C

Cabane, Cabanes
Construction rudimentaire, de petite dimension, généralement en bois, et servant d´abri ou d'habitation. Emprunté du provençal cabana, « cabane, chaumière », du gaulois et bas latin capanna, « hutte, cabane, petite ferme ». En Suisse, le terme cabane désigne aussi un refuge de montagne.
Cabane, maison isolée (Romont, district de la Glâne, Fribourg) ;
Cabane des Bergers, maison isolée (Bessans, Haute-Maurienne, Savoie) ;
La Cabane, maison isolée (Châtenay, Dombes, Ain) ;
La Cabane, maisons isolées (L´Abergement-Clémenciat, Dombes, Ain) ;
La Grande Cabane, bergerie (Gresse-en-Vercors, Vercors, Isère) ;
Aiguille de la Cabane, 2999m, au-dessus de l´ancienne cabane d´Orny, nom récent (Trient, district de Martigny, et Val d´Arpette, Orsières, district d´Entremont, Valais) ;
Les Cabanes, maisons isolées (Mionnay, Dombes, Ain) ;
Les Cabanes, maisons isolées (Niévroz, Dombes, Ain) ;
Les Cabanes, lieu-dit (Oytier-Saint-Oblas, Pays viennois, Isère) ;
Bois des Cabanes, forêt (Champagny-en-Vanoise, Vanoise, Savoie).

Cabiotte, Caboletaz, Cabolles, Cabouetta, Caboules,
Carboles, Carboules
Mots d´origine franc-comtoise, comme cabolle, caboulot, qui signifient tous « cabanon ». Ces mots seraient apparentés à un gaulois *buta, « cabane ».
La Cabiotte, vigne et maison isolée (Briord, Bugey, Ain) ;
Chemin des Cabolles (Poliez-le-Grand, district d´Echallens, Vaud) ;
Bois des Caboules (Vallée de Joux, Vaud).
Avec le suffixe diminutif -etaz :
A la Caboletaz, maisons isolées (Epalinges, district de Lausanne, Vaud).

Dérivé par vocalisation :
Cabouetta, alpage (Saint-Rhémy-en-Bosses, vallée d´Aoste).

Avec métathèse :
Les Carboles, maisons isolées, et Montagne des Carboles, colline boisée, 792m (Forel et Puidoux, district de Lavaux, Vaud) ;
Carboules, alpage (Rougemont, Pays-d´Enhaut, Vaud).


Câble
Col du Câble, passage équipé d´un câble en-dessous de la Roche Parnal, 1693m (Plateau des Glières, Faucigny, Haute-Savoie), devenu curieusement Col du Sable sur la Carte IGN.

Caboche, Cabouche, Cabuche, Cabuse, Cabutze
Du patois local kabutse, « cabane » [Aebischer].
La Caboche, alpage (Megève, Haut-Faucigny, Haute-Savoie) ;
La Caboche, ruines d´alpage (Aime, Tarentaise, Savoie) ;
Cabouche, alpage (Le Petit-Bornand-les-Glières, Faucigny, Haute-Savoie) ;
La Cabuche, lieu-dit (Montagny, district de la Broye, Fribourg) ;
La Cabuse, maisons isolées (Savigny, district de Lavaux, Vaud).
Par mutation patoise du son [ch] en [tz] :
La Cabutze, hameau (Oleyres, district d´Avenches, Vaud).


Caborge
Cabane forestière de la commune de Seytroux (Vallée de la Dranse, Haute-Savoie), probablement une variante de caborde, caborgne, « cabane en pierre sèche » [Künzi 1997].

Caborne, Cabornes, Cabourne
Mot régional caborne, « grotte, creux, cavité ». De Borgne, avec le préfixe péjoratif ca-.
A la Vallée de Joux, « demi-maison ou portion adossée à un autre corps de bâtiment » [Hector Golay, 1905]. Voir le mot régional caborne.
La Caborne, Caborne sur la Carte de Cassini, hameau (Saint-André-de-Bâgé, Bresse, Ain) ;
La Caborne du boeuf, lieu-dit (Saint-Hymetière, Arinthod, arrondissement de Lons-le-Saunier, Jura) ;
Les Cabornes, lieu-dit (Vieu-d´Izenave, Haut-Bugey, Ain) ;
Les Cabornes, maisons isolées (Estrablin, Pays viennois, Isère) ;
Sommet des Cabornes, 1408m, et Gouffre des Cabornes (Chichilianne, Trièves, Isère) ;
Cabourne Chopêtre, lieu-dit (Grottes du Cerdon, Haut-Bugey, Ain).

Cabosse
La Cabosse, ferme isolée de la Combe de Mijoux, commune de Gex (Pays de Gex, Ain), par féminisation du nom d´un propriétaire Cabos, nom attesté dans la région.

Cabottes
En Bourgogne, une cabotte et une construction de vigne en pierres sèches. En Savoie, selon Boyer ce terme signifierait « tête qui penche », mais il confond peut-être avec [Pierre] qu´Abotse.
Crête des Cabottes, 3000m (Vallée des Glaciers, Les Chapieux, Savoie) ;
Pic des Cabottes, 2732m (Allevard, Belledone, Isère).

Cabourles
Mot régional cabourle, « terre défrichée, souvent une mauvaise terre défrichée par le feu » [Pégorier].
Les Cabourles, lieu-dit (Yvorne, district d´Aigle, Vaud).

Cabra, Cabrette, Cabrettes, Cabrits, Chavril,
Cherferie, Cheverel, Chèveresse, Chèvre, Chevreaux,
Chevrère, Chevreret, Chèvrerie, Chèvres, Chêvres,
Chevret, Chevrette, Chevrettes, Chevrey, Chevrier,
Chevrière, Chevriers, Chevril, Chevrille, Chevrillère,
Chevrilles, Chevrires, Chevrollières, Chevrotannes, Chevrote,
Chevrotière, Chevrots, Chevrotte, Chevroz, Chevru,
Chivra, Chivre
Femelle du bouc, mammifère femelle ongulé, de l'ordre des Ruminants (Capra aegagrus). Ancien français chevrot, latin capra, « chèvre, caprin », gaulois *cabros, vieux celtique *gabros, *gabra « bouc, chèvre », racine indo-européenne *kapro-, « chèvre ». La chevrette ou chèvre est aussi la femelle du chevreuil.
La Chèvre, lieu-dit (Les Gets, Faucigny, Haute-Savoie) ;
Couloir de la Chèvre, lieu-dit (Saint-Gervais-les-Bains, Val Montjoie, Haute-Savoie) ;
Golet à la Chèvre, lieu-dit (Brénod, Haut-Bugey, Ain) ;
Mont de la Chèvre, colline boisée (Sainte-Croix, district de Grandson, Vaud) ;
Sur la Chèvre maisons isolées (Souboz, district de Moutier, Jura bernois) ;
Chèvre Morte, lieu-dit (Damphreux, district de Porrentruy, Jura) ;
Chèvre Noire, lieu-dit (Gillonnay, Bièvre, Isère) ;
Chèvres, Capris, « aux chèvres » en 1264, Chevre sur la Carte de Cassini, hameau (Bernex, Genève) ;
Les Chèvres, pâturage (Saint-Martin-de-Belleville, Tarentaise, Savoie) ;
Grasses Chèvres, pâturage (Les Fonts, Sixt-Fer-à-Cheval, Haute-Savoie) ;
Pas de Chèvres, serait plus justement nommé Pas des Chèvres, col, nom monté à la Pointe du Pas de Chèvres, 2991m (Arolla, Evolène, et Val des Dix, Hérémence, district d´Hérens, Valais) ;
Pas des Chèvres, passage délicat (Montsapey, Basse-Maurienne, Savoie) ;
Passage des Chèvres, passage délicat (Saint-Rémy-de-Maurienne, Basse-Maurienne, Savoie) ;
Pont des Chèvres, sur la Petite Loëze (Bâgé-le-Châtel, Bresse, Ain) ;
Les Prés aux Chèvres, pâturage déclive (Le Grand-Bornand, Bornes-Aravis, Haute-Savoie) ;
Roche des Chèvres, sommet rocheux, 2781m (Champagny-en-Vanoise, Vanoise, Savoie) ;
Tête des Chèvres, sommet, 2711m(Val d´Isère, Haute-Tarentaise, Savoie) ;
Buisson aux Chêvres, lieu-dit (Saint-Rambert-en-Bugey, Bugey, Ain).
Diminutif avec le suffixe -et ou patronyme Chevret :
Le Chevret, hameau (Grésy-sur-Aix, Aix-les-Bains, Savoie) ;
La Côte Chevret, lieu-dit (Allevard, Grésivaudan, Isère) ;
Pré Chevret, lieu-dit (Saint-Jean-sur-Reyssouze, Bresse, Ain).

Français chevrette, « petite chèvre ; femelle du chevreuil, du chamois », avec le suffixe diminutif -ette :
La Chevrette, lieu-dit (Anglefort, Bugey, Ain) ;
La Chevrette et La Chevrette d´en Haut, maisons isolées en clairière dans le Bois de la Chevrette, forêt, et Montagne de la Chevrette, lieu-dit en forêt (Pinsot, Belledone, Isère) ;
Tête de la Chevrette, sommet, 2040m (Vallorcine, vallée de l´Eau Noire, Haute-Savoie) ;
Chevrettes, alpage (Rougemont, Pays-d´Enhaut, Vaud) ;
Les Chevrettes, maisons isolées (Chazey-sur-Ain, Bugey, Ain) ;
Pointe des Chevrettes, 2567m (Catogne, Orsières, district d´Entremont, Valais) ;
Pointes des Chevrettes, chaînon, 2642m (Val Ferret, Orsières, district d´Entremont, Valais).

Du patois tchivra, « chèvre » :
La Chivra ou La Chivraz, hameau (Allaman, district de Rolle, Vaud) ;
Chivre, lieu-dit (Villars-le-Terroir, district d´Echallens, Vaud).

Chevrier ou Chevrey, nom de métier, chevrier, gardien des chèvres, peut-être un patronyme Chevrier :
Au Chevrey, lieu-dit et lotissement (Pont-la-Ville, district de la Gruyère, Fribourg) ;
Mont Chevrey, ruines en forêt (Bonvillard, Combe de Savoie, Savoie) ;
Chevrier, hameau (Pers-Jussy, Genevois, Haute-Savoie) ;
La Côte Chevrier, lieu-dit (La Motte-Servolex, Chambéry, Savoie) ;
Mont Chevrier, 2038m (Planay, Vanoise, Savoie) ;
Pointe du Chevrier, sommet, 1809m (Rossinière, Pays-d´Enhaut, Vaud) ;
Rocher de Chevrier, falaise (Scionzier, Faucigny, Haute-Savoie) ;
Les Chevriers, hameau (Boëge, Vallée Verte, Haute-Savoie) ;
Les Chevriers, lieu-dit (Chens-sur-Léman, Bas-Chablais, Haute-Savoie) ;
Combe des Chevriers, lieu-dit en montagne (Saint-Jean-de-Belleville, Tarentaise, Savoie) ;
Prés Chevriers, maisons isolées (Onnion, Faucigny, Haute-Savoie).

Chèvrerie, endroit où l´on éleve des chèvres, pâturage destiné aux chèvres, ancien français cheverrie, chevrerie, « bercail des chèvres, endroit où se rassemblent les chèvres », bas latin caprarea, « troupeau de chèvres ; étable à chèvres », latin capraria, « lieu où l´on élève les chèvres », aussi endroit fréquenté par des chevreuils ou des chamois, avec les suffixes collectif -erie, -eresse, -eret, -ière, -ire :
Cherferie, cacographie de Chèvrerie [Gros] (Saint-Martin-de-Belleville, Tarentaise, Savoie) ;
Chèveresse, maison isolée (Albeuve, Haut-Intyamon, district de la Gruyère, Fribourg) ;
Chevrère, hameau (Introd, vallée d´Aoste) ;
Chevreret, maisons isolées (Samoëns, Faucigny, Haute-Savoie) ;
La Chèvrerie, hameau en clairière (Arzier, district de Nyon, Vaud) ;
La Chèvrerie, hameau, et à proximité La Chèvre, maison isolée (Bellevaux, Chablais, Haute-Savoie) ;
Chalets de la Chèvrerie, maisons isolées en clairière (Verrens-Arvey, Combe de Savoie, Savoie).

Adjectif chevrière, « [terre] à chèvres », de l´adjectif latin caprarius, « relatif aux chèvres » :
Chevrière, alpage (Ollomont, vallée d´Aoste) ;
Combe Chevrière, ravin (Vénosc, Oisans, Isère) ;
Pointe Chevrière, 3053m, et Roche Chevrière, 3276m sommets, et Col de la Roche Chevrière, 3188m (Aussois, Haute-Maurienne, Savoie) ;
Chevrières, de Cabreriis au XIème siècle, commune et village de Chambaran (Saint-Marcellin, arrondissement de Grenoble, Isère) ;
Chevrires, lieu-dit en forêt (Saint-Martin, district d´Hérens, Valais).

Avec les suffixes patois -oz, -u :
Chevroz, hameau (Saint-Marcel, vallée d´Aoste) ;
Chevru, hameau, Petit Chevru, probablement mons qui vocatur Caprilis au Xème siècle, colline boisée, et Croix de Chevru, croix (Yenne, Avant-Pays savoyard, Savoie).

Du latin caprile, pluriel caprilia, « étable à chèvres » [Gros], ou de l´ancien français chevril, « cabri » :
Chavril, forêt déclive (Corbeyrier, district d´Aigle, Vaud) ;
Cheverel, hameau (La Salle, vallée d´Aoste) ;
Chevril, pâturage (Ormont-Dessus, district d´Aigle, Vaud) ;
Chevril, Chivril en 1302, Apud Chivrillum en 1503, hameau (Vieu-d´Izenave, Haut-Bugey, Ain) ;
Le Chevril, hameau, Lac du Cheverel, lac artificiel, et Ruisseau du Cheverel, affluent de l´Isère (Tignes, Haute-Tarentaise, Savoie) ;
Crêt Chevril, lieu-dit (Corcelles, Haut-Bugey, Ain) ;
Marais Chevril, lieu-dit en forêt (Brénod, Haut-Bugey, Ain) ;
La Chevrille, alpage (Cerniat, district de la Gruyère, Fribourg) ;
Chevrilles, Chiuriles et Cheuriles en 1160, Chiurilles en 1190, Chivrillies en 1324, Chiurillies en 1445, Chevrilliez en 1453, Chiverly en 1528, nom allemand Giffers attesté en 1577, guifrils en 1301, guyfrels en 1345, commune et village (District de la Singine, Fribourg).

Avec le suffixe collectif -ère :
Chevrillère, lieu-dit (Grandcour, district de Payerne, Vaud).

Français chevreau, « petit d'une chèvre » :
Mont Chevreaux, colline boisée, 630m (Nattages, Bugey, Ain).

Lieu où se rassemblent les chevreaux, ancien français chevrot, « chevreau », avec le suffixe collectif -ère :
Croix de Chevrotière, sommet, 1532m (Jarrier, Maurienne, Savoie) ;
La Chevrotière, lieu-dit (Beaufort-sur-Doron, Beaufortain, Savoie).

Avec le suffixe -anne :
Chevrotannes, lieu-dit (Nivollet-Montgriffon. Bugey, Ain).

Patronyme Chevrot :
Les Chevrots, hameau (Montseveroux, Bièvre, Isère).

Par féminisation du patronyme Chevrot :
Chevrote, maisons isolées (Panissage, La Tour-du-Pin, Isère) ;
La Chevrotte, lieu-dit (Saint-Maurice-de-Beynost, Dombes, Ain).

Lieu où l´on élève des chevreaux, ou par féminisation du patronyme Chevrollier, nom de métier, « éleveur de chevreaux » :
Chevrollières, lieu-dit en forêt (Eydoche, Bièvre, Isère).

Franco-provençal cabra, « chèvre », du latin capra, même sens :
La Cabra, lieu-dit en forêt (Saxel, la Côte en Chablais, Haute-Savoie).

Avec le suffixe français -ette, « petite chèvre » :
Cabrette, lieu-dit en forêt (Freney, Maurienne, Savoie) ;
Cabrette, lieu-dit déclive (Villarodin-Bourget, Haute-Maurienne, Savoie) ;
Les Cabrettes, lotissement (Veigy-Foncenex, Bas-Chablais, Haute-Savoie).

Patronyme Cabrit, occitan cabrit, « cabri, chevreau » :
Les Cabrits, hameau (Jussy, Genève).

Voir aussi Chèvre, Chevressy, Chevrier, Gifrisch, Tchivra.


Cacabeurre
Cacabeurre, alpage de la commune de Saint-Martin-de-Belleville (Tarentaise, Savoie), et Ruisseau de Cacabeurre, affluent du Doron de Belleville, voir Beurre.

Câche, Cachet, Cachette, Cachey, Cachon,
Caiset, Caisse, Casa, Casard, Case,
Cases, Casettes, Casset, Cassette, Cassine,
Cassines, Cassises, Cazan, Cazard, Cazes,
Cesolet, Césolet, Cézeaux, Ciseaux
Petite construction de peu d´importance, souvent de bois, hutte, abri du chevrier, du berger ou du bétail. Mot régional savoyard casa, « maison, habitation, chalet » [Pégorier]. Ancien français case, « petite et chétive maison », latin médiéval casa, « maison », bas latin casa, « cabane, chaumière, hutte », bas latin cassa, « maison, bâtiment », voir aussi chesal.
Câche, hameau (Roisan, vallée d´Aoste) ;
La Caisse ou La Cassa, ruines (Lanslebourg-Mont-Cenis, Haute-Maurienne, Savoie) ;
Casa Derrey, alpage (Châtel-Saint-Denis, district de la Veveyse, Fribourg) ;
La Case, maison isolée (Vallon de l´Hongrin, Préalpes vaudoises) ;
Vers la Case ou Les Case (sic), maison isolée (La Verrerie, district de la Veveyse, Fribourg) ;
Les Cases, hameau (Saint-Maurice, Valais) ;
Les Vieilles Cases, lieu-dit (Mémises, Chablais, Haute-Savoie) ;
Les Cazes, alpage (Manigod, Bornes-Aravis, Haute-Savoie).
Avec le suffixe -an :
Cazan, maison isolée (Bulle, district de la Gruyère, Fribourg).

Avec le suffixe -ard :
Le Casard, quartier (Crissier, district de Lausanne, Vaud) ;
Cazard, lieu-dit (Challes-les-Eaux, Chambéry, Savoie).

Avec les suffixes diminutifs -et, ette, ancien français casete, « hutte, cabane, petite maison », bas latin casata, « habitation entourée d´une étendue de terre suffisante pour faire vivre une famille » :
Le Cachet, alpage (Sainte-Foy-Tarentaise, Savoie) ;
La Cachette, lieu-dit (Les Arcs, Haute-Tarentaise, Savoie) ;
Plan du Caiset, pâturage (Le Tour, vallée de Chamonix, Haute-Savoie) ;
Les Casettes, maisons isolées (Villaroger, Tarentaise, Savoie) ;
Le Casset, hameau (Pont-Evêque, Pays viennois, Isère) ;
Chalet du Casset, alpage (Talloires, Bornes, Haute-Savoie) ;
Grand Casset et Petit Casset, hameaux (La Boisse, Dombes, Ain) ;
La Cassette, maison isolée (Lanslevillard, Haute-Maurienne, Savoie) ;
La Cassette, ruines de maison isolée (Valmeinier, Maurienne, Savoie) ;
Le Cachey, in pago du Chasey en 1611, Chaset (sans date), quartier (Val d´Isère, Haute-Tarentaise, Savoie).

Avec le double suffixe diminutif -olet :
Cesolet, in Chaysseletis en 1390, Césolay en 1935, hameau, et Le Césolet, maison isolée (Montagnole, Chambéry, Savoie).

Patronyme Casset, peut-être aussi issu du gaulois cassanos, *cassanu, « chêne » :
Chez Casset, ruines en clairière (Saint-Pierre-de-Soucy, Combe de Savoie, Savoie) ;
Molard Casset, colline, 334mt (Soleymieu, L´Isle-Crémieu, Isère).

Avec le suffixe diminutif -eau :
Les Cézeaux, lieu-dit (Vinzier, Chablais, Haute-Savoie).

Par attraction paronymique avec le français « ciseaux » :
Les Ciseaux, hameau (Le Bourget-du-Lac, Aix-les-Bains, Savoie) ;
Les Ciseaux, maisons isolées (Saint-Pierre-d´Entremont, Chartreuse, Savoie) ;
Les Ciseaux, lieu-dit (Martigny, Valais) ;
Mollard Ciseaux, Mollard Caseaux en 1935, hameau (Presle, Val Gelon, Savoie).

Avec le suffixe diminutif -on :
Le Cachon, hameau (Monthion, Combe de Savoie, Savoie).

Bas latin casina, « cabane, hutte », avec le suffixe diminutif -ine :
La Cassine, lieu-dit en forêt (Féternes, Chablais, Haute-Savoie) ;
La Cassine, Grangerie de la Cassine en 1935, lieu-dit (Plancherine, Combe de Savoie, Savoie) ;
La Cassine, quartier (Chambéry, Savoie) ;
Les Cassines, maison isolée (Lanslebourg-Mont-Cenis, Haute-Maurienne, Savoie).

Probablement de même origne, le mot français cassis n´apparaissant qu´au XVIème siècle, il est très douteux que ce nom en soit issu :
Cassises, lieu-dit (Grandcour, district de Payerne, Vaud).


Cachot
Le Cachot, hameau, Le Cachot de Bise, hameau et forêt, Le Cachot de Vent, hameau et forêt (La Chaux-du-Milieu, district du Locle, Neuchâtel), « lieu secret », puis « cellule de prison », du verbe cacher, ancien français quachier, même sens, latin vulgaire *coacticare, « comprimer, serrer », latin coactare, « contraindre ».

Cachouds
Les Cachouds, hameau de la commune du Bourget-du-Lac (Aix-les-Bains, Savoie), patronyme, peut-être de l´ancien français cachous, « cachotier ».

Cadale, Cadales, Cadalle, Cadalles, Cadillaz,
Cadola, Cadolles
Cabane, abri de jardin. Patois cadola, latin médiéval catabulum, « base, fondement », latin catabulum, « remise, écurie, étable ».
Cadola, maison isolée (Evionnaz, district de Saint-Maurice, Valais) ;
Les Cadolles, quartier (Ville de Neuchâtel) ;
Les Cadolles, La Cadole en 1911, hameau (Curciat-Dongalon, Bresse, Ain).
Mot régional de la Bresse cadale, cadalle, « baraque » [Pégorier] :
Cadale, Les Cadales en 1911, maisons isolées (Condeissiat, Dombes, Ain) ;
Les Cadales, maisons isolées (Certines, Bresse, Ain) ;
Cadalle, maisons isolées (Saint-André-le-Bouchoux, Dombes, Ain) ;
La Cadalle, maisons isolées (Saint-Genis-sur-Menthon, Bresse, Ain) ;
Les Cadalles, maisons isolées (Saint-Just, Bresse, Ain) ;
Bois des Cadalles, forêt (Ceyzériat, Revermont, Ain).

Peut-être de même origine :
La Cadillaz, lieu-dit (Les Friques, Saint-Aubin, district de la Broye, Fribourg).


Caffe
La Caffe, hameau de la commune de Martigny-Combe (District de Martigny, Valais), mot qui désigne en patois une grande louche [Boyer].

Cagnard, Cagne
Petite cabane de rangement, voir le mot régional cagnard.
La Cagne, maison isolée (Châtel-Saint-Denis, district de la Veveyse, Fribourg).
Avec le suffixe -ard :
Praz Cagnard ou Pré du Cagnard, lieu-dit (Les Pléiades, Blonay, district de Vevey, Vaud).


Cagnenaire
La Cagnenaire, forêt déclive de la commune de Bagnes (District d´Entremont, Valais), près de Champsec, probablement un composé de Cagne et de Naire.

Cagreu
Lieu-dit de la commune de Perrefitte (District de Moutier, Jura bernois), nom jurassien de la prêle des champs (Equisetum arvense), aussi appelée « queue de chat, queue de renard, queue de cheval » [Roche].

Cailla, Caille, Cailleresse, Cailles, Caillou,
Chailla, Chaillac, Chaille, Chailles, Chailley,
Chaillier, Chaillod, Chaillon, Chaillonnet, Chailloux,
Challoux, Cheillon, Cheilon, Chelou, Chélou,
Chien-Loup, Chiles, Chilière, Chillaz, Chille,
Chillières, Chiloup
Terrain pierreux, difficile à cultiver ou à exploiter. Latin vulgaire *caliavum, du gaulois *caljavo, « caillouteux, pierreux », de *caljo, « pierre », racine indo-européenne *kar-, « dur ».
Français caillou, « petit fragment de roche dure » :
Le Caillou, maison isolée (Nods, district de la Neuveville, Jura bernois).

De l´ancien français cail :
Plan de la Cailla, lieu-dit (Aime, Tarentaise, Savoie) ;
La Caille, lieu-dit (Villorsonnens, district de la Glâne, Fribourg) ;
Plan de la Caille, pâturage (Saint-Luc, Val d´Anniviers, Valais) ;
La Caille, hameau (Allonzier-la-Caille, Genevois, Haute-Savoie) ;
Ponts de la Caille sur les Usses (Cruseilles, Genevois, Haute-Savoie) ;
Les Cailles, hameau (Cruzilles-lès-Mépillat, Bresse, Ain).

Avec le suffixe collectif -eresse :
Forêt des Cailleresse (Bovernier, district de Martigny, Valais).

Ancien français chaillou, « caillou, petite pierre, rocher », et mot régional chillou, « caillou » [Pégorier] :
Chalets de Chailloux, alpage (Les Houches, vallée de Chamonix, Haute-Savoie) ;
Challoux, hameau (Bernex, Genève) ;
Chelou, hameau (La Léchère, Tarentaise, Savoie) ;
Chélou, ancien nom de Notre-Dame, en Chilou en 1486, Chelouz en 1489, Chelou au XVIIème siècle, Cherloup en 1708, hameau (Jarrier, Maurienne, Savoie) ;
Chélou, ruines d´alpage, et Lac de Chélou (Lanslevillard, Haute-Maurienne, Savoie) ;
Chiloup, Chillou vers 1350, Chilou en 1378, Chiloux en 1536, château et hameau, et Plaine de Chiloup, lieu-dit (Saint-Martin-du-Mont, Bresse, Ain).

Par remotivation, selon Gros :
Bois de Chien-Loup, forêt (Saint-Martin-de-Belleville, Tarentaise, Savoie).

Du vieux français chaille, « rocher, caillou » :
La Chailla, petit sommet, 1805m (Vallée de la Manche, Samoëns, Faucigny, Haute-Savoie) ;
Chaillac, lieu-dit en montagne (Beaufin, Beaumont, Isère) ;
La Chaille, alpage (Gorgier, district de Boudry, Neuchâtel) ;
La Chaille et Couloir de la Chaille, lieux-dits en montagne (Granier, Tarentaise, Savoie) ;
Le Grand Chaille, alpage (Aime, Tarentaise, Savoie) ;
Chailles, Passage de Chaille en 1855, hameau (Saint-Franc, vallée du Guiers, Savoie) ;
Les Chailles, pâturage (Torgon, Vionnaz, district de Monthey, Valais) ;
Pont des Chailles, sur le Doron de Champagny (Champagny-en Vanoise, Vanoise, Savoie) ;
La Chillaz, maisons isolées (Morillon, Faucigny, Haute-Savoie) ;
Les Chiles, lieu-dit (Allinges, Bas-Chablais, Haute-Savoie) ;
Chille, commune et village (Arrondissement de Lons-le-Saunier, Jura).

Diminutif avec le suffixe -on :
Chaillon, lieu-dit (Sault-Brénaz, Bugey, Ain) ;
Cheillon, hameau (Valpelline, vallée d´Aoste) ;
Alpe de Cheilon, aussi écrit Cheillon, et anciennement Cheillong, Seillon et Seilon, nom monté au Clocher de Cheilon, anciennement Tête à Cust, du nom de l´alpiniste anglais auteur de la première ascension, sommet, 3226m, au Col de Cheilon, 3240m, au Glacier de Cheilon et au Mont Blanc de Cheilon, 3879m (Bagnes, district d´Entremont, et Val des Dix, Hérémence, district d´Hérens, Valais).

Avec un second suffixe diminutif -et :
Chaillonnet, lieu-dit, et Bief de Chaillonnet (Prémillieu, Bugey, Ain).

Dérivé avec les suffixes collectifs -ier, -ière :
Ruisseau du Vieux Chaillier, affluent du Ruisseau du Coard (Cevins, Combe de Savoie, Savoie) ;
La Chilière, maison isolée (Troistorrents, district de Monthey, Valais) ;
Les Chillières, lieu-dit (Montcherand, district d´Orbe, Vaud).

Dérivé avec le suffixe collectif -ey :
Le Chailley, hameau, et Bief du Chailley (Plagne, Michaille, Ain).

Avec le suffixe valdôtain -od :
Chaillod, hameau (Saint-Nicolas, vallée d´Aoste).

Voir aussi Chaillouvre, Chalaronne Chillon, Montcalia, Saille, Siloup.


Caillet, Caillets, Cailletta, Caillette, Caillettes,
Caillotières, Chaillet
Patronymes Caillat, Caillet, Chaillet, soit d´un lieu caillouteux, voir Cailla, soit un nom en rapport avec la caille ou le caillé.
Caillet, Caillat en 1911, Chez Caillat en 1847, hameau (Saint-Nizier-le-Désert, Dombes, Ain) ;
Caillet, lieu-dit sur le chemin du Montenvers (Vallée de Chamonix, Haute-Savoie) ;
Les Caillets, hameau (Seythenex, Pays de Faverges, Haute-Savoie) ;
Les Caillets, Ez Caillats en 1757, Caillet au XVIIIème siècle (Carte de Cassini), hameau (Crottet, Bresse, Ain).
Par féminisation du patronyme Caillet :
La Cailletta ou La Caillette, alpage (Châtel-Saint-Denis, district de la Veveyse, Fribourg),
La Caillette, hameau (Montbrelloz, Vernay, district de la Broye, Fribourg) ;
Les Caillettes, maisons isolées (Bex, district d´Aigle, Vaud) ;
Pré Chaillet, lieu-dit (Orny, district de Cossonay, Vaud).

Dérivé avec le suffixe de propriété -ière du patronyme Caillot :
Les Caillotières, maisons isolées (Saint-Etienne-sur-Chalaronne, Dombes, Ain).


Cairfatas
Les Cairfatas, lieu-dit en forêt de la commune de Courgenay (District de Porrentruy, Jura), composé du patois jurassien câre, « angle, coin » et fatte, « dépression, cuvette du terrain ».

Caisserie
Ce terme désigne une fabrique de caisses, d´emballages en bois, avec le suffixe d´action -erie.
La Caisserie, hameau où la caisserie « La Raisse » est toujours en activité (Genolier, district de Nyon, Vaud).

Calabourdane
Vallon de la Calabourdane, lieu-dit de la commune de Val d´Isère (Haute-Tarentaise, Savoie), adjectif féminin, d´un patronyme Calabord dérivé d´un anthroponyme germanique Carabaldus contenant le germanique *balda, « fort, audacieux » [Gros].

Calabri
Calabri et Côte de Calabri, lieux-dits de la commune de Fontenais (District de Porrentruy, Jura), probablement composé avec un anthroponyme germanique *Abry, Aubry, dérivé de Alberic, de l´ancien haut allemand adal, « [noble] lignée », et germanique *rîka, rîkia, « puissant, celui qui règne ». Il y avait au Moyen Age un Bastion Calabri à Genève.

Calamand, Calamant, Calame, Calames, Calamin,
Calamitière
Patronyme Calame, nom de métier, scribe, du latin calamus, « roseau, plume ».
La Calame, alpage, et Gouffre de la Calame (Sergy, Pays de Gex, Ain) ;
Les Calame, alpage, et Plan Calame, forêt (La Chaux-du-Milieu, district du Locle, Neuchâtel) ;
Les Calames, du patronyme Calame attesté dans la commune dès le XVème siècle, vignes (Boudry, Neuchâtel).
Peut-être du patronyme Calame, avec le suffixe de propriété -ière :
La Calamitière, lieu-dit en forêt (Leyssard, Haut-Bugey, Ain).

Patronymes Calamand, Calamant, Calamin de même origine, ou selon Tosti, de l´anthroponyme germanique *Calaman, Galaman, germanique *galan, « chanter », et *mana, manna, « homme » :
Calamand, alpage (Les Gets, Faucigny, Haute-Savoie) ;
Le Calamant, hameau (Saint-Alban-de-Montbel, Avant-Pays savoyard, Savoie) ;
Calamin, lieu-dit (Pomy, district d´Yverdon, Vaud).


Calambert
Lieu-dit de la commune de Dizy (District de Cossonay, Vaud), anciennement Calembert et Carembert, d´un anthroponyme germanique.

Calèves
Calèves, hameau, et Petit Calèves, maisons isolées de la commune de Duillier (District de Nyon, Vaud), peut-être à rapprocher du brittonique calleva, « bois ».

Californie
Par allusion à la région de la côte Ouest des Etats-Unis, dont le nom vient du latin calidus, « chaud », et fornax, « four ».
La Californie, lotissement (Collonge-Bellerive, Genève).

Caline, Câline, Chalambé, Chalau, Chalestet,
Chalet, Chalets, Chalette, Chaleyre, Chaligne,
Challa, Challe, Challenles, Challes, Challes-la-Montagne,
Challes-les-Eaux, Challin, Chalon, Chalotet, Chalottet,
Chaluet, Chalune
Mots d´origine pré-indo-européenne (ligure) *cala, « lieu abrité, refuge, abri de montagne », et celtique *chal, « pente ou creux abrité du vent ».
Peut-être d´un franco-provençal *challa, variante de calla, « ravin », qui a donné les mots régionaux de Savoie chalé, challex, « chalet » [Pégorier] :
Chalau, clairière (Champagne, district de Grandson, Vaud) ;
Le Chaleyre, chalet (Montroc, vallée de Chamonix, Haute-Savoie) ;
Chaligne et Tsa de Chaligne, alpages de Gignod, nom monté à la Pointe de Chaligne, 2607m (Aoste, Gignod et Sarre, vallée d´Aoste) ;
La Challa, alpage (Neirivue, Haut-Intyamon, district de la Gruyère, Fribourg) ;
La Challe, maisons isolées (Mieussy, Faucigny, Haute-Savoie) ;
Le Challe, lieu-dit (Sallanches, Haut-Faucigny, Haute-Savoie) ;
Chalet de la Challe, maison isolée (Montagny, Tarentaise, Savoie) ;
Les Challenles, maison isolée en clairière (Vallon de Gers, Sixt-Fer-à-Cheval, Faucigny, Haute-Savoie) ;
Challes, Chales en Dombes en 1662, château et hameau (Saint-Didier-sur-Chalaronne, Dombes, Ain) ;
Challes, Chalez Buenci en 1433, Challe de Buhenc sur la Carte de Cassini, Challes de Bohan en 1911, hameau (Hautecourt-Romanèche, Revermont, Ain) ;
Les Challes, maisons isolées (La Balme-de-Thuy, Bornes, Haute-Savoie) ;
Grand Challes et Petit Challes, Challes en 1290, Chales vers 1335, Domus fortis de Challes en 1437, quartiers (Bourg-en-Bresse, Bresse, Ain) ;
Challes-la-Montagne, Chales en 1299-1369, Challes en 1563, Chales de la Montagne sur la Carte de Cassini, commune et village du Haut-Bugey (Poncin, arrondissement de Nantua, Ain) ;
Challes-les-Eaux, commune et village (La Ravoire, arrondissement de Chambéry, Savoie).

Avec les suffixes diminutifs -et, -ette, latin médiéval calittum :
La Chalette, maisons isolées (Bionnassay, Saint-Gervais-les-Bains, Val Montjoie, Haute-Savoie) ;
Sur la Chalette, pâturage (Châtel, Val d´Abondance, Haute-Savoie) ;
Le Chaluet, vallon, Schalue en 1349, pourrait aussi dériver d´un mot germanique *skaljo, « coupe, vasque », et Ruisseau de Chaluet, cours d´eau affluent de la Birse (Court, district de Moutier, Jura bernois).

Français d´origine savoyarde ou suisse romande chalet, « maison d´alpage ou ferme isolée », latin médiéval challesium, chaletum, de même origine :
Le Chalet, hameau (Les Montets, district de la Broye, Fribourg) ;
Les Chalets, alpage (Neirivue, Haut-Intyamon, district de la Gruyère, Fribourg).

Dans le Jorat, ce nom désigne une ferme située au milieu d´un domaine défriché à la fin du Moyen Age :
Chalet des Enfants, auberge isolée (Le Mont-sur-Lausanne, district de Lausanne, Vaud).

Avec le suffixe diminutif -et :
Le Chalestet, alpage (La Giettaz, Val d´Arly, Savoie).

Avec le suffixe diminutif -ot :
Le Chalotet, alpage (L´Etivaz, Château-d´Oex, Pays-d´Enhaut, Vaud) ;
Le Chalottet, maison isolée (Les Charbonnières, Vallée de Joux, Vaud).

Avec le suffixe diminutif -ot :
Challin, hameau (Antey-Saint-André, vallée d´Aoste).

Patois calonna, « pente abritée », et mots régionaux calane, « escarpement, versant rocheux abrupt », calina, « pente d´une colline ; ravin en pente ; descente » [Pégorier] :
La Caline ou La Câline par attraction paronymique, Calona et La duis de Calonan en 1228, Calunna en 1242, cours d´eau affluent du Rhône (Conand et Saint-Rambert-en-Bugey, Bugey, Ain) ;
Chalon, alpage (Bionaz, vallée d´Aoste) ;
Chalune, lieu-dit déclive, nom monté à la Pointe de Chalune, 2116m (Bellevaux, Chablais, Haute-Savoie).

Avec un suffixe indéterminé :
Chalambé, alpage (Oyace, vallée d´Aoste).

Voir aussi Lagnieu, primitivement Calonnia, et la forme patoise Tsalè.


Callet, Callets
Patronyme Callet, semble désigner le porteur d´une sorte de bonnet, de l´ancien français cale, calle, « coiffure » [Tosti].
Chez Callet, hameau (Malafretaz, Bresse, Ain) ;
Pré Callet, lieu-dit en forêt (Ruffieux, Chautagne, Savoie) ;
Les Callets, hameau (Attignat, Bresse, Ain).

Calvaire, Calvaires
Français calvaire, « suite d´épreuves physiques ou morales, de souffrances vives et prolongées » ou « croix de pierre ou de métal, élevée en plein air, souvent à un carrefour », latin chrétien calvaria, « crâne », du grec kranion, qui lui-même traduit l´araméen gulgoltâ, « crâne, sommet », nom donné à la colline où le Christ fut crucifié.
Le Calvaire, lieu-dit (Megève, Haut-Faucigny, Haute-Savoie) ;
Le Calvaire, cahpelle (Aime, Tarentaise, Savoie) ;
Calvaire de la Dent, croix (Bellevaux, Chablais, Haute-Savoie) ;
Calvaire d´Innimond, lieu-dit (Innimond, Bugey, Ain) ;
Calvaire de Portes, croix (Bénonces, Bugey, Ain) ;
Calvaire du Molard Rond, croix sur une colline boisée (Oyeu, Bièvre, Isère).
Aiguille des Calvaires ou Aiguille Verte, 2322m (Chaîne des Aravis, Haute-Savoie), peut-être faut-il y voir une remotivation d´un dérivé du latin calvus, « chauve, lisse, dénudé », voir Carvin.

Calvin, Carvin, Chalves, Charvanod, Charvay,
Charvaz, Charve, Charvelière, Charvet, Charvetan,
Charvex, Charvin, Charvines, Chervaz, Chervé,
Chervette
Sommet, montagne ou alpage dénudé, des mots régionaux savoyards chalve, chalvet, charve, charvet, chauvet, « montagne, rocher calcaire, sommet dénudé » [Pégorier], vieux français chalvet, latin calvus, « chauve, lisse, dénudé », diminutif calvinus, adjectif calvatus, « rendu chauve », variante calvetus ; certains de ces noms peuvent aussi être des patronymes ou des sobriquets de même origine.
Rochers de Chalves, sommet (Chartreuse, Isère).
Dérivés par rhotacisme :
Charvay, lieu-dit en forêt (Géovreisset, Haut-Bugey, Ain) ;
Chervaz, maisons isolées en clairière (Saint-Denis, vallée d´Aoste) ;
Charvaz, hameau (Sales, Albanais, Haute-Savoie) ;
Mont Charvaz, 2248m (Chamois et Valtournenche, vallée d´Aoste) ;
Montagne de la Charvaz, 1158m (Billième, Yenne, Avant-Pays savoyard, Savoie) ;
Mont Charve, sommet (Tarentaise, Savoie) ;
Chervé, alpage (Nendaz, district de Conthey, Valais).

Diminutifs avec les suffixes -et, -ette :
Charvet, pâturage, etc Rochers du Charvet, lieu-dit (Montmin, Bornes, Haute-Savoie) ;
Charvet, lieu-dit (Cevins, Combe de Savoie, Savoie) ;
Mont Charvet, 2538m, et Combe du Mont Charvet, lieu-dit (Le Grand-Bornand et Sallanches, Chaîne des Aravis, Haute-Savoie) ;
Mont Charvet, 1572m (Saint-Jean-de-la-Porte, Combe de Savoie, Savoie) ;
Mont Charvet, 2489m (Morgex, vallée d´Aoste) ;
Grand Mont Charvet, 449m, et Petit Mont Charvet, 440m, collines boisées (Drom, Revermont, Ain) ;
La Chervette, Calvata en 1154, Charveta en 1273, Chalveta en 1278, Chervattaz en 1906, hameau (Châtillens, district d´Oron, Vaud).

Avec le suffixe -an :
Charvetan, ruines d´alpage, et Ruisseau de Charvetan, affluent du Torrent de la Glaize, nom monté au Col deCharvetan, 2209m (La Léchère et Granier, Tarentaise, Savoie).

Diminutifs avec le suffixe -in :
Carvin, lieu-dit (Saxon, district de Martigny, Valais).

Avec le suffixe -od :
Crêt de Charvanod, petite colline (Poisy, Annecy, Haute-Savoie).

D´un patronyme Calvin de même origine :
Calvin, maisons isolées (Presle, Val Gelon, Savoie).

D´un patronyme Charvin de même origine :
Mont Charvin, sommet à l´extrémité méridionale de la chaîne des Aravis, 2409m, nommé aussi Montagne d´Ugine, et anciennement Le Grand Carré ; son nom actuel viendrait du nom d´une famille d´Ugine ; selon certaines source il serait nommé en mémoire d´Alexandre Charvin, géographe alpin, mais selon d´autre sources le nom du Mont Charvin est antérieure au géographe. Nom passé au Lac du Mont Charvin ;
Mont Charvin, alpage et sommet, 2889m (Bionaz, vallée d´Aoste) ;
Rocher de Charvin, rocher (Serraval, Massif de la Tournette, Bornes, Haute-Savoie) ;
Chez Charvin, maisons isolées en clairière (Valpelline, vallée d´Aoste).

Par féminisation du patronyme Charvin :
Les Charvines, maisons isolées (Saint-Eustache, Annecy, Haute-Savoie).

D´un patronyme Charvex de même origine :
Charvex, hameau (La Balme-de-Thuy, Bornes, Haute-Savoie).

Dérivé du patronyme Charvel avec le suffixe de propriété -ière :
Charvelière, maisons isolées (Cognin-les-Gorges, Sud du Grésivaudan, Isère).

Voir aussi Chavière, Montcharvin, Montchaverin, Montchervet, Pierrecharve, Tsarevesse, Zervettaz.


Caly
Le Mont Caly, hameau de la commune des Gets (Faucigny, Haute-Savoie), avec un patronyme Caly.

Calypso
Maisons isolées de la commune de Saint-Martin-de-la-Porte (Maurienne, Savoie), anciennement Les Gorrets, lieu-dit baptisé ainsi par un J.-Bte Cadot qui lui avait trouvé une ressemblance avec l´île de la nymphe Calypso [Gros].

Camargue
La Petite Camargue, lieu-dit de la commune de Port-Valais (District de Monthey, Valais), par allusion à la région française du même nom.

Cambets
Les Cambets, maisons isolées de la commune d´Aiguebelette-Le-Lac (Avant-Pays savoyard, Savoie), patronyme Cambet.

Cambuse
Français cambuse, « habitation sommaire et sans confort ». Emprunté du néerlandais kombuis, « cuisine de navire ; chaufferie ».
La Cambuse, faubourg (Vinzier, Chablais, Haute-Savoie) ;
La Cambuse, maisons isolées en clairière (Saint-Eustache, Annecy, Haute-Savoie).

Camelin
Le Camelin, hameau de la commune de Saint-Genix-sur-Guiers (Vallée du Guiers, Savoie), patronyme Camelin, mon de métier, marchand de camelin, au Moyen Age une étoffe en poil de chameau ou de chèvre [Tosti].

Camelote
La Camelote hameau de la commune de Loisin (Bas-Chablais, Haute-Savoie), par féminisation d´un patronyme Camelot, nom de métier, « marchand ambulant qui vend des articles de pacotille ».

Camenray
Dos Camenray, maisons isolées de la commune de Corban (District de Delémont, Jura), nom que Prongué rapproche substantif carmoûetche, qui désigne, dans le patois de la région belfortaine, un éclat de souche ou de bois noueux.

Camp, Camp des Allobroges, Campe, Campes, Campoz,
Camp Romain
Forme picardo-normande, passée en français au XVème siècle de champ, mot qui a désigné d´abord un terrain militaire.
Le Camp, lieu-dit (Hauterive, district de la Sarine, Fribourg) ;
Le Camp, alpage, probablement d´un ancien camp de défricheurs (Villiers, district du Val-de-Ruz, Neuchâtel) ;
Camp des Allobroges, lieu-dit au sommet du Petit Salève, où se seraient établis des représentants de la tribu gauloise des Allobroges, ethnonyme qui signifie « d´un autre pays, étrangers », du gaulois allos, « autre », et brog(i)-, « territoire, région » [Delamarre] (Monnetier-Mornex, Genevois, Haute-Savoie) ;
Camp Romain et Vieux Camp, lieux-dits probablement d´origine militaire (Bière, district d´Aubonne, Vaud).
Par féminisation de camp :
Campe, hameau dont le nom vient des campements de huttes établis par les premiers colonisateurs (Le Chenit, vallée de Joux, Vaud) ;
Les Campes, lieu-dit (Bons-en-Chablais, la Côte en Chablais, Haute-Savoie).

Dérivé avec le suffixe patois -oz :
Le Campoz, pâturage (Servoz, Haut-Faucigny, Haute-Savoie).


Campanne, Champagne, Champagne-en-Valromey, Champagnes, Champagneux,
Champagnod, Champagnole, Champagnoulaz, Champan, Champanay,
Champanelle, Champaney, Champanges, Champanod, Chapagne
Campagne, paysage découvert avec habitat groupé au centre de cultures céréalières, avec rotation de jachères que le bétail paissait et fumait. Ancien français champagne, « plaine, grande étendue de pays plat », et adjectif ancien français champagne, « des champs, campagnard », latin médiéval campania, « champ, pièce de terre du manse dominical », bas latin campania, « plaine », du pluriel neutre latin substantivé campanea, pris pour un féminin, de l´adjectif campaneus, campanius, « de la campagne », dérivé tardif de campus, « plaine, campagne cultivée ».
Champagne, Campania en 885, Champanes en 1228 (District de Grandson, Vaud) ;
Champagne, Champanhi et Champagni vers 1335, Villagium de Champaigny en 1372, Champagnia et Champagny en 1468, Champaigne en 1563, hameau, et Les Champs de Champagne, maison isolée (Viriat, Bresse, Ain) ;
Champagne, hameau, et Moulin de Champagne, maisons isolées (Vonnas, Dombes, Ain) ;
Champagne, de Champagnis en 1255, hameau (Saint-Pierre-d´Albigny, Combe de Savoie, Savoie) ;
Champagne-en-Valromey, Ecclesia de Campanieu en 1191, Campania en 1244, Cura de Champagnia vers 1344, puis Champagne, canton, commune et village du Valromey (Arrondissement de Belley, Ain) ;
La Champagne, Campania en 1201, Canpania en 1220 (Extrémité occidentale du canton de Genève) ;
Grange Champagne, lieu-dit (Ambronay, Bugey, Ain) ;
Les Champagnes, In Champagniis en 1375, groupe de hameaux (Saint-Marie-de-Cuines, Maurienne, Savoie) ;
Sur les Champagnes, lieu-dit (Vieu, Valromey, Ain).
Avec le suffixe -eux, plutôt que d´un nom de domaine d´origine gallo-romaine, comme Champagneux :
Champagneux, lieu-dit (Mens et Saint-Baudille-et-Pipet, Trièves, Isère).

Avec le suffixe valdôtain -od :
Champagnod, hameau (Torgnon, vallée d´Aoste).

Du diminutif latin campaniola :
Champagnole, anciennement Campagnola, canton, commune et village (Arrondissement de Lons-le-Saunier, Jura) ;
Champagnole, hameau (Les Roches-de-Condrieu, Pays viennois, Isère) ;
Champagnoulaz, ancien lieu-dit (Grandcour, district de Payerne, Vaud).

Variantes de Champagne :
Champanges, commune et village du Pays de Gavot (Evian-les-Bains, arrondissement de Thonon-les-Bains, Haute-Savoie) ;
La Chapagne, lieu-dit (Vermes, district de Delémont, Jura).

Variantes de Champagne, du latin médiéval campania, ou, moins probable, de l´ancien français champan, « droit du seigneur de prendre un certain nombre de gerbes sur les champs dépendant de leur seigneurie » :
Champan, lieu-dit (Saint-Martin-du-Mont, Bresse, Ain) ;
La Campanne, forêt déclive (Cuarny, district d´Yverdon, Vaud).

Avec les suffixes collectifs se rapportant à la flore -ay, -ey :
Champanay, maison isolée (Saint-Maurice-l´Exil, Pays viennois, Isère) ;
Bois de Champaney, forêt (Poisat, Pays grenoblois, Isère).

Diminutif avec le suffixe -elle :
Champanelle, Campanel en 960-961, hameau (Saint-Didier-sur-Chalaronne, Dombes, Ain).

Avec le suffixe diminutif -et :
Champanet, lieu-dit (Divonne-les-Bains, Pays de Gex, Ain).

Avec le suffixe -od :
Champanod, hameau (Chavanod, Annecy, Haute-Savoie).


Canada
Par allusion au pays du même nom, pays propice à l´agriculture et qui avait, au XIXème siècle, les faveurs des émigrants [Prongué].
Le Canada, lieu-dit (Delley-Portalban, district de la Broye, Fribourg) ;
Le Canada, maison isolée (Montignez, district de Porrentruy, Jura) ;
Le Canada, vigne (Vernier, Genève).

Canal, Chanal, Chanel, Chenaillon, Chenal,
Chenalatte, Chenalet, Chenaletta, Chenalettaz, Chenalette,
Chenaleyres, Chenallets, Chenallette, Chenallettes, Chenallin,
Chenals, Chenau, Chenaudaire, Chenaux, Cheneau,
Cheneaux, Chenet
Canal, chenal, conduit creusé dans le bois qui amène l´eau aux scieries ou aux moulins, aussi couloir de montagne en pente raide, combe, vallée étroite. Vieux français chinal, chenaul, ancien français chanait, chanart, chanel, chaneil, chenel, latin canalis, « canal, chenal, chéneau, aqueduc, fossé ».
Français canal, forme savante, terme générique utilisé le plus souvent avec un complément :
Le Canal, lieu-dit (Ceyzérieu, Bugey, Ain) ;
Le Canal, dérivation de l´Isère (Saint-Pierre-d´Albigny, Combe de Savoie, Savoie) ;
Le Grand Canal, lieu-dit en montagne (Presle, Val Gelon, Savoie) ;
Sur le Canal, lieu-dit (Villieu-Loyes-Mollon, Dombes, Ain).

Ancien français chanel, chenel, féminin ou masculin :
Chanal, De Canali en 1279, hameau (Fareins, Dombes, Ain) ;
Chanal et Petit Chanal, hameaux (Biziat, Dombes, Ain) ;
Château de la Chanal (Miribel, Dombes, Ain) ;
Chanel, lieu-dit (Sullens, district de Cossonay, Vaud).

Par réfection de l´ancien français chanel, chenel, féminin ou masculin :
Chenal, hameau (Montjovet, vallée d´Aoste) ;
Chenal du Glias, ravin (Bessans, Haute-Maurienne, Savoie) ;
Sur Chenal, alpage (Grandfontaine, district de Porrentruy, Jura) ;
La Chenal, de Canali au XVème siècle, hameau (Saint-Colomban des Villards, Maurienne, Savoie) ;
Cras des Chenals, maison isolée (Courrendlin, district de Delémont, Jura) ;
Forêt de Chenal, forêt déclive (Courfaivre, district de Delémont, Jura) ;
La Chenau, lieu-dit (Agiez, district d´Orbe, Vaud) ;
Chenau du Droit, ravin (Cortébert, district de Courtelary, Jura bernois) ;
Chenau Ferrée, lieu-dit (Lessoc, Haut-Intyamon, district de la Gruyère, Fribourg) ;
Cul de la Chenau, lieu-dit en forêt, et Haut de la Chenau, alpage (Saint-Sulpice, district du Val-de-Travers, Neuchâtel) ;
Chenaux, anciennement Chinaul et Chenaulx, hameau (Cully, district de Lavaux, Vaud) ;
Chenaux, Chenaul en 1339, Chenaul et Chenaulx en 1441, Chinaulx en 1530, lieu-dit (Bôle, district de Boudry, Neuchâtel) ;
Ruisseau des Chenaux, affluent du lac Léman (Saint-Prex, district de Morges, Vaud) ;
Cheneau, in Chinauz en 1339, en Chenaul, à Chenaulx et en Chenal en 1441, en Chinaulx en 1530, lieu-dit (Boudry, Neuchâtel) ;
Cheneau du Ban, lieu-dit (Troistorrents, district de Monthey, Valais) ;
Cheneau Noire, ravin (Sixt-Fer-à-Cheval, Faucigny, Haute-Savoie) ;
Grand´Cheneau, couloir en forêt (Bovernier, district de Martigny, Valais) ;
Cheneaux Rouges Dessous et Cheneaux Rouges Dessus, alpages (Château-d´Oex, Pays-d´Enhaut, Vaud) ;
Chenet de la Voltive, lieu-dit (Ardon, district de Conthey, Valais).

Patronyme Chenal de même origine :
Chez Chenal, hameau (Saint-Martin-Bellevue, Annecy, Haute-Savoie) ;
L´Essert Chenal, lieu-dit en forêt, et Ruisseau de l´Essert Chenal (Entremont, Faucigny, Haute-Savoie).

Diminutifs avec les suffixes -et, -ette, ancien français chanallet, formes patoises -etta, -ettaz :
Chenalet, lieu-dit (Bottens, district d´Echallens, Vaud) ;
Source du Chenalet (Montsapey, Basse-Maurienne, Savoie) ;
Chenalette, maison isolée (Blonay, district de Vevey, Vaud) ;
Grande Chenalette, sommet, 2890m, Petite Chenalette, sommet, 2664m, en limite de la vallée d´Aoste (Bourg-Saint-Pierre, district d´Entremont, Valais) ;
Les Chenalettes, maison isolée (Bex, district d´Aigle, Vaud) ;
La Chenallette, lieu-dit (Grand-Saint-Bernard, Valais) ;
Les Chenallettes, maison isolée (Lessoc, Haut-Intyamon, district de la Gruyère, Fribourg).

Avec les patronymes Chenalet, Chenallet de même origine :
Grange du Rochet Chenalet, ruine (Montmin, Bornes, Haute-Savoie) ;
Les Chenallets, par le patronyme Chenallet, hameau (Yvoire, Bas-Chablais, Haute-Savoie).

Avec les suffixes diminutifs patois -etta, -ettaz :
La Chenaletta, hameau (Vaulruz, district de la Gruyère, Fribourg) ;
La Chenalettaz, alpage (Les Contamines-Montjoie, Val Montjoie, Haute-Savoie) ;
La Chenalettaz, alpage (Bourg-Saint-Maurice, Tarentaise, Savoie).

Diminutif avec le suffixe -in :
Crête de Chenallin, lieu-dit en montagne (Albiez-Montrond, Maurienne, et Saint-Jean-d´Arves, Arvan, Savoie).

Diminutif formé avec le suffixe jurassien -atte :
La Chenalatte, forêt déclive (Muriaux, district des Franches-Montagnes, Jura).

Diminutif avec le suffixe -on :
Le Chenaillon, ruisseau affluent du Grand Bied (Boudevilliers, district du Val-de-Ruz, Neuchâtel).

Avec les suffixe collectifs -aire, -eyre :
Chenaleyres, hameau (Autafond, district de la Sarine, Fribourg) ;
La Chenaudaire, vallon en forêt (Aigle, Vaud).

Voir aussi Echaneaux, Lachenal, et la forme patoise valaisanne Tsena.


Canal Stockalper
Canal parallèle au Rhône (District de Monthey, Valais), creusé à l´initiative de Gaspard-Jodok Stockalper, le Rhône n´étant pas navigable à l´époque. Commencé en 1651, il fut ouvert en 1659 entre Collombey et Vouvry. Bien qu´il dut aller jusqu´à Port-Valais, les travaux ne purent être terminés en raison des trop fréquentes inondations. Il ne fut achevé jusqu´au lac qu´en 1879.

Cananéen
Alpage de la commune de Château-d´Oex (Pays-d´Enhaut, Vaud), nom monté à la Pointe de Cananéen, petit sommet, 1842m, probablement un sobriquet, de cananéen, « originaire de Canaan », région de la Palestine.

Canard, Caneton
Français canard, « oiseau aquatique palmipède », ancien français quanart, d´origine onomatopéïque.
Le Canard, lieu-dit en forêt (Alex, Bornes, Haute-Savoie) ;
Le Canard, lieu-dit (Semons, Bièvre, Isère) ;
Lac Canard, lac de montagne (Livet-et-Gavet, Oisans, Isère) ;
Ruisseau du Canard, affluent du Canal de Saint-Quentin (Saint-Quentin-sur-Isère, Vercors, Isère) ;
Bec du Canard, Aiguille du Canard en 1921, sommet, 3268m, Col du Canard, 2918m, et Glacier du Bec du Canard (Saint-Christophe-en-Oisans, Oisans, Isère).
Peut-être un sobriquet :
Le Canard, maison isolée, et Bois Canard, forêt (Saint-Romain-de-Surieu, Pays viennois, Isère).

Français caneton, « petit du canard » :
Tête du Caneton, sommet voisin du Bec du Canard, 2958m (Saint-Christophe-en-Oisans, Oisans, Isère).


Candie
Patronyme Candie, variante de Candide, latin candidus, « candide, franc, sincère, impartial ».
Candie, hôtel, ancien château du XIVème siècle de la famille de Candie (Chambéry-le-Vieux, Chambéry, Savoie) ;
Candie, maisons isolées (Serrières-en-Chautagne, Chautagne, Savoie).

Canevet
Hameau du Praz de Lys (Taninges, Faucigny, Haute-Savoie), patronyme.

Canevières
Les Canevières, maisons isolées au bord de la Dranse d´Abondance (Abondance, Val d´Abondance, Haute-Savoie), peut-être de même origine que Chenevières.

Canne, Cannelet, Cannes
« Canne » est le nom commun de certains roseaux. Latin canna, gaulois cano-, « roseau », grec kanna, « tuyau ».
La Canne, hameau (Loisin, Chablais, Haute-Savoie) ;
Les Cannes, hameau (Massonnens, district de la Glâne, Fribourg).
Avec le suffixe diminutif -el et collectif -et :
Cannelet, hameau (Chancy, Genève).


Canoneire
La Canoneire, lieu-dit de la commune de Montagny (District de la Broye, Fribourg), probablement une variante de l´ancien français canoniere, « église de chanoines », bien ayant appartenu à une communauté de chanoines, peut-être celle du prieuré de Saint-Maire.

Cantin, Cantine, Cantinières
Patronyme Cantin, variante de Quentin.
Les Cantins, Cantin en 1935, ruines (Villard-Sallet, Val Gelon, Savoie).
Mot français emprunté à l´italien cantina, « cave, cellier », ou, moins probable, par féminisation du patronyme Cantin :
Cantine, maison isolée (Arâches-la-Frasse, Faucigny, Haute-Savoie) ;
La Cantine, maison isolée (Bardonnex, Genève) ;
La Cantine, hameau (Pont-en-Ogoz, district de la Gruyère, Fribourg) ;
La Cantine, clairière (Arzay, Bièvre, Isère).

Du nom de métier cantinière, ou du patronyme Cantin avec le suffixe de propriété -ière :
Les Cantinières, hameau (Ruy, La Tour-du-Pin, Isère).


Canton, Cantonnement, Cantons
Grand terrain délimité par des bornes. Ancien provençal canton, « coin, bord », ancien français canton, chanton, « coin, angle », latin canthus, « coin, bord, côté », gaulois et gallo-romain *cantos, « arête, bord, limite », racine indo-européenne *kan-tho-, « arête, coin ».
Le Canton, lieu-dit en forêt (Bassecourt, district de Delémont, Jura) ;
Le Canton, hameau (Francin et Les Marches, Combe de Savoie, Savoie) ;
Les Cantons, forêt, et Sous les Cantons, hameau (Buix, district de Porrentruy, Jura) ;
Canton de Bré, lieu-dit en forêt (Champfromier, Michaille, Ain) ;
Canton de Béard, Canton du Cernay Vert, Canton du Fouget, Canton du Planet, Canton du Pontet, Canton des Roches et Canton de Virieux, lieux-dits de la forêt d´Echallon (Echallon, Haut-Bugey, Ain) ;
Canton de la Forêt, lieu-dit (Courmangoux, Revermont, Ain) ;
Le Canton, hameau Etang du Canton, Mare du Canton, étangs, et Petit Canton, lieu-dit en forêt (Jasseron, Revermont, Ain) ;
Ruisseau du Canton, affluent du Ribon (Bessans, Haute-Maurienne, Savoie).
Avec le suffixe -ment :
Le Cantonnement, lieu-dit en forêt (Bassecourt, district de Delémont, Jura).


Cantonnière, Cantonniers
Les Cantonniers, maison isolée de la commune de Mégevette (Faucigny, Haute-Savoie), maison de cantonniers, « personnes employées par l´administration pour travailler à l´entretien des routes ».
Forme féminine, peut-être à l´origine une maison cantonnière :
La Cantonnière, maison isolée (Saint-Jean-de-Bournay, Pays viennois, Isère) ;
La Cantonnière, hameau (Saint-Sorlin-de-Vienne, Pays viennois, Isère).


Cape, Cape au Moine
Par métaphore, sommet pointu ressemblant à la cape d´un moine, français cape, du bas latin cappa, « capuchon ».
La Cape, petit sommet en forêt, 1459m (Blonay, district de Vevey, Vaud) ;
Cape au Moine, sommet, 2352m (L´Etivaz, Château-d´Oex, Pays-d´Enhaut, et Ormont-Dessus, district d´Aigle, Vaud) ;
Cape au Moine, sommet, 1941m (Montbovon, Haut-Intyamon, district de la Gruyère, Fribourg, et Les Avants, Montreux, district de Vevey, Vaud).

Capetanne, Capitaine, Capitan
Patronyme Capitaine, Capitan, personne ayant exercé la fonction de capitaine, ou sobriquet.
Capitan, maisons isolées (Saint-Romans, Royans, Isère) ;
Etang Capitan (La Tranclière, Bresse, Ain) ;
Pré Capitan, lieu-dit (Porcieu-Amblagnieu, L´Isle-Crémieu, Isère) ;
La Capitaine, alpage (Le Chenit, Vallée de Joux, Vaud) ;
La Capitaine, alpage (Saint-Jean-de-Gonville, Pays de Gex, Ain) ;
La Capitaine, maisons isolées (Saint-Jeoire, Faucigny, Haute-Savoie) ;
Le Capitaine, maison isolé (Thorens-Glières, Bornes, Haute-Savoie).
Par féminisation du patronyme Capitan :
La Capetanne, maisons isolées (Forel, district de Lavaux, Vaud).


Capillon
Clos Capillon, maison isolée de la commune de Sâles (District de la Gruyère, Fribourg), avec un patronyme Capillon, sobriquet, « petit chapeau ».

Câpitaz, Capite, Capites
Petite maison en haut d´une vigne, petit hangar bâti à pierres sèches voûté et terminé en cône, principalement destiné à mettre à couvert un cuvier en maçonnerie où l´on égrappe la vendange. Bas latin chapitellum, latin capitellum, capitis, « tête ».
La Capite, maison isolée en haut du vignoble (Luins, district de Rolle, Vaud) ;
Les Capites, lieu-dit (Les Cullayes, district d´Oron, Vaud).
Lieu où était perçue la gabelle (taxe sur le sel). Du latin capitatio, « taxe par tête », de capitis, « tête » :
La Capite, anciennement La Câpite (Vésenaz, Collonge-Bellerive, Genève).

De même origine, mais avec un sens différent :
La Câpitaz, lieu-dit en forêt (Viuz-la-Chiésaz, Albanais, Haute-Savoie).


Capucin, Capucins
Religieux appartenent à l´Ordre mineur des Capucins, ordre de Saint-François.
Les Capucins, couvent du XVIème siècle (Crémieu, L´Isle-Crémieu, Isère) ;
Les Capucins, couvent fondé en 1594 (Montmélian, Combe de Savoie, Savoie) ;
Ancien Couvent des Capucins, anciennement Clos des Capucins, ancien château occupé par les Capucins de 1855 à 1972 (Meylan, Grenoble, Isère).
Nom donné à un sommet par métaphore :
Pointe du Capucin, sommet, 3396m, et Col du Capucin, 3376m (Alpes Pennines, Bourg-Saint-Pierre, district d´Entremont, Valais et Val d´Ollomont, vallée d´Aoste) ;
Le Grand Capucin, 3838m, Le Petit Capucin, 3693m, Capucin du Requin, 3047m, Capucin des Rouges du Dolent, 3214m, Les Capucins, 3253m, Capucin du Tacul, 3130m, somets, et Glacier du Capucin (Massif du Mont-Blanc, Haute-Savoie).


Caquerelle
Lieu-dit jurassien du district de Porrentruy, commune d´Asuel. Ce nom pourrait venir de l´ancien parler jurassien coquereulle, patois bourguignon caquerolle, « escargot », ancien français caquerole, « coquille », ou avoir la même origine que Caquerette.

Caquerette
Peut-être du patois jurassien caquerettes, « latrines », peut-être par métaphore pour un terrain boueux, ou encore par féminisation d´un patronyme Caqueret attesté en France.
La Caquerette, alpage (Châtel-Saint-Denis, district de la Veveyse, Fribourg) ;
La Caquerette, lieu-dit (Provence, district de Grandson, Vaud).

Cara, Carouge, Carra, Carrat, Carre,
Carrouge, Carrougets
Croisement de quatre routes, bas latin carrubium, « carrefour », latin vulgaire quadruvium pour le latin quadrivium, « carrefour ».
Avec apocope :
Grand Cara et Petit Cara, carrefour de voies celtiques puis romaines, Quadruvium en 516, Quatruvium villa, Carrho ou villa Carro en 1195 (il peut aussi s´agir du Carre, Meinier), aussi Carraz [Régeste Genevois], hameaux (Presinge, Genève) ;
Carra, hameau jouxtant Petit Cara (Ville-la-Grand, Annemasse, Haute-Savoie) ;
Carre d´Amont, Carre d´Aval, anciennement Quadruvium et de Carro, aussi Ursez et Ursel en 1289 (Meinier, Genève).

Probablement d´un patronyme Carrat :
La Carrat, alpage (Cerniat, district de la Gruyère, Fribourg).

Ancien français carouge, carroge, carroige, « carrefour, croisement de quatre chemins, place, promenade à proximité d´une localité » :
Carouge, ville du canton de Genève créée au XVIIIème siècle sur un lieu-dit romain nommé villa Quadruvio ou villa Quatruvio en 516, devenu Carrogium en 1248, Carrojo en 1371, Quarrouiz ou Quarroggi au XIVème siècle, Carrogio en 1443, Quaroggio en 1445 ; les armoiries de cette ville représentent un caroubier, dont le fruit est la caroube ou carouge ;
Le Carouge, hameau (Montrevel-en-Bresse, Bresse, Ain) ;
Carrouge Carrogium en 1255, Carrojoz et Carroge au Moyen Age, Carouge au XIXème siècle, commune et village à l´intersection des routes Lausanne-Berne et Vevey-Moudon (District d´Oron, Vaud) ;
Le Carrouge, ruisseau affluent de la Broye (District d´Oron, Vaud) ;
Carrouge, hameau (Les Villards-sur-Thônes, Bornes, Haute-Savoie).

Avec le suffixe diminutif -et :
Les Carrougets, lieu-dit (Le Landeron, district de Neuchâtel).


Caramagne
Château de Caramagne (Chambéry, Savoie), bâti au XVIème siècle par Bernardino Becchi, originaire de Caramagne (Piémont).

Caramentran, Carême, Carementrant
Peut-être un endroit peu fertile, où les bêtes font carême, latin quadragesima.
La Carême, maisons isolées (Parcieux, Dombes, Ain).
Patronymes ou sobriquets Caramentran, Carementrant, peut-être par allusion à Caresmentrant, en pays occitan Caramentran, « homme de paille que l'on promenait dans les rues le mercredi des Cendres avant de le brûler », au début du Carême (Carême entrant), bas latin caramantrant, « mardi-gras », latin quadragesima intrante :
Caramentran, Caramantrant au XIIIème siècle, mansus de Caramentrandis, Quaramentrandis et Caramantrant au XIVème siècle, lieu-dit (La Mure, Matheysine, Isère) ;
Carementrant, maisons isolées (Biziat, Dombes, Ain).


Carcat, Chaucey, Chauchets, Chauchy, Chausis,
Chaussy
Du bas latin [via] calcata, « [chemin] foulé aux pieda, battu », bas latin calciatus, latin calcatus, « foulé aux pieds ». Ces toponymes sont de même origine que le mot régional chauche, « endroit piétiné par le bétail ».
Le Carcat, lieu-dit (Nivolas-Vermelle, La Tour-du-Pin, Isère) ;
Chaucey, lieu-dit (Blonay, district de Vevey, Vaud) ;
Les Chauchets, lieu-dit (Le Cerneux-Pequignot, district du Locle, Neuchâtel) ;
Le Chauchy, hameau (Vuarrens, district d´Echallens, Vaud) ;
Les Chausis, lieu-dit (Saint-Eustache, Annecy, Haute-Savoie) ;
Chaussy, maison isolée (Mézières, district d´Oron, Vaud) ;
Pic Chaussy, anciennement Becca de Tsaohi, sommet, 2351m (Les Mosses, Ormont-Dessous, district d´Aigle, Vaud).
Voir aussi Tsousse.


Carets, Carlé, Carlet, Câro, Caron,
Carralettes, Carraux, Carré, Carreaux, Carrel,
Carrelet, Carres, Carrés, Carret, Carrets,
Carrey, Carro, Cârro, Carroley, Carron,
Carronet, Carronnets, Carrons, Carroz, Carry,
Carrys
Coin de terre, quartier de village, carreau, planche de terrain, mesure de terre, latin quadrus. Ou bien carrefour, voir Cara.
Ancien français care, carre, « angle, côté, face, coin », carreure, « forme carré, coin » :
Le Carraux ou Le Carre, hameau (Fully, district de Martigny, Valais) ;
Carré, hameau (Rhêmes-Notre-Dame, vallée d´Aoste) ;
Carré Derrière, hameau (Mont-Saxonnex, Faucigny, Haute-Savoie) ;
Le Carré, hameau (Chambéry, Savoie) ;
Le Carré, hameau (Ceyzérieu, Bugey, Ain) ;
Le Carré, hameau (Arbigny, Bresse, Ain) ;
Le Grand Carré, lieu-dit (Saint-Bénigne, Bresse, Ain) ;
Le Carré du Village, Le Carré sur la Carte IGN, hameau (Tours-en-Savoie, Combe de Savoie, Savoie) ;
Les Carres, hameau (Vucherens, district de Moudon, Vaud) ;
Les Carrés, maison isolée (Malleray, district de Moutier, Jura bernois) ;
Bois Carrés, en raison de leur forme, forêt (Veyrier, Genève) ;
Les Carreaux, lieu-dit (Ballaison, Bas-Chablais, Haute-Savoie).

Ancien français carrie, carrye, « encoignure », ou patronyme Carry :
Le Carry, maison isolée (Vuadens, district de la Gruyère, Fribourg) ;
Les Carry, maison isolée (Sâles, district de la Gruyère, Fribourg) ;
Les Carrys, forêt (Torny, district de la Glâne, Fribourg).

Patois caro, cârro, « coin, angle, parcelle de terre », et mot régional carroz, « carrefour » [Pégorier] : :
Le Câro, hameau (Sorens, district de la Gruyère, Fribourg) ;
Carro, alpage (Les Chapelles, Haute Tarentaise, Savoie) ;
Carro, ruines d´alpage, Montagne du Carro, pâturage, nom monté au Glacier du Carro, glacier pierreux (Peisey-Nancroix, Tarentaise, Savoie) ;
Le Carro, lieu-dit (Saint-Cierges, district de Moudon, Vaud) ;
Col du Carro, Col de la Carre en 1855, 3122m, et Cime du Carro, 3289m, à la frontière italienne, nom probablement monté du côté italien (Bonneval-sur-Arc, Haute-Maurienne, Savoie) ;
Forêt du Carro Blanc, lieu-dit en forêt (Peisey-Nancroix, Tarentaise, Savoie) ;
Haut Carro, maisons isolées (Cheyres, district de la Broye, Fribourg) ;
Sur le Cârro, hameau (Montagny, district de la Broye, Fribourg) ;
Le Carroz, quartier (Menthon-Saint-Bernard, Bornes, Haute-Savoie) ;
Les Carroz, village (Arâches-la-Frasse, Faucigny, Haute-Savoie) ;
Les Carroz, hameau (Anthy-sur-Léman, Bas-Chablais, Haute-Savoie) ;
Sur Carroz ou Le Carro, hameau (Corpataux-Magnedens, district de la Sarine, Fribourg) ;
La Pierre à Carroz, lieu-dit en forêt, peut-être avec un patronyme (Sciez, Bas-Chablais, Haute-Savoie).

Avec le suffixe diminutif -et :
Les Carets, lieu-dit (Les Morgnes, Bagnes, district d´Entremont, Valais) ;
Le Carret, hameau (Réaumont, Pays voironnais, Isère) ;
Le Molard Carret, lieu-dit (Saint-Pierre d´Albigny, Bauges, Savoie) ;
Les Carrets, alpage (Villard-sur-Doron, Beaufortain, Savoie).

Ancien français carrel, « quart ; carré ; bâtiment carré ; morceau carré ; mesure de terre » :
Le Carrel et Sur le Carrel, lieux-dits (Mionnay, Dombes, Ain) ;
Le Carrel, hameau (Saint-Pierre-d´Alvey, Avant-Pays savoyard, Savoie).

Peut-être de même origine :
Le Grand Carrey et Le Petit Carrey, hameaux (Saint-Bon-Tarentaise, Tarentaise, Savoie).

Du diminutif ancien français carrelet, « petit carré » :
Vers Carlé, maison isolée (Pont-en-Ogoz, district de la Gruyère, Fribourg) ;
Les Carralettes, lieu-dit (Chêne-Pâquier, district d´Yverdon, Vaud) ;
Le Carrelet, lieu-dit (Modane, Maurienne, Savoie).

Forme contractée de carrelet, ou patronyme Carlet :
Carlet, hameau, et Pont de Carlet, sur le Chéran (Jarsy, Bauges, Savoie) ;
Le Carlet, lieu-dit (Aussois, Haute-Maurienne, Savoie) ;
Le Carlet, lieu-dit en forêt (Sollières-Sardières, Haute-Maurienne, Savoie) ;
Champ Carlet, maisons isolées (Villeneuve, Dombes, Ain) ;
Etang Carlet (Birieux, Dombes, Ain).

Ancien français caron, carron, « carré, place carrée » ; désigne selon Bossard une planche de jardin ou un petit coin de terrain :
Le Caron, lieu-dit (Epiquerez, district des Franches-Montagnes, Jura) ;
Champ du Caron, hameau (Rue, district de la Glâne, Fribourg) ;
Carron, hameau (Francheleins, Dombes, Ain) ;
Le Carron, hameau (Seyssel, Genevois, Haute-Savoie) ;
Le Carron, hameau (Grièges, Bresse, Ain) ;
Le Carron, maisons isolées (Thierrens, district de Moudon, Vaud) ;
Les Carrons, pâturage (Lavey-Morcles, district d´Aigle, Vaud) ;
Les Carrons, lieu-dit en forêt (Montmin, Bornes, Haute-Savoie).

Diminutifs avec le suffixe -et :
Le Carronet, lieu-dit (Murist, district de la Broye, Fribourg) ;
Les Carronnets, hameau (Seigneux, district de Payerne, Vaud).

Probablement de même origine :
Le Carroley, alpage (Villaroger, Tarentaise, Savoie) ;
Chavonne du Carroley, pâturage (Tignes, Haute-Tarentaise, Savoie) ;
Chalet du Carroley, alpage, Montagne du Carroley, pâturage, nom monté au Col du Carroley, 2283m (Bellentre, Tarentaise, Savoie).

Voir aussi Quarre.


Cariçaie
La Grande Cariçaie est une zône de marais lacustres sur la rive sud du lac de Neuchâtel. Ce toponyme vient de carex, nom latin de la laîche, avec le suffixe collectif se rapportant à la flore -aie.

Carignan
Hameau fribourgeois de la commune de Vallon, district de la Broye, nommé Dompierre-en-Vully ou Dompierre-le-Grand jusqu´à la fin du XVIIème siècle, Carnianus en 1663, d´un primitif [fundus] Carinianus dérivé avec le suffixe -anus du gentilice Carinius formé sur le cognomen Carinus dérivé du latin carus, « cher, aimé, chéri ».

Carillon
Hameau de la commune de Chavanod (Annecy, Haute-Savoie), patronyme Carillon, sobriquet donné à un sonneur de cloches. Français carillon, « ensemble de cloches accordées à des tons différents », ancien français careignon, carillon, quaregnon, « forme carrée ; carré de parchemin, parchemin plié en quatre », latin vulgaire *quadrinionem, altération du bas latin quaternio, « groupe de quatre soldats », puis « cahier de quatre feuillets ».

Carisieu, Charix
D´un nom de domaine d´origine gallo-romaine dérivé du gentilice Carisius ou Charisius.
D´un ancien [praedium] Carisium ou Charisium :
Charix, Carisium en 1145, Capellanus de Charis en 1259, In Charisio en 1350, Chary en 1356, Charix en 1483, Chariz en 1613, commune et village du Haut-Bugey (Arrondissement de Nantua, Ain), et Le Moulin de Charix, maison isolée, et Ruisseau de Charix, dans la même commune.

Dérivé avec le suffixe -acum :
Carisieu, ecclesia de Cariseu au XIIIème siècle, village (Siccieu-Saint-Julien-et-Carisieu, L´Isle-Crémieu, Isère).


Carlaveyron, Charvéron, Charveyron
Mots régionaux charvéiron, charvèron, charveyron, « caillou, pierre en rognon ; terre noire avec cailloux de silex » [Pégorier], du latin populaire carium, « rocher » ou « pierre », voir Carroz.
Charvéron, Charveyron en 1911, lieu-dit (Corbonod, Bugey, Ain) ;
Charveyron, hameau (Lagnieu, Bugey, Ain) ;
Charveyron, lieu-dit en forêt (Nantua, Haut-Bugey, Ain) ;
Le Charveyron, lieu-dit (Miribel, Dombes, Ain) ;
Bois du Charveyron, lieu-dit (Prémillieu, Bugey, Ain) ;
Crot Charveyron, vallon (Marchamp, Bugey, Ain).
Peut-être de même origine :
Carlaveyron, lieu-dit, plateau de lapiaz, Chalets de Carlaveyron, ruines, et Ravin de Carlaveyron, ravin et cours d´eau (Les Houches, Haut-Faucigny, Haute-Savoie).


Carmagnaule
Maisons isolées de la commune de Chavannes-sur-Moudon (District de Moudon, Vaud), peut-être du patronyme romain Carmanius.

Carme, Carmes
Frères Carmes, ordre de religieux contemplatifs et apostoliques.
Ferme des Carmes, ferme de l´ancien couvent des Carmes situé sur le site des ruines du château Delphinal (Beauvoir-en-Royans, Royans, Isère), et Ruisseau des Carmes, affluent de la Chaussère, dans la commune voisine (Saint-Pierre-de-Chérennes, Royans, Isère).
Patronyme Carme, Carmes :
Bief de l´Etang Carme, cours d´eau (Verjon, Bresse, Ain) ;
Les Carmes, hameau (Marcellaz-Albanais, Albanais, Haute-Savoie).


Carmel
Le plus souvent, Carmel désigne un établissement religieux de l´ordre de Notre-Dame du Mont-Carmel, du nom du mont d´Israël où ce monastère fut fondé au XIIème siècle.
Le Carmel, premier établissement de carmélites en Suisse, en 1922 (Le Pâquier, district de la Gruyère, Fribourg).

Carmélines
Les Carmélines, lieu-dit de la commune de Loisieux (Avant-Pays savoyard, Savoie), soit d´un matronyme Carméline, soit par féminisation d´un patronyme Carmélin, soit encore du vieux français carme, « charme (arbre) », avec un suffixe -ine.

Carmes, Carmet, Carpinelles, Charmais, Charmattes,
Charme, Charmettes, Charmilles, Charmillotte, Charmine,
Charminelle, Charmois, Charpen, Charpenaies, Charpenay,
Charpenaz, Charpeneat, Charpenet, Charpeney, Charpennay,
Charpenne, Charpennes, Charpignat, Charpilla, Charpillates,
Charpin, Charpine, Charpines, Charpinet, Charpinier,
Charpisse, Chermares, Chermattes, Cherme, Chermet,
Chermin, Cherpenau
Charme, arbre de la famille des Bétulacées (Carpinus betulus), vieux français carme, ancien français carmay, carpier, chermier, bas latin charmen, latin carpinus, forme féminisée *carpina, qui dérive du celtique *karr, « bois », et penno-, « tête, extrémité », c´est-à-dire « bois à jougs ».
Le Charme, lieu-dit (Coeuve, district de Porrentruy, Jura) ;
Ferme du Charme, maisons isolées (Sorvilier, district de Moutier, Jura bernois) ;
Cherme, lieu-dit (Buix, district de Porrentruy, Jura).
Vieux français carme, « charme (arbre) » :
Les Carmes, lieu-dit (Chatte, Chambaran, Isère).

Latin médiéval charmen, charmenus, « charme (arbre) » :
Charmine, Charmenes en 1299-1369, Charmines en 1306, Charmenne sur la Carte de Cassini, hameau (Matafelon-Granges, Haut-Bugey, Ain) ;
Ruisseau de la Charmine, cours d´eau (Le Noyer, Bauges, Savoie) ;
Saut de Charmine, cascade (Samognat, Haut-Bugey, Ain) ;
Chermin ou Tsermin, lieu-dit (Estavannens, Bas-Intyamon, district de la Gruyère, Fribourg).

Avec le suffixe diminutif -elle :
Charminelle, Prairie de Charminelle, lieux-dits, et Ruisseau de Charminelle (Pommiers-la-Placette, Pays voironnais, Isère).

Nom collectif : charmille, « allée bordée de charmes » :
Les Charmilles, quartier (Ville de Genève).

Avec le suffixe diminutif -otte :
Charmillotte, maisons isolées (Epiquerez, district des Franches-Montagnes, Jura).

Charmaie, bois de charmes, parfois aussi de chênes et le hêtres, vieux français charmoie, ancien français carmoi, charmecel, charmeiere, charmoi, charmoy, « forêt de charmes », bas latin charmen « charme », avec les suffixes collectifs -aie, -atte, -et -ette ; mots régionaux charmaie, charmette, « forêt de charmes, lieu où poussent des charmes » [Pégorier] :
Carmet, hameau (Curtilles, district de Moudon, Vaud) ;
Les Charmais, lieu-dit (Moëns-Prévessin, Pays de Gex, Ain) ;
Fond des Charmattes, lieu-dit (Saignelégier, district des Franches-Montagnes, Jura) ;
Les Charmettes, Molendinum Chalmete en 1252, Molendinum de Charmeta en 1356, apud Charmetam en 1403, lieu-dit (Chambéry, Savoie) ;
Charmois, maison isolée (Fahy, district de Porrentruy, Jura) ;
Les Chermares, maison isolée (Morgins, Troistorrents, district de Monthey, Valais) ;
Côte des Chermattes, forêt déclive (Undervelier, district de Delémont, Jura) ;
Chermet, lieu-dit (Moudon, Vaud) ;
Pra Chermin, maison isolée (Bossonnens, district de la Veveyse, Fribourg).

Patois charpona, cherpona, dérivés plus directement du latin carpinus, bas latin carpina, carpenus :
Charpilla, lieu-dit (Ornex, Pays de Gex, Ain) ;
Charpenne, hameau (Le Pin, La Tour-du-Pin, Isère) ;
La Charpenne, hameau (Mionnay, Dombes, Ain) ;
Côte de la Charpenne, lieu-dit (Pérouges, Dombes, Ain) ;
La Croix Charpenne, maison isolée (Valencogne, La Tour-du-Pin, Isère) ;
Etang la Charpenne (Chalamont, Dombes, Ain) ;
Les Charpennes, hameau (Sermoyer, Bresse, Ain) ;
Bois des Charpennes, forêt (Villard-de-Lans, Vercors, Isère) ;
Grandes Charpennes, forêt (Biol, La Tour-du-Pin, Isère) ;
La Charpine, Laz Charpinaz en 1497 (Pougny, Pays de Gex, Ain) ;
La Charpine, lieu-dit en forêt (Cruet, Combe de Savoie, Savoie) ;
Etang la Charpine (Versailleux, Dombes, Ain) ;
Plan de la Charpine, lieu-dit (Feissons-sur-Salins, Tarentaise, Savoie) ;
Les Charpines, hameau (Malafretaz, Bresse, Ain) ;
Cherpenau, lieu-dit (Jongny, district de Vevey, Vaud).

Avec le suffixe collectif patois -at :
Charpeneat, petite forêt (Viriville, Chambaran, Isère) ;
Charpignat, hameau, et Port de Charpignat, sur le Lac du Bourget (Le Bourget-du-Lac, Aix-les-Bains, Savoie).

Avec le suffixe collectif patois -az :
La Croix Charpenaz, maisons isolées (Chaveyriat, Dombes, Ain).

Avec le suffixe collectif -ier :
Le Charpinier, petite forêt (Chalamont, Dombes, Ain).

Avec le suffixe collectif -isse :
La Charpisse, lieu-dit en forêt (Saint-Alban-des-Hurtières, Basse-Maurienne, Savoie).

Avec le suffixe diminutif -elle :
Les Carpinelles, maisons isolées (Challes-les-Eaux, Chambéry, Savoie).

Avec les suffixes collectifs -aie, -ate, -ay, -et, -ey, latin carpinetum :
Charpenay, hameau (Saint-Clair-de-la-Tour, La Tour-du-Pin, Isère) ;
Les Charpenaies, lieu-dit (Cormoz, Bresse, Ain) ;
Le Charpenet, hameau (Revel-Tourdan, Bièvre, Isère) ;
Le Charpenet Grand et Le Charpenet Petit, Charpeney en 1250, Grand-Charpenet et Petit-Charpenet en 1911, hameaux (Le Montellier, Dombes, Ain) ;
Bois du Charpeney, forêt (Bény, Bresse, Ain) ;
Charpennay, petite forêt (Gillonnay, Bièvre, Isère) ;
Les Charpillates, lieu-dit (La Côte-Saint-André, Bièvre, Isère).

Patronymes Charpen, Charpin et diminutif Charpinet de même origine :
Le Charpen, hameau (Quaix-en-Chartreuse, Chartreuse, Isère) ;
Charpin, maison isolée (Saint-André-de-Corcy, Dombes, Ain) ;
Charpinet, hameau (Condeissiat, Dombes, Ain).


Carnacière
Charnier, cimetière, ou lieu où l´on abattait le bétail. Vieux français carnacier, carnacière, « carnassier, carnassière », ancien français charn, « chair », latin carnarium, « endroit où l´on conserve la viande », de carnarius, « relatif à la viande », carnis, « viande, chair ».
La Carnacière, maison isolée (Bottens, district d´Echallens, Vaud).

Caroline, Carolines
Probablement par féminisation d´un patronyme Carolin attesté, plutôt qu´un nom de personne féminin. Nom latinisé Carolus, de l´anthroponyme germanique Karl, dérivé de l´ancien haut allemand karal, karl, « homme, homme noble », germanique *kar[a]la ker[a]la, « vieil homme, homme mûr ».
La Caroline, maison isolée (Cottens, district de Cossonay, Vaud) ;
Les Carolines, lieu-dit (Orny, district de Cossonay, Vaud).

Caronière, Carron, Carronerie, Carronnes
Du patronyme Caron, Carron, nom de métier, « charron ».
Champ Carron, forêt (Prémillieu, Bugey, Ain).
Par féminisation du patronyme Carron :
Les Carronnes, maisons isolées (Sainte-Olive, Dombes, Ain) ;
Les Carronnes, maisons isolées (Savigneux, Dombes, Ain).

Avec le suffixe de propriété -erie, ou atelier d´un charron :
La Carronerie, hameau (Meylan, Grenoble, Isère).

Par féminisation d´un ancien patronyme Caronier, ou dérivé du patronyme Caron avec le suffixe de propriété -ière :
La Caronière, maison isolée (La Reposoir, Faucigny, Haute-Savoie).


Caronnière, Caronnières, Carronniere, Carronnière, Carronnières
Dans l´Ain, carron signifie « brique », de l´ancien français carron, « carreau de brique », et une carronnière est une briqueterie ou une tuilerie.
La Caronnière, maisons isolées (Neuville-les-Dames, Dombes, Ain) ;
Les Caronnières, forêt (Vescours, Bresse, Ain) ;
La Carronniere, hameau (Coligny, Bresse, Ain) ;
La Carronnière, ancienne fabrique de tuiles et de briques (Saint-Etienne-du-Bois, Revermont, Ain) ;
Les Carronnières, hameau (Péronnas, Bresse, Ain).

Carpine
La Carpine, ferme isolée de la Combe de Mijoux, commune de Gex (Pays de Gex, Ain), par féminisation du nom d´un propriétaire Carpin, nom attesté dans la région.

Carrard
Pra Carrard, hameau de la commune du Glèbe (District de la Sarine, Fribourg), avec un patronyme Carrard.

Carraye, Carré, Carrée, Carro, Carroz
Sommet dont la forme est plus ou moins carrée.
Carraye, sommet, 2132m (Trient, district de Martigny, Valais) ;
Grand Carré, sommet, 3335m (Alpes Pennines, Bourg-Saint-Pierre, district d´Entremont, Valais et vallée d´Aoste) ;
Mont Carré, sommet, 2469m (Nendaz, district de Conthey, Hérémence et Vex, district d´Hérens, Valais) ;
Vanil Carré, sommet, 2195m (Grandvillard, district de la Gruyère, Fribourg) ;
Tête Carrée, sommet, 2483m (Salvan, district de Saint-Maurice, Valais).
Forme patoise :
Six Carro, sommet, 2826m (Martigny-Combe, district de Martigny, et Val d´Arpette, Orsières, district d´Entremont, Valais), et Combe de Six Carro, lieu-dit (Val d´Arpette, Orsières, district d´Entremont, Valais).
Scex Carroz ou Sex Carro, sommet, 2091 (Fully, district de Martigny, et Dorénaz, district de Saint-Maurice, Valais).


Carre, Carré, Carrée
Terrain dont la forme est plus ou moins carrée.
Clos Carre, maison isolée (Hauteville, district de la Gruyère, Fribourg) ;
Pré Carré, hameau (Corcelles-sur-Chavornay, district d´Orbe, Vaud) ;
La Carrée, maison isolée (Hauterive, district de la Sarine, Fribourg).

Carrel
Pointe Carrel, 3841m (Alpes Pennines, Zermatt, district de Viège, Valais, et Valtournenche, vallée d´Aoste), nommée en l´honneur du guide de montagne valdôtain Jean-Antoine Carrel (1829-1890), qui avec son frère manqua de peu la première ascension du Cervin en 1865, quand il fut devancé par la cordée d´Edward Whymper.
Croix de Carrel, 2920m, croix qui marque l´emplacement où Carrel mourut d´épuisemet après avoir ramené ses clients sains et saufs lors d´une tempête (Breuil, Valtournenche, vallée d´Aoste).

Carrière, Carrières
Endroit d´où l´on tire des pierres ou d´autres minéraux, ancien français quarriere, du latin vulgaire *quadraria, dérivé du bas latin quadrus [lapis], « pierre carrée, taillée ».
La Carrière, hameau (Thierrens, district de Moudon, Vaud) ;
Les Carrières, lieu-dit en forêt (Le Locle, Neuchâtel).

Carroz, Chair, Charrat, Charuque, Chère,
Chérel, Chérente, Chéron, Cherre, Cherret,
Chéry, Chiron, Chironay, Chirons, Chirriaz
Pierrier, endroit pierreux. Ancien français chiron, « gros tas de pierres », latin populaire carium, « rocher » ou « pierre », racine celtique *cariu, « rocher, amas de pierres », *kaer, « pierrier », racine indo-européenne *kar-, « dur ».
Les Carroz, plateau (Les Marches, Combe de Savoie, Savoie) ;
Chair du Boeuf, colline boisée (Damphreux, district de Porrentruy, Jura) ;
Charrat, Charaz en 1356, commune et village (District de Martigny, Valais) ;
Plan Charrat, lieu-dit en forêt (Leytron, district de Martigny, Valais) ;
La Charuque, ancienne carrière de pierre calcaire (Péry, district de Courtelary, Jura bernois) ;
La Chère, lieu-dit (Habère-Poche, Vallée Verte, Haute-Savoie) ;
Roc de Chère, Cheria en 1031-1032, lieu-dit, falaises au-dessus du lac d´Annecy (Talloire, Bornes, Haute-Savoie) ;
Chérel, Lanchia de Cheray en 1192, Mons de Cheray en 1299, Locus de Cheray en 1493, Alpes de Charaz et Mons de Cherex en 1216, pâturage, et Col de Chérel, 1495m (Jarsy, Bauges, Savoie) ;
Chalets de Chérente, alpage, et Montagne de Chérente, pâturage (Massif des Aravis, Magland, Faucigny, Haute-Savoie) ;
Cherre, lieu-dit (Collonge-Bellerive, Genève) ;
Mont Chéry, 1826m (Les Gets, Chablais, Haute-Savoie) ;
Chirriaz ou Kirriaz, hameau (Morgex, Vallée d´Aoste).
Avec le suffixe diminutif -et ou collectif -et :
Granges du Cherret, maisons isolées (Entrevernes, Annecy, Haute-Savoie).

