valais) ;
Plan de Dzorniva, pâturage (Nendaz, district de Conthey, Valais) ;
Dzorniva, alpage et pâturage (Nax, district d´Hérens, Valais).

Dzovenno
Hameau de la commune de Bionaz (Vallée d´Aoste), patois valdôtain dzovenno, « jeune, jeune homme ».

Dzoyeux
Le Dzoyeux, lieu-dit en forêt de la commune de Dorénaz (District de Saint-Maurice, Valais), peut-être uen forme patoise de Joyeux, avec mutation du son [j] en [dz].