Ancien français chiron, « gros tas de pierres », ou patronyme chiron, de même origine :
Chéron, hameau (Magland, Faucigny, Haute-Savoie) ;
Chiron, quartier (Chambéry, Savoie) ;
Ruisseau du Chiron, affluent du Torrent du Cormet d´Arêches (Granier, Tarentaise, Savoie) ;
Les Chirons, maison isolée (Mens, Trièves, Isère).

Dérivé avec le suffixe collectif -ay :
Chironay, maisons isolées (Varacieux, Sud du Grésivaudan, Isère).

Voir aussi Quais, Tsérié.


Carsine
Dérivé du latin quercus, « chêne » [Gros].
Du latin quercina [silva], « [forêt] de chênes » :
Carsine, Carcinaz en 1606, Carcine en 1935, hameau (Serrières-en-Chautagne, Chautagne, Savoie).


Cartera, Carterie, Carteries, Cartherin, Cartier,
Cartière, Cartières
Patronyme Cartier, « quartier de village » ou « quatrième enfant ».
Pra Cartier, maison isolée (Grangettes, district de la Glâne, Fribourg).
Par féminisation :
La Cartière, alpage (Le Pâquier, district du Val-de-Ruz, Neuchâtel) ;
Les Cartières, ruines en forêt (Saint-Etienne-de-Cuines, Maurienne, Savoie).

Avec le suffixe de propriété -erie :
La Carterie, lieu-dit en forêt (Yenne, Avant-Pays savoyard, Savoie) ;
Les Carteries, lieu-dit en forêt (Peyrieu, Bugey, Ain).

Par féminisation patoise :
Cartera, maisons isolées (Le Bourget-du-Lac, Aix-les-Bains, Savoie).

Probablement d´un diminutif de Cartier avec le suffixe -in :
Le Cartherin, Carterin en 1935, hameau (Mercury, Combe de Savoie, Savoie).


Cartes
Mot patois carte, « beau pré uni, rectangulaire, assez allongé » [Jaccard].
Cartes, es Cortes en 1696, Les Cartes en 1946, lieu-dit (Collombey-Muraz, district de Monthey, Valais) ;
Les Cartes, lieu-dit (Orny, district de Cossonay, Vaud) ;
Les Trois Cartes, lieu-dit (Port-Valais, district de Monthey, Valais).

Carthery
Ecart de la commune de Veysonnaz (District de Sion, Valais), mot qui signifie Quartier, « groupe de maisons en-dehors du village », mais qui est aussi un patronyme.

Cartiers
Les Cartiers, hameau de la commune de Charmey, district de la Gruyère (Fribourg), cacographie de Quartier, « groupe de maisons en-dehors du village », ou patronyme Cartier.

Cartigny
Commune et village du canton de Genève, Cartiniaco et Quartinie en 1220, Cartignie en 1227, Quartignie et Quartignier en 1302, Cura de Cartignier vers 1344, Quartignier en 1362, Cartignyns au XIVème siècle, qui devrait son nom à un domaine [fundus] Quartiniacus, dérivé avec le suffixe -acus du gentilice Quartinius, du latin quartus, « quatrième ».

Carton, Cartons
Le carton, bas latin cartio, quarto est une ancienne mesure de capacité pour le blé. C´est aussi un patronyme, sobriquet de celui qui utilisait cette mesure [Tosti].
Carton, lieu-dit en forêt (Montagnieu, Bugey, Ain) ;
Le Grand Carton, lieu-dit (Heyrieux, Pays viennois, Isère) ;
Les Cartons, ruines d´alpage (Saint-Sorlin-d´Arves, Arvan, Savoie).

Casba
La Casba, maison isolée de la commune de Sainte-Croix (District de Grandson, Vaud), probablement par ironie, de l´arabe casbah, « citadelle ».

Cascade, Cascadelle
Français cascade, « chute d'eau ; eau qui tombe de rocher en rocher », terme générique généralement suivi d´un qualificatif. Aussi, localité située près d´une cascade. De l´italien cascata, participe passé substantivé du verbe cascare, « tomber ».
La Cascade, maison isolée (Cormaranche-en-Bugey, Bugey, Ain) ;
La Cascade, hameau (Saint-Cassin, Chambéry, Savoie) ;
La Cascade, hameau (La Morte, Valbonnais, Isère).
Avec le suffixe diminutif -elle :
La Cascadelle, cascade en forêt (Avrieux, Haute-Maurienne, Savoie).


Caseblanche
Alpage de la commune de Saint-Martin-de-Belleville (Tarentaise, Savoie), latin casa, « cabane, chaumière, hutte », et adjectif blanche.

Caserne
Français caserne, « abri pour sodat », puis « bâtiment pour loger les troupes », emprunté à l´ancien francoprovençal cazerna, « groupe de quatre personnes », du latin vulgaire *quaderna, du pluriel neutre latin pris pour un féminin quaterna, « quatre par quatre ».
La Caserne, maison isolée(Les Bois, district des Franches-Montagnes, Jura) ;
La Caserne, hameau (Ballaison, Bas-Chablais, Haute-Savoie).

Casolère
Maisons isolées de la commune de Chesalles-sur-Oron (District d´Oron, Vaud), du latin médiéval caseolaria, casolaria, « fromagerie », adjectif du latin caseolus, diminutif de caseus, « fromage ».

Cassan, Chagne, Chagnettes, Chagneux, Chagney,
Chagnieux, Chainay, Chainaz, Chainet, Chaînie,
Chainions, Chanas, Chanaule, Chanay, Chanaye,
Chanays, Chanaz, Chandelar, Chane, Chanéa,
Chanéaz, Chanée, Chanées, Chanel, Chanéla,
Chanelaz, Chanelées, Chanelet, Chanelets, Chanelle,
Chânes, Chanet, Chânet, Chanets, Chanex,
Chaney, Chaniats, Chanie, Chânières, Chanille,
Chano, Chanois, Chanolaz, Chânos, Chanoz,
Chânoz, Chany, Chassagne, Chassagnes, Chassagnettes,
Chassagnon, Chasse, Chassières, Chassignole, Chassin,
Chênaie, Chênaies, Chenais, Chénalaz, Chenally,
Chénarie, Chénat, Chenay, Chênay, Chenaz,
Chêne, Chênée, Chenées, Chênes, Chenet,
Chênet, Chenêt, Chenets, Chênets, Chênettes,
Chênex, Chéniaz, Chêniets, Chênois, Chénolaz,
Chenolette, Chenolettes, Chênoz, Chesnay, Chesnays,
Chesnet, Chesney, Chessenay, Chessenaz, Chessin,
Chessine, Cheynatte
Chêne (Quercus sp.), grand arbre forestier de la famille des Fagacées, vieux français caissene, caisne, chagne, chaisne, chasne, chesne, ancien français casain, cassain, cassan, cassein, chaisne, chasne, latin médiéval casnus, diminutif bas latin cassanina, latin vulgaire *cassanum, devenu *caxanum par réfection analogique sous l´influence de fraxinum, « frêne », gaulois cassanos, *cassanu, « chêne ».
Français chêne, vieux français chesne, probablement par réfection analogique sur le modèle de frêne :
Chêne, ensemble des communes de Chêne-Bougeries, Chêne-Bourg et Thônex, où se trouvait une léproserie, versus leprosos de Quercu en 1270 (Genève) ;
Route de Chêne, Bella rua en 1268 (Genève) ;
Chêne, loz Chanoz en 1550, village (Chêne-Pâquier, district d´Yverdon, Vaud) ;
Chêne-en-Sémine, de Quercu en 1273, Chaignu en 1307, aussi Chanu, commune et village de la Semine (Seyssel, arrondissement de Saint-Julien-en-Genevois, Haute-Savoie) ;
Le Gros Chêne, In territorio grosse quercus en 1409, hameau (Aiton, Aiguebelle, Basse-Maurienne, Savoie) ;
Les Chênes, lieu-dit (Senarclens, district de Cossonay, Vaud) ;
Bois de Chênes, forêt (Grandfontaine, district de Porrentruy, Jura) ;
Champ des Chênes, lieu-dit (Courtemaîche, district de Porrentruy, Jura).

Formes anciennes, vieux français caissene, caisne, chagne, chaisne, chasne, ancien français casain, cassain, cassan, cassein, chaisne, chasne, « chêne », bas latin chagna :
Sous Cassan, quartier (Annemasse, Haute-Savoie) ;
La Chagne, lieu-dit (Jasseron, Revermont, Ain) ;
La Chagne, hameau (Saint-Just, Bresse, Ain) ;
La Chagne d´en Bas et La Chagne d´en Haut, hameaux (Montailleur, Bauges, Haute-Savoie) ;
Le Chane, de Quercu en 1475, Le Chasne en 1584, Au Chanoz en 1738, hameau (Saint-Michel-de-Maurienne, Savoie) ;
Chânes, Chaasno en 1176, de Chasno en 1200, Channo en 1269, La Chane en 1655, Chanoz en 1670, Châne et Chânoz en 1911, hameau (Béligneux, Dombes, Ain).

Franco-provençal chasse, chausse, « chêne » :
La Chasse, maison isolée, et Bois de la Chasse, forêt (Barberêche, district du Lac, Fribourg) ;
Bois de la Chasse, forêt (Crissier, district de Lausanne, Vaud) ;
Chasse-sur-Rhône, Chasse, Chassen et Chasses au XVème siècle, commune et village du Pays viennois (Vienne-Nord, arrondissement de Vienne, Isère).

Diminutif de chagne avec le suffixe -ette :
Les Chagnettes, maisons isolées (Courmangoux, Revermont, Ain).

Noms collectifs, chênaie, patois tsânâi, bas latin casnata, casnetum, chagnia, chanetum, latin issu du gaulois *cassanetum, *cassania, « bois de chênes » :

Noms issus du français chêne, vieux français chesne, formés avec les suffixes collectifs -aie, -ais, -at, -ay, -et, -ette, -ex, -ey, -iat, -ie, -ois, -y, vieux français chesnoie, ancien français chesneel, chesnei, chesnoi :
Chemin de la Chênaie (Peseux, district de Boudry, Neuchâtel) ;
Les Chênaies, forêt déclive (Villeneuve, district d´Aigle, Vaud) ;
Les Chenais, lieu-dit en forêt (Saint-Jean-de-Tholome, Faucigny, Haute-Savoie) ;
Le Chénat, lieu-dit (Epauvillers, district des Franches-Montagnes, Jura) ;
Chenay, lieu-dit (Vouvry, district de Monthey, Valais) ;
Chenay, lieu-dit (Aime, Tarentaise, Savoie) ;
Le Chênay, hameau (Faverges, Haute-Savoie) ;
Le Chênay, lieu-dit en forêt (Arith, Bauges, Savoie) ;
Bois du Chênay, forêt déclive (Montmin, Bornes, Haute-Savoie) ;
Le Chenet, lieu-dit (Les Ollières, Bornes, Haute-Savoie) ;
Les Chenets, peut aussi être un patronyme Chenet, hameau (Samoëns, Faucigny, Haute-Savoie) ;
Le Chênet, forêt (Grandfontaine, district de Porrentruy, Jura) ;
Le Chenêt, lotissement (Vermes, district de Delémont, Jura) ;
Les Chênets, lieu-dit (Cornol, district de Porrentruy, Jura) ;
Les Chênettes, lotissement (Chens-sur-Léman, Bas-Chablais, Haute-Savoie) ;
Chênex, Cheynay en 1282, Chenay en 1307, puis Chennex et Cheiwex, aussi Chénex au XIXème siècle, commune et village du Genevois (Arrondissement de Saint-Julien-en-Genevois, Haute-Savoie) ;
Les Chêniets, lieu-dit (Fessy, la Côte en Chablais, Haute-Savoie) ;
Le Chênois, forêt (Montignez, district de Porrentruy, Jura) ;
Le Chesnay, alpage (Vallon de Montriond, Chablais, Haute-Savoie) ;
Les Chesnays d´Arce, alpage (Chevenoz, Val d´Abondance, Haute-Savoie) ;
Le Chesnet, maisons isolées (Saint-Sixt, Faucigny, Haute-Savoie) ;
Le Chesney, hameau (Domancy, Haut-Faucigny, Haute-Savoie) ;
Chessenay, hameau (Dingy-Saint-Clair, Bornes, Haute-Savoie).

Dérivé avec le suffixe collectif -arie, bas latin chanaria, « bois de chênes » :
La Chénarie, In pago de la Chenary en 1661.

Noms issus de l´ancien français caisnai, caisnoi, casnoi, chaisnois, chasnoi, chasnoy, bas latin casnata, casnetum, chagnia, chanetum, latin issu du gaulois *cassanetum, *cassania, formés avec les suffixes collectifs -ais, -ay, -et, -ex, -ey, -iat, -ie, -ois, -y :
Les Chagney, lieu-dit (Villard-sur-Doron, Beaufortain, Savoie) ;
Chainay-Dessous et Chainay-Dessus, hameaux (Aillon-le-Vieux, Bauges, Haute-Savoie) ;
Le Chainet, hameau (Viuz-la-Chiésaz, Albanais, Haute-Savoie) ;
Grande Chaînie, forêt déclive (Monthey, Valais) ;
Chanas, Cassanate en 830, commune et village du Pays viennois (Roussillon, arrondissement de Vienne, Isère) ;
Chanay, Ecclesia de Chaney en 1198, Cura de Chanay vers 1344, Chagnay en 1365, Chaney en 1400, commune et village du Bugey (Seyssel, arrondissement de Belley, Ain) ;
Bois de la Chanaye, forêt (Chaveyriat, Dombes, Ain) ;
Les Chanays, hameau (Essertines-sur-Rolle, district de Rolle, Vaud) ;
Le Chanet, la combe dou Chanet en 1441, le champ dou Chagnet en 1452, la comba du Chasnet en 1545, Chesnet en 1663, forêt (Bôle, district de Boudry, Neuchâtel) ;
Le Chanet, le Chané et le Chasnet en 1441, le Chanet en 1597, forêt, et Prés du Chanet, lieu-dit (Boudry, Neuchâtel) ;
La Fin Chanet, peut-être avec un patronyme Chanet, maisons isolées (Lessoc, Haut-Intyamon, district de la Gruyère, Fribourg) ;
Le Chânet, forêt (Prêles, district de La Neuveville, Jura bernois) ;
Les Chanets, lieu-dit (Etoy, district de Morges, Vaud) ;
Bois du Chanex (Vuisternens-devant-Romont, district de la Glâne, Fribourg) ;
Le Chaney, forêt (Corpataux-Magnedens, district de la Sarine, Fribourg) ;
Le Chaney est aussi un patronyme, lieu-dit (Bassins, district de Nyon, Vaud) ;
Le Chaney, nom allemand Mottifeld, maisons isolées (Faoug, district d´Avenches, Vaud) ;
Chaniats, lieu-dit (Forel-sur-Lucens, district de Moudon, Vaud) ;
La Chanie, maisons isolées (Puidoux, district de Lavaux, Vaud) ;
Le Chanois, lieu-dit (Dannemarie-Lès-Glay, Hérimoncourt, Doubs) ;
Chany, forêt, et Sous Chany, lieu-dit et lotissement (Domdidier, district de la Broye, Fribourg).

Nom collectif avec le suffixe -ière :
Chânières, lieu-dit (Aire-la-Ville, Genève).

Noms collectifs dérivés de chagne avec le suffixe -eux :
Chagneux, hameau (Cognin-les-Gorges, Sud du Grésivaudan, Isère) ;
Chagnieux, Eschagnieu en 1344, Eschagniou en 1441, hameau (Ambérieu-en-Bugey, Bugey, Ain) ;
Les Chagnieux, hameau (Commelle, Bièvre, Isère).

Probablement un diminutifs avec le suffixe -on selon Prongué :
Les Chainions, clairière, et Côte des Chainions, forêt déclive (Fontenais, District de Porrentruy, Jura).

Avec le suffixe diminutif -aule :
Bois de la Chanaule, bois (Belmont-sur-Lausanne, district de Lausanne, Vaud).

Avec les suffixes diminutifs -el, -éla, -elaz, -elle :
Le Chanel, lieu-dit (Chevroux, district de Payerne, Vaud) ;
Ruisseau de la Chanelle, cours d´eau temporaire (Villaroux, Combe de Savoie, Savoie) ;
Chanéla, petite forêt (Cortaillod, district de Boudry, Neuchâtel) ;
Chanelaz, forêt (Bassins, district de Nyon, Vaud) ;
Chénalaz, lieu-dit (Contamine-Sarzin, Val des Usses, Haute-Savoie) ;
La Chénolaz, hameau (Saint-Pierre-d´Albigny, Combe de Savoie, Savoie).

Avec le double suffixe diminutif -olette :
La Chenolette, lieu-dit (Les Plans, Bex, district d´Aigle, Vaud) ;
Les Chenolettes, alpage (Château-d´Oex, Pays-d´Enhaut, Vaud).

Avec le suffixe diminutif -et ou collectif -et :
Bois du Chanelet, forêt (Marboz, Bresse, Ain) ;
Les Chanelets, Ez Chanelets en 1757, Chaneley sur la Carte de Cassini, Le Chanelet en 1911, hameau (Saint-Cyr-Sur-Menthon, Bresse, Ain).

De même origine selon Bossard :
La Chandelar, Chanellaz au XVème siècle, Chandellaz par la suite, cours d´eau affluent de la Paudèze (Lausanne, Vaud).

Avec le suffixe diminutif -ille :
Chanille, hameau (Courlevon, district du Lac, Fribourg).

Avec le suffixe collectif -ée :
La Chanée, lieu-dit (Vuiteboeuf, district d´Orbe, Vaud) ;
Basse Chanée et Haute Chanée, hameaux (Courtes, Bresse, Ain) ;
Les Chanées, hameau (Frans, Dombes, Ain) ;
Les Chanelées, lieu-dit (Nods, district de la Neuveville, Jura bernois).

Avec le suffixe collectif -y :
Chenally, lieu-dit en forêt (Taninges, Faucigny, Haute-Savoie).

Avec les suffixes collectifs patois -a, -az :
Chainaz, Cura de Cheynaz vers 1344, anciennement aussi Cheinaz, village (Chainaz-les-Frasses, Alby-sur-Chéran, arrondissement d´Annecy, Haute-Savoie) ;
Chanaz, Chanassum en 1259, Channas en 1272, Cura de Chagnaz vers 1344, Castellanum Channaci en 1433, commune et village de Chautagne (Ruffieux, arrondissement de Chambéry, Savoie) ;
Chanaz, Chanaz le Pullieux en 1546, et Le Haut Chanaz, maisons isolées (Barberaz, Chambéry, Savoie) ;
Ru de la Chanaz, cours d´eau affluent de la Fillière (Groisy, Bornes, Haute-Savoie) ;
Chanéa, forêt (Montagny, district de la Broye, Fribourg) ;
Chanéaz, Chafneya en 1184, commune et village, et Bois de Chanéaz sur la commune de Démoret voisine (District d´Yverdon, Vaud).

Noms collectifs, franco-provençal chassagne, « chênaie, lieu planté de chênes » [Pégorier], vieux français chassagne, bas latin cassanea, dérivé de chasse avec le suffixe -agne :
Forêt de Chassagne, Cassanea en 1141, Chassagni en 1228, nom actuel attesté en 1296 (District d´Orbe, Vaud) ;
La Chassagne, Cassania en 1168, Cassagnia en 1261, Chassaigni en 1285, Chassaignia en 1325, Chassagnia en 1396, La Chassaigne en 1671, hameau (Crans, Dombes, Ain) ;
Les Chassagnes, lieu-dit (Bellerive, district d´Avenches, Vaud).

Nom collectif avec le suffixe -ière :
Les Chassières, lieu-dit en forêt (Seytroux, vallée de la Dranse, Haute-Savoie).

Avec le suffixe diminutif -ette :
Les Chassagnettes, hameau (Béréziat, Bresse, Ain).

Avec le suffixe diminutif -ole :
Chassignole, Chasseinola et Chasseynola en 1272, Chassigniola en 1344, Chasignole en 1662, hameau (Saint-André-sur-Vieux-Jonc, Péronnas, Bresse, Ain).

Avec le suffixe diminutif -on :
Chassagnon, lieu-dit (Montluel, Dombes, Ain).

Diminutif avec le suffixe -in :
Forêt de Chassin (Diesse et Lamboing, district de la Neuveville, Jura bernois) ;
Chassin, hameau (Vonnas, Dombes, Ain).

Noms dérivés du patois chano, chasno, tsâno :
Le Chano, lieu-dit (Vuarmarens, district de la Glâne, Fribourg) ;
Chano et Devant le Chano, lieux-dits (Vouvry, district de Monthey, Valais) ;
Les Chânos, En les Chanos en 1386, lieu-dit (Faramans, Dombes, Ain) ;
Chanoz, Chasno en 1259, Chano en 1293, Chanoz en 1495, Chasne en 1650, Chanos en 1734, village et chef-lieu de la commune de Chanoz-Châtenay (Châtillon-sur-Chalaronne, arrondissement de Bourg-en-Bresse, Ain) ;
Le Chânoz, li Chasnoz en 1275, ancien lieu-dit (Bénonces, Bugey, Ain).

Avec le suffixe diminutif patois -olaz :
Bois des Chanolaz, peut-être un diminutif, forêt déclive (Fontaines-sur-Grandson, district de Grandson, Vaud).

Diminutifs avec les suffixes -in, -ine, bas latin cassaninus, cassanina, aussi patronyme Chessin :
Chessin, lieu-dit (Taninges, Faucigny, Haute-Savoie) ;
Chessin, hameau (Magland, Faucigny, Haute-Savoie) ;
Chessine, Chayssina et Chessinaz en 1356, hameau (Ruffieux, Chautagne, Savoie).

Avec le suffixe diminutif jurassien -atte :
Cheynatte, forêt déclive, Sous Cheynatte, clairière (Delémont, Jura).

Avec le suffixe collectif -ée :
La Chênée, maison isolée (Collonge-Bellerive, Genève) ;
Les Chenées, forêt déclive (Couvet, district du Val-de-Travers, Neuchâtel).

Avec les suffixes collectifs patois -a, -az, -oz :
Chenaz, attesté en 1436, Chena en 1497, Chenas en 1691, Bois de Chenaz, lieu-dit, et Pont de Chenaz, sur le Journans (Echenevex, Pays de Gex, Ain) ;
Plan Chenaz, alpage (Le Grand-Bornand, Bornes-Aravis, Haute-Savoie) ;
Ruisseau de la Chéniaz, peut-être dérivé de chenal, voir Chenal (Saint-Gingolph, district de Monthey, Valais) ;
Chênoz, Cheynaz en 1413, Chesnoz en 1724, hameau (Chanay, Bugey, Ain) ;
Chessenaz, Cura de Chissinaz vers 1344, Chissina au XIVème siècle, commune et village de la vallée des Usses (Frangy, arrondissement de Saint-Julien-en-Genevois, Haute-Savoie).

Voir aussi Charne, Devaint Tchênet.


Cassa Noix
Lieu-dit de la commune d´Eclagnens, district d´Echallens (Vaud), lieu fréquenté soit par des casse-noix mouchetés (Nucifraga caryocatactes), soit par des écureuils (Sciurus vulgaris).

Casse, Casses, Cassettes, Cassioz
Eboulis de grosses pierres ou de petits blocs, amas de rochers éboulés. Du patois savoyard cassa, « lieu très pierreux situé près des glaciers, ou des régions neigeuses » [Constantin], du bas latin cassare, « casser, briser », latin quassus, quassa, « fracassé, mis en pièces, brisé », du verbe quassare, fréquentatif de quatere, « secouer, agiter » [Gros]. La casse est constituée de pierres plus grosse que le pierrier, mais plus petites que le clapier.
La Casse, lieu-dit en montagne (Lanslevillard, Haute-Maurienne, Savoie) ;
La Casse, anciennement La Cassaz, lieu-dit et nom de la commune pendant la Révolution (Saint-Martin-de-la-Porte, Maurienne, Savoie) ;
La Grande Casse, sommet, 3855m, Col de la Grande Casse, 3091m, et Glacier de la Grande Casse (Massif de la Vanoise, Savoie) ;
Les Casses, pierrier (Valmeinier, Maurienne, Savoie) ;
Les Casses Blanches, lieu-dit, falaises (Valloire, Maurienne, Savoie) ;
Casse de l´Obiou, pierrier, Ruisseau de la Casse de l´Obiou, Vallon de Casse Rouge, pierrier, Casse Varnage, pierrier, Ruisseau de Casse Varnage, Les Casses, lieu-dit en forêt, et Ravine du Cros des Casses, ravin et torrent (Massif de l´Obiou, Trièves, Isère) ;
Bois de la Casse et Combe de la Casse, lieu-dit (Bourgoin-Jallieu, La Tour-du-Pin, Isère) ;
Col de la Casse Déserte, 3483m, et Glacier de la Casse Déserte (Massif de Ecrins, Oisans, Isère) ;
Casses du Lac, pierrier au-dessus du Lac du Vallon (Chantelouve, Valbonnais, Isère) ;
Casse Rousse et Couloir de la Casse Rousse, lieux-dits en montagne (Chamrousse, Belledonne, Isère).
Diminutif avec le suffixe -ette :
Les Cassettes, in Cassetis en 1508, lieu-dit (Valloire, Maurienne, Savoie).

Peut-être de même origine, avec le suffixe -oz :
Cassioz, Le Tour sur Cassioz, hameaux, et Ruisseau de Cassioz, affluent de l´Arly (Megève, Haut-Faucigny, Haute-Savoie).


Casse
Combe la Casse, lieu-dit de la commune de Bure (District de Porrentruy, Jura), probablement du français casse.

Casse-Caillou
Hameau de la commune de Maillat (Haut-Bugey, Ain), du sobriquet casse-caillou, « tailleur de pierre ».

Cassejoie
Hameau de la commune de Corbelin (Vallée du Guiers, Isère), du sobriquet casse-joie, « personne dont l´humeur empêche la joie des autres ».

Castel
Le Castel, maison isolée de la commune de Villeneuve (District de la Broye, Fribourg), probablement un nom récent prétentieux, français castel, du latin castellum, « château ».

Castors
Les Castors, lotissement de la commune de Poisy (Annecy, Haute-Savoie), français castor (Castor biber), du latin castor, grec kastor, nom récent qui a éliminé l´ancien français bièvre.

Casuères, Cèseri, Césery, Césière, Césières,
Cheseires, Chéseires, Cheselie, Chesère, Chéserey,
Chesery, Chésery, Chéserys, Chesière, Chesières,
Chézeries, Chiserette
Chalet, hutte, chaumière, vieux français chesière, cheysière, soit du bas-latin casaria, « maison rustique avec une petite portion de terre », dérivé du latin casa, « cabane, chaumière, hutte » [Jaccard], soit, selon Bossard qui réfute l´hypothèse précédente, fromagerie d´alpage, ancien français casier, chasier, du bas latin officina casearia, « laiterie, lieu où l´on fait la fromage », avec l´adjectif casearius, « relatif au fromage », de caseus, « fromage », racine indo-européenne *ku_at(h), « fermenter, devenir aigre ».
Le Cèseri, alpage (Saint-Martin-de-Belleville, Tarentaise, Savoie) ;
Le Césery, alpage (Valezan, Aime, Tarentaise, Savoie) ;
La Césière, quartier (Seynod, Annecy, Haute-Savoie) ;
Les Césières, in chezeriis en 1302, Chesière en 1935, alpage (Mâcot-la-Plagne, Tarentaise, Savoie) ;
Cheseires, lieu-dit (Vuarrens, district d´Echallens, Vaud) ;
Chéseires, lieu-dit en forêt (L´Isle, district de Cossonay, Vaud) ;
Chesère et Tsa de Chesère, alpages (Sarre, vallée d´Aoste) ;
Chéserey, pâturage (Commeire, Orsières, district d´Entremont, Valais) ;
Chesery, alpage (Doues, vallée d´Aoste) ;
Plan de Chésery, pâturage (Châtel, Val d´Abondance, Haute-Savoie), nom monté au Col de Chésery, 1992m, à la frontièe franco-suisse, et à la Pointe de Chésery, sommet, 2251m (Alpages de Monthey, Val d´Illiez, Valais, et Châtel, Chablais, Haute-Savoie), et passé au Lac de Chésery (Alpages de Monthey, Val d´Illiez, district de Monthey, Valais) ;
Les Chéserys, pâturage Chalets des Chéserys, alpage, nom monté au Lac des Chéserys (Aiguilles Rouges, vallée de Chamonix, Haute-Savoie) ;
Chesière, lieu-dit en forêt (Ursy, district de la Glâne, Fribourg) ;
Chesières, Verchisiery en 1336, Verschissiery en 1345, Verchissieres en 1351, Verchissiere en 1353, Verchissery en 1357, village (Ollon, district d´Aigle, Vaud) ;
Chézeries, alpage (La Côte-d´Aime, Tarentaise, Savoie).
Diminutif avec le suffixe -ette :
La Chiserette, hameau (Champagny-en-Vanoise, Vanoise, Savoie).

Peut-être de même origine, par lambdacisme :
Cheselie, hameau (Valpelline, vallée d´Aoste).

Du bas latin casuaria, variante de casaria :
Les Casuères, lieu-dit, et Ruisseau des Casuères, affluent du Ruisseau de la Lombarde (Bessans, Haute-Maurienne, Savoie).

Voir aussi Chéresaula, Chéserex, Siseray, et les formes patoises valaisannes Sigeroula, Tsidjiore.


Cathédrale
Par métaphore de cathédrale, « église du siège épiscopal », du latin écclésiastique cathedralis, « de la chaire de Rome », dérivé de cathedra, « siège ».
La Cathédrale, un des sommets des Dents du Midi, 3160m (Val-d´Illiez, district de Monthey, Valais) ;
La Cathédrale, un des sommets des Frêtes du Grenier, 2531m (Sixt-Fer-à-Cheval, Faucigny, Haute-Savoie).

Catheline, Catherine, Catîle, Catillaz
Patronymes issus du prénom masculin Catherin, féminin Catherine, du grec katharos, « pur ».
Probablement par féminisation d´un patronyme Catherin, variante Cathelin attestés, plutôt que du prénom féminin :
La Catheline, ferme isolée du Jura (Crozet, Pays de Gex, Ain) ;
Sur Catherine, maison isolée (Ormont-Dessous, district d´Aigle, Vaud).

Ancienne forme patoise et populaire Catîle, Catillaz du prénom Catherine :
Pra Catîle, alpage (Neirivue, Haut-Intyamon, district de la Gruyère, Fribourg) ;
Pra Jean Catillaz, maison isolée (Grandvillard, district de la Gruyère, Fribourg).


Catogne, Chantaire, Chanté, Chantel, Chantelet,
Chantery, Chantet, Chantey, Chantis, Chanton,
Chantonnet, Chantons, Chantou
Nom apparenté au français chant, « face étroite d´un objet », vieux français cant, bas latin cantellus, « chanteau », latin canthus, « coin, bord, côté », gaulois et gallo-romain *cantos, « arête », racine indo-européenne *kan-tho-, « arête, coin », cf. allemand Kante, « arête », désigne une arête ou une crête généralement rocheuse, ou un coin de terrain. Selon Boyer, en patois chanté signifie « monticule, localité perchée sur une crête ou une pente ». Pour Bossard, ces toponymes ont le sens de « monticule, pré escarpé ».
Catogne, alpage, nom monté au sommet Le Catogne, 2598m (Orsières et Sembrancher, district d´Entremont, Valais) ;
Catogne d´en Bas et Catogne d´en Haut, pâturages, Lac de Catogne, et Nant de Catogne, cours d´eau affluent de l´Eau Noire (Trient, district de Martigny, Valais).
Dérivé avec le suffixe collectif -is :
Les Chantis, lieu-dit (Villard, Vallée Verte, Haute-Savoie).

Avec le suffixe collectif -ou :
Le Chantou, lieu-dit (Champagne, district de Grandson, Vaud).

Ancien français cantel, cantele, chantel, chantele, quantel, « coin, côté » :
Chanté, hameau (Ollomont, vallée d´Aoste) ;
Le Chanté, en patois Le Tsanté, anciennement Chantelet, Chateler et Chatey, hameau (Vallorcine, vallée de l´Eau Noire, Haute-Savoie) ;
Le Chantel, lieu-dit d´Arc 1800 (Les Arcs, Tarentaise, Savoie) ;
Chantel Damon et Chantel Dèsot, alpages (Saint-Rhémy-en-Bosses, vallée d´Aoste).

Avec le suffixe diminutif -et :
Chantelet, crête boisée (Sainte-Croix, district de Grandson, Vaud) ;
Le Chantet, lieu-dit (Salvan, district de Saint-Maurice, Valais) ;
Le Chantet Pointu, lieu-dit (Emaney, Salvan, district de Saint-Maurice, Valais) ;
Le Grand Chantet, pâturage déclive (Argentière, vallée de Chamonix, Haute-Savoie).

Dérivé avec les suffixes collectifs -aire, -ery :
La Chantaire, lieu-dit (Grandson, Vaud) ;
Chantery, lieu-dit en forêt (Saint-Bon-Tarentaise, Tarentaise, Savoie).

Dérivé avec le suffixe collectif -ey :
Chantey, lieu-dit (Moiry, district de Cossonay, Vaud).

Diminutifs avec le suffixe -on :
Chanton, alpage (Pré-Saint-Didier, vallée d´Aoste) ;
Le Chanton, hameau (Martigny-Combe, district de Martigny, Valais) ;
Chanton de la Larze, lieu-dit (Fully, district de Martigny, Valais) ;
Les Chantons, vergers dans la plaine du Rhône (Martigny, Valais).

Double diminutif avec les suffixes -on et -et :
Le Chantonnet, petit sommet, 2576m (Val Ferret, Orsières, district d´Entremont, Valais).

Voir aussi Chantabo, Santel, Tsanton, Tsantéleina.


Caton, Catonier, Catonnière, Catons
Patronyme Caton, probablement de l´adjectif latin catus, « avisé, habile ».
Caton, lieu-dit (Nattages, Bugey, Ain) ;
Caton, maisons isolées (Pringy, Haute-Savoie) ;
Le Caton, hameau (Morillon, Faucigny, Haute-Savoie) ;
Le Caton, maison isolée (Villaz, Bornes, Haute-Savoie) ;
Le Grand Caton et Le Petit Caton, hameaux, et Sur les Catons, forêt déclive (Le Bourget-du-Lac, Aix-les-Bains, Savoie) ;
Les Catons, lieu-dit (Mézériat, Dombes, Ain) ;
Les Catons, lieu-dit (Montmin, Bornes, Haute-Savoie).
Avec le suffixe de propriété -ier, -ière :
Le Catonier, lieu-dit (Saint-Nizier-le-Bouchoux, Bresse, Ain) ;
La Catonnière, hameau (Saint-Aupre, Pays voironnais, Isère).


Cattembourg, Cottebor
Ces deux toponymes ont vraisembleblement un anthroponyme germanique indéterminé, comme semble l´indiquer le suffixe -bourg [Michaud].
Cattembourg, In Catebor en 1339, En Katembors en 1372, en Catembourt, en Catembourg et en Catembours en 1441, a l´atembourg en 1545, Cattembourg en 1597, lieu-dit (Boudry, Neuchâtel) ;
Cottebor, Coste Borc en 1342, Cotibor en 1401, Coctobourg en 1545, Cottebor en 1703, lieu-dit (Boudevilliers, district du Val-de-Ruz, Neuchâtel).

Caudon
Gros Caudon et Petit Caudon, alpages de la commune de Blonay (District de Vevey, Vaud), du latin cauda, « queue », pour désigner une extrémité de terrain, de territoire.

Caudoz, Coude, Coudes
Terrain, ruisseau, chemin, etc, formant un coude, latin cubitus, « coude, inflexion, courbure ».
Le Coude, maison isolée (Bulle, district de la Gruyère, Fribourg) ;
Les Coudes, maison isolées (Esserts, district du Lac, Fribourg) ;
Bons Coudes, lieu-dit (Bas-Vully, district du Lac, Fribourg).
Du patois caudoz, « coude » [Bossard] :
Chemin de Caudoz (Romanel-sur-Lausanne, district de Lausanne, Vaud) ;
Chemin du Caudoz (Pully, district de Lausanne, Vaud).


Caudra, Caudray, Caudraz, Caudre, Caudrés,
Caudrettes, Caudrey, Caudreys, Caudria, Caudry,
Coeudra, Coeudre, Coeudres, Coeudret, Coeudrets,
Coudraie, Coudray, Coudraz, Coudre, Coudré,
Coudrée, Coudres, Coudret, Coudrette, Coudrettes,
Coudrey, Coudriettes, Coudry, Courriers, Cudray,
Cudraz, Cudre, Cudré, Cudret, Cudrex,
Cudria, Cudrie
Coudrier, noisetier (Corylus avellana), arbuste de la famille des Bétulacées, francique colreium, correium, ou bas latin colurus, du gaulois *colorus, de corulus, corylus, grec korulos, « noisetier », racine indo-européenne *kos(e)lo-, « noisette ».
Noms collectifs : vieux français coudrière, corlière, couldraye, ancien français coldroi, corroi, coudreel, coudrete, coudriere, « lieu planté de coudriers », bas latin coluretum, métathèse du latin coryletum, corylaria, « lieu planté de noisetiers, coudraie ».
Français coudre, vieux français coudre, coudrier, couldre, couldrier, patois caudrâ, coeudre, patois fribourgeois kâdra, kôdra, avec les suffixes collectifs -aie, -ay, -az, -ette, -ey, et les formes patoises -a, -az, -ée :
La Caudra, hameau (Siviriez, district de la Glâne, Fribourg) ;
En Caudray, lieu-dit (Chéserex, district de Nyon, Vaud) ;
Caudraz, lieu-dit (Sévery, district de Cossonay, Vaud) ;
Caudre, lieu-dit (Lovatens, district de Moudon, Vaud) ;
Les Caudrés, maison isolée (Saint-Martin, district de la Veveyse, Fribourg) ;
Les Caudrettes, lieu-dit (Domdidier, district de la Broye, Fribourg) ;
Le Caudrey ou Le Caudrai, hameau (Forel, district de Lavaux, Vaud) ;
Les Caudreys, hameau (Ormont-Dessous, district d´Aigle, Vaud) ;
La Caudria, maison isolée (Bussy-sur-Moudon, district de Moudon, Vaud) ;
Caudry, lieu-dit (Les Cullayes, district d´Oron, Vaud) ;
La Coeudra, maisons isolées (Villard-sur-Doron, Beaufortain, Savoie) ;
La Coeudre, forêt (Fontenais, District de Porrentruy, Jura) ;
Les Coeudres, hameau (La Sagne, district de la Chaux-de-Fonds, Neuchâtel) ;
Champs de Coeudres, maison isolée (Grandval, district de Moutier, Jura bernois) ;
Le Coeudret, lieu-dit (Bassecourt, district de Delémont, Jura) ;
Les Coeudrets, forêt (Damvant, district de Porrentruy, Jura) ;
La Coudraie, quartier (Prilly, district de Lausanne, Vaud) ;
Le Coudray, Cudrey en 1310 (Bavois, district d´Orbe, Vaud) ;
La Coudraz, lieu-dit (Villy-le-Pelloux, Annecy, Haute-Savoie) ;
La Coudre, La Coudra en 1143, quartier (Neuchâtel) ;
La Coudre, anciennement Couldra et La Couldraz au XIIIème siècle, La Couldre en 1564 (District de Cossonay, Vaud) ;
Coudré, alpage (Grandvillard, district de la Gruyère, Fribourg) ;
Coudrée, domaine et château, Forons en 1245, edont le nom actuel était celui d´une ancienne forêt, Coudray en 1245 (Sciez, Chablais, Haute-Savoie) ;
Les Coudres, maison isolée (La Chapelle-d´Abondance, Val d´Abondance, Haute-Savoie) ;
Le Coudret, hameau (Argentine, Basse-Maurienne, Savoie) ;
La Coudrette, maison isolée (Onnens, district de Grandson, Vaud) ;
Coudrettes, lieu-dit (Chalais, district de Sierre, Valais) ;
Le Coudrey, lieu-dit (Forel, district de Lavaux, Vaud) ;
Les Coudriettes, forêt (Chens-sur-Léman, Bas-Chablais, Haute-Savoie) ;
Coudry, lieu-dit en forêt (Mollens, district de Sierre, Valais) ;
Coudry, maisons isolées (Arthaz-Pont-Notre-Dame, Annemasse, Haute-Savoie) ;
Les Courriers, variante de Coudriers, hameau (Saint-Pierre-d´Entremont, Chartreuse, Savoie) ;
Le Cudray, hameau (Villard-sur-Doron, Beaufortain, Savoie) ;
La Cudraz, lieu-dit (Granier, Tarentaise, Savoie) ;
Les Cudres, lieu-dit (Fresens, district de Boudry, Neuchâtel) ;
Tête des Cudres, colline, 1516m (Villard, Vallée Verte, Haute-Savoie) ;
Bois de Cudré, forêt (Misery-Courtion, district du Lac, Fribourg) ;
Le Cudret, hameau (Aigueblanche, Tarentaise, Savoie) ;
Cudrex, lieu-dit (Treytorrens, district de Payerne, Vaud) ;
Fin de Cudria, lieu-dit (Rue, district de la Glâne, Fribourg) ;
La Cudrie, lieu-dit (Tramelan, district de Courtelary, Jura bernois).

Voir aussi Plan Cudrey.


Cauille
Mot patois désignant une porte d´enclos à l´entrée des pâturages et des mayens [Guex].
Mont Cauille, 2303m, nom monté (Mâche, Val d´Hérémence, Valais).

Cautales
Pourrait dériver du latin cauda, « queue », et désigner une extrémité de terrain.
Les Cautales, maison isolée (Forel, district de Lavaux, Vaud).

Caux
Ce nom désignerait une arête peu escarpée, une croupe. Probablement du latin cauda, « queue ».
Caux, anciennement Cau, hameau (Montreux, district de Vevey, Vaud) ;
La Caux, lieu-dit (Vouvry, district de Monthey, Valais) ;
Les Caux, maison isolée (Bex, district d´Aigle, Vaud).

Caval, Cavale, Cavalerie, Cavales, Cavali,
Cavallier, Cavalot, Cheval, Chevaleins, Chevaleret,
Chevalerie, Chevalet, Chevalets, Chevalier, Chevalière,
Chevaliers, Chevalin, Chevallay, Chevallet, Chevallier,
Chevalon, Cheval-Queue, Chevaly
Français cheval, du latin caballus, caballa, « mauvais cheval, cheval hongre », gaulois caballos, « cheval », nom souvent donné par métaphore à une élévation. C´est aussi un patronyme.
Cheval, hameau (Le Bouchage, L´Isle-Crémieu, Isère) ;
Le Cheval, sommet, 2490m (Ardon, district de Conthey, Valais) ;
Le Cheval, lieu-dit (Pouillat, Revermont, Ain) ;
Cheval Blanc, sommet, 2146m (Charmey, district de la Gruyère, Fribourg) ;
Cheval Blanc, lieu-dit en montagne sous la Pointe de Marcelly (Taninges, Faucigny, Haute-Savoie) ;
Cheval Blanc, maisons isolées (Saint-Trivier-sur-Moignans, Dombes, Ain) ;
Cheval Blanc, alpage (Ollomont, vallée d´Aoste) ;
Le Cheval Blanc, sommet, 2830m, à la frontière avec la commune de Finhaut (District de Saint-Maurice, Valais), et Glacier du Cheval Blanc (Sixt-Fer-à-Cheval, Faucigny, Haute-Savoie) ;
Cheval Blanc ou Roc du Cheval Blanc, sommet, 1793m (Collombey-Muraz, district de Monthey, Valais, et Châtel, Chablais, Haute-Savoie) ;
Le Cheval Blanc, hameau (Domessin, vallée du Guier, Savoie) ;
Le Cheval Blanc, maisons isolées, enseigne d´une ancienne auberge (Saint-Jean-de-Couz, Chartreuse, Savoie) ;
Le Cheval Blanc, sommet, 3016m, et Col du Cheval Blanc, 2791m (Orelle et Modane, Maurienne, Savoie) ;
Grand Cheval, sommet, 1827m (Lans-en-Vercors, Vercors, et Varces-Allières-et-Risset, Pays grenoblois, Isère) ;
Mollard Cheval, lieu-dit (Beaucroissant, Grenoble, Isère) ;
Le Cheval Noir, sommet, 2832m, Col du Cheval Noir, 2527m, Lacs du Cheval Noir, lacs de montagne, et Ruisseau du Cheval Noir, affluent du Torrent de la Plattière (Saint-Jean-de-Belleville, Tarentaise, Savoie) ;
Combe du Cheval, lieu-dit en montagne (Aillon-le-Vieux, Bauges, Savoie) ;
Crête du Cheval, 2601m (Allemond, Oisans, Isère) ;
Le Pas de Cheval, maison isolée (Arbusigny, Genevois, Haute-Savoie) ;
Plan du Cheval, pâturage, Lac du Plan du Cheval, lac de montagne, Croix du Plan du Cheval, crois, et Ruisseau du Plan du Cheval, affluent du Ruisseau de la Sassière (Tignes, Haute-Tarentaise, Savoie) ;
En Cheval-Queue, lieu-dit, et Bief de Cheval-Queue (Mézériat, Dombes, Ain) ;
Roche du Saut de Cheval, lieu-dit en forêt (Chevillard, Haut-Bugey, Ain) ;
Sans Cheval, lieu-dit (Burcin, Bièvre, Isère) ;
Tête du Cheval, sommet, 1938m (Massif de Tavaneuse, Abondance, Val d´Abondance, Haute-Savoie) ;
La Tête du Cheval, falaise en forêt (Aiguebelette-le-Lac, Avant-Pays savoyard, Savoie).
Ancien français chevalet, « petit cheval », avec le suffixe diminutif -et, par métaphore :
Le Chevalet, lieu-dit déclive en forêt (La Balme-de-Thuy, Bornes, Haute-Savoie) ;
Le Chevalet, lieu-dit en montagne (Chantelouve, Valbonnais, Isère) ;
Le Chevalet, colline boisée, (Chamagnieu, L´Isle-Crémieu, Isère) ;
Les Chevalets, crête rocheuse, 2498m (Vénosc, Oisans, Isère) ;
Le Chevallet, colline boisée, 399m (Courmangoux, Revermont, Ain).

Pâturage pour les chevaux, avec le suffixe collectif -ière :
Chevalière et Combe Chevalière, pâturages, nom monté à la Tête Chevalière, 1951m, et Source de Chevalière (Chichilianne, Trièves, Isère) ;
Chevalière, lieu-dit (Sinard, Trièves, Isère).

Pâturage pour les chevaux, avec le suffixe collectif -erie :
La Cavalerie, lieu-dit en forêt (Ugine, Val d´Arly, Savoie).

Avec le suffixe diminutif -et :
Le Clos Chevaleret, pâturage, et Ruisseau du Clos Chevaleret, affluent du Ferrand (Clavans-en-Haut-Oisans, Oisans, Isère).

Français chevalerie, « institution militaire, propre à la noblesse féodale » :
Rue de la Chevalerie, quartier (Tullins, Pays voironnais, Isère).

Patronymes Chevalin, Chevallay, Chevalon, Chevaly, probablement des hypocoristique de cheval :
Le Chevalin, hameau (Saint-Siméon-de-Bressieux, Bièvre, Isère) ;
Chez Chevallay, maison isolée (Saint-Paul-en-Chablais, Chablais, Haute-Savoie) ;
Le Chevalon, quartier (Voreppe, Pays voironnais, Isère) ;
Champ Chevalon, lieu-dit (Replonges, Bresse, Ain) ;
Chevaly, hameau (Taninges, Faucigny, Haute-Savoie).

Patronymes Cavallier, Chevalier, Chevallier, nom de métier :
Bois Cavallier, maison isolée (Saint-Trivier-sur-Moignans, Dombes, Ain) ;
Chevalier, hameau (Saint-Nizier-le-Bouchoux, Bresse, Ain) ;
Chevalier, maison isolée (Savigneux, Dombes, Ain) ;
Le Chevalier, hameau (Saint-Aupre, Pays voironnais, Isère) ;
Biez Chevalier, bief (Sermoyer, Bresse, Ain) ;
Bois Chevalier, forêt (Saint-Lattier, Chambaran, Isère) ;
Chez Chevalier, maisons isolées (Mégevette, Faucigny, Haute-Savoie) ;
Clos Chevalier, lieu-dit en montagne (Allemond, Oisans, Isère) ;
Clos Chevalier, quartier (Menthon-Saint-Bernard, Bornes, Haute-Savoie) ;
Plan Chevalier, maisons isolées en clairière (Sallanches, Haut-Faucigny, Haute-Savoie) ;
Sous Chevalier, maisons isolées (Bénonces, Bugey, Ain) ;
Les Chevaliers, maisons isolées (La Chapelle-Rambaud, Faucigny, Haute-Savoie) ;
Bois Chevallier, lieu-dit en forêt (Cordéac, Trièves, Isère) ;
Champ Chevallier, maisons isolées (Moirans, Pays voironnais, Isère).

Par féminisation du patronyme Chevalier :
Chevalière, maison isolée (Chantesse, Sud du Grésivaudan, Isère) ;
La Chevalière, hameau (Saint-Jean-de-Maurienne, Savoie) ;
La Chevalière, alpage, et Ruisseau du Plan de la Chevalière (Granier, Tarentaise, Savoie) ;
Etang Chevalière (Saint-Nizier-le-Désert, Dombes, Ain).

Peut-être avec l´influence de Chaleins :
Chevaleins, hameau (Chaleins, Dombes, Ain).

Provençal caval, « cheval de trait, rosse » par métaphore :
Pointe du Gros Caval, 3394m, Glacier du Gros Caval et Ruisseau du Gros Caval, affluent de l´Isère (Val-d´Isère, Haute-Tarentaise, Savoie).

Ancien féminin cavale, « jument », souvent utilisé par métaphore pour une élévation :
La Cavale, lieu-dit en forêt (Allèves, Bauges, Haute-Savoie) ;
Col de la Cavale, 2434m (Tréminis, Trièves, Isère) ;
Plan de la Cavale, pâturage (Mizoën, Oisans, Isère) ;
Sommet de la Cavale, 2147m (Oris-en-Rattier, Valbonnais, Isère) ;
Tête de la Cavale, 2697m (Saint-Baudille-et-Pipet, Trièves, Isère) ;
Les Cavales, lieu-dit (Châtonnay, Pays viennois, Isère) ;
Pentes des Cavales, lieu-dit déclive (Val-d´Isère, Haute-Tarentaise, Savoie) ;
Sentier des Cavales, chemin (Autrans, Vercors, Isère) ;
Plan des Cavales, lieu-dit en montagne (Lanslebourg-Mont-Cenis, Haute-Maurienne, Savoie) ;
Plan des Cavales, lieu-dit en montagne (Termignon, Haute-Maurienne, Savoie) ;
Pointe des Cavales, sommet à la frontière italienne, 3394m (Bessans, Haute-Maurienne, Savoie) ;
Pointe des Cavales, sommet, 2778m, et Bas des Cavales, col, 2647m, à la frontière du Valais et de la Haute-Savoie (Finhaut, district de Saint-Maurice, Valais) ;
Bonnet des Cavales, sommet, 3285m, Pic Nord des Cavales, 3362m, Pic Sud des Cavales, 3360m, Col du Clot des Cavales, 3158m, Glacier des Cavales (Saint-Christophe-en-Oisans, Oisans, Isère) ;
Plan des Cavalles, pâturage, et Ruisseau du Plan des Cavalles (Vaujany, Oisans, Isère).

Patronyme Cavali, de l´italien cavallo, « cheval » :
Cavali, maison isolée (Habère-Poche, Vallée Verte, Haute-Savoie).

Patronyme Cavalot :
Sous Cavalot, maison isolée (Seyssel, Genevois, Haute-Savoie).

Voir aussi Fer à Cheval.


Cavassinière
La Cavassinière, maison isolée de la commune de Traize (Avant-Pays savoyard, Savoie), dérivé du patronyme Cavassin, Chavassin avec le suffixe de propriété -ière.

Cave, Caves
Grotte, caverne, lieu enfoncé, du latin cava, « fossé », du pluriel neutre latin pris pour un féminin cava de l´adjectif cavus, « creux ».
Cave Noire, grotte (Baulmes, district d´Orbe, Vaud) ;
La Grande Cave, grotte et glacière, et La Petite Cave, grotte (Massif du Bargy, Bornes, Haute-Savoie).
Les Caves, lieu-dit déclive (Saint-Eusèbe, Albanais, Haute-Savoie).

Cave, Caves, Cavets, Cavettaz, Cavettes,
Cavoin, Cavouère, Cavoués, Câvoués, Cavouette,
Cavouettes, Cavues
Patois cavoua, cavua, « extrémité d´un terrain », du latin cauda, « queue ».
La Cave, pâturage (Vouvry, district de Monthey, Valais) ;
Cave du Sex, alpage (Mollens, district de Sierre, Valais) ;
Les Caves, alpage (Randogne, district de Sierre, Valais) ;
Les Cavues, lieu-dit (Château-d´Oex, Pays-d´Enhaut, Vaud).
Avec les suffixes diminutifs -et, -ette :
Les Cavets, alpage, et Torrent des Cavets, affluent de la Gitte (Les Contamines-Montjoie, Val Montjoie, Haute-Savoie) ;
Les Cavettes, lieu-dit (Vallorcine, vallée de l´Eau Noire, Haute-Savoie) ;
La Cavouette, maisons isolées en clairière (Lourtier, Bagnes, district d´Entremont, Valais) ;
Les Cavouettes, Les Cavuettes en 1906, maison isolée (Lessoc, Haut-Intyamon, district de la Gruyère, Fribourg).

Avec le suffixe diminutif patois -ettaz :
Lacs de la Cavettaz, étangs au bord de l´Arve (Passy, Haut-Faucigny, Haute-Savoie).

Diminutif avec le suffixe -in :
Cavoin, lieu-dit (Yvorne, district d´Aigle, Vaud).

Avec le suffixe collectif -ière :
Mont à Cavouère, sommet, 2595m (Ardon, district de Conthey, Valais).

Avec le suffixe collectif -é :
Les Cavoués, pâturage (Vouvry, district de Monthey, Valais) ;
Les Câvoués, aussi Câooués, Câoues, et Cavouës et Cavouez en 1906, lieu-dit (Troistorrents, district de Monthey, Valais), et Forêt des Câvoués (Collombey-Muraz, district de Monthey, Valais).


Cave, Caves
Français cave, « pièce souterraine destinée à conserver des vins ou des vivres ».
La Grande Cave, maisons isolées dans le vignoble de Crépy (Loisin, Bas-Chablais, Haute-Savoie) ;
Les Caves, hameau (Cuvat, Genevois, Haute-Savoie) ;
Caves Dessous, maisons isolées dans les vignes (Fréterive, Combe de Savoie, Savoie).
En Tarentaise, « chalet servant de cave pour les fromage » [Gros] :
La Cave, alpage (Bonneval, Tarentaise, Savoie) ;
Les Caves, ruines d´alpage (La Léchère, Tarentaise, Savoie) ;
Caves Berthier, maisons isolées en forêt (Bonvillaret, Basse-Maurienne, Savoie) ;
Caves de la Plagne, alpage (Champagny-en-Vanoise, Vanoise, Savoie).


Cave aux Fées
La Cave aux Fées, dolmen à demi enterré de la commune de Saint-Cergues (La Côte en Chablais, Haute-Savoie), appelé aussi Maison aux Fées et Pierre aux Fées [Künzi 1997].

Cavoitanne
Bois de la commune de Laconnex (Genève), probablement une déformation de Covatanne.

Cavucennes
Les Cavucennes, fermes isolées de la commune de Hauteville (District de la Gruyère, Fribourg), par féminisation d´un patronyme Cavucens, devenu Cavuscens, famille bourgeoise d´Albeuve et de Riaz.

Cayon
Cochon, sanglier, voir les mots régionaux caïon, cayon.
Le Creux du Cayon, vallon (Marthod, Combe de Savoie, Savoie).

Cé, Cetz, Cez, Ché, Chelte,
Cheut
Variantes savoyardes de Sex, « rocher, pierre isolée ».
Le Cé, maison isolée près d´un rocher (Onnion, Faucigny, Haute-Savoie) ;
Sur le Cé et Gorges du Cé, lieux-dits (Mont-Saxonnex, Faucigny, Haute-Savoie) ;
Le Cetz, colline boisée (Commune de Faucigny, Haute-Savoie) ;
Le Gros Cez, maison isolée près d´un rocher, et Le Petit Cez, maison isolée (Lyaud, Bas-Chablais, Haute-Savoie).
Variante valaisanne de Sex :
Ché du Meroué, lieu-dit en forêt (Mase, district d´Hérens, Valais).

Patois jurassien :
La Chelte, lieu-dit (Orvin, district de Courtelary, Jura bernois) ;
Cheut, lieu-dit (Orvin, district de Courtelary, Jura bernois).


Cèdres
Cônifère, nom latin cedrus, du grec kedros, « cèdre, genévrier ».
Les Cèdres, maisons isolées (Aubonne, Vaud).

Ceignes
Commune et village du Cerdon (Izernore, arrondissement de Nantua, Ain), Cyennies en 1299-1369, Ceynies en 1394, Ciegne au XVIIIème siècle (Carte de Cassini), Ceigne en 1808, mot régional ceigne, « espace défriché, terrain boueux » [Pégorier].

Ceillat
Hameau de la commune de Chavannes-sur-Suran (Revermont, Ain), Seilla sur la Carte de Cassini, Seillat en 1911, probablement d´un nom de domaine d´origine gallo-romaine *Celiacum ou *Seliacum, dérivé avec le suffixe -acum du gentilice Celius ou Selius.

Ceingles, Cingles, Cinglo, Cinglos
Variantes de Sangle, Single. Ancien français caingle, cengle, cingle, « enceinte, limite, ceinture ».
Aiguille des Ceingles, 2869m, Crête des Ceingles, 2916m, Col des Ceingles, 2817m (Alpes Pennines, Saint-Rhémy-en-Bosses, vallée d´Aoste) ;
Les Cingles, falaises (Mollens, district de Sierre, Valais) ;
Cinglo, alpage (Vallon de Nant, Bex, district d´Aigle, Vaud) ;
Cinglos, lieu-dit (Niouc, Saint-Luc, Val d´Anniviers, district de Sierre, Valais).
Voir aussi Fingles, Single.


Ceinture, Ceinturée
Français ceinture, du latin cinctura, « ceinture, pourtour, enceinte », du verbe cingere, « entourer », utilisé comme métaphore pour une bande de terre horizontale autour d´un relief.
La Ceinture, bande de terre sous le Col d´Arclusaz (Fréterive, Combe de Savoie, Savoie) ;
Pic de la Ceinture, 2779m (Valloire, Maurienne, Savoie).
Forme adjective :
Roche Ceinturée, sommet, 1646m (Gresse-en-Vercors, Vercors, Isère).


Célière, Cellier, Cellières, Celliers
Au Moyen-Age, le cellier est un entrepôt ou grenier fortifié. En Savoie, il désigne aussi une maisonnette construite dans les vignes pour abriter la vendange. Latin cellarium, « cellier », de cella.
La Célière, maisons isolées (Sixt-Fer-à-Cheval, Faucigny, Haute-Savoie) ;
Cellier, lieu-dit en forêt (Saint-Jean-d´Hérans, Trièves, Isère) ;
Le Cellier, lieu-dit en forêt (Bolozon, Haut-Bugey, Ain) ;
Le Cellier, lieu-dit en forêt (Groslée, Bugey, Ain) ;
Le Cellier, maisons isolées (Saint-Genix-sur-Guiers, vallée du Guiers, Savoie) ;
Champ Cellier, alpage, peut-être un patronyme (Châtillon, vallée d´Aoste) ;
Cellières, hameau (La Rivière-Enverse, Faucigny, Haute-Savoie) ;
Les Cellières, maison isolée (Allondaz, Combe de Savoie, Savoie) ;
Les Cellières, maison isolée en clairière (Saint-Paul-sur-Isère, Combe de Savoie, Savoie) ;
Les Celliers, lieu-dit (Saint-Pierre-en-Faucigny, Faucigny, Haute-Savoie) ;
Celliers, Ecclesia de Cellariis en 1170, Ecclesia de Celeriis au XIVème siècle, et Celliers-Dessus, hameaux, Forêt Domaniale des Celliers, forêt, nom monté au Glacier de Celliers (La Léchère, Tarentaise, Savoie) ;
Celliers de Champloux, hameau (Saint-Vital, Combe de Savoie, Savoie) ;
Celliers du Montmeilland, lieu-dit déclive en forêt (La Burbanche, Bugey, Ain) ;
Les Celliers, maisons isolées (Saint-Pierre-en-Faucigny, Faucigny, Haute-Savoie) ;
Les Celliers, maisons isolées (La Terrasse, Grésivaudan, Isère).
Voir aussi Selier.


Céligny
Commune genevoise enclavée dans le canton de Vaud, anciennement Siligniacus [Régeste Genevois], de Siliniaco en 1163, apud Siliniacum en 1179, Silignie vers 1200, Cilinie en 1311, Cura de Cilignie vers 1344, Cilignier en 1387, nom de domaine d´origine gallo-romaine dérivé avec le suffixe -acum du gentilice Cilinius ou Silinius, voir aussi Salagnat.

Cenaire
Lieu-dit de la commune d´ Orsières (District d´Entremont, Valais), Seneires en 1906, voir Seneires.

Cendre, Cendres
Probablement une forêt brûlée ou victime d´un incendie, ou dont le bois était exploité pour la fabrication du charbon. Du latin cinis, cineris, « cendre ».
Forêt de la Cendre (Châtillon, district de Delémont, Jura) ;
Les Cendres, lieu-dit (Bernex, Chablais, Haute-Savoie).

Cénevé
Alpage de la commune de Quart (Vallée d´Aoste), peut-être une cacographie de sénevé, « plante dont les grains fournissent la moutarde » (Sinapis nigra).

Cenneux
Le Cenneux, lieu-dit de la commune de Montfaucon (District des Franches-Montagnes, Jura), variante patoise de Cerneux par assimilation de rn en nn.
Voir aussi Seineu.


Cénoche
Hameau de la commune de Peillonnex (Faucigny, Haute-Savoie), cacographie de Sénoche.

Cense
Cense : petite métairie, ferme séparée du village [Dictionnaire de L´Académie française, 1694]. Ancien français cense, « cens », du bas latin censa, « somme due pour le fermage », désigne une ferme par métathèse.
La Cense, lieu-dit (Péron, Pays de Gex, Ain) ;
La Cense, hameau (Saint-Martin-d´Arc, Maurienne, Savoie) ;
La Cense, hameau (Saint-Etienne-de-Cuines, Maurienne, Savoie) ;
Bois de la Cense, forêt (Saint-Germain-les-Paroisses, Bugey, Ain).

Censières
La censière ou censive est le droit qu´a le seigneur de percevoir les censes (redevances payées au seigneur sur des terres, moulins, fours, prés, etc.) dues par le propriétaire utile (soit le cultivateur, la personne qui travaille le bien). Le terme censière désigne aussi un territoire dont les censitaires ont le même seigneur ou receveur.
Les Censières, forêt (Le Chalet-à-Gobet, Lausanne, Vaud) ;
Nouvelles Censières, probablement un territoire nouvellement soumis au cens, lieu-dit (Provence, district de Grandson, Vaud).

Censury
Le Censury, faubourg de Grancy (District de Cossonay, Vaud), dériverait de « sangsue », voir Sensuy, avec un r épenthétique.

Centfontaine
Hameau de la commune de Bonnevaux (Val d´Abondance, Haute-Savoie), sans doute « cent fontaines », endroit où se trouvent de nombreuses sources, mais le singulier surprend.

Centres, Chaintres, Chaintret, Cheintres, Chèntre,
Chentres, Chintre, Chintres, Cintres
Mot régional chaintre, le bout ou la limite du champ où le laboureur tourne la charrue. Patois tsantra, « bande de terrain entre la vigne et le mur de clôture, cultivée en légume » [Bridel]. Vieux français ceintre, « bordure de terrain laissée en pâture parce que l´herbe n´y est pas assez drue ». En ancien français cheintre est un synonyme d´oche. Du latin cinctura, « ceinture, pourtour, enceinte », du verbe cingere, « entourer », ou selon GPSR du latin cancere, « grillage, clôture », le passage de cinctura à cheintre faisant difficulté.
Les Centres, lieu-dit en forêt (Vions, Chautagne, Savoie) ;
Les Chaintres, lieu-dit (Hautecourt-Romanèche, Revermont, Ain) ;
Les Chaintres, lieu-dit (Vésines, Bresse, Ain) ;
Les Cheintres, lieu-dit (Enges, Neuchâtel) ;
Chèntre, hameau, est aussi un patronyme attesté dans la région (Bionaz, vallée d´Aoste) ;
Les Chentres, maison isolée (Gimel, district d´Aubonne, Vaud) ;
Les Chentres, maison isolée (Saint-Martin-de-Belleville, Moûtiers, Tarentaise, Savoie) ;
La Chintre, lieu-dit (Murist, district de la Broye, Fribourg) ;
La Chintre, maisons isolées (Ambérieu-en-Bugey, Bugey, Ain) ;
Grande Chintre, lieu-dit (Dommartin, Bresse, Ain) ;
La Grande Chintre, maison isolée (Saint-Etienne-du-Bois, Revermont, Ain) ;
Les Chintres, maisons isolées (Chapelle, district de la Glâne, Fribourg) ;
Les Chintres, lieu-dit (Chalamont, Dombes, Ain) ;
Les Chintres, Les Cheintres en 1847, maison isolée, et Bois des Chintres, forêt (Sainte-Olive, Dombes, Ain) ;
Etang des Chintres (Saint-André-de-Corcy, Dombes, Ain) ;
Les Cintres, hameau (Saint-Martin-de-Belleville, Moûtiers, Tarentaise, Savoie).
Avec le suffixe diminutif -et :
Le Chaintret, lieu-dit (Crottet, Bresse, Ain).

Voir aussi Tsintre.


Centron
Village de la commune de Montgirod (Tarentaise, Savoie), Chentron en 1152, Nemus de Centrone vers 1170, Nemus de Chentrone en 1184, Locus de Chentron en 1358, Chintrone en 1418, aussi Cheytrone, selon Gros d´un patronyme gaulois Cantros, forme latine Cantrus, devenu en roman Chaintro, Chentro, Chintro. Les Centrons sont un peuple gaulois qui occupait la région.

Cérarges, Césarches, Césardes, Césarge, Césarges,
Césargues, Cézards
D´une forme romane dérivant du bas latin casarica, « cabane, groupe de cabanes », du latin casa, « cabane, chaumière, hutte » [Gros].
Césarches, Ecclesia de Sesarches en 1170, Ecclesia de Cesarchis en 1171, Ecclesia de Cesarchiis en 1225, Dominus Sesarchiarum en 1491, Sésarches en 1568, Cézarches en 1732, commune et village (Albertville-Nord, arrondissement d´Albertville, Savoie) ;
Césarge, hameau (Reignier, Genevois, Haute-Savoie) ;
Césarge, château (Maubec, La Tour-du-Pin, Isère) ;
Torrent de Césarge (Oytier-Saint-Oblas, Pays viennois, Isère) ;
Césarges, Casaricas au IXème siècle, hameau, et Etang de Césarges (Heyrieux, Pays viennois, Isère) ;
Les Césargues, hameau (Cranves-Sales, Annemasse, Haute-Savoie).
Avec assimilation :
Les Cérarges, maisons isolées (Hauteville-Lompnes, Bugey, Ain).

Peut-être de même origine :
Césardes, quartier (Seynod, Annecy, Haute-Savoie) ;
Les Cézards, hameau (Lovagny, Annecy, Haute-Savoie).


Céraucez
Alpage de la commune de Saint-Jean-d´Aulps (vallée de la Dranse, Haute-Savoie), autre forme de Séraussaix, avec la forme locale Cez, « rocher ».

Cerbeton
Lieu-dit de la commune de Valmeinier (Maurienne, Savoie), In Esserrto Bertonis en 1475, Essarbeton en 1935, composé de Essart et du patronyme Berton, du germanique *berhta, « brillant, célèbre ».

Cercier
Commune et village (Cruseilles, rrondissement de Saint-Julien-en-Genevois, Haute-Savoie), Cura de Sersier vers 1344, peut-être d´un nom de domaine d´origine gallo-romaine *Sersiacum, dérivé avec le suffixe -acum du gentilice Sersius.

Cercle, Cercles
Peut-être de même origine que Cherches, donc un lieu essarté, ou une allusion à la forme du terrain, ce qui ne correspond pas à la topologie.
Cercle, hameau, Bois de Cercle, forêt, nom monté à la Pointe de Cercle, 1807m (Abondance, Val d´Abondance, Haute-Savoie) ;
Les Cercles, pâturage (Vallon de Montriond, Chablais, Haute-Savoie).

Cerdon
Patronyme gallo-romain Cerdonus, attesté.
Cerdon, Cerdon en 1215, Cerdun en 1220, Capellanus Cerdonis en 1235, Apud Cerdonem en 1255, commune et village du Haut-Bugey (Poncin, arrondissement de Nantua, Ain), et Le Cerdon, nom de la région, Gorges du Cerdon, et aussi Grottes du Cerdon, à Labalme (Poncin, Haut-Bugey, Ain) ;
Le Champ Cerdon, hameau (Reyrieux, Dombes, Ain).

Cérellaz
Hameau de la commune d´Avise (Vallée d´Aoste), pourrait venir d´un adjectif cer[r]ella, dérivé de l´italien cerro, « chêne chevelu » ou « chêne cerre » (quercus cerris), ou directement du latin cerrus, de même sens.

Cérésy
Hameau de la commune d´Excenevex (Bas-Chablais, Haute-Savoie), Cura de Cuseret vers 1344, Cérézy sur la Carte IGN.

Cerf, Cerfs
Mammifère sylvicole, (Cervus elaphus), latin cervus.
Clos aux Cerfs, maison isolée (Gruyères, district de la Gruyère, Fribourg) ;
Goilles au Cerf, lieu-dit en forêt (Châtel-Saint-Denis, district de la Veveyse, Fribourg) ;
Gouille au Cerf, clairière (Arzier, district de Nyon, Vaud) ;
Pra au Cerf, maison isolée (Charmey, district de la Gruyère, Fribourg) ;
Roche au Cerf, lieu-dit en forêt (Asuel, district de Porrentruy, Jura) ;
Chaux au Cerf, maison isolée (Charmey, district de la Gruyère, Fribourg) ;
Combe aux Cerfs, lieu-dit en forêt (Arzier, district de Nyon, Vaud).

Cerf
Par remotivation de L´Essert.
Le Cerf, le Cer en 1332, le Cert en 1419, maison isolée et alpage (Ormont-Dessous, district d´Aigle, Vaud) ;
Le Cerf, maison isolée (Renan, district de Courtelary, Jura bernois).

Cerf, Cerfs
Du latin saxum, voir Saix, le nom actuel étant une remotivation.
Creux du Cerf, au Cruel du Saz et au Sex en 1441, Creul du Sac en 1545, Creuz du Saz en 1596, Creuz du Cerf en 1598, Creux du Sart et Creux du Cerf en 1735, Creux du Saar et Creux du Sar en 1771, lieu-dit (Bôle, district de Boudry, Neuchâtel) ;
Mont des Cerfs, mont du Sais en 1342, mont du Sairt en 1382, mont du Say en 1383, maisons isolées et colline, 1273m (Sainte-Croix, district de Grandson, Vaud).

Cergna, Cergnat, Cergnaulaz, Cergnaule, Cergne,
Cergnées, Cergnement, Cergnes, Cergnette, Cergnettes,
Cergneux, Cergni, Cergniat, Cergniole, Cergny,
Cernales, Cernayes, Cernaz, Cernet, Cernets,
Cerneutat, Cerneux, Cernex, Cerney, Cernia,
Cernialés, Cerniat, Cerniaules, Cerniaux, Cerniaz,
Cernie, Cernier, Cernière, Cerniers, Cerniets,
Cerniettes, Cernil, Cernillat, Cernillet, Cernion,
Cernis, Cernix, Cernois, Cernu, Cerny,
Chergne, Cierna, Cierne, Ciernes, Ciernette
Forêt défrichée en cercle, clairière mise en culture et clôturée. Patois cergna, cernyi, « faire périr un arbre en lui enlevant un anneau d´écorce », puis « défricher la forêt par cernes ou cercles », cerniz, « bois destinés à être cernés, arrachés », vieux français cerne, « rond ; marque circulaire formée autour de quelque chose », puis « enceinte, terrain clos », ancien français cerner, « arracher [des arbres] avec la racine », cernage, « action de cerner des bois, de les arracher avec la racine », du latin circinus, « cercle, compas », de circus, « cercle », grec kirkinos.
Aussi : patois cergno, « pâturage, ferme, groupe de fermes entouré d´une haie, d´une clôture en bois ou d´un mur, pour les soustraire au droit de vaine pâture, moyennant redevance », latin circinata [terra], « [terre] cernée », participe passé de circinare, « former en cercle, cerner », et aussi celtique *cern, « enclos ». Selon Pégorier, mots régionaux cernay, cernis, « prairie, clairière », cernei, cernette, « pâturage, abattis dans une forêt » (Savoie), cerne, « nouvelle clairière », cerneux, cerney, « clairière, lieu défriché et ordinairement entouré d´un mur en pierres sèches » (Jura), cernaz, « terre défrichée » (Suisse). Selon Prongué, « dans l´espace jurassien, autrefois, pâturage boisé privé, interdit au troupeau communal ».
Verbe patois cernyi et son participe passé féminin cergna :
La Cergna, ferme d´alpage (Lavey-Morcles, district d´Aigle, Vaud) ;
Cergnat, Sernies en 1315, Sernia en 1332, Sernyaz en 1439, hameau, et Fond de Cergnat, habitat dispersé (Ormont-Dessous, district d´Aigle, Vaud) ;
La Cergnat, alpage (Champéry, district de Monthey, Valais) ;
La Cergne, hameau (Corsier-sur-Vevey, district de Vevey, Vaud) ;
Les Cergnes, alpage (Ormont-Dessous, district d´Aigle, Vaud) ;
La Cergniat, hameau (Montbovon, Haut-Intyamon, district de la Gruyère, Fribourg) ;
Cernaz, lieu-dit (Franclens, Genevois, Haute-Savoie) ;
La Cernia, lieu-dit en forêt (Valangin, district du Val-de-Ruz, Neuchâtel) ;
Cerniat, Sernia en 1288, Sirniaz en 1453, commune et village (District de la Gruyère, Fribourg) ;
La Cerniat, lieu-dit en forêt, et Forêt de la Cerniat (Martigny-Combe, district de Martigny, Valais) ;
Cerniaz, Sernia en 1444, commune et village (District de Payerne, Vaud) ;
La Cernie, maisons isolées en clairière (Les Bois, district de Porrentruy, Jura) ;
Grandes Cernies et Petite Cernies, alpages (Les Charbonnières, Vallée de Joux, Vaud) ;
La Chergne, clairières avec maisons isolées (Les Avants, Montreux, district de Vevey, Vaud) ;
Cierna Novalla Dessous et Cierna Novalla Dessus, alpages (Grandvillard, district de la Gruyère, Fribourg) ;
La Cierne, clairière, et Vieille Cierne, alpage (Charmey, district de la Gruyère, Fribourg) ;
Les Ciernes, maisons isolées (Le Châtelard, district de la Glâne, Fribourg) ;
Belles Ciernes, maisons isolées en clairière (Lessoc, Haut-Intyamon, district de la Gruyère, Fribourg) ;
Grosses Ciernes et Petites Ciernes, maisons isolées en clairière (Broc, district de la Gruyère, Fribourg).

Avec le suffixe diminutif -et, -ette ou collectif -et, -ette :
Plan-Cernet et Cernet-Dessous, maisons isolées en clairière (Vallon de la Morge, Conthey, Valais) ;
La Cergnette, maison isolée (Bulle, district de la Gruyère, Fribourg) ;
Les Cergnettes, maison isolée (Tramelan, district de Courtelary, Jura bernois) ;
Les Cernets, maisons isolées en clairière (Manigod, Bornes-Aravis, Haute-Savoie) ;
Grands Cernets et Petits Cernets, hameaux en forêt (Les Verrières, district du Val-de-Travers, Neuchâtel) ;
Cerniets, alpage (Charmey, district de la Gruyère, Fribourg) ;
La Ciernette ou La Ciernetta, lieu-dit (Pont-en-Ogoz, district de la Gruyère, Fribourg) ;
Les Cerniettes, alpage de la vallée du Motélon (Gruyères, district de la Gruyère, Fribourg).

Avec les suffixes diminutifs -aule, -iole :
Cergnaulaz ou Cergnaule, hameau (Les Avants, Montreux, district de Vevey, Vaud) ;
La Cergnaule, maison isolée (Charmey, district de la Gruyère, Fribourg) ;
Cergniole, lieu-dit en forêt (Château-d´Oex, Pays-d´Enhaut, Vaud) ;
Cerniaules, lieu-dit (Neirivue, Haut-Intyamon, district de la Gruyère, Fribourg).

Avec le suffixe collectif -é :
Les Cernialés, maison isolée (Enney, Bas-Intyamon, district de la Gruyère, Fribourg).

Avec le suffixe diminutif -il :
Le Cernil, hameau en clairière (Les Bayards, district du Val-de-Travers, Neuchâtel) ;
Cernil Ladame, avec un patronyme, maison isolée en clairière (Fleurier, district du Val-de-Travers, Neuchâtel).

Avec le suffixe diminutif -on :
Son Cernion, maison isolée, Citerne de Cernion, en forêt, et Sous Cernion, lieu-dit(Courtelary, Jura bernois).

Avec le double suffixe diminutif -illet, ou avec la forme jurassienne -illat :
Le Cernillat, maison isolée (Le Pâquier, district du Val-de-Ruz, Neuchâtel) ;
Le Cernillet, alpage (Saint-Cergue, district de Nyon, Vaud).

Avec le suffixe -ment :
Cergnement, Sergnemeint et Serniemin en 1906, alpage avec habitat dispersé (Gryon, district d´Aigle, Vaud).

Avec le suffixe -eux :
Le Cergneux, hameau, et Ban du Cergneux, lieu-dit en forêt (Martigny-Combe, district de Martigny, Valais) ;
Le Cerneux, clairière, et Les Petits Cerneux, pâturages (Crémines, district de Moutier, Jura bernois) ;
Cerneux de la Pluie, maisons isolées (Les Bois, district des Franches-Montagnes, Jura) ;
Le Cerneux sur l´Eau, maison isolée (Mervelier, district de Delémont, Jura) ;
Petit Cerneux, maison isolée (Courtelary, Jura bernois) ;
La Cerneux-Veusil Dessous, hameau, et Cerneux-Veusil Dessus, maisons isolées (Muriaux, district des Franches-Montagnes, Jura) ;
Les Cerneux, hameau (Montsevelier, district de Delémont, Jura) ;
Cerniaux ou Cergnaud, nom allemand Schernelz, anciennement Schernholz, hameau (Gléresse, district de Nidau, Berne).

Diminutif formé avec le suffixe jurassien -at :
Le Cerneutat, maisons isolées en clairière (Le Noirmont, district des Franches-Montagnes, Jura) ;
Le Cerneutat, clairière (Soulce, district de Delémont, Jura).

Avec les suffixes collectifs -aye, -ée, -ex, -ey, -ois, -y :
Les Cergnées, lieu-dit (Le Pont, district de la Vallée, Vaud) ;
Le Cergni, lieu-dit (Montbovon, Haut-Intyamon, district de la Gruyère, Fribourg) ;
Le Cergny, maison isolée en clairière (Vaulruz, district de la Gruyère, Fribourg) ;
Cernales, lieu-dit (Boudevilliers, district du Val-de-Ruz, Neuchâtel) ;
Les Cernayes, alpage (Le Locle, Neuchâtel) ;
Cernex, Sernay en 1231, aussi Sernai, Chernay ou Sernex, commune et village du Genevois (Cruseilles, arrondissement d´Annecy, Haute-Savoie) ;
Le Cerney, alpage (Le Chenit, Vallée de Joux, Vaud) ;
Les Cernois, maisons isolées en clairière (Grande-Rivière, Saint-Laurent-en-Grandvaux, Jura) ;
Le Cernu, alpage en clairière (Gorgier, district de Boudry, Neuchâtel) ;
Le Cerny, hameau (Bellevaux, Chablais, Haute-Savoie).

Avec le suffixe collectif -is, -ix :
Les Cernis, maison isolée en clairière (Ballaigues, district d´Orbe, Vaud) ;
Le Cernix, hameau (Le Bouchet, Bornes-Aravis, Haute-Savoie) ;
Les Cernix, hameau (Beaufort-sur-Doron, Beaufortain, Savoie).

Avec les suffixes collectifs -ier, -ière :
Cernier, Cernies en 1324, Sernyes en 1346, Cerniez en 1453, commune et village (District du Val-de-Ruz, Neuchâtel) ;
La Cernière, lieu-dit (Bévilard, district de Moutier, Jura bernois) ;
Les Cerniers, hameau (Monthey, Valais) ;
Cerniers de Saulcy, hameau (Saulcy, district de Delémont, Jura).

Voir aussi Cenneux, Cerneux-Péquignot, Cernetrou, Ciernedon, Ciernes Picat, Cerniévillers, Chercenay, Montcenez, Scierne, Seineu, Sergnaz.


Cerise, Ceriseray, Cerises, Cerisier, Cerisière,
Cerisiers
Endroit où poussent des cerisiers ou des merisiers (Prunus avium), du pluriel neutre bas latin pris pour un féminin *ceresia, latin cerasus, grec kerasion, « cerisier, cerise ».
Français cerise :
Cerise, la Cyriesi en 1238, patois valaisan seriesi, « cerise », hameau (Hérémence, district d´Hérens, Valais) ;
Rue de la Cerise (Ardon, district de Conthey, Valais) ;
Les Cerises, hameau (Beaupont, Bresse, Ain).

Avec le suffixe désignant un arbre fruitier -ier, ou avec un patronyme Cerisier :
Cerisier, hameau (Nendaz, district de Conthey, Valais) ;
Le Cerisier, maison isolée (Lignières, Neuchâtel) ;
Le Grand Cerisier, maison isolée (Montluel, Dombes, Ain) ;
L´Abbaye Cerisier, lieu-dit (Saint-Maurice-de-Gourdans, Dombes, Ain) ;
Bois du Cerisier, lieu-dit en forêt (Pizay, Dombes, Ain) ;
Champ Cerisier, lieu-dit (Savigneux, Dombes, Ain) ;
Chanton Cerisier, lieu-dit (Bovernier, district de Martigny, Valais) ;
Combe du Cerisier lieu-dit en forêt (Claix, Pays grenoblois, Isère) ;
Col du Cerisier, 2683m, et Dents du Cerisier, 2728m (Clavans-en-Haut-Oisans, Oisans, Isère) ;
Creux du Cerisier, lieu-dit en forêt (Conand, Bugey, Ain) ;
Plan Cerisier, lieu-dit (Lourtier, Bagnes, district d´Entremont, Valais) ;
Plan Cerisier, hameau (Martigny-Combe, district de Martigny, Valais) ;
Pré Cerisier, lieu-dit (Grésy-sur-Isère, Combe de Savoie, Savoie) ;
Les Cerisiers, lieu-dit (Lignerolle, district d´Orbe, Vaud) ;
Les Cerisiers, maisons isolées en forêt (Saint-Jeoire, Faucigny, Haute-Savoie).

Avec le suffixe collectif se rapportant à la flore -ay :
Le Ceriseray, maisons isolées en clairière (Mâcot-la-Plagne, Tarentaise, Savoie).

Avec le suffixe collectif -ière, ou dérivé du patronyme Cerisier avec le suffixe de propriété -ière :
La Cerisière, lieu-dit (Villeneuve, district d´Aigle, Vaud) ;
La Cerisière, maison isolée (Saint-Hilaire-du-Rosier, Chambaran, Isère).


Cerise, Cerisey, Cerisolaz, Cerisoulaz
Patronymes Cerise, Cerisey attestés en vallée d´Aoste.
Cerise, hameau (Doues, vallée d´Aoste) ;
Cerisey, hameau (Saint-Rhémy-en-Bosses, vallée d´Aoste).
Avec le suffixe diminutif patois -olaz :
Cerisolaz, alpage (Quart, vallée d´Aoste) ;
Cerisoulaz, hameau (Verrayes, vallée d´Aoste).


Cerjat
Pré Cerjat, maisons isolées de la commune de Moudon (Vaud), du nom d´une famille patricienne de Moudon.

Cerjaule
La Cerjaule, hameau, et Bois de la Cerjaule, forêt de la commune de Moudon, et cours d´eau affluent de la Broye (District de Moudon, Vaud), diminutif avec le suffixe -aule de Cierge, le ruisseau ayant sa source dans la commune de Saint-Cierges.

Cerlatez
Les Cerlatez, hameau de la commune de Saignelégier, district des Franches-Montagnes (Jura), mécoupure de L´Essert Latel, nommé ainsi au XVème siècle d´après un patronyme [Prongué].

Cerlier, Cerlière
Cerlier, district, commune et village du canton de Berne, sur le lac de Bienne, Cerlie en 1093, Cerlei en 1214, Cellie en 1274, Cerlier en 1424, nom allemand Erlach et Erilacho en 1185, Herlach en 1228 ; l´abbaye bénédictine de Saint-Jean-de-Cerlier est mentionnée comme Abbatia Herlacensis en 1228. Selon Jaccard, l´origine serait un [H]erilacum, « aulnaie », nom formé avec le suffixe -acum sur l´ancien haut allemand erila, elira, germanique *aliza, aluza, « aulne », racine indo-européenne *el-, ol-, « rouge, brun (dans les noms de plantes et d´animaux) », nom qui serait devenu *Cerliacum. On peut aussi voir dans ce nom l´ancienne Cyriliacum mentionnée dans le manuscrit d´Hauterive (XVème siècle), nom de domaine formé avec le suffixe -acum sur le gentilice Cyrillius, du nom Cyrillus issu du grec kurios, « maître, seigneur ».
Par féminisation du nom de la commune de Cerlier :
La Cerlière, maison isolée (Saint-Imier, district de Courtelary, Jura bernois).


Cerlogne
Hameau de la commune de Saint-Nocolas (Vallée d´Aoste), patronyme Cerlogne attesté dans la région.

Cernetours
Maison isolée de la commune d´Eschert (District de Moutier, Jura bernois), nom composé de Cerne et, selon Roche, d´un patronyme Tours, dérivé par aphérèse de Saint-Ours.

Cernetrou
Dans le Jura, trou naturel servant de dépotoir.
Cernetrou, lieu-dit, gouffre et grotte (La Pesse, Les Bouchoux, arrondissement de Saint-Claude, Jura).

Cerniévillers
Hameau de la commune des Enfers, district des Franches-Montagnes (Jura), de Cernié et suffixe -villers rajouté probablement aux XIVème-XVème siècles, lorsque cet endroit a commencé à être habité.

Certines, Certoudin, Certoux, Chertines
Dérivés avec aphérèse de Essertines, Essertoux, etc., ou directement du vieux français sarter, « défricher ».
Certines, Essartines vers 1250, Essertines en 1325, Sartines en 1564, Sertines en 1650, commune et village de la Bresse (Pont-d´Ain, arrondissement de Bourg-en-Bresse, Ain) ;
Certoudin, lieu-dit en forêt (Savièse, district de Sion, Valais) ;
Certoux, Sartoux en 1124, Certou sur la Carte de Cassini, village (Perly-Certoux, Genève) ;
Les Chertines, lieu-dit en forêt (Randogne, district de Sierre, Valais).

Cervelet
Le Cervelet Dessous et Le Cervelet Dessus, alpages de la commune de la Brévine (District du Locle, Neuchâtel), et Crêt du Cervelet, sommet, 1294m, probablement pas du nom de l´organe, mais peut-être un diminutif de Serve avec mutation de [s] en [c]. Kraege 2001 propose une déformation d´un possible *essert Velet, avec un patronyme.

Cervens
Commune et village de la Côte en Chablais (Thonon-les-Bains-Ouest, arrondissement de Thonon-les-Bains, Haute-Savoie), anciennement Cervenc, Cura de Cervenz vers 1344, nom d´origine burgonde qui pourrait dériver d´un primitif *Cervingos, « chez les Cervingi », du nom propre Cervius, latin cervus, « cerf ».

Cerveyrieu
Hameau de la commune d´Artemare (Virieu-le-Grand, Valromey, Ain), Silveriacus en 1135, Cerveriacus en 1144, Cerveyriacus en 1312, Serveriacus et Serveyriacus au XIVème siècle, Serverieu et Cerveirieu en 1650, d´un [fundus] Silveriacus, nom dérivé avec le suffixe -acus du gentilice Silverius.

Cervin, Cervinia
Mont Cervin, 4478m (Alpes Pennines, Zermatt, district de Viège, Valais, et Valtournenche, vallée d´Aoste), appelé Mons Sylvius au XVIème siècle, puis Mont Servin, du latin mons silvinus, adjectif dérivé de silva, « forêt », nom donné en raison de la grande forêt située sur le versant sud. L´orthographe actuelle Cervin qui a été officialisée en 1855, est due à une erreur d´écriture de Horace Bénédict de Saussure. Voir aussi Serve.
Nom passé au Glacier du Cervin, nom allemand Matterhorngletscher (Zermatt, district de Viège, Valais), et côté italien au Glacier Supérieur du Cervin et au Glacier Inférieur du Cervin, d´où est issu le Torrent du Cervin, affluent du Torrent Marmore (Breuil, Valtournenche, vallée d´Aoste).
Cervinia, station de ski à l´emplacement de l´ancien pâturage de Breuil (Breuil, Valtournenche, vallée d´Aoste).

Cery
Quartier de la commune de Prilly (District de Lausanne, Vaud), pourrait avoir la même origine que Seiry.

Césai
Peut-être un diminutif dérivé de casa, voir chesal.
Césai, aussi équivalent patois de « César » [Prongué], hameau (Saint-Brais, district des Franches-Montagnes, Jura).

Césille, Cézeil, Cézille, Chises, Cisère,
Cisette, Cize
Variantes de Sise, etc., mot régional cise, « haie taillée » [Pégorier].
Les Chises, lieu-dit (Lavigny, district de Morges, Vaud) ;
Cize, Sicia en 1184, Sici vers 1250, Sisi vers 1365, Size en 1563, commune et village du Revermont (Ceyzériat, arrondissement de Bourg-en-Bresse, Ain) ;
La Grande Cize, petit bois (Ballaison, Bas-Chablais, Haute-Savoie).
Diminutif avec le suffixe -ette :
La Cisette, maison isolée (Vulbens, Genevois, Haute-Savoie).

Avec le suffixe collectif -ère :
Haute Cisère, hameau (Lullin, Chablais, Haute-Savoie).

Avec le suffixe -eil :
Cézeil, hameau (Saint-Etienne-sur-Chalaronne, Dombes, Ain).

Avec le suffixe diminutif -ille :
Césille, Sezilles en 1247, Sesilles en 1272, Cezille sur la Carte de Cassini, Cézille en 1911, hameau, et Moulin de Césille, maison isolée sur la Reyssouze (Jayat, Bresse, Ain) ;
La Cézille, Sisilla au XIIème siècle, Sisilli en 1195, Sisily en 1259, Sesilly en 1303, Sysilliz au XIVème siècle, Sizille en 1517, Sézille en 1861, Césille et Cisille en 1906, hameau qui doit probablement son nom au ruisseau de la Combe, Sisilla aqua, ponte Sisille, Sisilly, Sysilly fluvius au XIIIème siècle, affluent de la Serine (Bassins, district de Nyon, Vaud).


Cesseins, Cessens
Noms probablement d´origine burgonde, peut-être d´un primitif *Sisigîsingos, « chez les Sisigisingi », dérivé du nom propre Sisigîs [Perrenot].
Cesseins, Apud Cicensem en 987-994, Cicens en 1324, Curatus de Sicens vers 1355, Cesseins en 1654-1655, Cessins au XVIIIème siècle, village, commune jusqu´en 1974 (Francheleins, Dombes, Ain) ;
Cessens, in monte castri Sexent vers 1120, Sersens en 1150-1170, Seyssens en 1263, Sessani au XIIIème siècle, Cura de Sessens vers 1344, Sessains et Seyssins au XIVème siècle, Sesseno en 1399, Cessin en 1528, commune et village de l´Albanais (Albens, arrondissement de Chambéry, Savoie).

Cessiat, Cessieu, Cessy
Nom de domaine gallo-romain Sassiacum formé avec le suffixe -acum sur le patronyme Sassius.
Cessiat, Capella de Cessiaco en 1245, Secia, Seysia et Seyssia en 1299-1369, Seyssiacus en 1419, Seyssiaz en 1503, Saissiaz en 1554, Ceyssia en 1613, Cessia en 1650, hameau (Izernore, Haut-Bugey, Ain) ;
Cessieu, Locus de Saxiaco en 859, Saysseu et Sayssiacus en 1250, Seysseu en 1350, Saysiacus en 1339, Seyssieu sur la Carte de Cassini, village (Saint-Benoît, Bugey, Ain) ;
Cessieu, Seysseu et Seyssiacus en 1359, Seyssieu en 1385, Seyssieux sur la Carte de Cassini, Ceyssieux en 1808, Cessieux en 1844, hameau (Saint-Germain-les-Paroisses, Bugey, Ain) ;
Cessieu, Saysseu au XIIIème siècle, villa Sayssiaci au XIVème siècle, Cessieux au XVIIIème siècle, commune et village (Arrondissement de La Tour-du-Pin, Isère), et Le Bois de Cessieu, hameau dans la même commune ;
Cessy, Villa Seyssiacensis en 1091, Ecclesia Seyssiaci en 1110, Ecclesia de Sessiaco en 1184, Seissiacus en 1198, Sessie en 1305, Sessye en 1311, Sessier en 1400, Sessiez en 1497, Cessiez en 1573, Seyssi en 1660, Sessy en 1730, enfin Cessy en 1744, commune et village (Pays de Gex, Ain).

Cevins
Commune et village de la Combe de Savoie (Albertville-Sud, arrondissement d´Albertville, Savoie), de Civins vers 1110, de Civinis en 1139, de Civino en 1286, Cyvins en 1560, Cyvin en 1631, d´un patronyme Civinus selon Gros.

Cevos
Le Grand Cevos et Petit Cevos, hameaux de la commune de Saint-Béron (Vallée du Guiers, Savoie), Grand Cévoz et Petit Cévoz en 1935, avec un patronyme Cévoz.

Ceyzériat, Ceyzériat-de-Bresse, Ceyzérieu
D´un nom de domaine gallo-romain [fundus] Saisiriacus, dérivé avec le suffixe -acus d´un gentilice comme *Saisirius.
Ceyzériat, Saisiriacus en 1084, Saysiriacus en 1319, Saysiria en 1325, Saisiria vers 1341, Ceysiriaz en 1559, canton, commune et village du Revermont (Arrondissement de Bourg-en-Bresse, Ain), le passage de Saisiria à Ceysiriaz étant une remotivation due à la croyance du passage de Jules César en ces lieux, voir Mont July ;
Ceyzériat-de-Bresse, Saisirie de Breysse en 1244, Saisiriacus in Breyssia vers 1350, Sayseriacus en 1492, ancien nom de Saint-Denis-lès-Bourg
Ceyzérieu, Saisireu en 1184, Seysirie en 1223, Saisiriacus au XIIème siècle, Saisireux en 1242, Saysiriacus en 1265, Seysiriacus en 1313, Saysiriu et Sayssirieu en 1339, Seysirieu en 1563, commune et village du Bugey (Virieu-le-Grand, arrondissement de Belley, Ain).



Cha, Châ, Chal, Chale, Chalmé,
Chalmette, Chalmettes, Chalmieu, Chalp, Chapoux,
Char, Chard, Chardon, Chare, Charmaix,
Charmant, Charmatte, Charmay, Charme, Charmes,
Charmet, Charmeté, Charmette, Charmettes, Charmex,
Charmey, Charmière, Charmieux, Charmilles, Charmo,
Charmoille, Charmots, Charmottaz, Charmottes, Charmoux,
Charmoz, Charre, Chars, Chaume, Chaumé,
Chaumeil, Chaumeilles, Chaumes, Chaumiau, Chaumiaux,
Chaumieu, Chaumillas, Chaumilles, Chaumin, Chaumiot,
Chaumois, Chaumoux, Chausson, Chaux, Chaz,
Chermeu, Chermillon, Cheumieux, Chia, Chiaupe,
Chiaz, Choemioe, Chon
Noms issus du gaulois calmis. En plaine, terrain peu productif, le plus souvent en pré. Dans les Préalpes et les Alpes, pâturage en montagne, au-dessus de la limite des forêts, sommet engazonné, souvent d´accès difficile et de végétation maigre. A Fribourg, pâturage près des sommets.
Noms dérivés du vieux français chaux, « lieu improductif », langue d´oïl chaux, « terre inculte », ou du franco-provençal pluriel chaux, « montagne à sommet aplati » [von Wartburg] ; mot régional chau, chaux, « pâturage de montagne » [Pégorier] :
Chaux, hameau (Jujurieux, Haut-Bugey, Ain) ;
Chaux, hameau (Seynod, Annecy, Haute-Savoie) ;
Chaux, maisons isolées (Vinzier, Chablais, Haute-Savoie) ;
En Chaux, lieu-dit en forêt (Treffort-Cuisiat, Revermont, Ain) ;
La Chaux, Belle Chaux et Vieille Chaux, alpages (Châtel-Saint-Denis, district de la Veveyse, Fribourg).
La Chaux, lieu-dit en forêt (Chevenoz, Val d´Abondance, Haute-Savoie) ;
La Chaux, lieu-dit (Grilly, Pays de Gex, Ain) ;
La Chaux, lieu-dit en montagne, et Les Crozats de la Chaux, vallon (Morzine, Chablais, Haute-Savoie) ;
La Chaux, maison isolée en clairière, et Rochers de la Chaux, falaises (Saint-Jean-d´Aulps, vallée de la Dranse, Haute-Savoie) ;
La Chaux Fleurie, pâturage, nom monté à la Pointe de la Chaux Fleurie, (Montriond, Chablais, Haute-Savoie) ;
Chaux de Fond, lieu-dit (Plan, Bièvre, Isère) ;
La Chaux de Vie, pâturage (La Côte d´Arbroz, Faucigny, Haute-Savoie) ;
Le Champ de Chaux, lieu-dit (Tossiat, Bresse, Ain) ;
Combe Chaux, vallon en forêt (Le Périer, Valbonnais, Isère) ;
Crête de Chaux Longe, crête rocheuse à la frontière suisse (Châtel, Val d´Abondance, Haute-Savoie) ;
Le Creux de la Chaux, lieu-dit en montagne (Saint-Jean-d´Aulps, vallée de la Dranse, Haute-Savoie) ;
Mont de la Chaux, petit sommet en forêt, 1101m (Arbent, Haut-Bugey, Ain) ;
Pas de la Chaux des Roses, 2087m (Châtel, Val d´Abondance, Haute-Savoie) ;
Les Chaux, lieu-dit (Divonne-les-Bains, Pays de Gex, Ain) ;
Les Chaux, alpage (Beaufort-sur-Doron, Beaufortain, Savoie) ;
Les Chaux, maisons isolées (Taninges, Faucigny, Haute-Savoie) ;
Col des Chaux, 2314m (Passy, Haut-Faucigny, Haute-Savoie) ;
Montagne des Chaux, lieu-dit déclive en forêt, et Rochers des Chaux, faklaises (Saint-Michel-les-Portes, Trièves, Isère).

Peut-être de même origine, avec le suffixe diminutif -on, ou patronyme Chausson, nom de métier, fabricant de chausses :
Chausson, hameau (Montaud, Vercors, Isère) ;
Le Chausson, ruines (Valloire, Maurienne, Savoie).

Noms dérivés de la langue d´oïl chalm, « lande », chalme, « champ, pâturage », charme, « friche », chaume, « terre inculte, lande, plateau désert » :

Avec le suffixe collectif -é :
Chalmé, hameau (Corgémont, district de Courtelary, Jura bernois) ;
Champ Chalmé, lieu-dit (Court, district de Moutier, Jura bernois) ;
Charmeté, maison isolée (Glovelier, district de Delémont, Jura).

Avec le suffixe collectif -ai :
Rière Chaumai, lieu-dit (Montsevelier, district de Delémont, Jura).

Diminutif avec le suffixe -in :
Chaumin, lieu-dit (Corgémont, district de Courtelary, Jura bernois).

Diminutif formé avec le suffixe jurassien -atte :
Fond des Charmattes, lieu-dit (Muriaux, district des Franches-Montagnes, Jura).

Avec le suffixe diminutif -oille :
Charmoille, commune et village, Calmillis en 1136, Calmilis en 1139, Chalmillis en 1145, Charmayles en 1173, Chalmales en 1175, Charmallies en 1266, nom allemand Kalmis (District de Porrentruy, Jura).

Langue d´oïl chaumois, « plateau désert » :
Chaumois, maison isolée (Gex, Pays de Gex, Ain).

Noms issus du franco-provençal ou du nord-occitan :

Franco-provençal chal, chalp, charp, chaup, « partie élevée et arrondie d´un pâturage haut » [von Wartburg] ; mot régional du Dauphiné chalp, « lieu où les troupeaux viennent se reposer au milieu du jour » [Pégorier] :
La Chalp, versus Calcem en 1446, par attraction avec le latin calcis, « chaux », maisons isolées, ancien village (Bessans, Haute-Maurienne, Savoie) ;
La Chalp, hameau (Chantelouve, Valbonnais, Isère) ;
La Chalp, sommet, 1758m (Mont-de-Lans, Oisans, Isère) ;
La Chalp, Calma villa au XIVème siècle, molendinum de Calme au XVème siècle, village, chef-lieu de la commune, L´Adret de la Chalp et Vallon de la Chalp, lieux-dits en montagne, et Pointe de la Chalp, 2730m (Valjouffrey, Valbonnais, Isère) ;
Le Chalp, village, chef-lieu de la commune (Venon, Belledonne, Isère).

Avec apocope du [p] :
La Chal, la Chal de Arva (sans date), de Calce en 1400, par attraction avec le latin calcis, « chaux », hameau, Vers les Chalets de la Chal, alpage, nom monté au Col de la Chal, 1813m (Saint-Jean-d´Arves, Arvan, Savoie) ;
La Chal, Calma au XIVème siècle, ruines, nom monté au Col de la Chal, 1180m (Saint-Jean-de-Vaulx, Pays grenoblois, Isère) ;
La Chal, hameau (Saint-Colomban-des-Villards, vallée des Villards, Maurienne, Savoie) ;
Le Chal d´en Haut, alpage (Bellevaux, vallée du Brevon, Chablais, Haute-Savoie) ;
La Chale, lieu-dit (Saint-Colomban-des-Villards, La Chambre, Basse-Maurienne, Savoie).

Avec apocope de [lp] :
La Cha, alpage (Val-d´Illiez, district de Monthey, Valais) ;
La Châ, lieu-dit (Les Mosses, Ormont-Dessous, district d´Aigle, Vaud).

Avec une lettre adventice :
La Chaz, alpage (Les Contamines-Montjoie, Val Montjoie, Haute-Savoie) ;
La Chaz, alpage du Jura (Pays de Gex, Ain) ;
Col de Chaz Sèche, 2524m (Oyace, vallée d´Aoste).

De même origine :
Grosse Chia et Petite Chia, maisons isolées (Lessoc, Haut-Intyamon, district de la Gruyère, Fribourg) ;
La Chiaz ou La Chia, maison isolée (Rougemont, district du Pays-d´Enhaut, Vaud).

Peut-être de même origine, avec le suffixe diminutif -on, toponyme répandu en Haute-Savoie :
Le Chon, alpage (Bernex, Chablais, Haute-Savoie).

Patois savoyard char, « élévation, renflement de terrain avec esplanade ; pointe rocheuse au sommet d´une montagne » [Constantin]. Ce terme décrit souvent un épaulement, une croupe arrondie. Selon Pégorier, mot régional char, chart, « monticule ; partie supérieure d´un plateau ; mauvais pré ou bois sur rocher ». Noms dérivés de Chal par rhotacisme :
Le Char, alpage sur un épaulement (La Giettaz, Val d´Arly, Savoie) ;
Le Char des Quais, colline arrondie (La Côte d´Arbroz, Faucigny, Haute-Savoie) ;
La Char, lieu-dit (Samoëns, Faucigny, Haute-Savoie) ;
Le Grand Char, alpage (Saint-Nicolas-la-Chapelle, Val d´Arly, Savoie) ;
La Tête du Char, colline boisée, 1256m (Habère-Lullin, Vallée Verte, Haute-Savoie) ;
Le Chard du Beurre, colline arrondie (Hauteluce, Beaufortain, Savoie) ;
La Chare, hameau (Brizon, Faucigny, Haute-Savoie) ;
La Charre, maison isolée en clairière (Mégevette, Faucigny, Haute-Savoie) ;
La Charre, maisons isolées (Ugine, Val d´Arly, Savoie) ;
Les Chars, hameau (Le Praz-de-Lys, Taninges, Faucigny, Haute-Savoie) ;
Les Chars, maison isolée en clairière (Morillon, Faucigny, Haute-Savoie) ;
Les Chars de Duines, lieu-dit (Marthod, Combe de Savoie, Savoie).

Avec le suffixe diminutif -on :
Le Plan Chardon, alpage (Hauteluce, Beaufortain, Savoie).

Dérivés de Chalp par vocalisation, forme italianisante [Nègre 1990] :
La Chiaupe et Ecurie de la Chiaupe, alpages, nom monté au Col de la Chiaupe, 2492m, et au Glacier de la Chiaupe (Champagny-en-Vanoise, Vanoise, Savoie).

Dérivés de Chalp avec le suffixe -oux :
La Chapoux, lieu-dit en forêt (Cerdon, Haut-Bugey, Ain) ;
La Chapoux, lieu-dit (Marchamp, Bugey, Ain) ;
La Chapoux, granges (Saint-Rambert-en-Bugey, Bugey, Ain) ;
Les Chapoux, maisons isolées (Corps, Beaumont, Isère).

Franco-provençal chalm, chaume, « hauteur dénudée », et ancien français chaume, « montagne », et mot régional chaume, « pâturage de haute montagne » [Pégorier] :
La Chaume, de Calma au XIème siècle, lieu-dit en forêt (Revel-Tourdan, Bièvre, Isère) ;
Cascade de la Chaume, sur le Ruisseau des Lanches (Sixt-Fer-à-Cheval, Faucigny, Haute-Savoie) ;
Les Chaumes, clairières en montagne (Verchaix, Faucigny, Haute-Savoie) ;
Ruisseau des Chaumes, affluent du Ruisseau de Saint-Julien (Saint-Julien-Montdenis, Maurienne, Savoie).

Diminutifs avec le suffixe -et du franco-provençal chalm, chaume, « hauteur dénudée » :
La Chalmette, ruines d´alpage (Mont-de-Lans, Oisans, Isère) ;
La Chalmette, lieu-dit en montagne, pâturage (Vénosc, Oisans, Isère) ;
Les Chalmettes, ruines, et Montagne des Chalmettes, lieu-dit en montagne, pâturage (Allemond, Oisans, Isère).

Diminutifs avec les suffixes -eil, -eille, -ille :
Le Chaumeil, hameau, et Serre Chaumeil, lieu-dit (Gresse-en-Vercors, Vercors, Isère) ;
Chaumeilles, hameau (Saint-Pancrasse, Grésivaudan, Isère) ;
Grandes Chaumilles et Petites Chaumilles, alpages (Le Chenit, district de la Vallée, Vaud).

Avec le suffixe diminutif -ot :
Ravin du Chaumiot, ravin et torrent affluent du Torrent de Salvadon (Sixt-Fer-à-Cheval, Faucigny, Haute-Savoie).

Forme patoise :
Les Chaumillas, lieu-dit (Eysins, district de Nyon, Vaud).

De même origine ou du patronyme Chaumet :
Chaumet, lieu-dit (Lonay, district de Morges, Vaud) ;
Le Chaumet, hameau (Evires, Bornes, Haute-Savoie).

De même origine ou par féminisation du patronyme Chaumet :
La Chaumetta, lieu-dit (Ménières, district de la Broye, Fribourg) ;
La Chaumette, alpage (Bassins, district de Nyon, Vaud) ;
La Chaumette, petit pâturage déclive, et Bois de la Chaumette, forêt déclive (Samoëns, Faucigny, Haute-Savoie) ;
La Chaumette, clairière (Verchaix, Faucigny, Haute-Savoie) ;
Chaumettes, lieu-dit (Marchissy, district d´Aubonne, Vaud) ;
Les Chaumettes, hameau (La Burbanche, Bugey, Ain).

Forme patoise :
La Chaumeta, lieu-dit en forêt (Nantes-en-Rattier, Valbonnais, Isère).

Avec les suffixes -aux, -eu :
Chaumiau, hameau (Ecoteaux, district d´Orbe, Vaud) ;
Les Chaumiaux, hameau (Gruyères, district de la Gruyère, Fribourg) ;
Le Chaumieu, maison isolée en clairière (Samoëns, Faucigny, Haute-Savoie).

Franco-provençal charme, « pâturage des sommets, terre inculte » :
La Charme, alpage, nom monté à la Tête de la Charme, 1870m (Saint-Gervais-les-Bains, Val Montjoie, Haute-Savoie) ;
Les Charmes, clairière (Montmin, Bornes, Haute-Savoie).

Diminutif avec le suffixe -ille :
Les Charmilles, alpage (L´Etivaz, Château-d´Oex, Pays-d´Enhaut, Vaud).

Double diminutif avec le suffixe -illon :
Bois de Chermillon, forêt (Collombey-Muraz, district de Monthey, Valais).

Dérivés de charme avec les suffixes collectifs -aix, -et, -ette, -ey :
Le Charmaix, cours d´eau affluent de l´Arc, et aussi ancien nom de la localité de Valfréjus et Capella pontis Charmasii en 1435, In Chalmacio en 1514, de Carmesio en 1627, Charmet en 1622 (Haute-Maurienne, Savoie) ;
Charmay, maison isolée (Reyvroz, Chablais, Haute-Savoie) ;
Charmex, lieu-dit (Dorénaz, district de Saint-Maurice, Valais) ;
Charmey, ancien peuplement celte, commune et village, en patois Tsarmê, Charmez en 1146, Chalmeis en 1202, Chermeix en 1294, Feiguières jusqu´en 1760, nom allemand Galmis (District de la Gruyère, Fribourg) ;
Charmey, in Chalmitis en 1242, Charmey en 1340, commune et village, nom allemand Galmiz, commune et village (District du Lac, Fribourg) ;
Charmey, nom allemand Galmis (Guin, district de la Singine, Fribourg) ;
Charmey, maison isolée (Siviriez, district de la Glâne, Fribourg).

Avec les suffixes diminutifs -et, -ette ou collectif -et,-ette ou du patronyme Charmet, respectivement par féminisation du patronyme Charmet :
Charmet, alpage (Bretaye, Ollon, district d´Aigle, Vaud) ;
Charmet, Carmiaco en 1170, Charmey au XIXème siècle, hameau (Bernex, Chablais, Haute-Savoie) ;
Le Charmet, hameau (La Bauche, Chartreuse, Savoie) ;
La Charmette, hameau (Manigod, Bornes-Aravis, Haute-Savoie) ;
Les Charmettes, pâturage (Mieussy, Faucigny, Haute-Savoie).

Avec le suffixe collectif -ère :
Charmière, ruisseau temporaire (Talloires, Bornes, Haute-Savoie).

Avec les suffixes diminutifs -ot, -otte, ou la forme patoise -ottaz :
Les Charmots, ruines d´alpage, nom monté à la Tête des Charmots, 1833m (Praz-sur-Arly, Haut-Faucigny, Haute-Savoie) ;
La Charmottaz, lieu-dit (Villeneuve, district d´Aigle, Vaud) ;
Les Charmottes d´en bas et Les Charmottes d´en haut, hameaux (Bons-en-Chablais, la Côte en Chablais, Haute-Savoie).

Avec le suffixe d´abondance -eux, -oux :
Le Chalmieu, Les Charmioux et Charmieulx en 1557, vici Charmois en 1677, Chalmieux en 1935, ruines et maisons isolées (Albiez-Montrond, Arvan, Savoie) ;
Les Charmieux, in Charmiliis en 1454, Aux Chalmieux en 1708, alpage (Saint-Sorlin-d´Arves, Arvan, Savoie) ;
Roc de Charmieux, 1877m (Le Grand-Bornand, Bornes-Aravis, Haute-Savoie) ;
Charmoux, Charmos en 1318, Charmou en 1425, et La Ville sous Charmoux, Villa subtus Charmoux en 1425, hameaux (Coligny, Bresse, Ain) ;
Chermeu d´en Bas, alpage, et Chermeu d´en Haut, pâturage (Collombey-Muraz, district de Monthey, Valais).

Avec les suffixes patois -o, -oz :
Le Charmo, sommet, 2366m, et Aiguille du Charmo, sommet, 2655m, Charmoz sur la Carte IGN, à la frontière franco-suisse (Vallorcine, vallée de l´Eau Noire, Haute-Savoie) ;
Aiguille des Grands Charmoz, 3445m, Aiguille des Petits Charmoz, 2867m (Aiguilles de Chamonix, massif du Mont-Blanc, Haute-Savoie).

Probablement des formes patoises de même origine :
Cheumieux, hameau (Bonne, Annemasse, Haute-Savoie) ;
Le Choemioe, lieu-dit (Saint-Jean-d´Aulps, vallée de la Dranse, Haute-Savoie).

Noms dérivés de la langue d´oïl chaume, « terre inculte, lande, plateau désert », ou du franco-provençal chaume, « hauteur dénudée » [von Wartburg] ; mots régionaux chame, chaume, « lande, friche ; terrain herbeux, lande, espace vague livré au pacage des animaux » [Pégorier] :
Chaume, hameau (Mont-la-Ville, district de Cossonay, Vaud) ;
La Chaume, lieu-dit (Mésigny, Annecy, Haute-Savoie) ;
Le Chaume, lieu-dit en forêt (Béon, Valromey, Ain) ;
Chaume Ronde, lieu-dit (Ordonnaz, Bugey, Ain) ;
Bois de la Chaume, forêt (Ballaison, Bas-Chablais, Haute-Savoie) ;
Ruisseau de la Chaume, affluent du Cozon (Entremont-le-Vieux, Chartreuse, Savoie) ;
Chaumes, lieu-dit (L´Isle, district de Cossonay, Vaud) ;
Les Chaumes, lieu-dit (Plancherine, Combe de Savoie, Savoie) ;
Chaumes de l´Albarine, Calmae Albarone en 1137, lieu-dit (Brénod, Haut-Bugey, Ain).

Avec le suffixe collectif -é :
Pré Chaumé, lieu-dit (Arzier, district de Nyon, Vaud).

Avec le suffixe -oux :
Chaumoux, lieu-dit en forêt (Saint-Martin-du-Frêne, Haut-Bugey, Ain).

Par attraction avec l´adjectif français charmant :
Charmant Som, probablement un ancien *charme-en-som, sommet, 1867m (Chartreuse, Isère).

Voir aussi Balacha, Chadolle, Charanger, Charousse, Chat, Chaurionde, Echapour, Echaux, Galm, Kerne, Lacha, Lechepre, Longecha, Mont Calme et les formes patoises Tsa, Tsarmette.


Chabaud, Chabaudière, Chabaudières, Chabod, Chabodes,
Chabodey, Chabodière, Chabot, Chabotte, Chabottes
Des patronymes Chabaud, Chabod, Chabot, peut-être d´origine germanique.
Bois de Chabaud, forêt, et Col de la Croix Chabaud, 1216m (Méaudre, Vercors, Isère) ;
Moulin Chabaud, maisons isolées (Ceignes, Haut-Bugey, Ain) ;
Val de Chabod, alpage (La Salle, vallée d´Aoste) ;
Château de Mont-Chabod et Marais de Mont-Chabod, Montchabod en 1935 (Villard-d´Héry, Combe de Savoie, Savoie) ;
Le Chabot, maison isolée (Saint-Clair-sur-Galaure, Chambaran, Isère) ;
Combe Chabot, lieu-dit (Boyeux-Saint-Jerôme, Haut-Bugey, Ain).
Avec le suffixe de propriété -ière :
La Chabaudière, hameau (Villard-Léger, Val Gelon, Savoie) ;
Les Chabaudières, hameau (Chaneins, Dombes, Ain) ;
Chabodière, hameau (Creys-Mépieu, L´Isle-Crémieu, Isère) ;
Grand Chabodière et Petit Chabodière, étangs (Le Plantay, Dombes, Ain).

Par féminisation du patronyme Chabod :
Les Chabodes, lieu-dit en forêt (Creys-Mépieu, L´Isle-Crémieu, Isère).

Avec le suffixe collectif -ey :
Chabodey, hameau (La Salle, vallée d´Aoste).

Par féminisation du patronyme Chabot :
Chabotte, lieu-dit en montagne (Saint-Christophe-en-Oisans, Oisans, Isère) ;
Chabotte, hameau (La Morte, Valbonnais, Isère) ;
Chabotte, hameau, et Clot de Chabotte, lieu-dit (Vif, Pays grenoblois, Isère) ;
Bois des Chabottes, petite forêt (Peisey-Nancroix, Tarentaise, Savoie).


Chablais
Chablais, région située sur les cantons de Valais et Vaud, et en Haute-Savoie. Le nom de cette région vient d´un ancien bourg situé près de la localité actuelle de Villeneuve, qui portait le nom celtique *Penn-Loch, gaulois Pennelucos, « tête du Lac », gaulois penno-, « tête, extrémité », et locu, « lac », et dont la forme romanisée est Pennelocus ; au IXème siècle ce nom apparaît sous la forme latine caput laci en 826, et in pago caput lacense en 930, « tête du lac », in capite lacensi en 1032, devenu en langue vulgaire capo lai, (S. Mauricius de Caplatio en 1179), en patois tsab-lé, et en français Chablai en 1145, Chablas vers 1250, et enfin Chablais.
Le Chablais, Chablay en 1468, Chablex en 1550, lieu-dit au bord du lac de Neuchâtel (Cudrefin, district d´Avenches, Vaud) ;
Le Chablais, bois à l´extrémité sud-ouest du lac de Morat (Constantine, district d´Avenches, Vaud) ;
Le Chablais, bois à l´extrémité nord-est du lac de Morat (Charmey, district du Lac, Fribourg).

Chablais, Châblais, Chable, Châble, Chables,
Châbles, Chablet, Chablets, Châblets, Chablettes,
Chablex, Chablière, Chabloux, Chabloz
Terme régional châble, « couloir en pente raide ménagé dans la forêt pour faire dévaler les billes de bois », et aussi selon Michaud « mauvais chemin rapide dans la forêt ». Mot régional chable, « pente ravinée, couloir utilisé pour la descente du bois » [Pégorier].
Chable, lieu-dit (Bex, district d´Aigle, Vaud) ;
Les Chables, forêts déclives (La Chapelle-d´Abondance, Val d´Abondance, Haute-Savoie) ;
Le Châble de la Crausaz, lieu-dit (Lavey-Morcles, district d´Aigle, Vaud) ;
Le Châble, Chabloz en 1335, village (Bagnes, district d´Entremont, Valais) ;
Le Châble, village (Beaumont, Genevois, Haute-Savoie) ;
Châble Bossu, Chemin dit Chable Bossu en 1712, le Chable Bossus en 1720, lieu-dit en forêt, dont le qualificatif est dû au fait qu´il passe sur des bosses (Boudry, Neuchâtel) ;
Châbles, commune et village (District de la Broye, Fribourg) ;
Châbles Gisants, lieu-dit en forêt (Couvet, district du Val-de-Travers, Neuchâtel).
Avec le suffixe diminutif -et ou collectif -et, ou encore patronyme Chablet, rare :
Le Chablet, alpage (Boveresse, district du Val-de-Travers, Neuchâtel) ;
Les Chablets, alpage (Grandvillard, district de la Gruyère, Fribourg) ;
Les Châblets, lieu-dit en forêt (Val Ferret, Orsières, district d´Entremont, Valais).

Avec le suffixe diminutif -ette :
Plan des Chablettes, lieu-dit (Chamonix, vallée de Chamonix, Haute-Savoie).

Dérivés avec les suffixes collectifs -ais, -ex :
Le Chablais, maison isolée (Vacheresse, Val d´Abondance, Haute-Savoie) ;
Châblais, lieu-dit en forêt (Saint-Gingolph, district de Monthey, Valais) ;
La Chablex, maison isolée, pourrait aussi être un patronyme (Hauteville, district de la Gruyère, Fribourg).

Dérivé avec le suffixe collectif -ère :
La Chablière, quartier, ancien hameau (Lausanne, Vaud).

Dérivé avec le suffixe collectif patois -oz, probablement un patronyme :
Chabloz, alpage (Albeuve, Haut-Intyamon, district de la Gruyère, Fribourg) ;
Chabloz Derrey, lieu-dit (Neirivue, Haut-Intyamon, district de la Gruyère, Fribourg) ;
Les Chabloz, lieu-dit et hameau (Château-d´Oex, Pays-d´Enhaut, Vaud).

Avec le suffixe -oux :
Chabloux, Chalou en 1302, ancien hameau, quartier de Saint-Julien-en-Genevois (Haute-Savoie).

Voir aussi Tsâblos, Tschabel.


Châbons
Commune et village de la Bièvre (Le Grand-Lemps, arrondissement de la Tour-du-Pin, Isère), Chabonz au XIIIème siècle, Chaboncium au XIVème siècle, d´un primitif *[fundus] Caponius, avec le nom romain Caponius [Nègre 1990].

Chaborgne
Pointe de Chaborgne, 2755m, (Les Contamines-Montjoie, Val Montjoie, Haute-Savoie), dont le nom local serait selon Boyer Cheubon, qui signifieraitpatois « corne cassée ».

Chabrey, Chexbres
D´un nom de domaine d´origine gallo-romaine *Capriacum, dérivé avec le suffixe -acum du gentilice Caprius, ou *Cabriacum, de Cabrius, du cognomen Cabrus, issu de l´anthroponyme gaulois Cabros, Gabros, voir Chavril. La forme Chabris est issue du datif pluriel Cabrias [villas] ; le x épenthétique de Chexbres apparaît tardivement [Jaccard].
Chabrey, Charbey et Charbrey en 1343, commune et village (District d´Avenches, Vaud) ;
Chexbres, peut-être le Carbarissa mentionné en 1079, puis Chibriacum vers 1100, Cabarissa en 1145, Chabris en 1134, Chabre en 1142, Cerbre en 1147, Chebra en 1165, Chabrii en 1179, Chabres en 1221, Chaibri en 1248, Chaibry en 1368, Chebry en 1453, Cheibri en 1454, Chaybres, Cheybres jusqu´en 1562, enfin Chexbres au XVIème siècle, commune et village (District de Lavaux, Vaud) ;
Chexbres, habitat dispersé (Blonay, district de Vevey, Vaud) ;
Bois Chexbres, maison isolée (Jongny, district de Vevey, Vaud).

Chabroyat
Combe Chabroyat, lieu-dit en forêt de la commune des Pommerats, district des Franches-Montagnes (Jura), composé de « Champ » et d´un patronyme comme « Brayat, Brahier » [Prongué], voir Brahier.

Chaby, Chibi
Nom de domaine d´origine gallo-romaine *Cabelliacum, dérivé avec le suffixe -acum du gentilice Cabellius, du cognomen Cabellus, variante de Caballus, en latin « cheval hongre, bidet », du gaulois caballos, « cheval ».
Chaby, nommé aussi Chabiez, noms anciens Cabliacum entre 1005 et 1049, Chebli en 1154, Chable en 1202, Chablie en 1216, Chabie en 1228, Chablie en 1906, quartier sur la rive gauche de la Venoge (L´Isle, district de Cossonay, Vaud) ;
Chibi, Chiblie en 1166, Chibi en 1182, Chivlie en 1228, Chibliez en 1228-1282, village disparu au XVIIIème siècle (Aclens, district de Morges, Vaud).

Chaché
Le Chaché, alpage ruiné de la commune de Grimentz (District de Sierre, Valais), pourrait être une forme de Sasset avec mutation de [ss] en [ch].

Chacroix
Hameau de la commune de Pallud (Combe de Savoie, Savoie), serait un ancien *Chacruet selon Gros, voir Cha et Cruet.

Chacusard
Hameau de la commune de Myans (Combe de Savoie, Savoie), Jacusa vers 1100, Vinea apud Chacusat et Quercetum de Chacusat en 1231, Molendinum de Chacusaco par latinisation abusive en 1466, nom d´origine inconnue.

Chadolle
La Chadolle, hameau de la commune de Saint-Sorlin-d´Arves (Maurienne, Savoie), dans la combe d´Olle, La char d´Ollaz en 1714, composé de Char et du nom de la combe d´Olle.

Chafard, Chaffa, Chaffard, Chaffardière, Chaffardon,
Chaffardons, Chaffards, Chaffaron, Chaffat, Chaffaud,
Chaffauds, Chaffaz, Chaffoux, Chauffaud
Patois chafa, chefa, « échafaudage de bois ; grenier de construction sommaire ; terrasse », vieux français chaffal, chaffard, chaffaut, « échafaudage servant de fortification ou simple palissade, tour d´observation en bois », ancien français chafault, chafaut, chaffaut, chaffot, « échafaud, estrade », d´une variante *catafaldum du latin vulgaire *catafalicum, composé de falae, « tours de bois (employées dans les sièges) », et du préfixe grec kata, « autour de ».
Tour de Chaffa, Chafalo en 1330, Chaffalo en 1331, domus fortis de Chaffa alias Chaffalo en 1483, Chaffaz en 1524, tour médiévale maintenant détruite, ancien château, qui a donné son nom au lieu-dit Le Chafard, formé avec le suffixe -ard (Riaz, district de la Gruyère, Fribourg) ;
Les Chaffaz, Le Chafa sur la Carte Nationale, maison isolée (Siviriez, district de la Glâne, Fribourg).
Du vieux français chaffard, « échafaudage servant de fortification ou simple palissade, tour d´observation en bois ; grenier de construction sommaire » ; Chaffard, Chaffat sont aussi des patronymes :
Chaffard, maisons isolées (Arnex-sur-Orbe, district d´Orbe, Vaud) ;
Le Chaffard, hameau (Vallon, district de la Broye, Fribourg) ;
Le Chaffard, maison isolée (Combloux, Haut-Faucigny, Haute-Savoie) ;
Le Chaffard, lieu-dit en forêt (Marlens, Pays de Faverges, Haute-Savoie) ;
Le Chaffard, tour ruinée (Cruet, Combe de Savoie, Savoie) ;
Les Fins Chaffards, lieu-dit (Féternes, Chablais, Haute-Savoie) ;
Le Grand Chaffard, hameau (Les Avenières, L´Isle-Crémieu, Isère) ;
Maison Chaffard, maisons isolées (Meyssiez, Pays viennois, Isère) ;
Chaffat, Chaffard en 1856, hameau (Challes-les-Eaux, Chambéry, Savoie) ;
Chaffat, alpage, et Ruisseau de Chaffat, affluent du Ruisseau de la Girode (Saint-Martin-de-Belleville, Tarentaise, Savoie).

Du patronyme Chaffard, avec le suffixe de propriété -ière :
La Chaffardière, hameau (Bonneville, Faucigny, Haute-Savoie).

Hypocoristique du patronyme Chaffard avec le suffixe -on :
Maison de Chaffardon, maisons isolées (Pontcharra, Grésivaudan, Isère) ;
Château de Chaffardon, du XIIIème siècle (Saint-Jean-d´Arvey, Bauges, Savoie) ;
Les Chaffardons, aussi Le Chaffaron en 1856, hameau (Mouxy, Aix-les-Bains, Savoie) ;
Mont Chaffaron, colline boisée, 854m (Gerbaix, Avant-Pays savoyard, Savoie).

Du vieux français chaffaut, ancien français chafault, chafaut, chaffaut, chaffot, « échafaud, estrade » :
Le Chaffaud, lieu-dit (Certines, Bresse, Ain) ;
Le Chaffaud, hameau (Villars-les-Dombes, Dombes, Ain) ;
Les Chaffauds, maison isolée (Seythenex, Bauges, Haute-Savoie) ;
Le Chauffaud, village de la commune de Villers-le-Lac (Morteau, Doubs), et Chauffaud, alpage (Le Locle, Neuchâtel).

Mot régional de l´Ain chaffaud, « sorte de grenier situé au-dessus de la grange » [Pégorier] :
Chaffaud, hameau (Villars-les-Dombes, Dombes, Ain) ;
Le Chaffaud, lieu-dit (Certines, Bresse, Ain) ;
Les Chaffauds, hameau (Perrex, Bresse, Ain) ;
Chaffoux, Chaffaut en 1536, Chafaux sur la Carte de Cassini, Moulin Chaffou en 1844, maison isolée (Saint-Etienne-du-Bois, Revermont, Ain) ;
Les Chaffoux, colline (Misérieux, Reyrieux, Bresse, Ain).

Voir aussi Echapeaux, Jaffa, Tsaffette.


Chafeirou, Chafeiru
Petite élévation, issu par métonymie du patois tsafèru, désignant le feu que l´on allumait jadis sur les hauteurs pour la fête des Brandons [Aebischer]. Noms dérivés de chafa, chefa, « échafaudage de bois », avec le suffixe collectif -er.
Chafeirou, colline (Avenches, Vaud) ;
Chafeiru, petite élévation (Prez-vers-Noréaz, district de la Sarine, Fribourg).

Chaffeises
Route des Chaffeises, à Belmont-sur-Lausanne (District de Lausanne, Vaud), rappelle Les Chaffaises, hameau disparu qui devait son nom à un certain Chafey qui y possédait des terres au XIIIème siècle [Bossard].

Chaffray
Le Chaffray et Couloir du Chaffray, lieux-dits en montagne de la commune de Bessans (Haute-Maurienne, Savoie), aussi Chaffrey en 1935, avec un patronyme Chaffray, Chaffrey, de l´anthroponyme germanique *Theodfrid, germanique *þeudô, « peuple », et *friþu, « amour, paix ».

Chaforne, Chaufour, Chaufours, Chéfour, Chuffort
Grand four à cuire la chaux, communément four à chaux, et emplacement d´un ancien four à chaux, du latin calcifurnum, même sens, composé de calx, calcis, « chaux », et furnus, « four ». Patois jurassien chuffort, même sens.
Chaufour, lieu-dit, plage (Villeneuve, district d´Aigle, Vaud) ;
Le Chaufour, la Combe dou Chauffont en 1335 (Soubey, district des Franches-Montagnes, Jura) ;
Les Chaufours, maisons isolées (Court, district de Moutier, Jura bernois) ;
Les Chaufours, lieu-dit en forêt (Lugrin, Chablais, Haute-Savoie).
Forme patoise :
Chaforne, grange, (Vuisternens-devant-Romont, district de la Glâne, Fribourg).

Peut-être de même origine :
Chéfour, lieu-dit (Orvin, district de Courtelary, Jura bernois) ;
Chuffort, alpage (Villiers, district du Val-de-Ruz, Neuchâtel), Pâturage de Chuffort et Prés de Chuffort, pâturages (Lignières, Neuchâtel).

Voir aussi Four, Raffor, Tchâfouè.


Chaibiat, Chaibles, Chaîté
Patois jurassien tchaibié, « défriché, essarté ». Selon Roche, ces mots du patois jurassien auraint le même sens et la même origine que Châble.
Cotatte des Chaibles, forêt (Bassecourt, district de Delémont, Jura) ;
Côte Chaîté a peut-être la même origine (Bressaucourt, district de Porrentruy, Jura).
Diminutif formé avec le suffixe jurassien -at :
Forêt du Chaibiat (Saint-Ursanne, district de Porrentruy, Jura).

Voir aussi Montchaibeux, Tchaibez.


Chaifferie, Chèvre
Bergerie, noms dérivés de l´allemand Schäferei, « bergerie », de Schaf, « mouton, brebis » [Prongué].
La Chaifferie du Bas et La Chaifferie du Haut, hameaux (Abbévillers, Hérimoncourt, Doubs).
Par métraduction :
La Chèvre, maison isolée en clairière (Montsevelier, district de Delémont, Jura).


Chaillouvre, Chaillouvres
Chaillouvre ou Chaillouvres, château et hameau de la commune de Chaneins (Dombes, Ain), in villa Chalobras en 968-971, Chaliouros, lire Chaliouras vers 1080, Chailloures en 1147, De Chalovris en 1149, Challiouvres en 1536, probablement « forteresse du rocher », du gaulois *caljo, « pierre », et briga, « colline [fortifiée] » ; Etang de Chaillouvres, lieu-dit (Chaneins, Dombes, Ain).

Chailly, Charlière, Charly
D´un nom de domaine d´origine gallo-romaine Caroliacum, dérivé avec le suffixe -acum du patronyme Carolus, voir Caroline.
Chailly-sur-Clarens, Charlie vers 1150, Charlei en 1161, Charli en 1212, Challier en 1342, Challiacum en 1364, village (Montreux, district de Vevey, Vaud) ;
Chailly-sur-Lausanne, Carliacum en 944, Charlie en 1223, Charlier en 1318, quartier (Lausanne, Vaud) ;
Charlière, domus Charliaci au XVème siècle, bastie de Charlieu au XVIème siècle, bastie Saint-Hyllaire sans date, hameau (Saint-Hilaire-de-la-Côte, Bièvre, Isère) ;
Charly, hameau (Andilly, Genevois, Haute-Savoie).

Chaindon
Hameau de la commune de Reconvilier (District de Moutier, Jura bernois), Zer Chindon en 1236, Der Kinden en 1241, Zchindun en 1289, Chindon en 1906, de l´allemand Zer Kinden, « chez les enfants », ancien haut allemand kind, germanique *kenþa, kenda, « enfant », ou « chez les siens », germanique *kendi, « parenté », nom allemand Zerkinden.
Forêt de Chaindon (Reconvilier, district de Moutier, Jura bernois) ;
Haute Joux de Chaindon, forêt déclive (Saicourt, district de Moutier, Jura bernois).

Chaîne
Terme générique, ensemble de montagnes dont les sommets sont reliés par des arêtes ou des croupes dans une structure linéaire.
Chaîne des Aravis, dans les Préalpes calcaires (Haute-Savoie).

Chaîne
Route de la Chaîne, chemin de la commune de Saint-Sulpice (District du Val-de-Travers, Neuchâtel), qui relie Saint-Sulpice au Haut-de-la-Tour, en direction des Verrières. Une tour, la Tour Bayard, commandait ce passage étroit, et une chaîne installée en cet endroit pouvait le bloquer. On dit que Charles-le-Téméraire dut y rebrousser chemin en compagnie de son armée en février 1476.

Chaire
La Chaire, sommet annexe de la Pointe de Bonavau, 2168m (Champéry, district de Monthey, Valais), par métaphore, du français chaire, « siège à haut dossier, réservé à des personnalités », latin cathedra, « siège à dossier ».

Chais, Chaix
Français chai « cave où l´on prépare et emmagasine le vin », vieux français chay, « cellier, cabaret, boutique », peut-être du gaulois tardif caio, voir Quais. Ce sont aussi des patronymes de même origine.
Les Chais, lieu-dit (Clonas-sur-Varèze, Pays viennois, Isère) ;
Les Chais et Combe des Chais, lieux-dits en forêt (Saint-Vérand, Chambaran, Isère) ;
Chaix, Chey en 1563, hameau, et La Fin de Chaix, lieu-dit (Injoux-Génissiat, Michaille, Ain) ;
Le Chaix, hameau (Randens, Basse-Maurienne, Savoie) ;
Le Chaix, maison isolée en clairière, et Bois du Chaix, lieu-dit en forêt (Châtillon-en-Michaille, Michaille, Ain) ;
Les Chaix, hameau (Bogève, Vallée Verte, Haute-Savoie) ;
Les Chaix, lieu-dit (Chapeiry, Albanais, Haute-Savoie) ;
Les Chaix, maisons isolées (Beaufort-sur-Doron, Beaufortain, Savoie) ;
Arête de Chaix, crête rocheuse, Lac des Chaix, petit lac de montagne, et Ruisseau des Chaix, affluent du Lac de Plan d´Amont (Aussois, Haute-Maurienne, Savoie).

Chaisaz, Chaise, Chaises, Chaisse, Chazette,
Chesses, Chiésaz, Chiésey, Chieso, Chiesso,
Chisaz
Maison, habitation, petite exploitation agricole. Patois tsîza, vieux français chaeze, ancien français chese, chiese, « maison, habitation », latin médiéval casa, « corps principal d´habitation du centre d´exploitation du domaine, manse dominical », latin casa, « petite ferme, maisonnette, logis ».
Ces noms ont pu désigner en particulier une église, la casa Dei, au Moyen Age Chiese-Dieu, cf. La Chaise-Dieu (Arrondissement de Brioude, Haute-Loire), et l´italien chiesa, « église ».
La Chaisaz, En Ciesie en 1404, La Chiesaz en 1637, hameau (Saint-Georges-des-Hurtières, Basse-Maurienne, Savoie) ;
La Chaise, Aqua Chesie en 1375, La Chaize en 1935, nom issu d´une maison aujourdhui disparue, cours d´eau affluent de l´Arly (Ugine, Val d´Arly, Savoie) ;
Moulin des Chaises, moulin sur le Bief des Chaises (Treffort-Cuisiat, Revermont, Ain) ;
La Chaisse, hameau (Saint-Lattier, Chambaran, Isère) ;
Chesses, Aux Chaisses en 1738, hameau (Saint-Alban-Leysse, Chambéry, Savoie) ;
La Chiésaz, la Chiesa en 1215, Chesas en 1242, village (Saint-Légier-La-Chiésaz, district de Vevey, Vaud) ;
La Chiésaz, hameau (Viuz-la-Chiésaz, Albanais, Haute-Savoie) ;
Chiésey, lieu-dit (Troistorrents, district de Monthey, Valais) ;
Chisaz, quartier et rue (Crissier, district de Lausanne, Vaud).
Avec le suffixe diminutif -ette :
Chazette, hameau (Marsonnas, Bresse, Ain).

Patois savoyard chieso et valaisan chiesso, « chalet d´alpage », que Guex fait venir du latin capsus, « coffre ; parc, enclos » :
Le Chieso, alpage (Fontcouverte-la-Toussuire, Maurienne, Savoie) ;
Le Chiesso, alpage (Zinal, Val d´Anniviers, Valais) ;
Chiesso Blanc, alpage (Saint-Jean, Val d´Anniviers, Valais).

Voir aussi Kaisa, Tchiésey, Viuz-la-Chiésaz, Bonatchiesse, Vichiesso.


Chaive, Chaives
Mot du patois jurassien qui désigne une colline arrondie à son sommet [Prongué].
Droit de la Chaive, forêt déclive, Envers de la Chaive, forêt déclive, et Plain de la Chaive, sommet plat d´une colline boisée (Delémont, Jura) ;
Chaives-Roches, « rochers arrondis » (Courrendlin, district de Delémont, Jura).

Chalais, Châlex, Chaley, Challex
Noms de domaines d´origine gallo-romaine *Cal[l]iacum, dérivés avec le suffixe -acum du gentilice Calius, du cognomen Calus, du grec kalos, « beau ».
Chalais, Jaler ou Saler au XIème siècle, forme germanisée, Chalez en 1219, Chaler en 1236, Chaleir en 1250, Chalex en 1298, Chaler de 1303 à 1354, Challir en 1425, Challey en 1553, Challi en 1806, Chalay en 1812, Chalais et Chaley en 1906, commune et village (District de Sierre, Valais), et Pont Chalais, hameau près du pont sur le Rhône (Sierre, Valais) ;
Châlex, Challex en 1425, Chalex en 1906, lieu-dit (Aigle, Vaud) ;
Chaley, Chaley en 1251, Challey en 1495, Chalay en 1734, Challay en 1790, commune et village du Bugey (Saint-Rambert-en-Bugey, arrondissement de Belley, Ain) ;
Challex, anciennement villa Calaoige, Chaloia, Chalois, Chalaoex, et Parrochia de Chaloys en 1298, Chaloes en 1308, Chalois en 1332, Cura de Chaloex vers 1344, Chalay en 1397, Challex en 1437, Chalex en 1734, Challaix en 1738, Chalais au XVIIIème siècle, commune et village (Collonges, Pays de Gex, Ain).

Chalaison, Chalezan
D´un mot régional chalaisan, « celui qui passe l´été dans un chalet ».
Chalaison, Chalezan en 1935, hameau (Albertville, Combe de Savoie, Savoie) ;
Auberge du Chalezan, auberge (Contamines-Montjoie, Val Montjoie, Haute-Savoie).

Chalamay, Chalamont, Chalmont, Charmont, Charmontane,
Charmontel, Charmontey, Charmonts, Chaumond, Chaumonette,
Chaumont, Chaumontet
Composé de Chal et de Mont ou d´Amont, ou « petite chaux », dérivé du celtique calmis, avec le suffixe diminutif -on, la finale étant devenue mont par remotivation.
La Chalamay, forêt déclive (Soulce, district de Delémont, Jura) ;
Chalamont, lieu-dit (Chéserex, district de Nyon, Vaud) ;
Chalamont, de Calomonte en 1096, Chalomont en 1214, Chalamont et de Chalomonte en 1271, canton, commune et village de la Bresse (Arrondissement de Bourg-en-Bresse, Ain) ;
Chalamont, maisons isolées (Lantenay, Haut-Bugey, Ain) ;
Mont Chalamont, colline boisée (Sonthonnax-la-Montagne, Haut-Bugey, Ain) ;
Sur Chalamont, lieu-dit (Corbonod, Bugey, Ain) ;
Chalmont, hameau (Manigod, Bornes-Aravis, Haute-Savoie).
Dérivés par rhotacisme :
Charmont, hameau (Pont-en-Ogoz, district de la Gruyère, Fribourg) ;
Pointe des Charmonts, nommée Mont Favre sur la Carte IGC, 2967m, Col des Charmonts, 2787m, et Vallon des Charmonts (Val Vény, vallée d´Aoste).

Avec le suffixe -ane :
Charmontane, Mont de Charmontane, 2894m (Bionaz, vallée d´Aoste).

Avec le suffixe diminutif -el :
Bois de Charmontel, Chalmontel en 1243, forêt (Chabrey, district d´Avenches, Vaud).

Dérivés par vocalisation, ou noms issus du latin calvus mons, « colline, montagne chauve » :
Chaumont, villagium de Chovmont (Zöumet) en 1375, lieu-dit à l´emplacement d´un village disparu probablement lors d´un éboulement du Mont-Vully survenu en 1859 (Bas-Vully, district du Lac, Fribourg) ;
Chaumont, Chomon en 1143, Chalmont en 1220, Chumont en 1350, grande colline partiellement boisée, contrefort du Jura, comprenant Chaumont de Pury, avec le patronyme de Pury, famille de la région, Chaumont de Bosset, Grand Chaumont (Districts de Neuchâtel et du Val-de-Ruz, Neuchâtel), et Chaumont du Signal, clairière avec maisons isolées (Savagnier, district du Val-de-Ruz, Neuchâtel) ;
Chaumont, in villa Calvomonte en 1039, Chamoz au XIIème siècle, Caumonte en 1124, Calvo monte en 1257, Chomonz en 1273, Cura de Choumonz vers 1344, Chosmundum au XIIIème siècle, aussi Choumontz, commune et village du Val des Usses, château (Frangy, arrondissement de Saint-Julien-en-Genevois, Haute-Savoie).

Diminutifs avec les suffixes -et, -ette, -ey :
Charmontey, hameau (Valloire, Maurienne, Savoie) ;
La Chaumonette, alpage (Gorgier, district de Boudry, Neuchâtel) ;
Chaumontet, hameau (Chaumont, Val des Usses, Haute-Savoie) ;
Chaumontet, hameau (Sillingy, Annecy, Haute-Savoie) ;
Chaumontet, Chaumontel en 1175, Chamontez, Chamotez, Chamunteiz et Chaumontet en 1220, puis Charmontay, localité du Moyen Age disparue (Vevey, Vaud) ;
Chaumontette, lieu-dit (Frangy, Val des Usses, Haute-Savoie).

Peut-être par cacographie :
En Chaumond, lieu-dit (Meillonnas, Revermont, Ain).

Voir aussi Tsermon.


Chalanche, Chalanches, Chalanchottes, Chalanson, Challanche,
Challanches
Mot régional chalanche, « éboulis en montagne » [Pégorier], provençal du Nord chalancho, « pente raide qui sert de couloir aux avalanches, flanc raviné d´une montagne, ravine », qui paraît d´origine préceltique [Nègre 1990].
Chalanche, hameau (Marcellaz-Albanais, Albanais, Haute-Savoie) ;
Grande Chalanche, Chalanche Croée, Chalanche de la Levresse, Chalanche de l´Orge, Chalanche de Barbe Baquette, ce dernier avec un prénom et un patronyme, lieux-dits déclives autour d´Avérole (Bessans, Haute-Maurienne, Savoie) ;
Draye de Chalanche, ravin (La Morte, Valbonnais, Isère) ;
Les Chalanches, lieu-dit déclive (Allemond, Oisans, Isère) ;
Les Chalanches, lieu-dit déclive en forêt (Beaufin, Beaumont, Isère) ;
Les Chalanches, lieu-dit déclive (Saint-Michel-les-Portes, Trièves, Isère) ;
Ravin des Chalanches, ravin (Gresse-en-Vercors, Vercors, Isère) ;
Draye de la Challanche, ravin (Saint-Christophe-en-Oisans, Oisans, Isère) ;
Les Challanches, lieu-dit déclive en forêt (Allemond, Oisans, Isère).
Avec le suffixe diminutif -on, ou patronyme Chalanson :
Chalanson, maisons isolées, oratoire (Villarlurin, Tarentaise, Savoie) ;
Pas de Chalanson, 3310m, Pointe de Chalanson, 3465m, à la frontière italienne, et Ruisseau de Chalanson, affluent du Ruisseau du Vallonnet (Bonneval-sur-Arc, Haute-Maurienne, Savoie).

Avec le suffixe diminutif -otte :
Les Chalanchottes, lieu-dit déclive (Bessans, Haute-Maurienne, Savoie).

Voir aussi Salanches.


Chalandier, Chalandière
D´un patronyme Chalandier, nom de métier, « marinier ».
Le Chalandier, maison isolée (Boëge, Vallée Verte, Haute-Savoie) ;
La Chalandière, maison isolée (Entremont-le-Vieux, Chartreuse, Savoie).

Chalaronne
Cours d´eau affluent de la Saône, Calarona au VIème siècle, Chalarona en 1324, Chalarina en 1341, Challarona en 1418, peut-être du gaulois *caljo, « pierre », avec le suffixe -onne et un r épenthétique ;
La Vieille Chalaronne, bras de la Chalaronne (Dompierre-sur-Chalaronne, Bresse, Ain).

Chalaverne
Lieu-dit en forêt de la commune de Lyaud (Bas-Chablais, Haute-Savoie), nom composé de Chal et de verne.

Chaleins
Village et commune de la Bresse (Saint-Trivier-sur-Moignans, arrondissement de Bourg-en-Bresse, Ain), De Chalings et Ecclesia de Chalingo, var. Chalengo en 984, Chalens en 1182, Chalenz vers 1250, Challeins en 1325, nom d´origine burgonde qui dériverait d´un primitif *Calingos, « chez les Calingi », dérivé du nom propre Calo, « homme de sang-froid », germanique *kal, *kalan, « être froid, geler » [Perrenot].

Chalembert
Dos Chalembert, lieu-dit de la commune de Bressaucourt, district de Porrentruy (Jura), « Sous Chaux-Lambert », voir Dos, « en-dessous, » et Chaux, avec le patronyme Lambert [Prongué].

Chalery
Derrière Chalery, hameau de la commune des Breuleux, district des Franches-Montagnes (Jura), peut-être un composé de Chaux de Léry, d´après un anthroponyme germanique Leotaric ou Leteric [Prongué], du germanique *leudi, « peuple, gens », et *rîka, rîkia, « puissant, celui qui règne ».

Chaleyssin
Ancien village qui fait maintenant partie de Saint-Just-Chaleyssin, chef-lieu de la commune du même nom, Calessianum villa au IXème siècle, villa Caleziano au Xème siècle, Chalessin au XIIème siècle, Caleysia au XIIIème siècle, d´un nom de domaine d´origine gallo-romaine *, dérivé avec le suffixe -anum du nom d´homme Calessius.

Chalière, Chalières
Chalières, village médiéval disparu, peut-être anéanti par une épidémie de peste (District de Moutier, Jura bernois), Zcholiers en 1295, Choliere en 1494, aussi Salières, Challiers et Cholliers ;
Chapelle de Chalières, pourrait avoir été l´église paroissiale de Chalières (Moutier, Jura bernois) ;
Rue de Chalière, à proximité de la chapelle (Moutier, Jura bernois) ;
La Chalière, cours d´eau affluent de la Birse (Perrefitte, district de Moutier, Jura bernois).

Chalin, Challand, Challande
Endroit particulièrement exposé au soleil, participe présent adjectivé challant du verbe de l´ancien français chaloir, « chauffer », du latin calere, « être chaud, être brûlant, avoir chaud ».
Chalin, Challent en 1342, alpage (Val-d´Illiez, district de Monthey, Valais), nom monté à la
Tête de Chalin, sommet, 2595m, à la limite de la commune de Vérossaz (District de Saint-Maurice, Valais) et au Glacier de Chalin ;
Combe de Challand, lieu-dit de Valsorey, Challand, Challand d´en haut, alpage (Bourg-Saint-Pierre, district d´Entremont, Valais), nom monté à la Pointe de Challand, un sommet du Massif des Combins, 3625m, et au Glacier de Challand (Bagnes et Bourg-Saint-Pierre, district d´Entremont, Valais).
Challande peut aussi être un patronyme :
Challande, hameau (Saxel, la Côte en Chablais, Haute-Savoie) ;
Le Moulin de Challande, ruines (Bons-en-Chablais, la Côte en Chablais, Haute-Savoie).

Voir aussi Tsalan.


Challancin
Hameau de la commune de La Salle (Vallée d´Aoste), patronyme très répandu dans la vallée d´Aoste.

Challand-Saint-Anselme, Challand-Saint-Victor
Challand-Saint-Anselme et Challand-Saint-Victor, communes et villages de la vallée d´Aoste, Calant en 1176, Chalan en 1219, Challant en 1906, Challant-Saint-Anselme et Challant-Saint-Victor jusqu´en 1976, d´un ancien domaine d´origine gallo-romaine *Callanum, dérivé avec le suffixe -anum du gentilice Callus.

Challier, Challière, Challières
Ppatronyme Challier.
Mont du Challier, 2132m (Bozel, Vanoise, Savoie).
Par féminisation :
Challière, lieu-dit en forêt (Saint-Germain-les-Paroisses, Bugey, Ain) ;
Challière, hameau (Saint-Germain-la-Chambotte, Albanais, Savoie) ;
La Challière, maisons isolées (Saint-Paul, Avant-Pays savoyard, Savoie) ;
Les Challières, lieu-dit en forêt (Queige, Beaufortain, Savoie).


Challonges, Collonge, Collonges, Collonges-sous-Salève, Collongette,
Colonge, Colonges, Colonia
Colonie, bas latin colongia, latin colonica, « [terre] travaillée par un colon, chaumière d´un colon », adjectif colonicus, « de colonie », voir colonia.
Colonia le Loup, hameau (Valgrisenche, vallée d´Aoste) ;
Colonia Terre, hameau (Valgrisenche, vallée d´Aoste).
Ancien français collonge, colonge, collunge, « fonds possédé par un colon » :
Collonge, Collonges en 1153, Cura de Colonges vers 1344, Colonge sur la Carte de Cassini, village (Collonge-Bellerive, Genève) ;
Collonges, probablement in villa Caloige en 912, Collonges en 1401, Collunges en 1441, Colonges en 1460, Collonge au XVIIIème siècle, commune et village (Pays de Gex, Ain) ;
Collonges, Colunges en 1239, commune et village qui a remplacé le village d´Arbignon, et Monts de Collonges, hameau de la même commune (District de Saint-Maurice, Valais) ;
Collonges, Colonges en 1282, hameau (Vétraz-Monthoux, Annemasse, Haute-Savoie) ;
Collonges-sous-Salève, Cura de Colonge vers 1344, Collonge sous Saleve sur la Carte de Cassini, nom officiel Collonges, habitat gallo-romain de Colonica, commune et village du Genevois (Arrondissement de Saint-Julien-en-Genevois, Haute-Savoie), et le Bas de Collonges, hameau de cette commune ;
Colonge, lieu-dit (Saint-Genis-sur-Menthon, Bresse, Ain) ;
Colonges, lieu-dit (Villars-sur-Ollon, Ollon, district d´Aigle, Vaud).

Avec le suffixe diminutif -ette :
Collongette, hameau (Chens-sur-Léman, Bas-Chablais, Haute-Savoie).

Par attraction du franco-provençal tsalo, « chaleur ; trace dans la neige » [Nègre 1990] :
Challonges, Cura de Chalungio vers 1344, Challonge sur la Carte de Cassini, commune et village de la Semine (Seyssel, arrondissement de Saint-Julien-en-Genevois, Haute-Savoie).


Chalméane
Hameau de la commune de Saint-Laurent-en-Beaumont (Beaumont, Isère), mansus Calme Mediane, mansus Calme Meyane et Chalmeyana au XVème siècle, nom composé de Chal et de Méane.

Chalonge, Cholonge
« Chaux longue », noms composés de Cha, Chaux et de Longe.
Chalonge, lieu-dit (Haut-Vully, district du Lac, Fribourg) ;
Chalonge, de Chalongio en 1388, hameau (Seyssel, Bugey, Ain) ;
Chalonge, alpage (Samoëns, Faucigny, Haute-Savoie) ;
Pointe Chalonge, 3360m (Saint-Christophe-en-Oisans, Oisans, Isère) ;
Cholonge, Chalma longa vers l´an 1000, ecclesia de Chalma Longa et parrochia de Chalma Longua au XIIIème siècle, capellanus de Calmas Longas et Calme Longe au XIVème siècle, commune et village de la Matheysine (La Mure, arrondissement de Grenoble, Isère) [Nègre 1990], et Le Haut-Cholonge, Alta Calmis Longa au XIVème siècle, hameau dans la même commune.

Châlons
Commune et village de la Bièvre (Beaurepaire, arrondissement de Vienne, Isère), in Calone au Xème siècle, Calono villa au XIème siècle, d´un primitif *[fundus] Callonius, avec le nom de personne romain Callonius [Nègre 1990].

Chamagnat
Village, chef-lieu de la commune de Saint-Alban (Poncin, Haut-Bugey, Ain), Chamagnia en 1299-1369, Chamagniaz en 1541, peut-être composé de champ et d´un patronyme.

Chamagnieu
Commune et village de L´Isle-Crémieu (Crémieu, arrondissement de la Tour-du-Pin, Isère), d´un nom de domaine d´origine gallo-romaine *Caminiacum, dérivé avec le suffixe -acum du gentilice Caminius [Bouvier].

Chamandray, Chamandre, Chamaudry
Peut-être composé de champ et d´un patronyme issu de l´occitan mandre, « renard ; gueux ».
Chamandray, Chamandrey en 1272, Chamandreis en 1439, hameau (Cormoz, Bresse, Ain) ;
Chamandre, Chamendre en 1670, hameau (Foissiat, Bresse, Ain) ;
Chamaudry, Chamandry en 1811, Chamandrey en 1911, hameau (L´Abergement-Clémenciat, Dombes, Ain).

Chamard
Lieu-dit et zône commerciale de la commune de Montagny-près-Yverdon (District d´Yverdon, Vaud), d´un patronyme Chamard, ou terme désignant un pâturage ou une friche.

Chamba, Chambaz, Chambère, Chambettes, Chambière
Du patois chamba, tsamba, « jambe », désignant un terrain allongé [Aebischer], voir Jambaz.
Chamba Saugy, hameau, avec un patronyme (Rue, district de la Glâne Fribourg) ;
En Chambaz, domaine viticole (Môtier, Haut-Vully, district du Lac, Fribourg).
Dérivé avec le suffixe collectif -ère :
Chambère, lieu-dit (Ursins, district d´Yverdon, Vaud) ;
Chambière, hameau (Merlas, Valdaine, Isère) ;
La Chambière, Chambieri en 1272, Chamberia en 1416, La Chambiry en 1564, hameau, et Rippes de la Chambière, lieu-dit (Saint-Denis-lès-Bourg, Bresse, Ain).

Diminutif avec le suffixe -ette :
Les Chambettes, lieu-dit, et Canal des Chambettes, (Vouvry, district de Monthey, Valais).


Chambabert, Champachard, Champallier, Champauraud, Champaviotte,
Champebran, Champeimont, Champolimard, Champollier, Champourreau,
Champoyet
Toponymes composés de champ et d´un deuxième terme parfois indéterminé, en général un patronyme.
Champauraud maisons isolées (Queige, Beaufortain, Savoie).
Avec le patronyme Albert, Aubert :
Chambabert, ruines d´alpage (Sollières, Haute-Maurienne, Savoie).

Avec le patronyme Achard :
Bois de Champachard, lieu-dit en forêt (La Léchère, Tarentaise, Savoie).

Avec un patronyme Allier, ou avec Allier, « alisier blanc » :
Champallier, maison isolée (Saint-Aupre, Pays voironnais, Isère).

Peut-être « champ à Viotte », avec le patronyme Viotte :
Champaviotte, quartier (Saint-Egrève, Pays grenoblois, Isère).

Avec le patronyme Ebran :
Champebran, hameau (Saint-Christophe-en-Oisans, Oisans, Isère).

Avec le patronyme Eimont, ou du patronyme Champeimont :
Champeimont, grange en clairière (Bonvillard, Combe de Savoie, Savoie).

Avec les patronymes rares Olimard ou Polimard :
Domaine de Champolimard, maison isolée (Courtenay, L´Isle-Crémieu, Isère).

Avec le patronyme Ollier, ou diminutif :
Champollier, hameau (Saint-Sylvestre, Albanais, Haute-Savoie).

Avec le patronyme Poyet :
Champoyet, hameau (Neuville-les-Dames, Dombes, Ain).

Avec le patronyme Pourreau :
Champourreau, lieu-dit (Sermérieu, L´Isle-Crémieu, Isère).


Chambafort
Cours d´eau de la commune de Jujurieux (Haut-Bugey, Ain), Chambaz fort en 1791, du patois chamba, « jambe ».

Chambalud
Hameau de la commune de Bougé-Chambalud (Pays viennois, Isère), Chambaloscum au XIIIème siècle, Chambaluen au XIVème siècle, Chambaleu et Chambaloux au XVIème siècle, dérivé d´un nom d´homme gaulois comme *Cambalos avec un suffixe -oscus.

Chambaran
Peut-être du mot régional chabaran, « champ bon à rien » [Pégorier]
Chambaran, région du département de l´Isère, entre la plaine de Bièvre et le Sud du Grésivaudan, Chambaranco au XVème siècle, Chamberan au XVIème siècle ;
Chambaran, maisons isolées en clairière (Arzay, Bièvre, Isère) ;
Chambaran, hameau (Saint-Julien-de-l´Herms, Bièvre, Isère) ;
Chambaran, lieu-dit (Sainte-Anne-sur-Gervonde, Pays viennois, Isère) ;
Chambaran, hameau, et Camp de Chambaran, camp militaire (Viriville, Chambaran, Isère) ;
La Faitas de Chambaran, lieu-dit (Varacieux, Sud du Grésivaudan, Isère) ;
Forêt de Chambaran, silva de Cambaran au XIème siècle, nemus de Chambarant au XIVème siècle, nemus de Chamberanco au XIVème siècle (Dionay et Roybon, Chambaran, Isère).

Chambave, Chambéraz, Chambéria, Chamberonne, Chambet,
Chambettes, Chambion, Chambon, Chambonne, Chambonnelle,
Chambons, Chamboton, Chamburaz
Terrain situé dans un méandre de rivière ou terrain courbe, puis terrain alluvionnaire, aussi noms de cours d´eau et de lieux-dit sur leurs rives. Du gaulois cambo-, « courbe, méandre », puis « terrain fertile », racine indo-européenne *kam-p-, « courber ».
Avec les suffixes diminutifs -et, -ette :
Le Chambet, Chambre sur la Carte de Cassini, cours d´eau affluent de la Seymaz, et En Chambet, lieu-dit sur ce ruisseau (Jussy et Meinier, Genève) ;
Les Chambettes, hameau, aurait pu désigner une chenevière, ou dérive d´un patronyme Chambette (Veigy-Foncenex, Bas-Chablais, Haute-Savoie).

Avec les suffixes diminutifs -ot et -on :
Le Chamboton, cours d´eau affluent de la Seymaz, partiellement canalisé (Jussy, Genève).

Avec les suffixes collectifs -éraz, -éria, -uraz, formes patoises de -ière :
Chambéraz, Cambaïreu en 1202, de Cambera en 1282, hameau (Saint-Girod, Albanais, Savoie) ;
Chambéria, commune et village (Orgelet, Jura) ;
Ruisseau de Chamburaz, affluent de l´Hermance (Chens-sur-Léman, Bas-Chablais, Haute-Savoie).

Avec le suffixe issu du gaulois -onne, « cours d´eau, source » ; pour Bossard, ce nom dérive du latin cambarus, « écrevisse », variante par dissimilation de cammarus, avec le même suffixe :
Chamberonne, affluent du Léman (Districts de Lausanne et de Morges, Vaud).

De même origine, avec un suffixe -ave, « eau », ou d´un anthroponyme *Cambo :
Chambave, commune et village (Vallée d´Aoste) ;
Chambave, alpage de la commune de La Salle, nom monté au Dos de Chambave, épaule, 2356m, Aiguille de Chambave, 3089m (Courmayeur, Morgex et La Salle, vallée d´Aoste).

Noms ayant pris le sens de champ bon, latin campum bonum, « champ fertile » par remotivation. Aussi en ancien français cambon, campon, chambon, champon, « champ, plaine ». Chambon est aussi devenu un patronyme :
Chambion, alpage (Courfaivre, district de Delémont, Jura) ;
Chambon, maison isolée près d´un méandre de la Glâne (Neyruz, district de la Sarine, Fribourg) ;
Chambon d´Amont et Chambon d´Avau, lieux-dits (Broc, district de la Gruyère, Fribourg) ;
Chambon, lieu-dit (Lavars, Trièves, Isère) ;
Chambon, lieu-dit dans une courbe du Drac (Quet-en-Beaumont, Beaumont, Isère), et Les Chambons, maisons isolées voisines (La Salle-en-Beaumont, Beaumont, Isère) ;
Le Chambon, hameau (Mont-de-Lans, Oisans, Isère), au bord du Lac du Chambon, lac artificiel (Mizoën, Oisans, Isère) ;
Les Chambons, En louchi del Chanbons en 1215, avec louchi signifiant « l´Ouche », de Chambonibus en 1421, Aux Champbons en 1587, hameau (Saint-Jean-d´Arves, Arvan, Savoie).

Patronyme Chambon :
Bois de Chambon, lieu-dit en forêt (Béon, Valromey, Ain).

Par féminisation du patronyme Chambon :
Chambonne, lieu-dit en forêt (Arandas, Bugey, Ain).

Avec le suffixe diminutif -elle :
La Chambonnelle, lieu-dit (Ceyzérieu, Bugey, Ain).


Chambellon
Chambellon, hameau, et Crêt de Chambellon, lieu-dit de la commune de Faverges, (Haute-Savoie), soit d´un patronyme Chambellon, soit un composé de champ et du patronyme Bellon, ou encore selon Jaccard un composé de champ et d´un patois bélon, « barlong, plus long que large ».

Chambéranger
Hameau de la commune de Planay, canton de Bozel (Vanoise, Savoie), Champbéranger en, 1935, composé de champ et du patronyme Béranger.

Chambéraud, Champ Béraud
Noms composés de champ et du patronyme Béraud.
Chambéraud, lieu-dit (Saint-Baudille-de-la-Tour, L´Isle-Crémieu, Isère) ;
Champ Béraud, lieu-dit (Etercy, Albanais, Haute-Savoie).

Chambéreins
Domaine rural de la commune de Saint-Trivier-sur-Moignans (Dombes, Ain), composé de champ et du nom du hameau Béreins situé dans la même commune.

Chambéry
Ville, commune et arrondissement, préfecture de la Savoie, Camefriacum, cacographie de Camberiacum en 1016, de Camberiaco en 1029, Cambariacum en 1036, de Cambariaco en 1044, Chambariaco vers 1100, Chanberie en 1225, Chamberium en 1233, Chambeirici en 1235, Camberium en 1488, Chamberi en 1603, édifiée autour du château construit au Moyen-Age par les ducs de Savoie, sur l´emplacement d´un relais romain appelé Lemincum, aujourd´hui Lémenc, un quartier de la ville.
Le nom actuel viendrait du gaulois camboritos, « gué situé dans une courbe », de cambo-, « courbe, méandre », racine indo-européenne *kam-p-, « courber », et ritu-, « gué ». Les noms anciens indiquent plutôt un nom de domaine d´origine gallo-romaine Cambariacum, formé avec le suffixe -acum sur le gentilice Cambarius, variante de Cammarius, dérivé soit du latin cammarus, cambarus, « écrevisse » [Gros], soit du nom de métier Cambarius, « brasseur de bière », du gaulois *camba, « poêle à brasser ».
Chambéry-le-Haut, quartier (Chambéry, Savoie) ;
Chambéry-le-Vieux, in Chambariaco vetere en 1057, Camberiacum vetus en 1488, village et ancienne commune réunie à Chambéry en 1961 (Chambéry, Savoie) ;
Ruisseau de Chambéry, affluent du ruisseau de l´Ire (Chevaline, Bauges, Haute-Savoie).

Chambésy
Chambésy-Dessous et Chambésy-Dessus, hameaux de la commune genevoise de Pregny-Chambésy, Sambesie en 1277, Sambeysie en 1307, Sambesier en 1309, Senbeysier en 1373, Sanbeysier au XIVème siècle, Sambeisy au XVIIème siècle, nom d´origine gallo-romaine inconnue.

Chamblandes
Quartier de la commune de Pully (District de Lausanne, Vaud), Chanblandes et Chamblandes en 1230, Chamblande et Champs-Blandes en 1906, pourrait être un ancien Cantumblandum villa attesté, avec premier terme lié au latin canthus, voir Canton, et un deuxième terme latin blandus, « caressant, doux, attrayant, séduisant ».

Chamblay
Commune et village (Villers-Farlay, arrondissement de Lons-le-Saunier, Jura), in Camblacio en 943, Chamblacium en 1160, Chamblais en 1260, probablement un ancien nom de domaine d´origine gallo-romaine *Cambliacum, dérivé avec le suffixe -acum du gentilice Camblius.

Chamblet
Lieu-dit de la commune de Bôle (District de Boudry, Neuchâtel), Chambelet en 1339, Champs Bellet en 1441, Champ Bellet en 1545, Chambellet en 1596, « champ de Bel[l]et », avec le patronyme Belet, Bellet.

Chamblioux
Nom patois Zambioux, lieu-dit de la commune de Granges-Paccot, district de la Sarine (Fribourg), dérivé du théonyme gaulois Camulos, un dieu de la guerre [Aebischer].

Chamblon
Commune et village vaudois du district d´Yverdon, sur une colline de calcaire rouge, et Mont de Chamblon, colline nom attesté en 1101, pourrait dériver d´un gentilice Camilius, par une forme *Camilionis [Jaccard].

Chambotte, Chambuet
Noms composés de Champ, et de Buet, « bois ».
Chambotte ou en patois Zambotte, lieu-dit du vignoble (Savièse, district de Sion, Valais) ;
La Chambotte, village (Saint-Germain-la-Chambotte, Albanais, Savoie) ;
La Chambotte, maison isolée (Barberaz, Chambéry, Savoie) ;
Chambuet, Chambut en 1196, Chambuet en 1201, Chambuerc en 1203, Chambuest en 1209, Chambuert en 1272, hameau (Yenne, Avant-Pays savoyard, Savoie).

Chambovey
Hameau de la commune de Massongex (District de Saint-Maurice, Valais), Chambover en 1411, Chambovey en 1484, Champ Bovey sur la Carte Nationale, composé de Champ et Bovey. C´est aussi un patronyme.

Chambre, Chambres, Chambrettes
1. Demeure importante, château, résidence, du latin camera, « voûte, plafond voûté ». En ancien français chambre, « treille », et adjectif cambre, chambre, « cambré, courbé replié », mais ces origines sont peu vraisemblables.
La Chambre, In burgo Camere en 1081, Camera en 1097, Chambra en 1196, commune et village (Basse-Maurienne, Savoie).
2. Grotte, gouffre.
Chambre au Loup, maison isolée (Chevroux, Bresse, Ain) ;
Mont de la Chambre, sommet (Les Allues, Vanoise, Savoie) ;
Lac des Chambres, lac gelé presque toute l´année, dans un région calcaire avec de nombreux gouffres, et Névé des Chambres, nom monté au Col des Chambres, 2338m, et à la Pointe Rousse des Chambres, 2660m (Samoëns, Faucigny, Haute-Savoie).

Diminutif avec le suffixe -ette, ou patronyme Chambrette, très rare :
Les Chambrettes, hameau (Contamine-sur-Arve, Faucigny, Haute-Savoie) ;
Bois des Chambrettes, forêt (Abondance, Val d´Abondance, Haute-Savoie).


Chambrelien
Hameau des communes de Boudry et Rochefort (Neuchâtel), in Chanbrilin en 1339, de Chambrelin en 1398, à Chambrellain en 1487, de Chambreillin et de Chambrellin en 1512, Chambrillan en 1769, composé de champ et d´un anthroponyme germanique [Michaud], comme Berila, voir Berlens, ou Borila, voir Berlincourt.

Chamby
Hameau de la commune de Montreux (District de Vevey, Vaud), probablement un nom de domaine d´origine gallo-romaine Cambiacum, dérivé avec le suffixe -acum de l´anthroponyme gaulois Cambios dérivé de cambo-, « courbe, méandre ».

Chamdolant
Maisons isolées de la commune de Givisiez (District de la Sarine, Fribourg), composé de Champ et d´un patronyme Dolant attesté.

Chamechaude
Un des sommets du massif de la Chartreuse (Département de l´Isère), nom qui signifie « alpage chaud, ensoleillé ». Celtique calmis et français chaude.

Chamerande
Hameau de la commune de Saint-Bénigne (Pont-de-Vaux, Bresse, Ain), in villa Cameranda en 995, Chamaranda en 1272, du participe futur passif latin camerandus du verbe camerare, « construire en forme de voûte ».

Chamesat
Lieu-dit de la commune de Montmelon, district de Porrentruy, sur le Doubs, dont le nom signifierait « champ en deça » du Doubs par rapport à Seleute. Pour Prongué ce pourrait être un « petit champ », diminutif formé avec le suffixe -at.

Chamfrey, Champfrey, Champfroid, Champ Froid, Champs Froids
Champ froid, composé de champ et de frey, froid.
Chamfrey, Chanfrey en 1935, alpage (Saint-Martin-de-Belleville, Tarentaise, Savoie) ;
Le Petit Champfrey, hameau (Moirans, Rives, Isère) ;
Champfroid, hameau (Meyrieux-Trouet, Avant-Pays savoyard, Savoie) ;
Champfroid, maisons isolées (Pallud, Combe de Savoie, Savoie) ;
Ruisseau de Champfroid, cours d´eau affluent du Fier (Les Clefs, Bornes, Haute-Savoie) ;
Champ Froid, hameau (Pringy, Annecy-le-Vieux, Haute-Savoie) ;
Champ Froid, lieu-dit (Vourey, Pays voironnais, Isère) ;
Champs Froids, lieu-dit (Chaumont, Val des Usses, Haute-Savoie) ;
Champs Froids, lieu-dit (Marlens, Pays de Faverges, Haute-Savoie) ;
Les Champs Froids, lieu-dit (Menthonnex-sous-Clermont, Genevois, Haute-Savoie).

Chamin, Chemenau, Chemeneau, Chemenin, Chemenoud,
Chemin, Cheminand, Chemine, Cheminet, Cheminots,
Chemin Romain, Chemins
Du latin vulgaire *camminus, gaulois *cammano, « chemin ».
Chemin, village sur l´ancienne voie romaine qui traversait les Alpes (Vollèges, district d´Entremont, Valais) ;
Chemin-Dessous, hameau (Martigny, Valais) ;
Haut de Chemin, maison isolée (Courtételle, district de Delémont, Jura) ;
Chemin Romain, chiminus romanus en 1141, probablement un fragment de l´ancienne voie romaine de Lyon à Genève [Philipon] (Canton de Lhuis, Bugey, Ain) ;
Le Grand Chemin, maisons isolées (Sainte-Euphémie, Dombes, Ain) ;
Cinq Chemins, lieu-dit, zône artisanale (Margencel, Bas-Chablais, Haute-Savoie) ;
Les Quatre Chemins, carrefour (Vacheresse, Val d´Abondance, Haute-Savoie) ;
Les Quatres Chemins, sic sur la Carte IGN, lieu-dit, jonction de quatre chemins (Les Déserts, Bauges, Savoie) ;
Les Sept Chemins, carrefour de sept chemins (Montceaux, Dombes, Ain).
Ancien français cheminee, « chemin » :
Combe de Chemine, lieu-dit en montagne (La Chapelle-d´Abondance, Val d´Abondance, Haute-Savoie).

Diminutifs de chemin, cf. l´ancien français cheminal, « chemin » :
Chemenau, aussi Chemenaux, alpage, et Forêt de Chemenau (Collombey-Muraz, district de Monthey, Valais) ;
Chemeneau, lieu-dit (Lignières, Neuchâtel) ;
Sentier de Chemenin, de l´ancien lieu-dit En Chemenin (Vevey, Vaud) ;
Chemenoud, hameau (Cranves-Sales, Annemasse, Haute-Savoie).

Avec le suffixe diminutif -et, ancien français cheminet, « petit chemin », ou patronyme Cheminet :
Cheminet, quartier (La Motte-Servolex, Chambéry, Savoie) ;
Le Cheminet, chemin (Penthalaz, district de Cossonay, Vaud) ;
Le Cheminet, lieu-dit (Châtenay, Chambaran, Isère).

Occitan chamin, « chemin » :
Chamin, alpage sur la route de la Valpelline, et Grand Chamin, alpage, Torrent du Grand Chamin, affluent du Buthier de Valpelline, dans la Comba du Grand Chamin (Bionaz, vallée d´Aoste).

Patronyme Cheminand, variante de l´ancien français cheminant, « voyageur » :
Cheminand, hameau (Saint-Jean-le-Vieux, Haut-Bugey, Ain).

Patronyme Cheminot, variante de chemineau, « vagabond, voyageur » :
Les Cheminots, maisons isolées (Beaufort-sur-Doron, Beaufortain, Savoie).


Chamioterie
La Chamioterie, maison isolée de la commune de Queige (Beaufortain, Savoie), par adjectivisation d´un patronyme Chamiot.

Chamoille
Chamoille d´Orsières, hameau de la commune d´Orsières, Chamoille d´en Bas et Chamoille d´en Haut, hameaux de la commune de Sembrancher (District d´Entremont, Valais), ancienne villa Camulia, du théonyme gaulois Camulos, un dieu de la guerre [Guex].

Chamois, Chamoise, Chamossaire, Chamossale, Chamosseran,
Chamossery, Chamosset, Chamossier, Chamossière, Chamossin,
Chamouaire, Chamousseyre, Chamoussière, Chamoussières, Chamoussin
Endroit où se trouvent des chamois (Rupicapra rupicapra). Patois romand et savoyard tsamo, ancien français chamois, chamoix, bas latin camossus, gaulois camox, « chamois », pré-roman *kamoke.
Dent du Chamois, sommet, 1826m (Estavannens, Bas-Intyamon, et Gruyères, district de la Gruyère, Fribourg) ;
Col des Chamois, 3259m (Bourg-Saint-Pierre, district d´Entremont, Valais, et vallée d´Aoste) ;
Col des Chamois Nord, 2660m, et Col des Chamois Sud, 2670m (Bex, district d´Aigle, Vaud).
Dans les toponymes suivant, il peut s´agir de dérivés du celtique calmis, avec attraction de « chamois », ou d´un endroit envahi par le nard raide (Nardus stricta), ou herbe à chamois, plante délaissée par le bétail, en patois tsamossè, ou encore d´un dérivé du patois savoyard chamossè, « maladie des vaches » [Constantin], qui aurait désigné des lieux où sévissait cette épizootie, voir par exemple Tsarbonné :
Montagne de Chamoise, Mons de Chamoisy en 1361, 557m (Nantua, Haut-Bugey, Ain).

Dérivés avec les suffixes collectifs -aire, -ery, -eyre, -ier, -ière :
Chamossaire, hameau et sommet, 2616m (Ayent, district d´Hérens, Valais) ;
Le Chamossaire, où des sources salées auraient attiré les chamois (Ollon, district d´Aigle, Vaud) ;
Chamossery, maisons isolées en clairière (Roisan, vallée d´Aoste) ;
Chamossier, lieu-dit (Morzine, Chablais, Haute-Savoie) ;
Chamossière, hameau (Thônes, Bornes, Haute-Savoie) ;
Chamossière, lieu-dit en montagne (Saint-Jean-d´Arves, Arvan, Savoie) ;
Pointe de Chamossière, 1889m, et Creux de Chamossière, combe (Samoëns, Faucigny, Haute-Savoie) ;
Ruisseau de la Chamossière, affluent du Ruisseau de l´Ire (Chevaline, Bauges, Haute-Savoie) ;
Les Chamossières, lieu-dit en montagne (Bellentre, Tarentaise, Savoie) ;
Les Chamossières, lieu-dit en montagne (Jarrier, Maurienne, Savoie) ;
Plateau des Chamossières, lieu-dit en montagne (Sainte-Marie-de-Cuines, Maurienne, Savoie) ;
Chamousseyre, lieu-dit en forêt (Saint-Baudille-et-Pipet, Trièves, Isère) ;
Chamoussière, lieu-dit en montagne (Lanslevillard, Haute-Maurienne, Savoie) ;
Chamoussière, lieu-dit en forêt (Séchilienne, Pays grenoblois, Isère) ;
Chamoussière, hameau (Voreppe, Pays voironnais, Isère) ;
Punta Chamoussière, 2942m (Val de Rhême et Val Savarenche, vallée d´Aoste) ;
Les Chamoussières, ruines d´alpage (Orelle, Maurienne, Savoie) ;
Chamouaire, lieu-dit dans les rochers (Saillon, district de Martigny, Valais).

Avec le suffixe -an :
Pointe de Chamosseran, 2197m, et Ruisseau de Chamosseran (Montailleur, Bauges, Haute-Savoie).

Avec le suffixe collectif -et :
Chamosset, lieu-dit (Vallorcine, vallée de l´Eau Noire, Haute-Savoie).

Diminutif avec le suffixe -alle :
Chamossale, pâturage (Montreux, district de Vevey, Vaud).

Diminutif avec le suffixe -in :
Chamossin, maison isolée en clairière (Vouvry, district de Monthey, Valais) ;
Champ Chamoussin, alpage (Quart, vallée d´Aoste).


Chamonix
Latin campus, « camp, place » et munitus, « fortifié, protégé ». Cette hypothèse n´en est qu´une parmi beaucoup d´autres, qui font remonter ce toponyme à « chamois », « champ du moulin », ou Chan moûni, « champ du meunier », « champ d´Aymon », etc. Elle correspond au nom mentionné au XIème siècle, mais celui-ci peut-être une remotivation d´un nom plus ancien et n´est pas justifié par l´existence avérée d´une place forte dans la vallée.
Chamonix, mentionné en 1090 comme Campum Munitum, « place fortifiée », nom latin Campimontium, puis de Chamonio en 1225, Chammonis en 1229, Chamunix en 1289, Cura de Chamonix vers 1344, Chamony en 1399, Chamouny en 1581, Chamony en 1652, enfin Chamonix, attesté dès 1236, devenu Chamonix-Mont-Blanc en 1921, canton, commune et village de la vallée de Chamonix (Arrondissement de Bonneville, Haute-Savoie) ;
Chamonix, hameau (Magland, Faucigny, Haute-Savoie).

Chamontain, Champ Montand, Champ Montant, Champs Montants
Champ en pente, ou champ de Montain, Montand, Montant, etc.
Chamontain, Champ Montain au XVIème siècle, Champ Monten en 1700, hameau (Saint-Martin-d´Arc, Maurienne, Savoie) ;
Champ Montand, hameau (Cugy, district de la Broye, Fribourg) ;
Champ Montant, nom attesté en 1597, vigne (Boudry, Neuchâtel) ;
Champs Montants, lieu-dit (Chevenez, district de Porrentruy, Jura).
Voir aussi Tchaimps Montaints.


Chamorand
Nom composé de champ et du patronyme Morand, devenu lui-même un patronyme.
Chamorand, de Campo Morandi en 1498, hameau (Saint-Martin-sur-la-Chambre, Basse-Maurienne, Savoie) ;
Forêt de Chamorand, forêt déclive, et Revers de Chamorand, lieu-dit déclive en forêt (Saint-Rémy-de-Maurienne, Basse-Maurienne, Savoie).

Chamorel
Trou à Chamorel, lieu-dit dans la chaîne qui fait la limite entre Ovronnaz (Leytron, district de Martigny, Valais) et les Martinets (Bex, district d´Aigle, Vaud), d´un patronyme Chamorel du Chablais vaudois, composé de champ à Morel.

Chamosentse, Chamoson, Chamousy
D´un nom de domaine d´origine gallo-romaine, avec l´anthroponyme Camusius.
Par féminisation de Camusius :
Chamoson, villa Camusia en 1050, Chamosun en 1214, Scamosun en 1233, commune et village, et Mayens de Chamoson, alpage avec habitat dispersé (District de Conthey, Valais).

Dérivé de Chamoson avec le suffixe -entse :
Chamosentse, probablement, alpage, et Dent de Chamosentse, sommet, 2721m (Chamoson, district de Conthey, Valais).

Peut-être d´un nom de domaine d´origine gallo-romaine *Camusiacum, dérivé avec le suffixe -acum de Camusius :
Chamousy, maisons isolées (Reignier, Genevois, Haute-Savoie).


Chamossat
Hameau de la commune de Saint-Félix (Albanais, Haute-Savoie), patronyme.

Chamousset, Chamoux, Chamoux-sur-Gelon
Selon Gros, ces noms viennent d´un patronyme Chamoux, anciennement Chamos, dérivé de l´adjectif camus. On peut aussi penser à l´occitan chamous, « chamois » D´autres auteurs ont proposé une racine gauloise *cam-, « hauteur arrondie », qui peut convenir pour les sommets, ce qui n´est pas toujours le cas. La forme Camuscus fait plutôt penser pour Chamoux-sur-Gelon à un nom issu d´anthroponyme avec le suffixe -uscus.
Chamoux, hameau (Minzier, Val des Usses, Haute-Savoie) ;
Chamoux, quartier (Chambéry, Savoie) ;
Chamoux, hameau (Lagnieu, Bugey, Ain) ;
Chamoux, quartier (Montbonnot-Saint-Martin, Pays grenoblois, Isère) ;
Le Chamoux, sommet, 2198m (Entraigues, La Salette-Fallavaux, et Valjouffrey, Valbonnais, Isère) ;
Rocher de Chamoux, sommet, 1980m (Chichilianne et Saint-Michel-les-Portes, Trièves, Isère) ;
Chamoux-sur-Gelon, Castrum quod dicitur Camos vers 1019, Cella de Chamou en 1191, de Camusco et de Chamos en 1259, de Chamus en 1508, Chamoux avant 1934, canton, commune et village du Val Gelon (Arrondissement de Chambéry, Savoie).
Avec le suffixe diminutif -et :
Chamousset, Alodium de Casmosseto et Pontius de Camoseto au XIIème siècle, Capella Camoseti en 1129, Chamoset en 1197, Chamosset en 1205, de Chamuseto (sans date), Curatus de Chamoiseto au XIVème siècle, Ecclesia de Chamoseto en 1444, commune et village du Val Gelon (Chamoux-sur-Gelon, arrondissement de Chambéry, Savoie) ;
Chamousset, lieu-dit en montagne, et Ruisseau de Chamousset, affluent du Ruisseau de Saint-Julien (Saint-Julien-Montdenis, Maurienne, Savoie) ;
Chamousset, lieu-dit en montagne, pâturage, Bergerie de Chamousset, alpage, et Ancienne Jasse de Chamousset, lieu-dit en montagne (Chichilianne, Trièves, Isère) ;
Crête de Chamousset, 2875m, et Brèche de Chamousset, 2815m, nom monté d´un pâturage voisin dans le Valgaudemar (Valjouffrey, Valbonnais, Isère).

Voir aussi Chamois.


Champ, Champa, Champaton, Champcel, Champé,
Champeau, Champeillant, Champeille, Champeillon, Champel,
Champelé, Champelet, Champelin, Champellaz, Champenet,
Champeney, Champés, Champet, Champétel, Champéteu,
Champets, Champety, Champeux, Champex, Champey,
Champeyet, Champeys, Champi, Champieu, Champieux,
Champillon, Champillonnière, Champin, Champion, Championnet,
Championnière, Champlet, Champlin, Champois, Champolet,
Champollon, Champon, Champonne, Champot, Champotey,
Champou, Champoux, Champoz, Champs, Champsin,
Champtel, Champy
Le toponyme générique champ est généralement utilisé en combinaison avec un autre mot (adjectif qualificatif, adverbe, anthroponyme, etc.) Latin campus, « terrain plat, plaine, campagne cultivée, champ, terrain, territoire ».
Champ du Noyer, lieu-dit (Rue, district de la Glâne, Fribourg) ;
Le Champ-près-Froges, ecclesia de Campo au Xème siècle, Le Champ jusqu´en 1955, commune et village du Grésivaudan ; (Goncelin, arrondissement deGrenoble, Isère) ;
Les Champs, lieu-dit (Le Sépey, Ormont-Dessous, district d´Aigle, Vaud) ;
Les Champs, hameau (Saint-Jean-d´Aulps, vallée de la Dranse, Haute-Savoie) ;
Les Champs, apud Campos au XIIIème siècle, hameau (Marcieu, Matheysine, Isère) ;
Champs qui montent, lieu dit (Cudrefin, district d´Avenches, Vaud).
Forme patoise :
Champa, lieu-dit (Monteynard, Matheysine, Isère).

Ancien français champon, « champ » :
Champon, hameau (Veyrins-Thuellin, L´Isle-Crémieu, Isère) ;
Le Champon, alpage (Modane, Maurienne, Savoie) ;
Champonne, lieu-dit (La Murette, Pays voironnais, Isère).

Avec les suffixes -eux, -oux :
Champeux, hameau (Saint-Antoine-l´Abbaye, Chambaran, Isère).

Avec le suffixe collectif -é, -ou, -oz :
Champé, maisons isolées en clairière (Maxilly-sur-Léman, Chablais, Haute-Savoie) ;
Les Champés, lieu-dit en forêt (Corban, district de Delémont, Jura) ;
Les Champés, lieu-dit en forêt, clairières (Saint-Jean-d´Aulps, vallée de la Dranse, Haute-Savoie) ;
Champou, hameau (Mollens, district d´Aubonne, Vaud) ;
Champoux, lieu-dit (Lagnieu, Bugey, Ain) ;
Champoz, Champo en 1365, commune et village (District de Moutier, Jura bernois) ;
Petit Champoz, pâturage et maisons isolées (Moutier, Jura bernois) ;
Prés du Petit Champoz, pâturage (Champoz, district de Moutier, Jura bernois).

Patois jurassien champois, « champ, pâturage », ancien français campois, champois, champon, « champ » :
Le Champois, maisons isolées (Soubey, district des Franches-Montagnes, Jura).

Patois champi, « champ transformé en pré et labouré l´année suivante » :
Champi, maisons isolées (Vérossaz, district de Saint-Maurice, Valais) ;
Champy, habitat dispersé (Ecoteaux, district d´Oron, Vaud).

Diminutif de champ avec le suffixe -eau, c´est aussi un patronyme :
Champeau, maisons isolées et forêt déclive (Allemond, Oisans, Isère).

Avec le suffixe diminutif -el, ancien français champal, champel, champelet, « petit champ », latin médiéval campellus, « petit champ, petite pièce de terre du manse dominical d´un seul tenant, peut-être ensemencée de céréales », diminutif du latin campus, « campagne cultivée, champ » :
Champel, quartier (Ville de Genève) ;
Le Champel, hameau (Saint-Gervais-les-Bains, Val Montjoie, Haute-Savoie) ;
Bois Champel, lieu-dit (Vatilieu, Sud du Grésivaudan, Isère) ;
Les Champel, lieu-dit (Marcellaz, Faucigny, Haute-Savoie) ;
Champelé, hameau (Montcet, Bresse, Ain).

Diminutif de Champel avec le suffixe -in :
Le Champelin, cours d´eau affluent du Seymard (Douvres, Bugey, Ain) ;
Champlin, maison isolée (Sâles, district de la Gruyère, Fribourg).

Avec le suffixe diminutif patois -ellaz :
Champellaz, maisons isolées (Manigod, Bornes-Aravis, Haute-Savoie).

Avec le suffixe diminutif -el, d´un bas latin campicellus, « petit champ » :
Le Champcel, lieu-dit (Saint-Gervais, Haut-Faucigny, Haute-Savoie).

Diminutifs de champ avec les suffixes -et, -ex, -ey :
Champenet, lieu-dit en forêt (La Table, Val Gelon, Savoie) ;
Le Champeney, lieu-dit en forêt (Bonvillard, Combe de Savoie, Savoie) ;
Champet, hameau (Montricher, district de Cossonay, Vaud) ;
Le Champet, lieu-dit (Albens, Albanais, Savoie) ;
Chalet du Champet, maison isolée en clairière, Ruisseau du Champet, affluent du Ruisseau de l´Arpettaz, nom monté à l´Arête du Champet, sommet, 2301m (Argentine, Basse-Maurienne, Savoie) ;
Col du Champet, 1745m (Bourget-en-Huile et La Table, Val Gelon, et Saint-Alban-des-Hurtières, Basse-Maurienne, Savoie) ;
Les Champets, lieu-dit en forêt (Monestier-d´Ambel, Beaumont, Isère) ;
Champety, maisons isolées (Ruy, La Tour-du-Pin, Isère) ;
Champex, village, Champex d´en Bas et Champex d´en Haut, hameaux, et Lac de Champex (Orsières, district d´Entremont, Valais) ;
Champey, lieu-dit (Messery, Bas-Chablais, Haute-Savoie) ;
Le Champey, maisons isolées, et Bois du Champey, lieu-dit en forêt (Montagny, Tarentaise, Savoie) ;
Vers Champey, maison isolée (La Verrerie, district de la Veveyse, Fribourg) ;
Les Champeys, alpage, nom monté à l´Aiguille des Champeys, 1983m (Val-d´Illiez, district de Monthey, Valais) ;
Champeyet, alpage (Bretaye, Ollon, district d´Aigle, Vaud).

Avec le suffixe diminutif -eille :
Champeille, alpage (Brusson, vallée d´Aoste).

Avec le suffixe -ant :
Champeillant ou Champellant, lieu-dit et chapelle (Féternes, Chablais, Haute-Savoie).

Vieux français champot, « pâturage, petit pré près de la maison où on laisse errer les volailles », dérivé avec le suffixe diminutif -ot :
Champot, lieu-dit (Septème, Pays viennois, Isère) ;
Serre de Champot, petite colline, 752m (Saint-Martin-de-Clelles, Trièves, Isère).

Avec le suffixe diminutif -on :
Champaton, lieu-dit (Ollon, district d´Aigle, Vaud) ;
Champaton, maison isolée (Arbusigny, Genevois, Haute-Savoie) ;
Champollon, château (Saint-Jean-le-Vieux, Haut-Bugey, Ain).

Diminutifs avec le suffixe -in :
Champin et Champin d´Amont, maisons isolées (Le Glèbe, district de la Sarine, Fribourg) ;
Combe Champin, vallon en forêt (Saint-Etienne-de-Saint-Geoirs, Grenoble, Isère) ;
Champsin, maison isolée en clairière (Saint-Denis, vallée d´Aoste).

Double diminutif avec les suffixes -in et -et :
Champinet, hameau (Saint-Barthélemy, Bièvre, Isère).

Double diminutif avec les suffixes -et et -el :
Champétel, hameau en clairière (La Perrière, Tarentaise, Savoie) ;
Champtel, De Champetello en 1444, Champetel en 1579, hameau (Brens, Bugey, Ain).

Double diminutif avec les suffixes -el et -et, ancien français champelet, « petit champ » :
Champlet, maisons isolées (Saint-Gervais-les-Bains, Val Montjoie, Haute-Savoie) ;
Le Champelet derrière et le Champelet devant ou Le Champellet, hameaux (Les Contamines-Montjoie, Val Montjoie, Haute-Savoie).

Double diminutif avec le suffixe -eillon :
Champeillon, Villa de Champellion en 1299-1369, hameau (Poncin, Haut-Bugey, Ain) ;
Grand Champeillon et Petit Champeillon, hameaux (Belley, Bugey, Ain).

Avec le double suffixe diminutif -olette :
Champolet, hameau (La Léchère, Tarentaise, Savoie).

Dérivés du latin campilionem, « petit champ », avec le suffixe -illon, ce sont aussi des patronymes :
Champillon, alpage (Les Mosses, Ormont-Dessous, district d´Aigle, Vaud) ;
Champillon, lieu-dit (Curciat-Dongalon, Bresse, Ain) ;
Champillon, alpage de la Comba de Champillon, nom monté au Col de Champillon, 2709m (Doues, vallée d´Aoste) ;
Bois Champillon, forêt, et La Croix Champillon, quartier (Marboz, Bresse, Ain).

Par contraction, ou patronyme :
Champion, Jampluns avant 1000, Champion en 1179, Champlun en 1228, Gamplunch en 1225, Kamplunc en 1229, Champlon en 1285, Gamplon en 1288, nom allemand Gampelen, commune et village (District de Cerlier, Berne) ;
Bois de Champion, lieu-dit en forêt (Saint-André-sur-Vieux-Jonc, Bresse, Ain) ;
La Forêt Champion, forêt (Montracol, Bresse, Ain).

Diminutif avec le suffixe -et :
Crêt de Championnet, crête rocheuse (Saint-Julien-Montdenis, Maurienne, Savoie).

Noms dérivés des patronymes Champillon, Champion avec le suffixe de propriété -ière :
La Champillonnière, hameau (Beauvoir-de-Marc, Pays viennois, Isère) ;
Championnière, de Championeria en 1436, hameau (Ambronay, Bugey, Ain).

Du bas latin campiculos, « petits champs » :
Champieu, Champioulx et Champioux en 1564, alpages, et Ruisseau de Champieu (Valmeinier, Maurienne, Savoie) ;
Les Champieux, Champioulx et Champioux en 1564 (Beaufortain, Savoie) ;
Champioux, lieu-dit (Souclin, Bugey, Ain).

Peut-être aussi un ancien champ petou ou « champ du putois », patois petou :
Champéteu, lieu-dit (Ollon, district d´Aigle, Vaud) ;
Champotey Dessous et Champotey Dessus, hameaux (Echarlens, district de la Gruyère, Fribourg).

Voir aussi Beauchamp, Bonchamp, Camp, Chambellon et les autres noms composés avec Champ en préfixe, Gampel, Grandchamp, Mauchamp, Planchamp, Sampelets, Zampillon.


Champachoud
Hameau de la commune de Mieussy (Faucigny, Haute-Savoie), composé de champ et du patronyme Pachoud, curieusement écrit Champachoux, sur le panneau de localité, peut-être par attraction paronymique avec « champ à choux ».

Champagneux, Champagnier, Champagnieu, Champagny, Champagny-en-Vanoise,
Champanier
Noms de domaines d´origine gallo-romaine [fundus] *Campaniacus, dérivés avec le suffixe -acus du gentilice Campanius, lui-même issu du cognomen Campanus [Gros, Stadelmann], latin campaneus, « de la campagne ».
Champagneux, Parrochia de Champagniaco vers 1241, Parrochia de Champaigneu au XIVème siècle, commune et village de la vallée du Guiers (Saint-Genix-sur-Guiers, arrondissement de Chambéry, Savoie) ;
Champagnier, de Campaniaco au XIème siècle, Campainacum, Campaigniacum et Campangniacum au XIVème siècle, commune et village du Pays grenoblois (Vizille, arrondissement de Grenoble, Isère) ;
Champagny, Champagniaco, puis Champagnie en 1265, nom allemand Gempenach attesté en 1668, chempinnacho en 961, Gampenach en 1558, commune et village (District du Lac, Fribourg) ;
Champagny-en-Vanoise, Campaniacum en 1170, Ecclesia de Champaniaco au XIVème siècle, In parrochia Campaniaci en 1428, Champagny jusqu´en 1970, commune et village (Bozel, Vanoise, Savoie).
De même origine, ou dérivé de Champan :
Champanier, maisons isolées (Saint-Bonnet-de-Chavagne, Chambaran, Isère).

De même origine, ou dérivé de Champagne :
Champagnieu, hameau (Bourgoin-Jallieu, La Tour-du-Pin, Isère).


Champagnon
Chez Champagnon, maisons isolées de la commune de Boëge (Vallée Verte, Haute-Savoie), patronyme Champagnon, diminutif avec le suffixe -on de l´adjectif ancien français champagne, « des champs, campagnard ».

Champaix
Maisons isolées de la commune de Montvalezan (Tarentaise, Savoie), patronyme Champaix, issu de champ.

Champalud
Hameau de la commune du Champ-près-Froges (Grésivaudan, Isère), nom composé de champ, et soit de Palud, « marais », soit d´un dérivé du latin alauda, « alouette », moins probable.

Champamont
Lieu-dit de la commune de Corveissiat (Revermont, Ain), « chzmp en amont », composé de champ et de Amont, « vers le haut ».

Champaret, Champart
Droit seigneurial qui se payait en nature, et sur le champ même, par prélèvement d´une partie de la récolte. Du latin campi pars, « part du champ, part de la récolte ».
Champaret, quartier (Bourgoin-Jallieu, La Tour-du-Pin, Isère) ;
Champart, lieu-dit (Herbeys, Pays grenoblois, Isère).

Champaudes
Les Champaudes, hameau de la commune de Le Grand-Lemps (Bièvre, Isère), par féminisation d´un patronyme Champaud, mom dérivé de champ avec le suffixe -aud.

Champaverse
Lieu-dit déclive de la commune de Presles (Royans, Isère), composé de champ et de avers « exposé au Nord ».

Champaye, Champayes, Champayeux
Mot régional de la Dombes champaye, « nom donné à des bois ruinés par le pâturage du bétail, ou à des champs qui, par suite d´inculture, se couvrent de bouleaux, d´aulnes, de genêts ou de bruyères ».
Champaye, lieu-dit (Francheleins, Dombes, Ain) ;
La Champaye, lieu-dit (Mionnay, Dombes, Ain) ;
Bois de la Champaye, petite forêt (Monthieux, Dombes, Ain) ;
Les Champayes, lieu-dit (Baneins, Bresse, Ain).
Avec le suffixe -eux :
Les Champayeux, lieu-dit (Druillat, Bresse, Ain).


Champbarau
Champbarau ou Champ Barau, maison isolée de la commune de La Verrerie (District de la Veveyse, Fribourg), avec un patronyme Barau, voir Barraude.

Champ Belluet
Lieu-dit de la commune de Blonay (District de Vevey, Vaud), Champ Bellevuit en 1461, composé du bas latin bella, et de vuit, voir Vuites.

Champ Bertaud
Hameau de la commune de Saint-Didier-de-Formans (Trévoux, Dombes, Ain), Les Chambertaux en 1911, avec un patronyme Bertaux issu de l´anthroponyme germanique Berhtwald, du germanique *berhta, « brillant, célèbre » et *valdan, « celui qui règne ».

Champbovon
Maisons isolées de la commune de Villorsonnens (District de la Glâne, Fribourg), composé de champ et du patronyme Bovon, voir Bovonne.

Champclos
Hameau de la commune de Saint-Offenge-Dessus (Bauges, Savoie), composé de champ et Clos.

Champ de l´Air
Lieu-dit de la ville de Lausanne (Vaud), dont le nom pourrait être une remotivation du patronyme Chandeleir attesté à Lausanne en 1432, nom de métier, « fabricant de chandelles » [Bossard].

Champ de la Pierre, Champ des Pierres, Champ la Pierre, Champs de la Pierre
Le plus souvent, champ où se trouve un monument mégalitique ou un bloc erratique.
Champ de la Pierre ou Champ de la Pierra, où se trouve un bloc erratique qui a donné son nom au hameau voisin de Pierrafortscha (Pierrafortscha, district de la Sarine, Fribourg) ;
Champ de la Pierre où se trouvait un menhir d´environ 8 m (25 pieds) de haut (Bardonnex, Genève) ;
Champ la Pierre, hameau (Corcelles-le-Jorat, district d´Oron, Vaud) ;
Champs de la Pierre, lieu-dit (Agiez, district d´Orbe, Vaud).
Avec pierres au pluriel, il peut s´agir d´un champ où l´on a trouvé des ruines enfouies :
Champ des Pierres, hameau (Villorsonnens, district de la Glâne, Fribourg) ;
Champ des Pierres, lieu-dit (Grolley, district de la Sarine, Fribourg).


Champdepraz
Commune et village de la vallée d´Aoste, nom composé de champ et de Praz.

Champ Dodoz
Lieu-dit de la commune de Blonay (District de Vevey, Vaud), anciennement Champ d´Odoz, avec le patronyme Odoz, de l´ancien haut allemand uodal, « héritage ».

Champ Dollens, Champ Dollon
Composés de champ et d´un patronyme Dollens, Dollent.
Champ Dollens, lieu-dit (Moiry, district de Cossonay, Vaud) ;
Champ Dollon, Champ Dollent en 1813, lieu-dit (Puplinge, Genève).

Champdor
Commune et village du Haut-Bugey (Brénod, arrondissement de Nantua, Ain), Candobrium en 1169, De Chandoro et De Chandouro en 1198, Candolbrio vers 1200, Chandobrio en 1222, Candobrio et De Chandouro en 1234, Apud Campumdubrium en 1493, Champdouroz en 1563. Probablement d´un primitif *canto-briga, nom composé du gaulois et gallo-romain *cantos, « bord, limite », au sens de « contrée », racine indo-européenne *kan-tho-, « arête, coin », avec le suffixe -obrium dérivant du gaulois briga. Le nom Apud Campumdubrium de 1493, du latin Campus Dubrius est une fausse interprétation d´un clerc du Moyen-Age.

Champ du Moulin
Champ du Moulin Dessous et Champ du Moulin Dessus, hameaux des communes de Boudry et Rochefort (Neuchâtel), ou Champ du Mollin en 1512, Le Champt du Mollin en 1523, le Champ du Moullin en 1526, voir Moulin.

Champéage
Dans le Mâconnais, « droit d´usage et de pacage dans les bois taillis ou les champs », et par synecdoque un champ où s´exerce ce droit.
Champéage, lieu-dit (Bouligneux, Dombes, Ain) ;
Le Champéage, lieu-dit (Saint-Maurice-de-Beynost, Dombes, Ain).

Champeloux, Champ Peloux
Noms composés de Champ et du patronyme Peloux, « poilu », voir Peloux
Champeloux, maisons isolées, et Celliers Champeloux, hameau (Saint-Vital, Combe de Savoie, Savoie) ;
Champ Peloux, lieu-dit (Dommartin, Bresse, Ain).

Champérene, Champérier, Champerin, Champériou, Champeron,
Champéry, Champeyret
Pourraient signifier « champ pierreux », voir Perrière, ou noms composés de Champ et d´un patronyme.
Champérene, hameau (Troistorrents, district de Monthey, Valais) ;
Champérier, lieu-dit (Gillonnay, Bièvre, Isère) ;
Champerin, maison isolée (Ville-sous-Anjou, Pays viennois, Isère) ;
Champériou, hameau (Morette, Sud du Grésivaudan, Isère) ;
Champeron, lieu-dit (Creys-Mépieu, L´Isle-Crémieu, Isère) ;
Ruisseau de Champeyret, affluent du Ruisseau de Gerbole (Les Côtes-d´Arey, Pays viennois, Isère) ;
Champéry, Champery en 1286, commune et village du Val d´Illiez (District de Monthey, Valais).

Champessuit, Champsuit
Composé de champ et Essui.
Champessuit, de Campo sicco en 1319, de Campo Essuyt en 1336, hameau (Hermillon, Maurienne, Savoie) ;
Champsuit, lieu-dit sur l´Arc, peut-être par antiphrase (Bessans, Haute-Maurienne, Savoie).

Champferrand, Champ Ferrand
Noms composés de champ et de l´anthroponyme Ferrand
Champferrand, hameau (Hermillon, Maurienne, Savoie) ;
Champ Ferrand, lieu-dit (Ecole, Bauges, Savoie).

Champfiard
Maisons isolées en clairière de la commune de Saint-Léger (Maurienne, Savoie), nom composé de champ et du patronyme Fiard.

Champ Fleuret, Champfleuri, Champ Fleuri, Champfleury, Champ Fleury,
Champs Fleuris, Champs Fleury
Champ fleuri ou défriché, voir Fleuri, ou noms composés de champ et d´un patronyme Fleuret, Fleuri, Fleury.
Champ Fleuret, maisons isolées (Rotherens, Val Gelon, Savoie) ;
Champfleuri, lieu-dit du vignoble (Chalais, district de Sierre, Valais) ;
Champfleuri, hameau (Taninges, Faucigny, Haute-Savoie) ;
Champ Fleuri, pâturage près de la Tête du Château (Le Reposoir, Bornes-Aravis, Haute-Savoie) ;
Champfleury, hameau (Chindrieux, Chautagne, Savoie) ;
Champ Fleury, maison isolée en clairière, et Bois de Champfleuri, forêt (Saint-Jean-de-Belleville, Tarentaise, Savoie) ;
Champs Fleuris, hameau (Mase, district d´Hérens, Valais) ;
Les Champs Fleuris, hameau, et Ruisseau des Champs Fleuris, affluent du Lac d´Annecy (Duingt, Annecy, Haute-Savoie) ;
Les Champs Fleuris, lieu-dit (Pouillat, Revermont, Ain) ;
Champs Fleury, mais ici il s´agit du patronyme Fleury très courant dans ce canton, lieu-dit (Montmollin, district du Val-de-Ruz, Neuchâtel).

Champfol
Champ du fayard, composé de champ et de fol.
Champfol, in campo follo en 1421, hameau (Montaimont, Maurienne, Savoie).

Champfranc
Maison isolée de la commune de Vuibroye (District d´Oron, Vaud), composé champ et de franc, « libre de taxe ».

Champfromier
Commune et village de la Michaille (Bellegarde-sur-Valserine, arrondissement de Nantua, Ain), Cura de Chanfromer vers 1344, ecclesia Campi Fromerii en 1399, Chanfromier en 1734, dérive selon Perrenot d´un nom primitif hybride *Campus Fromarii, dérivé du nom propre burgonde Fruma-harius, « le premier guerrier ». L´église de Champfromier était dédiée à Saint Martin d´Auxerre, Ecclesia Sancti Martini Altissiodorensis vers 935.

Champier
Patronyme Champier, nom de métier, franco-provençal champier, « garde champêtre », nom attesté en Dauphiné [Nègre 1990], bas latin camparius, de même sens.
Champier, hameau (Saint-Béron, Vallée du Guiers, Savoie) ;
Champier, hameau, et Combes Champier, lieu-dit (Feillens, Bresse, Ain) ;
Champier, Champers au XIIIème siècle, Champes au XIVème siècle, commune et village de la Bièvre (La Côte-Saint-André, arrondissement de Vienne, Isère).

Champ Laitier
Pâturage de la Montagne de Sous-Dine (Thorens-Glières, Bornes, Haute-Savoie), probablement un champ 0ù paissaient les vaches laitières.

Champlan, Champlane, Champ Plan
Champ situé sur une surface relativement plane, composé de Champ et Plan.
Champlan, Plano campo en 1250, village (Grimisuat, district de Sion, Valais) ;
Champlan, hameau (Passy, Haut-Faucigny, Haute-Savoie) ;
Champ Plan, lieu-dit (Saint-Barthélemy, district d´Echallens, Vaud) ;
Champ Plan, alpage (Bourg-Saint-Maurice, Tarentaise, Savoie) ;
La Champlane, pâturage déclive (La Côte d´Arbroz, Faucigny, Haute-Savoie).

Champ Laurent, Champ-Laurent
Noms composés de Champ et du patronyme Laurent.
Champ Laurent, lieu-dit (Relevant, Dombes, Ain) ;
Champ-Laurent, Curatus Campi Laurencii au XIVème siècle, Champlaurent en 1935, commune et village du Val Gelon (Chamoux-sur-Gelon, arrondissement de Chambéry, Savoie), Ruisseau de Champ-Laurent, affluent du Nant de la Sauge, et Col de Champ-Laurent 1116m, dans la même commune.

Champlong, Champ Long
Champ en longueur, composé de Champ et long.
Champlong, lieu-dit le long de la Dranse d´Entremont (Sembrancher, district d´Entremont, Valais) ;
Champlong, alpage, Chaux de Champlong, pâturage (Bourg-Saint-Pierre, district d´Entremont, Valais), et Revers de la Chaux de Champlong, pâturage (Combe de l´A, Liddes, district d´Entremont, Valais) ;
Champ Long, lieu-dit, habitat dispersé (Vex, district d´Hérens, Valais) ;
Champ Long, lieu-dit (Saint-Martin-de-Belleville, Tarentaise, Savoie).

Champmanins
Les Champmanins, hameau de la commune de Sembrancher (District d´Entremont, Valais), composé de Champ et probablement d´un patronyme apparenté à Magnin.

Champmartin
Commune et village vaudois du district d´Avenches, nom attesté en 1425, « champ de Martin », d´un patronyme Martin.

Champoluc
Village de la commune d´Ayas (Vallée d´Aoste), mentionné en 1779, nom composé de Champ et probablement d´un dérivé du latin lucus, « bois sacré ; forêt, bois », voir Luc. La forme patoise Tchampoloûec, où loûec désigne l´espace réservé à chaque bête dans l´étable, indiquerait plutôt une dérivation du latin locus, « lieu, endroit, place ».

Champommier, Champ Pommier
Noms composés de Champ et soit de Pommier, « arbre fruitier », soit du patronyme Pommier.
Champommier, maisons isolées (Succieu, La Tour-du-Pin, Isère) ;
Le Champ Pommier, lieu-dit (Villemotier, Bresse, Ain).

Champorcher
1. Coteau Champorcher, 2656m, colline entre les communes de Nus et de Quart (Vallée d´Aoste), contraction de Champ et d´un dérivé du latin porcarius, « relatif à la truie », voir Porchère. 2. Champorcher, commune de la vallée d´Aoste, de même origine ou par déformation du nom de Saint Porcier, qui, ayant échappé au massacre de la Légion Thébaine, serait venu s´établir dans la région avec Saint Besse vers 302.

Champoudru
Maison isolée en clairière de la commune de La Chapelle (Basse-Maurienne, Savoie), nom composé de Champ et d´un patronyme rare Oudru, variante du patronyme plus fréquent Odru, de l´anthroponyme germanique Altrudis [Gros].

Champoulet, Champ Pollet
Noms composé de Champ et d´un patronyme Pollet, Poulet.
Champ Pollet, lieu-dit (Faramans, Bresse, Ain) ;
Champoulet, Campus Polletus et Champ Pollet en 1285, hameau, et Champoulet d´en Haut, ruines (Moûtiers et Salins-les-Thermes, Tarentaise, Savoie) ;
Champoulet, lieu-dit (Janneyrias, L´Isle-Crémieu, Isère).

Champoury
La Grange Champoury, hameau de la commune d´Yvoire (Bas-Chablais, Haute-Savoie), avec un patronyme Champoury, probablement composé de champ et du patronyme Oury.

Champoussin
Hameau de la commune de Val-d´Illiez (District de Monthey, Valais), probablement « champ de Poussin », d´un patronyme Poussin, sobriquet, du latin pullicinus, « petit poulet ».

Champoutant
Hameau de la commune de Saint-Gervais-les-Bains (Haut-Faucigny, Haute-Savoie), probablement composé de champ et d´un dérivé de Pouta.

Champ-Pamont
Chemin de Champ-Pamont, commune de Cheseaux-sur-Lausanne (District de Lausanne, Vaud), « champ amont » devenu Champ-Pamont à cause de la liaison phonétique.

Champ-Plaisant
Alpage de la commune de Nus (Vallée d´Aoste), champ particulièrement agréable, sans doute.

Champ Profond
Lieu-dit de la commune de Crémieu (L´Isle-Crémieu, Isère), Campus Profundus au XIVème siècle, « champ au sol arable épais ».

Champre
Le Champre, maisons isolées de la commune de Montsevelier (District de Delémont, Jura), forme francisée d´un substantif alémanique non précisé [Prongué].

Champremier
Alpage de la commune de Saint-Marcel (Vallée d´Aoste), composé de champ et d´un adjectif premier, pâturage où la neige fond en premier, et où le bétail monte tôt dans l´année ; il peut aussi s´agir d´un patronyme Premier.

Champrétavy
Hameau de la commune de Saint-Pierre (Vallée d´Aoste), probablement composé de champ et d´un patronyme, c´est aussi un patronyme Champrétavy attesté dans la région.

Champréveyres
Champréveyres, Champréveyres-Dessous et Champréveyres-Dessus, lieux-dits de la commune de Hauterive (Neuchâtel), Champreveroz en 1179, Champrevero en 1209, Champruvaire en 1220, campum presbiteri en 1239, de campum presbyteri, « champ du prêtre », voir Prévières.

Champ Rion, Champriond, Champ Riond, Champ-Riond, Champ Riondenne,
Champrond, Champ Rond, Champs Riond, Chanriand, Chanrion
Champ rond, voir Riond.
Mont Champ Rion, sommet, 2681m (Allein et Doues, vallée d´Aoste) ;
Champriond, lieu-dit (Villars-sur-Glâne, district de la Sarine, Fribourg) ;
Champ Riond, hameau (Siviriez, district de la Glâne, Fribourg) ;
Mont Champ Riond, 2681m (Ollomont, vallée d´Aoste) ;
Champ-Riond, lotissement (Saint-Martin, district de la Veveyse, Fribourg) ;
Champ Riondenne, lieu-dit (Penthalaz, district de Cossonay, Vaud) ;
Champrond, hameau et ancien château (Saint-Jean-de-Chevelu, Avant-Pays savoyard, Savoie) ;
Champ Rond, maison isolée (Bôle, district de Boudry, Neuchâtel) ;
Champs Riond, où le singulier de Riond indique qu´il s´agit ici d´un patronyme, lieu-dit (Bournens, district de Cossonay, Vaud) ;
Chanriand, maison isolée (Verchaix, Faucigny, Haute-Savoie) ;
Chanrion, En la fin de Champ Riond, au grand Champ et au Grand Champ Riond en 1696, lieu-dit (Collombey-Muraz, district de Monthey, Valais) ;
Chanrion, lieu-dit, pacages mamelonnés (Bagnes, district d´Entremont, Valais) ;
Chanrion, pâturage (Chamoson, district de Conthey, Valais).

Champroux
Hameau de la commune d´Isérables (District de Martigny, Valais), composé de Champ et Roux.

Champrovent

Champrovent, de Champrovein (sans date), De Campo provincio en 1410, hameau, et La Vacherie de Champrovent, lieu-dit en forêt (Saint-Jean-de-Chevelu, Avant-Pays savoyard, Savoie), composé de champ et d´un patronyme Provent [Gros].

Champ Rubin
Hameau de la commune de Veyrins-Thuellin (L´Isle-Crémieu, Isère), Saint-Rubin au XIXème siècle, avec un patronyme Rubin, probablement de l´italien rubino, « rubis » [Tosti].

Champsavaux
Lieu-dit en-dessous du village, commune de Blonay (District de Vevey, Vaud), Champ Savau sur la Carte Nationale, probablement un composé de champs avaux, « champs en aval ».

Champs de la Grange
Lieu-dit de la commune d´Allinges (Bas-Chablais, Haute-Savoie), probablement un ancien *Champs de Lagrange, comme le hameau voisin Chez Lagrange.

Champsec
Composé de Champ et de l´adjectif français sec.
Champsec, Chansec en 1359, village (Bagnes, district d´Entremont, Valais).

Champs-Fréchets
Lieu-dit de la commune de Meyrin (Genève), probablement d´un patronyme Fréchet répandu.

Champs Grains
Maison isolée de la commune de Courgenay (District de Porrentruy, Jura), où Grains peut indiquer un champ semé en grains, mais pourrait aussi signifier Grange.

Champs Purju
Lieu-dit de la commune d´Assens, district d´Echallens (Vaud), voisin des Bois d´Orjulaz, peut-être d´anciens *Champs Urju avec une fausse liaison, où Urju serait une variante d´Orju.

Champ-sur-Drac
Commune et village du Pays grenoblois (Vizille, arrondissement de Grenoble, Isère), Campus au Xème siècle, Champ-près-Vizille jusqu´en 1901, voir champ et Drac.

Champ Sylvestre
Ruines en clairière de la commune d´Arvillard (Val Gelon, Savoie) nom composé de champ et d´un patronyme Sylvestre.

Champtardy
Maisons isolées en clairière de la commune de Villard-sur-Doron (Beaufortain, Savoie), nom composé de champ et d´un patronyme Tardy.

Champtauroz
Commune et village vaudois du district de Payerne, Chantuoro en 1228, Chanteurre en 1437, Chantouroz en 1453, du vieux français cant, voir Chanté, avec le suffixe -eurre, « forteresse ».

Champuis
Bois de Champuis ou Bois de Champuy, Champ du Puys au XVIème siècle, nom composé de Champ et de puys, voir Pau (Bellegarde-Poussieu, Bièvre, Isère).

Champully, Champuly
Peut-être d´anciens *Campus Pulitus, avec le patronyme Pulitus, hypocoristique d´Hyppolytus [Gros].
Champully, hameau (La Roche-sur-Foron, Faucigny, Haute-Savoie) ;
Champuly, maisons isolées (Belmont-Tramonet, vallée du Guiers, Savoie).

Champuyé
Lieu-dit en forêt de la commune de Saint-Baudille-de-la-Tour (L´Isle-Crémieu, Isère), nom peut-être composé de champ et d´un terme apparenté à Puy.

Champvent, Chanvent
Ces noms dériveraient de l´ancien français cant, voir Canton, et de Vent. La graphie Champvent résulte d´une remotivation.
Champvent, Canvent en 1011, Canventum en 1012, Chaventum en 1049, Chanvent en 1224, Chanvenz en 1237, Chanvens en 1260, Chanventz vers 1275, Chanvant et Champvent en 1315, Champvenz en 1317, etc., commune et village (District d´Yverdon, Vaud) ;
Bois de Champvent, forêt près de Champvent (Suscévaz, district d´Yverdon, Vaud) ;
Champvent, Chanvant en 1410, Champvent en 1416, de Campovento en 1425, Champvens en 1559, hameau (Polliat, Bresse, Ain).
Franco-provençal chan, « champ » :
Grand Chanvent et Petit Chanvent, Chanvent en 1344, Chanven et Chanvenz en 1359, Grand Champvent et Petit Champvent au XVIIIème siècle (Carte de Cassini), Chanvant en 1847, hameaux (Bâgé-la-Ville, Bresse, Ain).


Champzabé
Hameau de la commune de Chermignon (District de Sierre, Valais), anciennement Champ Sabet, Champsabet, Chanzabé, Champzabey et campis Abel en 1289, avec le patronyme biblique Abel, de l´assyrien habel, « fils », ou de l´hébreu hevel, « vanité des choses, souffle, homme ».

Chamrousse, Chanrossa, Charosse, Charousse, Charoux
Pâturage en montagne, noms composés de Cha, du gaulois calmis et couleur rousse.
Chamrousse, ad Calmen Rupham en 1260, Champrousse sur la Carte de Cassini, par attraction du français champ, commune et village de Belledone, près de Grenoble (Domène et Vizille, arrondissement de Grenoble, Isère).
Franco-provençal chan, « champ » :
Chanrossa, lieu-dit (Courchevel, Saint-Bon-Tarentaise, Tarentaise, Savoie) ;
Charosse, Charossa en 1268, Charossia en 1485, hameau (Traize, Avant-Pays savoyard, Savoie) ;
Tête de Charousse, 2094m (Novel, Chablais, Haute-Savoie) ;
Charousse, Cherrossa en 1225, Charossa en 1250, Carossia en 1296, chalets, ancien château (Passy, Haut-Faucigny, Haute-Savoie) ;
Le Charoux, aussi un patronyme, maison isolée (Le Lieu, district de la Vallée, Vaud).


Chamufens
Hameau de la commune fribourgeoise de Marsens, district de la Gruyère, Chamuffens en 1332, nom d´origine burgonde qui dériverait d´un primitif *Skamulfingos, « chez les Skamulfingi », dérivé du nom propre Skamulf, du germanique *skamô, « pudeur », et burgonde *wulfs, germanique *vulfa, « [qui a le courage du] loup » [Perrenot].

Chanaberta
Hameau de la commune d´Aymavilles (Vallée d´Aoste), Campo Naberta en 1324, où Naberta est composé de Na, aphérèse de domina, « dame », et du prénom féminin Bertha. C´est donc le « champ de dame Bertha » [J.-C. Perrin, Nouvelles du Centre d´Études Francoprovençales « René Willien », no 27, 1993].

Chanavey, Chenaval, Chenavan, Chenavard, Chenavas,
Chenavel, Chenavelle, Chenavelles, Chenavet, Chenavier,
Chênavier, Chenavière, Chenaviers, Chenavieux, Chenavis,
Chenavray, Chenevaires, Cheneval, Chenevarie, Chênevarie,
Chenevaz, Cheneveirettes, Chenevers, Chenevey, Cheneveyres,
Chenevier, Chenevière, Chenevières, Chènevières, Cheneviers,
Chènevieux, Chénevire, Chenevires, Chenevis, Chenevoye,
Chenevrey, Chenevriers
Chanvre, chénevis (Cannabis sp.) : patois tsenevâ, patois savoyard chenavo, chenêvo, tsanêvo, forme féminine chenava [Constantin], vieux français chenève, ancien français chenevas, chenevé, chenevet, cheneveux, cheneveuze, cheneville, chenevoix, bas latin *canapu, *cannapem, latin canabis, cannabis, cannabum, grec kannabin, « plante textile ».
Les Chenavis, hameau (Saint-Ours, Albanais, Savoie) ;
Les Chenevis, maison isolée (Les Gets, Faucigny, Haute-Savoie).
Noms collectifs, culture de chènevis chanvre, chènevière, patois chenavire, vieux français chènevier, ancien français chenevrai, « chenevière, lieu où l´on cultive ordinairement le chanvre », bas latin *canabaria, *canaperia, *cannaberiarum, etc., latin canabetum, cannabetum. La chènevière était située à proximité de la maison, dans une parcelle de dimensions réduites, mais au sol très fertile et abondamment fumé. Certains de ces noms peuvent être des patronymes issus de noms de métier liés à la production du chanvre :

Nom formé avec le suffixe collectif -ier, bas latin canabarium, « chènevière », ou plus probablement patronyme chenavier :
Chenavier, maisons isolées en clairière (Lompnieu, Valromey, Ain) ;
Chenavier, lieu-dit (Saint-Martin-de-Bavel, Bugey, Ain) ;
Le Chenavier, lieu-dit, nom monté à la Tête du Chenavier, sommet, 1927m (Le Tour, vallée de Chamonix, Haute-Savoie) ;
Aiguille Chenavier, 3799m, un des sommets des Courtes, nommée ainsi par le premier ascensionniste E. Fontaine, nom monté du Val Ferret (Vallée de Chamonix, Haute-Savoie) ;
Ferme Chenavier, ferme isolée (La Côte-Saint-André, Bièvre, Isère) ;
Grange Chenavier, ruine (Gillonnay, Bièvre, Isère) ;
Maison Chenavier, hameau (Artas, Pays viennois, Isère) ;
Chênavier, lieu-dit (Chvornay, Valromey, Ain) ;
Les Chenaviers, lieu-dit déclive en forêt (Saint-Pierre-de-Curtille, Chautagne, Savoie) ;
Chemin des Chenevers (Lanslevillard, Haute-Maurienne, Savoie) ;
Chenevier, maison isolée (Thusy, Albanais, Haute-Savoie) ;
Chenevier, En Cheneveir en 1345, lieu-dit (Passin, Valromey, Ain) ;
Pointe de Chenevier, 1303m (Montmin, Bornes, Haute-Savoie) ;
Les Cheneviers, la Cheneviere en 1596, les Chenevières en 1714, lieu-dit (Bôle, district de Boudry, Neuchâtel) ;
Les Cheneviers, hameau (Thorens-Glières, Bornes, Haute-Savoie).

Noms formés avec les suffixes collectifs -aire, -arie, -erie, -eyre, -ière, -ire, bas latin canabaria, « chènevière » :
Chenavière, lieu-dit en forêt (Bévenais, Bièvre, Isère) ;
La Chenavière, lieu-dit (Le Châtel, Maurienne, Savoie) ;
Chenevaires, Cheneveres en 1358, Chenevières en 1384, lieu-dit (Saint-Triphon, Ollon, district d´Aigle, Vaud) ;
Chenevarie, lieu-dit en forêt (Champagnier, Pays grenoblois, Isère) ;
La Chenevarie, hameau (Revel-Tourdan, Bièvre, Isère) ;
Chênevarie, maisons isolée (Château-Bernard, Trièves, Isère) ;
La Chênevarie, hameau (Saint-Martin-d´Uriage, Belledonne, Isère) ;
Les Cheneveyres, maison isolée (Puidoux, district de Lavaux, Vaud) ;
La Chenevière, hameau (Lanslevillard, Haute-Maurienne, Savoie) ;
Les Chenevières, hameau (Muriaux, district des Franches-Montagnes, Jura) ;
Les Chenevières, lieu-dit (Doussard, Pays de Faverges, Haute-Savoie) ;
Les Chènevières, lieu-dit en forêt (Allonzier-la-Caille, Genevois, Haute-Savoie) ;
Combe des Chènevières, lieu-dit en forêt (Saint-Julien-Montdenis, Maurienne, Savoie) ;
Les Chenevriers, hameau (Cranves-Sales, Annemasse, Haute-Savoie) ;
Chénevire, lieu-dit (Troistorrents, district de Monthey, Valais) ;
Les Chenevires, hameau (Isérables, district de Conthey, Valais).

Diminutif avec le suffixe -ette :
Cheneveirettes, lieu-dit (Broc, district de la Gruyère, Fribourg).

Du bas latin canabale, « chènevière », ou patronymes :
En Chenaval, lieu-dit en forêt (Jasseron, Revermont, Ain) ;
Chenavel, Chenaveya en 1299-1369, Chanavea en 1563, Chenavez en 1613, hameau et château (Jujurieux, Haut-Bugey, Ain) ;
Chenavelle, hameau (Hauteluce, Beaufortain, Savoie) ;
Les Chenavelles, lieu-dit (Sermérieu, L´Isle-Crémieu, Isère) ;
Chez Cheneval, hameau (Viuz-en-Sallaz, Faucigny, Haute-Savoie).

Avec le suffixe collectif -ard ou patronyme Chenavard :
Chenavard, lieu-dit en forêt (Conand, Bugey, Ain).

Avec les suffixes collectifs -ay, -et, -ey, -oye, latin canabetum, cannabetum :
Chanavey, hameau (Rhêmes-Notre-Dame, vallée d´Aoste) ;
Le Grand Chenevey et Le Petit Chenevey, hameaux (Saint-Pierre-d´Entremont, Chartreuse, Isère) ;
Chenavet, lieu-dit (Tullins, Pays voironnais, Isère) ;
Combe de Chenevoye, lieu-dit en forêt (Engins, Vercors, Isère) ;
Le Chenavray, hameau (Manigod, Bornes-Aravis, Haute-Savoie) ;
Le Chenevrey, lieu-dit en forêt (Saint-Mury-Monteymond, Belledonne, Isère).

Avec le suffixe -an, bas latin canabana, canabena, « chènevière » :
Chenavan, hameau (Talloires, Bornes, Haute-Savoie).

Avec le suffixe -eux :
Chenavieux, hameau (Ambronay, Bugey, Ain) ;
Les Chènevieux, lieu-dit (Saint-Martin-du-Mont, Bresse, Ain).

Probablement un patronyme Chenavas, Chenevaz de même origine :
Le Chenavas, hameau, et Ruisseau du Chenavas, cours d´eau temporaire (Miribel-les-Echelles, Chartreuse, Isère) ;
Les Chenevaz, hameau (Ayse, Faucigny, Haute-Savoie).

Voir aussi Echenevex.


Chancelants
Les Chancelants, vignes de la commune d´Hermance (Genève), peut-être du participe passé du verbe ancien français chanceler, « disposer en forme de barreau ou de treillis, barrer transversalement, croiser, garnir de barreaux, grillager », latin impérial cancellare, « disposer en forme de treillis », dérivé de cancelli, « grille ».

Chancelier
Le Chancelier, sommet de la commune d´Evolène (District d´Hérens, Valais), 3626m, par métaphore.

Chancy
Commune et village du canton de Genève, Chancie en 1260, Cura de Chancier vers 1344, nom de domaine d´origine gallo-romaine *Cantiacum, dérivé avec le suffixe -acum du gentilice Cantius issu du gaulois cantios, « brillant » [Jaccard].

Chandeley
Chandeley, lieu-dit de la commune de Pailly (District d´Echallens, Vaud), nom dérivé de « chandelle », mot qui désigne la primevère (Primula sp.), avec le suffixe collectif -ey.
Voir aussi Tsandelâ.


Chandelières
Les Chandelières, alpage de la commune de Cohennoz (Val d´Arly, Savoie), pourrait être l´ancien français chandeliere, nom de la molène (Verbascum sp.), ou une féminisation d´un patronyme Chandelier, nom de métier, fabricant ou marchand de chandelles.

Chandolat
Lieu-dit jurassien du district des Franches-Montagnes, commune de Soubey, par agglutination de Champs Dolat, « champs au-delà [du Doubs] ».

Chandolin
Peut-être dérivé de échandole, essandole, « tavillon, bardeau », bas latin scandula, latin scindula, même sens, par allusion à la couverture des toits. Une origine burgonde n´est cependant pas exclue.
Chandolin, Eschandulyns vers 1250, commune et village, et Alpage de Chandolin (District de Sierre, Valais) ;
Chandolin, lieu-dit du vignoble (Leytron, district de Martigny, Valais) ;
Chandolin et Mayens de Chandolin, alpages (Saint-Martin, district d´Hérens, Valais) ;
Chandolin, village (Savièse, district de Sion, Valais).

Chandon, Chandossel
Noms qui dériveraient du gaulois Cambo-dunum, « Fort du Méandre », gaulois cambo-, « courbe, méandre », racine indo-européenne *kam-p-, « courber », et dunum.
Chandon, Ecclesia de Candone en 1123, Chandone en 1155, Chandun en 1228, Chandon en 1509, commune et village sur le ruisseau du même nom (District de la Broye, Fribourg) ;
Le Chandon, cours d´eau affluent du lac de Morat (Districts de la Broye etdu Lac, Fribourg) ;
Chandon, Chaudon en 1664, hameau (Les Allues, Tarentaise, Savoie) ;
Chandossel, ancienne commune et village de la commune de Villarepos, (District du Lac, Fribourg), attesté en 1214, dont le nom est un diminutif de Chandon, par un ancien *Chandoncel, avec un suffixe issu du suffixe diminutif latin -cellus [Aebischer].

Chandonne
Hameau de la commune de Liddes (District d´Entremont, Valais), nom dans lequel certains auteurs voient un *Campidon, « champ haut », dérivé du latin campus et de dunum.

Chandossin
Hameau de la commune de Belmont-Luthézieu (Champagne-en-Valromey, Valromey, Ain), Caudossia, lire Candossia en 1110, ecclesia de Candosmo, lire ecclesia de Candosino en 1184, Chandossins en 1385.

Chandouze
La Chandouze, torrent affluent du Foron, à la limite des communes de Cranves-Sales et Saint-Cergues (Annemasse, Haute-Savoie), Chanjousaz en 1278, Changousaz en 1306, Chansousaz en 1327, Chandouze et Chandeuse en 1730, viendrait du gaulois *candosa, « blanc » [Künzi 1997].

Chaneins
Village et commune de la Dombes (Saint-Trivier-sur-Moignans, arrondissement de Bourg-en-Bresse, Ain), Chanens en 1234, Chaneins en 1325, Channens en 1506, Chanains en 1662, Chanins au XVIIIème siècle, nom d´origine burgonde, dériverait d´un primitif *Kaningos, « chez les Caningi », dérivé du nom propre Cana, Cano [Perrenot] ou Cagano [Nègre 1990].

Chanette
La Chanette d´en Bas et La Chanette d´en Haut, alpages (Hongrin, Château-d´Oex, Pays-d´Enhaut, Vaud), par féminisation d´un patronyme Chanet.

Changemaux
Les Changemaux, lieu-dit de la commune de Bagnes, district d´Entremont (Valais), en patois tsandzemo, peut-être un composé de Tsan et d´un nom indéterminé.

Changins
Changins, château de la commune de Nyon, Petit Changins, lieu-dit de la commune de Prangins (District de Nyon, Vaud), nom d´origine burgonde inconnue.

Chanivaz
Domaine situé sur la commune de Buchillon, district de Morges, Chanliva en 1228.

Chanoine
Le Chanoine, lieu-dit de la commune de Faverges (Haute-Savoie), peut-être un bien ayant appartenu à un chanoine, ou à un homme portant ce nom. Du latin ecclésiastique canonicus, « conforme aux règles de l´église ».

Chanon, Chânon
Patronyme Chanon, soit de cassanus, « chêne », soit de l´ancien français canonie, « chanoine ».
Chanon, maison isolée (Chatte, Chambaran, Isère) ;
Le Chânon, maison isolée (Les Gets, Faucigny, Haute-Savoie).

Chanoux
Pointes Chanoux, 3520m, sommet de la commune de Bionaz (Vallée d´Aoste), d´un avec un patronyme Chanoux très répandu dans la vallée d´Aoste.

Chansonnets
Les Chansonnets, hameau de la commune de Sédeilles (District de Payerne, Vaud), du patronyme Chansonnet, attesté en France.

Chantabeau, Chantabo, Chantabot, Chante-Bot
Endroit où l´on entendait « chanter » le crapaud, patois bô, ou hauteur caillouteuse et rocheuse, voir Chanté et la racine pré-indo-européenne BAL / BEL / BAU, « rocher, hauteur ».
Chantabeau, hameau (Pommiers-la-Placette, Pays voironnais, Isère) ;
Chantabeau, ancien moulin (Creys-Mépieu, L´Isle-Crémieu, Isère) ;
Chantabo, étang (Sainte-Olive, Dombes, Ain) ;
Chantabo, lieu-dit (Montailleur, Bauges, Haute-Savoie) ;
Chantabot, hameau (Beaufort, Chambaran, Isère) ;
Laye Chante-Bot, hameau (Saint-Paul-lès-Monestier, Trièves, Isère).

Chantaboc
Lieu-dit de la commune d´Attignat (Bresse, Ain), peur-être « lieu où chante le bouc », plus probablement une combinaison de Chanté, « coin de terrain », et Boc, « bouc ».

Chantabord
Pourrait être une combinaison de Chanté, « coin de terrain », et du farnçais « bord ».
Chantabord, quartier (Chambéry, Savoie) ;
Chantabord, hameau (Laissaud, Combe de Savoie, Savoie).

Chantavril
Lieu-dit de la commune de Bellegarde-sur-Valserine (Michaille, Ain), nom composé probablement de champ, ou de cant, « coin de terrain », voir Chanté, et d´Avril, « endroit ensoleillé ».

Chante-Caille
Maison isolée de la commune de Bougé-Chambalud (Pays viennois, Isère), où chante la caille.

Chanteclair
Maison isolée de la commune de Jassans-Riottier (Trévoux, Dombes, Ain), sobriquet de quelqu´un qui a une belle voix, comme le coq Chanteclair.

Chantecoucou
Chemin de Chantecoucou (Veyrier, Genève), où chante le coucou, du latin cuculus, même sens, et par onomatopée.

Chantefleur
Chantefleur, hameau de Vessy (Veyrier, Genève), nom composé de Chanté et Fleur, mais dont le sens n´est pas clair.

Chantegrillet, Chante-Grillet
Endroit où l´on entendait « chanter » le grillon (Gryllus campestris), ou endroit caillouteux grillé, particulièrement exposé au soleil, voir Chanté et Grillet.
Chantegrillet, lieu-dit en forêt (Thônes, Bornes, Haute-Savoie) ;
Chante-Grillet, maisons isolées (Saint-Jorioz, Annecy, Haute-Savoie).

Chantegrive, Chante-Grive
Endroit où chantait la grive.
Chantegrive, lotissement (Mionnay, Dombes, Ain) ;
Chante-Grive, lieu-dit (Proulieu, Bugey, Ain).

Chantegrue, Chante Grue
Endroit où l´on entendait « chanter » la grue (Grus grus), latin vulgaire *grua, latin classique grus, gruis.
Chantegrue, hameau (Vaux-et-Chantegrue, canton de Mouthe, Doubs) ;
Chante Grue, lieu-dit (Châteauneuf, Val Gelon, Savoie).

Chanteins
Hameau de la commune de Villeneuve (Dombes, Ain), De ecclesia de Cheantens en 1149-1156, Chantens en 1259, Chanteynz en 1299-1369, nom d´origine burgonde qui dériverait d´un primitif *Chagantingos ou *Cheantingos, sans qu´on puisse l´affirmer [Perrenot].

Chanteloup, Chantelouve
Endroit où l´on entendait chanter le loup ou la louve, ou montagne caillouteuse arrondie, de Chanté et de la racine pré-indo-européenne LUB, « montagne arrondie ».
Chanteloup, lieu-dit (Annecy-le-Vieux, Haute-Savoie) ;
Chanteloup, ferme isolée (Crans, Dombes, Ain) ;
Combe de Chanteloup, lieu-dit (Viriville, Chambaran, Isère) ;
Chantelouve, En chanta lova en 1345, ancien lieu-dit (Ruffieu, Valromey, Ain) ;
Chantelouve, lieu-dit en forêt (Bessans, Haute-Maurienne, Savoie) ;
Chantelouve, ecclesia Sancti Hirene au XIème siècle, Chantalouva au XIIIème siècle, Cantaluppa au XIVème siècle, ecclesia Sancti Yrenei de Cantaluppa au XVème siècle, commune du Valbonnais dont l´église est sous le vocable de Saint-Irénée (Valbonnais, arrondissement de Grenoble, Isère) ;
Chantelouve d´en Bas et Chantelouve d´en Haut, hameaux (Lanslevillard, Haute-Maurienne, Savoie).

Chantemerle, Chante Merle, Chante-Merle
Endroit où l´on entendait chanter le merle, ou endroit caillouteux, ou encore borne ou pierre d´angle, voir Chanté et Merle ou encore une déformation de Marle. Ce nom désigne aussi un endroit recouvert de buissons épais (où le merle aime nicher ?), patois savoyard chanta-merlo, « chante-merle, taillis très touffu ; têtard, pied-cormier, pellière » [Constantin].
Chantemerle, hameau (Bons-en-Chablais, la Côte en Chablais, Haute-Savoie) ;
Grand Chantemerle et Petit Chantemerle, hameaux (Brens et Peyrieu, Bugey, Ain) ;
Molard Chantemerle, lieu-dit en forêt (Izernore, Haut-Bugey, Ain) ;
Chante Merle, hameau (Vuadens, district de la Gruyère, Fribourg) ;
Chante-Merle, lieu-dit (Bernex, Genève).
Voir aussi Tsantamerlo.


Chantemouche
Composé de chante et mouche, probablement un endroit où ces insectes abondent.
Chantemouche, alpage (La Côte-d´Aime, Tarentaise, Savoie) ;
Chantemouche, forêt déclive (Landry, Aime, Tarentaise, Savoie).

Chante-Perdrix
Noms composés de chante et perdrix, latin perdix.
Chante-Perdrix, maison isolée (Bougé-Chambalud, Pays viennois, Isère) ;
Chante-Perdrix, maison isolée (Barberaz, Chambéry, Savoie).

Chantepoulet, Chante Poulet
A Genève, « oeillet des chartreux » (Dianthus carthusianorum), à Thône (Haute-Savoie), « oxalide oseille » (Oxallo acetosellae) et généralement en Haute-Savoie, « primevère officinale » (Primula officinalis) [Constantin]. Ancien français chantepoulet, « un des nom de la centaurée » (Centaurium minus Moench).
Chante Poulet, maison isolée (Relevant, Dombes, Ain) ;
Chantepoulet, lieu-dit (Cercier, Cruseilles, Haute-Savoie) ;
Chantepoulet, quartier (Ville de Genève) ;
Chantepoulet, ruisseau (Viry, Genevois, Haute-Savoie).

Chanteraie
Ce nom pourraient désigner un fonds dont le revenu servait à faire chanter des messes pour le repos d´un donateur, ancien français chanterie, « messe chantée, office des morts en musique ».
La Chanteraie, quartier (Claix, Pays grenoblois, Isère).

Chanteraine, Chante-Raine, Chantereine
Ancien français canteraine, canterene, chanteraine, chanterene, « lieu où chante la grenouille », du latin rana, « grenouille ».
Chanteraine, lieu-dit et tourbière (Le Noirmont, district des Franches-Montagnes, Jura) ;
Chante-Raine, Chanta Rana en 1285, ancien lieu-dit (Montceaux, Dombes, Ain) ;
Chantereine, zône industrielle (Bourgoin-Jallieu, La Tour-du-Pin, Isère).

Chanterel, Chanterelle, Chantrel
Patronyme Chanterel, Chantrel, probablement un surnom donné à un chanteur, ancien français chanterel, « petit chanteur, petit ménestrel ».
Le Chanterel, hameau (Domessin, vallée du Guier, Savoie) ;
Chez Chanterel, maison isolée (Saint-Christophe, Chartreuse, Savoie) ;
Port Chantrel, hameau sur le Lac Léman (Anthy-sur-Léman, Bas-Chablais, Haute-Savoie).
Par féminisation du patronyme Chanterel, plutôt que du champignon chanterelle (Cantharellus spp.) :
Chanterelle, maison isolée (Relevant, Dombes, Ain) ;
Chanterelle, maison isolée (Romans, Dombes, Ain) ;
La Chanterelle, maison isolée (Bevaix, district de Boudry, Neuchâtel).


Chantesse
Commune et village du Sud du Grésivaudan (Vinay, arrondissement de Grenoble, Isère), Cantissa et ecclesia de Chantessa au XIème siècle, Cantessa au XIIème siècle, nom issu d´un gentilice Cantitius [Bouvier], peut-être une ancienne villa Cantitia.

Chantovent
Clos Chantovent, hameau de la commune de Cranves-Sales (Annemasse, Haute-Savoie), probablement un composé de Chanté et de Vent.

Chantres
Patronyme Chantre, surnom d´un chantre d´église, ou plus généralement d´un chanteur.
Chantres, forêt (Sainte-Croix, district de Grandson, Vaud) ;
Les Chantres, maison isolée (Saint-Cassin, Chambéry, Savoie) ;
Les Chantres, ruines (Saint-Pierre-d´Entremont, Chartreuse, Savoie).

Chaos
Chaos de Bellefont, lieu-dit de la commune de Saint-Pierre-de-Chartreuse (Chartreuse, Isère), terme générique désignant un amas de rochers, du grec ecclésiastique khaos, « état de la Terre avant l´intervention divine ».

Chapalaire, Chapalleyre
Patronymes Chapalay, Chappalley, nom de métier, chapelier, fabricant de chapeaux, de chapeau, du bas latin cappellus, « petite cape », de cappa, « capuchon ».
La Chapalaire, alpage du Vallon de l´Hongrin (Château-d´Oex, Pays-d´Enhaut, Vaud), La Chapalayre en 1906, par féminisation d´un patronyme Chapalay, famille de Château-d´Oex ;
La Chapalleyre, ferme isolée de la commune de Charmey (District de la Gruyère, Fribourg), par féminisation d´un patronyme Chappalley originaire de la région.

Chapalettes, Chapelettes, Chepelet
Du patois chapala, « sapin », variante du patois sapala avec mutation de [s] en [ch], avec les suffixes collectifs -et, -ette, -eyre. [Jaccard], voir Sapala.
Les Chapalettes, maison isolée (Le Flon, district de la Veveyse, Fribourg) ;
Les Chapelettes, Chapallettes en 1906, hameau (Chapelle, district de la Glâne, Fribourg) ;
Les Chapelettes, pâturage (Val de Moiry, Grimentz, district de Sierre, Valais) ;
Le Chepelet, lieu-dit (Dorénaz, district de Saint-Maurice, Valais).
Voir aussi Chapelet.


Chapaley
Hameau de la commune de Sâles (District de la Gruyère, Fribourg), Sapaley sur la Carte Nationale, du patronyme Chapaley, ou plus couramment Chapalley, mot patois signifiant « chapelier », du latin cappellu, « petite cape ».

Chapareillan
Commune et village du Grésivaudan (Le Touvet, arrondissement de Grenoble, Isère), Campania Riolentis et Campania Riolenda au IXème siècle, Caparuyllant et Chaparilent au XIIIème siècle, Chaparillen et Chaparolenco au XIVème siècle, Ecclesia de Chappa Ruyllent en 1356, Chapareillenc en 1375, bas latin campania, « plaine », voir Campanne, avec le nom propre féminin d´origine germanique Riolenda. Le m de campania disparaît par dissimilation avec le n de Riolenda.

Chape, Chaperon
Français chape, issu de cape, bas latin cappa, « capuchon », de cappa, « manteau à capuchon », par métaphore.
Vers la Chape, lieu-dit (Combremont-le-Petit, district de Payerne, Vaud).
Avec le suffixe diminutif -on :
Le Chaperon, alpage (Ormont-Dessus, district d´Aigle, Vaud).


Chapeau
Le Chapeau, lieu-dit au-dessus du hameau du Lavancher, où se trouve un gros rocher en surplomb abritant une buvette [Boyer].

Chapeau Cornu
Château de Chapeau Cornu, château du XIIIème siècle de la commune de Vignieu (Les Balmes Dauphinoises, Isère), domus fortis de Capello Cornuto au XIVème siècle, ancienne demeures des familles Capella et Cornutti.

Chapeau de Napoléon
Lieu-dit de la commune de Veyrier-du-Lac (Bornes, Haute-Savoie), métaphore, rochers dont la forme évoque un bicorne.

Chapeau du Curé
Lieu-dit de la commune du Grand-Saconnex (Genève), peut-être en rapport avec la forme triangulaire du terrain.

Chapeau Gaspard
Métaphore, sommet en forme de chapeau pointu (2389m), avec le prénom ou patronyme Gaspard, du nom hébreu d´origine iranienne Gizbar, « celui qui porte un trésor » (Flaine, Grand Massif, Faucigny, Haute-Savoie).

Chapec
Le Chapec, lieu-dit de la commune d´Ayer (Val d´Anniviers, Valais), Sappey au XIIIème siècle, « sapinière », forme patoise avec le suffixe valaisan -ec.

Chapedey, Chapet, Chapeu, Chapieu, Chapieux,
Chapis, Chapit, Chapuis, Chapy
Du patois savoyard chapi, chapis, terme désignant une grange, une remise, un hangar ou un abri sommaire pour la récolte ou pour les travailleurs, patois chapit, en particulier « cabane où l´on reléguait les pestiférés », d´un ancien chapiccium, bas latin capile, « cabane » [Gros].
Chapy, alpage (Entrèves, vallée d´Aoste).
Mot régional chapieu, « cabane de montagne » [Pégorier] :
Plan Chapeu, forêt déclive (Sollières-Sardières, Haute-Maurienne, Savoie) ;
Chapieu, lieu-dit (Charette, L´Isle-Crémieu, Isère) ;
Le Chapieu, lieu-dit en forêt (Saint-Jean-de-Chevelu, Avant-Pays savoyard, Savoie) ;
Le Chapieu, alpage (Aime, Tarentaise, Savoie) ;
Les Chapieux, anciennement Le Chapieu, hameau, et Les Chapieux Derrière, alpage (Bourg-Saint-Maurice, Tarentaise, Savoie) ;
Les Chapieux, Vers le Villard aux Chappieulx en 1564, alpage (Valloire, Maurienne, Savoie).

Mot régional chapit, « cabane en planche ; fenil ; hangar » [Pégorier] :
Le Chapit, maisons isolées en forêt (Allevard, Belledonne, Isère).

Mot régional chapis, « hangar, abri sommaire pour la récolte, cabane » [Gros] :
Plan Chapis, lieu-dit (Bonneval, Tarentaise, Savoie).

Par attraction paronymique avec le patronyme Chapuis :
Le Chapuis, anciennement Chapil, maison isolée (Villaroger, Tarentaise, Savoie).

Avec le suffixe diminutif -et :
Le Chapet, Le Chappaix en 1935, alpage, et Mouille du Chapet, lieu-dit (La Giettaz, Val d´Arly, Savoie) ;
Chapedey, Chapidet en 1935, maison isolée en forêt (Bonvillaret, Basse-Maurienne, Savoie).

Voir aussi Chapuis, Chapy, Sapieux.


Chapeiry
Commune et village de l´Albanais (Alby-sur-Chéran, arrondissement d´Annecy, Haute-Savoie), Cura de Chapeyrie vers 1344, Chappeirie au XVIème siècle, puis Chapéry et Chapairy, nom de domaine d´origine gallo-romaine *Cappariacum, dérivé avec le suffixe -acum du gentilice Capparius, peut-être un nom de métier, « fabriquant de chapes ».

Chapelet, Chapélet, Chapelette
Patronyme Chapelet, du latin capillatus, « chevelu » [Gros], ou dérivé du patois chapala, « sapin », voir Chapalettes, ou encore par métaphore du français chapelet, « objet de dévotion généralement constitué de perles enfilées en collier sur un cordon », pour des maisons alignées comme les grains d´un chapelet.
Chapelet, hameau (Les Hauts-Geneveys, district du Val-de-Ruz, Neuchâtel) ;
Chapelet, lotissement (Saint-Pierre-en-Faucigny, Faucigny, Haute-Savoie) ;
Le Chapelet, maisons isolées en clairière (Liddes, district d´Entremont, Valais) ; Arête Chapelet, croupe boisée (Saint-Martin-d´Uriage, Belledonne, Isère) ;
Le Chapelet, alpage (Aime, Tarentaise, Savoie) ;
Le Chapelet, hameau (Presle, Val Gelon, Savoie) ;
Le Grand Chapelet, sommet, 2403m, et Le Petit Chapelet, sommet, 2298m (La Salette-Fallavaux, et Valjouffrey, Valbonnais, Isère) ;
Les Chapelets, alpage (Champagny-en-Vanoise, Vanoise, Savoie) ;
Pas des Chapélets, lieu-dit en montagne (Saint-Bon-Tarentaise, Tarentaise, Savoie).
Par féminisation du patronyme Chapelet :
La Chapelette, maison isolée (Verthemex, Avant-Pays savoyard, Savoie) ;
La Chapelette, lieu-dit (Yenne, Avant-Pays savoyard, Savoie).


Chapelle, Chapelle-Blanche, Chapelle-d´Abondance, Chapelle-de-la-Tour, Chapelle-de-Surieu,
Chapelle-du-Bard, Chapelle-du-Châtelard, Chapelle-du-Mont-du-Chat, Chapelle du Puits, Chapelle-Rambaud,
Chapelles, Chapelle-Saint-Martin, Chapelle-Saint-Maurice, Chapellette
Lieux qui tirent leur nom de la présence d´un petit édifice religieux. L´ancien français chapele a désigné un oratoire dans une demeure privée ou publique, puis un petit édifice religieux et enfin la partie adjacente d´une église. Du franco-provençal tsapela, « chapelle », latin médiéval capella, qui désignait l´endroit où l´on conservait des reliques, à l´origine un fragment du manteau de Saint Martin, du latin populaire cap(p)ella, diminutif de cappa, « manteau à capuchon ».
Chapelle, Capella en 1363, hameau, ancienne commune (Cheiry, district de la Broye, Fribourg) ;
Chapelle, Capella en 1354, Chapelle-sur-Gillarens jusqu´en 1953, emplacement de la chapelle de Notre-Dame des Champs, lieu de pèlerinage, commune et village (District de La Glâne, Fribourg) ;
La Chapelle, Parrochia de Capella en 1270, Ecclesia de Capella au XIVème siècle, commune et village de la Basse-Maurienne (La Chambre, arrondissement de Saint-Jean-de-Maurienne, Savoie),
La Chapelle-Blanche, Ecclesia de Blancha Capella vers 1100, Capella alba au XIVème siècle, Ecclesia Capelle albe en 1340, commune et village du Val Gelon (La Rochette, arrondissement de Chambéry, Savoie) ;
La Chapelle-d´Abondance, Capella Fraxiarum et Fraces en 1219, Cura capelle ultra Dranciam vers 1344, anciennement La Chapelle des Frasses, Chapelle-en-Chablais, La Chapelle et La Chapelle Blanche, le nom actuel apparaissant en 1961, commune et village du Val d´Abondance (Abondance, arrondissement de Thonon-les-Bains, Haute-Savoie) ;
La Chapelle-de-la-Tour, parrochia Capella et parrochia Cappella au XIVème siècle, Capella prope Turrim Pini au XVème siècle, commune et village (Arrondissement de la Tour-du-Pin, Isère) ;
La Chapelle-de-Surieu, commune et village du Pays viennois (Roussillon, arrondissement de Vienne, Isère) ;
La Chapelle-du-Bard, Capella au XIème siècle, Capella de Barro au XIIIème siècle, commune et village de Belledonne (Allevard, arrondissement de Grenoble, Isère) ;
La Chapelle-du-Châtelard, Villa que dicitur Capella en 1049-1109, Capella de Castellario vers 1350, Capella Castellarium en 1369, commune et village des Dombes (Villars-les-Dombes, arrondissement de Bourg-en-Bresse, Ain) ;
La Chapelle-du-Mont-du-Chat, Parrochia Capelle, en 1344, Parrochia capellae montis Cati, en 1437, Capella montis Cati au XVIIème siècle, anciennement La Chapelle-Mont-du-Chat et Mont-du-Chat, commune et village (La Motte-Servolex, arrondissement de Chambéry, Savoie) ;
La Chapelle du Puits, hameau dont le nom serait une remotivation de Chapelle du Puy, car la Chapelle de Notre Dame qui s´y trouvait dépendait temporellement du Chapitre de l´église Cathédrale du Puy en Auvergne (Saint-Jorioz, Annecy, Haute-Savoie) ;
La Chapelle-Rambaud, Cura Capelle Rembot vers 1344, anciennement La Chapelle Ramboz, de l´anthroponyme germanique Hrambald, « corbeau audacieux », de *hramn, « corbeau », et *balda, « audacieux, fort », commune et village du Faucigny (La Roche-sur-Foron, arrondissement de Bonneville, Haute-Savoie) ;
La Chapelle-Saint-Martin, commune et village de l´Avant-Pays savoyard (Yenne, arrondissement de Chambéry, Savoie) ;
La Chapelle-Saint-Maurice, commune et village, ancienne section de la Chapelle-Blanche de la commune de Saint-Eustache, érigée en commune en 1866 (Seynod, arrondissement d´Annecy, Haute-Savoie) ;
Chapelle-sur-Moudon, Capellam en 1177, Cappella Vualdana et Capella Waldana en 1228, Chapala en 1226, Chapelle Vaudanne sous l´Ancien Régime, Chapelles jusqu´en 1953, où se trouve une église Saint-Martin (District de Moudon, Vaud) ;
Les Chapelles, Ecclesia parrochialis Capellae en 1608, commune et village de la Haute-Tarentaise (Bourg-Saint-Maurice, arrondissement d´Albertville, Savoie) ;
Les Chapelles, hameau (Marboz, Bresse, Ain).
Diminutif avec le suffixe -ette :
Chapellette, alpage (Breuil, Valtournenche, vallée d´Aoste).


Chapelu, Chevelu
Sobriquets Chapelu, Chevelu, du latin capillatus, « chevelu ».
Chapelu, hameau (Domessin, vallée du Guier, Savoie) ;
Chapelu, maison isolée en forêt (Valmeinier, Maurienne, Savoie) ;
Chevelu, de Cappiluto en 1125, de Chevelu en 1203, de Chavellu en 1216, de Chevelud en 1232, Chevellutum en 1238, Chavellu en 1260, hameau, ancien nom de la commune, et Lacs de Chevelu, dans la même commune (Saint-Jean-de-Chevelu, Avant-Pays savoyard, Savoie) ;
Bois du Chevelu, lieu-dit en forêt, et Ravin du Chevelu, avec un cours d´eau affluent du Doron de Bozel (Bozel, Tarentaise, Savoie).

Chapendu
Noms composés de Cha, et adjectif pendu, « en pente raide, suspendu ».
Chapendu, anciennement Chatpendu, maison isolée (Pralognan-la-Vanoise, Tarentaise, Savoie) ;
Chapendu, lieu-dit déclive (Murinais, Chambaran, Isère).

Chapitre, Chapître
Ancienne propriété d´un chapitre de chanoines.
Le Chapitre, maisons isolées (Argentine, Basse-Maurienne, Savoie) ;
Bois du Chapitre, forêt (Poncin, Haut-Bugey, Ain) ;
Le Chapître, hameau (Brides-les-Bains, Tarentaise, Savoie).

Chaple Bou
Lieu-dit de la commune de Cheyres (District de la Broye, Fribourg), désigne probablement une ancienne forêt détruite, du patois chaple, « dégât, désastre, désordre », et Bou, « bois ».

Chaponeyre, Chaponnaire, Chaponnière, Chapons, Chapponay,
Chapponex
1. Rangée de ceps de vigne, pépinière de jeunes ceps, du mot régional chapon, patois tsapon, « jeune pousse de vigne, bouture de vigne, jeune plant de vigne qui n´a pas encore porté de fruits », bas latin capponem, « chapon ».
Les Chapons, hameau près des vignes (Ballaison, Bas-Chablais, Haute-Savoie).
Dérivés avec les suffixes collectifs -eyre, -ière :
Chaponeyre, lieu-dit avec vignes (Saint-Légier-La-Chiésaz, district de Vevey, Vaud) ;
La Chaponnière, maison isolée du vignoble (Vinzel, district de Rolle, Vaud).

2. Elevage de chapons (coqs châtrés), du latin caponis, « chapon ».
Chapons Marion, Champ Marion en 1600, aux Chapons en 1703, Champ Marion en 1764, hameau (Bôle, district de Boudry, Neuchâtel).

Dérivé avec le suffixe collectif -aire :
Les Chaponnaires, lieu-dit (Vufflens-la-Ville, district de Cossonay, Vaud).

Avec les suffixes collectifs -ay, -ex, peut-être un ancien patronyme :
Chapponay, Caponnum in agro Leviacense au XIème siècle, Chaponnay au XXème siècle, maison isolé (Dionay, Chambaran, Isère) ;
Chapponex, lieu-dit (Massongy, Bas-Chablais, Haute-Savoie).

Par féminisation du patronyme Chaponnier, nom de métier, « marchand de chapons », ou endroit où l´in élève des chapons :
Chaponnière, hameau (Cognin-les-Gorges, Sud du Grésivaudan, Isère) ;
La Chaponnière, lieu-dit (Vieu, Valromey, Ain) ;
Les Chaponnières, lieu-dit (Chazey-sur-Ain, Bugey, Ain).


Chapotannaz
Vignoble de la commune de Cully (District de Lavaux, Vaud), par féminisation patoise du patronyme Chapotan, notaire qui le planta en 1539 [Jaccard].

Chappaz, Chappe, Chappé, Chappes, Chappet,
Chappey, Chappoan
Selon Nègre 1990, Chappe serait issu d´un terme préceltique *kata, de sens et d´origine inconnue, avec un suffixe -appa également préceltique ; Selon Gros, c´est une variante de Chalp, « partie élevée et arrondie d´un pâturage haut » ; ce nom peut aussi être une variante du français cape ou du patois savoyard chapi, chapit, « cabane en planches, fenil ». Ce sont aussi des patronymes.
Chappaz, ferme isolée (Meythet, Annecy, Haute-Savoie) ;
La Chappaz, maisons isolées (Magland, Faucigny, Haute-Savoie) ;
Chez Chappaz, hameau (Argonay, Annecy, Haute-Savoie) ;
Chappe, maisons isolées (Hauteville-Lompnes, Bugey, Ain) ;
La Chappe, maison isolée (Ville-en-Sallaz, Faucigny, Haute-Savoie) ;
La Chappe, maison isolée (Beaufort-sur-Doron, Beaufortain, Savoie) ;
La Chappe d´Oie, lieu-dit (Asnières-sur-Saône, Bresse, Ain) ;
Sur Chappe, lieu-dit en forêt, et Fontaine de Chappe, source (Hostias, Bugey, Ain) ;
Chez Chappé, maisons isolées (Hauteville-Lompnes, Bugey, Ain) ;
Les Chappes, maison isolée en clairière (Queige, Beaufortain, Savoie) ;
Les Chappes, lieu-dit en forêt (Margencel, Bas-Chablais, Haute-Savoie) ;
Les Chappes, hameau (Thorens-Glières, Bornes, Haute-Savoie) ;
Tête des Chappes, sommet, 1798m (Cevins, Combe de Savoie, Savoie).
Avec le suffixe diminutif -et :
Le Chappet, lieu-dit en forêt (Faverges, Haute-Savoie) ;
Les Chappet, lieu-dit déclive en forêt (Serraval, Bornes, Haute-Savoie) ;
Chez Chappet, maison isolée en forêt (Annecy-le-Vieux, Haute-Savoie).

Patronyme Chappey :
Chalets des Chappey, maison isolée (Villaz, Bornes, Haute-Savoie).

Peut-être de même origine :
Bois de Chappoan, lieu-dit en forêt (Excenevex, Bas-Chablais, Haute-Savoie).


Chappelimatt
Hameau de la commune d´Ormey (District du Lac, Fribourg), probablement d´un patronyme Chapalay, Chappalley, avec l´allemand Matte, « prairie ».

Chappellannes
Les Chappellannes, lieu-dit de la commune de Fontaine-le-Puits (Tarentaise, Savoie), par féminisation d´un patronyme Chappellan, variante du nom de métier chapelain, « clerc ou prêtre qui a la charge d´une chapelle ».

Chappuis, Chapuis, Chapuisière, Chapuiso
Patronyme issu de l´ancien français chapuis, chappuis, nom de métier, « charpentier », et aussi chapuis, chappus, chapuz, « bois de charpentier ».
La Claude Chappuis, maisons isolées, restaurant, du nom du tenancier de cette ancienne métaierie au XVIIIème ou XIXème siècle [Prongué] (Develier, district de Delémont, Jura) ;
Chalet Chappuis, maison isolée (Villaz, Bornes, Haute-Savoie) ;
Chapuis, hameau, L´Etang Chapuis, lieu-dit, et Grande Rippe Chapuis, forêt (Sermoyer, Bresse, Ain) ;
Le Chapuis, maisons isolées (Joyeux, Bresse, Ain) ;
Le Chapuis, domaine, maison de retraite, et Le Petit Chapuis, maison isolée (Romans, Dombes, Ain) ;
Combes Chapuis, lieu-dit en forêt (Versoix, Genève) ;
Moulin Chapuis, maison isolée (Montagny-près-Yverdon, district d´Yverdon, Vaud) ;
Moulin Chapuis, maison isolée (Montceaux, Dombes, Ain) ;
Les Chapuis, maison isolée (Marthod, Combe de Savoie, Savoie) ;
Le Chapuiso, cours d´eau affluent de la Tinière (Villeneuve, district d´Aigle, Vaud).
Avec le suffixe de propriété -ière :
Chapuisière, hameau (L´Albenc, Sud du Grésivaudan, Isère).


Chapuiferrand
Chalets de Méribel, sur la commune des Allues (Tarentaise, Savoie), composé de Chapuis et de l´anthroponyme Ferrand.

Chapy
Relief qui évoque un chapeau, qui ressemble à un chapeau. Patois chapi, vieux français chapel, bas latin cappellus, « chapeau », de cappa, « capuchon, coiffure ».
Le Chapy, colline (Vuisternens-en-Ogoz, district de la Sarine, Fribourg).
Voir aussi Tsapé.


Charaia, Cheiry
Ces noms seraient des ancien *Cariacus, nom de domaine dérivé en -acus d´un gentilice Carius, nom gaulois.
Charaia ou Charaya, ancien nom du territoire de l´abbaye de Hautecombe [Gros] (Saint-Pierre-de-Curtille, Chautagne, Savoie) ;
Cheiry, Zeiry en 1165, Chirie en 1185, Cherie en 1453, Cheirier en 1668, commune et village (District de la Broye, Fribourg), et Vy de Cheiry, lieu-dit entre cette commune et celle de Combremont-le-Petit (District de Payerne, Vaud) ;
Mollie Cheiry, maison isolée (Corcelles-le-Jorat, district d´Oron, Vaud).

Charaillin
Hameau de la commune de Chavornay (Champagne-en-Valromey, Valromey, Ain), De Charalin au XIIème siècle, Charalins en 1307, Charallins en 1493, nom d´origine burgonde qui dériverait d´un primitif *Caralingos, « chez les Caralingi », dérivé du nom propre Caral, Carl, « le valeureux », qui correspond au prénom français Charles [Perrenot].

Charamillon
Chalets de Charamillon, alpage, Torrent de Charamillon affluent de l´Arve, Lac de Charamillon, petit lac de montagne, nom monté à la Tête de Charamillon, 2414m (Le Tour, vallée de Chamonix, Haute-Savoie). Ce nom serait composé de Chaux à Millon, avec le patronyme Millon [Kraege 2001].

Charancieu, Charantonnay, Charantonod
Noms issus de l´anthroponyme gallo-romain Carantius ou Carentius, du gaulois *karantos, « ami ».
D´un nom de domaine d´origine gallo-romaine, nom dérivé avec le suffixe -acum :
Charancieu, villa Carenciacus au XIème siècle, commune et village de la Valdaine (Saint-Geoire-en-Valdaine, arrondissement de la Tour-du-Pin, Isère) [Nègre 1990].

Dérivés possibles de l´anthroponyme gallo-romain Carantonius de même origine :
Charantonnay, in agro Carantonico Carentennacum villam au IXème siècle, Carentannaicum au XIIème siècle, commune et village du Pays viennois (Heyrieux, arrondissement de Vienne, Isère) ;
Charantonod, Charentono en 1429, Charantanoz sur la Carte de Cassini, Charantannod en 1840, hameau (Lhuis, Bugey, Ain).


Charancin
Commune jusqu´en 1974 et village (Sutrieu, Valromey, Ain), Cura de Charancins vers 1344, Charencins en 1345, De Charincino au XIVème siècle, Charencin en 1670, pourrait être un nom d´origine burgonde.

Charançon
Ce nom désigne plusieurs espèces d´insectes rongeurs.
Charançon, hameau (Le Châble, Bagnes, district d´Entremont, Valais).

Charangeat
Hameau de la commune de Beaupont (Coligny, Bresse, Ain), Chareingia en 1307, Charengia en 1650, Charengeat et Charanjat en 1847, peut-être une ancienne villa Carenia, par féminisation d´un gentilice Carenius.

Charanger
Le Charanger, hameau de la commune d´Esserts-Blay (Combe de Savoie, Savoie), probablement par composition de Char et avec un patronyme Ranger, de l´anthroponyme germanique *Ranghari, inversion du germanique *harihrenga, « chef de l´armée ».

Charavet
Hameau de la commune de Châtel-Saint-Denis (District de la Veveyse, Fribourg), patronyme Charavet attesté en France.

Charavex
Charavex, Charavey en 1318, alpage, commune de Martigny-Combe (District de Martigny, Valais), et Forêt de Charavex, commune de Martigny, Charravex en 1906, probablement un composé de Cha, « pâturage », et patois valaisan ravex, « revers », voir Revex [Jaccard].

Charavin, Charavines, Charavinières
Patronyme Charavin, de l´occitan caravenc, « gouffre creusé par l´eau, ravin, précipice », par transfert.
Charavin, lieu-dit en forêt (Saint-Nicolas-de-Macherin, Pays voironnais, Isère).
Par féminisation :
Charavines, parrochia Charavinarum au XVème siècle, Charavignes au XVIème siècle, commune et village (Virieu, arrondissement de la Tour-du-Pin, Isère).

Avec le suffixe de propriété -ière :
Charavinières, maisons isolées (Morette, Sud du Grésivaudan, Isère).


Charbet
Le Charbet, alpage de la commune de Hauteluce (Beaufortain, Savoie), pourrait signifier « chenevière », de charbe, « chanvre », ancien français charbaut, « chenevière ». C´est aussi un patronyme, variante par métathèse de Chabert, de l´anthroponyme germanique *Cariberht, variante par assourdissement de *Gariberht, ancien haut allemand gêr, « lance, javelot », et *berhta, « brillant, célèbre ».

Charbillat
Hameau de la commune d´Izernore (Haut-Bugey, Ain), Grangia de Cherbiliaco et Charbilla en 1299-1369, Charbiliacus en 1437, Charbilliat sur la Carte de Cassini, peut-être d´un nom de domaine d´origine gallo-romaine *Carbiliacum, dérivé avec le suffixe -acum du gentilice Carbilius.

Charbon, Charbonère, Charbonnaux, Charbonnel, Charbonnet,
Charbonnette, Charbonnettes, Charbonneyres, Charbonnier, Charbonnière,
Charbonnières, Charbonnis, Charbonnisses, Charbons
Noms en rapport avec la production du charbon de bois ou l´extraction du charbon minéral. Français charbon, patois tserbon, latin carbonis, « charbon ».
Charbon, alpage (Faverges, Haute-Savoie) ;
Le Charbon, chalet, et Montagne du Charbon, 1907m, qui doit son nom à une ancienne exploitation de charbon (Chevaline, Bauges, Haute-Savoie) ;
Les Charbons, lieu-dit en forêt (Drom, Revermont, Ain) ;
Draye des Charbons, ravin (Vaujany, Oisans, Isère).
Probablement un patronyme d´origine française Charbon, comme le laisse supposer le singulier de Champs Charbon :
Pra Charbon, maison isolée (Vuisternens-devant-Romont, district de la Glâne, Fribourg) ;
Champs Charbon, lieu-dit (Glovelier, district de Delémont, Jura).

Français charbonnier, nom de métier, « celui qui fabrique ou vend du charbon », et patronyme Charbonnier :
Fontaine des Charbonniers, source en forêt (Sévrier, Annecy, Haute-Savoie) ;
Les Léchoirs du Charbonnier, pâturage, nom monté à l´ancien Glacier du Charbonnier et à la Pointe du Charbonnier, 3311m (Termignon, Haute-Maurienne, Savoie) ;
Roc du Charbonnier, lieu-dit (La Giettaz, Val d´Arly, Savoie) ;
Sommet de Charbonnier, 1557m (Chichilianne et Clelles, Trièves, Isère) ;
Source des Charbonniers, source en forêt (La Balme-de-Thuy, Bornes, Haute-Savoie).

Forêt qui produit du bois pour faire du charbon :
Bois du Charbon, forêt (Montluel, Dombes, Ain) ;
Bois Charbonnier, forêt (Montluel, Dombes, Ain) ;
Bois de Charbonnier, petite forêt (Montluel, Dombes, Ain) ;
Bois des Charbonniers, forêt (Béréziat, Bresse, Ain).

Certains de ces toponymes, peuvent aussi dériver de patronymes comme Charbonnel, Charbonnet, Charbonnier :
Crête de Charbonnel, Glacier de Charbonnel, La Grala de Charbonnel, glacier, Ruisseau de Charbonnel, affluent du Torrent d´Avérole, et Pointe de Charbonnel, sommet, 3752m, nom montés (Bessans, Haute-Maurienne, Savoie).

Le terme « charbonnière », bas latin carbonaria, carboneria, « four à charbon », désigne la meule de bois qui produira le charbon de bois, et aussi le lieu où l´on coupe le bois pour produire le charbon, synonyme d´affouage. Noms dérivés avec les suffixes collectifs -ère, -eyre, -ière, ou du patronyme Charbon avec un suffixe de propriété -ière, ou par féminisation du patronyme Charbonnier :
Charbonère, lieu-dit (Troistorrents, district de Monthey, Valais) ;
Charbonneyre, lieu-dit en forêt (Tréminis, Trièves, Isère) ;
Charbonneyres, lieu-dit (Palézieux, district d´Oron, Vaud) ;
Charbonnière, maisons isolées en clairière (Passy, Haut-Faucigny, Haute-Savoie) ;
Charbonnière, hameau, et Bois des Charbonnièress, forêt déclive (Bourgoin-Jallieu, La Tour-du-Pin, Isère) ;
La Charbonnière, le Charbonyère en 1431, Charbonnieres en 1554, lieu-dit en forêt (Boudry, Neuchâtel) ;
Col de Charbonnière, 1344m (Chichilianne et Percy, Trièves, Isère) ;
Combe Charbonnière, où se trouvaient de nombreuses mines de charbon (Huez, Oisans, Isère) ;
Combe Charbonnière, lieu-dit en forêt (Méaudre, Vercors, Isère) ;
Côte Charbonnière, pâturage, et Ruisseau de Côte Charbonnière, affluent du Ruisseau d´Etache (Bramans, Haute-Maurienne, Savoie) ;
Trou Charbonnière, lieu-dit, probablement où l´on fabriquait du charbon (Theys, Belledonne, Isère) ;
Charbonnières, Castrum qui Carboneria dicitur en 1044, Carbonaricum en 1082, Apud Aquambellam in castro Charbonerarium en 1266, lieu-dit, ancien château-fort (Aiguebelle, Basse-Maurienne, Savoie).

Dérivés avec les suffixes collectifs -et, -ette ou patronyme Charbonnet :
Charbonnet, lieu-dit (Saxon, district de Martigny, Valais) ;
Charbonnet, lieu-dit (Sallanches, Haut-Faucigny, Haute-Savoie) ;
Sur Charbonnet, lieu-dit (Chanay, Bugey, Ain) ;
Chalets du Charbonnet, ruines d´un alpage, nom monté au Passage du Charbonnet, lieu-dit (Chevaline, Bauges, Haute-Savoie) ;
La Charbonnette, ferme isolée, anciennement Kohlholz, rebaptisée en 1988 après sa reconstruction (Delémont, Jura) ;
Les Charbonnettes, lieu-dit (Poncin, Haut-Bugey, Ain).

Par féminisation du patronyme Charbonnet :
Les Charbonnettes, lieu-dit (Poncin, Haut-Bugey, Ain).

Avec les suffixes collectifs -is, -isse :
Les Charbonnis, lieu-dit en forêt (Prévondavaux, district de la Broye, Fribourg) ;
Les Charbonnisses, lieu-dit (Lamboing, district de La Neuveville, Jura bernois).

Avec le suffixe collectif -y :
Charbonny, maisons isolées en clairière (Entremont, Bornes, Haute-Savoie).

Patronyme Charbonnaux, charbonnier ou personne noire comme du charbon :
Les Charbonnaux, hameau (Jarrie, Pays grenoblois, Isère).

Voir aussi la forme patoise Tsarbonaires.


Charcotet, Charcotins, Charcotte
Du patronyme Charcot.
Forêt de Charcotet (Bevaix, district de Boudry, Neuchâtel).
Forme adjective :
Les Charcotins, pâturage (Trient, district de Martigny, Valais).

Par féminisation :
La Charcotte, maison isolée (Forel, district de Lavaux, Vaud).


Chardève, Chardon, Chardoney, Chardonnay, Chardonneret,
Chardonnes, Chardonnet, Chardonnets, Chardonney, Chardonney-sur-Morges,
Chardonnière, Chardonnières, Chardons, Chardouilles, Cherdonney
Chardon, nom de diverses plantes des champs, vieux français chard, bas latin cardo, latin cardus, carduus, « chardon », ou patronyme Chardon, surnom d´homme désagréable, peu avenant.
Le Chardon, lieu-dit (Marcellaz, Faucigny, Haute-Savoie) ;
Bois Chardon, forêt (Cernex, Genevois, Haute-Savoie) ;
Mouille Chardon, Mouille chardon sur la Carte de Cassini, lieu-dit (Meyrin, Genève) ;
Le Plan Chardon, alpage (Hauteluce, Beaufortain, Savoie) ;
Six du Chardon, rochers (Valsorey, Bourg-Saint-Pierre, district d´Entremont, Valais) ;
Les Chardons, lieu-dit (Valeyres-sous-Ursins, district d´Yverdon, Vaud) ;
Lanche des Chardons Bleus, lieu-dit en forêt (Epierre, Basse-Maurienne, Savoie).
Par féminisation du patronyme Chardon :
Les Chardonnes, maison isolée (Seyssel, Bugey, Ain).

Noms collectifs : chardonnière, lieu envahi de chardons :

Noms dérivés avec les suffixes collectifs -ay, -et, -ette, -ey, ancien français chardenoys, chardonet, chardonnay, cardonnei, chardonoi, « lieu couvert de chardons », bas latin cardonetum, « lieu où croissent les chardons » :
Chardève, Escherdevaz en 1240, ès Chardevaz en 1244, Chardena en 1292, Chardevaz en 1906, maison isolée en clairière (L´Isle, district de Cossonay, Vaud) ;
Chardoney, alpage ruiné de Bionaz, nom monté au Pic de Chardoney, 3282m, au Clacier du Chardoney, au Bec du Chardoney, 3407m, et au Col du Chardoney, 3185m (Alpes Pennines, Bagnes, district d´Entremont, Valais, et Bionaz, vallée d´Aoste).
Le Chardonnay, pâturage (Val Ferret, Orsières, district d´Entremont, Valais) ;
Le Chardonnet, pâturage (Vallorcine, vallée de l´Eau Noire, Haute-Savoie) ;
Le Chardonnet, quartier (Maxilly-sur-Léman, Chablais, Haute-Savoie) ;
Le Chardonnet, pâturage, Lacs du Chardonnet, Ruisseau du Chardonnet, affluent du Lac de Tignes, nom monté à la Pointe du Chardonnet 2870m (Tignes, Haute-Tarentaise, Savoie) ;
Aiguille du Chardonnet, sommet, 3680m, Col du Chardonnet, 3323m, et Glacier du Chardonnet (Massif du Mont-Blanc, Argentière, Haute-Savoie, et Val Ferret, Orsières, district d´Entremont, Valais) ;
Mont Chardonnet, sommet, 1405m (Ecole, Bauges, Savoie) ;
Les Chardonnets, pâturage, et Ruisseau des Chardonnets, affluent du Ruisseau de la Ponsonnière (Valloire, Maurienne, Savoie) ;
Les Chardonnettes, lieu-dit (Bessans, Haute-Maurienne, Savoie) ;
Chardonney, chardenai, « petit chardon » en 1223, Chardonnay au XIXème siècle, hameau (Montaubion-Chardonney, district de Moudon, Vaud) ;
Chardonney, alpage (Bionaz, vallée d´Aoste) ;
Chardonney-sur-Morges, Chardenai en 1225, Chardonne en 1324, village (Bussy-Chardonney, district de Morges, Vaud) ;
Cherdonney, lieu-dit (Saint-Triphon, Ollon, district d´Aigle, Vaud).

Avec le suffixe collectif -ière, vieux français chardonneire :
Chardonnière, alpage, et Torrent de Chardonnière (Samoëns, Faucigny, Haute-Savoie) ;
Pointe de Chardonnière, 2723m (Rochers des Fiz, Passy, Faucigny, Haute-Savoie) ;
Pointe des Chardonnières, 2442m (Samoëns, Faucigny, Haute-Savoie).

Diminutifs avec le suffixe -et, plutôt que de l´oiseau chardonneret :
Plan du Chardonneret, pâturage (Aussois, Haute-Maurienne, Savoie).

Avec le suffixe péjoratif -ouille :
Chardouilles, hameau (Mézières, district d´Oron, Vaud).

Voir aussi la forme patoise Tsardon.


Chardonne
Commune et village vaudois du district de Vevey, Cardona en 1001, Chardona vers 1150, Cardona et Carduna au XIIème siècle, Chardonnaz en 1554, probablement une ancienne *Villa Cardona, avec un anthroponyme romain Cardo ou Cardonus ;
Monts de Chardonne, lieu-dit dans la même commune.

Charette, Charettes, Charrettes
Pourrait être un dérivé de Charrière, ou du mot français charette, ou encore désigner la chute d´eau d´un moulin, du latin impérial cataracta, grec katarractès, « chute d´eau ».
Les Charettes, lieu-dit (Saint-Aubin, district de la Broye, Fribourg) ;
Vy des Charettes, lieu-dit (Payerne, Vaud) ;
Les Charrettes, lieu-dit (Penthéréaz, district d´Echallens, Vaud).
Du latin cataracta, « chute d´eau, écluse, barrage » :
Charette, ecclesia de Chaarata au XIIème siècle, Chareta au XIVème siècle, commune et village de L´Isle-Crémieu (Morestel, arrondissement de la Tour-du-Pin, Isère).


Chareyziat
D´un nom de domaine d´origine gallo-romaine *Ceresiacum, dérivé avec le suffixe -acum du gentilice Ceresius.
Chareyziat, Dominus Cheyreysiaci en 1468, Chareysiaz en 1512, Chareysia en 1650, Charaiziat sur la Carte de Cassini, hameau, et Forêt de Chareyziat (Saint-Etienne-du-Bois, Revermont, Ain) ;
Chareyziat, maison isolée (Priay, Bresse, Ain).

Chargeau, Chargeoir, Chargeou, Chargeoux, Chargerat,
Charges, Chargeur, Chargeux, Chargiaux, Chargieu,
Chargieux
Endroit où l´on chargeait le bois pour le transporter vers la vallée, ou plus généralement du foin, des récoltes, etc. Du français charger, latin carricare, dérivé de carrus, « char ».
Chargeau, lieu-dit (L´Isle, district de Cossonay, Vaud) ;
Le Chargeau, hameau (Vallée de la Manche, Morzine, Chablais, Haute-Savoie) ;
Le Chargeur, maisons isolées (Tignes, Haute-Tarentaise, Savoie) ;
Le Chargeur, ruines en forêt (Saint-Rémy-de-Maurienne, Basse-Maurienne, Savoie) ;
Combe du Chargeur, ravin (Pontamafrey-Montpascal, Maurienne, Savoie) ;
Le Chargeux, maison isolée (Montgellafrey, Basse-Maurienne, Savoie) ;
Le Chargeoir, alpage et forêt déclive (Le Pâquier, district du Val-de-Ruz, Neuchâtel) ;
Le Serre du Chargeoir, sommet, 2411 (Clavans-en-Haut-Oisans, Oisans, Isère) ;
Le Chargeou, maison isolée (Crémines, district de Moutier, Jura bernois) ;
Les Chargeoux, alpage (Muriaux, district des Franches-Montagnes, Jura) ;
Les Chargeoux, lieu-dit en forêt (Vatilieu, Sud du Grésivaudan, Isère) ;
Roches du Chargeoux, crête boisée (Soubey, district des Franches-Montagnes, Jura) ;
Les Charges d´en Bas et Les Charges d´en Haut, hameaux (Vailly, Chablais, Haute-Savoie) ;
Les Chargiaux, alpage (L´Etivaz, Château-d´Oex, Pays-d´Enhaut, Vaud) ;
Le Chargieu, hameau (Jarsy, Bauges, Savoie) ;
Chargieux, lieu-dit en forêt (La Tour, Faucigny, Haute-Savoie).
Peut-être de même origine :
Col de Chargerat, 2331m (Bagnes et Orsières, district d´Entremont, Valais).

En Valais, il peut s´agir de la prise d´eau d´un bisse :
Le Chargeur, maisona au pied du barrage de la Dixence, avait peut-être cette origine (Hérémence, district d´Hérens, Valais).


Chargne, Chargneux, Charne, Charnet, Charneuse,
Charnia, Charniaz, Charnier, Charnire, Charny,
Cherna, Chernay, Cherne, Chernex, Chorchelin
Chêne, chênaie, du patois charne, « chêne », soit de l´ancien français chasne, chesne, « chêne », par rhotacisme, soit selon Gros du latin querna [silva], quernea [silva], « [forêt] de chênes ». Aussi, oïl et franco-provençal charne, « charme ».
Certains de ces noms ont désigné un cimetière ou un lieu d´abattage, vieux français charnier, « cimetière ; lieu où l´on garde les viandes salées ».
La Chargne, maisons isolées (Abondance, Val d´Abondance, Haute-Savoie) ;
Le Charne, alpage (Cordon, Haut-Faucigny, Haute-Savoie) ;
La Cherne, maison isolée (La Forclaz, Ormont-Dessous, district d´Aigle, Vaud).
Dérivés avec les suffixes collectifs -au, -et, -ex, -y, -ey, latin quercinetum, d´où *quernetum, quarnetum, carnetum :
Le Charnet, maison isolée (Les Arcs, Bourg-Saint-Maurice, Haute-Tarentaise, Savoie) ;
Le Charny, Le Charnier vers 1730, maisons isolées (Vallée de la Manche, Morzine, Chablais, Haute-Savoie) ;
Charny, lieu-dit, lieu d´un ancien cimetière utilisé pendant les épidémies, notamment pendant la peste qui décima la région à plusieurs reprises (Saint-Jeoire, Faucigny, Haute-Savoie) ;
Le Chernay, hameau (Val-d´Illiez, district de Monthey, Valais) ;
Chernex, Cherney en 1317, aussi Charnex en 1906, village (Montreux, district de Vevey, Vaud).

Avec le suffixe d´abondance -eux, -euse :
Chargneux dessous et Chargneux dessus, alpages (Bonnevaux, Val d´Abondance, Haute-Savoie) ;
Charneuse, hameau (Poisy, Annecy, Haute-Savoie).

Avec les suffixes collectifs -ier, -ire, bas latin *quercinarium, quernarium, quarnerium :
Le Charnier, alpage (Abondance, Val d´Abondance, Haute-Savoie) ;
Coin Charnier, lieu-dit en montagne, pâturage, Ruisseau de Coin Charnier, affluent du Ruisseau des Combes, nom monté au Glacier de Coin Charnier et aux Pointes de Coin Charnier, 3232m (Valjouffrey, Valbonnais, Isère) ;
Charnire, lieu-dit (Montagny-les-Lanches, Annecy, Haute-Savoie).

Avec les suffixes collectifs patois -a, -od, -oz :
La Charnia, Charnea en 1497, aussi La Charnée en 1935, et La Chesnaye dans certains documents, maisons isolées (Bellecombe-en-Bauges, Bauges, Savoie) ;
La Charniaz, Chernea en 1246, La Charnia au XIXème siècle, hameau (Bonne, Annemasse, Haute-Savoie) ;
La Charniaz, maisons isolées en clairière (Verchaix, Faucigny, Haute-Savoie) ;
La Cherna, lieu-dit en forêt (Ayer, Val d´Anniviers, Valais).

Avec le suffixe diminutif -elin, latin querquelinus :
Chorchelin, Cherchelin en 1935, lieu-dit en forêt (Ugine, Val d´Arly, Savoie).

Voir aussi Echarny.


Charinaz, Charine
Probablement d´un nom de domaine d´origine gallo-romaine *villa Carina, par féminisation du cognomen Carinus.
La Charinaz, hameau, et Ruisseau de la Charinaz (Assieu, Pays viennois, Isère) ;
Charinaz le Haut et Le Bas Charinaz, Charina en 1436, Charinaz d´en Bas et Charinaz d´en Haut en 1911, hameaux, et Le Bois de Charinaz, forêt (Bohas-Meyriat-Rignat, Revermont, Ain) ;
Bief de Charine, canal (Saint-Etienne-du-Bois, Revermont, Ain).

Chariondes, Charondes, Charriondaz, Charrionde, Chauriande,
Chaurionde, Chauronde, Chaux Rionde, Chaux Ronde
Pâturage rond, composé de Cha, Chaux, et de Riande, Rionde.
Chariondes, lieu-dit en forêt (Charix, Haut-Bugey, Ain) ;
Les Charondes, lieu-dit en forêt (Belmont-Luthézieu, Valromey, Ain) ;
Chariondes, lieu-dit en forêt (Martignat, Haut-Bugey, Ain) ;
Pont de Charriondaz, Charrionda en 1935, sur le Torrent du Ribon (Bessans, Haute-Maurienne, Savoie) ;
Charrionde, lieu-dit en forêt (Chavanod, Annecy, Haute-Savoie) ;
Pointe de Chauriande, 2173m (Massif de la Tournette, Bornes, Haute-Savoie) ;
Croix de Chaurionde, croix (La Ferrière, Belledone, Isère) ;
Pointe de Chaurionde, 2173m (Seythenex, Bauges, Haute-Savoie) ;
Ruisseau de la Chauronde, affluent du Brevon (Bellevaux, Chablais, Haute-Savoie) ;
Chaux Rionde, petit sommet rond en forêt (Arandas, Bugey, Ain) ;
Chaux Ronde, alpage (Bretaye, Ollon, district d´Aigle, Vaud).

Charité
La Charité, lieu-dit de la commune de Saint-Jean-de-Maurienne (Savoie), Lancessey avant 1647, domaine légué à cette date par Pierre du Verney aux pauvres de cette commune [Gros].

Charlettes, Charlotte
Par féminisation des patronymes Charlet, Charlot, diminutifs de Charles, voir Caroline.
Les Charlettes, maison isolée (La Sagne, district de la Chaux-de-Fonds, Neuchâtel) ;
La Charlotte, hameau (Sallanches, Haut-Faucigny, Haute-Savoie).

Charluat
Nom de deux hameaux de l´Ain qui paraît venir du latin carus locus, « cher lieu », où Lieu indiquerait la présence d´un établissement religieux, cf. l´abbaye de Charlieu, Abbas Cariloci en 887.
Charluat, De Caroloco en 1264, Charliaco au XIIIème siècle, Charlua en 1847, hameau (Dompierre-sur-Veyle, Bresse, Ain) ;
Charluat, De Karoloco en 1314, De Cariloco vers 1335, Cherlua en 1345, Chierlua vers 1410, Charluat sur la Carte de Cassini, Le Grand Charlua et Le Petit Charlua en 1911, hameau (Saint-Martin-Le-Châtel, Bresse, Ain).

Charmigny
Lieu-dit du vignoble de la commune de Chardonne, district de Vevey (Vaud), nom d´origine gallo-romaine *Carminiacum, dérivé avec le suffixe -acum d´un gentilice Carminius [Jaccard].

Charnage
Probablement dérivé par aphérèse de écharnage, terme de tannerie : c´est l´élimination des parties grasses du derme.
Charnage, hameau (Chens-sur-Léman, Bas-Chablais, Haute-Savoie).
Voir aussi Acharnage.


Charnècles
Commune et village du Pays voironnais (Rives, arrondissement de Grenoble, Isère), in Charnuclo au XIIIème siècle, de Charneclo et de Charnusclo au XIVème siècle, d´un nom de personne probablement dérivé du franco-provençal tsarnéklo, « terme injurieux pour désigner un enfant grossier » [Nègre 1990].

Charnod, Charnoz-sur-Ain
Peut-être d´un nom de personne romain Carenus, avec le suffixe -oscus [Nègre 1990].
Charnod, Charno en 1295, aussi Charnod, Charnu, puis Charnoz au XIXème siècle, hameau (Desingy, Genevois, Haute-Savoie) ;
Charnoz-sur-Ain, Charnauz en 1253, Charnoux vers 1325, Charnaux en 1409, Charnoz en 1536, commune et village de la Dombes (Meximieux, arrondissement de Bourg-en-Bresse, Ain).

Charoubez
Lieu-dit jurassien du district des Franches-Montagnes, commune de Soubey, dont le nom pourrait dériver de Essart et de Biez, qui s´expliquerait par la présence d´un ravin arrosé par un ruisseau. Ce serait donc « l´Essert au biez », devenu Cheroubiez, puis Charoubez.

Charpigny
Maison isolée près de Saint-Triphon, commune d´Ollon, district d´Aigle (Vaud), Cherpinnie en 1214, Charpigniacum en 1235, Charpignie en 1240, nom de domaine d´origine gallo-romaine *Carpenniacum, dérivé avec le suffixe -acum du gentilice Carpennius [Jaccard].

Charreratte, Charrératte, Charrère, Charrière, Charrière-Neuve,
Charrières
Vieux français charrière, ancien français char[r]iere, « route, voie carossable, route charretière, chemin carrossable, chemin rural où les charettes peuvent passer », latin vulgaire carraria [via], « route à chars, voie où les chars peuvent passer », du gaulois carros latinisé en carrus, « chariot, fourgon, », racine indo-européenne *kers-, « courir ». Charrière est aussi un patronyme.
Charrière, hameau (Francin, Combe de Savoie, Savoie) ;
La Charrière, hameau (Saint-Cergues, la Côte en Chablais, Haute-Savoie) ;
Charrière Bas et Charrière Haut hameaux (Thusy, Albanais, Haute-Savoie) ;
Charrière Chaude, hameau (Argentine, Basse-Maurienne, Savoie) ;
Charrière-Neuve, quartier (Chambéry, Savoie) ;
La Charrière Neuve, route (Savagnier, district du Val-de-Ruz, Neuchâtel) ;
La Charrière-Neuve, quartier (Bissy, Chambéry, Savoie) ;
Grand Charrière, lieu-dit déclive (Montmin, Bornes, Haute-Savoie) ;
La Grande Charrière, lieu-dit (Grièges, Bresse, Ain) ;
Les Charrières, lieu-dit (Penthalaz, district de Cossonay, Vaud) ;
Les Combes Charrières, lieu-dit en forêt (Massongex, district de Saint-Maurice, Valais) ;
Croix des Charrières, croix (Saint-Alban-des-Villards, Maurienne, Savoie) ;
Pont de la Charrière, sur le Ruisseau des Combes (Le Bourget-du-Lac, Aix-les-Bains, Savoie) ;
Quart Charrière, hameau (Vailly, Chablais, Haute-Savoie) ;
Ruisseau de la Charrière, affluent de l´Isère (Aime, Tarentaise, Savoie) ;
Les Grandes Charrières, lieu-dit (Chavannes-sur-Reyssouze, Bresse, Ain) ;
Les Quatre Charrières, hameau (Saint-Didier-d´Aussiat, Bresse, Ain) ;
Sur les Charrières, maisons isolées (Pont-la-Ville, district de la Gruyère, Fribourg) ;
Vieille Charrière, maison isolée (Lamboing, district de la Neuveville, Jura bernois) ;
Vieilles Charrières, chemin (Courtelary, Jura bernois).
Forme patoise :
La Charrère, hameau (Saint-Pierre, vallée d´Aoste) ;
Charrère, hameau (Verrayes, vallée d´Aoste).

Diminutifs formés avec le suffixe jurassien -atte :
Charreratte, lieu-dit (Delémont, Jura) ;
Charrératte, maisons isolées (Undervelier, district de Delémont, Jura).

Charrière est aussi un patronyme très répandu, comme dans le cas suivant :
Champs Charrière, maison isolée (Grandval, district de Moutier, Jura bernois).


Charret, Charretier, Charretière, Charretières, Charrets
Chemin charretier dans les champs ou patronyme Charret.
Le Charret, lieu-dit (Lescheroux, Bresse, Ain) ;
Le Charret, aussi Le Sarret en 1911, hameau (Saint-Julien-sur-Reyssouze, Bresse, Ain) ;
Pont du Charret, pont sur la Reyssouze (Malafretaz, Bresse, Ain) ;
Les Charrets, lieu-dit en forêt (Enges, Neuchâtel).
Adjectif français charretier, charretière, par où peut passer une charrette, ou adjectivisation du patronyme Charret :
Bois Charretier, lieu-dit en forêt (Huez, Oisans, Isère) ;
Charretière, hameau (Beaufort, Chambaran, Isère) ;
Etang Charretière (Saint-Nizier-le-Désert, Dombes, Ain) ;
Les Charretières, lieu-dit (Tramoyes, Dombes, Ain).


Charron
Hameau de la commune de Champagne-en-Valromey (Valromey, Ain), De Charono en 1330, Charon en 1345, patronyme issu d´un nom de métier.

Charrot
Hameau de la commune de Bardonnex (Genève), zum cherrot en 1545, vers chez les cherrot en 1571, chez Charrot en 1719, Char[r]ost en 1810, Charot sur la Carte de Cassini, du nom d´une famille attesté dans la région dès 1345, nom issu du patois Çhartà, Çharotâ, Çharoton, « charette, charrier, charretier » [Mégard], cf. le vieux français charrot, « charriot » ou « charroi ».

Charrotons
Les Charrotons, lieu-dit de la commune de Plan-les-Ouates (Genève), d´un patronyme Charroton attesté depuis le XIVème siècle (Jacques Charroton, bourgeois de Genève en 1483), anciennes graphies Charrotoun en 1397, Charrotton en 1403, nom qui dérive du patois Çharoton nom de métier, « charretier, personne qui conduit une charette ».

Chartreuse
Massif montagneux des départements de l´Isère et de la Savoie, nom latin Carthusia ou Cartusia, qui a donné son nom à un couvent fondé en 1084 par Saint Bruno, La Grande-Chartreuse, en latin Carthusia grandis et Carthusia magna, Domus Carthusiae en 1151, Cartussia et Carthusie au XIème siècle, Cartusia et Chartusia au XIIIème siècle.
Chartreuse du Reposoir, voir Reposoir (Le Reposoir, Bornes-Aravis, Haute-Savoie).

Chartreuse, Chartreux, Chartrosse, Chartrosses
Peut-être une ancienne possession de moines chartreux.
La Chartreuse, hameau (Sonnaz, Chambéry, Savoie) ;
Les Chartreux, hameau (Tignes, Haute-Tarentaise, Savoie).
Vieux français chartrosse, « chartreuse » :
La Chartrosse, ancien lieu-dit (Murs-et-Gélignieux, Bugey, Ain) ;
Les Chartrosses, vigne aux chartreux de la Valsainte en 1778, lieu-dit (Blonay, district de Vevey, Vaud).


Charvensod
Commune et village de la vallée d´Aoste, avec le suffixe -od, d´un nom de domaine [fundus] *Calventiottus ou fundus *Calventioscus, issu du nom d´un prétorien Calventius dérivé de Calvus.

Charvieu, Charvieux
D´un nom de domaine d´origine gallo-romaine *Calviacum, dérivé avec le suffixe -acum du gentilice Calvius, dérivé de calvus, « chauve ».
Charvieu, villa Chalveu au XIIIème siècle, ancien village et commune jusqu´en 1961 qui fait maintenant partie de Charvieu-Chavagneux, chef-lieu de la commune du même nom dans L´Isle-Crémieu (Pont-de-Chéruy, arrondissement de Vienne, Isère) ;
Charvieu-le-Haut, hameau de la commune de Charvieu-Chavagneux ;
Charvieux, Charvieu en 1304, Charveu et Charviouz en 1314, hameau (Conand, Bugey, Ain).

Charvonnex
Commune et village du Genevois (Haute-Savoie), villa Calvonacum en 1031-1032, Charvonnex-en-Genevois jusqu´en 1860, puis Charvannex, d´un nom de domaine d´origine gallo-romaine *Calvoniacum, dérivé avec le suffixe -acum du gentilice Calvonius.
Remarque : le nom villa Calvonacum mentionné dans un acte de dotation de la reine Ermengarde en faveur de l´abbaye de Talloires de 1031-1032 a été attribué au hameau d´Echarvines situé à proximité de Talloires ; or cette localité est mentionnée dans le même document sous le nom d´Escalvina.

Chasal, Chasau, Chasaux, Chazal, Chazale,
Chazales, Chazay, Chazeau, Chazeaux, Chazel,
Chazelet, Chazelle, Chazelles, Chesal, Chésal,
Chesalet, Chesalette, Chesaley, Chésalles, Chesalles,
Chesalles-sur-Moudon, Chesalles-sur-Oron, Chesallet, Chesard, Chésard,
Chesau, Chesaudes, Chesaux, Cheseau, Chéseau,
Cheseaux, Chéseaux, Cheseaux-Noréaz, Chésel, Cheseule,
Chesex, Chesod, Chézard, Chézards, Chézeau,
Chezette, Chosal, Chosalet, Chosalets, Chosals,
Chosaux, Choseau, Choseaux, Chozalan, Chozallet,
Chozallets, Chozeau
Maison, terrain à bâtir, ruines d´une maison, voir chesal. Certains de ces noms sont aussi des patronymes.
Vieux français chésal, pluriel cheseaulx :
Le Chésal, hameau (Saint-Brais, district des Franches-Montagnes, Jura).

Ancien français chasal, chasaul, chazel, chazeau, chesal, chesau, cheseau, « bourg, château, domaine, ferme, métairie, manoir entouré de terre propre à cultiver » :
Le Chasal, maisons isolées en clairière (Villaroger, Tarentaise, Savoie) ;
Le Chasal, lieu-dit en forêt (Cornillon-en-Trièves, Trièves, Isère) ;
Granges du Chasau, maisons isolées (Thoiry, Bauges, Savoie) ;
Chasaux, lieu-dit (Ambronay, Bugey, Ain) ;
Les Chasaux, lieu-dit (Villieu-Loyes-Mollon, Dombes, Ain) ;
Granges des Chasaux, maisons isolées (Murianette, Pays grenoblois, Isère) ;
Chazal, lieu-dit (Pellafol, Beaumont, Isère) ;
Granges de Chazay, in Casalibus au XIVème siècle, maisons isolées en clairière, nom monté au Crêt de Chazay, 953m (Les Adrets, Belledonne, Isère) ;
Chazeau, Chazaus en 1286, Chasaulx en 1494, hameau (Saint-Sulpice, Bresse, Ain) ;
Chesau, hameau, Pra Chesau, lieu-dit, et Mont Chesau, colline, 982m (Puidoux, district de Lavaux, Vaud) ;
Le Chazeau, lieu-dit, et Ravin du Chazeau, vallon (Montfalcon, Chambaran, Isère) ;
Les Chazeaux, lieu-dit en forêt (Treffort-Cuisiat, Revermont, Ain) ;
Le Chesau, maison isolée (Le Châtelard, district de la Glâne, Fribourg) ;
Chesau, hameau (Antey-Saint-André, vallée d´Aoste) ;
Chesaux, lieu-dit (Cugy, district d´Echallens, Vaud) ;
Chesaux ou Cheseau, maisons isolées (Rossens, district de la Sarine, Fribourg) ;
Cheseau Lèvre, maison isolée (Hauteville, district de la Gruyère, Fribourg) ;
Chéseau, maison isolée (Morlon, district de la Gruyère, Fribourg) ;
Cheseaux, Chesaut en 1174, Chesaulx, village (Cheseaux-Noréaz, district d´Yverdon, Vaud) ;
Les Cheseaux, hameau (Thénésol, Combe de Savoie, Savoie) ;
Cheseaux-Noréaz, Chesaut Nobraia en 1174, commune et village (District d´Yverdon, Vaud) ;
Cheseaux-sur-Lausanne, Chesaus en 1228, commune et village (District de Lausanne, Vaud) ;
Trois Cheseaux, maison isolée (Billens-Hennens, district de la Glâne, Fribourg) ;
Les Chéseaux, hameau (La Sagne, district de la Chaux-de-Fonds, Neuchâtel) ;
Les Chéseaux, es Chesaulx de Vermondens en 1441, lieu-dit (Boudry, Neuchâtel) ;
Chésel, maison isolée (Bourrignon, district de Delémont, Jura) ;
Chesex, hameau (Troistorrents, district de Monthey, Valais) ;
Plan Chézeau, lieu-dit en forêt (Bonvillard, Combe de Savoie, Savoie).

Romand chesal :
Le Chesal, hameau (Rougemont, Pays-d´Enhaut, Vaud).

Avec les suffixes diminutifs -et, -ette, -ey, latin casaletum :
Chesalet, lieu-dit (Troistorrents, district de Monthey, Valais) ;
Chesalet, alpage (Saint-Rhémy-en-Bosses, vallée d´Aoste) ;
Le Chesalet, ruines (La Léchère, Tarentaise, Savoie) ;
Chesaley, ferme isolée (Marsens, district de la Gruyère, Fribourg) ;
Chesallet, nom patois Tsezalet, hameau (Sarre, vallée d´Aoste).

Diminutif avec le suffixe -ette :
La Chezette, lieu-dit (Vouvry, district de Monthey, Valais).

Avec le suffixe diminutif -eule :
Cheseule, pâturage avec ferme (Le Flon, Vouvry, district de Monthey, Valais).

Avec le suffixe -ard :
Chesard, hameau (Grandcour, district de Payerne, Vaud) ;
Chésards, lieu-dit (Commeire, Orsières, district d´Entremont, Valais) ;
Grand-Chézard et Petit-Chézard, Chesas en 1285, Chesays en 1324, Chesair en 1328, Chesar en 1349, villages, et Montagne de Chézard, pâturage (Chézard-Saint-Martin, district du Val-de-Ruz, Neuchâtel) ;
Les Chézards, lieu-dit en forêt (Ballaison, Bas-Chablais, Haute-Savoie).

Avec le suffixe -aude :
Les Chesaudes, lieu-dit (Forel, district de Lavaux, Vaud).

Avec le suffixe valdôtain -od :
Chesod, hameau (Torgnon, vallée d´Aoste).

Patois savoyard chosal, « petit groupe de maisons, surtout maisons en ruines dont il ne reste que des pans de murs » [Gros] :
Le Chosal, hameau (Cohennoz, Val d´Arly, Savoie) ;
Les Chosals, lieu-dit (La Côte d´Arbroz, Faucigny, Haute-Savoie) ;
Les Chosaux, Les Chézaux en 1935, ruines (Queige, Beaufortain, Savoie) ;
Le Choseau, maisons isolées (Vallon de Montriond, Chablais, Haute-Savoie) ;
Les Choseaux, hameau (Manigod, Bornes-Aravis, Haute-Savoie) ;
Chozeau, Chasaux au XIIIème siècle, commune et village de L´Isle-Crémieu (Crémieu, arrondissement de la Tour-du-Pin, Isère).

Avec le suffixe diminutif -et :
Le Chosalet, hameau (Saint-Pancrace, Arvan, Savoie) ;
Les Chosalets, hameau, et Bois des Chosalets, forêt déclive (Chamonix-Mont-Blanc, vallée de Chamonix, Haute-Savoie) ;
Chalets des Chosalets, maisons isolées (Abondance, Val d´Abondance, Haute-Savoie) ;
Chozallet, maisons isolées (Mieussy, Faucigny, Haute-Savoie) ;
Les Chozallets, maisons isolées en clairière (Villard-sur-Doron, Beaufortain, Savoie).

Avec le suffixe -an :
Chozalan, hameau (Demi-Quartier, Haut-Faucigny, Haute-Savoie).

Dans la Basse-Broye et le Vully, chesau signifie « chenevière ; verger » :
Le Chesau, lieu-dit sans construction (Forel, Vernay, district de la Broye, Fribourg).

Patois féminin chesalle, « petite hutte », avec le suffixe diminutif -alle, dérivé du bas latin casella, « maisonnette », casula, casulula, « petite maison ; église ; chapelle », diminutif de casa, « cabane, chaumière, hutte » ; Chazel, Chazelle sont aussi des patronymes :
Chazale, hameau (Chézery-Forens, Pays de Gex, Ain) ;
Les Chazales, ancienne ferme (Collonges, Pays de Gex, Ain) ;
Bois Chazel, petite forêt (Savigneux, Dombes, Ain) ;
Chazelet, hameau ( Villars-les-Dombes, Dombes, Ain) ;
Chazelle, maisons isolées, et Etang Chazelle (Bouligneux, Bresse, Ain) ;
La Chazelle, lieu-dit (Villette-sur-Ain, Dombes, Ain) ;
Bois du Chazelle, lieu-dit en forêt (Pizay, Dombes, Ain) ;
Chazelles, Casellas en 984, De Chasellis en 1259, hameau (Saint-Etienne-sur-Chalaronne, Dombes, Ain) ;
Chesalles, lieu-dit (Billens-Hennens, district de la Glâne, Fribourg) ;
Chesalles-sur-Moudon, Chesales en 1273, commune et village (District de Moudon, Vaud) ;
Chesalles-sur-Oron, Caselles et Chaselles vers 1150, commune et village (District d´Oron, Vaud) ;
Chésalles, Cheseles en 1146, ancienne commune et village (Marly, district de la Sarine, Fribourg).

Avec le suffixe diminutif -ette :
Chesalette, pâturage (Charmey, district de la Gruyère, Fribourg).

Voir aussi Tsezaux.


Chasseforêt
Lac de Chasseforêt, Col de Chasseforêt, 3497m, Dôme de Chasseforêt, 3586m, et Glacier du Dôme de Chasseforêt (Termignon, Haute-Maurienne, Savoie), probablement composé du franco-provençal chasse, « chêne », voir Chasse, et Forêt ; le nom serait monté d´une forêt de chênes aujourd´hui disparue.

Chasselard, Chatelard, Châtelard, Châtelards, Chatelaret,
Châtelaret, Chatelier, Châtellair, Chatellaret, Châtelleret,
Châtellière
1. Emplacement d´une forteresse ou d´un camp fortifié. Roman châtelard, « château-fort, agglomération de maisons, village ou bourg auprès d´un château », du latin populaire castellare, castellarium, « lieu retranché, forteresse, souvent sur l´emplacement d´un ancien retranchement celtique sur une colline », du latin castellum.
Le Châtelard, Castellarii en 1456, château et quartier (Montreux, district de Vevey, Vaud) ;
Le Châtelard, Castellarium vers 1095, Castellard en 1216, de Castellario in Bogiis et Catellarii Boviciarum en 1324, Cura de Castellario vers 1344, Castellania Castellarii en 1356, canton, commune et village des Bauges (Arrondissement de Chambéry, Savoie), et La Montagne du Châtelard, forêt déclive dans la même commune ;
Le Châtelard, Castrum dou Chastellars en 1277, Castellarium en 1299-1369, Le Chastellart lez Chastillon en Dombes en 1402, Le chasteau du Chastelard en Dombes en 1650, Chastellenia de Chastellard en 1693, partie de la commune de La Chapelle-du-Châtelard (Dombes, Ain) ;
Le Châtelard, versus Castellarium damon en 1475, hameau (Saint-Martin-d´Arc, Maurienne, Savoie) ;
Châtellair, hameau (Doues, vallée d´Aoste).
Avec le suffixe diminutif -et :
Le Châtelaret, lieu-dit près du Châtelard (Finhaut, district de Saint-Maurice, Valais) ;
Chatelaret, hameau (Saint-Didier-de-la-Tour, La Tour-du-Pin, Isère) ;
Chatellaret, maison isolée (La Chapelle-Saint-Maurice, Annecy, Haute-Savoie) ;
Le Châtelleret, pâturage (Saint-Christophe-en-Oisans, Oisans, Isère).

Patronyme Chatelier, par transfert :
Le Chatelier, maisons isolées (Miribel-les-Echelles, Chartreuse, Isère).

Par féminisation du patronyme Chatelier :
La Châtellière, quartier (Bernin, Grésivaudan, Isère).

2. Eminence, colline, hauteur, sommet, par métaphore.
Le Chatelard, le Chastellar en 1441, au Chastellard en 1530, le Chatelard en 1699, hameau (Bôle, district de Boudry, Neuchâtel) ;
Le Châtelard, sommet, 2356m, et Montagne du Châtelard, pâturage (Lanslevillard, Haute-Maurienne, Savoie) ;
Le Grand Châtelard, Chastellar en 1554, et Le Petit Châtelard, Chastellaret en 1554, Chatellaret en 1935, 2816m, bastions rocheux (Aussois, Haute-Maurienne, Savoie) ;
Col du Châtelard, 2382m (Hermillon, Maurienne, et Saint-Martin-de-Belleville, Tarentaise, Savoie) ;
Les Châtelards, alpage, Tête des Châtelards antécime, 1822m, Torrent des Châtelards, affluent de l´Hongrin (Rossinière, Pays-d´Enhaut, Vaud).

Dérivé de Chastellar par assimilation de rst en ss :
Le Chasselard, aux Chastellars jouxte l´eau du Glandon en 1580, ancien lieu-dit (Saint-Alban-des-Villards, Maurienne, Savoie) ;
Le Chasselard, lieu-dit (Chavannes-sur-Suran, Revermont, Ain) ;
Le Chasselard, ferme isolée (Montferrat, Valdaine, Isère).


Chasselay, Chichilianne
D´un nom de domaine d´origine gallo-romaine dérivé du gentilice Cascellius.
Avec le suffixe -acum :
Chasselay, ecclesia de Chasselai au XIème siècle, commune et village du Sud du Grésivaudan (Vinay, arrondissement de Grenoble, Isère) [Nègre 1990].

Dérivé de *[villa] Cascelliana avec le suffixe -ana :
Chichilianne, Chaysilliana et Chaysillana in Triviis au XIIIème siècle, commune et village du Trièves (Clelles, arrondissement de Grenoble, Isère).


Chasseral, Chasseralle
Territoire de chasse, dérivé de chasse, avec les suffixes collectif -er et diminutif -al[le]. Ces termes pourraient aussi être des diminutifs dérivés de saxum, « rocher », par une forme intermédiaire *Sasseral [Kraege 2001].
Le Chasseral, nom allemand Gestler, sommet, 1607m (Nods, district de La Neuveville, et Cormoret, district de Courtelary, Jura bernois), Petit Chasseral, sommet, 1571m (Cormoret, district de Courtelary, Jura bernois) ;
Pâturage de Chasseral, lieu-dit (Nods, district de la Neuveville, Jura bernois) ;
La Chasseralle, la Chasserelle en 1545, la Chasseralle en 1597, la Chasserala en 1818, lieu-dit en forêt (Boudry, Neuchâtel).

Chasseron
Seraient d´anciens *Sucheron, diminutif avec le suffixe -on de Suche. Pour Kraege 2001 ce sont d´anciens *Sasseron, de même origine que Chasseral.
Chasseron, sommet, 1606m (Bullet, district de Grandson, Vaud) ;
Chasseron, lieu-dit (Combremont-le-Petit, district de Payerne, Vaud).

Chasse-sur-Rhône
Commune et village du Pays viennois (Vienne-Nord, arrondissement de Vienne, Isère), Chasse, Chassen et Chasses au XVème siècle, probablement du franco-provençal chasse, « chêne », voir Chasse.

Chasseur, Chasseurs
Individu qui pratique la chasse, français chasse, déverbal de chasser, latin vulgaire *captiare, du latin captare, « chercher à saisir », fréquentatif de capere, « prendre, saisir ».
Pas du Chasseur, passage délicat (Zinal, Val d´Anniviers, Valais) ;
Les Chasseurs, lieu-dit (Cranves-Sales, Annemasse, Haute-Savoie) ;
Col des Chasseurs, 2520m (Val Montjoie, Haute-Savoie, et Beaufortain, Savoie).

Chassieu, Cheissan, Chessel, Chesseley, Chessieux,
Chessy, Cheyssieu, Chissiez
Noms de domaines d´origine gallo-romaine dérivés du gentilice Cassius.
Avec le suffixe -anus :
Cheissan, hameau (Emarèse, Vallée d´Aoste).

Avec le suffixe -acum :
Chassieu, lieu-dit (Ceyzérieu, Bugey, Ain) ;
Chessieux, De Cassiaco vers 1170, Chaisiaco en 1220, Chaysie en 1247, Chaissieu en 1275, Parrochia de Chaysseu en 1285, Chayssiacus en 1329, Chaysiacus en 1364, Cheyssiacus en 1385, hameau, et Moulin de Chessieux (Lagnieu, Bugey, Ain) ;
Chessy, Chissiez en 1414, alpage (Le Molard, Montreux, district de Vevey, Vaud) ;
Chessy, Chessie en 1301, Chissy au XIXème siècle, maison isolée (Allinges, Bas-Chablais, Haute-Savoie) ;
Chessy, hameau (Mûres, Albanais, Haute-Savoie) ;
Cheyssieu, Cassiacus au IXème siècle, Cassiaco villa au Xème siècle, Chaselas au XIIème siècle, commune et village du Pays viennois (Roussillon, arrondissement de Vienne, Isère) ;
Chissiez, Eschisie avant 1185, Eschis[s]iacum vers 1200, Eschissie en 1290, Chissye en 1510, Chissey en 1518, Chissy en 1536, Chissiez en 1557, ancien couvent de religieuses dominicaines, aujourd´hui quartier et rue de la ville de Lausanne (Vaud).

Peut-être de même origine :
Chesseley, lieu-dit (Ollon, district d´Aigle, Vaud).


Chassignieu
Commune et village (Virieu, arrondissement de la Tour-du-Pin, Isère), d´un nom de domaine d´origine gallo-romaine dérivé avec le suffixe -acum du gentilice Cassenius [Nègre 1990].

Chassot, Chassotte, Chassottes
Patronyme Chassot.
Chez Chassot, hameau (Chavanod, Annecy, Haute-Savoie).
Par féminisation du patronyme Chassot :
La Chassotte, ancienne ferme isolée, maintenent une banlieue de Fribourg (Givisiez, district de la Sarine, Fribourg) ;
Chassottes, lieu-dit (Saint-Vincent-de-Mercuze, Grésivaudan, Isère).


Chastel, Chastels, Château, Château-Bernard, Châteaux,
Chatel, Châtel, Châtel-André, Châtelat, Châtelet,
Châtelets, Chateleysine, Châtelis, Chatelle, Châtelle,
Châtelot, Châtel-Saint-Denis, Châtel-sur-Montsalvens, Châtelus
1. Château, petit château pour défendre une voie de communication, vieux français chastel, du latin castellum.
Chastel, lieu-dit (Zeneggen, district de Viège, Valais) ;
Chastels, aussi Cathy et Catty, nom allemand Kastels, hameau (Guin, district de la Singine, Fribourg) ;
Le Château, domaine (Ependes, district de la Sarine, Fribourg) ;
Le Château, probablement ou Chastel dessus la Porte en 1564, Chatel en 1935, lieu-dit (Saint-Martin-de-la-Porte, Maurienne, Savoie) ;
Au Château, hameau (Saconnex d´Arve Dessus, Plan-les-Ouates, Genève) ;
Creux Château et Plan Château, pâturages (Salanfe, Evionnaz, district de Saint-Maurice, Valais) ;
Château-Bernard, castrum Bernart au XIIIème siècle, mandamentum Castri Bernardi au XIVème siècle, commune et village du Trièves (Monestier-de-Clermont, arrondissement de Grenoble, Isère) ;
Les Châteaux, colline où se trouvent les deux château d´Allinges (Allinges, Bas-Chablais, Haute-Savoie) ;
Le Chatel, lieu-dit (Albiez-le-Vieux, Maurienne, Savoie) ;
Châtel, commune et village du Val d´Abondance (Abondance, arrondissement de Thonon-les-Bains, Haute-Savoie) ;
Vieux Châtel, lieu-dit (Châtel-Saint-Denis, district de la Veveyse, Fribourg) ;
Le Châtel, Chatelard en 1764, hameau (Bex, district d´Aigle, Vaud) ;
Le Châtel, Prioratus Sancte Marie de Castro en 1184, Capellanus Sancte Marie de Castro Armelionis et Castrum Armelionis en 1269, Parrochia Beate Marie castri Hermelionis en 1407, commune et village de la Maurienne (Arrondissement de Saint-Jean-de-Maurienne, Savoie) ;
Le Châtel, probablement Châtel-sur-Saint-Michel en 1935, hameau (Sollières-Sardières, Haute-Maurienne, Savoie) ;
Châtel-André, lieu-dit et château (Saint-Marie-de-Cuines, Maurienne, Savoie) ;
Châtel-Saint-Denis, autrefois Saint-Denis de Fruence, villa nova de la fin du XIIIème siècle, ancien nom allemand Kastels Sankt Dionys, commune et village (District de la Veveyse, Fribourg) ;
Châtel-sur-Montsalvens, Chastel propre Montservens en 1388, nom allemand Kastels ob Montsalvens, commune et village (District de la Gruyère, Fribourg) ;
Vieux Châtel, ancienne motte, maisons isolées (Pont-en-Ogoz, district de la Gruyère, Fribourg).
Formes féminines venant du pluriel neutre pris pour un féminin castella :
La Chatelle, lieu-dit (Sainte-Hélène-du-Lac, Montmélian, Combe de Savoie, Savoie) ;
La Châtelle, lieu-dit (Bex, district d´Aigle, Vaud).

Diminutifs avec le suffixe -et, bas latin castelletum, « châtelet » :
Châtelet, alpage, nom monté à la Becca de Châtelet, sommet, 3208m (Bionaz, vallée d´Aoste) ;
Le Châtelet, hameau et ruisseau affluent du Rhône (Satigny, Genève) ;
Le Châtelet, Domus fortis de Castelleto en 1288, Chatellet en 1446, Chastellet en 1536, Le Grand Châtelet et Le Petit Châtelet sur la Carte de Cassini, hameau (Saint-Etienne-du-Bois, Revermont, Ain) ;
Les Châtelets, hameau (Saint-Aubin-Sauges, district de Boudry, Neuchâtel).

Avec le suffixe diminutif -ot :
Le Châtelot, lieu-dit (Les Planchettes, district de la Chaux-de-Fonds, Neuchâtel).

Avec le suffixe collectif -is :
Les Châtelis, lieu-dit (Martigny-Combe, district de Martigny, Valais).

Avec le suffixe diminutif jurassien -at :
Châtelat, Schestellat en 1335, commune et village (District de Moutier, Jura bernois) ;
Neuf Châtelat, lieu-dit (Eschert, district de Moutier, Jura bernois).

Du bas-latin castellucium, « petit château », diminutif de castellum :
Châtelus, mandamentum Castelli au XIème siècle, Castellucium au XIIème siècle, commune et village du Chambaran (Saint-Marcellin, arrondissement de Grenoble, Isère).

2. Oronyme, massif montagneux nommé par métaphore, sommet dont la forme évoque un château, ou qui paraît inaccessible.
Château Chamois, antécime, 1983m (Château-d´Oex, Pays-d´Enhaut, Vaud) ;
Le Château des Chèvres, rochers (Tréminis, Trièves, Isère) ;
Château des Dames, sommet, 3489m, et Glacier du Château des Dames (Bionaz et Valtournenche, vallée d´Aoste) ;
Mont Château, 2658m (Ayas, vallée d´Aoste) ;
Les Châteaux, gros rochers éboulés (L´Etivaz, Château-d´Oex, Pays-d´Enhaut, Vaud) ;
Pointe du Châtel, sur la montagne du Vallon l. d. au Chastel en 1587, 2202m (Saint-Jean-d´Arves, Arvan, Savoie).

Diminutif avec le suffixe -et :
Le Châtelet, sommet, 2537m, et Lui du Châtelet, lieu-dit (Val Ferret, Orsières, district d´Entremont, Valais).

Autre forme, avec le suffixe diminutif -ine :
Chateleysine, sommet, 2971m (Quart et Valpelline, vallée d´Aoste).

Voir aussi Kastel.


Chat, Chats, Chatta, Chattes
Ces toponymes peuvent venir de chat, animal domestique de la famille des Félins (Felis silvestris catus), du latin catus, cattus, ou d´un patronyme ou sobriquet Chat, ou encore par remotivation de Cha, du gaulois calmis.
Chat Brûlé, maisons isolées (La Chaux-de-Fonds, Neuchâtel) ;
Chez le Chat, maisons isolées (Epauvillers, district des Franches-Montagnes, Jura) ;
Dent du Chat, sommet, 1936m (Vallon de Bise, Chablais, Haute-Savoie) ;
Chat Frère, alpage (Saint-Martin-de-Belleville, Tarentaise, Savoie) ;
Mont du Chat, anciennement Mont-du-Chat, nommé précédemment mons Munni, mons Muniti, chaînon de montagne de l´Avant-Pays savoyard qui culmine à 1452m, au-dessus du Lac du Bourget, nom descendu à la Chapelle-du-Mont-du-Chat, commune et village, Dent du Chat, sommet remarquable de ce chaînon, 1390m, et Col du Chat, 635m, nom descendu au Hameau du Col du Chat, hameau, (Bourdeau et Saint-Jean-de-Chevelu, Avant-Pays savoyard, Savoie) ;
La Mouille aux Chats, lieu-dit (Les Gets, Faucigny, Haute-Savoie) ;
Pas du Chat, lieu-dit (Val des Dix, Hérémence, district d´Hérens, Valais) ;
Tête de Chat, antécime du Rübli, 2039m (Rougemont, Pays-d´Enhaut, Vaud) ;
La Vigne au Chat, lotissement (Sauverny, Pays de Gex, Ain) ;
Les Chats, lieu-dit en forêt (Taninges, Faucigny, Haute-Savoie) ;
Chatta Folliet, ruines d´alpage (Saint-Julien-Montdenis, Maurienne, Savoie).
Les Chattes, lieu-dit en forêt (Taninges, Faucigny, Haute-Savoie).
Voir aussi Chat Pendu.


Chatagne, Châtagne, Chatagnéréaz, Châtagnis, Chatagny,
Châtagny, Chataignat, Châtaigneraie, Châtaigneray, Chataignère,
Chataigneret, Châtaigneriaz, Châtaigners, Châtaignier, Châtaignière,
Châtaignières, Châtaigniers, Chatanéria, Chaté, Châtenay,
Chateneire, Chatenerie, Châtenières, Chatoney, Châtonnaire,
Châtonnaye, Châtonnays, Chautagne
Plantation de châtaigniers (Castanea sativa). Ancien français chastaigne, utilisé aussi comme adjectif, du latin castanea, « châtaigne ; châtaignier », grec kastanon, « châtaigne ».
La Châtagne ou La Chatagne sur la CN, hameau, et Crêt de la Chatagne et Marais de la Chatagne, lieux-dits (La Brévine, district du Locle, Neuchâtel).
Avec le suffixe désignant un arbre fruitier -ier :
Ruisseau des Châtaigners, cours d´eau (Thoiry, Bauges, Savoie) ;
Châtaignier, hameau (Fully, district de Martigny, Valais) ;
Les Châtaigniers, lieu-dit (Avully, Genève).

Noms collectifs : châtaigneraie, ancien français castagnere, castegniere, chastaigniere, chasteigniere, du latin castanearia, « châtaigneraie », avec les suffixes collectifs se rapportant à la flore -eire, -ère, -erie et les formes patoises -eria, -eriaz :
Chatagnéréaz, château dans le vignoble (Essertines-sur-Rolle, district de Rolle, Vaud) ;
La Châtaigneraie, Chateigneraz sur la Carte de Cassini, hameau (Founex, district de Nyon, Vaud) ;
Le Châtaigneray, hameau (Chapeiry, Albanais, Haute-Savoie) ;
L´Etang Chataignère, lieu-dit (Marlieux, Dombes, Ain) ;
Châtaigneriaz, Castanetum en 1166, Castanerio en 1177 (Founex, district de Nyon, Vaud) ;
La Châtaignière, domaine au bord du lac, partie du domaine de Roverriaz (Yvoire, Bas-Chablais, Haute-Savoie) ;
Les Châtaignières, lieu-dit (Jussy, Genève) ;
Chatanéria, lieu-dit (Aclens, district de Morges, Vaud) ;
Sur la Chateneire, lieu-dit (Pailly, district d´Echallens, Vaud) ;
Chatenerie, lieu-dit (Apples, district d´Aubonne, Vaud) ;
Les Châtenières, Chatenière en 1832, lieu-dit en forêt (Boudry, Neuchâtel) ;
Les Châtonnaires, lieu-dit (Senarclens, district de Cossonay, Vaud).

Dérivés avec les suffixes collectifs -ais, -at, -ay, -et, -ey, -y, du latin castanetum, « châtaigneraie » :
Chataigneret, forêt (Lagnieu, Bugey, Ain) ;
Le Chataignat, hameau (Coligny, Bresse, Ain) ;
Chatagny, lieu-dit (Saint-Saphorin-sur-Morges, district de Morges, Vaud) ;
Châtagny, Chastagnye en 1211, maisons isolées (Villette, district de Lavaux, Vaud) ;
Châtenay, Prior Castaneti vers 1115, Mansus de Castaneto en 1143, Chastanei en 1212, Parrochia de Chastaneis en 1249, Chastaney en 1250, Chataney en 1466, Chatenay en 1492, Chastenay en 1613, Satenay en 1615, commune et village de la Dombes (Chalamont, arrondissement de Bourg-en-Bresse, Ain) ;
Châtenay, Chastaney en 1265, Chatanay en 1536, Chastenay en 1650, Chateney au XVIIIème siècle, château et partie de la commune de Chanoz-Châtenay (Bresse, Ain) ;
Châtenay, Chastaneto au XIIème siècle, Chastaney au XIVème siècle, commune et village du Chambaran (Roybon, arrondissement de Grenoble, Isère) ;
Le Châtenay, Castanea au XIVème siècle, hameau (Saint-Agnin-sur-Bion, Pays viennois, Isère) ;
Chatoney, Chastonay en 1305, maison isolée (Ollon, district d´Aigle, Vaud) ;
Châtonnaye, peut-être Chestenoi vers 1145, Chastenaie en 1228, Chatenay et Chatenex en 1331, Chatonex en 1377, Chastonaye en 1402, commune et village (District de la Glâne, Fribourg) ;
Les Châtonnays, lieu-dit (Chavannes-des-Bois, district de Nyon, Vaud).

Forme patoise :
Chaté, hameau (Torgnon, vallée d´Aoste).

Avec le suffixe collectif -is :
Les Châtagnis, hameau (Apples, district d´Aubonne, Vaud).

Peut-être aussi du latin castanea, castanetum, « châtaigne, châtaignier » :
Chautagne, Chostagnia au XIIIème siècle, in Chotaigny en 1266, in Chautagna en 1276, in Chautania en 1295, in Chautagnia en 1324, apud Choutaniam en 1365, Dominus Choutanie en 1391, oppidum Chotagne en 1450, région (Savoie).


Chatalamia
Alpage de la commune de Villarodin-Bourget (Haute-Maurienne, Savoie), in Castro Amico en 1459, Chatel-Ami en 1935, avec un patronyme Ami. Le nom actuel est le nom patois [Gros].

Château Bourreau
Col de Château Bourreau, 2922m (Orelle et Saint-Michel-de-Maurienne, Maurienne, Savoie), dont le nom vient du sommet voisin non nommé sur la Carte IGN, dont la forme exacte est Châtel Borrel selon Gros, avec un patronyme Borrel.

Château d´Oex
Commune et village vaudois du district du Pays-d´Enhaut, Castrum in Ogo en 1040, Ogo vers 1250, voir Ogoz.

Château-Feuillet
Lieu-dit et usines de la commune de La Léchère (Tarentaise, Savoie), voir Château et Feuillet.

Châteaufort
Hameau de la commune de Motz (Chautagne, Savoie), castrum forte in Choutagnia en 1466, château fortifié.

Châteauneuf, Château Neuf
Nouveau château, voir Château.
Châteauneuf, hameau (Sion, Valais) ;
Châteauneuf, Novum Castellum super Isaram fluvium en 1015, Castrum Nostrum au XIVème siècle, Chasteauneuf et Chateau-Neuf en Savoye au XVIIIème siècle, commune et village du Val Gelon (Chamoux-sur-Gelon, arrondissement de Chambéry, Savoie) ;
Châteauneuf, Castrum Novum en 1201, Chastello Novo en 1222, Chastelnuef en Verromeys en 1330, Chasteauneuf en 1582, ancien château et hameau (Songieu, Valromey, Ain) ;
Château Neuf, ancien château des Allinges (Allinges, Bas-Chablais, Haute-Savoie).

Châteaupré
Alpage de la commune de Grimentz (Val d´Anniviers, Valais), issu de la fusion des alpages du Tsatelet et de Pro, nom francisé depuis lors [Guex].

Châteauvieux, Château Vieux
Vieux château, ancien château, voir Château.
Châteauvieux, hameau (Féternes, Chablais, Haute-Savoie) ;
Châteauvieux ou Château de Ruphy, du nom du Baron Cypion Ruphy qui transforma le château au XIXème siècle (Duingt, Annecy, Haute-Savoie) ;
Châteauvieux, Chastel-vieil en 1455, Castrum vetus en 1466, Chasteauvieux en 1536, château (Neuville-sur-Ain, Bresse, Ain) ;
Châteauvieux, castrum de Fabricis au XIVème siècle, hameau (Faverges-de-la-Tour, La Tour-du-Pin, Isère) ;
Château Vieux ou Châteauvieux, hameau dont le nom rappelle le château vieux d´Allinges, ancienne propriété des Barons de Faucigny (Allinges, Bas-Chablais, Haute-Savoie) ;
Château Vieux, maison isolée, Castrum vetus en 1432 (Mercury, Combe de Savoie, Savoie).

Châteauvilain, Château Vilain
Noms composés de Château et d´un adjectif issu du bas latin villanus formé sur le substantif villa.
Château Vilain, lieu-dit (La Chaux, district de Cossonay, Vaud) ;
Châteauvilain, Castrum Vilanum au XIIIème siècle, commune et village (Bourgoin-Jallieu, arrondissement de la Tour-du-Pin, Isère).

Châtelain, Châtelaine, Châtelainie, Châtelan, Châtelanaz,
Chatelans
Résidence ou propriété d´un châtelain ou gouverneur, châtellenie, territoire sous la juridiction d´un seigneur châtelain. Latin castellanus, « celui qui habite un château fort et le défend ».
Châtelaine, village (Vernier, Genève) ;
Chemin de la Châtelainie (Ville de Neuchâtel et Saint-Blaise, Neuchâtel) ;
Châtelan, lieu-dit et chemin (Forel, district de Lavaux, Vaud) ;
Chatelans, Châtelans au XXème siècle, village (Annoisin-Chatelans, L´Isle-Crémieu, Isère).
Du patronyme Châtelain :
Pra Châtelain, alpage (Grandvillard, district de la Gruyère, Fribourg).

Par féminisation du patronyme Châtelain :
La Châtelaine, maison isolée (Saint-Imier, district de Courtelary, Jura bernois).

Forme patoise ou patronyme :
Châtelanaz, maisons isolées (Saint-Pierre, vallée d´Aoste).


Châtel-Vouhay
Châtel-Vouhay ou Châtelvouhay, ancien château de la commune de Courchavon (District de Porrentruy, Jura), érigé par l´évêque de Bâle au XIIIème siècle, laissé à l´abandon après l´extinction de la lignée des seigneurs du lieu. Voir l´étymologie de Courchavon.

Chatenod
Village de la commune de Pugny-Chatenod (Aix-les-Bains-Nord-Grésy, arrondissement de Chambéry, Savoie), Cura de Chetonay vers 1344, peut-être d´un nom de domaine d´origine gallo-romaine *Castoniacum, dérivé avec le suffixe -acum du gentilice Castonius.

Chaterin
Chaterin, domaine viticole de la commune de Laconnex (Genève), probablement d´un patronyme d´origine française.

Chatière, Chattière
Dérivé de chat, avec le suffixe collectif -ière, désigne un passage pour les chats ou un piège à chat. Pour Gros ce toponyme pourrait venir de castrum.
La Chatière, hameau (Conjux, Chautagne, Savoie) ;
La Chatière, lieu-dit (Poisy, Annecy, Haute-Savoie) ;
La Chattière, lieu-dit (Contrevoz, Bugey, Ain) ;
La Chattière, lieu-dit (Pirajoux, Bresse, Ain).

Châtillens
Commune et village vaudois du district d´Oron, Castellens en 1141, Castellins en 1142, Chastelens en 1218, Chasteleins en 1220, Chastillens en 1228, nom d´origine burgonde, dérivé du patronyme hybride Castilo [Stadelmann].

Châtillon, Châtillon-de-Cornelle, Châtillon-en-Michaille, Châtillon-la-Palud, Châtillon-le-Bas,
Châtillon-le-Haut, Châtillonnet, Châtillons, Châtillon-sur-Chalaronne, Châtillon-sur-Cluses,
Châtollion
1. Petite fortification féodale. Bas latin castellione, « petite fortification », latin castellum. Noms parfois attribués à un endroit où il y avait des ruines anciennes.
Châtillon, Chastellun en 1148, nom allemand Kastel, commune et village (District de Delémont, Jura) ;
Châtillon, nom latin Castellio, commune et village (Vallée d´Aoste) ;
Châtillon-de-Cornelle, Castrum de Castellione in Cornella en 1327, Chastillon de Cornelle en 1563, Baronia Castellionis de Cornella en 1299-1369, Castrum de Castellione in Cornella en 1327, Chastillon de Cornelle en 1563, hameau (Boyeux-Saint-Jérôme, Haut-Bugey, Ain) ;
Châtillon-en-Michaille, Ad Castellionem en 1116, de Castellione en 1158, Castellio in Michallia et Castrum de Castellione in Michallia en 1277, Castellio de Michalia en 1278, Chastellion en 1309, Chastillon en Michaille en 1563, Chastillon de Michaille en 1668, ancien canton, commune et village de Michaille (Bellegarde-sur-Valserine, arrondissement de Nantua, Ain) ;
Châtillon-la-Palud, Ecclesia de Chastellon vers 1250, Parrochia de Castellione, Apud Chastellon et Castrum Castellionis en 1255, Guido de Palude, dominus Castellionis en 1317, Castellio Paludis en 1337, Castellionis Palludis en 1434, Chastillon de la Palu en 1492, Chatillon-la-Pallu en 1789, commune et village de la Dombes (Chalamont, arrondissement de Bourg-en-Bresse, Ain) ;
Châtillon-le-Bas, nom allemand Niedergesteln, « bâtie d´en bas », commune et village (District de Rarogne, Valais) ;
Châtillon-le-Haut, nom allemand Obergesteln, « bâtie d´en haut », commune et village (District de Conches, Valais) ;
Châtillon-sur-Chalaronne, Castellione vers 1023, castrum quod dicitur Castellio en 1049-1109, Ecclesia de Castellione en 1153, Chasteillon en 1186-1198, Chastellon en 1244, Castellio in Dumbis en 1251, Casteilio Dombarum en 1274, Castellio supra Calaronam en 1280, etc., canton, commune et village de la Dombes (Arrondissement de Bourg-en-Bresse, Ain) ;
Châtillon-sur-Cluses, Cura de Cluse et Castellionis vers 1344, Châtillon jusqu´en 1935, commune et village (Cluses, Bonneville, Haute-Savoie).
Diminutif avec le suffixe -et :
Châtillonnet, De Castelioneto vers 1350, ruines (Saint-Bois, Bugey, Ain) ;
Châtillonnet, ruines en clairière (Lucinges, Annemasse, Haute-Savoie).

2. Par métaphore, massif montagneux, sommet dont la forme évoque un château.
Châtillon, sommet, 2478m (L´Etivaz, Château-d´Oex, Pays-d´Enhaut, et Les Ormonts, Vaud) ;
Les Châtillons, lieu-dit (Mies, district de Nyon, Vaud) ;
Roches de Châtollion, lieu-dit (Saint-Blaise, Neuchâtel).


Chatonnax, Châtonnay, Chatonod
Probables dérivés d´un nom de domaine d´origine gallo-romaine, avec le patronyme Catonnus.
Chatonod, Chatonnot en 1346, Chatono en 1361 ancienne commune et village (Saint-Champ, Bugey, Ain).
Par féminisation :
Chatonnax, Chatonna en 1299-1369, Chatona en 1410, Chatonax en 1563, hameau (Oyonnax, Haut-Bugey, Ain).

Nom de domaine dérivé avec le suffixe -acum :
Châtonnay, in Catoniaco, ecclesia Catonaico, ecclesia subtus castellum Nantelmi, nom. Catoniacus et Chatonai au XIème siècle, Catthunayum, mandamentum de Cattonaico et Catunnai au XIIème siècle, commune et village du Pays viennois (Saint-Jean-de-Bournay, arrondissement de Vienne, Isère), et castellum Nantelmi Catoniacus au XIème siècle, ancien château dans la même commune.


Chat Pendu, Chien-Pendu, Loup Pendu
Rappelle un endroit où cet animal fut pendu, selon la coutume, après un jugement en bonne et due forme.
Etang du Chat Pendu, étang (Ambérieux-en-Dombes, Dombes, Ain) ;
En Chien-Pendu, En chyn pendu vers 1410, ancien lieu-dit (Polliat, Viriat, Bresse, Ain) ;
Loup Pendu, lieu-dit en forêt (Souclin, Bugey, Ain).

Chatrey, Chatrian, Chatron, Chetrain, Chetraz,
Chêtrie
Ancien camp romain fortifié. Vieux français châtre, ancien français chastre, « camp, château », bas latin castra, latin castrum.
Chatrey, alpage (Vaulion, district d´Orbe, Vaud) ;
Le Chatron, lieu-dit (Domdidier, district de la Broye, Fribourg) ;
La Chetraz, hameau (Serrières-en-Chautagne, Chautagne, Savoie) ;
Chêtrie d´en Bas et Chêtrie d´en Haut, hameaux (Bellevaux, Chablais, Haute-Savoie).
Peut-être un cas régime :
Chatrian, hameau (Torgnon, vallée d´Aoste) ; Pertuis Chetrain, lieu-dit (Morgins, Troistorrents, district de Monthey, Valais).


Châtro
Hameau du vignoble de la commune de Sion (Valais), Caldro en 1053, Chaldro en 1216, Chaudro en 1250, Chaudra en 1304, Chadro en 1331, Châtroz en 1906, dont les formes ancienne suggèrent une origine semblable à Chaudron, plutôt que Chatron [Jaccard].

Chatruffe
Lieu-dit de la commune de Belmont-sur-Lausanne (District de Lausanne, Vaud), qui pourrait être selon Bossard une altération du patois chatrosse, « chartreuse », voir aussi Clos Chatrossin.

Chatte
Commune et village de Chambaran (Saint-Marcellin, arrondissement de Grenoble, Isère), ager de Casta au XIème siècle, Chast et Chasta au XIIème siècle, Chata au XIIIème siècle, Chatta au XVème siècle, soit d´un nom de domaine d´origine gallo-romaine *[villa] Casta, par féminisation d´un surnom romain Castus [Bouvier], latin castus, « pur, innocent, irréprochable », soit d´un nom de même origine que castellum, « château », soit encore du latin casta, « pure, chaste » en raison de la présence d´un couvent de femmes [Dauzat] ;
Le Château de Chatte, castrum Casta au XIIème siècle, dans la même commune.

Chaubon
Bois de Chaubon, forêt de la commune de Marcellaz (Faucigny, Haute-Savoie), probablement avec un patronyme Chaubon.

Chaucisse
Ce toponyme dériverait de *calcaticia, du latin calcatio, « action de fouler », et s´appliquerait à une chaussée, voir Chaussies, etc. [Aebischer]. Voir aussi le mot régional chaucher, « fouler, piétiner, tasser avec les pieds ».
Chaucisse, hameau, Nant de Chaucisse, cours d´eau affluent de l´Arrondine qui coule dans le Vallon de Chaucisse, lieu-dit (Saint-Nicolas-la-Chapelle, Val d´Arly, Savoie) ;
La Chaucisse, Chalchassi et Chalchisi vers 1200, hameau (Vallon, district de la Broye, Fribourg).

Chaucrau
Rue de Lausanne (Vaud), Choucrus en 1235, Chelcrus en 1238, Choucroux en 1225, puis Chalcrus, que l´on fait venir de calidum crosum, « creux chaud » [Jaccard].

Chaud, Chaudalla, Chaudalles, Chaudzes, Chaux
Endroit particulièrement chaud, ensoleillé, du français chaud, latin calidus, caldus.
La Chaud, nom latin Calidum, « chaud », féminin en patois savoyard (Vaigy, Haute-Savoie) ;
Chaux, curtem Caldatis en 879, aussi nommée Chaudaz au XIXème siècle, hameau (Chapeiry, Albanais, Haute-Savoie) ;
Serre Chaux, Serre Chaud sur la Carte IGN, lieu-dit en forêt (Gresse-en-Vercors, Vercors, Isère).
Avec le suffixe diminutif -alle :
Les Chaudalles, maisons isolées (Saint-Légier-La-Chiésaz, district de Vevey, Vaud).

Avec le suffixe diminutif -alla, forme patoise de -alle :
La Chaudalla, hameau (Charmey, district de la Gruyère, Fribourg).

Peut-être de même sens :
Les Chaudzes, alpage (Lessoc, Haut-Intyamon, district de la Gruyère, Fribourg).


Chaudabronne
La Chaudabronne, lieu-dit de la commune de Clarmont (District de Morges, Vaud), source profonde, dont l´eau ne gèle que rarement en hiver nom composé de chaude, et d´un terme dérivé de Borne par métathèse [Bossard].

Chaudagne, Chaudan, Chaudane, Chaudanne, Chaudannes
Patois chaudanne, « source profonde dont l´eau ne gèle pas en hiver ». Patois savoyard choudanna, « source d´eau tiède qui sourd dans un pré ou dans un terrain marécageux et qui ne gèle pas en hiver » [Constantin], « fontaines qui ne sont pas perpétuelles, lesquelles la chaleur fait naître et tarissent bientôt », cité par Gros. Ancien français chaudain, « chaud, échauffé, ardent ».
La Chaudagne, lieu-dit (Hauteluce, Beaufortain, Savoie) ;
Le Chaudan, quartier (Albertville, Combe de Savoie, Savoie) ;
La Chaudane, hameau (Hauteluce, Beaufortain, Savoie) ;
Chaudanne, lieu-dit en forêt (Champfromier, Michaille, Ain) ;
Chaudanne, hameau (Rhêmes-Notre-Dame, vallée d´Aoste) ;
La Chaudanne, hameau (Rossinière, Pays-d´Enhaut, Vaud) ;
La Chaudanne, Vineas de la Chaudana en 1258, hameau (Moûtiers, Tarentaise, Savoie) ;
La Chaudanne, maison isolée, et Ruisseau de la Chaudanne, affluent du Torrent de la Ravoire (Le Châtel, Maurienne, Savoie) ;
Côte Chaudanne, lieu-dit déclive (Tignes, Haute-Tarentaise, Savoie) ;
Les Chaudannes, in Choudana supra ripam Arvani en 1512, quartier (Saint-Jean-de-Maurienne, Maurienne, Savoie) ;
Pointe des Chaudannes, 2519m (Albiez-Montrond, Arvan, Savoie) ;
Source des Chaudannes, source (Jarsy, Bauges, Savoie).
De même origine, ou des patronymes Chaudan, Choudan, par transfert :
Le Chaudan, quartier (Albertville, Combe de Savoie, Savoie).

Voir aussi Galdinen, Tschüdanga.


Chaude
Chaude, Chages en 1150, Chaugi et Calgi vers 1160, aussi Chaudoz et Chaudes, alpage, Col de Chaude, 1621m, Ruisseau de Chaude, affluent de la rive droite de l´Hongrin (Vallon de l´Hongrin, Villeneuve, district d´Aigle, Vaud), nom d´origine inconnue avec mutation de [g] en [d].

Chaudeires, Chauderon, Chauderons, Chaudière, Chaudières,
Chaudiron, Chaudron, Chaudzerya
Désignent par métaphore un endroit particulièrement chaud, ensoleillé. Il peut aussi s´agir d´un creux prononcé évoquant une chaudière. Selon Bossard, c´est une « excavation, généralement circulaire, creusée par les eaux dans le roc ».
Français chaudière, « grand vaisseau de métal, où l´on fait cuire, bouillir, chauffer quelque chose », du latin caldaria, même sens, de caldus, « chaud » :
Les Chaudeires, forêt exposée au Sud, et Ruisseau des Chaudeires, affluent de l´Arbogne (Montagny, district de la Broye, Fribourg) ;
La Chaudière, lieu-dit où se trouve un trou de 6 à 7 m de profondeur et de 10 m de diamètre, le Creux de la Chaudière (Val Ferret, Orsières, district d´Entremont, Valais) ;
La Chaudière, La Chauderie en 1815, maisons isolées (Lignières, Neuchâtel) ;
Chaudière d´Enfer, lieu-dit (L´Abbaye, Vallée de Joux, Vaud) ;
Les Chaudières, forêt déclive orientée au sud (Péry, district de Courtelary, Jura bernois) ;
Les Chaudières, lieu-dit (Arthaz-Pont-Notre-Dame, Annemasse, Haute-Savoie).

Probablement une forme patoise :
Chaudzerya, maison isolée (Lessoc, Haut-Intyamon, district de la Gruyère, Fribourg).

Du français chaudron, vieux français chauderon, « petite chaudière généralement en cuivre qui a une anse et qui sert pour les usages de la cuisine », avec le suffixe diminutif -on. Le nom Chauderon désigne aussi une vallée encaissée :
Chauderon, Choderon en 1233, Chouderon en 1238, Choudron en 1252, quartier (Lausanne, Vaud) ;
Chauderon, hameau (Pampigny, district de Cossonay, Vaud) ;
Les Chauderons, lieu-dit (Saint-Blaise, Neuchâtel) ;
Gorge du Chauderon, vallée encaissée (Montreux, district de Vevey, Vaud) ;
Le Chaudiron, clairière (Glovelier, district de Delémont, Jura) ;
Chaudron, hameau (Corban, district de Delémont, Jura).

Voir aussi Gottéron, Sauderan, Tsaudery.


Chaudelet, Chaudereire, Chauderet, Chauderette
Patronymes issus d´un sobriquet Chauderey, « chaud derrière ».
Chauderet, Au Chauderay en 1941, Les Chauderets en 1946, lieu-dit (Collombey-Muraz, district de Monthey, Valais).
Par lambdacisme :
Le Chaudelet, maisons isolées (Le Petit-Bornand-les-Glières, Faucigny, Haute-Savoie).

Par adjectivisation :
La Chaudereire et Grosse Chaudereire, alpages (Châtel-Saint-Denis, district de la Veveyse, Fribourg) ;
La Chauderette, lieu-dit (Rossens, district de la Sarine, Fribourg).


Chaudet, Chaudette
Du patronyme Chaudet, hypocoristique de Michaudet, diminutif de Michaud.
Chaudet, lieu-dit, peut aussi être un endroit chaud (Les Mosses, Ormont-Dessous, district d´Aigle, Vaud).
Par féminisation du patronyme Chaudet :
La Chaudette, maisons isolées (Jongny, district de Vevey, Vaud).


Chaudieu
Hameau de la commune de Chindrieux (Chautagne, Savoie), aussi Chaudieux ert Choudieu au XIXème siècle, d´un nom de domaine d´origine gallo-romaine *Caldiacum, dérivé avec le suffixe -acum du gentilice Caladius [Gros].

Chaudrette
La Chaudrette, lieu-dit de la commune de Couvet (District du Val-de-Travers, Neuchâtel), par féminisation d´un patronyme Chaudret.

Chaufa
Ce toponyme qui désigne une forêt ne vient probablement pas de chauffer, mais plutôt de Saufa, avec chuintement de la consonne initiale.
La Chaufa, forêt déclive (Vallée du Trient, Salvan, district de Saint-Maurice, Valais).

Chauffé, Chauffes Floras
Verbe chauffer, latin vulgaire *calefare, altération de calefacere, composé de calere, « être chaud », et facere, « chaud ».
Rocher de Chauffes Floras, avec un second terme à rapprocher de Flore, sommet, 1938m (Novel, Chablais, Haute-Savoie).
Participe passé du verbe chauffer :
Mont Chauffé, 2093m, et Petit Chauffé, sommet, 1850m (La Chapelle-d´Abondance, Val d´Abondance, Haute-Savoie).


Chauffemagne
Lieu-dit en forêt de la commune de Massongy (Bas-Chablais, Haute-Savoie), composé de chauffe, du verbe chauffer, et d´un suffixe -magne, nom difficile à justifier car l´endroit en question est exposé au nord.

Chauffemérande
Hameau de la commune de Viuz-en-Sallaz (Faucigny, Haute-Savoie), lieu où l´on chauffe le repas, voir Mérande, ou lieu chauffé par le soleil où l´on mange ?

Chaufferosse
Lieu-dit de la commune de Puidoux et maisons isolées de la commune de Forel (District de Lavaux, Vaud), Chausserosse au XVIème siècle, Chausserossaz en 1710, Chaufferosse en 1906, composé de Chausse, forme féminine de chaux ou du mot régional chauche, « endroit piétiné par le bétail », et de Rosse, « rousse » [Jaccard].

Chaufisse
Domaine viticole de la commune de Leytron (District de Martigny, Valais), probablemet de chauffer, dont les dérivés en ancien français pouvaient aussi s´écrire avec un seul f.

Chaulin
Hameau de la commune de Montreux (District de Vevey, Vaud), Choulin en 1317, origine inconnue.

Chaulué
Chaulué, alpage de la commune d´Hérémence (District d´Hérens, Valais), et Combe de Chaulué, lieu-dit, composé de Chaux et de Lué.

Chaumarasse, Chaumière, Chaumine
Français chaume, « partie de la tige du blé, du seigle, etc., qui reste dans le champ quand on les a coupés », et par synecdoque « champ où le chaume est encore sur pied ». Du latin calamus, « tige du roseau et aussi des céréales ». Ces toponymes ne peuvent que difficilement être distingués de ceux issus du gaulois calmis, voir Chaume, ou de ceux issus du bas latin caumare, « se reposer pendant la chaleur », voir Chaumes.
Avec le suffixe collectif -ière :
La Chaumière, lieu-dit (Pers-Jussy, Genevois, Haute-Savoie).

Français chaumière, « petite maison couverte de chaume », dérivé avec le suffixe collectif -ière de chaume, « paille qui couvre certaines maisons de village, certaines habitations de paysans, certains hangars » :
La Chaumière, domaine (Chêne-Bougeries, Genève) ;
La Chaumière, hameau (Châtel, Val d´Abondance, Haute-Savoie) ;
La Chaumière, quartier (Chambéry, Savoie).

Vieux français chaumine, avec le suffixe diminutif -ine, ancienne forme de chaumière, « petite maison couverte de chaume » :
La Chaumine, lieu-dit (Les Côtes-de-Corps, Beaumont, Isère).

Avec les suffixes collectif -are et péjoratif -asse :
Chaumarasse, lieu-dit (Champdor, Haut-Bugey, Ain).


Chaumardière
Chaumardière, quartier de la commune de La Bâtie-Montgascon (Vallée du Guiers, Isère), dérivé du patronyme Chaumard avec le suffixe de propriété -ière.

Chaumény
La Chaumény, ferme isolée de la commune de Saint-Gingolph, district de Monthey (Valais), « chaux du milieu », du latin mediana, « du milieu », nom monté à la Pointe de la Chaumény, 2067m.

Chaumes, Chomard, Chomaz, Chome, Chôme,
Chômes, Chomiau, Chomiaux, Chomieux, Choume,
Choumes, Choumieux, Choumin
Reposoir à bétail, endroit plat où le bétail se repose et rumine, du bas latin caumare, « se reposer pendant la chaleur », du latin cauma, « chaleur », grec kauma, même sens.
Les Chaumes, Les Chômes en 1847, hameau (Dompierre-sur-Veyle, Bresse, Ain) ;
Chomard, lieu-dit (Oyonnax, Haut-Bugey, Ain) ;
La Chomaz, alpage (Saint-André, Maurienne, Savoie) ;
Le Chome, En Chomoz en 1857, Rue du Chome et lieu-dit Chaumes sur la Carte Nationale (L´Isle, district de Cossonay, Vaud) ;
La Chôme, hameau (Longirod, district d´Aubonne, Vaud) ;
Chômes, lieu-dit (Premier, district d´Orbe, Vaud) ;
Chomiau, hameau (Payerne, Vaud) ;
Gros Chomiaux et Petits Chomiaux, ferme isolée et lieu-dit (Cerniat, district de la Gruyère, Fribourg) ;
Le Chomieux, hameau (Vinzier, Chablais, Haute-Savoie) ;
Choume, lieu-dit au bord du Rhône (Saint-Maurice, Valais) ;
Jeur des Choumes, forêt (Les Marécottes, Salvan, district de Saint-Maurice, Valais) ;
Falaise de Choumieux , lieu-dit (Saxon, district de Martigny, Valais) ;
Le Choumin, maison isolée en clairière (Buttes, district du Val-de-Travers, Neuchâtel).
Voir aussi Tchoume.


Chauméty
Hameau de la commune de Mégevette (Faucigny, Haute-Savoie), patronyme.

Chaupe
Joux Chaupe, maison isolée en clairière de la commune de Saint-Ursanne (District de Porrentruy, Jura), du patronyme Chaupe, famille dont la présence en cette commune est attestée depuis le Moyen Age.

Chaupendant
Grange de la commune de Meyrieux-Trouet (Avant-Pays savoyard, Savoie), nom composé de Chau, « pâturage » et Pendant « en pente ».

Chauplan, Chauplane, Chauplanon
Noms composés de Chaux et de Plan, Plane.
Chauplan, alpage (Bellegarde, district de la Gruyère, Fribourg) ;
Chauplane, de Chalplana au XIVème siècle, hameau, L´Aup de Chauplane, pâturage, Ruisseau de Chauplane (Gresse-en-Vercors, Vercors, Isère), et Pas de Chauplane, dans la commune voisine (Saint-Michel-les-Portes, Trièves, Isère).
Avec le suffixe diminutif -on :
Chauplanon, maison isolée (Saint-Martin-de-Clelles, Trièves, Isère).


Chausse, Chaux, Chaux-de-Fonds, Chaux-des-Breuleux, Chaux-des-Taillères,
Chaux-du-Milieu
Dans le Haut-Jura, fond de vallée large et dépouillé d´arbres. Patois tchau, latin callem, « pâturage forestier », ou latin calvus, « (terrain) dénudé », ou encore langue d´oïl chaux, « terre inculte », du gaulois calmis.
La Chaux La Chaus en 1228, domus de Calce en 1277, Calcis in Vuodo en 1450, ces deux derniers du latin calx, calcis, « pierre à chaux, craie » par remotivation, commune et village (District de Cossonay, Vaud) ;
La Chaux-de-Fonds, la Chaz de Fonz vers 1350, Chault de Font en 1378, voir Fond, ville, commune et district (Neuchâtel) ;
La Chaux-des-Breuleux, La Chaux en 1397 (District des Franches-Montagnes, Jura) ;
La Chaux-des-Taillères, Chaul de Estaleres en 1304, Chaux-d´Etalières en 1624, ancien nom de la vallée de la Brévine (District du Locle, Jura) ;
La Chaux-du-Milieu, calvum de Escoblon en 1310, puis Chaux de Cachot et Chaux Baussan, commune et village (District du Locle, Jura).
Chausse, par féminisation, pourrait avoir la même signification :
La Chausse, lieu-dit, pourrait avoir la même signification (Les Bois, district des Franches-Montagnes, Jura).


Chaussée, Chaussets, Chaussia, Chaussies, Chaussiés,
Chaussin, Chaussy
Talus servant à retenir l´eau d´une rivière, d´un étang, ou que l´on élève dans les lieux bas et marécageux, pour servir de chemin, de passage, chaussée, route pédestre, du latin médiéval chauciata, du bas latin [via] *calciata, latin vulgaire [via] *calceata, « [voie pavée] de chaux », de calx, calcis, « chaux », matériel utilisé pour construire ces talus. Voir aussi Chaucey, etc., qui peuvent être de même origine.
La Chaussée, maisons isolées (Montherod, district d´Aubonne, Vaud) ;
La Chaussia, hameau (Vuisternens-devant-Romont, district de la Glâne, Fribourg) ;
Les Chaussies, quartier (Vuisternens-devant-Romont, district de la Glâne, Fribourg) ;
Les Chaussiés, hameau (Siviriez, district de la Glâne, Fribourg) ;
Le Chaussin, hameau (Châtel-Saint-Denis, district de la Veveyse, Fribourg) ;
Chaussy, ou d´un patronyme latin Calcius (Mézières, district d´Oron, Vaud).
Diminutif avec le suffixe -et :
Les Chaussets, hameau (Siviriez, district de la Glâne, Fribourg).


Chaussepaille
Chaussepaille, hameau, et Ruisseau de Chaussepaille (Ruffieux, Chautagne, Savoie), ancien patronyme Chaussepaille, et nom d´une sorcière ou fée qui sévit à la fin de l´année.

Chauvigny
Lieu-dit de la commune de Bevaix, district de Boudry (Neuchâtel), nom de domaine d´origine gallo-romaine *Calviniacum, dérivé avec le suffixe -acum du gentilice Calvinius, du cognomen Calvinus, dérivé de calvus, « chauve ».

Chauvilliers
Hameau de la commune d´Indevillers (Département du Doubs), ayant appartenu à l´ancienne seigneurie de l´évêché de Bâle. Chavelier en 1376, ancien nom allemand Kallenberg en 1384. Du latin calvus, « (terrain) dénudé », voir Chaux, avec le suffixe -villiers.

Chauvilly, Chavillieu, Chevillard, Chevilly
Du nom d´un domaine gallo-romain [fundus] Caviliacus, d´un propriétaire portant le gentilice Cavilius, « affable, courtois », avec le suffixe -acus.
Chauvilly, hameau (Cessy, Pays de Gex, Ain) ;
Chavillieu, Chavilliou en 1345, hameau (Lompnieu, Valromey, Ain) ;
Chavillieu, Chaviliacus en 1157, Chavilliou en 1429, hameau (Pugieu, Bugey, Ain) ;
Chevillard, Villa de Chivilliaco en 925-945, Mont Chiviliaci en 1169, Apud Montem Chivilliacum en 1212, Grangis de Mont Chivilliart en 1279, commune et village du Haut-Bugey (Brénod, arrondissement de Nantua, Ain) ;
Chevilly, Chivillier en 1540, commune et village (District de Cossonay, Vaud) ;
Chevilly, hameau (Arenthon, Faucigny, Haute-Savoie) ;
Chevilly, hameau (Excenevex, Bas-Chablais, Haute-Savoie).
Avec le patronyme Chevilly :
Les Chevilly, hameau (Lathuile, Pays de Faverges, Haute-Savoie).


Chavache, Chavasse, Chavasses
Probablement de l´ancien français chave, « creux », avec les suffixes péjoratifs -ache, -asse.
Pointe de la Chavache, sommet, 2080m (Vallon de Montriond, Chablais, Haute-Savoie).
De même origine ou du patronyme Chavasse par transfert :
Pointe de Chavasse, sommet, 2012m (Massif du Roc d´Enfer, Chablais, Haute-Savoie) ;
Les Chavasses, alpage (Chesières, Ollon, district d´Aigle, Vaud).


Chavagnat, Chavagnats, Chavagneux, Chavagny
D´un nom de domaine Cabaniacus ou Cavaniacus, formé avec le suffixe -acus sur un gentilice *Cabanius, Cavanius, issu du gaulois cavannus, « chat-huant », ou encore *Capaneus, Capanius.
Chavagnat, Villa Cavaniacus en 1004-1019, Chavaigniacus en 1074-1096, Chavaignes en 1250, ancien nom de Saint-Jean-sur-Veyle (Pont-de-Veyle, Bresse, Ain) ;
Chavagnat, Chavagniacus en 1494, hameau (Saint-Jean-sur-Reyssouze, Bresse, Ain) ;
Les Chavagnats, Chavagnat en 1911, et Bois des Chavagnats, forêt (Vandeins, Bresse, Ain) ;
Chavagneux, Chavagneu en 1299-1369, et Crêt de Chavagneux, lieu-dit (Ambérieux-en-Dombes, Dombes, Ain) ;
Chavagneux, Cabaniacus en 885, Cabanniacus en 892, Chavagneu en 1299-1369, Chavaigniacus en 1365, village (Genouilleux, Dombes, Ain) ;
Chavagneux, Chavaigneu et Chavaignia en 1271, Chavagneu en 1285, quartier (Meximieux, Bresse, Ain) ;
Chavagneux, Chavanno au XIIIème siècle, Chavaigneu au XIVème siècle, hameau et ancienne commune (Charvieu-Chavagneux, L´Isle-Crémieu, Isère) ;
Bois de Chavagny, forêt, qui tire son nom de Chavagny, ancienne localité disparue mentionnée par Stadelmann, Chavaniei en 1142, Chavanie ou Chavenie en 1173-1178 (Matran, district de Sarine, Fribourg).

Chavagneule, Chavanel, Chavanette, Chavannais, Chavannaz,
Chavanne, Chavannes, Chavannes-de-Bogis, Chavannes-des-Bois, Chavannes-en-Maurienne,
Chavannes-le-Chêne, Chavannes-les-Forts, Chavannes-le-Veyron, Chavannes-près-Renens, Chavannes-sous-Orsonnens,
Chavannes-sur-Moudon, Chavannes-sur-Reyssouze, Chavannes-sur-Suran, Chavannette, Chavannettes,
Chavanneu, Chavannex, Chavanney, Chavannier, Chavannisse,
Chavannoux, Chavanod, Chavanosse, Chavany, Chavenettes,
Chavonnerie, Chavonnière
Voir chavanne.
Chavannaz, Chavenna en 1250, Cura de Chavana vers 1344, anciennement Chavanaz, commune et village de la vallée des Usses (Frangy, arrondissement de Saint-Julien-en-Genevois, Haute-Savoie) ;
La Chavanne, Ecclesia Cabanne en 1127, Curatus de Chambanne alias Chavanne au XVIème siècle, Cabane en 1571, commune et village de la Combe de Savoie (Montmélian, arrondissement de Chambéry, Savoie) ;
La Chavanne, clairière avec maisons isolées (Cronay, district d´Yverdon, Vaud) ;
Alp Chavanne, alpage (Ayas, vallée d´Aoste) ;
Chavannes, noms allemands Schafis, Schaffis et Tschafis, hameau, et Côte de Chavannes, lieu-dit (La Neuveville, Jura bernois) ;
Tête de Chavannes, sommet, 3671m, nom monté (Arolla, Evolène, district d´Hérens, Valais, et Bionaz, vallée d´Aoste) ;
Chavannes-de-Bogis, Cabane de Bogiez vers 1477-1485, Chavannes de Bougy sur la Carte de Cassini, commune et village (District de Nyon, Vaud) ;
Chavannes-des-Bois, Les Chavanes en 1245, Les Chavannes de Sovernyer en 1316, Cabane Nemorum vers 1477-1485, latin nemus, nemoris, « bois entrecoupé de pâturage ; parc », commune et village (District de Nyon, Vaud) ;
Chavannes-en-Maurienne, Les Chavannes avant 1970, commune et village (La Chambre, Basse-Maurienne, Savoie) ;
Chavannes-le-Chêne, Chavanes en 1334, commune et village (District d´Yverdon, Vaud) ;
Chavannes-les-Forts, Chavannes les fors en 1346, avec le roman fors, latin foris, « hors, dehors », hameau, ancienne commune (Siviriez, district de la Glâne, Fribourg) ; Chavanes en 1247, commune et village (District de la Glâne, Fribourg) ;
Chavannes-le-Veyron, la Chavane en 1285, commune et village (District de Cossonay, Vaud) ;
Chavannes-près-Renens, Chavanes en 1272, Cabanae en 1378, commune et village (District de Morges, Vaud) ;
Chavannes-sous-Orsonnens, Chavanes en 1209, hameau, ancienne commune (Villorsonnens, district de la Glâne, Fribourg) ;
Chavannes-sur-Moudon, Chavanes en 1453, commune et village (District de Moudon, Vaud) ;
Chavannes-sur-Reyssouze, in Cavannas en 921, Ecclesia de Cavannis en 1119, De Chabannis en 1186-1198, Chavanes en 1213, Chavannes en 1325, De Cabanis supra Ruyssosam en 1439, Chavagnes supra Reyssosam en 1533, commune et village de la Bresse (Pont-de-Vaux, arrondissement de Bourg-en-Bresse, Ain) ;
Chavannes-sur-Suran, De Chavannis en 1131, Ecclesia de Cavannis en 1184, De Chabanis en 1374, De Chabanis supra Suranum en 1468, commune et village du Revermont (Treffort-Cuisiat, arrondissement de Bourg-en-Bresse, Ain).
Avec le suffixe diminutif -eule :
Chavagneule, lieu-dit (Chavannes-sur-Moudon, district de Moudon, Vaud).

Avec le suffixe diminutif -ette :
Chavanette, alpage (Avoriaz, Morzine, Chablais, Haute-Savoie), nom monté à la Pointe de Chavanette ou La Patenaille, 2219m, et au Pas de Chavanette, à la frontière franco-suisse ;
Chavannettes, hameau et Chutes de Chavannettes, sur la Broye (Rue, district de la Glâne, Fribourg) ;
Les Chavenettes, hameau (Dingy-Saint-Clair, Bornes, Haute-Savoie).

Avec le suffixe diminutif -el, c´est aussi un patronyme :
Chavanel, lieu-dit (Haut-Vully, district du Lac, Fribourg).

Avec le suffixe -eu :
Chavanneu, lieu-dit (Perrignier, la Côte en Chablais, Haute-Savoie).

Avec les suffixes collectifs -ais, -ex, -ey, -y :
Pointe de Chavannais, 1851m, et Col de Chavannais, 1800m (Bellevaux, Chablais, Haute-Savoie) ;
Chavannex, anciennement Chavanes, Chavannes, hameau (Sciez, Bas-Chablais, Haute-Savoie) ;
Bergerie de Chavanney, maison isolée, et Prés de Chavanney, hameau (Court, district de Moutier, Jura bernois) ;
Chavany, lieu-dit (Assens, district d´Echallens, Vaud).

Avec le suffixe collectif -isse :
Chavannisse, alpage (Challand-Saint-Anselme, vallée d´Aoste).

Avec le suffixe -od :
Chavanod, commune et village (Seynod, arrondissement d´Annecy, Haute-Savoie).

Avec le suffixe -oux :
Bois des Chavannoux, forêt, et Les Grands Chavannoux, lieu-dit (Vulbens, Genevois, Haute-Savoie) ;
Chavanosse, hameau (Marsonnas, Bresse, Ain).

Voir chavannerie :
La Chavonnerie, Chavoneria et Chavonnery en 1545, hameau (Beaufort-sur-Doron, Beaufortain, Savoie).
La Chavonnerie, lieu-dit en forêt (Fontaine-le-Puits, Tarentaise, Savoie) ;
La Chavonnerie, Cabannaria Cluniaci apud Arvam en 1200, chabenneria en 1454, ruines (Saint-Sorlin-d´Arves, Arvan, Savoie) ;
La Chavonnerie, alpage (Saint-Pancrace, Maurienne, Savoie) ;
La Chavonnerie, Cabanneria en 1287, Cabannaria au XIVème siècle, Chavoneria en 1545, lieu-dit (Villarembert, Maurienne, Savoie) ;
Chavonnière, probablement La Chavannerie de la Porte en 1574 (Saint-Martin-de-la-Porte, Maurienne, Savoie).

Patronyme Chavannier, nom de métier, « responsable d´une chavannerie » :
Chavannier, lieu-dit (Vimines, Chambéry, Savoie).

Voir aussi les formes patoises Savannes, Tsavane.


Chavailles, Chavalard, Chavalet, Chavallés, Chavalon
Désigne un fossé profond, un ravin ou une gorge encaissée, de l´ancien français chave, « lieu creux, terrain enfoncé, cavité, profondeur, caverne », variante de cave, aussi occitan chavaille, même sens, du latin cavus, « creux ».
Avec le suffixe péjoratif -aille :
Bois de Chavailles, forêt entre le ravin de la Glâne et d´un affluent, le ruisseau de Cottens (Cottens, district de la Sarine, Fribourg).

Avec le suffixe collectif -ard :
Chavalard Dessus, lieu-dit dans les rochers, et Grand Chavalard, sommet, 2899m (Fully, district de Martigny, Valais).

Avec le suffixe diminutif -et ou collectif -et :
Le Chavalet, maison isolée (Bex, district d´Aigle, Vaud) ;
Chavalet, hameau, et Torrent de Chavalet, affluent de la Vièze (Champéry, district de Monthey, Valais) ;
Le Chavalet, maison isolée (Rougemont, Pays-d´Enhaut, Vaud).

Avec le suffixe collectif -é, ou patronyme Chavallé :
Les Chavallés, hameau (Morillon, Faucigny, Haute-Savoie).

Avec le suffixe diminutif -on :
Chavalon, site d´une usine (Vouvry, district de Monthey, Valais).


Chavan, Chavant, Chavants
Patronymes Chavan, Chavant, du mot local chavan, « chat-huant, hibou », du gaulois cavannus, « chat-huant ».
Chalet de Chavan, alpage, nom monté au Col de Chavan, 1757m (Bellevaux, Chablais, Haute-Savoie) ;
Chavant, lieu-dit (Vieu-d´Izenave, Haut-Bugey, Ain) ;
Ferme de Chavant, ferme (Bonnefamille, Pays viennois, Isère) ;
Grange Chavant, maison isolée (La Terrasse, Grésivaudan, Isère) ;
Les Chavants, hameau, Grange des Chavants, maison isolée, Ruisseau des Chavants et Tunnel des Chavants (Les Houches, vallée de Chamonix, Haute-Savoie).

Chavanoz
Commune et village de L´Isle-Crémieu (Pont-de-Chéruy, arrondissement de Vienne, Isère), terra de Monte de Chavanno, prior de Chavannos et parrochia de Chavannosco au XIIème siècle, d´un nom d´homme gaulois Cavanus, avec le suffixe -oscus [Nègre 1990].

Chavarnier
Le Chavarnier, hameau de la commune de Sainte-Foy-Tarentaise (Savoie), Village des Champsvarniers en 1684, composé de champ et du patronyme Varnier, issu de Warnierus, voir Bovernier.

Chavaroche
Signifie « roche creuse », latin cava rocca, ou « roche chauve », latin calva rocca [Gros].
Chavaroche, lieu-dit et château, anciennement Chauve-Roche (Chavanod, Annecy, Haute-Savoie) ;
Chavaroche, ancien hameau enseveli sous un éboulement (Aiguebelle, Maurienne, Savoie) ;
Chavaroche, falaise non nommée sur la Carte IGN, dont un éboulement aurait détruit l´ancien château de l´Epine (Nances, Avant-Pays savoyard, Savoie).

Chavassines
Les Chavassines, lieu-dit de la commune de Lully (La Côte en Chablais, Haute-Savoie), mot régional chavassine, « bout d´un champ que la charrue ne peut défoncer ou défonce mal faute de place parce que c´est là que l´attelage tourne pour revenir dans l'autre sens ; ligne de séparation de deux champs » [Viret], peut-être du vieux français chavessine, « fossé de drainage », chevassines, « terres transportées par les eaux pluviales », ancien français chevassine, « mesure de terre ». Chavassine est aussi un ancien patronyme.

Chavat, Chavatte
Du patronyme Chavat fréquent aux alentours de Saint-Ursanne à la fin du Moyen Age [Prongué].
Combe Chavat Dessous et Combe Chavat Dessus, maisons isolées (Montmelon, district de Porrentruy, Jura) ;
Chavatte, probablement par féminisation, mais le patronyme Chavatte est attesté, lieu-dit (Montenol, district de Porrentruy, Jura).

Chaven, Chaveneuve, Chavin, Chavines
Peut-être d´un nom d´homme gaulois Cavannus, ou patronymes, ou encore de l´ancien français chave, « creux ».
Chaven, maison isolée en forêt proche de Chavin, lieu-dit en forêt (Cevins, Combe de Savoie, Savoie) ;
Chavin, lieu-dit (Lonay, district de Morges, Vaud).
Peut-être de même origine :
Chaveneuve, ruines en forêt (Notre-Dame-des-Millières, Combe de Savoie, Savoie).

Par féminisation du patronyme Chavin :
Les Chavines, lieu-dit en forêt (Saint-Jean-d´Arvey, Bauges, Savoie).


Chaveyriat
Commune et village de la Dombes (Châtillon-sur-Chalaronne, arrondissement de Bourg-en-Bresse, Ain), ad locum Cavariaco en 933-937, villa que vocatur Cavariacus en 943-993, Cavariacensis ecclesia en 967, Chavayriacus vers 1325, Chaveyriacus en 1378, etc., d´un nom de domaine d´origine gallo-romaine Cavariacus, dérivé avec le suffixe -acus du gentilice Cavarius.

Chavière
La Chavière, sommet, Col de Chavière, 2796m, Lac de Chavière, lieux-dits de la commune de Saint-André (Maurienne, Savoie), Mons Chauveria en 1622, Col soit détroit de Chauvière au XVIIème siècle, dérivé d´un primitif chalveria, calveria, adjectif formé sur le latin calvus, « chauve ».

Chavon, Chavonette, Chavonettes, Chavonna, Chavonnay,
Chavonne, Chavonnes, Chavonnette
Extrémité de terrain. En patois chavonna, tsavonna, du patois chavon, tsavon, « bout d´un champ, fin, bout » [Constantin], ancien français chavon, « bout, fin, extrémité », chavoner, « achever, terminer », du latin caput, « tête ».
Rue Chavon Dedos (Courrendlin, district de Delémont, Jura) ;
Rue Chavon-Dessus (Courfaivre, district de Delémont, Jura) ;
La Chavonna, lieu-dit (Russy, district de la Broye, Fribourg) ;
La Chavonne, lieu-dit (Miécourt, district de Porrentruy, Jura) ;
Les Chavonnes, lieu-dit (Suchy, district d´Yverdon, Vaud).
Avec le suffixe diminutif -ette :
La Chavonette, hameau (Morlon, district de la Gruyère, Fribourg) ;
Les Chavonettes, hameau (Thoiry, Bauges, Savoie) ;
La Chavonnette, maison isolée (Les Diablerets, Ormont-Dessus, district d´Aigle, Vaud).

Avec le suffixe -ay :
Chalet de Chavonnay-Gallet, ruines, avec un patronyme Gallet, mais Chavonnay ne semble pas être un patronyme (La Balme-de-Thuy, Bornes, Haute-Savoie).

Voir aussi Savonnettes.


Chavord, Chavornay, Chavornod
D´un gentilice comme *Capornius, métathèse de Capronius, dérivé de capra, « chèvre » ou de caper, « bouc ».
Chavornod, Chavorno en 1911, hameau (Belley, Bugey, Ain) ;
Chavord, subtus Chavors en 1447, Verger sous Chavor en 1523, Vigne à Chavours en 1793, pourrait être la terra Cavorni mentionnée au XIème siècle (Montmélian, Combe de Savoie, Savoie).
D´un nom de domaine Cavorniacum, formé avec le suffixe -acum :
Chavornay, Cavurnum en 867, Ecclesia de Chavornay en 1198, Chauvornay en 1258, Chavorniacus en 1265, commune et village du Valromey (Champagne-en-Valromey, arrondissemnt de Belley, Ain) ;
Chavornay in villa Cauorniaco en 927, Cavorniacum en 977, Cavornacum en 1173, Chavornay en 1217, Chavornai en 1228, Chavornay en 1453, Chavornex en 1628, commune et village (District d´Orbe, Vaud).


Chavuissiat
Chavuissiat-le-Grand et Chavuissiat-le-Petit, hameaux (Chavannes-sur-Suran, Revermont, Ain), Grand-Chavessia et Petit-Chavessia sur la Carte de Cassini, peut-être d´un nom de domaine d´origine gallo-romaine *Cavesiacum, dérivé avec le suffixe -acum du gentilice Cavesius.

Chavutier
Le Chavutier, maisons isolées d´Estavannens (Bas-Intyamon, district de la Gruyère, Fribourg), patronyme Chavutier, variante de Chavoutier, attesté.

Chaze
Route de Déjot la Chaze (Miège, district de Sierre, Valais), avec le patois valaisan chaze, « saule » [Bossard].

Chazey, Chazey-sur-Ain
Ces nom viendraient de casetus ou casetum, « petit castel ».
Chazey, attesté en 1290, ancien village qui fait maintenant partie de Chazey-Bons, chef-lieu de la commune du même nom, dans le Bugey, et Bois de Chazey, forêt (Arrondissement de Belley, Ain) ;
Chazey-sur-Ain, Capellanus de Caseto en 1176, Chasei en 1212, Chasey en 1239, De Caseto super Yndim en 1256, De Chaseto super Yndim en 1261, Chasey en 1544, commune et village du du Bugey, et Bois de Chazey, forêt (Lagnieu, Bugey, Ain) ;
Grange Chazey, maison isolée (Versailleux, Dombes, Ain) ;
Pont-de-Chazey, hameau sur l´Ain (Villieu-Loyes-Mollon, Dombes, Ain).

Chechin
Maisons isolées de la commune du Mouret (District de la Sarine, Fribourg), patronyme.

Chécrouit
Plan Chécrouit, alpage, Col Chécrouit, 1956m, et Lac Chécrouit (Val Veny, vallée d´Aoste), serait à rapprocher de « pâturage [aux] creux », voir Cha et Crou, etc., « creux » [Berton, cité par Boyer].

Chedde, Chède
Peut-être dérivés du latin vulgaire *capum, latin caput, « tête, extrémité ».
Chède, maison isolée (Mont-Saxonnex, Faucigny, Haute-Savoie) ;
Chède, hameau (Alby-sur-Chéran, Albanais, Haute-Savoie) ;
Chedde, Cheyde et Chiedes au XIIIème siècle, village (Passy, Haut-Faucigny, Haute-Savoie).

Chef-Lieu
Emplacement du siège administratif lorsque celui-ci ne correspond pas à la localité la plus importante de l´entité administrative. Ancien français chief, latin vulgaire *capum, latin caput, « tête, extrémité », et latin locus, « lieu ».
Le Chef-Lieu, hameau où se trouvent la mairie, l´église et le cimetière (Hautecour, Tarentaise, Savoie).

Cheignieu-la-Balme
Commune et village du Bugey (Virieu-le-Grand, arrondissement de Belley, Ain), Apud Balmam et Cheygneu en 1359, Cheygniacus et Cheigniou en 1385, Chinieu en 1736, Cheynieu sur la Carte de Cassini, Chégnieu en 1911, d´un nom de domaine d´origine gallo-romaine, probablement *Canniacum, dérivé avec le suffixe -acum du gentilice Can[n]ius.

Chélieu
Commune et village (Virieu, arrondissement de la Tour-du-Pin, Isère), Cadulliacum villa in comitatu Salmoriasensi au IXème siècle, Challeu au XIIème siècle, Cheliacum au XVème siècle, d´un nom de domaine d´origine gallo-romaine *Catulliacum, dérivé avec le suffixe -acum du gentilice Catullius [Nègre 1990].

Chelin
Hameau de la commune de Lens (District de Sierre, Valais), anciennement Chelling, Chilling et Schilling, nom d´origine burgonde, dérivé d´un anthroponyme avec le suffixe -ing.

Chemillat, Chemillieu
D´un nom de domaine *Camiliacum, dérivé avec le suffixe -acum du gentilice Camilius.
Chemillat, Villa Cammiliacus en 928-936, Chimilliacus en 1279, Chimilia en 1439, Apud Montem Chimiliaci en 1442, hameau (Lescheroux, Bresse, Ain) ;
Chemillieu, Chanliacus, lire Chamiliacus en 1157, De Chimilliaco en 1258, Chimilliou en 1345, hameau (Nattages, Bugey, Ain) ;
Chemillieu, Chamilliacus et Chimilieu au XIIème siècle, Chimilliacus en 1258, Chimilliou en 1345, hameau (Passin, Valromey, Ain).

Cheminée, Cheminées
Plutôt que du français cheminée, il s´agit probablement ici de l´ancien français cheminée, « chemin », ou cheminet, « petit chemin ».
La Cheminée, lieu-dit (Nendaz, district de Conthey, Valais) ;
La Cheminée Longue, hameau (Saint-Pierre-en-Faucigny, Faucigny, Haute-Savoie) ;
Crêt de la Cheminée, lieu-dit en forêt (Lovagny, Annecy, Haute-Savoie) ;
Les Quatre Cheminées, alpage (Les Verrières, district du Val-de-Travers, Neuchâtel) ;
Les Trois Cheminées, maison isolée (Neuchâtel).

Cheminée
Terme générique qui désigne par métaphore un couloir resserré et très raide.
Cheminée de Daniel, couloir sur la voie de descente du Buet par les Beaux Prés (Sixt-Fer-à-Cheval, Faucigny, Haute-Savoie).

Chenaille, Chénaille, Chenailles, Chenailleta, Chenaillette,
Chenaillon, Chinaillon
De l´ancien français chenail, « grenier », formé avec le suffixe collectif -ail, patois chenaille.
Chenaille, clairière (Serraval, Bornes, Haute-Savoie) ;
Torrent Chenaille, (Doues, vallée d´Aoste) ;
Mont Chénaille, 3144m (Etroubles, vallée d´Aoste) ;
Les Chenailles, lieu-dit (Vallon, district de la Broye, Fribourg).
Diminutifs avec le suffixe -ette ou la forme patoise -eta :
Chenailleta, chalet (Couvet, district du Val-de-Travers, Neuchâtel) ;
La Chenaillette, chalet (Echenevex, Pays de Gex, Ain).

Diminutifs avec le suffixe -on :
Le Chenaillon, hameau (Arconciel, district de la Sarine, Fribourg) ;
Le Chinaillon, village et station de sports (Le Grand-Bornand, Bornes-Aravis, Haute-Savoie).


Chenalbonne
Hameau de la commune de Cordéac (Trièves, Isère), nom composé de La Chenal et de l´adjectif bonne.

Chenaude
La Chenaude, ferme isolée de la commune de la Bulle (District de la Gruyère, Fribourg), par féminisation d´un patronyme Chenaux attesté dans la région [Aebischer].

Chenaussanne
Lieu-dit de Montbovon (Haut-Intyamon, district de la Gruyère, Fribourg), nom composé d´un premier terme indéterminé et de aussanne, déformation de Autanne, « alpage élevé », où le ss est censé rendre le son patois th [Aebischer].

Chêne-Bougeries
Commune et village du canton de Genève, anciennement Chaygna [Régeste Genevois], enfin Chêne-les-Bougeries en 1801, Chêne et Bougerie sur la Carte de Cassini, composé de Chêne et Bougeries.

Chêne-Bourg
Commune et village du canton de Genève, composé de Chêne et Bourg.

Chêne de Gland
Lieu-dit du Chalet-à-Gobet (Lausanne, Vaud), voir Gland.

Chênefou
Le Chênefou, lieu-dit de Granges-de-Vesin (Les Montets, district de la Broye, Fribourg), semble être un composé de deux arbres, le chêne et le Fou, nom populaire du hêtre.

Chénens
Commune et village fribourgeois du district de la Sarine, Cheineis en 1138, cheinens en 1143, Chinins en 1214, Cheneins vers 1215, Cheineins en 1244, Cheynens en 1285, chieniens en 1403, Zeinin en 1577, Chennens en 1781, ancien nom allemand Geini[n]gen attesté en 1449, nom d´origine burgonde qui dériverait selon Perrenot d´un primitif *Scîningos, « chez les Scîningi », dérivé du nom propre Skîno, du germanique *skînan, « briller ». Selon Stadelmann ce toponyme dériverait d´un anthroponyme germanique Cagan, dont le sens n´est pas précisé, devenu Chagan, et en latin vulgaire Cain, d´où *Cainingum qui explique le nom allemand.
Moulin de Chénens, maison isolée (Chénens, district de la Sarine, Fribourg).

Chêne-Pâquier
Commune et village vaudois du district d´Yverdon, Pascua et loz Chanoz en 1462, Pasquier en 1517, voir Chêne et Pâquier.

Cheney, Chéney
Patronymes Cheney, Chéney, issus d´un toponyme, voir Chesney.
Cheney, hameau (Valtournenche, vallée d´Aoste) ;
Les Chéney, hameau (Marignier, Faucigny, Haute-Savoie).

Chenille
La Chenille, alpage de la commune de Rochefort (District de Boudry, Neuchâtel), français chenille, du latin canicula, diminutif féminin de canis, « chien, chienne ».

Chenit
Le Chenit, commune vaudoise de la Vallée de Joux, Chinit en 1489, selon Chessex, d´un appellatif dialectal qui désigne des arbres secs tombant de vieillesse ;
Le Bas du Chenit, lieu-dit avec habitat dispersé (Le Chenit, Vallée de Joux, Vaud).

Chens, Chens-le-Pont, Chens-sur-Léman
Chens-sur-Léman, commune et village du Bas-Chablais (Douvaine, arrondissement de Thonon-les-Bains, Haute-Savoie), anciennement Cusy-Chens et Chens-Cusy en 1866, Chens vers 1872, et Chens-sur-Léman depuis 1954, nom probablement d´origine burgonde, et Chens-le-Pont, hameau, pont sur l´Hermance, Sous Chens, hameau dans la même commune.

Chenu, Chenuz
Patronymes Chenu, Chenuz issu du français chenu, du latin médiéval canutus, « blanchi », latin canus, « blanc, qui a des cheveux blancs, vieux ».
Chenu, lieu-dit (Lugnez, district de Porrentruy, Jura) ;
Le Plan des Chenus, hameau (Les Gets, Faucigny, Haute-Savoie) ;
Grotte à Chenuz, lieu-dit de la commune de Montricher (District de Cossonay, Vaud).

Chepey
Le Chepey, hameau de la commune de Nendaz (District de Conthey, Valais), peut-être une forme patoise de Sépey.

Chéran, Chira, Chiriac
De la racine préceltique hydronymique *kar, qui pourrait signifier « gros gravier dans le lit des rivières » [Nègre 1990].
Le Chéran, affluent du Fier aqua que dicitur Cara en 1288, ultra fluvium Cheran et aqua de Cheran en 1435, super aquam Care seu Cheran en 1444, Le Cheran au XVIIème siècle, avec le suffixe -an (Bauges, Savoie et Haute-Savoie) ;
Ruisseau de la Chira, affluent de la Chavière (Termignon, Haute-Maurienne, Savoie) ;
Le Chiriac, cours d´eau affluent de l´Isère, Chira en 1732, Nant Cherriaz en 1739 (Mercury et Gilly, Combe de Savoie, Savoie).

Chercenay, Cherchenaise
Du latin circinata, circinatus, « cernée, cerné », participe passé de circinare, « former en cercle, cerner », voir Cergna. Pour Prongué c´est un dérivé du prénom masculin germanique Caricus.
Chercenay, Cercenata en 1139, hameau (Soubey, district des Franches-Montagnes, Jura) ;
La Cherchenaise, lieu-dit (Montmelon, district de Porrentruy, Jura).

Cherches
De l´ancien français cerche par assimilation, mot qui dérive du latin circa, « autour » ; ce toponyme aurait alors le même sens que Cergna, etc., soit un lieu essarté.
Les Cherches, ancien lieu-dit (Lavey-Morcles, district d´Aigle, Vaud) ;
Les Cherches, alpage (Val-d´Illiez, district de Monthey, Valais).
Voir aussi Echerches, Tsertses.


Chérennes
Dérivé de écherêne, « crête de montagne », par aphérèse, voir Echerenne.
Saint-Pierre-de-Chérennes, St Pierre de Cherene sur la Carte de Cassini, commune et village du Royans (Pont-en-Royans, arrondissement de Grenoble, Isère).

Chéresaula, Chéresaulette, Chersaule
Dérivés par métathèse de *chisiroule, diminutif de Chesières [Jaccard], avec le suffixe diminutif -aule.
Chéresaula et Chéresaula Devant, Chisiroules en 1309, alpages (Châtel-Saint-Denis, district de la Veveyse, Fribourg) ;
Chersaule, Chisseroula en 1315, Chisirolle en 1464, Chersaulaz en 1906, hameau d´alpage (Ormont-Dessus, district d´Aigle, Vaud).
Diminutif avec le suffixe -ette :
Chéresaulette, alpage près de Chéresaula (Châtel-Saint-Denis, district de la Veveyse, Fribourg).

Voir aussi Sigeroula.


Cherillon
Glacier de Cherillon (Breuil, Valtournenche, vallée d´Aoste), avec un patronyme.

Chermignon
Chermignon, commune, et Chermignon d´en Bas et Chermignon d´en Haut, villages valaisans du district de Sierre, Chermenon et Chirminon en 1228, Chermignon en 1241, Chirmignon en 1260, probablement un ancien *Carminionis, qui pourrait venir d´un gentilice romain Carminius [Jaccard].
Lac de Chermignon, petit lac (Lens, district de Sierre, Valais) ;
Chermignon, hameau (Albinen, district de Loèche, Valais).

Chermotane
Chermotane et Grand Chermotane, pâturages de la commune de Bagnes (District d´Entremont, Valais), nom monté au Col de Chermotane, 3053m, à la limite de la commune d´Evolène (District d´Hérens, Valais), aussi nommés Charmotane et Chermontane, contraction d´un *calmis augustana, voir Otanes.

Chervillers
Hameau de la commune d´Epiquerez, district des Franches-Montagnes (Jura), Scherviler en 1329, nom composé de l´anthroponyme germanique Sigihari, « le guerrier victorieux », de l´ancien haut allemand sigi, « victoire », et hari, « guerrier », avec le suffixe -villers [Prongué].

Chery, Chéry
Pourraient venir d´un nom de domaine d´origine gallo-romaine *Cariacum, dérivé avec le suffixe -acum du gentilice Carius.
Chery, lieu-dit (Larringes, Chablais, Haute-Savoie) ;
Derrière Chéry et Devant Chéry, alpages, et Mont Chéry, 1826m (Les Gets, Faucigny, Haute-Savoie).

Chéseauperret
Maison isolée de la commune de Sorens (District de la Gruyère, Fribourg), nom composé de Chéseau et du patronyme Perret.

Chéserex
Commune et village du district de Nyon (Vaud), Chiseras en 1004-1024, Gisirac, lire Cisirac en 1093, Chysirai vers 1135, de Chiserai en 1163, Chesarium en 1164, Chiseracum vers 1186, puis Chasarais, dont le nom serait selon Bossard issu d´un nom de domaine d´origine gallo-romaine *Casariacum, dérivé avec le suffixe -acum du gentilice Casarius. Toutefois, il pourrait aussi s´agir, selon Jaccard, d´un terme de même origine que Chéserey, la forme tardive Chiseracum étant une fantaisie de scribe.

Chésopelloz
Commune et village fribourgeois du district de la Sarine, chissapenlo en 1229, Cheseaupenlo en 1406, Chesaupello en 1445, Chesopelo en 1668, de cheseau et d´un anthroponyme d´origine germanique Pennilo, diminutif de Ben [Stadelmann], peut-être un diminutif du germanique *banan, ancien haut allemand bano, « tueur ».

Chetaz
Le Chetaz, lieu-dit de la commune de Nangy (Genevois, Haute-Savoie), nom attesté en 1282, puis Chétaz et Chêtaz .

Chété, Chételat, Chètelat, Chêtelat, Chételay,
Chétevat, Chétillon, Chétion
Dérivés du patois jurassien tchété, « château » [Prongué], éventuellement par métaphore.
Côte de Chété, colline couverte de forêt, et Sous Chété, lieu-dit (Bressaucourt, district de Porrentruy, Jura).
Avec le suffixe diminutif jurassien -at :
Le Chételat, colline boisée (Epiquerez, district des Franches-Montagnes, Jura) ;
Le Chètelat, sommet boisé, 830m (Asuel, district de Porrentruy, Jura) ;
Le Chêtelat, colline couverte de forêt (Montenol, district de Porrentruy, Jura) ;
Chétevat, maison isolée, et Sur Chétevat, lieu-dit (Epauvillers, district des Franches-Montagnes, Jura).

Dérivé avec le suffixe collectif -ay :
Le Chételay, piton couvert de forêt, site d´une forteresse préhistorique (Courfaivre, district de Delémont, Jura).

Diminutif avec le suffixe -on :
Chétion, lieu-dit (Bourrignon, district de Delémont, Jura).

Double diminutif avec le suffixe -illon :
Chétillon, alpage, et Col de Chétillon, 1873m, à la frontière française (Vionnaz, district de Monthey, Valais) ;
Planches Chétillon, forêt déclive (Bassecourt, district de Delémont, Jura).

Voir aussi Tchété.


Chétoz
Hameau de la commune de Quart (Vallée d´Aoste), du latin [ad] sextum [lapidem], « [près de la] sixième [pierre milliaire] », qui indiquait la distance en milles romains à partir d´Aoste.

Chétre, Chêtre
Du patois jurassien çhyâtre, « crête [d´un coq, d´une poule] » [Prongué], par métaphore.
Le Chétre, forêt (Bonfol, district de Porrentruy, Jura) ;
Sous Chêtre, lieu-dit (Bressaucourt, district de Porrentruy, Jura).

Chetta, Chette, Chettes, Cheyta
Patois chetta, chatta, satta, tschetta, « assemblée nocturne des sorcières », mot patois pour « secte », du latin secta, « manière de vivre, conduite, secte », ou aussi, franco-provençal cheutâ, « abri ».
La Chetta, La Schetta en 1906, alpage (Charmey, district de la Gruyère, Fribourg) ;
La Chetta, maison isolée (Lessoc, Haut-Intyamon, district de la Gruyère, Fribourg) ;
Creux de la Chetta, lieu-dit (Montagny, district de la Broye, Fribourg) ;
La Chette, lieu-dit en forêt (Seytroux, vallée de la Dranse, Haute-Savoie) ;
Creux de Chettes, lieu-dit (Val d´Arpette, Orsières, district d´Entremont, Valais).
Peut-être de même origine :
La Cheyta, alpage (Montbovon, Haut-Intyamon, district de la Gruyère, Fribourg).


Cheutse
La Cheutse, deux petits sommets de la commune de Martigny-Combe (District de Martigny, Valais), à 1900m et 1474m, patois correspondant à Suche, avec chuintement de la consonne initiale [Guex].

Chevalenson
Lieu-dit de la commune de Grandson (Vaud), paraît être un composé de cheval et Enson, « au sommet », mais ce dernier terme ne correspond pas à la topographie.

Chevalet, Chevalets, Chevaleyre, Chevallets, Chevalley,
Chevalleys, Chevaly
Patronymes Chevalet, Chevaley, Chevallet, Chevalley, etc., du vieux français chevalet, à l´origine « petit cheval », ou « cavalier ».
Le Chevalet, maison isolée (Ollon, district d´Aigle, Vaud) ;
Les Chevalets, hameau (Châtel-sur-Montsalvens, district de la Gruyère, Fribourg) ;
Les Chevallets, maison isolée (Lessoc, Haut-Intyamon, district de la Gruyère, Fribourg).
Chevalley, lieu-dit (Curtilles, district de Moudon, Vaud) ;
Pra Chevalley, faubourg de Lentigny (La Brillaz, district de la Sarine, Fribourg) ;
Les Chevalleys, lieu-dit (Vionnaz, district de Monthey, Valais) ;
Chevaly, hameau (Le Praz de Lys, Taninges, Faucigny, Haute-Savoie).
Par adjectivisation d´un patronyme Chevaley :
La Chevaleyre, Chevaleri en 1276, maison isolée (Villeneuve, district d´Aigle, Vaud).

Voir aussi Chevalleyres.


Chevalier, Chevalière, Chevalières
Patronyme Chevalier, du latin populaire *caballarius, latin caballus, « mauvais cheval, cheval hongre », gaulois caballos, « cheval ». Soit un sobriquet, soit une personne au service d´un chevalier.
Chevalier, hameau (Saint-Nizier-le-Bouchoux, Bresse, Ain) ;
L´Essert Chevalier, lieu-dit en forêt (Bassins, district de Nyon, Vaud) ;
Chevalière, lieu-dit (Monthey, Valais) ;
Les Chevalières, par féminisation, fermes isolées (Combe de Mijoux, Pays de Gex, Ain).

Chevaline
Commune et village du Pays de Faverges (Faverges, arrondissement d´Annecy, Haute-Savoie), Caballina à l´époque romaine, d´une ancienne villa Caballina, nom issu du cognomen Caballus avec un suffixe -ina, voir Chaby.
Probablement de même origine :
Chevaline, quartier (Mouxy, Aix-les-Bains, Savoie).


Chevalleyres
Les Chevalleyres, chevaleria palatio en 1404, « plateau où se rassemblaient les contingents de vassaux des seigneurs pour suivre la chevauchée de leur suzerain lors d´une revue ou d´une expédition militaire », et Chevalleyres Derrière, hameaux (Blonay, district de Vevey, Vaud).

Chevalqueue
Bief de Chevalqueue, cours d´eau affluent du Menthon (Bresse, Ain), nom composé de Cheval et de Queue, peut-être une métaphore.

Chevaudaz
La Chevaudaz, ancien lieu-dit de la ville de Lausanne (Vaud), sans doute par féminisation patoise d´un patronyme Chevaux [Bossard].

Chevaux
Chemin des Chevaux, Col des Chevaux, 2714m, et Pas des Chevaux, lieux-dits de la commune de Bourg-Saint-Pierre, district d´Entremont (Valais), anciennement Chemin des Cavalles, sur le voie empruntée autrefois pour le transport du bois d´affouage du Val Ferret à l´Hospice du Grand-Saint-Bernard.
Pâquier à Chevaux, maison isolée (Charmey, district de la Gruyère, Fribourg) ;
Pâquier aux Chevaux, nom patois Patchi à Tsavo, lieu-dit (Gruyères, district de la Gruyère, Fribourg) ;
Planche Chevaux, peut-être avec un patronyme Chevaux, lieu-dit (Romont, district de la Glâne, Fribourg).

Cheveney, Chevenez, Chevignat, Chevigneux, Chevignina
D´un nom de domaine gallo-romain dérivé du gentilice Cavinius.
D´un [fundus] Caviniacus, avec le suffixe -acus :
Cheveney, clairière (Courchavon, district de Porrentruy, Jura) ;
Chevenez, Chaviniacus en 814, Givinei en 1139, Chavenei en 1179, Chivinye en 1290, ancien nom allemand Kevenach [Besse], commune et village (District de Porrentruy, Jura) ;
Chevigneux, hameau (Chindrieux, Chautagne, Savoie) ;
Chevignat, Chiviniacus en 1563, Chivignat en 1670, hameau (Courmangoux, Revermont, Ain).

Probablement d´une forme adjective :
La Chevignina, lieu-dit (Savièse, district de Sion, Valais).


Chevenne, Chevenoz
Soit une altération de Chavanne, soit un endroit où l´on cultivait le chénevis ou chanvre, patois savoyard féminin chenava [Constantin], avec métathèse, cf. l´ancien français chevenoir, « chénevis ».
Chalets de Chevenne, alpage, Ruisseau de Chevenne, affluent de la Dranse, nom monté à la Combe de Chevenne (La Chapelle-d´Abondance, Val d´Abondance, Haute-Savoie) ;
Chevenoz, Cura de Chevenu vers 1344, commune et village du Val d´Abondance (Abondance, arrondissement de Thonon-les-Bains, Haute-Savoie).

Chevillard
Lieu-dit de la commune de Vuarrens (District d´Echallens, Vaud), d´un patronyme Chevillard, nom de métier, « fabricant de chevilles ».

Cheville
Peut-être de l´ancien français chevillier, « creuser, extraire en creusant ».
Cheville, pâturage de la commune de Conthey (Valais), Pas de Cheville, col rejoignant Anzeindaz, 2038m, (Bex, district d´Aigle, Vaud), et La Chevilleince, avec le suffixe -ince, cours d´eau affluent du lac de Derborence ;
La Cheville, hameau (Perrignier, la Côte en Chablais, Haute-Savoie) ;
La Cheville, lieu-dit (Serraval, Bornes, Haute-Savoie).

Chevillon
Les Granges Chevillon, maisons isolées de la commune de Valloire (Maurienne, Savoie), patronyme.

Chevinière
La Chevinière, hameau de la commune de Curtafond (Bresse, Ain), Cheveniere en 1763, « chenevière », nom dérivé avec le suffixe collectif -ière de l´ancien français chevenoir, « chénevis ».

Chevran
Chevran d´en Bas et Chevran d´en Haut, alpages en clairière de la commune d´Arâches-la-Frasse, Montagne de Chevran, forêt déclive de la commune de Cluses, nom monté à la Pointe de Chevran, 1222m (Faucigny, Haute-Savoie), probablement d´un patronyme Chevran, du latin capranus.

Chevranges, Chevrens, Chevringe
Noms d´origine burgonde qui dériveraient d´un primitif *Capringos, « chez les Capringi », dérivé du nom propre latin Caper, « bouc ».
Chevranges, hameau (Pers-Jussy, Genevois, Haute-Savoie) ;
Chevrens, Chevrans sur la Carte de Cassini, autrefois Chevran, hameau (Anières, Genève) ;
Chevringe, lieu-dit (Larringes, Chablais, Haute-Savoie).

Chèvrefu
Forêt de la commune de Font (District de la Broye, Fribourg), du nom patois du chèvrefeuille (Lonicera periclymenum) et de l´épine-vinette (Berberis vulgaris) [Bossard].

Chevressy
Village vaudois de la commune de Pomy, district d´Yverdon, Chiwrusie en 974, Cabrusie et Cabrusei en 1174, Chabrusei, Chabrusie, Chebrusei et Chevressy en 1177, Chabrusey en 1182, Sivrissie en 1218, Chivrissie en 1527, d´un nom de domaine d´origine gallo-romaine comme *Caprissiacum, Caprussiacum, dérivé avec le suffixe -acum du gentilice Caprusius ou du nom d´esclave affranchi Caprissus.
Voir aussi Sevresy.


Chevreuil, Chevrieu, Chevrollet
Français chevreuil, mammifère sauvage ruminant ongulé, de la famille des Cervidés (Capreolus capreolus), ancien français chevrol, chevreul, féminin chevrolle, bas latin capredus, capreolius, capretus, latin capreolus, capriolus, « chevreuil ; chamois ».
Source du Chevreuil, source (La Roche-sur-Foron, Faucigny, Haute-Savoie).
Patronyme Chevrieu, « chevreuil » :
Chevrieu, ferme isolée (Briord, Bugey, Ain).

Patronyme Chevrollet, diminutif de « chevreuil » avec le suffixe -et :
Chevrollet, ruines, Chevrollet d´Amont, maisons isolées, dans la Combe de Chevrollet, lieu-dit (Le Grand-Abergement, Valromey, Ain) ;
Bois de Chevrollet, lieu-dit en forêt (Lalleyriat, Haut-Bugey, Ain).


Chevrier, Chevry
D´un nom de domaine gallo-romain Capriacum formé avec le suffixe -acum sur le gentilice Caprius, peut-être dérivé du cognomen Capra, « chèvre ».
Chevrier, anciennement Chivrerium [Régeste Genevois], puis Chivrie en 1235, Chevrye en 1316, Cura de Chivrier vers 1344, Chervi sur la Carte de Cassini, hameau (Choulex, Genève) ;
Chevrier, commune et village du Genevois (Arrondissement de Saint-Julien-en-Genevois, Haute-Savoie) ;
Chevry, lieu-dit (Trélex, district de Nyon, Vaud) ;
Chevry, Chivriacus en 1264, Chivrier en 1270, Chivrie en 1288, Chivriez en 1572, Chivries en 1573, commune, et Chevry Dessous, Chevry Dessus, villages du Pays de Gex (Arrondissement de Gex, Ain).

Chevrine
Hameau de la commune de Boussens (District de Cossonay, Vaud), Eschivoronaz en 1377, Chevrenaz en 1906, nom d´origine inconnue.

Chevron, Chevronnet
Chevron, hameau de la commune de Mercury (Combe de Savoie, Savoie), Cabridunum en 1132, Baronnia Chabriduni en 1149, puis Chivrion et Chivrione sans date, et Castrum de Chivrone en 1216, probablement d´un primitif *Gabrodunum, gaulois gabros, « chèvre », peut-être un anthroponyme, et dunum « forteresse », et Forêt de Chevron, dans la même commune.
Avenue Chevron, d´après une propriété des sires de Chevron, d´Albertville, co-seigneurs d´Aigle au Moyen Age (Ville d´Aigle, Vaud).
Avec le suffixe diminutif -et :
Chevronnet, hameau (Mercury, Combe de Savoie, Savoie).

Probablement avec un patronyme Chevron :
Chevron, hameau (Meyrieu-les-Etangs, Pays viennois, Isère) ;
Bois du Chevron, lieu-dit en forêt (Thézillieu, Bugey, Ain) ;
Plan Chevron, lieu-dit en montagne (Les Avanchers-Valmorel, Tarentaise, Savoie).


Chevrottet, Chevroux
Le Chevroux de l´Ain vient d´un ancien Caprosium, nom latinisé issu de l´anthroponyme gaulois Cabros, Gabros, « chèvre ». Il en est probablement de même pour celui de Payerne.
Chevrottet, ancien nom du hameau d´Ostende, diminutif du nom du village voisin Chevroux (Chevroux, district de Payerne, Vaud) ;
Chevroux, Chevroth en 1286, Chevrod et Chevroz en 1300, Chevros en 1310, Chevroz en 1453, Chevroud en 1725, commune et village (District de Payerne, Vaud) ;
Chevroux, In villa Caprosio en 978-981, In villa Givrosio et In Givrosio en 994-1032, Ecclesia de Cabrosio en 1119, Chievrous et Chivrous en 1344, Chivroux en 1359, Chievroux en 1366, Chevroux en 1439, commune et village de la Bresse (Pont-de-Vaux, arrondissement de Bourg-en-Bresse, Ain) ;
L´Etang de Chevroux, lieu-dit, et Bief de l´Etang de Chevroux (Chevroux, Bresse, Ain).

Cheylas
Le Cheylas, commune et village du Grésivaudan (Goncelin, arrondissement de Grenoble, Isère), ecclesia de Chaelais au XIème siècle, Cheylasium, Chelas et Chellas au XIIIème siècle, Cheylaysium au XIVème siècle, dont le nom dérive soit de castellarium, « château en ruines », issu de castellum, ou oppidum ruiné ; soit du franco-provençal chatel, « village fortifié », avec un suffixe augmentatif -as, *cha[t]elas devenant Cheylas [Nègre 1990] ; soit du patois dauphinois chala « trace laissée sur un pré ou dans la neige ».

Cheyres
Commune et village fribourgeois du district de la Broye, Cheres en 1230, Chieres en 1233, viendrait d´un latin villas Carias, emploi adjectival féminin du gentilice Carius [Jaccard].

Chez, chez
Ancien français chiés, « dans la maison de », aussi cheuz, chies, chiz, du latin casis, pluriel de casa, « maison », suivi d´un patronyme, d´un sobriquet ou d´un qualificatif. Ces toponymes, nombreux dans les zônes occupées tardivement, datent surtout de la fin du XIVème et du début du XVème siècle. Ils font suite aux nouvelle répartitions des terres.
Avec un patronyme :
Chez Jean de Buttes, hameau (Buttes, district du Val-de-Travers, Neuchâtel) ;
Chez la Leuba, hameau (Buttes, district du Val-de-Travers, Neuchâtel) ;
Chez Maurice Dessous et Chez Maurice Dessus, maisons isolées (Buttes, district du Val-de-Travers, Neuchâtel) ;
Vers chez Colas Gras, lieu-dit (La Côte-aux-Fées, district du Val-de-Travers, Neuchâtel).

Avec un qualificatif :
Chez le Maître, d´un maître d´école qui y habita, hameau (Le Chenit, Vallée de Joux, Vaud) ;
Chez la Tante, maisons isolées (Le Chenit, Vallée de Joux, Vaud).

Avec un sobriquet :
Chez la Sourde, hameau (Lathuile, Pays de Faverges, Haute-Savoie) ;
Chez le Christ, maisons isolées (Le Chenit, Vallée de Joux, Vaud) ;
Rue Vers-chez-le-Gras (La Sagne, Sainte-Croix, district de Grandson, Vaud).

La préposition « chez » peut aussi être suivie d´un nom commun ou d´une autre préposition ; pour Bossard, l´origine serait alors le latin capsus, « coffre ; parc, enclos » :

Avec un nom commun :
Vers chez les Bois, qu´il faut peut-être comprendre comme « maison vers les bois », maison isolée (La Chaux-du-Milieu, district du Locle, Neuchâtel) ;
Chez de Berne, « maison de Berne » ou « maison [de ceux] de Berne », maisons isolées (La Côte-aux-Fées, district du Val-de-Travers, Neuchâtel).

Avec une préposition :
Chez Dessous, maisons isolées (La Côte-aux-Fées, district du Val-de-Travers, Neuchâtel).


Chezabois
Probablement un composé d´un dérivé du vieux français chaeze, « maison, habitation », voir Chaisaz, et bois.
Chezabois d´en bas et Chezabois d´en haut, maisons isolées (Ballaison, Bas-Chablais, Haute-Savoie) ;
Chezabois, Chesabois en 1794, village et ancienne commune (Poligny, arrondissement de Lons-le-Saunier, Jura).

Chèzeneuve
Commune et village (La Verpillière, arrondissement de la Tour-du-Pin, Isère), Casa Nova en 927, Chesanova au XIIIème siècle, latin médiéval casa, « maison », bas latin casa, « cabane, chaumière, hutte », et adjectif latin féminin nova, « nouvelle, récente ».

Chézery, Chézery-Forens
Chézery est le nom ancien d´un village de la Valserine qui fait maintenant partie de Chézery-Forens, chef-lieu de la commune du même nom (Collonges, arrondissement de Gex, Ain), ancienne abbaye cistercienne fondée en 1140 par Amédée III, comte de Maurienne, Chisirai en 1164, abbati Cheysiriaci en 1175, Cheyseri en 1179, Cheiserie en 1217, Chisiriacum, Chesiriaco en 1236, Chisiriacensis domus et Chesirie au XIIIème siècle, Cheysiriacus en 1329, Cura de Cheysirier vers 1344, Cheyserie vers 1365, Chissirier en 1397, Cheyserier en 1554, Cheiserier en 1572, Cheysery en 1675, Cheiseri en 1690, Chezery en 1790, Chésery au XIIIème siècle, d´un nom de domaine d´origine gallo-romaine Casiriacum, dérivé avec le suffixe -acum du gentilice Casirius.
Val de Chézery, ancien nom de la Valserine.

Chiblin
Moulin de Chiblin, maison isolée de la commune de Gingins (District de Nyon, Vaud), Chiblins en 1202, nom d´origine burgonde inconnue.

Chien, Chiens
Français chien, de l´accusatif latin canem de canis. Dans certains cas, il peut s´agir d´un sobriquet ou d´un patronyme.
Bois au Chien (Siviriez, district de la Glâne, Fribourg) ;
Chambre au Chien, lieu-dit (Mont-la-Ville, district de Cossonay, Vaud) ;
Combe du Chien, lieu-dit (Mayres-Savel, Matheysine, Isère) ;
La Chambre aux Chiens, lieu-dit en forêt (Douvaine, Bas-Chablais, Haute-Savoie) ;
Combe aux Chiens, lieu-dit (Vendlincourt, district de Porrentruy, Jura) ;
Le Crot aux Chiens, hameau (Avoriaz, Morzine, Chablais, Haute-Savoie) ;
Pas du Chien, passage escarpé (Mont Chauffé, Val d´Abondance, Haute-Savoie) ;
Pied de Chien, lieu-dit en forêt (Saint-Alban-Leysse, Chambéry, Savoie) ;
Cabane de Queue de Chien, maison isolée (Livet-et-Gavet, Oisans, Isère) ;
Roche aux Chiens, lieu-dit (La Ferrière, district de Courtelary, Jura bernois).
Voir aussi Chien-Pendu, Chincul, Cul de Chien, Poil aux Chiens, Trente Chiens.


Chiètres
Chiètres, commune et village du district du Lac (Fribourg), nom allemand Kerzers, Chartris ou Cartris villa en 926, Eccl. ad carcerem en 962, Kercers en 1153, Chietri en 1228, Chercerz en 1244, Kerzers en 1276, Chiertres en 1285, Chertres en 1390, le nom latin ad carcerem signifie « à la prison », de carceris, « clôture, geôle ».
Chiètres, lieu-dit à habitat dispersé de la commune de Bex, district d´Aigle (Vaud), peut-être de même origine.

Chignan, Chignin, Chigny
Noms de domaines d´origine gallo-romaine dérivés du gentilice Can[n]ius [Gros].
Avec le suffixe -anum :
Chignan, Chignens sur la Carte IGN, maison isolée (Allinges, Bas-Chablais, Haute-Savoie).

Avec le suffixe -inum :
Chignin, Ecclesia de Chinino et Capella de castro Chinino vers 1100, Capella de Chignino en 1100, apud Chininum en 1204, de Chinnis en 1205, de Chininis en 1207, de Chinnino en 1234, apud Chininum vetus en 1244, Chinins en 1255, de Chigniens en 1379, Chigninum en 1488, commune et village de la Combe de Savoie (Montmélian, arrondissement de Chambéry, Savoie), et Tours de Chignin, ruines de sept tours du XIIIème siècle, qui contrôlaient la cluse de Chambéry et la route d´Italie, dans la commune de Chignin ;
Trou de Chignin, lieu-dit en forêt dans la commune voisine de Chignin (La Thuile, Bauges, Savoie).

Avec le suffixe -acum, nom de domaine *Chigniacum, d´un primitif *Can[n]iacum :
Chigny, Chinie en 1221, Chinni en 1228, Chignie en 1232, commune et village (District de Morges, Vaud).


Chili
Au Chili, maisons isolées de la commune de Rueyres-les-Prés (District de la Broye, Fribourg), probablement una allusion au pays du même nom.

Chillia, Chilliat
Noms de domaine d´origine gallo-romaine *Chil[l]iacum, dérivé avec le suffixe -acum du gentilice Chil[l]ius.
Chillia, ancien nom de la commune de de Grièges, Ecclesia de Chillie vers 1250, Chillia et Chilliacus en 1272, Chiliacus en 1321, Chillies en 1506 ;
Chilliat, lieu-dit (Saint-Martin-Le-Châtel, Bresse, Ain).

Chillon
Patois chillon, chillond, « pierre plate, plateforme de rocher », de ancien français chail, « caillou », même origine que Chillaz.
Château de Chillon, Chillun en 1150, Cilon en 1157, castrum Quilonis en 1195, Chillon en 1214, Chyllons en 1232, Chilliun en 1233, Chillons en 1255, Chilluns en 1276, etc., château construit sur une dalle de calcaire au bord du Léman ;
Mont de Chillon, 1951m, et Chillon dessous, pâturage (Vallon de Bise, Chablais, Haute-Savoie).
Voir aussi Tsillon.


Chilly
D´un nom de domaine d´origine gallo-romaine *Cailliacum, dérivé avec le suffixe -acum d´un gentilice comme Callius.
Chilly, Cura de Chillier vers 1344, commune et village de la vallée des Usses (Frangy, arrondissement de Saint-Julien-en-Genevois, Haute-Savoie) ;
Chilly, anciennement Chillier, hameau (Douvaine, Bas-Chablais, Haute-Savoie) ;
Les Tattes de Chilly, lieu-dit en forêt (Loisin, Bas-Chablais, Haute-Savoie).

Chimilin
Commune et village de la Vallée du Guiers (Le Pont-de-Beauvoisin, arrondissement de la Tour-du-Pin, Isère), ecclesiam de Chimillino au XIème siècle, issu du nom d´homme gaulois Camulinus dérivé du théonyme gaulois Camulos.

Chincul
Chincul Dessous et Chincul Dessus, maisons isolées de la commune des Verrières (District du Val-de-Travers, Neuchâtel), composé du patois chin, « chien », et cul, a peut-être de même signification que le patois comtois Cul de Chien, « nèfle ». Ce nom peut aussi signifier Cul, « endroit reculé », avec un patronyme Chien.

Chindrieux
Commune et village de Chautagne (Ruffieux, arrondissement de Chambéry, Savoie), Cintriacum en 1144, Chantriac en Choutayne en 1294, Prior de Chindriou vers 1344, de Chintriaco en 1420, Prioratus Chindriaci en 1570, Prieur de Chindrieu en 1607, d´un primitif Cantriacum, nom de domaine dérivé avec le suffixe -acum du gentilice Cantrius [Gros].

Chiotasse, Choton, Chottes
Patois valaisan chotte désignant un abri d´alpage, voir le mot régional chotte.
Les Chottes, hameau (Val de Nendaz, district de Conthey, Valais) ;
Les Chottes de l´Etoile, alpage (Evolène, district d´Hérens, Valais).
Avec le suffixe péjoratif -asse :
La Chiotasse, maisons d´alpage ruinées (Evolène, district d´Hérens, Valais).

Peut-être de même origine, avec le suffixe -on :
Choton, alpage (Hauteluce, Beaufortain, Savoie).


Chippis
Commune et village valaisans du district de Sierre, Sepils au XIème siècle, Selpis en 1052, Chipiz en 1238, Capelas selpis en 1278, Chipitz en 1348, Chypis en 1410, Chippis en 1460, Zippis en 1545, Chypis en 1812, ancien français sep, -cep, « tronc, pièce de bois, haie », du latin saepes, sepes, « haie, clôture, enceinte, barrière », ou diminutif saepicula, sepicula, « petite haie ».

Chirens
Commune et village du Pays voironnais (Voiron, arrondissement de Grenoble, Isère), villa de Chyrens au XIVème siècle, Chiroen au XVème siècle, nom d´origine burgonde qui dériverait d´un primitif *Caringos, « chez les Caringi », dérivé du nom propre Caro.

Chirurgienne
La Chirurgienne, maison isolée de la commune du Chenit (District de la Vallée, Vaud), par féminisation de chirurgien, probablement profession, patronyme ou sobriquet d´un ancien propriétaire.

Chives
Chives à Barbet, forêt de la commune de Vallorbe (District d´Orbe, Vaud), variante de Clives, « terrain en pente » [Bossard].

Chivrageon
Hameau de la commune d´Aubonne (Vaud), Chavraione en 1047, Chivraione au XIIème siècle, Chivrajon au XIXème siècle, nom d´origine inconnue.

Chocolaterie
La Chocolaterie, bêtiments de la commune d´Echandens (District de Morges, Vaud), ancienne Chocolaterie Kohler, active de 1896 à 1907, à l´emplacement d´un ancien moulin.

Choëx
Hameau de la commune de Monthey (Valais), Choiz en 1178, Choyz en 1233, Chueys en 1316, Chuex en 1428, Choex en 1436, Choëx et Chouex en 1906, nom d´origine inconnue.

Choin
Le Choin, lieu-dit de la commune de Mervelier (District de Delémont, Jura), peut-être du nom d´une plante des marais, le choin ferrugineux (Schoenus ferrugineus L.), ou le choin noirâtre (Schoenus nigricans L.), ou plus probablement par francisation d´un nom alémanique, ce lieu-dit étant juste sur la frontière linguistique.

Choindez
Hameau de la commune jurassienne de Courrendlin, district de Delémont, francisation du nom allemand Schwende, « défriché », voir Schwand.

Choisel
Château de Choisel, château du XIIIème siècle et hameau de la commune de Saint-Paul (Avant-Pays savoyard, Savoie), vieux français choisel, « auget recevant l´eau disposé autour de la roue hydraulique d´un moulin » [Pégorier], ancien français choisieau, « planches qui fait boîte autour de la roue du moulin », bas latin caucellum, « coupe, vase à boire », peut-être par transfert.

Choisi, Choisié, Choisy
D´un nom de domaine gallo-romain Cauciacum, dérivé avec le suffixe -acum du gentilice Caucius [Gros].
Choisi, domaine (Bursinel, district de Rolle, Vaud) ;
Choisié, ruisseau et ancien lieu-dit In loco Choysiaci en 1435, maintenant Loche (Grésy-sur-Aix, Aix-les-Bains, Savoie).
Choisy, anciennement Cosiacus, et Curatus de Choysie vers 1344, commune et village (Annecy Nord-Ouest, arrondissement d´Annecy, Haute-Savoie).
Voir aussi Mont Choisy.


Choisière
La Choisière, forêt déclive de la commune de Thônes (Bornes, Haute-Savoie), par féminisation d´un patronyme Choisier.

Cholet, Cholière, Chollière, Chollières, Choulet,
Choulière, Choullière
Choulière, endroit planté de choux ou de plantes à tige. Vieux français chol, « chou », ancien français cholet, « petit chou », latin caulis, colis, « tige, chou ».
Noms collectifs : choulière, ancien français cauliere, chauliere, avec le suffixe collectif -ière :
Cholière, maison isolée (Lapeyrouse, Dombes, Ain) ;
Chollière, hameau, et Bois de la Chollière, forêt (Pralognan-la-Vanoise, Vanoise, Savoie) ;
Etang des Chollières, étang en forêt (Châtonnay, Pays viennois, Isère) ;
La Choulière, lieu-dit en forêt (Saint-Sigismond, Faucigny, Haute-Savoie) ;
La Choullière, probablement par féminisation d´un patronyme Choullier attesté, alpage (Aussois, Haute-Maurienne, Savoie).

Avec le suffixe collectif se rapportant à la flore -et, ou patronymes de même origine :
Le Cholet, hameau (Le Noyer, Bauges, Savoie) ;
Le Cholet, ferme isolée (La Bâtie-Divisin, La Tour-du-Pin, Isère) ;
Chez Cholet, maisons isolées (Biol, La Tour-du-Pin, Isère) ;
Choulet, maison isolée (Ormont-Dessous, district d´Aigle, Vaud) ;
Les Choulets, lieu-dit (Yvoire, Bas-Chablais, Haute-Savoie).


Chonas-l´Amballan
Commune et village du Pays viennois (Vienne-Nord, arrondissement de Vienne, Isère), Calvatis villa au Xème siècle, d´un surnom romain Calvatis, latin calvatus, « rendu chauve, dégarni ».

Chopin
La Combe Chopin, lieu-dit de la commune de Roches (District de Moutier, Jura bernois), avec un patronyme Chopin, ancien français chopin, « coup violent ».

Choranche
Commune et village du Royans (Pont-en-Royans, arrondissement de Grenoble, Isère), Ecclesia de Chauranchis au XIème siècle, peut-être issu du nom de personne romain Caurus avec un suffixe -anicas ou -anicos [Nègre 1990].

Chorde
La Chorde, couloir et passage escarpé de la commune de Servoz (Haut-Faucigny, Haute-Savoie), près du lac de Pormenaz, probablement une variante de corde, du latin chorda, ce passage ayant sans doute été équipé d´une corde (aujourd´hui d´un câble métallique).

Chosés
Les Chosés, maison isolée de la commune de Courtelary (Jura bernois), probablement un patronyme Chosé.

Chotion
Alpage de la commune de Valmeinier (Maurienne, Savoie), aussi Chaution, Domus sita el Chaution, en champ Tyon et en Chautyon en 1475, composé de Chaux et du nom propre Tyon [Gros].

Chouchignies
Commune et village du district d´Aarberg (Berne), nom allemand Kallnach.

Choudans
Hameau de la commune de Saint-Jean-de-Gonville (Pays de Gex, Ain), Choudens sur la Carte de Cassini, nom d´origine burgonde.

Choudy
Quartier d´Aix-les-Bains (Savoie), pourrait dériver d´un nom de domaine d´origine gallo-romaine Caudiacum*, dérivé avec le suffixe -acum de Caudius, variante du gentilice Claudius.

Chougeat
Chougeat, hameau de la commune de Matafelon-Granges (Izernore, Haut-Bugey, Ain), Chougia en 1299-1369, Choulgia en 1394, Sougea en 1419, Apud Chaugiacum en 1483, Chougiaz en 1500, Chaugiaz en 1563, Chaugeaz en 1670, nom d´origine gallo-romaine. Bois de Chougeat, Plateau de Chougeat, Rocher de Chougeat, lieux-dits de la même commune.

Chougny
Chougny et Le Petit Chougny, hameaux de la commune de Vandoeuvres (Genève), Chougnier en 1326, Chougnyer en 1330, Chognier en 1343, Chounye en 1345, Chounier en 1364, puis Chonier, etc., nom de domaine d´origine gallo-romaine *Cauniacum, dérivé avec le suffixe -acum du gentilice Caunius issu du gaulois Caunus [Jaccard].

Chouin
Hameau de la commune de Cerdon (Haut-Bugey, Ain), probablement l´écart nommé Suens en 1911 par Philipon, et Suin sur la Carte de Cassini. Il y avait aussi une Montagne de Suens en 1911, entre les communes de Cerdon et d´Izenave, Mons de Suens en 1258, In monte de Suins en 1280, In monte de Suyns en 1299-1369 ; nom d´origine burgonde qui dériverait d´un primitif *Sôdingos, « chez les Sodingi », dérivé du nom propre Sodo, du burgonde *sauþs, germanique *sauþi, « sacrifice » [Perrenot].
Gouffre de Chouin, gouffre près de Chouin (Cerdon, Haut-Bugey, Ain).

Choulens
Lieu-dit de la commune d´Orzens (District d´Yverdon, Vaud), nom d´origine burgonde.

Choulex, Choully, Collex
Nom de domaine d´origine gallo-romaine Cauliacum, dérivé avec le suffixe -acum du gentilice Caulius.
Choulex, Cholay en 1250, Cholays en 1318, de Caulhiaco et de Caulliaco en 1394, commune et village dont le château est une ancienne possession de la famille Cholex ou Cholay, qui s´éteignit vers 1620 (Genève) ;
Choulex, hameau (Bons-en-Chablais, la Côte en Chablais, Haute-Savoie) ;
Choully, in Cauliaco en 912, Choyellie en 1295, hameau (Satigny, Genève) ;
Collex, peut-être de Joliaco lire Coliaco en 1153, Cholay, Colay et Coliacum en 1258, Colex en 1855, village (Collex-Bossy, Genève).

Chouravier
Lieu-dit de la commune de Granier (Tarentaise, Savoie), lieu où l´on cultive le chou-rave (Brassica oleracea), une plante culinaire. Nom formé avec le suffixe collectif -ier.

Chovettaz
La Chovettaz, la Chouvetta en 1730, hameau (Val Montjoie, Haute-Savoie), peut-être un endroit fréquenté par une chouette.

Christ
La Croix du Christ, lieu-dit de la commune de Saint-Gervais-les-Bains (Haut-Faucigny, Haute-Savoie), nom passé au Col du Christ, 1899m. Latin Christus, du grec khristos, « oint ».

Christine
La Christine, maison isolée de la commune de Concise (District de Grandson, Vaud), par féminisation d´un patronyme Christin, « chrétien ».

Christomet
Chalet du Christomet, maison isolée de la commune de Megève (Haut-Faucigny, Haute-Savoie), nom monté au Christomet, sommet, 1853m, et à la Tête de Christomet, 1844m, soit d´un patronyme *Christomet, soit un diminutif du patronyme Christome, attesté.

Chuantse
La Chuantse, alpage, à l´extrémité de Monts Chevreuil (Vallon de l´Hongrin, Château-d´Oex, Pays-d´Enhaut, Vaud), Schuantz en 1906, de l´allemand Schwanz, « queue » [Jaccard].

Chules
Nom français du village bernois de Gals et Galles en 1185, Chules en 1217, Gals en 1265, Choule et Chules en 1403, nom probablement d´origine romane, peut-être d´une racine pré-indo-européenne (ligure) *cala, « lieu abrité », voir Chal.

Chumma, Chumme, Chummetji
Noms alémanisés au XVème siècle dérivés de Comba, Combe.
Rarner Chumma, « combe de Rarogne », hameau (Rarogne, Valais) ;
Chumme, forme alémanisée au XVème siècle, alpage (Salquenen, district de Loèche, Valais).
Chummetji, diminutif, pâturage (Ergisch, district de Loèche, Valais).
Voir aussi Gumm, Kummenalp.


Chuzelles
Commune et village du Pays viennois (Vienne-Nord, arrondissement de Vienne, Isère), villa Caucilla en 845, Causelia au Xème siècle, Chusella au XIIIème siècle, d´un nom de domaine gallo-romain dérivé de l´anthroponyme Caucius.

Cibe, Cible
Français cible, patois et vieux français cibe, voir le mot régional cibare.
La Cibe, maisons isolées, et Le Rio de la Cibe, affluent de la Broye (Semsales, district de la Veveyse, Fribourg) ;
La Cible, lieu-dit (Fully, district de Martigny, Valais) ;
Sous la Cible, lieu-dit (Fontaines, district du Val-de-Ruz, Neuchâtel).

Cibeins
Hameau et château de la commune de Misérieux (Reyrieux, Bresse, Ain), ancien fief, Sibens en 1296, Sybens en 1299-1369, Civins en 1356, nom d´origine burgonde qui dériverait d´un primitif *Sibingos, « chez les Sibingi », dérivé du nom propre Sibo [Perrenot], germanique *sibba, « apparenté ».

Cicle
Tête de la Cicle, 2552m, et Col de la Cicle, 2377m, appelé aussi Col de la Ciclaz, forme patoise, ou Col de la Gicle par attraction paronymique (Val Montjoie, Haute-Savoie, et Beaufortain, Savoie), du mot régional ciclaz, « brèche, crevasse » [Pégorier].

Ciernedon
Ciernedon d´en Bas et Ciernedon d´en Haut, anciennement Cierne Domps [Aebischer], peut-être du latin médiéval dompnus, domnus, « maître », fermes isolées (Estavannens, Bas-Intyamon, district de la Gruyère, Fribourg).

Ciernes Picat
Ciernes Picat, avec le nom de famille Picat, lieu-dit avec habitat dispersé, et Ruisseau des Ciernes Picat, affluent de la Sarine (Rougemont, Pays-d´Enhaut, Vaud).

Cigogne, Cigognier
Cigogne blanche (Ciconia ciconia), oiseau migrateur de la famille des Ciconniidae. Ancien provençal cegonha, latin ciconia.
La Cigogne, maison isolée (L´Auberson, Sainte-Croix, district de Grandson, Vaud) ;
Bois de la Cigogne, forêt (Torny, district de la Glâne, Fribourg) ;
Clos des Cigognes, lieu-dit (Bulle, district de la Gruyère, Fribourg).
Nom collectif : endroit où nichent des cigognes, avec le suffixe collectif -ier :
Le Cigognier, colonne d´un sanctuaire romain sur laquelle se trouvait un nid de cigognes, attesté en 1642 déjà, et détruit en 1978 (Avenches, Vaud).


Cime
Français cime, « partie la plus haute d'une montagne », latin vulgaire *cima, « tendron de légume, extrémité d'une tige », grec kuma, « tendron ou tige de chou ; chose gonflée, enflée ».
Haute Cime, anciennement Dent de l´Ouest, Dent du Midi, Dent de Challent ou Dent de Tsallen, sommet le plus élevé des Dents du Midi, 3257m (Val-d´Illiez, district de Monthey, Valais).

Cimeteret, Cimetière
Soit un cimetière ancien ou actuel, soit un lieu où furent trouvées des sépultures. Ancien français cimetire, latin ecclésiastique cimiterium, latin coemeterium, issu du grec.
Le Cimetière, lieu-dit en forêt (Villeneuve, district d´Aigle, Vaud) ;
Le Cimetière des Bêtes, lieu-dit (Puygros, Bauges, Savoie) ;
Combe du Cimetière, lieu-dit (Brénaz, Valromey, Ain).
Avec le suffixe diminutif -et :
Le Cimeteret, hameau, et Pont du Cimeteret, sur le Ruisseau d´Aillon (Aillon-le-Vieux, Bauges, Savoie).


Cinq Sols, Cinq Sous
Le sou ou sol était une monnaie de compte, une livre valant vingt sous. Plutôt que la valeur réelle du terrain, il faut voir dans ce nom une expression utilisée à l´époque pour désigner quelque-chose de peu de valeur.
Bois de Cinq Sols, lieu-dit en forêt (Boncourt, district de Porrentruy, Jura) ;
Cinq Sous, lieu-dit (Eclépens, district de Cossonay, Vaud).

Cion
Monts de Cion, chaînon (3040m) au nord de Lourtier (Bagnes, district d´Entremont, et Nendaz, district de Conthey, Valais), dérivé de Sion avec commutation de [S] en [C].

Cirque
Terme générique récent (XIXème siècle), lieu-dit entouré de montagnes formant un arc de cercle, du latin circus, « cercle »
Cirque des Fonds, lieu-dit (Sixt-Fer-à-Cheval, Faucigny, Haute-Savoie).

Ciseaux
Du français ciseaux, par métaphore.
Les Ciseaux, sommet, 2388m (Saint-Julien-Montdenis, Maurienne, Savoie) ;
Aiguille des Ciseaux, sommet du groupe de l´Aiguille de Blaitière, 3479m (Aiguilles de Chamonix, massif du Mont-Blanc, Haute-Savoie).

Ciseran
Hameau de la commune de Montjovet (Vallée d´Aoste), dérivé d´un nom romain avec le suffixe -anus, peut-être un ancien [fundus] Caesarianus.

Citadelle
De l´italien citadella, « petite cité », diminutif de citade, forme ancienne de citta, « cité ».
La Citadelle, quartier (Meyrin, Genève) ;
La Citadelle, hameau (Saules, district de Moutier, Jura bernois) ;
La Citadelle, probablement par métaphore, alpage (Boveresse, district du Val-de-Travers, Neuchâtel).

Citard
Grande Citard et Petite Citard, maisons isolées en clairière de la commune de Semsales (District de la Veveyse, Fribourg), avec un patronyme Citard attesté en France.

Citerne
Dans le Jura, source souterraine dans les pâturages, source profonde. Du latin cisterna, « réservoir », dérivé de cista, « coffre ».
La Citerne, maison isolée (Nods, district de la Neuveville, Jura bernois).

Civrieux
Commune et village de la Dombes (Trévoux, arrondissement de Bourg-en-Bresse, Ain), Sivriacus en 984, Syvreu en 1250, Syvriacus en 1268, Sivreu en 1285, Sivrieu en 1662, Civrieu au XVIIIème siècle, probablement d´un nom de domaine d´origine gallo-romaine *Severiacus, dérivé avec le suffixe -acum du gentilice Severius [Longnon], voir Sévery.

Cizod
Hameau de la commune de Challes-la-Montagne (Haut-Bugey, Ain), Villa de Cysos en 1299-1369, Cisos en 1306, Cizoz en 1563, Cizot sur la Carte de Cassini, probablement avec un patronyme gaulois, cf. le gaulois *cissos, « lierre ».


Clabinualp
Pâturage de la commune de Loèche-les-Bains (District de Loèche, Valais), peut-être le Cliben mentionné par Jaccard, forme alémanisée au XVème siècle d´un dérivé du latin clivus, « pente, montée, inclinaison », voir Clavaz.

Claie, Claix, Clavans, Clavé, Clavets,
Clavette, Clavettes, Clavile, Clavon, Clavons,
Clayes, Clé, Cléa, Clédal, Clédar,
Clédard, Clées, Clef, Clefs, Cleon,
Cléon, Clés, Cléta, Clétaz, Cliaz,
Clie, Clies, Cliets, Cliettes
Ce nom désigne un endroit contrôlant un passage étroit, ou un endroit clos. Français claie, ancien français claie, « treillis d´osier à claire-voie », claiel, clayel, « clôture », clais, claiz, cleiz, « palissade, haie, prison », claier, clier, cliier, cloiel, cloier, « lieu fermé de claies », cléee, « rempart formé de claies », latin médiéval clida, gaulois et bas latin cleia, cleta, « claie, treillage servant de clôture ».
La Claie, La Clay en 1467, hameau (Lent, Bresse, Ain) ;
La Claie, La Claye sur la Carte de Cassini, hameau (Villars-les-Dombes, Dombes, Ain) ;
La Claie-aux-Moines, La Clef aux Moines en 1906, hameau (Savigny, district de Lavaux, Vaud) ;
Claix, Clais au XIème siècle, commune et village du Pays grenoblois (Vif, arrondissement de Grenoble, Isère) ;
Les Clayes, hameau (Vonnas, Dombes, Ain) ;
La Clé, lieu-dit (Baulmes, district d´Orbe, Vaud) ;
Grand Clé et Petit Clé, maisons isolées, Pas de Clé, passage en falaise, Rochers de Clé, lieu-dit, Tête de Clé, sommet, 2015m (L´Etivaz, Château-d´Oex, Pays-d´Enhaut, Vaud) ;
Les Clées, noms romains Cletae, castrum ad Claves, puis Clees en 1134, les Claies vers 1250, Cloies en 1268, Castrum Cletarum en 1271, puis Cletis en 1382, commune et village (District d´Orbe, Vaud) ;
La Clef, maison isolée (Saint-Imier, district de Courtelary, Jura bernois) ;
La Clef et Haut de la Clef, lieux-dits (Vicques, district de Delémont, Jura) ;
La Clef d´Or, hameau (La Chaux-du-Milieu, district du Locle, Neuchâtel) ;
Les Clefs, Cletarum en 1256, aussi Les Clés et Les Clets au XIXème siècle, commune et village des Bornes, château (Thônes, arrondissement d´Annecy, Haute-Savoie) ;
Les Clefs, hameau (Bons-en-Chablais, la Côte en Chablais, Haute-Savoie) ;
Les Grosses Clés et Les Petites Clés, maisons isolées (Gruyères, district de la Gruyère, Fribourg).
Patois savoyard :
La Cléa, maisons isolées (Valloire, Maurienne, Savoie) ;
Ruisseau du Cléta, affluent de l´Eau d´Olle (Allemond, Oisans, Isère) ;
La Clétaz, hameau (Saint-Alban-des-Hurtières, Basse-Maurienne, Savoie).

Avec le suffixe collectif -é :
Clavé, alpage (Quart, vallée d´Aoste).

Avec les suffixes diminutifs -et, -ette :
Les Clavets, alpage, peut-être d´un patronyme Clavet (Champéry, district de Monthey, Valais) ;
Clavette, ruine d´alpage (Ollomont, vallée d´Aoste) ;
Les Clavettes de Bougé, maison isolée (Bougé-Chambalud, Pays viennois, Isère).

Avec le suffixe diminutif -ile :
La Clavile, maison isolée (Cully, district de Lavaux, Vaud).

Avec le suffixe diminutif -on :
Clavon, alpage (Verrayes, vallée d´Aoste) ;
Les Clavons, maison isolée en clairière (Villeneuve, district d´Aigle, Vaud).

Mot régional clédar, « portail rustique clôturant un alpage » :
Chemin du Clédal (Chancy, Genève) ;
Clédar de la Velle (Muriaux, district des Franches-Montagnes, Jura) ;
Clédar des Arches, passage entre les communes de Villeret (District de Courtelary, Jura bernois) et de Muriaux (District des Franches-Montagnes, Jura) ;
Vers le Clédard, maisons isolées (Les Diablerets, Ormont-Dessus, district d´Aigle, Vaud).

Mot régional clie, de même sens :
La Cliaz, maisons isolées (Les Houches, vallée de Chamonix, Haute-Savoie) ;
La Clie, maison isolée (Gimel, district d´Aubonne, Vaud) ;
La Clie du Vuarne, lieu-dit (Chaînon de la Dôle, Jura vaudois, Suisse) ;
Clies, Clees en 1175, Cleies en 1229, quartier d´habitation (Saint-Légier-La-Chiésaz, district de Vevey, Vaud) ;
Aux Clies, lieu-dit (Satigny, Genève).

Avec les suffixes diminutifs -et, -ette :
Les Cliets, alpage (Cohennoz, Val d´Arly, Savoie) ;
Les Cliettes, hameau (Arzier, district de Nyon, Vaud).

Probablement de l´ancien français cloiel, cloier, « claie, lieu fermé de claies » :
Cleon, De cloion en 1213, Cloons en 1240, Cleon en 1245, Ecclesia de Cloyon vers 1250, hameau (Corcelles, Haut-Bugey, Ain) ;
Le Cléon, forêt (Hauteville-Lompnes, Bugey, Ain).

Probablement de même origine :
Clavans-en-Haut-Oisans, ecclesia de Clavaone au XIème siècle, villa Clavone et curia Clavione au XIVème siècle, commune de l´Oisans (Le Bourg d´Oisans, arrondissement de Grenoble, Isère), Clavans le Bas, Clavaonus inferior au XIVème siècle, hameau, Clavans le Haut, Clavaonus superior au XIVème siècle, Clavans Dessus au XVIIIème siècle, village et chef-lieu.

Voir aussi Glaie.


Clair, Claire, Claires, Clairette, Clairs,
Clar, Claret, Claretière, Clarets, Clarette
Français clair, « lumineux, qui reçoit beaucoup de lumière ; peu foncé, peu consistant ; transparent, limpide, pur ».
Lac Clair, petit lac (Les Marches, Combe de Savoie, Savoie) ;
Le Lac Clair, lac de montagne (Lanslebourg-Mont-Cenis, Haute-Maurienne, Savoie) ;
Nant Clair, cours d´eau affluent de l´Arc (Bonvillaret, Basse-Maurienne, Savoie) ;
Pont de Clair Temps, pont du chemin de fer (Les Houches, vallée de Chamonix, Haute-Savoie) ;
Lacs de Fontaine Claire, lacs de montagne (Sainte-Hélène-sur-Isère, Combe de Savoie, Savoie) ;
Ruisseau de Fontaine Claire (Notre-Dame-des-Millières, Combe de Savoie, Savoie) ;
Les Claires, maisons isolées (Marlieux, Dombes, Ain) ;
Les Claires, lieu-dit (Montrevel, La Tour-du-Pin, Isère) ;
Bois Clairs, forêt (Saint-André-sur-Vieux-Jonc, Bresse, Ain) ;
Les Chênes Clairs, hameau (Druillat, Bresse, Ain).
Diminutif avec le suffixe -ette :
Source Clairette, lieu-dit marécageux (Saint-Christophe-en-Oisans, Oisans, Isère).

Probablement une forme masculine de même sens :
Clar Chanay, forêt (Cheseaux-Noréaz, district d´Yverdon, Vaud) ;
Champ Clar, lieu-dit (Boudevilliers, district du Val-de-Ruz, Neuchâtel).

Diminutif de clair avec le suffixe -et, ancien français claret ou souvent d´un patronyme Claret, diminutif de l´ancien nom de baptême Clair, du latin clarus, « illustre, brillant » :
Claret, de Clareto en 1396, hameau (Saint-Julien-Montdenis, Maurienne, Savoie), et Rieu Claret, en latin Rivus Clareti cours d´eau qui arrose le hameau du Claret (Saint-Julien-Montdenis, Maurienne, Savoie) ;
Claret, lieu-dit en forêt (Treffort-Cuisiat, Revermont, Ain) ;
Claret, lieu-dit en forêt (Ecole, Bauges, Savoie) ;
Le Claret, alpage, dans la Combe du Claret, vallon (Valloire, Maurienne, Savoie) ;
Bois de Claret, forêt (Autrans, Vercors, Isère) ;
Lac Claret, lac de montagne (La Morte, Valbonnais, Isère) ;
Lac Claret, lac de montagne (Revel-Tourdan, Bièvre, Isère) ;
Champ Claret, lieu-dit en forêt (Ugine, Val d´Arly, Savoie) ;
Col de Claret, lieu-dit en forêt (Chichilianne, Trièves, Isère) ;
Fontaine Claret, source (Oz, Oisans, Isère) ;
Grange de Bois Claret, maison isolée (Saint-Nazaire-les-Eymes, Pays grenoblois, Isère) ;
Pointe de Claret, 3355m (Bessans et Termignon, Haute-Maurienne, Savoie) ;
Revout Claret, lieu-dit en forêt (Chantesse, Sud du Grésivaudan, Isère) ;
Le Rieu Claret, affluent du Lac de Grand Maison, et Chalets du Rieu Claret, alpage (Saint-Colomban-des-Villards, vallée des Villards, Maurienne, Savoie) ;
Ruisseau de Claret, affluent de l´Arc (Bessans, Haute-Maurienne, Savoie) ;
Val Claret, village de vacances (Tignes, Haute-Tarentaise, Savoie) ;
Les Clarets, hameau (Valjouffrey, Valbonnais, Isère) ;
Les Clarets, hameau, et
Lanches des Clarets, forêt déclive (Saint-Pierre-d´Entremont, Chartreuse, Savoie).

Par féminisation du patronyme Claret :
La Clarette, maison isolée (Tullins, Pays voironnais, Isère).

Avec le suffixe de propriété -ière :
Claretière, maison isolée (Fontanil-Cornillon, Chartreuse, Isère).


Clairbief, Clair Bief
Composé du français clair et de Bief, « canal, ruisseau »
Clairbief, anciennement Clarbey, hameau (Soubey, district des Franches-Montagnes, Jura) ;
Clair Bief, maisons isolées (Les Bois, district des Franches-Montagnes, Jura).

Claire, Clairière, Clairières
Noms désignant des lieux défrichés en forêt, du latin clarus, « clair ».
Féminin du français clair, « coupe claire, clairière » :
La Claire, hameau (Le Locle, Neuchâtel).

Français clairière, « espace dégarni d´arbres au milieu d´une forêt », nom générique récent (XVIème siècle), avec le suffixe collectif -ière :
La Clairière, hameau (Borex, district de Nyon, Vaud) ;
Clairière des Aigalets, lieu-dit en forêt, clairière (Méaudre, Vercors, Isère) ;
Clairière des Douze Apôtres, lieu-dit en forêt, clairière (Claix, Pays grenoblois, Isère) ;
Les Clairières, hameau (Polliat, Bresse, Ain).


Claire-Fontaine, Clarafond
Source claire, limpide.
Claire-Fontaine, source abondante et hameau (Virieu-le-Grand, Bugey, Ain).
Latin clarus, « clair », et fons, fontis, « source, fontaine, eau de source », voir Font :
Clarafond, Cura de Clarofonte vers 1344, village, chef-lieu de la commune de la Semine de Clarafond-Arcine (Frangy, arrondissement de Saint-Julien-en-Genevois, Haute-Savoie) ;
Clarafond, hameau (Sales, Albanais, Haute-Savoie) ;
Clarafond, Ecclesia Clarafontis vers 1100, prior de Clarafonte en 1190, Clarafons en 1232, Prioratus de Clarafonte et Prior de Clarisfontibus en 1340, Claris fons en 1488, Clarafont au début du XXème siècle, village (Drumettaz-Clarafond, Aix-les-Bains-Sud, arrondissement de Chambéry, Savoie) ;
Clarafond, maisons isolées, et Croix de Clarafond, lieu-dit (Serrières-en-Chautagne, Chautagne, Savoie).


Clairmont, Clarmont, Clermont, Clermonts
Ce nom signifie « mont clair », du latin clarus, clair, et mons, mont.
Clairmont, lieu-dit en forêt (Seleute, district de Porrentruy, Jura) ;
Clarmont, de Claromonte en 1204, commune et village (District de Morges, Vaud) ;
Clermont, pâturage et maison isolée (Renan, district de Courtelary, Jura bernois) ;
Clermont, Clarimontis en 1166, de Claromonte en 1229, Clarmont en 1223, aussi Clarusmons et Clarmonz, commune et village de la Semine (Seyssel, arrondissement de Saint-Julien-en-Genevois, Haute-Savoie) ;
Clermont, De Claromonte en 1236, Clarmont en 1345 (Saint-Didier-d´Aussiat, Bresse, Ain) ;
Clermont, Clarmont en 1393, hameau (Cléry, Combe de Savoie, Savoie) ;
Clermonts, Clarmont vers 1335, Clermont sur la Carte de Cassini, hameau (Foissiat, Bresse, Ain).

Clairvaux
Vallée claire, voir Val.
Les Clairvaux, lieu-dit (Saint-Cergue, district de Nyon, Vaud) ;
Clairvaux-les-Lacs, canton, commune et village (Arrondissement de Lons-le-Saunier, Jura).

Clap, Clapay, Clapera, Clapéraz, Claperot,
Clapet, Clapey, Clapier, Clapière, Clapières,
Clapiers, Clapis, Clapisses, Clapon, Clappes
Dérivés du mot régional clapier, « tas de pierres, terrain recouvert de pierres, pierrier ».
Le Clap, lieu-dit en forêt (Monestier-d´Ambel, Beaumont, Isère) ;
Clappes de Cognaux, Clapes de Cognaux sur la Carte IGN, lieu-dit en montagne (Gresse-en-Vercors, Vercors, Isère).
Dérivé avec les suffixes collectifs -ay, -et, -ey :
Le Clapay, lieu-dit en forêt (Treffort-Cuisiat, Revermont, Ain) ;
Combe du Clapay, lieu-dit (Chavannes-sur-Suran, Revermont, Ain) ;
Bois Clapet, petite forêt (Saint-Bonnet-de-Chavagne, Chambaran, Isère) ;
Le Grand Clapet, lieu-dit en montagne (Bourg-Saint-Maurice, Tarentaise, Savoie) ;
Le Grand Clapet, lieu-dit en forêt (Notre-Dame-du-Pré, Tarentaise, Savoie) ;
Clapey, lieu-dit (Saint-Oyen, vallée d´Aoste) ;
Clapey Giabbies, en patois cllapèi djabloù, « pierrier du diable », lieu-dit, pierrier (Pontey, vallée d´Aoste) ;
Gran Clapey, sommet (Val Savarenche, vallée d´Aoste) ;
Le Plan Clapey, lieu-dit en montagne (Tignes, Haute-Tarentaise, Savoie) ;
Ruisseau du Clapey Vert, affluent du Nant Blanc (Bourg-Saint-Maurice, Tarentaise, Savoie).

Dérivés avec les suffixes collectifs -ier, -ière, formes patoises -era, -éraz, de l´ancien français clapier, « tas de pierres » :
Le Clapier, lieu-dit, et Col Clapier, 2480m (Bramans, Haute-Maurienne, Savoie) ;
Le Clapier, Le Clapier Vert, Clapier Blanc, Clapier de Rocafort, Clapier d´Ouille Mouta, Clapier des Masques, lieux-dits en montagne, Pas du Clapier, non nommé sur la Carte IGN, Derrière le Clapier, lieu-dit en montagne, nom monté au Glacier de Derrière le Clapier et à la Pointe de Derrière le Clapier, 3435m (Bessans, Haute-Maurienne, Savoie) ;
Clapier de Fodan, pierrier sous lequel serait enseveli le village de Fodan (Bonneval-sur-Arc, Haute-Maurienne, Savoie) ;
Clapier Noir, Magnum Claperium au XVème siècle, maisons isolées (Le Périer, Valbonnais, Isère) ;
Mont Clapier, Mont du Clapey sur la Carte Nationale, 3420m (Ollomont et Bionaz, vallée d´Aoste) ;
Pic du Clapier du Peyron, 3126m, (Valjouffrey, Valbonnais, Isère) ;
Clapière des Crouzes, lieu-dit en montagne (Vaujany, Oisans, Isère) ;
La Clapière, lieu-dit en montagne, nom monté au Glacier de La Clapière (Valloire, Maurienne, Savoie) ;
Les Clapières, lieu-dit en montagne (Aime, Tarentaise, Savoie) ;
Les Clapières, lieu-dit (Villard-Notre-Dame, Oisans, Isère) ;
Les Clapiers, Clappiers en 1084, lo Clapiz en 1437, Le Clappier en 1564, hameau (Saint-Denis-lès-Bourg, Bresse, Ain).

Formes patoises :
Clapara, lieu-dit (Le Bourg-d´Oisans, Oisans, Isère) ;
Combe du Claparat, vallon en forêt (Valjouffrey, Valbonnais, Isère) ;
La Clapera, forêt (Lanslevillard, Haute-Maurienne, Savoie) ;
Couloir du Clapéraz, ravin (Bonneval-sur-Arc, Haute-Maurienne, Savoie).

Dérivés avec le suffixe collectif -is :
Les Clapis, lieu-dit (Villette-d´Anthon, L´Isle-Crémieu, Isère) ;
Les Clapisses, lieu-dit (Oris-en-Rattier, Valbonnais, Isère).

Avec le suffixe diminutif -elle :
Combe de la Clapelle, vallon (Saint-Egrève, Pays grenoblois, Isère) ;
Les Clapelles, lieu-dit en montagne (Saint-Honoré, Matheysine, Isère).

Avec le suffixe diminutif -ot :
Le Claperot, Clapéroz en 1935, maison isolée (Bessans, Haute-Maurienne, Savoie).

Diminutif avec le suffixe -on :
Clapon, alpage (Avise, vallée d´Aoste).

Avec le suffixe -ou :
Combe du Clapou, ravin (Valjouffrey, Valbonnais, Isère).

Avec le suffixe diminutif -ot et collectif -is :
Les Clapotis, lieu-dit en montagne (Notre-Dame-de-Vaulx, Matheysine, Isère).

Patronyme Clappin de même origine :
Clappins, maisons isolées (Vaulx, Albanais, Haute-Savoie).

Voir aussi Clapierroux.


Clapierroux
Cabane de Clapierroux ou Cabane de Peyraroux, maison isolée en montagne (Le Périer, Valbonnais, Isère), nom composé de Clapier et de Roux.

Clarens
Nom probablement d´origine burgonde, d´un primitif comme *Claringos, « chez les Claringi », d´un anthroponyme germanique dérivé du latin clarus, « clair ».
Clarens, attesté en 1280, Clareyns en 1326, village (Montreux, district de Vevey, Vaud) ;
Clarens, Clareins en 1164, hameau (Vich, district de Nyon, Vaud).

Clarive
En Clarive, hameau de la commune de Saint-Gingolph (District de Monthey, Valais), dans le vallon de Novel, composé du français clair, latin clarus, et du suffixe hydronymique -ive, « eau claire ».

Claruz
Claruz ou Le Claru, hameau de la commune de Pierrafortscha, district de la Sarine (Fribourg), serait selon Aebischer un composé du français clair, latin clarus, et de Ruz, « ruisseau ».

Clau, Clausex, Cleison, Cleusette, Cleusey,
Cleuson, Clo, Cloiset, Cloison, Cloisons,
Clos, Closalet, Closalets, Closé, Closel,
Closelet, Closelets, Closellinaz, Closels, Closet,
Closets, Closettaz, Closette, Closettes, Closillons,
Closis, Closses, Closuratte, Closurattes, Closure,
Closures, Closy, Clot, Cloton, Clots,
Clottou, Clottous, Clou, Cloud, Clous,
Clouse, Clousels, Cloutet, Cloutons, Cloux,
Clouz, Clozet, Clu, Clus, Clusard,
Cluz
Clos, enclos, lieu clôturé de murs ou de haies, souvent situé près de la maison ; ce terme désignait un terrain affranchi, moyennant redevance, de la vaine pâture, c´est-à-dire du droit de tous les membres d´une communauté de faire paître, à une certaine époque de l´année, leur bétail indistinctement sur tous les fonds. Latin clausum, « enclos fermé », de claudere, « fermer ».
Patois cliou, français clos, vieux français clos, clôs, « espace de terre cultivé et fermé de murs ou de haies, de fossés, etc. » :
La Clau, lieu-dit (Cerniaz, district de Payerne, Vaud) ;
Clo du Gay, avec un patronyme Gay, habitat dispersé (Vernamiège, district d´Hérens, Valais) ;
Clos de la Croix, chemin (Corpataux-Magnedens, district de la Sarine, Fribourg) ;
Clos-de-la-franchise, localités du Locle et de La Sagne, plus tard des Brenets jouissant de privilèges au XVIème siècle (District de la Chaux-de-Fonds et du Locle, Neuchâtel) ;
Bois Clos (Epalinges, district de Lausanne, Vaud) ;
Champ du Clos, lieu-dit (Villeret, district de Courtelary, Jura bernois) ;
Champ Clos, faubourg de Villarsel-le-Gibloux (Le Glèbe, district de la Sarine, Fribourg) ;
Closé, hameau (Oyace, vallée d´Aoste) ;
Les Closses, peut-être de même origine, lieu-dit en forêt (Mase, district d´Hérens, Valais).

Ancien français clotee, « enclos », cloure, clout, cloux, cloyure, « clôture », patois valaisan clou, « petite prairie fermée par une clôture et située devant la maison » :
Clot de Guidon, avec un patronyme, lieu-dit en forêt (Vernamiège, district d´Hérens, Valais) ;
Les Clots, lieu-dit (Grône, district de Sierre, Valais) ;
Les Clots, retro Clotos en 1508, hameau (Valloire, Maurienne, Savoie) ;
Le Clou, maisons isolées en clairière (Beaufort-sur-Doron, Beaufortain, Savoie) ;
Le Clou à Jean, hameau (Saint-Jean-d´Aulps, vallée de la Dranse, Haute-Savoie) ;
Le Chalet Clou, ruine d´alpage (Pralognan-la-Vanoise, Vanoise, Savoie) ;
Forêt du Clou, forêt déclive (Isérables, district de Martigny, Valais) ;
Sous le Clou, lieu-dit (Corcelles, Haut-Bugey, Ain) ;
Le Grand Cloud, forêt déclive (Beaufort-sur-Doron, Beaufortain, Savoie) ;
Clous Rion, maison isolée en clairière (Chandolin, Val d´Anniviers, Valais) ;
Les Clous, maisons isolées en clairière (Mex, district de Saint-Maurice, Valais) ;
Champs des Clous ou Les Clous, hameau (Prez-vers-Noréaz, district de la Sarine, Fribourg) ;
Iles des Clous, bois au bord du Rhône (Yvorne, district d´Aigle, Vaud) ;
Combe de la Clouse, ravin (Saint-Christophe-en-Oisans, Oisans, Isère) ;
Ruisseau de la Clouse, affluent du Ruisseau de la Lavey (Saint-Christophe-en-Oisans, Oisans, Isère) ;
Vers le Clou, hameau (Finhaut, district de Saint-Maurice, Valais) ;
Les Cloux, maison isolée en clairière (Le Biot, vallée de la Dranse, Haute-Savoie) ;
Les Clouz et Les Petits Clouz, hameaux (Vinzier, Chablais, Haute-Savoie) ;
Le Clu, maisons isolées (Yvoire, Bas-Chablais, Haute-Savoie) ;
Le Clus, hameau (La Clusaz, Aravis, Haute-Savoie) ;
Bois du Clus, forêt (Cranves-Sales, Annemasse, Haute-Savoie) ;
Les Cluz, lieu-dit (Arenthon, Faucigny, Haute-Savoie).

Avec le suffixe -on :
Le Cloton, Clotton en 1935, lieu-dit déclive (Bessans, Haute-Maurienne, Savoie) ;
Le Cloton, lieu-dit en forêt (Entraigues, Valbonnais, Isère) ;
Clottou, lieu-dit en montagne, et Sommet des Clottous, 2527m (Chantelouve et Le Périer, Valbonnais, Isère) ;
Cabane des Cloutons, maison isolée (Villard-Saint-Christophe, Matheysine, Isère).

Vieux français closeau, « petit jardin de paysan, clôs de haies », clouseau, « enclos, clos », ancien français cloet, clouet, closeau, closeaul, closel, closelet, clossel, clouseau, clousel, clozeau, clusel, « petit clos, petit enclos », avec les suffixes diminutifs -et, -ettaz, -ette, ou -al, -eau, -el ou encore une combinaison de ces suffixes :
Cleusette, lieu-dit (Saillon, district de Martigny, Valais) ;
Cloiset, anciennement Closeaz, Cloisey au XIXème siècle, hameau (Mieussy, Faucigny, Haute-Savoie) ;
Le Closalet, maisons isolées (Le Mouret, district de la Sarine, Fribourg) ;
Les Closalets, lieu-dit (Villars-sur-Ollon, Ollon, district d´Aigle, Vaud) ;
Le Closet, hameau (Chessenaz, Frangy, Haute-Savoie) ;
Les Closets, quartier (Saint-George, district d´Aubonne, Vaud) ;
La Closettaz, hameau (Talloires, Bornes, Haute-Savoie) ;
La Closettaz, ruines en forêt, et Ruisseau de la Closettaz, Nant de la Clusettaz sans date, affluent du Doron de Bozel (Saint-Bon-Tarentaise, Tarentaise, Savoie) ;
La Closette, hameau (Thônes, Bornes, Haute-Savoie) ;
La Closette, maison isolée en clairière (Thônes, Bornes, Haute-Savoie) ;
Les Closettes, lieu-dit en forêt (Montmin, Bornes, Haute-Savoie) ;
Le Cloutet, lieu-dit (Saint-Christophe-en-Oisans, Oisans, Isère) ;
Sommet du Cloutet, non coté (Vénosc, Oisans, Isère).
Le Clozet, variante de Closet, hameau (Bourgneuf, Chamoux-sur-Gelon, Val Gelon, Savoie).

Le diminutif closel a pris aussi le sens de « verger » :
Le Closel, alpage avec habitat dispersé (Gryon, district d´Aigle, Vaud) ;
Le Closelet, quartier (Crissier, district de Lausanne, Vaud) ;
Closelets, lieu-dit (Orbe, Vaud) ;
Les Closels, hameau (Les Montets, district de la Broye, Fribourg) ;
Les Clousels, lieu-dit (Mies, district de Nyon, Vaud).

Diminutif avec le suffixe -innaz :
Closellinaz, plus rarement Closelinaz, hameau (Roisan, vallée d´Aoste).

Double diminutif avec le suffixe -illon :
Closillons, lieu-dit (Monthey, Valais).

Avec le suffixe -ard :
Le Clusard, hameau (Plateau d´Andey, Bonneville, Faucigny, Haute-Savoie).

Ancien français cloeson, cloison, « fermeture, clôture, enclos, enceinte », latin clausio, clausionem, « cloison » :
Chemin de la Cleison (La Rippe, district de Nyon, Vaud) ;
La Cloison, clairière (Les Verrières, district du Val-de-Travers, Neuchâtel) ;
La Cloison, lieu-dit en forêt (Chêne-en-Semine, Semine, Haute-Savoie) ;
Les Cloisons, maisons isolées (Semsales, district de la Veveyse, Fribourg).

Forme patoiss valaisanne :
Cleuson, pâturage, Lac de Cleuson, retenue (Nendaz, district de Conthey, Valais), nom monté au Col de Cleuson, 3018m, à la limite du Val de Bagnes.

Ancien français clausure, closoir, closture, closuire, closure, clousuire, clousure, « clôture, cloison, barrière », latin médiéval clausura, « clôture (haie ou palissade) entourant le manse dominical », bas latin clausura, « extrémité », puis « action de fermer, instrument de fermeture », latin pluriel neutre claustra, « clé, barrière, enclos » :
La Closure, hameau (Courrendlin, district de Delémont, Jura) ;
Les Closures, lieu-dit (Biziat, Dombes, Ain) ;
Closures de la Croix, lieu-dit (Vésines, Bresse, Ain).

Avec le suffixe diminutif jurassien -atte :
Closuratte sur le Crât, colline (Lajoux, district des Franches-Montagnes, Jura) ;
Les Closurattes, lieu-dit (Saignelégier, district des Franches-Montagnes, Jura).

Dérivés avec les suffixes collectifs -ex, -ey, -is, -y :
Clausex, maisons isolées (Villy, Ollon, district d´Aigle, Vaud) ;
Le Cleusey, clairière, et Torrent du Cleusey, affluent du torrent de la Draversa (Vérossaz, district de Saint-Maurice, Valais) ;
Les Closis ou Les Closys, lieu-dit (Torny, district de la Glâne, Fribourg) ;
Le Closy, Le Closi au XIXème siècle, hameau (Vucherens, district de Moudon, Vaud).

Voir aussi Cergna, Enclose.


Claude
Patronyme Claude, à l´origine un prénom, issu du gentilice latin Claudius, dérivé du cognomen Claudus, « boiteux ».
Cerneux Claude, lieu-dit (Les Bois, district des Franches-Montagnes, Jura) ;
Le Peu-Claude, hameau (Les Bois, district des Franches-Montagnes, Jura).

Clavaire
Le Clavaire, hameau de la commune de Saint-Georges-des-Hurtières (Basse-Maurienne, Savoie), Les Clavaires en 1935, nom de métier, ancien français clavaire, « receveur », roman clavaire, « garde des clefs d´un trésor de chartres, ou d´une ville », latin clavarius, patronyme Clavairoz selon [Gros].

Clavaleyres
Du patois local clavaléire, nom de la chicorée sauvage (Cichorium intybus sylvestre L.) [Aebischer]. Toutefois, Bossard fait remarquer que ce nom n´apparaît qu´au XVIIIème siècle, et que cette origine est donc peu probable.
Clavaleyres, commune et village (District de Laupen, Berne).

Clavalles, Clavan, Clavau, Clavaz, Clavel,
Clavelet, Claveyre, Clâvies, Cleiva, Cleives,
Clevasse, Clèves, Clevettes, Cleyva, Cleyvaz,
Cleyves, Cliva, Clives
Terrain en pente raide, ancien français clivier, « pente », latin cliva [terra], de clivus, « pente, montée, inclinaison ».
Clavau, Clavot et Clivo en 1229, Clahvot en 1306, Clawot en 1453, Clavod en 1478, Clavaux et Clavoz en 1906, vignes suspendues au-dessus du Rhône, et
Bisse de Clavau (Sion, Valais) ;
Clavan, forêt déclive (Randogne, district de Sierre, Valais) ;
Les Clavaz, lieu-dit (Cortaillod, district de Boudry, Neuchâtel) ;
Clâvies, lieu-dit dans le vignoble (Miège, district de Sierre, Valais) ;
Bella Cleiva, lieu-dit en forêt au-dessus des gorges de la Borgne (Vernamiège, district d´Hérens, Valais) ;
Les Cleives, maisons isolées (Chamoson, district de Conthey, Valais) ;
Les Clèves, lieu-dit (Nendaz, district de Conthey, Valais) ;
Cleyva, hameau (Valpelline, vallée d´Aoste) ;
Cleyva Bella, alpage (Chamois, vallée d´Aoste) ;
La Cleyvaz, hameau (Doues, Valpelline, vallée d´Aoste) ;
Cleyvaz de la Seyvaz, alpage (Valtournenche, vallée d´Aoste) ;
Cleyves, hameau (Quart, vallée d´Aoste) ;
Forêt de Cliva, forêt déclive (Evolène, district d´Hérens, Valais) ;
Clives, lieu-dit déclive du vignoble (Veyras, district de Sierre, Valais).
Avec les suffixes diminutifs -alle, -el :
Clavel, hameau (Saint-Nicolas, vallée d´Aoste) ;
Les Clavalles, forêt déclive (Gimel, district d´Aubonne, Vaud).

Avec les suffixes diminutifs -et, -ette :
Le Clavelet, maison isolée en clairière, dans une forte pente (Martigny-Combe, district de Martigny, Valais) ;
Clevettes, lieu-dit (Mollens, district de Sierre, Valais).

Avec le suffixe collectif -eyre :
La Claveyre, forêt (Ursy, district de la Glâne, Fribourg).

Avec le suffixe péjoratif -asse :
Bois Clevasse, forêt déclive (Pontey, vallée d´Aoste).

Voir aussi Chives, Flives.


Clavelière
La Clavelière, maison isolée de la commune de Begnins (District de Nyon, Vaud), par féminisation d´un patronyme Clavel ou Clavelier, nom de métier, ancien français clavelier, « porte-clefs ».

Claverie
Selon Roche, le mot claverie désignerait la maison du portier ou sacristain qui percevait la dîme, mot dérivé du latin clavicularius, « porte-clefs », de clavis, « clef ». C´était aussi une division d´un diocèse, des terres dont les revenus finançaient l´entretien d´une église.
La Claverie, maisons isolées (Châtillon, district de Delémont, Jura).

Clèbes
Commune et village valaisans de la commune de Nendaz, district de Conthey, Cloibi vers 1165, nom d´origine inconnue.

Clelles
Canton, commune et village du Trièves (Arrondissement de Grenoble, Isère), ecclesiade Claellis au XIIème siècle, Claeles et de Cleelis au XIVème siècle, de Clellis au XVème siècle, peut-être dun nom propre Claellus, ou selon Nègre 1990, d´un occitan cleda, « claie, clôture d´un parc à brebis », avec syncope du d.

Clémenciat
Ancienne commune et village de la commune de l´Abergement-Clémenciat (Dombes, Ain), In agro Clemenciacense en 957, Ecclesia de Clemenciaco en 1174, Clemenciacus en 1272, Clemencia en 1324, etc. nom de domaine d´origine gallo-romaine [fundus] Clemenciacus, dérivé avec le suffixe -acus du patronyme Clemens, de l´adjectif latin clemens, « doux, calme, paisible, bon, clément, indulgent, généreux ».

Clémensod
Hameau de la commune de Nus (Vallée d´Aoste), nom qui dériverait avec le suffixe valdôtain -od d´un gentilice romain Clementius.

Clendy
Ancien hameau de la commune d´Yverdon, (Vaud), Clendie en 885, Clendiers en 1174, Clendier en 1277, Clendiez en 1378, Clendier en 1453, Clendi au XIXème siècle. Une rue porte encore ce nom d´origine gallo-romaine.

Clennaz
Hameau de la commune de Desingy (Genevois, Haute-Savoie), Cluina en 1295.

Clerc, Clercs
Du français clerc, « celui qui est entré dans l´état ecclésiastique », latin ecclésiastique clericus, « membre du clergé », puis en latin médiéval « lettré », du grec klerikos, « membre du clergé », de kleros, « héritage ». C´est le plus souvent un patronyme.
Chez Clerc, hameau (La Rivière-Enverse, Faucigny, Haute-Savoie) ;
Chez le Clerc, hameau (Saint-Blaise, Genevois, Haute-Savoie) ;
Combe au Clerc, lieu-dit (Premier, district d´Orbe, Vaud) ;
Maison Clerc, maisons isolées (Villeneuve-de-Marc, Pays viennois, Isère) ;
Pré Clerc, lieu-dit (Saint-Chef, Les Balmes Dauphinoises, Isère) ;
Les Clercs, hameau (Massingy, Albanais, Haute-Savoie) ;
Les Clercs, hameau, et Combe des Clercs, vallon (Marnans, Chambaran, Isère).

Clergé, Clergère, Clerges
Lieu d´un établissement religieux ou une possession d´un tel établissement. Ancien français clergerie, « greffe tenu par les clercs », de clergé, latin médiéval clericatus, du latin clericus, voir Clerc.
La Clergé, lieu-dit (La Chaux, district de Cossonay, Vaud) ;
La Clergère, francisation de La Clergie en 1906, du patois Clergi, hameau (Moudon, Vaud).
Ancien français clerge, « clergé » :
Les Clerges, quartier (Thonon-les-Bains, Bas-Chablais, Haute-Savoie).


Cléry
Cléry, commune et village de la Combe de Savoie (Grésy-sur-Isère, arrondissement d´Albertville, Savoie), Cleriacum en 1132, Ecclesia de Clariaco en 1171, Clayrie en 1208, Clayriey en 1255, d´un nom de domaine Clariacum, formé sur le gentilice Clarius dérivé de clarus, « clair » avec le suffixe -acum [Gros].
Probablement par transfert :
Combe de Cléry, lieu-dit (Lanslebourg-Mont-Cenis, Haute-Maurienne, Savoie) ;
Pointe de Cléry ou Signal du Petit Mont Cenis, 3162m (Sollières-Sardières, Haute-Maurienne, Savoie).


Cleyzieu
Commune et village du Bugey (Saint-Rambert-en-Bugey, arrondissement de Belley, Ain), Cleisieu en 1223, Clayseu en 1289, Cleyseu en 1339, Cleyssiacus en 1369, Cleysiacus en 1508, d´un nom de domaine d´origine gallo-romaine *Clatiacum, dérivé avec le suffixe -acum du nom de personne Clatius [Nègre 1990].

Clochatte
La Clochatte, quartier de la commune du Mont-sur-Lausanne (District de Lausanne, Vaud), par féminisation d´un patronyme Clochat, famille qui vécut en ce lieu à la Renaissance.

Clocher, Clocheret, Clocherets, Clochers, Clocheton
Sommet élancé et pointu dont la forme évoque un clocher. Dérivé avec le suffixe collectif -er de cloche, bas latin clocca, « instrument en bronze à percussion », peut-être d´origine gauloise.
Le Clocher, sommet, 1830m (Abondance, Val d´Abondance, Haute-Savoie) ;
Le Clocher, sommet des Aiguilles du Diable, 3853m (Massif du Mont-Blanc, Haute-Savoie) ;
Le Clocher du Brévent, 2398m (Aiguilles Rouges, Chamonix, Haute-Savoie) ;
Clocher des Ecrins, 3808m (Saint-Christophe-en-Oisans, Oisans, Isère) ;
Clocher de l´Etret, 3534m (Saint-Christophe-en-Oisans, Oisans, Isère) ;
Clocher du Frêne, 2789m (Allevard, Grésivaudan, Isère) ;
Clocher de Noveli, sommets, 2793m et 2907m (Nendaz, district de Conthey, Valais) ;
Clocher du Tacul, 3118m (Massif du Mont-Blanc, Haute-Savoie) ;
Forêt du Clocher, forêt déclive, et Mollard du Clocher, dans cette forêt (Aillon-le-Jeune, Bauges, Haute-Savoie) ;
Mont Clocher, 1976m (Hauteluce, Beaufortain, Savoie) ;
Pointe du Clocher, 1492m (Seytroux, vallée de la Dranse, Haute-Savoie) ;
Les Clochers, petit sommet, 2811m (Val des Dix, Hérémence, district d´Hérens, Valais) ;
Clochers des Pères, sommets, 2368m (Saint-Rémy-de-Maurienne, Basse-Maurienne, Savoie).
Avec le suffixe diminutif -on :
Les Clochetons, lieu-dit en montagne (Termignon, Haute-Maurienne, Savoie) ;
Clochetons Gunneng, sommets, 3108m (Saint-Christophe-en-Oisans, Oisans, Isère) ;
Clochetons de Planpraz, 2452m (Aiguilles Rouges, Chamonix, Haute-Savoie).

Avec le suffixe diminutif -et, ancien synonuyme savoyard de :
Le Clocheret, sommet (Les Arcs, Haute-Tarentaise, Savoie) ;
Les Clocherets, sommet (Orvieille, Valsavarenche, vallée d´Aoste).


Clocheron
Maison isolée en forêt de la commune de Vaulnaveys-le-Bas (Belledonne, Isère), patronyme, nom de métier, « sonneur de cloches ».

Clochette
La Clochette, pâturage de la commune des Contamines-Montjoie (Val Montjoie, Haute-Savoie), diminutif de cloche avec le suffixe -ette, mais l´origine de ce nom est obscure.

Cloitre, Cloître, Cloîtres
Monastère, du bas latin claustrum, « lieu clos », latin impérial claustrum, « enceinte ».
La Cloitre, Le Cloître sur la Carte IGN, maisons isolées (Revel-Tourdan, Bièvre, Isère) ;
Le Cloître, Clotri en 1332, quartier de la ville d´Aigle (Vaud), où se trouvait le prieuré de Saint-Maurice d´Ainay ;
Pré du Cloître, clairière (Brot-Dessous, district de Boudry, Neuchâtel) ;
Les Cloîtres, hameau (Saint-Pierre-d´Entremont, Chartreuse, Isère) ;
Le Champ des Cloîtres, quartier (Sablons, Pays viennois, Isère).

Clome
La Clome, forêt déclive de la commune de Soyhières, district de Delémont (Jura), francisation du toponyme alémanique voisin Chlumme, « coudé ».

Clonas-sur-Varèze
Commune et village du Pays viennois (Roussillon, arrondissement de Vienne, Isère), Clavonacum villa au Xème siècle, ecclesia Clavas au XIIème siècle, Claunadas au XIIIème siècle, Clona au XIVème siècle, d´un nom de domaine d´origine gallo-romaine *Cladonacum, dérivé avec le suffixe -acum du nom d´homme romain Clado[n] [Nègre 1990].

Clos Chamorat
Hameau de la commune de Savièse (District de Sion, Valais), Clochomorat sur la Carte Nationale, composé de Clos et d´un patronyme Chamorat, Chomorat, plus souvent Chomarat attesté en France voisine.

Clos Chatrossin
Hameau de la commune du Pâquier, district de la Gruyère (Fribourg), anciennement Clochatrossin, « Clos des Chartreux », ancienne possession des moines de la Part-Dieu, de l´ancien français chartrosen, chartroussain, « chartreux ».

Cloutraz, Cloutre
Du pluriel neutre bas latin pris pour un féminin claustra de claustrum, « lieu clos », latin impérial claustrum, « enceinte ».
Cloutraz ou Cloutra, hameau (Pontey, vallée d´Aoste) ;
Cloutraz, hameau (Pont-Saint-Martin, Vallée d´Aoste) ;
La Cloutre, hameau (Dingy-Saint-Clair, Bornes, Haute-Savoie).

Cloutrier
Le Cloutrier, maison isolée de la commune de Chuzelles (Pays viennois, Isère), patronyme Cloutrier, nom de métier, variante de cloutier, « fabriquant de clous ».

Cluds
Les Cluds, hameau de la commune de Bullet, district de Grandson (Vaud), soit du latin médiéval clida, voir Claie, soit plus probablement du latin claudere, « fermer », voir Clus, avec dans les deux cas la signification de « lieux fermés ».

Cluny
Hameau de la commune de Saint-Sorlin-d´Arves, (Arvan, Savoie), Cabanneria Cluniaci apud Arvam en 1200, de Cluniaco en 1312, Clugny en 1935, du nom de domaine gallo-romain Cluniacum, dérivé avec le suffixe -acum du gentilice *Clunius, variante de Clonius [Gros].

Clusa, Clusaz, Cluse, Cluselle, Cluses,
Clusette
Vallée fermée, ou vallée transversale aux barres rocheuses. Français régional cluse, « coupure transversale d´un anticlinal, mettant en communication deux vallées », mots régionaux clusaz, cluse, « enceinte fermée par des rochers escarpés ; gorge fermée ; passage resseré ; défilé » [Pégorier], gaulois *cleus, « vallée creuse », latin féminin clusa, clausa, « fermée, close », de claudere, « fermer ».
Lac de la Clusa (Ollomont, vallée d´Aoste) ;
Clusaz, alpage (Gignod, vallée d´Aoste) ;
La Clusaz, Cura Cluse loci Dei vers 1344, Clusa Locus Dei en 1354 et La Cluse-Lieu-Dieu jusqu´en 1772, voir Lieu, commune et village des Bornes-Aravis (Thônes, arrondissement d´Annecy, Haute-Savoie) ;
La Cluse, La Maladiere de la Clusa en 1356, ancien hameau, quartier de Montréal-la-Cluse (Haut-Bugey, Ain) ;
Cluse de Bange, lieu-dit (Arith, Bauges, Haute-Savoie) ;
Cluses, Cura de Cluse et Castellionis vers 1344, Clusa au XIIIème siècle, canton, commune et village du Faucigny (Arrondissement de Bonneville, Haute-Savoie).
Avec le suffixe diminutif -elle :
Cluselle, lieu-dit (Val-de-Travers, Neuchâtel).

Avec le suffixe diminutif -ette :
Clusette, lieu-dit en forêt (Noiraigue, district du Val-de-Travers, Neuchâtel).

Voir aussi Arclosan, Fort l´Ecluse, Vaucluse.

Coberthoud
Hameau de la commune de Dommartin (Bâgé-le-Châtel, Bresse, Ain), ancienne seigneurie avec poipe et maison forte, Domus fortis de Corbertoud et Poypia fortis de Corbertoud en 1272, Corbertout en 1283, Corbertoud en 1401, Cobertout en 1439 , nom composé de curtis et de l´anthroponyme germanique Berthold, voir Berthoud.

Cocagne, Cocogne, Cocognes
Probablement une terre de bon rapport, allusion au « pays de cocagne », ou de l´ancien français cocaigne, « profit, avantage ».
La Cocagne, quartier de la station de Montana (Montana, district de Sierre, Valais).
De même origine selon Jaccard, mais pas pour le GPSR :
Cocogne, maisons forestières (Le Petit-Bornand-les-Glières, Faucigny, Haute-Savoie) ;
La Cocogne, lieu-dit en forêt (Les Bayards, district du Val-de-Travers, Neuchâtel) ;
Les Cocognes, es Cocagnes en 1906, hameau du vignoble (Mont-sur-Rolle, district de Rolle, Vaud).

Voir aussi Cocogne.


Coche, Cocheret, Coches, Cochet, Cochetta,
Cochette, Cochettes
Du français coche, « encoche, entaille », dans le sens de brèche en montagne, passage ou col, ou encore dépression de terrain.
La Coche, alpage (Les Bioux, Vallée de Joux, Vaud) ;
La Coche, hameau (Boëge, Vallée Verte, Haute-Savoie) ;
Col de la Coche, lieu-dit (Fontaine-le-Puits, Tarentaise, Savoie) ;
Forêt de la Coche et Forêt de Coche Cabane, forêts (Talloires, Bornes, Haute-Savoie) ;
Mont de la Coche, sommet, 2070m (Bauges, Savoie) ;
Les Coches, alpages (Bessans, Haute-Maurienne, Savoie).
Avec les suffixes diminutifs -et, -etta, -ette :
Le Cocheret, lieu-dit en montagne, 1076m (Albiez-le-Jeune, Maurienne, Savoie) ;
Le Cochet, sommet, 1483m (Sainte-Croix, district de Grandson, Vaud) ;
La Cochetta, vigne (Sion, Valais) ;
Cochette, hameau, et Col de Cochette, 587m (La Trinité, Val Gelon, Savoie) ;
La Cochette, lieu-dit (Poncin, Haut-Bugey, Ain) ;
Col de la Cochette, 1298m (Duingt et Saint-Eustache, Annecy, Haute-Savoie) ;
Col de la Cochette, 1317m, et Granges de la Cochette, maisons isolées (Arith, Bauges, Savoie) ;
Cime de la Cochette, sommet, 1618m (Chartreuse, Isère) ;
Brèche de la Cochette, 3171m Cimes de la Cochette, 3238m, Dôme de la Cochette, 3041m, et Glacier de la Cochette (Saint-Sorlin-d´Arves, Arvan, Savoie, et Vaujany, Oisans, Isère) ;
Les Cochettes, lieu-dit en forêt (Saint-Pierre-d'Entremont, Chartreuse, Isère).


Cochenières, Cochon, Cochonnière, Cochons
Probablement allusion au cochon sauvage ou sanglier.
Sentier des Cochons, sentier (Les Bois, district des Franches-Montagnes, Jura) ;
Tanne aux Cochons, gouffres (Aillon-le-Jeune, Bauges, Haute-Savoie).
Patronyme Cochon, sobriquet :
Le Cochon, hameau (Coublevie, Pays voironnais, Isère) ;
Cascade de Teppes Cochon, sur le Ruisseau des Granges (Sainte-Marie-du-Mont, Grésivaudan, Isère).

Par féminisation d´un patronyme Cochonnier, nom de métier, ou du patronyme Cochon, avec le suffixe de propriété -ière :
Cochenières, Cochonnières en 1676, Cochinière en 1935, maisons isolées (Montgellafrey, Basse-Maurienne, Savoie) ;
La Cochonnière, Cuchoneria et Cochoneria en 1475, maison isolée et ancien hameau (Orelle, Maurienne, Savoie).


Cochère
La Cochère, hameau de la commune de La Tranclière (Bresse, Ain), La Cocheri vers 1341, La Cochiri vers 1440, apud Cocheriam en 1495, féminin du français cocher, « conducteur d´une voiture attelée » ou « porte assez large pour permettre aux voitures de pénétrer dans la cour ».

Cochet, Cochets, Cochettes, Coq
Du français coq, ou variante de Coche.
Col du Coq, 1434m (Saint-Pierre-de-Chartreuse et Saint-Pancrasse, Chartreuse, Isère).
Avec le patronyme Cochet, sobriquet, diminutif de coq, « homme vaniteux » :
Champ Cochet, lieu-dit (Condeissiat, Dombes, Ain) ;
Chez Cochet, hameau (Marigny-Saint-Marcel, Albanais, Haute-Savoie) ;
Grange Cochet, maisons isolées (Pérouges, Dombes, Ain) ;
Les Cochets, hameau (Viviers-du-Lac, Aix-les-Bains, Savoie).

Par féminisation du patronyme Cochet :
Les Cochettes, hameau (Bassens, Chambéry, Savoie).


Cochin
Patronyme Cochin, sobriquet, d´un mot d´ancien français cochet, « petit coq ».
Pré Cochin, maison isolée (Mannens, Montagny, district de la Broye, Fribourg).

Cocieu, Cossieux
Dun nom de domaine d´origine gallo-romaine *Cociacus, dérivé avec le suffixe -acum du gentilice Cocius.
Cocieu, Cocie en 1219, Coce en 1233, Coceu en 1247, Coceus vers 1250, Cossieu vers 1734, lieu-dit (Sainte-Croix, Dombes, Ain) ;
Cossieux, Cocieu en 1605, Cocieux en 1758, hameau (Jujurieux, Haut-Bugey, Ain) ;
Cossieux, Coceu en 1247, hameau (Montluel, Dombes, Ain).

Cocogne
Hameau de la commune de Saint-Genis-sur-Menthon (Pont-de-Veyle, Bresse, Ain), in agro Cosconiaco en 928-936, Cosconacum et In potestate Cosconaci vers 930, in fine Cosconacense en 954-962, Quoquonyes en 1443, Coquognies en 1494, Apud Cocognes en 1533, d´un nom de domaine d´origine gallo-romaine Cosconiacum, dérivé avec le suffixe -acum du gentilice Cosconius.

Cocoua, Cocu, Cocuaz, Cocuey, Coucou,
Cucaz, Cucu, Cucule, Cuculet
Lieu, en général une forêt, où l´on entend des coucous (Cuculus canorus), ou bien lieu où croissent des plantes comme la primevères officinales (Primavera officinalis).
Français coucou, « oiseau grimpeur et insectivore, au plumage cendré rayé de noir ; nom usuel de la primevère officinale et du narcisse des bois à fleurs jaunes, appelés aussi jonquille » :
Le Coucou, lieu-dit (Epiquerez, district des Franches-Montagnes, Jura) ;
Planches du Coucou, lieu-dit (Villorsonnens, district de La Glâne, Fribourg) ;
Chalet Coucou, maison isolée (Bottens, district d´Echallens, Vaud).

Latin cuculus, « oiseau grimpeur » :
La Cucule, maison isolée (Le Sépey, Les Ormonts-Dessous, district d´Aigle, Vaud).
Cucule, lieu-dit en montagne (Saint-Christophe-en-Oisans, Oisans, Isère).

Avec le suffixe diminutif -et :
Cuculet, ruines (Saint-Christophe-en-Oisans, Oisans, Isère) ;
Cuculet, lieu-dit en forêt (Le Monestier-du-Percy, Trièves, Isère) ;
Cuculet, hameau (Mont-de-Lans, Oisans, Isère).

Ancien français cocu, « coucou », du latin cuculus, même sens, et patois savoyard cocu, « coucou (oiseau) ; primevère officinale » (le sens de « mari trompé » est attesté seulement depuis le XVème siècle) :
Le Cocu, maisons isolées (Queige, Beaufortain, Savoie) ;
Sur Cocu, lieu-dit en forêt (Saint-Jeoire, Faucigny, Haute-Savoie) ;
Pra Cucu, maison isolée (Semsales, district de la Veveyse, Fribourg).

Patois savoyard cocoua, « berce brancursine » (Heracleum sphondylium), cocuha, « se dit de toutes les ombellifères à tiges creuses, cannelées, telles que berce, carotte, cerfeuil, angélique, etc. » [Constantin] :
Le Cocoua, lieu-dit en forêt (Lullin, Chablais, Haute-Savoie) ;
A la Cocuaz, lieu-dit (Vandoeuvre, Genève) ;
Cucaz, alpage (Ayas, vallée d´Aoste).

Avec le suffixe collectif -ey :
Le Cocuey, lieu-dit en forêt (La Baume, vallée de la Dranse, Haute-Savoie).


Cocuara
La Cocuara, lieu-dit em forêt de la commune d´Arbin (Montmélian, Combe de Savoie, Savoie), du patois cocouare, « hanneton » [Constantin].

Codoz
Peut-être une forme patoise dérivée du latin cauda, « queue », pour désigner une extrémité de terrain, de territoire, voir aussi Caudon.
Codoz, alpage (Mayens de Conthey, Conthey, Valais) ;
Chemin des Codoz (Saint-Sulpice, district de Morges, Vaud).

Coeubles
Les Coeubles, forêt déclive de la commune de Boveresse (District du Val-de-Travers, Neuchâtel), forme jurassienne de couble, probablement de l´ancien français couble, couple, synonymes de « coupe ».

Coëugnon, Cogna, Cogne, Cognet, Coin,
Coinat, Coing, Coins, Couennasse, Couennet,
Cougne, Cougnon, Cougnonis, Cougnou, Cueigne,
Cuénix, Cugnet, Cugnets, Cugnieux, Cugnon,
Cugnonnet, Cugnons, Cuignon, Cunay, Cunéaz
Lieu, terrain en pointe s´enfonçant comme un coin soit en lisière de forêt, soit dans un méandre, soit au fond d´un vallon, sommet pointu. Roman cunh, conh, cong, « coin, angle aigü », latin cuneus, « coin ». Pourrait aussi, dans certains cas, venir directement d´un celtique correspondant *conion, pluriel *conia, attesté dans Viroconium, Ariconium [Jean Franville, in litt., mais cette hypothèse est contestée par certains celtisants]. Voir aussi le terme régional cougner, « coincer, serrer ».
Français coin, ancien français coin, coing :
Le Coin, hameau (Collonges-sous-Salève, Genevois, Haute-Savoie) ;
Les Coins, lieu-dit (Morlon, district de la Gruyère, Fribourg) ;
Les Coins, alpage, et Ruisseau des Coins des Lanches, affluent du Nant Rouge (Les Contamines-Montjoie, Val Montjoie, Haute-Savoie) ;
Les Coins des Français, lieu-dit en montagne (Saint-Jean-d´Arves, Arvan, Savoie) ;
Le Coing, hameau (Montaud, Vercors, Isère) ;
Maison Coing, bergerie (Mizoën, Oisans, Isère).

Ancien français coin, « sommet » :
Le Coin, sommet pointu (Massif des Diablerets, district d´Aigle, Vaud) ;
Mont Coin, 2539m, et Col du Coin, 2398m (Beaufort-sur-Doron, Beaufortain, et Granier, Tarentaise, Savoie).

Ancien français coigne, cogne, « coin » :
Cogna, commune et village (Clairvaux-les-Lacs, arrondissement de Lons-le-Saunier, Jura) ;
La Cogne, lieu-dit en forêt (Bourg-Saint-Pierre, district d´Entremont, Valais) ;
La Cougne, petit sommet (Lourtier, Bagnes, district d´Entremont, Valais) ;
Le Cueigne, chalets (Bonneval-sur-Arc, Haute-Maurienne, Savoie) ;
Cuénix, maison isolée en clairière (Leysin, district d´Aigle, Vaud).

Avec le suffixe -ou :
Cougnou, hameau (Bellevaux, Chablais, Haute-Savoie).

Avec le suffixe diminutif -et, ancien français coignet, coignete, cugnet, « petit coin, petit espace, lieu retiré », et patronyme Cugnet :
Le Cognet, hameau (Ayze, Faucigny, Haute-Savoie) ;
Couennet, pâturage (Sanetsch, Conthey, Valais) ;
Cugnet, lieu-dit (Vuissens, district de la Broye, Fribourg) ;
Le Cugnet, lieu-dit en forêt (Montmin, Bornes, Haute-Savoie) ;
Les Cugnets, maison isolée (Boudevilliers, district du Val-de-Ruz, Neuchâtel) ;
Les Cugnets, hameau (Sallanches, Haut-Faucigny, Haute-Savoie).

Occitan cougnet, « petit coin, coin » :
Cognet, Cognetum et parrochia Coygnetum au XIIIème siècle, commune et village de la Matheysine (La Mure, arrondissement de Grenoble, Isère).

Par féminisation du patronyme Cugnet :
La Cugnette, lieu-dit (Ugine, Val d´Arly, Savoie) ;
Ruisseau des Cugnettes, affluent du Ruisseau d´Ambin (Bramans, Haute-Maurienne, Savoie).

Avec le suffixe péjoratif -asse :
Pointe de la Couennasse, 1980m (Le Praz de Lys, Taninges, Faucigny, Haute-Savoie).

Avec le suffixe diminutif jurassien -at :
Coinat, hameau (Rocourt, district de Porrentruy, Jura).

Avec le suffixe diminutif -on, ancien français coignon, « petit coin » ; certains de ces noms sont aussi des patronymes :
Le Coëugnon, lieu-dit (Troistorrents, district de Monthey, Valais) ;
Le Cugnon, le Cognon en 1289 et 1638, le Cugnon en 1467, le Cugnion en 1599, le Conion en 1730, hameau (Les Contamines-Montjoie, Val Montjoie, Haute-Savoie) ;
Les Cougnonis, alpage (Chanrion, Bagnes, district d´Entremont, Valais) ;
Les Cugnons, lieu-dit (Val d´Arpette, Orsières, district d´Entremont, Valais) ;
Cuignon, hameau (Saint-Denis, vallée d´Aoste) ;
Cuignon, alpage (Brusson, vallée d´Aoste).

Peuvent aussi être issus d´un patronyme Cougnon, « bucheron » ou « homme brutal », de cogner, latin cuneare, « serrer avec un coin » :
Cougnon, forêt déclive en pointe (Salvan, district de Saint-Maurice, Valais) ;
Les Cougnons, maison isolée (Ormont-Dessous, district d´Aigle, Vaud).

Diminutif de Cugnon avec le suffixe -et : Le Cugnonnet, Le Cognonet en 1638 (Les Contamines-Montjoie, Val Montjoie, Haute-Savoie).

Avec le suffixe -eux :
Cugnieux, maison isolée (Corcelles-le-Jorat, district d´Oron, Vaud).

Du latin cuneus, « coin » :
Grand Cunay, sommet, 1603m, Petit Cunay, lieu-dit, alpage et sommet, 1548m, Creux d´Enfer du Petit Cunay, lieu-dit (Bière, district d´Aubonne, Vaud).

Par féminisation du latin cuneus, « coin » :
Cunéaz, hameau, et Torrent de Cunéaz, affluent de l´Evançon (Ayas, vallée d´Aoste).

Voir aussi Coire, Quignet.


Coeur
Nom désignant un col, issu de la confusion du patois chioeu, kieu, « col », avec son homonyme kieu, « coeur » [Jaccard].
Le Coeur, lieu-dit (Ardon, district de Conthey, Valais) ;
Le Coeur, alpage, et Sex du Coeur, chaînon rocheux, dont le sommet (2019m), à la frontière franco-suisse, est nommé en France Pointe d´Arvouin (Vouvry, district de Monthey, Valais) ;
Chalets de Coeur, alpage, et Torrent de Coeur, affluent de la Sallanches (Sallanches, Haut-Faucigny, Haute-Savoie) ;
Croix de Coeur, col entre Verbier et les Mayens de Riddes, 2174m (Verbier, Bagnes, district d´Entremont, et Mayens-de-Riddes, Riddes, district de Martigny, Valais) ;
Sur le Coeur, lieu-dit (Collonges, district de Saint-Maurice, Valais).

Coeur, Coeurie, Cors, Corsant, Cort,
Cortelan, Corterin, Cortery, Cortes, Cortey,
Cortio, Corzent, Cour, Cours, Court,
Cure, Curtaz
Latin médiéval cortis.
Avec une possible influence sémantique de curia :
Grand-Coeur, village et ancienne commune, Petit-Coeur, anciennement Saint-Eusèbe, Saint-Eusèbe-de-Coeur, village et commune, tous deux Ecclesia de Cors en 1170, Ecclesia grandis curie en 1485 (Moûtiers, Tarentaise, Savoie) ;
Grand Coeurie et Petit Coeurie, peut-être de même sens, alpages (Rochefort, district de Boudry, Neuchâtel) ;
La Cure, hameau (Saint-Cergue, district de Nyon, Vaud).

Ancien français cort, cour, court, cuert, « ferme, exploitation agricole » :
Cort, alpage (Chamois, vallée d´Aoste) ;
Cort, hameau (Verrayes, vallée d´Aoste) ;
Vers Cort, hameau (Corbeyrier, district d´Aigle, Chablais vaudois) ;
Les Cortes ou Les Cortets, hameau (Troistorrents, district de Monthey, Valais) ;
En Cortio, forme patoise, lieu-dit (Courfaivre, district de Delémont, Jura) ;
La Cour, hameau (Val-d´Illiez, district de Monthey, Valais) ;
Cour, anciennement Cors, quartier (Lausanne, Vaud) ;
Grand´Cour, hameau (Troinex, Genève) ;
Cour-et-Buis, Curtis villa au XIème siècle, Curz au XIIème siècle, commune et village de la Bièvre (Beaurepaire, arrondissement de Vienne, Isère) ;
Cours, villa que vocatur Curte en 971-977, in villa Curtis en 987-988, in Curti en 1031-1061, Cort en 1401, Court en 1538, hameau (Bâgé-la-Ville, Bresse, Ain) ;
Cours, hameau (La Salle, vallée d´Aoste) ;
Les Cours, maison isolée, nom monté au Vanil des Cours, sommet, 1562m (Cerniat, district de la Gruyère, Fribourg) ;
Court, Cort en 1148, Curt en 1179, nom actuel attesté en 1461, commune et village (District de Moutier, Jura bernois) ;
Droit des Rochers de Court et Envers des Rochers de Court, lieux-dits, et Gorges de Court, gorges de la Birse (Moutier, Jura bernois) ;
La Curtaz, forme patoise, hameau (Jarrier, Maurienne, Savoie).

Avec le suffixe -an :
Cortelan, hameau (Loisin, Bas-Chablais, Haute-Savoie).

Avec le suffixe collectif -in :
Corterin, hameau de Cormérod (Misery-Courtion, district du Lac, Fribourg).

Avec le suffixe collectif -ery :
Cortery, lieu-dit (Misery-Courtion, district du Lac, Fribourg).

Avec le suffixe collectif -ey :
Cortey, lieu-dit (Auvernier, district de Boudry, Neuchâtel).

Patois valdôtain cors, « cour », du roman cors :
Cors, hameau (Fénis, vallée d´Aoste) ;
Montagne des Cors, alpage de Valtournenche, Torrent des Cors, affluent du Torrent Marmore, nom monté à la Punta des Cors ou Punta Gastaldi, 3852m, et au Col des Cors, 3714m (Bionaz et Valtournenche, vallée d´Aoste).

Probablement de même origine :
Corsant, Corsan en 1248, Corzans en 1294, Corsant en 1492, château et hameau (Perrex, Bresse, Ain) ;
Corzent, faubourg (Thonon-les-Bains, Bas-Chablais, Haute-Savoie).

Voir aussi Ecours.


Coeur
Le Coeur, rocher au-dessus du Glacier Durand, probablement par métaphore.

Coeuvatte, Coeuve, Couvet, Couvette, Couvettes,
Covatières, Covats, Covaz, Covées, Coverays,
Coverie, Covet, Covetan, Covets, Covillet,
Covillets, Covos, Covy, Cuva, Cuvat,
Cuvaz, Cuves, Cuvette, Cuvettes, Cuvy
Site en forme d´entonnoir, de cuvette, endroit creux, nommé par métaphore, bas latin cupa, « barrique, cuvier », latin cupa, « grand vase en bois ».
Les Cuves ancien nom de La Tine attesté en 1271 (Rossinière, Pays-d´Enhaut, Vaud) ;
Les Cuves, maison isolée en forêt (Les Clefs, Bornes, Haute-Savoie).
Avec le suffixe diminutif -ette, ancien français cuvete, « petite cuve » :
Bois de la Cuvette, forêt (Lullin, Chablais, Haute-Savoie) ;
Les Cuvettes, maison isolée (Hauteville, district de la Gruyère, Fribourg).

Formes patoises :
La Covaz, hameau, et Ruisseau de la Covaz (Saxel, la Côte en Chablais, Haute-Savoie) ;
Les Covaz, lieu-dit (Estavannens, Bas-Intyamon, district de la Gruyère, Fribourg) ;
Les Covées, lieu-dit (Bonne, Annemasse, Haute-Savoie) ;
Les Covos, lieu-dit (Sonceboz-Sombeval, district de Courtelary, Jura bernois) ;
Le Covy, hameau (Avry, district de la Sarine, Fribourg) ;
La Cuva, ferme isolée (Vuadens, district de la Gruyère, Fribourg) ;
Cuvat, Capellenus de Covaz en 1275, commune et village du Genevois (Annecy-le-Vieux, arrondissement d´Annecy, Haute-Savoie) ;
Cuvaz, lieu-dit (Gruyères, district de la Gruyère, Fribourg) ;
Cuvy, forêt déclive (Sédeilles, district de Payerne, Vaud).

Avec le double suffixe diminutif -illet :
Chalet du Covillet, alpage, nom monté au lieu-dit Les Covillets, lieu-dit (Mont de Grange, Abondance, Chablais, Haute-Savoie).

Dérivé avec le suffixe collectif -ay :
Les Coverays, hameau de Chamonix (Vallée de Chamonix, Haute-Savoie).

Avec le suffixe -erie :
La Coverie, alpage (La Clusaz, Bornes-Aravis, Haute-Savoie).

Diminutifs avec les suffixes -et, -ette :
Couvet, Covés en 1300, Coves en 1380, Covet en 1470, commune et village, et Mont de Couvet, hameau et lieu-dit (District du Val-de-Travers, Neuchâtel) ;
Couvette, hameau (Fillinges, Genevois, Haute-Savoie) ;
Les Couvettes, lieu-dit (La Biolle, district de Chambéry, Savoie) ;
Le Covet, hameau (Essertines-sur-Yverdon, district d´Echallens, Vaud) ;
Les Covets, hameau (Vuisternens-devant-Romont, district de la Glâne, Fribourg) ;
Les Covets, lieu-dit (Villeret, district de Courtelary, Jura bernois), et Pâturage des Covets, lieu-dit (Cormoret, district de Courtelary, Jura bernois).

Cas régime :
Covetan, alpage, Bois de Covetan, forêt (Hauteluce, Beaufortain, Savoie), et Forêt de Covetan (Notre-Dame-de-Bellecombe, Val d´Arly, Savoie).

Mot régional jurassien Coeuve :
Coeuve, Cova en 1136, Cuva en 1175, Coeuve en 1254, Cauva en 1410, anciens noms allemands Kuef, Kufen, et Kuff en 1906, commune et village (District de Porrentruy, Jura) ;
Combe de Coeuve, lieu-dit (Courtemaîche, district de Porrentruy, Jura).

Avec le suffixe diminutif jurassien -atte :
La Coeuvatte, affluent de l´Allaine qui prend sa source à Coeuve (District de Porrentruy, Jura).

Peut-être d´un patronyme Covat :
Les Covatières, La Vulpillière en 1431, In Covateria seu in Vulpilleria en 1517, hameau (Saint-François-Longchamp, Maurienne, Savoie) ;
Les Covats, lieu-dit en forêt (Saint-Légier-La-Chiésaz, district de Vevey, Vaud).

Voir aussi Couvaloux, Couvet, Covatanne.


Coffette, Coffy
Peut-être un endroit particulièrement sale, du terme régional coffe, « sale ».
Lac Coffy, étang, mais Coffy est aussi un patronyme (Bettens, district de Cossonay, Vaud).
Avec le suffixe diminutif -ette :
Coffette, lieu-dit (Goumoëns-le-Jux, district d´Echallens, Vaud).


Coffrane
Commune et village neuchâtelois du district du Val-de-Ruz, Cusfrano en 1092, Corfrano en 1220, Corfranon en 1264, Corfragne en 1270, Corfraigno en 1370, Confrano en 1401, Courfrasne en 1453, et Petit Coffrane, hameau de Coffrane, nom probablement composé de cortis et d´un anthroponyme germanique comme *Frano (les noms formés avec des dérivés de cortis sont toujours suivis d´un anthroponyme, ce qui exclut l´interprétation de frano, « frêne »).

Cogne
Commune et village du Val de Cogne, vallée latérale de la vallée d´Aoste, Conia en 1151 et 1184, Cognie en 1183, dérivé d´un nom de personne romain Acconius ou Conius féminisé, comme par exemple [villa] *Conia.

Cognin, Cognin-les-Gorges
Noms formés avec le suffixe -anum sur le nom d´homme gaulois *Cotonius [Nègre 1990].
Cognin, Ecclesia de Cohonnino vers 1100, Cognis en 1232, Cognins en 1238, de Cognino en 1340, Capellanus de Cogniaco au XIVème siècle, Cogninum en 1488, Cugny près Chambéry en 1554, canton, commune et village de l´arrondissement de Chambéry (Savoie) ;
Cognin, hameau (Saint-Christophe-sur-Guiers, Chartreuse, Isère) ;
Cognin-les-Gorges, Ecclesia de Cohonino au XIème siècle, villa de Cognins au XIIIème siècle, parrochia Cogninum au XIVème siècle, Cognin jusqu´en 1937, commune et village du Sud du Grésivaudan (Vinay, arrondissement de Grenoble, Isère).

Cohendets, Cohendier, Cohendy
Patronymes Cohendet, Cohendier, Cohendy, probablement du franco-provençal coindi, « joli, agréable », latin cognitus, « connu » [Tosti].
Les Cohendets, alpages (Montgellafrey, Basse-Maurienne, Savoie) ;
Château de Cohendier (Saint-Pierre-en-Faucigny, Faucigny, Haute-Savoie) ;
Cohendy, maison isolée (Combloux, Haut-Faucigny, Haute-Savoie).

Cohennoz, Couénat, Couénets, Cuénet, Cuenin,
Cuennat, Cuénoud
Patronymes dérivés de l´anthroponyme germanique *Kuno, « brave », francisé en Conon [Gros].
Cohennoz, Cuennoz au XVIème siècle, Coënnoz en 1793, commune et village du Val d´Arly (Ugine, arrondissement d´Albertville, Savoie) ;
Champ Cuenin, maisons isolées (Chevenez, district de Porrentruy, Jura) ;
Plan Cuénoud, lieu-dit (Châtel-Saint-Denis, district de la Veveyse, Fribourg).
Avec le suffixe diminutif -et :
Les Couénets, maisons isolées (Montmelon, district de Porrentruy, Jura) ;
Cuénet, lieu-dit en forêt (Penthéréaz, district d´Echallens, Vaud).

Diminutifs formés avec le suffixe jurassien -at :
Le Couénat, maisons isolées (Le Noirmont, district des Franches-Montagnes, Jura) ;
Roche Cuennat, lieu-dit (Bussy-sur-Moudon, district de Moudon, Vaud).


Coillonet
Colline de la commune de Courlevon, district du Lac (Fribourg), ancien français coillonnet, diminutif de coillon, « couillon, testicule », bas latin coleonem, accusatif de coleo, coleonis, « testicule », peut-être par métaphore en raison de sa forme arrondie.

Coinchat, Coinchette, Coinchiez, Coinchonna
Du francoprovençal concher, conchier, « salir, souiller », [Michaud].
Bois Coinchiez, en Conchié Bussom en 1342, au Coinchiez Bosson en 1545, Bois Conchié et Boz Coinchié en 1596, Bois Coincher en 1703, Bois Coinchié en 1734, petite forêt (Bôle, district de Boudry, Neuchâtel) ;
Coinchonna, vigne (Bôle, district de Boudry, Neuchâtel).
Peut-être de même origine :
Coinchat, lieu-dit (Veigy-Foncenex, Bas-Chablais, Haute-Savoie) ;
Fontaine de la Coinchette, source en forêt, et Collet de la Coinchette, lieu-dit (Corrençon-en-Vercors, Vercors, Isère).


Coindet, Coindre
Patronymes issus de coinde, variante de l´adjectif ancien français cointe, « prudent, sage ; habile ; brave, vaillant ; joli, gentil, agréable, aimable », ou du substantif cointe, « un beau, un galant tout plein de lui-même », du latin cognitus, « connu » [Tosti].
Patronyme Coindet, diminutif de coinde :
Le Coindet, maison isolée (Allondaz, Combe de Savoie, Savoie).

Patronyme Coindre :
Coindre, maison isolée (Bouligneux, Dombes, Ain) ;
Le Coindre, lieu-dit (Saint-Chef, Les Balmes Dauphinoises, Isère).


Coinsin, Coinsins
Noms d´origine burgonde, dériveraient d´un primitif *Cunsingos, « chez les Cunsingi », dérivé du nom propre Cunso, variante de Gunzo, « combat ».
Coinsin, hameau (Lussy-sur-Morges, district de Morges, Vaud) ;
Coinsins, Quinsins en 1212, Quincins en 1215, Quintins en 1238, Cuynsins en 1296, Cuinchins en 1303, Cuinsins en 1306, commune et village (District de Nyon, Vaud).

Cointier, Cointières
D´un patronyme Cointier, nom de métier, de l´ancien français cointier, « parer, orner ».
Le Cointier, Le Cointy en 1847, quartier (Guéreins, Dombes, Ain).
Par féminisation :
Les Grandes Cointières et Les Petites Cointières, hameaux (Dompierre-sur-Veyle, Bresse, Ain).


Cointrin
Quartier s´étendant sur les communes de Meyrin, Vernier, Grand-Saconnex, Bellevue (Genève), Cuintrins en 1215, Quintrins et de Quintrino en 1224, Quintrinsex en 1299, Cuytrins en 1306, nom d´origine burgonde, qui pourrait dériver d´un primitif *Cundharingos, « chez les Cundharingi », où le c initial représenterait un plus ancien g, dérivé du nom propre Gundhari [Jaccard], voir Gonty.

Coiny
Les Coiny, lieu-dit de la commune de Lully (La Côte en Chablais, Haute-Savoie), patronyme probablement issu de l´ancien haut allemand kuoni, « brave, hardi ».

Coiratte, Coire, Coires
Terrain en pointe, du patois jurassien câre, « angle, coin » [Prongué].
Coire, lieu-dit (Chevenez, district de Porrentruy, Jura) ;
Les Coires, lieu-dit (Boncourt, district de Porrentruy, Jura).
Avec le suffixe diminutif jurassien -atte :
La Coiratte, lieu-dit (Chevenez, district de Porrentruy, Jura).


Coise, Coises, Coisetan, Coisia, Coisin,
Coison
Noms dérivés du nom de domaine Cosia [villa] d´un gallo-romain du gentilice Cosius [Gros].
Coise, Vallis que dicitur Cosia en 1036, Coysie en 1093, Domus Cosie en 1162, de Coysia en 1279, village (Coise-Saint-Jean-Pied-Gauthier, Val Gelon, Savoie) ;
Les Coises, maison isolée en clairière (Villard-sur-Doron, Beaufortain, Savoie) ;
Coisetan, Coyseta au XIIIème siècle, Coisetanum au XIVème siècle, cours d´eau affluent du lac de Sainte-Hélène (Coise-Saint-Jean-Pied-Gauthier, Val Gelon, Savoie) ;
Coisia, commune et village (Arinthod, Jura) ;
Coisin, Aqua Coisini en 1433, cours d´eau affluent du lac de Sainte-Hélène (Coise-Saint-Jean-Pied-Gauthier, Val Gelon, Savoie) ;
Coison, peut-être de même origine, lieu-dit en forêt (Baulmes, district d´Orbe, Vaud).

Cojonnex
Cojonnex, quartier de Blonay (District de Vevey, Vaud), nom actuel attesté en 1161, nom de domaine d´origine gallo-romaine *Coionacum, dérivé avec le suffixe -acum du gentilice *Coionius.
Cojonnex, hameau du Chalet-à-Gobet (Lausanne, Vaud), Cojenay vers 1160, Cogionai vers 1250, Cojonay au XVIème siècle, par transfert, d´une famille noble vaudoise qui a porté le nom de Cojonnex du XIIème au XVIème siècle [Bossard].

Col, Collet, Collu, Cou, Coux,
Couz
Variantes de col, « passage de montagne », latin collum, « col, cime ».
Le Col, hameau (Lullin, Chablais, Haute-Savoie) ;
Sur Cou, sommet, 1809 (Saint-Laurent et le Petit-Bornand, Faucigny, Haute-Savoie), Nant de Cou, cours d´eau affluent du Flan, nom issu du col de Cou, devenu par redondance Col de Sur Cou, 1600m ;
Sur Cou, hameau (Champéry, district de Monthey, Valais) ;
Col de Cou, 2529m (Mase, district d´Hérens, Valais) ;
Col du Cou, 1601m (Flaine, Magland, Faucigny, Haute-Savoie) ; Plan de Cou, pâturage (Champéry, district de Monthey, Valais) ;
Col de Coux ou Col de Cou, montem qui dicitur Col en 1188, montem de Cul en 1209, Coul en 1233, Coux et Couz en 1906, col entre la Suisse et la France, 1920m (Champéry, district de Monthey, Valais, et Samoëns, Faucigny, Haute-Savoie), et
Sur le Coux, hameau (Thyez, Faucigny, Haute-Savoie) ;
Col de Couz, 626m, entre Chambéry et Les Echelles, qui a donné son nom à Saint-Jean-de-Couz, commune et village, et à Saint-Thibaud-de-Couz, Capella de Coho et Ecclesia de Co vers 1100, Cou en 1202, Cohu et Coulz en 1232, Cols et Cou en 1340, Ecclesia de Couz en 1497, commune et village de la vallée du Guiers (Les Echelles, arrondissement de Chambéry, Savoie) ;
Le Col des Roches, 919m, à la frontière franco-suisse, était autrefois Le Cul des Roches, en raison de la reculée qui le précède (Le Locle, Neuchâtel).
Petit col, ancien français colet, collet, « col, cou », avec le suffixe diminutif -et :
Le Collet, In molario de Colleto en 1421, hameau proche du col d´Arves (Saint-Jean-d´Arves, Arvan, Savoie) ;
Collet d´Anterne, 1816m (Sixt-Fer-à-Cheval, Faucigny, Haute-Savoie).

Diminutif patois :
Le Collu, lieu-dit (Samoëns et Verchaix, Faucigny, Haute-Savoie).

Voir aussi Coeur, Cormet.


Colaire, Colans, Colatel, Colatels, Colère,
Colerin, Coleu, Coleuse, Colice, Colieu,
Coliore, Colisses, Colle, Collères, Collières,
Colliez, Collioret, Colliou, Collioud, Colliouroé,
Colluère, Collure, Coloc, Colou, Colous,
Coluaire, Coula, Coulanne, Coulat, Coulats,
Coulau, Coulay, Coulayes, Coulaytes, Coulaz,
Coule, Coulé, Coulée, Coulées, Coules,
Coulet, Coulette, Coulisse, Coullaux, Coullayes,
Couloir, Couloirs, Couloud, Couloureuses, Coulours,
Couluire, Couluirette, Culerey, Cullayes, Culliairy
Coulée de terrain, terrain favorable aux éboulements, endroit où l´eau filtre, couloir (en montagne), pente rapide par laquelle on dévale le bois des hauteurs, mot régional colaz, « ravin en pente », coulière, « pièce de terre où coule un ruisseau », [Pégorier], patois coulâ, « couler », ancien français colais, coleis, colleis, couleis, coulis, coulleis, coullis, « coulant, qui coule, qui glisse », ancien français couleïce, « qui glisse », bas latin colorium, latin colare, « couler, filtrer ».
La Colle, peut-être aussi un sobriquet, alpage (Chézard-Saint-Martin, district du Val-de-Ruz, Neuchâtel) ;
La Coule, lieu-dit (Saint-Gervais-les-Bains, Haut-Faucigny, Haute-Savoie) ;
Coulé, hameau (Bonne, Annemasse, Haute-Savoie) ;
Les Coules, lieu-dit (Brenles, district de Moudon, Vaud) ;
La Coulée, forêt déclive (La Léchère, Tarentaise, Savoie) ;
Les Coulées, lieu-dit (La Sagne, district de la Chaux-de-Fonds, Neuchâtel).
Peut-être un participe présent :
Colans, maison isolée (Lovatens, district de Moudon, Vaud), et lieu-dit (Curtilles, district de Moudon, Vaud).

Avec les suffixes -eu, -euse, -ou :
Coleu, lieu-dit en forêt (Chesières, Ollon, district d´Aigle, Vaud) ;
Coleu du Fin, couloir en montagne (Lourtier, Bagnes, district d´Entremont, Valais) ;
Sur la Coleuse, lieu-dit (Lajoux, district des Franches-Montagnes, Jura) ;
Le Colieu, lieu-dit en forêt (Bovernier, district de Martigny, Valais) ;
Colliou du Loton, couloir rocheux (Saint-Luc, Val d´Anniviers, Valais) ;
Le Colou, hameau (Perrefitte, district de Moutier, Jura bernois) ;
Les Colous, lieu-dit (Malleray, district de Moutier, Jura bernois) ;
Le Couloud, alpage (Beaufort-sur-Doron, Beaufortain, Savoie).

De même sens ou d´un patronyme Collioud de même origine que Colliard :
Le Collioud, lieu-dit en forêt (La Balme-de-Thuy, Bornes, Haute-Savoie) ;
Bois Collioud, forêt de la commune de Versoix (Genève).

Avec les suffixes collectif patois -a, -at, -az :
La Coula, lieu-dit et ruisseau affluent de la Broye (Payerne, Vaud) ;
Le Coula, maison isolée (Lessoc, Haut-Intyamon, district de la Gruyère, Fribourg) ;
La Coulat, lieu-dit (Delley-Portalban, district de la Broye, Fribourg) ;
Le Coulat, maison isolée (Estavannens, Bas-Intyamon, district de la Gruyère, Fribourg) ;
Les Coulats, alpage (Ormont-Dessous, district d´Aigle, Vaud) ;
La Coulaz, hameau (Nangy, Genevois, Haute-Savoie) ;
La Coulaz, pâturage (Mieussy, Faucigny, Haute-Savoie) ;
Le Coulaz, lieu-dit (Les Gets, Faucigny, Haute-Savoie).

Avec le suffixe diminutif -el :
Colatel, clairière avec maison isolée (Lavey-Morcles, district d´Aigle, Vaud) ;
Les Colatels, hameau (Bex, district d´Aigle, Vaud).

Français couloir, « passage étroit, encaissé et abrupt » :
Le Grand Couloir, renommé pour ses chutes de pierres (Aiguille du Goûter, vallée de Chamonix, Haute-Savoie) ;
Les Grands Couloirs, couloir raide et glaciaire (La Grande Casse, Vanoise, Savoie).

Dérivé avec les suffixes collectifs -aire, -ère, -ière, -ire, -ore, -ure, etc., ancien français couloire, « passage » :
Colaire, hameau (Troistorrents, district de Monthey, Valais) ;
La Coliore, hameau (Vex, district d´Hérens, Valais) ;
Collères, hameau (Gignod, vallée d´Aoste) ;
Collières, lieu-dit (Granier, Tarentaise, Savoie) ;
Les Collières, lieu-dit (La Chaux, Sainte-Croix, district de Grandson, Vaud) ;
Colliouroé, lieu-dit (Pralognan-la-Vanoise, Vanoise, Savoie) ;
Colluère Janire, lieu-dit (Ayent, district d´Hérens, Valais) ;
Collure, Collueres en 1454, Collures en 1906, forêt déclive (Leysin, district d´Aigle, Vaud) ;
Coluaire, Coluery de Chesières en 1353, Collueyres en 1906, lieu-dit (Ollon, district d´Aigle, Vaud) ;
Les Coulours, lieu-dit (Petit Mont Cenis, Bramans, Haute-Maurienne, Savoie) ;
Couluire, lieu-dit (Savièse, district de Sion, Valais) ;
Culliairy, peut-être de même origine, hameau (Sainte-Croix, district de Grandson, Vaud).

Probablement de même origine, par attraction paronymique du français colère :
Colère, lieu-dit en forêt (Maxilly-sur-Léman, Chablais, Haute-Savoie).

Avec les suffixes diminutifs -et, -ette :
Le Collioret, lieu-dit (La Chaux, Sainte-Croix, district de Grandson, Vaud) ;
La Couluirette, lieu-dit (Granois, Savièse, district de Sion, Valais).

Diminutifs avec le suffixe -in, cf. le mot régional coleron, « goulet, couloir par où passe l´eau » [Pégorier] :
Dent du Colerin, sommet, 3333m, Glacier du Colerin, Passage du Colerin, 3207m, et Pointe du Colerin, sommet, 3475m, nom monté (Bessans, Haute-Maurienne, Savoie).

Avec le suffixe -euse :
Pointe des Couloureuses, 2678m (Montvalezan, Tarentaise, Savoie).

Avec le suffixe collectif -is :
Chemin de la Colice (Crissier, district de Lausanne, Vaud) ;
Les Colisses du Bas et Les Colisses du Haut, Les Collisses en 1906, fermes isolées (Nods, district de la Neuveville, Jura bernois) ;
La Coulisse, maison isolée (Echallens, Vaud).

Dérivés avec les suffixes collectifs -ay, -aye, -et, -ey, -ez, participe passé latin colatum :
Le Colliez, lieu-dit en pente raide (Aigle, Vaud) ;
Coulay, in Codolada en 991-1025, ancien hameau (Cranves-Sales, Annemasse, Haute-Savoie) ;
Les Coulayes, hameau (Rougemont, Pays-d´Enhaut, Vaud) ;
Les Coulaytes, alpage, et Ruisseau des Coulaytes, cours d´eau sous-affluent de la Sarine (Château-d´Oex, Pays-d´Enhaut, Vaud) ;
Les Coullayes ou Les Coulayes, hameau (Les Moulins, Château-d´Oex, Pays-d´Enhaut, Vaud) ;
Le Culerey, lieu-dit (Trient, district de Martigny, Valais) ;
Les Cullayes, Culaes en 1359, nom patois Les Ecoulayés, commune et village (District d´Oron, Vaud).

Avec les suffixes diminutifs -et, -ette :
Coulet, lieu-dit (Saint-Prex, district de Morges, Vaud) ;
La Coulette, peut-être par féminisation d´un patronyme Coulet, maisons isolées (Belmont-sur-Lausanne, district de Lausanne, Vaud).

Avec le suffixe diminutif -au :
Coulau, lieu-dit (Ardon, district de Conthey, Valais) ;
Les Coullaux, lieu-dit (Chessel, district d´Aigle, Vaud).

Avec le suffixe -anne :
La Coulanne, hameau, pourrait avoir la même origine (Villeneuve, district de la Broye, Fribourg).

Forme patoise valaisanne en -oc :
Le Coloc, lieu-dit (Salins, district de Sion, Valais).


Colard, Colarde, Colet, Colette, Collin,
Coulard, Coulin
Patronymes dérivés du prénom Nicolas, latin Nicolaus, grec Nikêlaos, « victoire du peuple ».
Patronymes Colard, Coulard, hypocoristique du prénom Nicolas :
Pré Colard, lieu-dit (Hauteville, district de la Gruyère, Fribourg) ;
Rochers de Coulard, lieu-dit (Magland, Faucigny, Haute-Savoie).

Par féminisation du patronyme Colard :
La Colarde, maisons isolées (Gex, Pays de Gex, Ain).

Patronyme Colet, avec le suffixe diminutif -et, pourrait aussi désigner une coulée, voir Coulet :
Colet, hameau (Saint-Martin, district d´Hérens, Valais).

Par féminisation du patronyme Colet, ou directement du féminin Colette :
La Colette, alpage (Vallon de l´Hongrin, Château-d´Oex, Pays-d´Enhaut, Vaud).

Patronymes Collin, Coulin, anciennes formes populaires du prénom Nicolas :
Collin, lieu-dit (Fétigny, district de la Broye, Fribourg) ;
Pra Coulin, maison isolée (La Verrerie, district de la Veveyse, Fribourg).


Colchide
La Colchide, maisons isolées de la commune de Bex, district d´Aigle (Vaud), par référence à l´ancienne contrée d´Asie mineure sur le littoral oriental de la Mer Noire, au sud du Caucase.

Colgrabe
La Colgrabe, lieu-dit de la commune de Delémont (Jura), par francisation de l´allemand Kohlgraben, « ravin du charbon », voir Grabe, ce lieu étant voisin de Kohlholz, « bois du charbon ».

Coligny, Collogny, Colognat, Cologny
Nom de domaine d´origine gallo-romaine Coloniacum, dérivé avec le suffixe -acum du gentilice Colonius, du latin colonus, « paysan, agriculteur ; fermier, métayer ; colon, habitant d'une colonie ».
Coligny, Apud castrum quod vocatur Coloniacum en 974, de Coloniaco en 1090, Coloniacus en 1188, Colonheu et Colonia en 1228, Colognie en 1246, Cologniacus et Coloigne en 1284, etc., canton, commune et village de la Bresse (Arrondissement de Bourg-en-Bresse, Ain) ;
Bois de Collogny ou Bois de Cologny, d´un ancien village Cologny mentionné sur la Carte de Cassini (Chevrier, Genevois, Haute-Savoie) ;
Moulin de Colognat, maison isolée (Aranc, Bugey, Ain) ;
Cologny, Coluniacum en 1190, Colognier en 1208, Coloigney en 1263, Colungnie en 1272, Cologni sur la Carte de Cassini, commune et village (Genève) ;
Cologny d´en Bas et Cologny d´en Haut, Colognie en 1295, hameaux (Seyssel, Genevois, Haute-Savoie).

Colinta
Becca Colinta ou Becca Colinte, sommet, 2814m (Bourg-Saint-Pierre, district d´Entremont, Valais), patois valaisan colinta, « coulante », pour désigner un sommet qui s´écroule [Guex].

Collège
Le Collège, hameau de la commune de Thônes (Bornes, Haute-Savoie), latin collegium, « association, confrérie ».

Colliard
Patronyme Colliard, patois coliâ, coliu, « mâle, bélier, taureau », vieux français couillard, couillaud, « homme viril, compagnon », ancien français couillard, « muni de testicules », de l´ancien français couiller, latin vulgaire *colea, latin coleus, « testicule ».
Colliard, lieu-dit (Courroux, district de Delémont, Jura) ;
Champ Colliard, lieu-dit (Chavannes-le-Veyron, district de Cossonay, Vaud) ;
Clos Colliard, maisons isolées (Attalens, district de la Veveyse, Fribourg) ;
Pâquier Colliard, lieu-dit (Payerne, Vaud).

Collièses
Les Collièses, lieu-dit de la commune de Bôle (District de Boudry, Neuchâtel), Cuilleysa en 1602, es Colleises en 1737, aux Colleyses en 1756, Coilleyses en 1771, Colaises en 1779, peut-être une variante patoise de coulisse, « canal, aqueduc, rigole » [Michaud], voir aussi Collières.

Colline
La Colline, cours d´eau affluent de la Promenthouse (District de Nyon, Vaud), Collana vers 1150, Collona au XIIème siècle, Colona en 1303, avec le suffixe hydronymique -ona.

Collomb, Collombet, Colomb, Colomban, Colombe,
Colombet, Colombets, Colombette, Colombettes
Patronyme Colomb, même origine que l´oiseau, voir Colomb, et patronymes dérivés Collomb, Collombet, Colombet.
Patronymes Collomb, Colomb, Colomban :
Le Collomb, hameau (Novalaise, Avant-Pays savoyard, Savoie) ;
Colomb, hameau (Combloux, Haut-Faucigny, Haute-Savoie) ;
Auges Colomb, alpage (Provence, district de Grandson, Vaud) ;
Colomban et Colomban d´en Bas, alpages (Thônes, Bornes, Haute-Savoie).

Par féminisation du patronyme Colomb :
Colombe, alpage (Hauteluce, Beaufortain, Savoie) ;
La Colombe, lieu-dit (Echandens, district de Morges, Vaud).

Probablement des patronymes Collombet, Colombet :
Le Collombet, hameau (Epierre, Basse-Maurienne, Savoie) ;
Le Colombet, lieu-dit (La Chapelle, Basse-Maurienne, Savoie) ;
Les Colombets (Chens-sur-Léman, Bas-Chablais, Haute-Savoie).

Par féminisation du patronyme Colombet :
La Colombette, hameau (Saint-Michel-de-Maurienne, Savoie) ;
Les Colombettes, lieu-dit (Fey, district d´Echallens, Vaud) ;
Les Colombettes, maison isolée (Vuadens, district de la Gruyère, Fribourg).


Collomba, Collombey, Colombaires, Colombaz, Colombe,
Colombé, Colombes, Colombés, Colombier, Colombière,
Colombières, Colombin, Colombire
1. Lieu fréquenté par des colombes, ou bien où l´on élève des pigeons. Ancien français et patois colomb, colon, coulon, « pigeon, colombe », diminutif ancien français collombel, colombel, coulombel, « petit pigeon », latin columbus, columba, « pigeon, colombe ».
2. Ancienne nécropole romaine, cimetière, latin columbarium, « niche pour l´urne funéraire ».

3. Rocher dans lequel s´ouvrent des grottes évoquant les boulins d´un colombier.

4. Voir aussi Colondaires.

5. Certains de ces noms sont aussi des patronymes, voir Collomb.

Les noms suivants répondent à l´une ou l´autre de ces définitions :
Pré Collomba, lieu-dit (Forel, Vernay, district de la Broye, Fribourg) ;
Collombey, de Columberio en 1263, a Collombey le petit en 1696, village, et Collombey-le-Grand, a Village de Collombey le Grand en 1696, hameau (Collombey-Muraz, district de Monthey, Valais) ;
Colombaz, alpage (Les Contamines-Montjoie, Val Montjoie, Haute-Savoie) ;
Colombe, ecclesia Columba au XIIIème siècle, commune et village de la Bièvre (Le Grand-Lemps, arrondissement de la Tour-du-Pin, Isère) ;
Colombé, lieu-dit dans les vignes (Premploz, Conthey, Valais) ;
Combe des Colombés, lieu-dit (Champéry, district de Monthey, Valais) ;
Colombes, Massus de Columba en 1357, Collombaz au XVIème siècle, habitat dispersé (Montgellafrey, Basse-Maurienne, Savoie) ;
Colombin, Chavannerie de Colombin en 1581, Apud Colombinum en 1594, hameau (Saint-Martin-sur-la-Chambre, Basse-Maurienne, Savoie).

Français colombier, « endroit où l'on élève les pigeons », dérivé de colombe avec le suffixe collectif -ier, latin columbarium, « pigeonnier, colombier » :
Les Colombaires, lieu-dit (Château-d´Oex, Pays-d´Enhaut, Vaud) ;
Colombier, Columbier en 1228, commune et village (District de Boudry, Neuchâtel) ;
Colombier, Columbarus en 937, Columbarium en 938, Colonberio en 987, Columberium en 1005, Columbie en 1228, aussi Collombier au XIXème siècle, commune et village (District de Morges, Vaud) ;
Le Grand Colombier, En Colombiers en 1643, sommet, 1534m (Bugey, Ain) ;
Colombier de Gex, Colomby de Gex en 1844, sommet, 1691m (Jura, Pays de Gex, Ain) ;
Colombier d´Aillon, Rupes montis Rossane que vocatur Colombarium en 1585, sommet, 2043m (Aillon-le-Vieux, Bauges, Savoie) ;
La Colombière, hameau (Allinges, Bas-Chablais, Haute-Savoie) ;
Chalet de la Colombière, alpage, et Col de la Colombière, 1613m (Le Reposoir, Bornes-Aravis, Haute-Savoie) ;
Les Colombières, habitat dispersé (Beaufort-sur-Doron, Beaufortain, Savoie) ;
Colombire, pâturage, et
Cave de Colombire, maisons isolées (Mollens, district de Sierre, Valais).


Collon, Collons, Colon
Patronymes, soit d´un ancien colon, soit du vieux français et patois colon, « pigeon, colombe ».
Col Collon, 3082m, redondance, le nom étant ensuite monté du col aux Mont Collon, 3637m, et Petit Mont Collon, 3556m, et aussi au Col du Petit Mont Collon, 3292m, et Glacier du Petit Mont Collon (Bagnes, district d´Entremont, Arolla, Evolène, district d´Hérens, Valais, et Bionaz, vallée d´Aoste).
Les Collons, hameau (Vex, district d´Hérens, Valais) ;
Château de Colon, hameau (Rue, district de la Glâne, Fribourg).

Collondalles, Collondels, Colondaires, Colondaz Jeur, Colonnaz,
Colonne, Colonnes, Colonney
Français colonne, patois colonde, kolonda, « colonne », ancien français colombe, columne, columpne, « colonne », colenbel, colombel, colombele, « petite colonne », latin columna, « colonne », qui a donné le français colombage, « colonnes ou solives de bois dans une muraille », en ancien français « rangée de colonnes, poteau, appui ». Ces noms peuvent désigner en particulier des pièces de bois verticales, des pieux dans une clôture, une borne, un petit monument ou être utilisés dans un sens métaphorique pour un lieu très élevé, comme perché sur une colonne [Aebischer, Gros], ou proche d´un pilier rocheux. Voir aussi Colomb.
Français colonne, « pilier de forme cylindrique » :
Chemin des Colonnes, allusion aux colonnes du temple d´lsarnodurum (Izernore, Haut-Bugey, Ain).

Français colonne, « lieu élevé », par métaphore :
La Colonne, Malarium de Calumpna en 1393, hameau (Montaimont, La Chambre, Maurienne, Savoie) ;
La Colonne, ad Columpnam en 1414, hameau (Albiez-le-Vieux, Maurienne, Savoie) ;
Aux Colonnes, lieu-dit (Saint-Jean-d´Arves, Arvan, Savoie) ;
Les Colonnes, Paganus de Columpnis en 1397, hameau élevé, et Bois des Colonnes, forêt (Saint-Pancrace, Maurienne, Savoie) ;
Rocher des Trois Colonnes, rocher (Matafelon-Granges, Haut-Bugey, Ain).

Forme patoise :
La Colonnaz ou La Colonne, hameau (Magland, Faucigny, Haute-Savoie).

Diminutifs du patois colonde, kolonda, avec dissimilation de [nn] en [nd], et avec les suffixes -alle, -el :
Les Collondalles, ancien lieu-dit et rue (Montreux, district de Vevey, Vaud) ;
Les Collondels, hameau (Villeneuve, district de la Broye, Fribourg) ;
Colondaz Jeur, hameau (Vallon de l´Hongrin, Château-d´Oex, Pays-d´Enhaut, Vaud).

Dérivé avec le suffixe collectif -aire :
Les Colondaires alpage (Villeneuve, district d´Aigle, Vaud).

Dérivés avec le suffixe -ey :
Tête du Colonney, sommet, 2692m et Col du Colonney, 2364m, (Flaine, Grand Massif, Faucigny, Haute-Savoie), aussi Tête du Colonné selon Boyer, qui explique ce nom par la présence d´un cairn dressé par les Sardes au début du XIXème siècle.


Colmet, Cormat, Cormet
Désigne un sommet en Valais et Vallée d´Aoste. Il dérive du bas latin culmus, *culmetum, latin culmen, culminis, « point culminant, sommet ».
Mont Colmet, 3024m (Vallée d´Aoste).
Dérivés par rhotacisme :
Cormat, lieu-dit (Val Ferret, Orsières, district d´Entremont, Valais) ;
Mont Cormet, 2476m (Courmayeur et Morgex, vallée d´Aoste) ;
Pointe Cormet, 2388m, nom descendu au Col Cormet, 2357m, et au Lac Cormet voisin (Ollomont, vallée d´Aoste).

Dans le Beaufortain, cormet est un terme générique qui signifie « col » :
Cormet d´Arêches, col, 2109 m, Torrent du Cormet d´Arêches et Cormet de Roselend, col, 1968m (Beaufortain, Savoie) ;
Le Plat du Cormet, lieu-dit (Bionnassay, Saint-Gervais-les-Bains, Val Montjoie, Haute-Savoie).

Voir aussi Comagne.


Colomieu
Commune et village du Bugey (Arrondissement de Belley, Ain), Villa de Colomiaco et Colomiou en 1354, Colomeu en 1359, Capellanus do Colomiaco vers 1365, d´un nom de domaine d´origine gallo-romaine *Colomiacum, dérivé avec le suffixe -acum d´un gentilice comme *Colomius.

Colosses
Les Colosses, lieu-dit de la commune de Mâcot-la-Plagne (Tarentaise, Savoie), remotivation d´un patois *kolyo orse, « couloir de l´ours » [G. Tuaillon, Nouvelles du Centre d´Études Francoprovençales « René Willien », no 27, 1993].

Colovray, Colovrex
Probablements issus de noms de domaines d´origine gallo-romaine *Colubracum, dérivés avec le suffixe -acum du cognomen Coluber.
Colovray, anciennement Collovray, aussi Colovrai au XIIIème siècle, ancienne maladrerie, Colovrex sur la Carte Nationale (Nyon, Vaud) ;
Colovrex, de Colovraco en 1186, Colovray en 1257, Collovrex sur la Carte de Cassini, hameau (Bellevue, Genève).

Colovron, Couleuvre, Couleuvres, Couleuvrey, Coulouvre,
Coulouvrenière, Coulouvreuse, Coulouvrier, Coulouvrière, Coulouvrières
Lieu envahi de couleuvres. Patois colouvra, roman colobra, colobre, colobri, « couleuvre, serpent », latin vulgaire *colobra, latin classique coluber, colubra, « couleuvre, couleuvre femelle », colubrosus, « de serpent ».
La Couleuvre, lieu-dit (Thoiry, Bauges, Savoie) ;
Les Couleuvres, lieu-dit (Lugnez, district de Porrentruy, Jura) ;
Coulouvre, hameau (Crenans, Moirans-en-Montagne, arrondissement de Saint-Claude, Jura).
Diminutif avec le suffixe -on :
Colovron, anciennement Coulouvron, hameau (Châteauneuf, Chamoux-sur-Gelon, Val Gelon, Savoie) ;
Le Colovron, cours d´eau (Détrier, Val Gelon, Savoie).

Avec le suffixes collectif -ey :
Le Couleuvrey, forêt déclive (Albiez-le-Jeune, Maurienne, Savoie).

Avec les suffixes collectifs -ier, -ière :
Coulouvrier, lieu-dit, clairière (Morillon, Faucigny, Haute-Savoie) ;
La Coulouvrière, lieu-dit (Chancy, Genève) ;
En Coulouvrières, lieu-dit (Courmangoux, Revermont, Ain).

Avec le suffixe d´abondance -euse :
Coulouvreuse, lieu-dit (Albiez-Montrond, Maurienne, Savoie).

Endroit où l´on tirait à la coulevrine, canon à tube long et mince [Bossard], du français couleuvrine, coulevrine, « ancienne pièce d´artillerie plus longue que les canons employés alors », en vieux français « dépendance, protection » [Trévoux], ancien français couleuvre, « coulevrine », avec le suffixe collectif -ière :
La Coulouvrenière, quartier (Ville de Genève).


Coma, Comb, Comba, Combache, Combachires,
Combaie, Combassales, Combasse, Combasseran, Combasses,
Combasson, Combatte, Combattes, Combaz, Combe,
Combelin, Combelles, Combère, Comberette, Combes,
Combeta, Combets, Combetta, Combettaz, Combette,
Combettes, Combi, Combilloles, Combioula, Combioz,
Combire, Comboles, Combotte
1. Vallée sèche en flanc de montagne, généralement située au-dessus des sources. Vieux français combe, « petite vallée, pli de terrain, lieu entouré de collines », combriere, « combe, vallée », diminutif ancien français combele, combelle, « petite vallée, vallon », gaulois et bas latin cumba, « creux, vallée, vallonnement », diminutif cumbilia, racine indo-européenne *kum-bh-, kum-b-, même sens.
Combe des Juments, lieu-dit (Chaîne des Aravis, Haute-Savoie) ;
Première Combe, Deuxième Combe et Troisième Combe, lieux-dits en forêt (Porrentruy, Jura) ;
Les Combes, maisons isolées (Farvagny, district de la Sarine, Fribourg) ;
Les Combes Dessous, Les Combes Dessus et Les Combes du Milieu, alpages (Gruyères, district de la Gruyère, Fribourg).
Avec les suffixes diminutifs -et, -ette :
Les Combets, hameau (Cohennoz, Val d´Arly, Savoie) ;
La Combette, hameau (Le Glèbe, district de la Sarine, Fribourg) ;
Pointe de Combette, 2762m, à la frontière italienne (Val Ferret, Orsières, district d´Entremont, Valais, et vallée d´Aoste) ;
Les Combettes, hameau (Le Landeron, Neuchâtel).

Avec le suffixe diminutif -elle :
Les Combelles, alpage (Beaufort-sur-Doron, Beaufortain, Savoie).

Avec le suffixe diminutif -ioule, -ole, forme patois -ioula :
Combioula, hameau (Hérémence, district d´Hérens, Valais) ;
Les Comboles, petites combes (Les Brenets, district du Locle, Neuchâtel).

Avec le suffixe diminutif -otte :
La Combotte, petite combe (Les Brenets, district du Locle, Neuchâtel), et Pré de la Combotte, lieu-dit (Le Locle, Neuchâtel).

Double diminutif avec les suffixes diminutifs -ille et -ole :
Les Combilloles, hameau (Sainte-Hélène-du-Lac, Montmélian, Combe de Savoie, Savoie).

Avec le suffixe diminutif -elin, qui pourrait être d´origine italienne :
Combelin, maisons isolées (Saint-Pierre, vallée d´Aoste).

Formes patoises comba, combaz, etc. :
Comba, sommet, 2561m (Saint-Rhémy-en-Bosses, vallée d´Aoste) ;
La Comba, maisons isolés (Nendaz, district de Conthey, Valais) ;
Comba Mornay, avec un patronyme Mornay, lieu-dit, et Col de Comba Mornay, 2374m (Champéry, district de Monthey, Valais) ;
Comba Plane, lieu-dit (Verbier, Bagnes, district d´Entremont, Valais) ;
La Combaz, hameau (Ayer, Val d´Anniviers, Valais) ;
La Combaz, ruines, nom monté à la Tête de la Combaz, 2445m (Les Contamines-Montjoie, Val Montjoie, Haute-Savoie) ;
Combi, alpage (Charmey, district de la Gruyère, Fribourg) ;
Combioz, maisons isolées (Souboz, district de Moutier, Jura bernois).

Avec les suffixes diminutifs patois -eta, -etta, -ettaz :
La Combeta, maison isolée (Le Locle, Neuchâtel) ;
La Combetta, lieu-dit (Saint-Martin, district d´Hérens, Valais) ;
La Combettaz, maisons isolées (Dingy-Saint-Clair, Bornes, Haute-Savoie).

Avec le suffixe diminutif jurassien -atte :
La Combatte, petite combe, dans le Jura (Pleigne, district de Delémont, Jura) ;
Les Combattes, lieu-dit (Bourrignon, district de Delémont, Jura).

Avec syncope du b :
Coma, petite dépression (Nax, district d´Hérens, Valais).

Avec élision du e :
Comb´Arimbourg, probablement une ancienne *combe à Rimbourg, avec un patronyme variante de Raimbourg, dérivé de l´anthroponyme germanique *Raginburg, du germanique *ragina, « conseil », et burg, « lieu fortifié », lieu-dit (Lessoc, Haut-Intyamon, district de la Gruyère, Fribourg).

Avec le suffixe dépréciatif -ache :
Forêt de la Combache, forêt déclive (Chalais, district de Sierre, Valais).

Avec le suffixe dépréciatif -ache et le suffixe collectif -ire :
Les Combachires, maison isolée (Le Glèbe, district de la Sarine, Fribourg).

Avec le suffixe augmentatif ou dépréciatif -asse, « grande combe » ou « muvaise combe », mais pour Bossard c´est une comba arsa, « combe brûlée » :
Combasse, lieu-dit en forêt (Ardon, district de Conthey, Valais) ;
Les Combasses, lieu-dit en forêt (Vouvry, district de Monthey, Valais) ;
Tête des Combasses, petit sommet, 1654m (Vallorcine, vallée de l´Eau Noire, Haute-Savoie).

Avec le suffixe diminutif -ale :
Combassales, lieu-dit (Noréaz, district de la Sarine, Fribourg).

Avec le suffixe diminutif -on :
Combasson, lieu-dit (Bons-en-Chablais, la Côte en Chablais, Haute-Savoie) ;
Le Combasson, maison isolée en clairière (Les Verrières, district du Val-de-Travers, Neuchâtel).

Avec le suffixe -an :
Combasseran, hameau (Habère-Lullin, Vallée Verte, Haute-Savoie).

Dérivés avec les suffixes collectifs -ère, -ire :
Combère, lieu-dit (Sembrancher, district d´Entremont, Valais) ;
Pra Combère, hameau (Ayent, district d´Hérens, Valais) ;
La Combire, pâturage (Nendaz, district de Conthey, Valais).

Diminutif avec le suffixe -ette :
Comberette, maisons isolées en clairière (Nendaz, district de Conthey, Valais).

Avec le suffixe collectif -aie :
La Combaie, lieu-dit en forêt (Saint-Ursanne, district de Porrentruy, Jura).

Voir aussi Bellecombe, Combabelle, Combacervey, Combadané, Combafou, Combal, Comba Naire, Combarin, Comba Rossa, Combartseline, Combaure, Combautanna, Combe Fallet, Combe à l´Ours, Combottier, Commandraut, Kummenalp, Malacombe.

2. Par extension, dépression allongée entre deux montagnes.
Combe de Savoie, vallée de l´Isère près de Montmélian (Savoie).

Voir aussi Hautecombe.


Comagne
Tête de Comagne, 2099m, sommet à la limite des communes de Brusson et d´Emarèse (Vallée d´Aoste), du latin culmen magnum, « grand sommet ».

Comalire
La Comalire, pâturage déclive de la commune d´Icogne (District de Sierre, Valais), probablement le Croumaclire mentionné par Jaccard, qu´il dérive du bas latin cremacula, « crémaillère ». Cf. l´ancien français cromasle, « crémaillère ».

Combabelle
Ruisseau de Combabelle, affluent de la Sarine (Rougemont, Pays-d´Enhaut, Vaud), Composé de Comba et de belle.

Combabertan
Maison isolée en clairière de la commune d´Evionnaz (District de Saint-Maurice, Valais), conposé de Comba et d´un anthroponyme Bertan, de l´ancien haut allemand « beraht », germanique *berhta, « brillant, célèbre ».

Combacervey
Lieu-dit en forêt de Neuchâtel, composé de Comba et d´un terme *cervey probablement issu de Serve, forêt.

Combadané, Combadieu, Combadoux, Combarigny, Combarod,
Combarut, Combatraud, Combavert, Combazin, Combégée,
Combemby, Combernaud, Combernetse, Combertin, Combeymont,
Combloney, Combodon
Toponymes formés de Comba et d´un suffixe indéterminé, dans certains cas un anthroponyme.
Combadané, lieu-dit (Vollèges, district d´Entremont, Valais) ;
Combadieu, maison isolée (Annecy-le-Vieux, Haute-Savoie) ;
Combadoux, alpage (Bionaz, vallée d´Aoste) ;
Combarigny, alpage en clairière (Martigny-Combe, district de Martigny, Valais) ;
Combarod, lieu-dit (Corminboeuf, district de la Sarine, Fribourg) ;
Combarut, maisons isolées (Saint-Eustache, Annecy, Haute-Savoie) ;
Combatraud, alpage (Beaufort-sur-Doron, Beaufortain, Savoie) ;
Pigne de Combavert, sommet, 2871m, et Lac de Combavert (Saint-Luc, val d´Anniviers, Valais) ;
Combazin, maisons isolées (Le Landeron, Neuchâtel) ;
Combégée, couloir en forêt (Saint-Gingolph, district de Monthey, Valais) ;
Combemby, alpage, (Pré-Saint-Didier, vallée d´Aoste) ;
Combernaud, lieu-dit en forêt (Neuchâtel) ;
Combernetse, lieu-dit (Rossens, district de la Sarine, Fribourg) ;
Combertin, lieu-dit en forêt (La Brillaz, district de la Sarine, Fribourg) ;
Combeymont, maisons isolées (Attalens, district de la Veveyse, Fribourg) ;
Combloney, lieu-dit (Romont, district de la Glâne, Fribourg) ;
Combodon, lieu-dit (Cheyres, district de la Broye, Fribourg).

Combafort, Combafou, Combafour, Combafoux, Combaz Fau,
Combefolle, Combefort
La « combe du hêtre », composé de Comba et de Fou, etc., nom populaire du hêtre.
Combafort, alpage (Demi-Quartier, Haut-Faucigny, Haute-Savoie) ;
Combafou et La Villiaz de Combafou, maisons isolées (La Côte d´Arbroz, Faucigny, Haute-Savoie) ;
Bois de Combafou, lieu-dit en forêt (Les Gets, Faucigny, Haute-Savoie) ;
En Combafoux, lieu-dit (Savigny, district de Lavaux, Vaud) ;
Combaz Fau, anciennement Comba-Faux, ruines isolées (Epierre, Basse-Maurienne, Savoie) ;
Combefolle, anciennement Combefol, Combefou, hameau (Saint-Jean-de-la-Porte, Combe de Savoie, Savoie) ;
Combefort, anciennement Combafol, lieu-dit (Saint-Pierre-de-Soucy, Combe de Savoie, Savoie).
Peut-être de même origine :
Combafour, maison isolée en clairière (Sallanches, Haut-Faucigny, Haute-Savoie).


Combal, Combalats, Combales, Comballaz, Comballe,
Comballes, Combaly
Ces noms, du bas latin comballis, de même origine que Combe, ont habituellement le sens de ruisseau coulant dans une combe.
Combal, alpage, Lac de Combal, nom monté à l´Aiguillette de Combal, 2839m (Val Veny, vallée d´Aoste) ;
Les Combales, lieu-dit (Pussy, La Léchère, canton de Moûtiers, Tarentaise, Savoie) ;
La Comballaz, habitat dispersé (Les Mosses, Ormont-Dessous, district d´Aigle, Vaud) ;
Le Comballe, pâturage, et Lacs de Comballe (Val Ferret, vallée d´Aoste) ;
Les Comballes, maison isolée (Vaulruz, district de la Gruyère, Fribourg) ;
Combaly, pâturage (Hérémence, district d´Hérens, Valais).
Diminutif formé avec le suffixe jurassien -at :
Les Combalats, lieu-dit (Bure, district de Porrentruy, Jura).


Combaloc, Comba Louva, Combe au Loup, Combe du Loup, Combeloup,
Combe Louve, Combelouvière
La combe aux loups, la combe du loup.
Ferme de Combeloup, ferme isolée, nom monté à la Forêt Domaniale de Combeloup, lieu-dit (Murianette, Pays grenoblois, Isère) ;
Combe au Loup, ferme isolée (Soyhières, district de Delémont, Jura) ;
Combe du Loup, lieu-dit (Montaimont, La Chambre, Maurienne, Savoie) ;
Combe Louve, maison isolée (Planay, Vanoise, Savoie).
Forme patoise :
Comba Louva, lieu-dit en forêt (Evolène, district d´Hérens, Valais).

Avec le suffixe collectif -ière :
Combelouvière, hameau (La Léchère, Tarentaise, Savoie).

Avec le suffixe patois valaisan -oc [Bossard] :
Combaloc, lieu-dit sur la Derotchia (Grône, district de Sierre, Valais).


Comba Naire, Comba Neira, Combaneire, Comba Neire, Combe Neire,
Combe Noire
La combe noire, voir Comba et Naire.
Comba Naire, qui devient plus bas Combe Neire, lieu-dit (Ardon, district de Conthey, Valais) ;
Combaneire, lieu-dit (Grône, district de Sierre, Valais) ;
Comba Neira, lieu-dit (Sembrancher, district d´Entremont, Valais) ;
Comba Neire, lieu-dit (Val Ferret, Orsières, district d´Entremont, Valais) ;
Chalet de Combe Noire, Forêt de Combe Noire et Montagne de Combe Noire (Le Lieu, Vallée de Joux, Vaud).

Comba Niva
Forêt déclive de la commune de Bex, district d´Aigle (Vaud), aussi Combaniva, et Combanivaz en 1906 orientée au Nord, de Comba et Niva.

Combarémont
Lieu-dit de la commune de Sion (Valais), composé de Comba, et d´un dérivé patois du patronyme Raymond, Reymond, voir Raimond.

Combarin
Alpage de la commune de Rossinière (Pays-d´Enhaut, Vaud), composé de Comba et de Arin, donc une combe où les avalanches sont fréquentes.

Comba Rossa, Combarosse
Combe rouge ou rousse, voir rosse.
Comba Rossa, lieu-dit (Val de Moiry, Grimentz, district de Sierre, Valais) ;
Comba Rossa, lieu-dit (Salvan, district de Saint-Maurice, Valais) ;
Combarosse, lieu-dit en forêt (Veytaux, district de Vevey, Vaud).

Combartseline
Alpage de la commune de Nendaz, district de Conthey (Valais), Cumba Acclini en 1250, Combarzeline sur la carte Siegfried, Combazeline en 1906, nom composé de Comba et d´un anthroponyme Acelin, Azelin attesté dans la région dès le XIIIème siècle [Jaccard].

Combaure
La Combaure, lieu-dit de la commune de Chavannes-le-Chêne (District d´Yverdon, Vaud), peut-être de comba aurea, « combe dorée ».

Combautanna
Alpage élevé situé dans une combe où le bétail monte au mois d´août, voir Comba et Autannes.
Combautanna, alpage (Zinal, Val d´Anniviers, Valais).

Combe
Patronyme Combe, nom donné à un habitant d´une Combe.
Vers chez Combe, hameau (Massongex, district de Saint-Maurice, Valais).

Combe à l´Ours, Combe de l´Ours, Combe de l´Oursaresse, Combe de l´Ourson, Combe Orcière,
Combe Orsière, Combe Ourcière, Combe Oursière, Comborce, Comborcheries,
Comborcière, Comborse, Comborsier, Comborsière, Comboursière,
Comburce
La « combe à l´ours » ou « combe aux ours », latin ursus, ursa, « ours, ourse ».
Combe à l´Ours, lieu-dit (Chézery-Forens, Pays de Gex, Ain) ;
Combe à l´Ours, lieu-dit (Thônes, Bornes, Haute-Savoie) ;
Combe de l´Ours et Combe de l´Ourson, lieux-dits (Villard-de-Lans, Vercors, Isère) ;
Combe de l´Oursaresse, lieu-dit en montagne (Valjouffrey, Valbonnais, Isère) ;
La Combe Orsière, ruines d´un alpage (Valmeinier, Maurienne, Savoie) ;
Combe Oursière, lieu-dit en montagne (Valjouffrey, Valbonnais, Isère) ;
Col de Combe Oursière, 2446m (Lavaldens, Valbonnais, Isère) ;
Comborse, alpage (Le Petit-Bornand-les-Glières, Faucigny, Haute-Savoie) ;
Pointe de Comborsier, 2534m, dans le Chaînon de Comborsier (Cevins, Tarentaise, Savoie) ;
Comborsière, habitat dispersé (Fontcouverte-la-Toussuire, Arvan, Savoie) ;
Comboursière, hameau (Saint-Honoré, Matheysine, Isère).
Avec mutation du [s] en [c], ou, peu probable, la « combe aux cochons », voir Orcier :
Combe Orcière, lieu-dit en forêt (Cevins, Tarentaise, Savoie) ;
Comborce ou Comborse (Bargy, Bornes, Haute-Savoie) ;
Comborcheries, lieu-dit en forêt (Leysin, district d´Aigle, Vaud) ;
Comborcière, lieu-dit (Fontcouverte-La Toussuire, Arvan, Savoie) ;
Combe Ourcière, lieu-dit (Paladru, Valdaine, Isère) ;
Comburce et Les Plans de Comburce, hameaux (Manigod, Bornes-Aravis, Haute-Savoie).

Voir aussi Comborsin.


Combe-de-Lancey
Commune et village de Belledone (Domène, arrondissement de Grenoble, Isère), Comba Lanceu au XIIIème siècle, Comba Lanciaci au XVIème siècle, voir Combe et Lancey.

Combe Fallet
Hameau de la commune de Saint-Jean-de-Maurienne (Savoie), anciennement Comba-Fallet et Vinea de Comba Falleti en 1297, in comba Folleti en 1489, soit d´un patronyme Fallet, soit plus probablement du bas latin folletus, « feuillé, feuillu ».

Combert, Cousimbert
Le Cousimbert, sommet, 1633m, Le Cousimbert à Remy, Gros Cousimbert, Petit Cousimbert et Cousimbert des Particuliers, alpages, Joux sous le Cousimbert, forêt (La Roche, district de la Gruyère, Fribourg), selon Jaccard, qui écrit Cousinbert, par francisation du nom allemand du sommet Käsenberg, « montagne des fromages », ou plus vraisemblablement à l´origine *Gaissenberg, « montagne des chèvres ». Par analogie, Le Combert, sommet boisé dans la même commune et la commune de Treyvaux (District de la Sarine, Fribourg), 1082m, pourrait être la *Kühenberg « montagne des vaches », mais c´est douteux.

Comblémine, Condamine, Condamines, Condemène, Condemènes,
Condemennes, Condemine, Condémine, Condemines, Condémines,
Condeminettes, Contamine, Contamines, Contamine-Sarzin, Contamines-Montjoie,
Contamine-sur-Arve, Contamnâ
Terre indivise appartenant à deux seigneurs ou à un seigneur et un prélat (condominium), puis terre que le seigneur n´a pas attribuée à un particulier et cultivée directement par ses soins, ou terre appartenant au seigneur et exploitée par la communauté rurale, puis terre cultivée en commun, désignant plus tard des champs fertiles, faciles à cultiver, situés près des habitations. Bas latin condamina, condominia, composé du latin cum, « avec », et dominium, « propriété, droit de propriété, possession complète d´un bien ».
Condamine, Condamina en 1222, Condamina de la Doys en 1222, Condamine de la Doys en 1296, Contamina en 1433, Condamine-la-Doye en 1911, commune et village du Haut-Bugey (Brénod, arrondissement de Nantua, Ain) ;
Les Condamines, hameau (Revonnas, Revermont, Ain).
Avec assourdissement de [d] en [t], forme savoyarde :
La Contamine, hameau (Nâves-Parmelan, Bornes, Haute-Savoie) ;
La Contamine, anciennement La Contamine-en-Verse, La Contamine inverse au XVIIIème siècle, hameau (Saint-Marcel, Moûtiers, Tarentaise, Savoie) ;
Les Contamines, lieu-dit (Châtel, Val d´Abondance, Haute-Savoie) ;
Les Contamines, anciennement Les Contaminées par remotivation, lieu-dit (Lanslebourg-Mont-Cenis, Haute-Maurienne, Savoie) ;
Contamine-Sarzin, Cura de Contamina vers 1344, puis Contamine avant 1749, Contamines-en-Genevois en 1780, Contamine-sous-Marlioz en 1801, Contamine de 1815 à 1913, commune et village du Val des Usses (Frangy, arrondissement de Saint-Julien-en-Genevois, Haute-Savoie) ;
Les Contamines-Montjoie, Contamina en 1277, Les Contamines en 1730, commune et village du Haut-Faucigny (Saint-Gervais-les-Bains, arrondissement de Bonneville, Haute-Savoie) ;
Contamine-sur-Arve, Condominium en 1119, Contamina en 1227, Contamine avant 1749, commune et village du Faucigny (Canton et arrondissement de Bonneville, Haute-Savoie).

Forme patoise :
La Contamnâ, lieu-dit (Mont-Saxonnex, Faucigny, Haute-Savoie).

Suisse romand et vieux français condémine :
La Condemine, lieu-dit (Roche, district d´Aigle, Vaud) ;
Les Condemines, lieu-dit (Cronay, district d´Yverdon, Vaud) ;
Condémine, Condeminassy en 1396 (Choëx, Monthey, Valais) ;
La Condémine, rue (Bulle, district de la Gruyère, Fribourg) ;
Les Condémines, lieu-dit (Saxon, district de Martigny, Valais).

Diminutif avec le suffixe -ette :
Condeminettes, lieu-dit (Mathod, district d´Yverdon, Vaud).

Formes jurassienne :
La Condemène, En lai Condaimene en 1347 (Courgenay, district de Porrentruy, Jura) ;
Les Condemènes vers Develier et Condemènes Lajus, le second avec un patronyme Lajus, lieux-dits (Courfaivre, district de Delémont, Jura) ;
Les Condemennes, lieu-dit (Courtemaîche, district de Porrentruy, Jura).

Par attraction paronymique avec comble émine, l´émine étant une mesure pour les grains [Bossard] :
Rue de la Comblémine (Môtiers, district du Val-de-Travers, Neuchâtel).


Combloux
Commune et village du Haut-Faucigny (Sallanches, arrondissement de Bonneville, Haute-Savoie), Comblo au XIIIème siècle, Cura de Comblou vers 1344, probablement de même origine que l´ancien français comble, « faîte, sommet, partie supérieure », du latin cumulus, « amas, surplus », sous la forme cumulosus, avec influence sémantique du latin culmen, culminis, « point culminant, sommet ».
Haut Combloux, alpage (Combloux, Haut-Faucigny, Haute-Savoie).

Comborsin
Comborsin, alpage, Plan de Comborsin, lieu-dit, Ruisseau de Comborsin, affluent de la Sarine sous le nom de Chalberhönibach, et Gour de Comborsin, étang (Rougemont, Pays-d´Enhaut, Vaud), nom composé de Combe et d´un patronyme Orsin, Ursin.

Combottier
Alpage de la commune de Séez, canton de Bourg-Saint-Maurice (Tarentaise, Savoie), anciennement Combautier, composé de Combe et du patronyme Autier dérivé de l´anthroponyme germanique Aldhari, « noble guerrier », composé du germanique *aþala, « [noble] lignée », et *harja, « guerrier ».

Combre, Combrette, Combron, Combroz
Ancien français combre, « bois, pieu, batardeau, barrage, plantation ; engin fixe, dans le lit des rivières, destiné à arrêter et retenir le poisson, à protéger les rives, à fixer les alluvions ; tas, encombrement de pierres, de terre », latin médiéval combrus, « barrage [sur une rivière] », du gaulois comberos, littéralement « qui transporte ensemble », préfixe gaulois com-, adverbe indo-européen *kom, « avec », et gaulois boros, racine indo-européenne *bher-, « porter ».
Combre, alpage (Le Flon, Vouvry, district de Monthey, Valais) ;
Champ Combre, alpage (Nus, vallée d´Aoste).
Avec le suffixe patois -oz :
Combroz, alpage (Sarre, vallée d´Aoste).

Diminutif avec le suffixe -ette :
Sur Combrette, pâturage (Le Flon, Vouvry, district de Monthey, Valais).

Avec le suffixe diminutif -on :
Le Combron, cours d´eau affluent du Talent (District d´Echallens, Vaud).


Combremont, Combremont-le-Grand, Combremont-le-Petit
De l´ancien français combre, voir Combron, et du latin mons.
Le Combremont, hameau au confluent de la Mérine et de la Broye (Moudon, Vaud) ;
Combremont-le-Grand et Combremont-le-Petit, Francomero en 881, Combramo et Cumbromo en 911, Cumbremont en 1142, Combremont en 1184, Cumbremunt en 1225, Conbremont en 1233 (District de Payerne, Vaud).

Cômes
Fin des Cômes, lieu-dit de la commune de Movelier, district de Delémont (Jura), du patois jurassien côma, romand coma, « chevelure épaisse, crinière de cheval », [Prongué], ancien français come, « chevelure », du latin coma, même sens.

Commanderie
Terres et maison forte possédées par un ordre militaire au Moyen Age, en particulier l´ordre de Saint-Jean de Jérusalem. Du français commanderie, « bénéfice ou dignité conféré dans certains ordres militaires », de commander, latin vulgaire commandare, latin commendare, même sens.
La Commanderie, ancienne commanderie de l´ordre de Saint-Jean de Jérusalem (Villarsel-sur-Marly, district de la Sarine, Fribourg) ;
La Commanderie, lieu-dit à l´emplacement d´une ancienne commanderie de l´ordre de Saint-Jean de Jérusalem, mentionnée en 1277, dont les terres furent rattachées par la suite à la Commanderie de Compesière (Cornier, Faucigny, Haute-Savoie).

Commandraut
Le Commandraut, chalets ruinés de la commune de Valloire (Maurienne, Savoie), Comandron, Commandron et Comandron en 1564, composé de combe de Mandron [Gros].

Commelinges
Hameau de la commune des Allinges (Bas-Chablais, Haute-Savoie), Commelinges en 1540, nom d´origine burgonde qui dériverait d´un primitif *Gumolingum (Gumoldingum), « chez les Gumoldingum », dérivé du nom propre Gumold (Gumwald), « celui qui règne virilement », du gothique guma, « homme », germanique *guman, « homme (au sens d´espèce humaine) », et *valdan, « celui qui règne » [Perrenot].

Commelle
Commune et village de la Plaine de Bièvre (La Côte-Saint-André, arrondissement de Vienne, Isère), Comella au XIIème siècle, soit par altération du latin columna, « colonne », soit du diminutif cumbilia de cumba, « creux, vallée, vallonnement », voir Combe, par assimilation.

Commiers
Région qui recouvre les communes de Saint-Georges-de-Commiers et Notre-Dame-de-Commiers, de Comeriis au XIème siècle, de Comerio au XIIème siècle, probablement du nom d´homme gaulois *Comerius variante de Comarius.
La Presqu´île de Commiers, lieu-dit (Notre-Dame-de-Commiers, Pays grenoblois, Isère) ;
Replat de Commiers, lieu-dit en forêt (Notre-Dame-de-Commiers, Pays grenoblois, Isère) ;
Ruisseau des Commiers, affluent du Drac (Notre-Dame-de-Commiers, Pays grenoblois, Isère).
Voir aussi Notre-Dame-de-Commiers, Saint-Georges-de-Commiers, Saint-Pierre-de-Commiers.


Commounaille, Commous, Commun, Communaille, Communailles,
Communal, Communance, Communances, Communau, Communaux,
Commune, Communence, Communes, Communet, Communette,
Communs, Comogne, Comonau, Comoun, Comunau
Bois, champ ou pâturages possédés et exploités collectivement par une ou plusieurs communautés villageoises. Patois coumun, de commun, « assemblée communale », bas latin communia, « groupe qui gère des intérêts communs », adjectif latin communis, « commun ».
Le Commun, maison isolée (Cerniat, district de la Gruyère, Fribourg) ;
Commune et les Praz de Commune, alpages, Montagne de Commune, pâturage, nom monté au Grenier de Commune, sommet, 2775m (Sixt-Fer-à-Cheval, vallée du Giffre, Haute-Savoie) ;
Tsa de la Commune, ruine d´alpage (Ollomont, vallée d´Aoste) ;
Les Communes, maisons isolées (Loisin, Bas-Chablais, Haute-Savoie) ;
Les Communs, maisons isolées (Neirivue, Haut-Intyamon, district de la Gruyère, Fribourg) ;
Bois Communs, lieu-dit en forêt (Nods, district de la Neuveville, Jura bernois) ;
Les Grands Communs, forêt (Saxel, la Côte en Chablais, Haute-Savoie).
Avec les suffixes diminutifs -et, -ette :
Le Communet, alpage (La Sagne, district de la Chaux-de-Fonds, Neuchâtel) ;
La Communette, lieu-dit en forêt (Queige, Beaufortain, Savoie).

Mot régional suisse romand communal, « terres communales, pâturages communaux », ancien français communal, « propriété communale », adjectif communal, comonal, comunal, conmunal, coumunal, « commun, qui est à tous » :
Le Communal de la Sagne, bois et pâturages (La Sagne, district de la Chaux-de-Fonds, Neuchâtel) ;
Pré du Communau et Pré Comunau, lieux-dits (Siviriez, district de la Glâne, Fribourg) ;
Les Communaux, forêt (La Roche-sur-Foron, Faucigny, Haute-Savoie) ;
Les Hauts Communaux, lieu-dit (Vérossaz, district de Saint-Maurice, Valais).

Patois coumun, « commun » :
Comogne, lieu-dit (Randogne, district de Sierre, Valais) ;
Pointe de Comonau, sommet, 2450m, peut-être un nom monté d´un pâturage commun (Chamoson, district de Conthey, Valais) ;
Pra Comoun, maison isolée (Nendaz, district de Conthey, Valais).

Ancien français communaille, comunaille, coumunaille, « pâturage commun », avec le suffixe collectif -aille :
La Commounaille, forêt (Thierrens, district de Moudon, Vaud) ;
Tsidjiore des Commous, alpage (Nendaz, district de Conthey, Valais) ;
La Communaille, maisons isolées (Le Grand-Bornand, Bornes-Aravis, Haute-Savoie) ;
Les Communailles, lieu-dit (Dardagny, Genève).

Avec les suffixes -ance, -ence :
La Communance, lieu-dit (Develier, district de Delémont, Jura) ;
Les Communances Dessous et Les Communances Dessus, hameaux (Le Bémont, district des Franches-Montagnes, Jura) ;
La Communence maisons isolées (Estavannens, Bas-Intyamon, district de la Gruyère, Fribourg).

Voir aussi Ecommunailles, Maucommun, Quemounaille.


Commugnin
Maison forte et hameau de la commune de Yenne (Avant-Pays savoyard, Savoie), Cummugninum en 1438, Comignin au XVIIIème siècle (Carte de Cassini), Cumignin en 1935, d´un primitif *Cum[m]igninum, dérivé de *Cuminianum, domaine d´un gallo-romain Cuminius, avec le suffixe -anum [Gros].

Commugny
Commune et village vaudois (District de Nyon), [curtis] Communiacum en 516, Cuminie en 1216, Communie en 1217, Commugnie en 1235, Commagny en 1712, Commugni en 1778, Communier sur la Carte de Cassini, nom de domaine d´origine gallo-romaine Communiacum, dérivé avec le suffixe -acum du gentilice Communius, du cognomen Communis, « aimable, affable, bienveillant ».

Compengiez
Ancien nom de Villeneuve (District d´Aigle, Vaud), in villa Compendiaco en 1005, Compengie en 1166, Compengiacum en 1207, que olim dicebatur Compesie en 1248, Compendie en 1250, Ecclesia de Compegie que nunc appellatur Villenove en 1256, nom de domaine d´origine gallo-romaine Compendiacum, dérivé avec le suffixe -acum du gentilice Compendius.

Compesières
Hameau de la commune de Bardonnex (Genève), Compeisires en 1170, Conpeseres en 1227, Compesseres en 1339, Cura de Compeseres vers 1344, Compesieres en 1739, peut-être de même origine que Compois, avec un suffixe collectif -ère.

Compois
Hameau de la commune de Meinier (Genève), de Compisio en 1078-1120, Compeis en 1204, Compesio en 1220, Conpeis en 1225, Compeys en 1318, peut-être de l´ancien français compos, compost, compois, compoix, « arrangement, ensemble, état, situation ; cadastre des biens immeubles d´une juridiction ou d´une communauté, registre qui contient un état des fonds sujets à la taille, redevance payée par plusieurs personnes pour l´utilisation en commun d´un bien, par exemple pour faire paître du bétail », et aussi « engrais, mélange de bonnes terres, de fumiers, d´amendements quelconques ».

Compôte
La Compôte ou Compôte-en-Bauges, commune et village des Bauges (Le Châtelard, arrondissement de Chambéry, Savoie), Composta vers 1090, Composte en 1432, du latin compositus, compostus, « bien rangé, bien orné », pourrait être un patronyme de même sens ; ou de l´ancien français compost, voir Compois.

Comte
Chemin de la Planche au Comte, à Montblesson (Lausanne, Vaud), d´un ancien patronyme Contoz, famille de Chailly qui y avait des terres au XVème siècle [Bossard].

Comtesse
La Comtesse, maison isolée de la commune d´Evilard (District de Bienne, Berne), pray de la Comtesse au XVIème siècle, La Comptesse sur la Carte Nationale, féminin de comte, du latin comitis, « compagnon », devenu un titre de noblesse.

Conand
Commune et village du Bugey (Saint-Rambert-en-Bugey, arrondissement de Belley, Ain), Ab aquilone [Portarum] Calnantum en 1141, Quaunant en 1229, De Cano Monte en 1230, Illi de Cauno Monte en 1242, De Caunanto en 1244, Chaunant en 1289, Conan en 1385, nom probablement d´origine gauloise.

Conche, Conches, Conchette, Conchettes
Cuvette, vallon, dépression, aussi mot local conche, « bassin de fontaine en forme de conque, fontaine peu abondante », ancien français conche, roman comcha, conca, concha, conchas, latin concha, « conque, coquille », diminutif concula.
Conche, alpage (Collombey-Muraz, district de Monthey, Valais) ;
La Conche, hameau (Talloires, Bornes, Haute-Savoie) ;
Grande Conche, Pauvre Conche et Sur Grande Conche, pâturages (Val-d´Illiez, district de Monthey, Valais) ;
Conches, Conche sur la Carte de Cassini, hameau (Chêne-Bougeries, Genève) ;
Conches, vallée et district valaisans, ce nom désigne d´abord le village de Münster : a Forcla de Conches inferius en 1269, puis toute la vallée dès le XVème siècle, voir le nom allemand Goms.
Avec le suffixe diminutif -ette :
Conchette, lieu-dit (Les Crosets, Val-d´Illiez, district de Monthey, Valais) ;
Les Conchettes, lieu-dit (Bessans, Haute-Maurienne, Savoie).


Concis, Concise, Concises
Coupe, forêt coupée, ancien français concis, concise, du latin concisa [silva], « [forêt] coupée, taillée », participe passé de concidere, formé de de cum, préposition collective, et caedere, « couper, tailler ».
Concis, lieu-dit (Ovronnaz, Leytron, district de Martigny, Valais) ;
Concise, Concisa en 1179, commune et village (District de Grandson, Vaud) ;
Concise, Concisa en 1250, village (Thonon-les-Bains, Bas-Chablais, Haute-Savoie) ;
Les Concises, lieu-dit (Bâgé-le-Châtel, Bresse, Ain).

Condat, Condate
Du mot gaulois condate, « confluent », d´origine préceltique.
Condat, au confluent de la Bienne et du Tacon, devenue Saint-Oyend-de-Joux en 510, et Saint-Claude vers le XIIèmesiècle (Département du Jura) ;
Condate, ancien nom de la ville de Seyssel (Arrondissement de Belley, Ain, et arrondissement de Saint-Julien-en-Genevois, Haute-Savoie), au confluent du Fier et du Rhône.

Condeissiat
Commune et village de la Dombes (Châtillon-sur-Chalaronne, arrondissement de Bourg-en-Bresse, Ain), In Condesceaco villa, lire In Condosceaco villa en 917, Condoiseu en 1092, Condosseu en 1157, Condossyacus, Conduxia et Conduxiacus en 1245, Condoysiacus en 1285, d´un nom de domaine d´origine gallo-romaine comme *Condosciacum, dérivé avec le suffixe -acum d´un patronyme probablement gaulois *Condoscius.

Condeminachaux
Lieu-dit de la commune de Boussens, district de Cossonay (Vaud), composé de Condemine et Chaux.

Condon
Ancien village qui fait partie de d´Andert-et-Condon, chef-lieu de la commune du même nom, (Belley, Bugey, Ain), Apud Condons en 1359, Ecclesia de Condon vers 1400, Apud Condonem en 1433, de l´anthroponyme *Kondo, « sage », d´une racine signifiant « intelligence, raison ».

Conduites
Ancien français conduite, « route, chemin ; conduit, canal ».
Les Conduites, hameau (Rances, district d´Orbe, Vaud).
Voir aussi Pra Conduit.


Confanon
Lieu-dit du vignoble de la commune de Venthône (District de Sierre, Valais), ancien français confanon, variante de gonfanon, « étendard, bannière ».

Confessionnal
Le Confessionnal, lieu-dit en forêt de la commune de Viuz-la-Chiésaz (Albanais, Haute-Savoie), français confessionnal, « isoloir où le prêtre entend les pénitents en confession », mais la justification de ce nom en cet endroit n´est pas connue.

Confignon
Commune et village du canton de Genève, Cofiniaco en 1153, Confinium en 1190, Confinum, Cufinun, Confignom en 1220, Cufinnum en 1224, Confignon en 1231, de Cuffiniaco en 1250, Confignyons en 1302, Cura de Confignion vers 1344, Cuffignion en 1426, nom de domaine d´origine gallo-romaine Cofiniacum, dérivé avec le suffixe -acum du gentilice *Cofinius. Les noms anciens comme Confinium, etc. sont probablement dus à une attraction paronymique avec le latin confinium, voir Confin.

Confin, Confins, Coufin
Ancien français confin, « situation limitrophe, voisinage, proximité », du latin confinium, « voisinage, proximité, limite, frontière, confins » ou latin pluriel confines, « confin, extrémité de territoire, limite, fin d´une propriété ».
Confin des Praz, lieu-dit (Semsales, district de la Veveyse, Fribourg) ;
Les Confins, alpage, et Lac des Confins (La Clusaz, Bornes-Aravis, Haute-Savoie) ;
Coufin, alpage, et Bois de Coufin (Bretaye, Ollon, district d´Aigle, Vaud).

Conflan, Conflans, Conflens
Situé à un confluent. Ancien français conflans, conflant, « confluent », du latin confluens, ad confluentes.
Sous Conflan, lieu-dit au confluent de l´Annaz et du Rhône (Pougny, Pays de Gex, Ain) ;
Conflans, Conflenz en 1015, Decimas Confluenti en 1139, Conflens en 1189, Ecclesia de Confleto en 1267, Ecclesia de Conflento en 1286, Cofflens en 1391, Conflentz en 1638, section d´Albertville au confluent de l´Arly et de l´Isère (Albertville, Combe de Savoie, Savoie) ;
Conflans, Garda de Conflens en 1299-1369, Conflans sur la Carte de Cassini, Conflens en 1911, hameau au confluent du Sançon et de l´Ain (Corveissiat, Revermont, Ain) ;
Conflens, lieu-dit à un confluent du Menthon (Saint-Cyr-Sur-Menthon, Bresse, Ain) ;
Tine de Conflens, au confluent du Veyron et de la Venoge (La Sarraz, district de Cossonay, Vaud).

Confort
Lieu fortifié, offrant une protection. Ancien français confort, « aide, secours », latin confortare, « renforcer, réconforter, secourir ».
Confort, Castra Balonis et Grandisconfort en 1337, Confort en 1553, Grand-Confort en 1650, commune et village de la Valserine (Collonges, arrondissement de Gex, Ain).

Confrairie, Confraric, Confrary, Confrérie
Possession d´une communauté de laïcs accomplissant des oeuvres de piété et de charité, puis d´une association portant le nom de Confrérie. Du latin médiéval confratria, « confrérie, guilde ». Selon Aebischer, « compagnie de personnes associées pour quelque exercice de piété ». « Chaque paroisse, ou à peu près, avait au moins une confrérie, qui s´appelait d´habitude la confrérie de la bonne mort ».
La Confrérie, lieu-dit (Villeneuve, district d´Aigle, Vaud).
Vieux français confrairie :
La Confrairie, hameau (Semsales, district de la Veveyse, Fribourg).

Ancien français confrarie :
La Confrary, vignoble (Chardonne, district de Vevey, Vaud).

Forme patoise valaisanne en -ic :
La Confraric, lieu-dit (Evolène, district d´Hérens, Valais).


Confranchesse, Confranchette, Confrançon
Confrançon, commune et village de la Bresse (Montrevel-en-Bresse, arrondissement de Bourg-en-Bresse, Ain), in villam Curti francionis vers 930, Curte Francione en 997-1031, Corfrancione en 999-1032, Villa Corte Francionis au Xème siècle, Corfrançon en 1250, Confranson en 1563, d´un primitif *Curti Francionis, avec un anthroponyme germanique Francio dérivé de l´ethnonyme Franci, « les Francs ».
Probablement de même origine :
Confranchesse, Confrancheschi en 1287, Confrancechi en 1345, Confranchechy vers 1495, hameau (Saint-Martin-Le-Châtel, Bresse, Ain) ;
Confranchette d´en Bas et Confranchette d´en Haut, Confrancheschat vers 1341, Confranchetes vers 1350, hameaux (Saint-Martin-du-Mont, Bresse, Ain).


Conjux
Commune et village de Chautagne (Ruffieux, arrondissement de Chambéry, Savoie), Congiacum en 1481, Conjeu en 1723, Congieux en 1729, d´un cognomen Congius, avec le suffixe -acum [Gros].

Connet, Counesse
Peut-être du patois counet, counelet, « lapin », vieux français connil, latin cuniculus, même sens, ou diminutif de Coin. Ancien français connet, latin cunnus, « sexe de la femme ».
Le Connet, petite élévation, 601 m (Moiry, district de Cossonay, Vaud) ;
La Counesse, alpage (Château-d´Oex, district du Pays-d´Enhaut, Vaud).

Conrardes
Les Conrardes-Dessous et Les Conrardes-Dessus, lieux-dits de la commune de Boudry (Neuchâtel), par féminisation d´un patronyme Conrard attesté dans la région dès le XVème siècle.

Conriéry, Correrie, Courrerie
La conriérie ou corriérie est l´économat d´un couvent, du nom de conrier, corrier donné au moine ou laïque proposé à cet office. Le mot dérive d´un terme bas latin qui désigne tout de qui est nécessaire à l´entretien du moine.
La Conriéry, anciennement Conriérie ou Corriérie, où se trouvait l´économat de l´ancienne chartreuse d´Oujon [Martignier], maison isolée (Arzier, district de Nyon, Vaud) ;
La Correrie, anciennement Conriérie, maison basse, c´est-à-dire monastère des frères. A la Correrie étaient hébergés les étrangers de passage et les familiers, pour que soit protégée la solitude des moines (Saint-Pierre-de-Chartreuse, Chartreuse, Isère) ;
La Correrie, ancienne dépendance de la Chartreuse d´Aillon (Aillon-le-Jeune, Bauges, Haute-Savoie) ;
La Correrie, ancienne dépendance de la Chartreuse de Saint-Hugon (Arvillard, Val Gelon, Savoie) ;
La Correrie, ancienne dépendance de la Chartreuse Sainte-Marie-des-Portes (Bénonces, Bugey, Ain) ;
La Courrerie, lieu-dit, où se trouvait la dépendance de la Chartreuse de Meyriat (Vieu-d´Izenave, Haut-Bugey, Ain) ;
La Courrerie, hameau, où se trouvait la dépendance de la Chartreuse de la Sylve-Bénite (Le Pin, Pays voironnais, Isère).

Cons, Cons-Sainte-Colombe
Du bas latin *cumba, « combe », par déformations successives, par exemple *Combs, *Comps, *Coms, Cons, ou, selon Gros, forme romane du latin comes, « compagnon », qui a donné le français « comte » au cas régime.
Cons, hameau, et sur Cons, maisons isolées (Le Bouchet, Bornes-Aravis, Haute-Savoie) ;
Cons-Sainte-Colombe, Cons jusqu´en 1858, commune et village du Pays de Faverges (Faverges, arrondissement d´Annecy, Haute-Savoie), nom monté à la Dent de Cons, sommet, 2064m.

Constantine
Commune et village vaudois du district d´Avenches, Costantina en 1228, dérivé du cognomen romain Constantinus ou Constantius, du latin constantia, « constance, fermeté ».

Contens, Content, Contentenette
Patronymes Contens, Content, du français content, vieux français contens, latin contentus, « satisfait ».
Bois Contens, lieu-dit (Commugny, district de Nyon, Vaud) ;
Les Contens, forêt (Cheiry, district de la Broye, Fribourg) ;
Le Content, hameau (Sciez, Bas-Chablais, Haute-Savoie).
Diminutif avec le suffixe -ette :
Ruisseau de la Contentenette, affluent du lac de neuchâtel (Delley-Portalban, district de la Broye, Fribourg).


Conthey, Contheysanne
Commune et district valaisans, avec les villages de Conthey-Place, Conthey-Bourg et Plan Conthey, et les Mayens de Conthey, pâturages avec maisons isolées, [curtis] Contextis en 516, Contiez à la fin du XIème siècle, Conteiz vers 1100, ecclesiam de Plano Contesio en 1146, Contey en 1168, Contez en 1179, Conteiz en 1212, Conthey en 1217, Conteyz vers 1230, Contesio en 1284, Contiouz en 1294, puis presque toujours Contegium, nom allemand Gundis. Latin contextus, « construit, serré, compact ».
Avec le suffixe -anne :
La Contheysanne, torrent affluent de la Morge, à la limite de Conthey (Valais).


Contigny
Ancien hameau de la commune de Lausanne (Vaud), Quintignie en 1182, Quintinie en 1202, Contigniez en 1475, ancien domaine gallo-romain *Quintiniacum, formé avec le suffixe -acum à partir du cognomen Quintinius, du latin quintus, « cinquième ». Une rue et un parc de Lausanne portent encore ce nom.

Contin
Le Contin, maison isolée de la commune de Charmey (District de la Gruyère, Fribourg), patronyme Contin, du patois contâre, « conteur » ou « compteur », du latin computare, « compter, conter ».

Contor, Contornet, Contour, Contours
Virage, tournant d´une route, voir le mot régional Contour. Pour Bossard ces termes peuvent aussi désigner l´extrémité d´un champ.
Le Contour, faubourg de Rueyres-Saint-Laurent (Le Glèbe, district de la Sarine, Fribourg) ;
Contour des Mosses, lieu-dit (Le Sépey, Ormont-Dessous, district d´Aigle, Vaud) ;
Sentier des 14 Contours (Noiraigue, district du Val-de-Travers, Neuchâtel).
Forme patoise :
Le Contor, hameau (Icogne, district de Sierre, Valais).

Avec le suffixe diminutif -et :
En Contornet, quartier (Baulmes, district d´Orbe, Vaud).


Contramont
Lieu-dit de la commune de Villarvolard (District de la Gruyère, Fribourg), composé du mot régional contre et de Amont, « vers le haut ».

Contrebandiers
Col des Contrebandiers, 1054m, lieu-dit de la commune de Veyrier-du-Lac (Bornes, Haute-Savoie), français contrebandier, « personne qui se livre à la contrebande », de l´italien contrabbando, « fait contre le ban, contre la loi » et, comme substantif, « action illicite ». L´expression chemin de contrebandiers désigne un « chemin abrupt et difficile comme celui qu'empruntent les contrebandiers pour éviter les douaniers ».

Contrevoz
Commune et village du Bugey (Virieu-le-Grand, arrondissement de Belley, Ain), De Contreivo en 1141, Contrevos et Apud Contrevo en 1354, Ecclesia de Contrevoz vers 1400.

Convers, Converses, Converts
Lieu touffu, repaire de bêtes sauvages, ancien français convers, « retraite, abri, repaire », ou d´un patronyme Convers, Convert, « celui qui est converti au christianisme » ou « personne qui se consacre aux travaux serviles dans un monastère. »
Convers, hameau (Bursinel, district de Rolle, Vaud) ;
Les Convers, hameau et alpage, et Droit des Convers, Envers des Convers et Sur l´Envers des Convers, lieux-dits et pâturages (Renan, district de Courtelary, Jura bernois) ;
Les Convers, hameau (Argonay, Annecy, Haute-Savoie) ;
Les Converses, hameau (La Clusaz, Bornes-Aravis, Haute-Savoie) ;
Les Converts, hameau (Pirajoux, Bresse, Ain).

Conversion, Conversions
Endroit où la route change de direction. Ancien français conversion, « action de tourner, tour », du latin conversio, « mouvement circulaire, changement », de convertere, « tourner, se changer ».
La Conversion, quartier(Lutry, district de Lavaux, Vaud) ;
Les Conversions, alpage avec habitat dispersé (Saint-Légier-La-Chiésaz, district de Vevey, Vaud).

Conzier, Conzieu, Conzy
D´un nom de domaine gallo-romain *Conciacus ou *Contiacus formé avec le suffixe -acus sur un patronyme latin Contius dérivé de contus, « pique longue, épieu », ou gaulois Concius.
Château de Conzier, Consiaco en 1140, Conzie en 1323, (Bloye, Albanais, Haute-Savoie) ;
Conzieu, Conzeu en 1272, Consiacus vers 1365, Conziacus et Conziou en 1385, Consieu en 1356, commune et village du Bugey (Arrondissement de Belley, Ain) ;
Conzy, hameau (Ruffieux, Chautagne, Savoie).

Conzor
Hameau de la commune de Mollens (District de Sierre, Valais), Conjor en 1250, Conjour en 1347, aussi Consor en 1906, « [hameau] près de la forêt », latin cum, et zor, forme patoise de Jeur [Jaccard].

Copa, Coperie, Coperies, Copet, Copettes,
Coppe, Coppel, Coppet, Coppettes, Coppex,
Coppi, Coppiers, Coppoz, Coppy, Copy,
Coupe, Coupées
Bois-taillis, où l´on coupe le bois. Pâturage créé par une coupe faite dans une forêt, du patois kopa, français coupe. Ancien français copee, copeie, « action de couper », copeis, coupeis, coupier, couppeis, couppier, « bois, taillis », copeure, « action de couper les arbres ».
Français coupe, « action d´abattre des arbres dans une forêt en exploitation », et par métonymie « la partie de la forêt que l´on exploite » :
La Coupe, maisons isolées (Dagneux, Dombes, Ain) ;
Coupe derrière les Bois, forêt (Coeuve, district de Porrentruy, Jura).

Français coupée, « forêt coupée, clairière ». C´est aussi une mesure de superficie :
Les Coupées, hameau (Foissiat, Bresse, Ain).

Patois kopa, de même sens :
Le Copa, clairière (Vernamiège, district d´Hérens, Valais) ;
La Coppe, lieu-dit en lisière de forêt (Ovronnaz, Leytron, district de Martigny, Valais).

Dérivés avec les suffixes collectifs -erie, -ier :
La Coperie, maison isolée en clairière (Saint-Ursanne, district de Porrentruy, Jura) ;
La Neuve Coperie et La Vieille Coperie, maisons isolées en clairière (Saint-Brais, district des Franches-Montagnes, Jura) ;
Les Coperies, lieu-dit en forêt (Boécourt, district de Delémont, Jura) ;
Les Coppiers, hameau (Les Contamines-Montjoie, Val Montjoie, Haute-Savoie).

Dérivés avec les suffixes collectifs -et, -ette, -ex, -y :
Moulin de Copet, maisons isolées (Rue, district de la Glâne, Fribourg) ;
Les Copettes, vignoble (Champvent, district d´Yverdon, Vaud) ;
Coppet, Copetum en 1191, Copet en 1347, commune et village (District de Nyon, Vaud) ;
Coppet, hameau, et Ruisseau de Coppet, affluent de l´Arbogne (Domdidier, district de la Broye, Fribourg) ;
Coppet, maison isolée en clairière (Conthey, Valais) ;
Les Coppettes, alpage (Arzier, district de Nyon, Vaud), et lieu-dit (Saint-Cergue, district de Nyon, Vaud) ;
Coppex, Coppet en 1304, aussi Coppey en 1906, alpage (Conthey, Valais) ;
Coppy, hameau, et Ruisseau de Coppy, affluent du Léman (Saint-Paul-en-Chablais, Chablais, Haute-Savoie) ;
Copy, maisons isolées en clairière, et Ruisseau de Copy, affluent de la Gérine (Ependes, district de la Sarine, Fribourg).

Avec le suffixe diminutif -el :
Plan Coppel, pâturage (Ovronnaz, Leytron, district de Martigny, Valais).

Avec les suffixes -i, -oz :
Coppi, lieu-dit (Pailly, district d´Echallens, Vaud) ;
Coppoz, hameau (Le Mont-sur-Lausanne, district de Lausanne, Vaud).


Coperé
Coupure du terrain, entaille, petit ravin provoqué par un cours d´eau [Aebischer].
Le Coperé, cours d´eau en forêt (Roche, district d´Aigle, Vaud).

Copponaz, Copponex
Vieux français copponnier, « terrain coupé en tranchée ».
Copponaz, maison isolée (Saint-Jeoire, Faucigny, Haute-Savoie) ;
Copponex, Copponay en 1282, Coponay en 1289, Cupunay au XIVème siècle, Copunay en 1418, commune et village du Genevois (Cruseilles, arrondissement de Saint-Julien-en-Genevois, Haute-Savoie).

Coquagenoud
Maison isolée de la commune d´Attalens (District de la Veveyse, Fribourg), probablement composé de Coque et du patronyme Genoud.

Coque, Coquerellaz, Coques, Coquets
Cuvette, vallon, dépression, roman conca, latin concha, « conque, coquille », voir Conche.
La Coque, dépression (Trélex, district de Nyon, Vaud) ;
Les Coques, forêt déclive (La Chaux, Sainte-Croix, district de Grandson, Vaud) ;
Les Coques, alpage, Ruisseau des Coques, affluent du lac de l´Hongrin, Les Coquettes, pâturage des Coques (Vallon de l´Hongrin, Château-d´Oex, Pays-d´Enhaut, Vaud) ;
Les Coquets, lieu-dit en forêt (Chens-sur-Léman, Bas-Chablais, Haute-Savoie).
Avec le suffixe diminutif patois -ellaz :
La Coquerellaz, quartier (Ecublens, district de Morges, Vaud).


Coquet
Patronyme Coquet, d´un sobriquet, « qui cherche à plaire, à attirer, à séduire », diminutif de coq.
Coquet, maisons isolées (Vionnaz, district de Monthey, Valais) ;
Vers chez Coquet, hameau (Massongex, district de Saint-Maurice, Valais).

Coquille
Montagne de la Coquille, pâturage de la commune de Chamonix (Vallée de la Diosaz, Haute-Savoie), peut-être par métaphore, voir Coque, ou en raison de la présence de fossiles.

Cor
Hameau de la commune de Nendaz (District de Conthey, Valais), soit de l´ancien français cort, cour, « ferme, exploitation agricole », voir cortis, soit de l´ancien français cor, « corne, coin, angle ».

Cor, Cors
Mot régional valaisan qui désigne une vigne en terrasse [Bossard].
Grand Cor, Grand Coor en 1906, pâturage avec une mare, nom monté à la Pointe du Grand Cor, sommet, 2836m, et Petit Cor, pâturage voisin, nom monté à la Tête du Petit Cor sommet, 2670m (Montagne de Fully, Fully, district de Martigny, et Collonges, district de Saint-Maurice, Valais) ;
Les Cors, lieu-dit (Lens, district de Sierre, Valais).

Coraye
Ancien français coraille, « entrailles ». Pourrait désigner un bon terrain.
La Coraye et Moulin de la Coraye, maisons isolées (Puidoux, district de Lavaux, Vaud).

Corb, Corba, Corbarex, Corbaroche, Corbassière,
Corbassières, Corbassinde, Corbassires, Corbaz, Corbé,
Corbeau, Corbeaux, Corbel, Corbelet, Corbeley,
Corbelins, Corberasses, Corbéry, Corbes, Corbesses,
Corbessière, Corbessières, Corbets, Corbex, Corbier,
Corbière, Corbières, Corbignon, Corbions, Corbire,
Corps, Courbets
1. Colline ou montagne généralement calcaire, avec une végétation maigre de garrigue, friche. Racine pré-indo-européenne KORB, « lieu montagneux ».
Mont Corba, alpage (Val-d´Illiez, district de Monthey, Valais).
Le terme corbiere, corbière est attesté dans des textes anciens, avec le sens probable de « montagne boisée » :
Corbéry, hameau (Ursy, district de la Glâne, Fribourg) ;
Corbier, hameau près d´une colline boisée (Chavanod, Annecy, Haute-Savoie) ;
Le Corbier, hameau, et Col du Corbier, 1237m (Le Biot, vallée de la Dranse, Haute-Savoie) ;
La Corbière, ancien château-fort, Castrum Corberie au XIIIème siècle, La Corberi en 1236, rasé en 1320 par le comte Amédée V de Savoie (Challex, Pays de Gex, Ain) ;
La Corbière, Corberie en 1080, Corberia en 1129, hameau et ancien prieuré (Saint-Pierre-de-Belleville, Aiguebelle, Basse-Maurienne, Savoie) ;
Corbières, latin Corbaria, Corberia et Corbere en 1115, Corbeire en 1140, Corberes en 1174, nom allemand Korbers, anciennement Corbers, commune et village (District de la Gruyère, Fribourg) ;
Corbire, Corberes en 1237, pâturage (Lens, district de Sierre, Valais).

Diminutif avec le suffixe -ignon :
Le Corbignon, maison isolée (Montmin, Bornes, Haute-Savoie).

Avec le suffixe -asse :
Les Corberasses, maisons isolées (Cerniat, district de la Gruyère, Fribourg).

2. Endroit fréquenté par des corbeaux ou des corneilles, patois corbâ, corbé, corbel, corbó, ancien français corbat, corbel, corbet, corbin, féminin corbe, courbe, latin corvus, « corbeau » ; en montagne il peut aussi s´agir de chocards.
Bec du Corbeau, sommet, 1992m, (Collombey-Muraz et Morgins, Troistorrents, district de Monthey, Valais) ;
Dent du Corbeau, sommet, 2286m (Notre-Dame-des-Millières, Combe de Savoie, et Saint-Paul-sur-Isère, Tarentaise, Savoie) ;
La Lanche du Corbeau, lieu-dit déclive (Entremont, Faucigny, Haute-Savoie) ;
La Roche au Corbeau, lieu-dit en forêt (Lucinges, Annemasse, Haute-Savoie) ;
Rocher du Corbeau, petite falaise (Mégevette, Faucigny, Haute-Savoie) ;
Pointe à Corbeaux, en patois La Bèque eu Corbé, sommet, 2687, et Col des Corbeaux, 2602m (Finhaut, district de Saint-Maurice, Valais, et Vallorcine, vallée de l´Eau Noire, Haute-Savoie) ;
Corbé, sommet, 1898m (Montbovon, Haut-Intyamon, district de la Gruyère, Fribourg, et Les Avants, Montreux, district de Vevey, Vaud) ;
Corbel, Ecclesia de Corbel vers 1100, Ecclesia de Corbello en 1414, Corbellum en 1488, commune et village de Chartreuse (Les Echelles, arrondissement de Chambéry, Savoie) ;
Les Corbes, lieu-dit (Bremblens, district de Morges, Vaud) ;
La Roche aux Corbets, lieu-dit (Roches, district de Moutier, Jura bernois) ;
Corps, Corb vers 1080, ecclesia de Corbo au XIVème siècle, de Corp en 1338, Corvus sans date canton, commune et village du Beaumont (Arrondissement de Grenoble, Isère) ;
Corps, Corb au XIIème siècle, hameau (Saint-Martin-d´Uriage, Belledonne, Isère) ;
Tête aux Courbets, lieu-dit (Vermes, district de Delémont, Jura).

Diminutif ancien français corbelet, bas latin corbellus :
Le Corbelet, lieu-dit (Leysin, district d´Aigle, Vaud) ;
Rocher du Corbeley, sommet, 1419m (Saint-Pierre-de-Chartreuse, Chartreuse, Isère).

Peut-être dérivé de corbel, « corbeau », avec le suffixe collectif -in :
Notre-Dame des Corbelins, chapelle (Chandolin, Savièse, district de Sion, Valais).

Du nom collectif patois corbasse « groupe de corbeaux », avec les suffixes collectifs -ière, -ire :
Corbassière, grand pâturage, Vers la Grenier de Corbassière, alpage, Dyure de Corbassière, torrent sous-affluent de la Dranse de Bagnes, nom monté à la Becca de Corbassière, sommet, 2890m, au Combin de Corbassière, sommet du Massif des Combins, 3715m, et au Glacier de Corbassière (Bagnes, district d´Entremont, Valais) ;
Corbassière, lieu-dit du vignoble (Saillon, district de Martigny, Valais) ;
La Corbassière, colline, 1448m (Villard, Vallée Verte, Haute-Savoie) ;
Corbassières, lieu-dit du vignoble (Sion, Valais) ;
Les Corbassires, maisons isolées en clairière (Saint-Légier-La-Chiésaz, district de Vevey, Vaud) ;
La Corbaz, La Corbassieri en 1294, hameau, ancienne commune, et Bois de la Corbaz, forêt (La Sonnaz, district de la Sarine, Fribourg) ;
Les Corbesses, hameau (Poisy, Annecy, Haute-Savoie) ;
La Corbessière, maisons isolées (Forel, district de Lavaux, Vaud) ;
Les Corbessières, lieu-dit en forêt (Le Chalet-à-Gobet, Lausanne, Vaud).

Avec le suffixe -inde :
Corbassinde, lieu-dit (Gressy, district d´Yverdon, Vaud).

3. Certains toponymes contenant la racine Corb- peuvent dériver du mot local corbe, français « corme », fruit du corbier, français « cormier », nom commun du sorbier (Sorbus aucuparia), voir Cormand.

Les noms suivants répondent à l´une ou l´autre de ces définitions :
Corb, village disparu avant 1313, Corb en 1177, Corp en 1204, Cors en 1286 (probablement près de Noville, district d´Aigle, Vaud) ;
Corbarex, lieu-dit (Ferreyres, district de Cossonay, Vaud) ;
Corbaroche, lieu-dit (Villarsel-sur-Marly, district de la Sarine, Fribourg) ;
La Corbaz, Corbath en 1294, nom allemand Cordast, Curbdast en 1342, village et ancienne commune (Cormondes, district du Lac, Fribourg) ;
Dessus Corbex, lieu-dit (Leysin, district d´Aigle, Vaud) ;
Corbière, hameau (Saint-Pierre-en-Faucigny, Faucigny, Haute-Savoie) ;
Les Corbions, hameau (Châtillon, district de Delémont, Jura).

Voir aussi Corbatière.


Corba, Corbaz, Corbe, Corberat, Corbéron,
Corbes, Corbés, Corbon, Courbe, Courbes,
Curbit
Adjectif patois féminin corba, « courbée », nom ancien français corbee, « courbe », corbeche, corbece, courbece, « qualité de ce qui est courbé », bas latin *corbu, curbus, curba, latin curvus, curva, « courbe, recourbé, recourbée ».
La Corba, a la Corba en 1554, lieu-dit dans les vignes (Boudry, Neuchâtel) ;
Corba Pièce, maison isolée (Mézières, district de la Glâne, Fribourg) ;
Corba Rua, lieu-dit, probablement un champ cultivé avec des sillons courbés pour suivre les lignes de niveau (Vuiteboeuf, district d´Orbe, Vaud) ;
Champs Corbes, lieu-dit (Lavigny, district de Morges, Vaud) ;
Courbe Croix, lieu-dit (Satigny, Genève) ;
Champ Courbe, maisons isolées (Pompaples, district de Cossonay, Vaud) ;
Le Nant Courbe, affluent du Marnot (Veigy-Foncenex, Bas-Chablais, Haute-Savoie) ;
Les Courbes, lieu-dit (Pampigny, district de Cossonay, Vaud) ;
Champs Courbes, lieu-dit (Montagny, district de la Broye, Fribourg).
Avec le suffixe diminutif -on :
Corbon, lieu-dit (Rebévelier, district de Moutier, Jura bernois).

Lieu situé dans un méandre d´un cours d´eau :
La Corba, quartier (Les Diablerets, district d´Aigle, Vaud) ;
La Corbaz, maisons isolées dans un méandre du Risse (Saint-Jeoire, Faucigny, Haute-Savoie) ;
La Corbe, dans une courbe du Flon (Chesalles-sur-Oron, district d´Oron, Vaud) ;
Corberat, lieu-dit (Péron, Pays de Gex, Ain) ;
Les Corbes, hameau au bord du Flon (Le Flon, district de la Veveyse, Fribourg) ;
Les Corbés, hameau dans une courbe de la Sorne (Undervelier, district de Delémont, Jura).

Avec le suffixe diminutif -on :
Le Corbéron, Corbiron en 1134, cours d´eau affluent de la Biorde (Districts de Lavaux, Vaud, et de la Veveyse, Fribourg).

Cours d´eau sinueux ; selon le GPSR ce serait le « bief court » :
Le Curbit et Grand Curbit, Corbit en 1490, cours d´eau affluent de La Morges (Districts d´Aubonne et de Morges, Vaud).

Voir aussi Corbalanche, Corbaray, Corbété, Corboz, Courbevaux.


Corbalanche, Courbelanche
Terrain en pente courbé, composé de Corba et de Lanche.
Pointe de Corbalanche, 1945m (Arâches-la-Frasse, Faucigny, Haute-Savoie) ;
Courbelanche, couloir herbeux (Bonnevaux, Val d´Abondance, Haute-Savoie).

Corban
Commune et village jurassiens du district de Delémont, Corpaon en 1240, Corbaon en 1347, Courbaon et Courbahon en 1435, Courban en 1461, nom allemand Battendorf et Bathendorf en 1184. Selon Perrenot c´est un nom d´origine burgonde, *Badonis curtis, dérivé du nom propre Bado, Bato, du burgonde *badus, germanique *badvô, « combat ».

Corbaray, Corbaraya, Corberaye, Courberaye
Composés du patois féminin corba, « courbée », et Raya, Raye
Corbaray, maisons isolées (Flumet, Val d´Arly, Savoie) ;
Corbaraya, lieu-dit (Chésopelloz, district de la Sarine, Fribourg) ;
Corberaye, lieu-dit (Villette, Bagnes, district d´Entremont, Valais) ;
Courberaye, lieu-dit (Auvernier, district de Boudry, Neuchâtel).

Corbatière, Courbatière
Endroit fréquenté par des corbeaux, ancien français corbat, « corbeau », avec le suffixe collectif -ière, ou, moins probable, d´un patronyme Corbat avec le suffixe de propriété -ière.
La Corbatière, habitat dispersé (La Sagne, district de la Chaux-de-Fonds, Neuchâtel) ;
Petite Corbatière, sommet, 1325m (Fontaines, district du Val-de-Ruz, Neuchâtel) ;
La Courbatière, Iter publicum tendens de Corbateriam en 1416, hameau (Courmangoux, Revermont, Ain).

Corbavy
Lieu-dit de la commune de Douvaine (Bas-Chablais, Haute-Savoie), « chemin courbe », nom composé du patois féminin corba, « courbée », et Vy, « chemin ».

Corbeille
Hameau de la commune de Saint-Cergues (La Côte en Chablais, Haute-Savoie), pourrait désigner un site dont la forme évoque une corbeille, bas latin corbicula, diminutif du latin corbis, « panier léger ». C´est aussi un patronyme.

Corbelin
Commune et village de la Vallée du Guiers (Le Pont-de-Beauvoisin, arrondissement de la Tour-du-Pin, Isère), Corbelianum villa au XIème siècle, nom de domaine d´origine gallo-romaine *[praedium] Corbellianum, avec le nom d´homme romain Corbellianus [Nègre 1990], soit dérivé avec le suffixe -anum du nom d´homme romain Corbellius.

Corbet, Corbetta, Corboud, Corboz
Patronymes issus de sobriquets désignant une personne voûtée, patois korbo, latin curvus, « courbe, courbé, recourbé ».
Corbet, maisons isolées (Le Châtelard, district de la Glâne, Fribourg) ;
Corbet, hameau (Ayas, vallée d´Aoste) ;
Champ Corboud, lieu-dit (Surpierre, district de la Broye, Fribourg) ;
Au Clos Corboz, quartier (Oron-la-Ville, district d´Oron, Vaud) ;
Champ-Corboz, lieu-dit (Genolier, district de Nyon, Vaud).
Par féminisation du patronyme Corbet :
Corbetta, pâturage, petit sommet, 1400m, et Corbetta Derrey, alpage (Châtel-Saint-Denis, district de la Veveyse, Fribourg).


Corbété
Forêt de la commune de Coeuve, district de Porrentruy (Jura), composé de corbe hêté, « hêtre tordu », de Corbe et du patois jurassien hêté, « hêtre » [Prongué].

Corbeyrier
Commune et village vaudois du district d´Aigle, de Cubiriaco en 1261, Curbirie à la fin du XIIIème siècle, Corberier en 1577, aussi Corbery, Corbeyri et Curbyrie, en patois Crébéri, est un ancien *Cubiriacum, nom d´origine gallo-romaine formé avec le suffixe -acum.

Corbonod
Commune et village du Bugey (Seyssel, arrondissement de Belley, Ain), Cura de Corbonot vers 1344, Corbonou en 1365, Corbonot en 1400, Corbono en 1413, Corbonous en 1437, Courbonod en 1563, probablement de cortis et d´un anthroponyme germanique comme Bono [Förstemann]. Pour Nègre 1990 il peut s´agir d´un dérivé du nom de personne romain Corbo[n] avec le suffixe -oscus.

Corceillons, Corcelette, Corcelettes, Corcellane, Corcelle,
Corcelles, Corcelles-le-Jorat, Corcelles-près-Concise, Corcelles-près-Payerne, Corcelles-sur-Chavornay,
Corsale, Corsalettes, Corseaux, Cortiselles, Courcelles
Petit domaine, petite ferme, petite exploitation agricole, ou espace clos, ancien français courcele, courcelle, « petite cour, petit jardin », latin médiéval corsales, corsalis, du latin corticella, dérivé de cortis, avec le suffixe diminutif -elle.
Champ Corcelle, lieu-dit (Nuvilly, district de la Broye, Fribourg) ;
Corcelles, Corcellis en 1181, Corcelles en 1225, commune et village (District de Moutier, Jura bernois) ;
Corcelles, Curcellis en 1092, Curseles en 1185, Corsales en 1228, Corzales en 1236, village (Corcelles-Cormondrèche, district de Boudry, Neuchâtel) ;
Corcelles, Ecclesia [de] Corcelles en 1198, Villa que Corcelez noncupatur en 1217, Corceles et Corcelles en 1234, Vicarius de Corcellis en 1290, commune et village du Haut-Bugey (Brénod, arrondissement de Nantua, Ain) ;
Corcelles, in villa Cortocellas, lire in villa Corticellas en 886-927, in villa Corcellis en 954-986, hameau (Chavannes-sur-Reyssouze, Bresse, Ain) ;
Hautes Corcelles, hameau (Grièges, Bresse, Ain) ;
Corcelles-le-Jorat, anciennement Corcellis, puis Corceleys en 1140, Corselles près le Jorat aux XVIIème et XVIIIème siècles, Corselles és Jurats en 1772, Corselles le Jurat en 1776, le nom actuel apparaissant en 1803, commune et village (District d´Oron, Vaud) ;
Corcelles-près-Concise, Corceles en 885, Corcella en 888, commune et village (District de Grandson, Vaud) ;
Corcelles-près-Payerne, Corzales en 1228, Corsales en 1235, Corsales en 1340, commune et village (District de Payerne, Vaud) ;
Corcelles-sur-Chavornay, Corceles en 885, Corsales en 1177, Corzales en 1228, Courcelle en 1397, Courselles en 1433, commune et village (District d´Orbe, Vaud) ;
La Corsale, maisons isolées (Savigny, district de Lavaux, Vaud) ;
Corseaux, Corsial en 1147, de Corsal en 1179, Corsaul en 1270, Corsau en 1453, commune et village (District de Vevey, Vaud) ;
En Courcelles, hameau (Bourrignon, district de Delémont, Jura).
Avec le suffixe -ane :
La Corcellane, lieu-dit (Villars-Tiercelin, district d´Echallens, Vaud).

Avec un deuxième suffixe diminutif -ette, ancien français courcelete, « petite cour » :
Corcelette, Corcelletes en 1484, hameau (Vieu d´Izenave, Haut-Bugey, Ain) ;
Corcelettes, Corsalletes en 1342, hameau (Grandson, Vaud) ;
Corcelettes, Corcellettes en 1441, Corsallettes, Corsellettes en 1530, Corsalete en 1539, Corsallette en 1600, ancien lieu-dit (Bôle, district de Boudry, Neuchâtel) ;
Corsalettes, Corsaletes en 1275, village, ancienne commune du district du Lac (Grolley, district de la Sarine, Fribourg) ;
Les Corsalettes, petit bien communal (Corcelles-près-Payerne, district de Payerne, Vaud).

Avec un deuxième suffixe diminutif -on :
Les Corceillons, quartier (Ambilly, Annemasse, Haute-Savoie).

Du latin corticella :
Cortiselles, maison isolée en clairière (Chamois, vallée d´Aoste).


Corche
La Corche Blanche, lieu-dit en forêt de la commune de Morzine (Chablais, Haute-Savoie), peut-être par aphérèse d´écorche, « écorce » ; il pourrait s´agir d´un lieu où poussent des arbre à écorce blanche.

Corcier
Le Corcier, clairière de la commune de Seythenex (Bauges, Haute-Savoie), patronyme Corcier, variante de coursier, « messager ».

Corday, Corde, Cordérons, Cordex, Cordon,
Cordona, Cordonna, Corges, Corjon, Corjula,
Courge, Cuerdy
1. Patois écordza, « courroie, lanière, fouet », ancien français courgeoie, « courroie », escourgée, « fouet de lanières de cuir », et patois cordzon, « corde reliant les pieux d´une haie », ancien français cordel, cordele, cordete, « cordeau », corgie, courgie, curgiee, « courroie, lanière », latin corrigia, « lacet, courroie (de soulier) ; fouet ». Peut désigner un terrain étroit et allongé, une gorge ou un vallon étroit, au sens ancien de corde, « boyau, chose étroite », latin chorda, « corde ».
La Corde, lieu-dit, nom monté à la Haute Corde, sommet (Bex, district d´Aigle, Vaud).
Avec les suffixes collectifs -ay, -ex, -ez :
Le Corday, forêt (Fully, district de Martigny, Valais) ;
Ruisseau de Cordex, affluent de la Promenthouse, Grand Cordex, maisons isolées (Coinsins, district de Nyon, Vaud), Petit Cordex, maisons isolées (Genolier, district de Nyon, Vaud), Cerisier Cordez, lieu-dit (Saint-Cergue, district de Nyon, Vaud).

Avec le suffixe diminutif -on, mais aussi cordon, « rangée, bordure » :
Cordérons, lieu-dit (Aire-la-Ville, Genève) ;
Cordon, commune et village du Faucigny (Sallanches, arrondissement de Bonneville, Haute-Savoie) ;
Cordon, hameau, Mont de Cordon, colline boisée, 400m, et Brotteaux de Cordon, lieu-dit (Brégnier-Cordon, Bugey, Ain) ;
Cordona, Cordonam en 1203 (Mollens, district de Sierre, Valais) ;
Cordonna ou Cordonne, hameau (Valsorey, Bourg-Saint-Pierre, district d´Entremont, Valais).

Peuvent aussi dériver de l´ancien français courjon, « petite courge » :
Le Corjon, cours d´eau affluent de la Broye (Châtel-Saint-Denis, district de la Veveyse, Fribourg) ;
Corjon, Corjou en 1906, maison isolée (Sorens, district de la Gruyère, Fribourg) ;
Corjon, hameau (Echallens, Vaud) ;
Corjon, alpage, nom monté à la Dent de Corjon, sommet, 1967m (Rossinière, Pays-d´Enhaut, Vaud).

2. Dérivés du latin cucurbita, « courge ».
Corges, hameau (Payerne, Vaud) ;
Courge, maison isolée (Mégevette, Faucigny, Haute-Savoie) ;
La Corjula, maison isolée (Saint-Barthélemy, district d´Echallens, Vaud).

Du patois savoyard keurda, « courge » :
La Cuerdy, hameau (Saint-Bon-Tarentaise, Tarentaise, Savoie).


Cordéac
Commune et village du Trièves (Mens, arrondissement de Grenoble, Isère), Cordeiac au XIIIème siècle, Cordealium au XVème siècle, d´un nom de domaine d´origine gallo-romaine dérivé avec le suffixe -acum du gentilice Cordius.

Cordées
Les Cordées, alpage de la commune de Arâches-la-Frasse (Faucigny, Haute-Savoie), soit du français cordée, « quantité (de bois, etc.) qui peut être entourée par une corde », soit de l´ancien français cordeïs, « enceinte formée de cordes ».

Cordelières, Cordeliers
Les Cordeliers, lieu-dit de la commune de Moûtiers (Tarentaise, Savoie), où se trouvait un couvent de religieux de l´ordre mendiant des frères Mineurs Franciscains ou Cordeliers, dont le nom vient de la corde qu´ils portent à la ceinture.
Par féminisation du patronyme Cordelier, soit un membre de l´ordre des Cordeliers, soit un fabricant de cordes :
Les Cordelières, Les Cordelleres en 1285, hameau (Faramans, Bresse, Ain).


Cordelune
Lieu-dit de la commune de Saxon, district de Martigny (Valais), Cordolunaz en 1320, devenu Cour de Lune sur la carte Siegfried, Courdelune en 1906, probablement d´un patronyme comme Cordelo, attesté en 1218 dans la région.

Cordiers
Les Cordiers, hameau de la commune d´Attignat (Montrevel-en-Bresse, Bresse, Ain), patronyme Cordier, nom de métier, « fabricant de cordes ».

Cordieux
Village et commune associée à Montluel (Arrondissement de Bourg-en-Bresse, Ain), Ecclesia de Corzeu vers 1250, Corzeu in Bressia en 1271, Parrochia Corziaci villa en 1297, Corzeu et Corzieu en 1299-1369, Corzie en 1330, Cordiacus vers 1450, Corziacus villa vers 1550, d´un nom de domaine d´origine gallo-romaine *Cordiacum ou *Corgiacum, dérivé avec le suffixe -acum soit du gentilice Cordius, voir Corsier, soit du gentilice Corgius.

Cordon
Ancienne commune et village du Bugey (Brégnier-Cordon, arrondissement de Belley, Ain), Capella de Cordone en 1153, Cordun en 1269, Cordon en 1272, d´un anthroponyme comme Cordo.

Cordonniers
Français cordonnier, nom de métier, « personne qui fabrique ou qui vend des chaussures », remotivation sous l´influence de « cordon » de l´ancien français cordouanier, dérivé de l´adjectif cordouan, « [cuir] de Cordoue ».
Chemin des Cordonniers (Porrentruy, Jura) ;
Les Cordonniers, pourrait être un patronyme Cordonnier, lieu-dit en forêt (Nods, district de la Neuveville, Jura bernois).

Corenc
Commune et village du Grésivaudan (Meylan, arrondissement de Grenoble, Isère), Correnum en 732, ecclesia de Corenes au XIème siècle, puis Coren, Corentz et Courenc, d´une racine pré-indo-européenne (méditerranéenne) KOR, « rocher, hauteur », avec un suffixe gaulois *-ennum.

Corfontaine
Lieu-dit de la commune de Soulce (District de Delémont, Jura), composé d´une racine cor- dérivée de cortis, et de fontaine.

Corgémont
Commune et village du district de Courtelary (Jura bernois), mentionné au VIIIème siècle comme Curisgimund, Corjamont ou Coriamunt en 1178, Corgemunt en 1179, Cortgemunt vers 1181, Corteimunt en 1228, Coriemont en 1326, curia du Germain Gismund. Pour Perrenot qui ignore la mention Curisgimund, c´est un nom d´origine burgonde, *Curtis Gibamund, du nom propre Gibamund, Giamund, « le protecteur généreux », burgonde *giba, « cadeau », germanique *geban, « donner », et burgonde *munds, « abri, protection », germanique *mundi, « protection ».
Bise de Corgémont, maison isolée (Corgémont, district de Courtelary, Jura bernois).

Corgenon
Le Grand Corgenon et Le Petit Corgenon, hameaux de la commune de Buellas (Viriat, Bresse, Ain), ancienne seigneurie, Curte Genono en 994, Capella de castro Corgenonis en 1119, Corgenon en 1212, etc., composé de curtis er d´un patronyme Genon assez courant, hypocoristique de Eugène, du grec eugenios, « de noble race ».

Corgentin
Hameau de la commune de Saint-Etienne-sur-Reyssouze (Pont-de-Vaux, Bresse, Ain), in villa Curte Vientine en 1031-1062, Corgenteyn en 1402, Corgentein en 1533, composé de curtis et d´un patronyme Vientin attesté mais rare.

Corin
Corin de la Crête, Corin d´en Bas et Corin d´en Haut, hameaux de la commune de Montana (District de Sierre, Valais), Corens en 1100 et 1449, Coreins en 1233, aussi Corin au XIXème siècle, nom d´origine germanique.

Corjolens
Hameau de la commune d´Avry (District de la Sarine, Fribourg), Coriolens en 1173, Coriolains et Coriolans en 1223, Corjollens en 1445, Corjolin en 1555, Coriolin en 1577, Corjollin en 1668, nom d´origine burgonde, composé de cortis et d´un anthroponyme tel que Jolinus, Joslinus [Aebischer].

Corlier, Corly
D´un nom de domaine d´origine gallo-romaine *Corliacum, dérivé avec le suffixe -acum du gentilice Corlius.
Corlier, Corler en 1213, Corliers, Apud Corlier et De Corlerio en 1299-1369, Corlieu en 1330, De Corliaco en 1394, commune et village du Bugey (Hauteville-Lompnes, arrondissement de Belley, Ain) ;
Corly, Corlier en 1203, hameau (Vétraz-Monthoux, Annemasse, Haute-Savoie).

Cormagens
Hameau de la commune de la Sonnaz (District de la Sarine, Fribourg), ancienne commune, Cormagin en 1148, Cormargin en 1294, Cormargens en 1445, Cormagens en 1668, ancien nom allemand Cormasing, d´origine burgonde, composé de cortis et d´un anthroponyme germanique indéterminé.

Cormand, Cormoz
Ces noms de lieux peuvent être issus du latin vulgaire *corma, d´origine gauloise, ancien français corme, « fruit du cormier », cormier étant l´ancien nom commun du sorbier (Sorbus aucuparia). Ils peuvent aussi venir du latin cormus, grec kormos, « tige, tronc », ou de l´adjectif dérivé cormosus. Plus probablement il s´agit de noms d´origine patronymique.
Cormand, hameau, et Bois de Cormand, forêt (Marignier, Faucigny, Haute-Savoie) ;
Cormand et Granges de Cormand, hameaux (Saint-Jeoire, Faucigny, Haute-Savoie) ;
Cormoz, Parrochiatus de Cormo en 1307, Cormoz vers 1325, Cormouz vers 1350, Cormo vers 1365, Cormosius en 1439, Cormos en 1506, commune et village de la Bresse (Saint-Trivier-de-Courtes, arrondissement de Bourg-en-Bresse, Ain) ;
Cormoz, Illi de Cormou en 1289, Cormoz en 1344, hameau (Château-Gaillard, Bugey, Ain).

Cormanon
Village fribourgeois de la commune de Villars-sur-Glâne, district de la Sarine. Selon Perrenot c´est un nom d´origine burgonde, *Curtis Mannonis, d´un nom propre Manno, du germanique *mana, manna, « homme ».

Cormaranche-en-Bugey
Hameau de la commune de Hauteville-Lompnès (Bugey, Ain), in villa quae dicitur Cormarinca en 1055, Cormarenchi en 1142, Cormarenchia vers 1146, nom d´origine burgonde, serait un ancien *Curtis Marinca [Perrenot].

Cormassine
Hameau de la commune de Curtafond (Montrevel-en-Bresse, Bresse, Ain), in villa qui dicitur Cormaciono en 926, Cormacuina en 1345, Cormaczuinaz en 1496, Cormaczuyna en 1496, nom d´origine burgonde qui dériverait d´un primitif *Curtis Macionis, cacographie de Matjon, du germanique *maitan, « couper » [Perrenot].

Cormérod
Village fribourgeois de la commune de Misery-Courtion, district du Lac, Cormoral en 1142, Cormoraul en 1369, Cormeraul en 1483, Cormeraud en 1560, nom allemand Kormerat, emplacement d´une villa importante. Selon Perrenot c´est un nom d´origine burgonde, *Curtis Moraldi, d´un nom propre Mauroald, Maurwald, composé hybride du latin Maurus, « Maure, Africain », et du burgonde *waldan, « régner, gouverner », germanique *valdan, « celui qui règne ».

Corminboeuf
Commune et village fribourgeois du district de la Sarine, ancien nom Saint-Georges, en allemand Sankt Jörg, devenu Cormenbo en 1142, Corminbou en 1173, Corminbo et Cormembu au XIIème siècle, Cormenbou en 1445, Karmanbow en 1449, Cormenbouf en 1470, Cormimbau en 1665, Cormenbeuf en 1668, où la finale beuf apparaît par métraduction du patois bau, « boeuf ». C´est un nom d´origine burgonde, selon Stadelmann un ancien cort Maimbod, forme réduite de l´anthroponyme germanique Maganbod. Selon Perrenot, le nom primitif serait *Curtis Menbaldi, dérivé du nom propre Maginbald, « l´homme hardi entre tous », préfixe *magin-, « principal », et germanique *balda, « fort, audacieux ».

Cormonble
Hameau de la commune de Boissey (Pont-de-Vaux, Bresse, Ain), e Corimmanblo, lire de Cortimomblo en 1107-1124, Cormombloz en 1401, nom composé de Curtis et d´un anthroponyme comme Momblus.

Cormondes
Commune et village fribourgeois du district du Lac, Cormulnes en 1186, Cormunt en 1228, Cormugnes en 1242, Cormones et Curmmonnes en 1363, Cormondes en 1453. Nom composé de Curtis et d´un second terme probablement dérivé d´un anthroponyme germanique, qui serait Munda d´après Stadelmann, du germanique *mundi, « protection ». Le nom allemand, Gurmels attesté en 1250, Gurmols en 1240, Gurmurs en 1246, aurait la même origine.

Cormondrèche
Commune et village neuchâtelois du district de Boudry, Cormundresge en 1178, Cormundresche en 1215, Cormondrechy et Cormundrehchi en 1231, Cormondresche en 1263. Selon Perrenot c´est un nom d´origine burgonde, *Curtis Munderici, d´un nom propre Munderic, gothique *Munda-reiks, « le puissant protecteur », du burgonde *munds, « abri, protection », germanique *mundi, « protection », et burgonde *riks, « riche, puissant », gothique reiks « puissant, premier », du germanique *rîka, rîkia, « puissant, celui qui règne ».

Cormoranche-sur-Saône
Village et commune de la Bresse (Pont-De-Veyle, arrondissement de Bourg-en-Bresse, Ain), In Cormolingias villa en 968-971, Villa Cormarenchia vers 1023, Cormarenc en 1173, nom d´origine burgonde, serait un ancien *Curtis Molingas selon le nom le plus ancien [Perrenot].

Cormorand
Hameau de la commune de Villereversure (Revermont, Ain), De Cormoranco en 1505, Cormoran en 1655, nom composé de Curtis et d´un anthroponyme comme Morancus.

Cormoret
Commune et village du district de Courtelary (Jura bernois), Cormoret en 1178, Cormorel en 1228, nom composé de Curtis et d´un anthroponyme Morel, Moret ;
Bergerie de Cormoret, maison isolée (Courtelary, Jura bernois).

Corna, Cornan, Cornat, Cornau, Cornaux,
Cornaz, Corne, Cornée, Cornées, Cornereux,
Cornes, Cornet, Cornets, Cornette, Cornettes,
Corniat, Cornier, Cornière, Cornières, Corniers,
Cornillon, Corniolaz, Cornions, Corno, Cournau,
Curnaux, Curnilles
1. Pointe rocheuse, ou terrain en pointe s´enfonçant comme un coin, terrain de forme allongée. Du latin vulgaire *corna, « corne », latin cornua, pluriel neutre pris comme féminin singulier de cornu, « corne », aussi « cime, sommet ; pointe de terre ; bout, extrémité, pointe (d´un objet), côté, coin ».
2. Certain de ces toponymes peuvent dériver de cornier, nom commun du cornouiller sauvage (Cornus mas), vieux français corne, latin cornus, « cornouiller », arbre de la famille des Cornacées, ou de noms collectifs : du latin cornetum, « lieu planté de cornouillers ».

Français corne, « pointe, angle saillant » :
Cornat le Lièvre, Cornat la Lièvre en 1906, cacographie de *Corne à la Lièvre selon Jaccard, maison isolée (Courtételle, district de Delémont, Jura) ;
Châble de la Corne, couloir en forêt (Dorénaz, district de Saint-Maurice, Valais) ;
Pic de la Corne, 2084m (Abondance et Saint-Jean-d´Aulps, vallée de la Dranse, Haute-Savoie) ;
La Corne, alpage, nom monté à la Pointe de la Corne, 1931m (Morillon, Faucigny, Haute-Savoie) ;
Corne du Bois, maison isolée (Montalchez, district de Boudry, Neuchâtel) ;
Les Cornes, a la Corna en 1597, es Cornes en 1823, lieu-dit (Boudry, Neuchâtel) ;
Cornes du Chamois, sommets, 2562m, par métaphore (Sixt-Fer-à-Cheval, Faucigny, Haute-Savoie).

Diminutifs avec les suffixes -et, -ette :
Mont Cornet, Mont Curnil au XIVème siècle, 837m (Les Neyrolles, Haut-Bugey, Ain) ;
La Cornette, petit sommet, 1494m (Villeret, district de Courtelary, Jura bernois) ;
Les Cornettes, lieu-dit (Morens, district de la Broye, Fribourg) ;
Les Cornettes de Bise, sommet, 2432m (Chablais, Haute-Savoie et Valais).

Ancien français cornal, cornau, cornaul, « coin, angle, quartier » :
Cornau, lieu-dit (Autigny, district de la Sarine, Fribourg) ;
Cornaux, Ecclesia Corneoliensis, abbat. Corneili en 1143, Cornaulx vers 1150, Curnaul en 1212, Curnal en 1215, Curnau en 1255, ancien nom allemand Curnau, commune et village (Neuchâtel) ;
Cournau, hameau (Mont-Pèlerin, Chardonne, district de Vevey, Vaud) ;
Les Curnaux, maisons isolées (Huémoz, Ollon, district d´Aigle, Vaud).

Ancien français cornee, « coin », latin corneus, « en forme de corne » :
La Cornée, lieu-dit (Rebévelier, district de Moutier, Jura bernois) ;
Bois de la Cornée, forêt (La Brévine, district du Locle, Neuchâtel) ;
Les Cornées, lieu-dit en forêt (Les Bayards, district du Val-de-Travers, Neuchâtel).

Ancien français cornet, « coin, recoin, encoignure, pointe », peut être aussi un patronyme Cornet :
Cornet, lieu-dit, et Roc de Cornet, élévation rocheuse, 1465m (Liddes, district d´Entremont, Valais) ;
Cornet, hameau (Dingy-Saint-Clair, Bornes, Haute-Savoie) ;
Cornet, de Corneto en 1396 (Les Avanchers-Valmorel, Tarentaise, Savoie) ;
Pra Cornet et Siernes de Pra Cornet, alpages (L´Etivaz, Château-d´Oex, Pays-d´Enhaut, Vaud) ;
Les Cornets, pâturage (Hérémence, district d´Hérens, Valais).

Ancien français cornier, « coin, qui fait le coin », ou avec un patronyme Cornier :
Cornier, hameau (Moudon, Vaud) ;
Cornier, Cornie en 1275, commune et village du Faucigny (La Roche-sur-Foron, arrondissement de Bonneville, Haute-Savoie) ;
Grand Cornier, sommet, 3962m (Ferpècle, Evolène, district d´Hérens, et Zinal, Val d´Anniviers, Valais), et Glacier du Grand Cornier (Zinal, Val d´Anniviers, Valais) ;
Les Corniers, alpage (Les Contamines-Montjoie, Val Montjoie, Haute-Savoie).

Avec le suffixe -eux ; selon Bossard ce terme désigne le prunier de sainte Lucie (Prunus mahaleb), mais celà semble douteux :
Le Cornereux, lieu-dit (Coffrane, district du Val-de-Ruz, Neuchâtel).

Ancien français courniere, corgniere, cornere, corniere, cosniere, « corne, coin, angle » :
Cornière, hameau (Puplinge, Genève) ;
Cornières, Cormière sur la Carte de Cassini, hameau jouxtant Cornière (Ville-la-Grand, Annemasse, Haute-Savoie).

Patois corna, etc. :
Corna Tacheron, lieu-dit, probablement avec un sobriquet Tacheron (Vuissens, district de la Broye, Fribourg) ;
La Cornan, pourrait être un nom de personne, lieu-dit (Montsevelier, district de Delémont, Jura) ;
A la Cornaz, lieu-dit (Les Cullayes, district d´Oron, Vaud) ;
La Corniat, maisons isolées (Lutry, district de Lavaux, Vaud).

Avec le suffixe diminutif -ille, latin corniculum, « petite corne » :
Les Curnilles, hameau, (Chardonne, district de Vevey, Vaud).

Double diminutif avec le suffixe -illon :
Cornillon, hameau (Châtel, Val d´Abondance, Chablais, Haute-Savoie) ;
Cornillon, petits sommets rocheux (Vionnaz, district de Monthey, Valais) ;
Cornillon, Cornilione au XIIème siècle, hameau (Fontanil-Cornillon, Chartreuse, Isère) ;
Château de Cornillon, Castrum quod dicitur Curnillionis et Cornilons en 1196, Castrum quod dicitur Cornillions en 1293, Castrum quod dicitur Curnillions en 1465, démantelé en 1595, et dont il reste des ruines (Saint-Rambert-en-Bugey, Bugey, Ain).

Avec le suffixe diminutif patois -oz :
Les Cornions, anciennement Les Cornioz, alpage (Valmeinier, Maurienne, Savoie).

Avec le suffixe diminutif patois -iolaz :
Corniolaz, alpage (Chamois, vallée d´Aoste) ;
Corniolaz, ruisseau (Grésy-sur-Isère, Combe de Savoie, Savoie).

Italien corno, « corne » :
Corno Vitello, 3057m, « corne de veau » (Ayas, vallée d´Aoste).

Voir aussi Cornebois, Cornecul, Entre deux Cornets, Cornol.


Cornache, Cornaches, Cornalette, Cornalle, Cornatse,
Corneilles, Cornellaz, Cornelle
Du nom de la corneille noire (corvus corone), du latin vulgaire *cornicula, diminutif de cornix, « corneille ».
Français Corneille, peut-être par un patronyme. Ce nom peut aussi être l´ancien français corneille, « cornouille, fruit du cornouiller » :
Les Corneilles, alpage (Valezan, Tarentaise, Savoie).

Du patois cornache, « corneille » :
Cornache, lieu-dit (Messery, Bas-Chablais, Haute-Savoie) ;
La Cornache, lieu-dit (Valleiry, Genevois, Haute-Savoie) ;
Ruisseau de la Cornache, affluent de l´Arve (Sallanches, Haut-Faucigny, Haute-Savoie) ;
Les Cornaches, lieu-dit (Satigny, Genève) ;
Les Cornaches, lieu-dit (Cranves-Sales, Annemasse, Haute-Savoie) ;
Lac des Cornaches, petit lac de montagne (Cevins, Combe de Savoie, Savoie).

Forme patoise avec mutation du son [ch] en [ts] :
Cornatse, maisons isolées (Esserts, district du Lac, Fribourg).

Du patois cornelle, « corneille », ou de l´ancien français cornelle, « fruit du cornouiller » :
La Cornalle, maison isolée (Epesses, district de Lavaux, Vaud) ;
Cornellaz, maisons isolées (Marin, Bas-Chablais, Haute-Savoie) ;
Cornelle, hameau, Cornelia et Cornella en 1299-1369, Corneille en 1655, Cornelle en l´an XII (Boyeux-Saint-Jérôme, Haut-Bugey, Ain) ;
La Cornelle, lieu-dit (Hauteville-Lompnes, Bugey, Ain) ;
Source de la Cornelle (Maillat, Haut-Bugey, Ain) ;
Cornelles, lieu-dit (Corlier, Bugey, Ain) ;
Les Cornelles, lieu-dit (Aranc, Bugey, Ain).

Diminutif avec le suffixe -ette :
Cornalette, lieu-dit (Baulmes, district d´Orbe, Vaud).


Cornacu, Cornecul
Terrain en coin et en cul-de-sac, composé de Corne et de Cul.
Cornecul, maisons isolées (Champoz, district de Moutier, Jura bernois).
Forme patoise :
Le Bouton de Cornacu, rocher caractéristique (Sallanches, Haut-Faucigny, Haute-Savoie).


Cornard
Bois Cornard, forêt de la commune de Hauterive (District de la Sarine, Fribourg), probablement d´un sobriquet cornard, « mari trompé ».

Corne à Bouc
Bois de Corne à Bouc, forêt déclive (Argentière, vallée de Chamonix, Haute-Savoie).

Cornebois
Le « coin du bois », voir Corne.
Cornebois, sommet, 2203m (Alpages de Monthey, Val d´Illiez, district de Monthey, Valais, et Châtel, Chablais, Haute-Savoie).

Cornellier
Le Cornellier, lieu-dit de la commune de Faverges (Haute-Savoie), patronyme Cornellier, ou variante de cornouiller, ancien français cornelle, « fruit du cornouiller ».

Corneloup
Moulin Corneloup, maison isolée de la commune de Villereversure (Revermont, Ain), Corneloux en 1466, Cornaloup en 1563, du patronyme Corneloup, variante Corneloux, attesté surtout en Saône-et-Loire ; il désigne celui qui corne au loup, du verbe corner, « sonner du cor ; crier », donc celui qui mène la chasse au loup [Tosti].

Cornes de Cerf
Village de la commune de Forel (District de Lavaux, Vaud), nom attesté au début du XVIIème siècle, probablement dû à la présence d´un trophée de cerf dans une pinte du lieu, selon la tradition locale.

Corniche
La Corniche, alpage de la commune des Contamines-Montjoie (Val Montjoie, Haute-Savoie), français corniche, « escarpement de roches disposé en bandeau horizontal et formant un surplomb », ici dans le sens de replat élevé.

Corniens
Chalets de Corniens, alpage, nom monté à la Pointe de Corniens, 1680m, et au Col de Corniens, 1426m (Thollon-les-Mémises, Chablais, Haute-Savoie), soit de même origine que Corna, soit un nom d´origine burgonde, mais dans le Chablais ces noms sont plutôt en -inge.

Cornillon-en-Trièves
Commune et village du Trièves (Mens, arrondissement de Grenoble, Isère), anciennement parrochia Sancti Petri de Cruce Cornillionis, nom dérivé avec le suffixe -onem du gentilice Cornel[l]ius.

Cornin
Mont Cornin, petite éminence en forêt (1106m) de la commune de Saint-Gingolph (District de Monthey, Valais), avec un patronyme Cornin.

Cornol
Commune et village jurassiens du district de Porrentruy, mentionné pour la première fois en 1136 comme Coronotum, nommé Coronolt en 1139, Coronot en 1236, et Correnol en 1343. Le nom allemand Gundelsdorf, Gundolstorf en 1245, dérive de l´anthroponyme germanique Gundolt « celui qui règne dans le combat », du germanique *gunþiô, « combat », et *valdan, « celui qui règne », avec le vieil haut allemand dorf, « village ». Le nom français Coronolt serait une corruption de *cortis Gundolt [Jaccard].

Cornu
D´un patronyme ou sobriquet Cornu.
Cornu, hameau, et Arête de Cornu, colline boisée (La Chaux-de-Fonds, Neuchâtel) ;
Cornu, hameau (Ayas, vallée d´Aoste).

Cornu
Lac Cornu, probablement en raison de sa forme, et Torrent du lac Cornu, affluent de la Diosaz, nom monté au Col du Lac Cornu, 2414m (Aiguilles Rouges, Chamonix, Haute-Savoie).

Coron
Hameau de la commune de Belley (Bugey, Ain), Coronae villa en 861, Corons en 1343, Villa de Corone, Castellanus Coronis et Coron en 1361, d´un nom de domaine d´origine gallo-romaine, avec le gentilice Coronus.

Coronelle
Grande Coronelle et Petite Coronelle, maisons isolées de la commune de Sonvilier (District de Courtelary, Jura bernois), par féminisation de Coronel, ancienne forme de colonel, titre militaire ou sobriquet.

Corpataux
Village de la commune de Corpataux-Magnedens (District de la Sarine, Fribourg), ancienne commune, Corpastur en 1142, Corpastor en 1163, Corpatour en 1380, Corpastour au XIVème siècle, du latin Cortis pastoris, « ferme du berger, du pâtre », ou selon Aebischer *Cortis Pastoris, d´un cognomen ayant le même sens.

Corps de Garde
Le Corps de Garde, lieu-dit de la commune des Verrières (District du Val-de-Travers, Neuchâtel), proche de la frontière.

Corraterie, Corratière
De l´ancien français corraterie, correterie, couratrie, etc., « courtage », verbe correter, courrater, « faire le métier de courtier », nom de métier corratier, courratier, « courtier, intermédiaire, maquignon », désigne le lieu où s´exerçait cette activité.
La Corraterie, anciennement Courraterie, et Carreria corrateriae equorum, « cours du courtage de chevaux » au XVème siècle, bas latin corrateria, corretaria, « office de courtier, courtage », avec le suffixe d´action -erie, autrefois tout le faubourg entre la ville et la Jonction, maintenant une rue (Ville de Genève) ;
La Corraterie, pâturage, nom probalement inspiré du précédent (Salève, Collonges-sous-Salève, Genevois, Haute-Savoie).
Peut-être par féminisation d´un surnom Corratier :
La Corratière, hameau (Saint-Maurice-de-Gourdans, Dombes, Ain).


Corrayette
Endroit où l´on travaillait le cuir, du verbe corroyer, « apprêter le cuir ».
La Corrayette avec le suffixe diminutif -ette, lieu-dit (Goumoëns-la-Ville, district d´Echallens, Vaud).

Corrençon
Hameau de la commune de Saint-Cierges, district de Moudon (Vaud), peut-être Conestum en 1147, Conostum en 1154, plus probablement Corenzoni en 1190, Connenczon en 1522, qui indiqueraient un origine comme curtis Renzoni, de l´anthroponyme germanique Renzo, composé de Reginzo, « conseiller », du germanique *ragina, « conseil ».

Corrençon-en-Vercors
Commune et village du Vercors (Villard-de-Lans, arrondissement de Grenoble, Isère), Corensonum, Corranczonum et de Correnzone au XIVème siècle, Corrençon jusqu´en 1952, nom dérivé avec le suffixe -onem du gentilice Currentius.

Correntine
La Correntine, alpage et lieu-dit de la commune de Bière (District d´Aubonne, Vaud), par féminisation d´un patronyme Correntin rare, autrefois un prénom.

Correvon
Commune et village vaudois du district de Moudon, Corevont en 1166, Corevone en 1169, Corevunt et Correvolt en 1182, Corevont en 1228, Corovont en 1247, Correvont en 1453. Selon Perrenot c´est un nom d´origine burgonde, *Curtis Reudeboldi, du nom propre Reudebold, du burgonde *rauds, germanique reuda, « rouge », et burgonde *balþs, « audacieux », germanique *balda, « audacieux, fort ».
Voir aussi Gorrevod.


Corria, Corrua, Corrues
Mot régional corru, « terrain entraîné parm l´eau » [Pégorier].
La Corria, lieu-dit (Thénésol, Combe de Savoie, Savoie) ;
La Corrua, pâturage et forêt déclives sous la Flégère (Vallée de Chamonix, Haute-Savoie) ;
Les Corrues ou Les Corrües, hameau (Ugine, Val d´Arly, Savoie).

Corridor
Passage étroit, par métaphore du français corridor, « galerie couverte, plus ou moins étroite, qui sert de passage pour aller à plusieurs appartements, à plusieurs pièces ».
Le Corridor hameau (Bâgé-la-Ville, Bresse, Ain) ;
Le Corridor, passage resserré dans les séracs sur la voie d´ascension du Grand Combin, nom récent (Massif des Combins, Bagnes, district d´Entremont, Valais).

Corrobert
Nom d´origine burgonde composé de curtis et du patronyme Rubert, de l´anthroponyme germanique *[H]rodhebert, « célèbre par la gloire », germanique *hrôþi, « gloire », et germanique *berhta, « brillant, célèbre ».
Corrobert, Mansus quod nominatur Curtriberto, corrigé Curtroberto en 993-1048, in villa Curt Ruberti vers 1000, Corobert en 1272, hameau (Chanoz-Châtenay, Dombes, Ain) ;
Corrobert, hameau (Mézériat, Dombes, Ain).

Corserey
Commune et village fribourgeois du district de la Sarine, Corserei en 1157-1162, Corserer en 1302, aussi Corseray. D´après Jaccard c´est un nom dérivé de *Curtiacum, domaine d´un Curtius, voir Corsier, mais pour Aebischer une telle dérivation est impossible. Peut-être faut-il y voir un *Corseriacum dérivé d´un nom Corserius.

Corsier, Corsy, Curciat, Curtieux, Curtioux
Localités dont le nom vient d´un nom de domaine gallo-romain Curtiacum, dérivé avec le suffixe -acum d´un gentilice Curtius, de Curtus, « court » ; ou d´un nom de domaine gallo-romain Cordiacum, du gentilice Cordius, du latin cordis, « coeur ».
Corsier, Corsiacum en 1297, Corsie en 1344, commune et village (Genève) ;
Corsier-sur-Vevey, Corise, lire Corsie en 1079, Corsiey en 1147, Corsiacum en 1179, Corgie vers 1180, Corsie en 1228, Corsiez en 1453, commune et village (District de Vevey, Vaud) ;
Monts de Corsier, Le Mont et Leschaulx en 1550, lieu-dit (Corsier-sur-Vevey, district de Vevey, Vaud) ;
Corsy, Corciacum en 908, Corsiacum en 1275, quartier (Lutry, district de Lavaux, Vaud) ;
Curciat, in villa Curtiaco et In Curciaco en 950, Cursia en 1325, Ecclesia de Curtia vers 1350, Curciaz en 1563, Curtiat en 1656, ancien village qui fait maintenant partie de Curciat-Dongalon, chef-lieu de la commune du même nom, Curtiat Domgallon en 1790, nom actuel dès 1898, commune de la Bresse (Saint-Trivier-de-Courtes, arrondissement de Bourg-en-Bresse, Ain) ;
Les Curtieux, lieu-dit (Murs-et-Gélignieux, Bugey, Ain).
Probablement d´un patronyme issu de Curtius :
Curtioux, Curtious en 1378, Curtioux en 1417, Curtieulx en 1447, hameau (Montracol, Bresse, Ain).

Voir aussi Saint-André-de-Corcy.


Corsinge, Cursinges, Cursins
Noms d´origine burgonde, où le C initial serait apparu par sonorisation d´un plus ancien G, avec métathèse de Grus- en Curs. Ce nom dériverait alors d´un primitif *Grûsingum, « chez les Grûsingi », dérivé du nom propre Gruso, d´un radical grius-, grus-, graus-, « être hideux, être horrible, être effrayant », cf. allemand grausam, « cruel, terrible » [Perrenot].
Corsinge, Corsingium en 1307 et 1373, Cursingium en 1316, hameau (Meinier, Genève) ;
Cursinges, Crusingio en 1299, hameau (Draillant, la Côte en Chablais, Haute-Savoie) ;
Cursins, mentionné en 1467, localité disparue (Segny, Pays de Gex, Ain).

Corsuet
Composé des mots du patois savoisien cruè, cruet, « petit, chétif, mauvais », et suel, latin solium, « montagne se terminant par un plateau » [Gros].
Corsuet, Culsuel en 1304, Crusuel en 1688, Cursoit en 1716, Grusuelle au XIXème siècle, montagne dominant le lac du Bourget (Aix-les-Bains, Savoie).

Cortagier
Village savoyard, dont le nom est composé du latin médiéval cortis, et du patois âdze, « haie, enclos [entouré d´une haie] », voir Adze.

Cortaillod
Cortaillod, commune et village neuchâtelois du district de Boudry, Cortaillaut en 1180, Cortaillot en 1311, Cortallyot en 1337, et Petit Cortaillod, hameau de la même commune. Selon Perrenot c´est un nom d´origine burgonde, *Curtis Agilaldi, du nom propre Agilald dérivé de Agilwald « celui qui règne par la crainte [qu´il inspire], redoutable », où agil- est un élargissement du germanique *agis-a, « crainte », avec *valdan, « celui qui règne ».

Cortébert
Commune et village du district de Courtelary (Jura bernois), Cortaibert en 1178, Corteber en 1330. Selon Perrenot c´est un nom d´origine burgonde, *Curtis Aiberti, voir Agibert
Bise de Cortébert, maison isolée (Cortébert, district de Courtelary, Jura bernois) ;
Prés de Cortébert, lieu-dit (Cortébert, district de Courtelary, Jura bernois).

Cortenaz, Corteneaux, Cortenet, Cortinaz, Courtenaud,
Courtenaux, Courtenaz, Courtine, Courtines, Curtenay,
Curtin, Curtine
1. Petite cour, place de ferme, abritant généralement le tas de fumier, du diminutif bas latin curtina, « petite propriété rurale », voir curtis. Dans le Chablais et en Valais, c´est un hameau ou une partie du village.
La Courtine, hameau (Pleigne, district de Delémont, Jura) ;
Les Courtines, alpage (Conthey, Valais) ;
Les Courtines, anciennement Les Curtines, lieu-dit (Planaise, Montmélian, Combe de Savoie, Savoie) ;
Les Curtines, hameau (Juvigny, Annemasse, Haute-Savoie).
Patois savoyard kortnà, kourtena, kourtina, kourtnà, « cour de maison ou de ferme (fermée ou non) ; petite cour ; enclos qui entoure la maison » [Viret], franco-provençal curtina, « muraille fortifiée » :
Cortenaz, hameau (Lucinges, Annemasse, Haute-Savoie) ;
Cortenet, lieu-dit (Viry, Genevois, Haute-Savoie) ;
Les Corteneaux, quartier (Peseux, district de Boudry, Neuchâtel) ;
Cortinaz, alpage (Valtournenche, vallée d´Aoste) ;
Courtenaud, hameau (Céligny, Genève) ;
Les Courtenaux, lieu-dit (Riddes, district de Martigny, Valais) ;
Courtenaz, maisons isolées en clairière (Conthey, Valais) ;
Curtenay, hameau (Maxilly-sur-Léman, Chablais, Haute-Savoie) ;
Curtin, Cortina et Curtina au XIIème siècle, Curtuyn au XIVème siècle, hameau (Vézeronce-Curtin, L´Isle-Crémieu, Isère).

2. Une courtine est aussi un mur d´enceinte qui relie deux tours d´un château, une muraille fortifiée, mais cette origine est peu probable pour des toponymes.


Coruz
Le Coruz, cours d´eau affluent de la Mentue (Dommartin, district d´Echallens, Vaud), de cum et Ruz, « ruisseau » [Jaccard].

Corvangel
Hameau de la commune de Saint-Martin-le-Châtel (Montrevel-en-Bresse, Bresse, Ain), De Corvandelo en 1238, in villa de Corvandello en 1277, De Curvanduolo en 1314, Corvandellos en 1675, Corvangelos sur la Carte de Cassini, Corvangel en 1847, nom d´origine burgonde qui dériverait d´un primitif *Curtis Vandilonis, dérivé du nom propre Wandila, de l´ethnonyme Wendel, « Vandale » [Perrenot].

Corvées, Curias, Curiaz, Curienne
Français corvée, « redevance sous forme de travail gratuit », ancien français corovee, corvee, du bas latin corrogata [opera], « travail demandé », substantivé en corrogata, corroata, corrovata, corvata.
Les Corvées, hameau (Pontcharra, Grésivaudan, Isère).
D´une variante latine corra, corrua :
Curias, lieu-dit (Curienne, Bauges, Savoie) ;
La Curiaz, hameau (Thônes, Bornes, Haute-Savoie).

Avec le suffixe -ienne :
Curienne, Ecclesia de Coruanna vers 1100, Corvenna en 1215, Corvanna en 1217, Coroanna en 1340, Curienna en 1356, Curiana en 1488, commune et village (Saint-Alban-Leysse, arrondissement de Chambéry, Savoie).


Corveissiat
Commune et village du Revermont (Treffort-Cuisiat, arrondissement de Bourg-en-Bresse, Ain), Curveysia en 1258, Corveyssia en 1299-1369, Courveissia en 1654-1655, Corvayssiat en 1670, probablement d´un nom de domaine d´origine gallo-romaine *[villa] Corvesia, par féminisation d´un gentilice Corvesius.

Corvets
Les Corvets, lieu-dit de la commune de Châtonnaye (District de la Glâne, Fribourg), probablement à rapprocher de l´ancien français corveté, « qualité de ce qui est courbe ou courbé », adjectif corve, « courbe ».

Cosandey
Bois Cosandey, forêt de la commune d´Yvonand (District d´Yverdon, Vaud), du patronyme Cosandey, patois romand cosandey, ancien français cosandeir, cosandier, nom de métier, « couturier ».

Cosengier
Cosengier ou Cosingier, anciennement Cusangiacus, puis Cusangici en 1306, cura de Cosengier en 1344, ancien nom de La Balme de Sillingy.

Cossaux, Cossette, Coste, Coster, Costerg,
Côt, Côtai, Côtaie, Côtaies, Cotaire,
Cotalet, Cotard, Cotards, Cotaron, Cotatte,
Côtattes, Cotayer, Côte, Côté, Coteau,
Côteau, Coteaux, Coteires, Côtel, Côtelette,
Coteniat, Cotentin, Coter, Coterd, Cotes,
Côtes, Côtette, Côtettes, Côtière, Cottard,
Cottards, Cotta Rossa, Cottelet, Cotter, Cotterd,
Cotterg, Cottier, Cottière, Côty, Couta,
Coûta, Coutalays, Coutard, Coutasses, Coutaz,
Couteau, Coutelet, Coutelle, Couterre, Coutes,
Coutet, Coutettaz, Coutettes, Coutille, Coutire,
Coutta, Couttaz, Couttetaz, Couty
Terrain en pente à flanc de montagne, ou dominé par une côte, pente ensoleillée, place bien exposée, par métonymie la forêt qui occupe souvent les côtes. Dans la chaîne du Jura le terme générique côte désigne des pentes boisées et des forêts de montagne déclives.
Français côte, « le versant qui descend vers la vallée », vieux français et ancien français coste, « côte », roman costa, « à côté de, côte », du latin costa, « côte », puis « flanc, côté, partie en relief d´un objet » :
La Croix de Coste, sommet, 1874m, maic ce peut être un patronyme (Queige, Beaufortain, Savoie) ;
La Côt, alpage (Bagnes, district d´Entremont, Valais) ;
La Côte, régio entre Jura et Léman (Vaud) ;
Côte de Pin, maisons isolées (Riex, district de Lavaux, Vaud) ;
Le Côté, hameau (Crémines, district de Moutier, Jura bernois) ;
Les Cotes, lieu-dit (Avrieux, Haute-Maurienne, Savoie) ;
Les Côtes, lieu-dit (Champagny-en-Vanoise, Vanoise, Savoie).

Diminutifs avec le suffixe -ette :
La Côtette, forêt déclive (Longirod, district d´Aubonne, Vaud) ;
Les Côtettes, forêt déclive (Donatyre, district d´Avenches, Vaud).

Diminutifs avec les suffixes jurassiens -at, -atte :
La Cotatte, petite forêt (Moutier, Jura bernois) ;
La Cotatte, lieu-dit en forêt déclive (Courtemaîche, district de Porrentruy, Jura) ;
Les Côtattes, lieu-dit en forêt déclive (Delémont, Jura) ;
Le Coteniat, colline boisée, 900m (Châtelat, district de Moutier, Jura bernois).

Ancien français costiere, coustiere, « côte, coteau, flanc », adjectif costier, coustier, « montueux », latin costarium, « pente ensoleillée, place bien exposée », ou de couder, couter, cotter, « pâturage commun », du gaulois *coterico [Bessat 2007] :
Grand Bel Coster et Petit Bel Coster, alpages (Lignerolle, district d´Orbe, Vaud) ;
Montagne de Costerg, lieu-dit (Saint-François-Longchamp, Maurienne, Savoie) ;
La Cotaire, lieu-dit (Saint-Cierges, district de Moudon, Vaud) ;
Les Coteires, forêt (Ballens, district d´Aubonne, Vaud) ;
Le Coter, hameau (Montsapey, Basse-Maurienne, Savoie) ;
Coterd, lieu-dit (Bussy-sur-Moudon, district de Moudon, Vaud) ;
La Côtière, forêt déclive (Les Bayards et les Verrières, district du Val-de-Travers, Neuchâtel) ;
Cotterd, Costel en 1368, Cotter[d] en 1550, sur un balcon dominant le lac de Morat (Bellerive, district d´Avenches, Vaud) ;
Cotter, hameau, Le Cotter, alpage, et Mayens de Cotter, maisons d´alpage (Evolène, district d´Hérens, Valais) ;
Cotterd, Costerg en 1402, quartier (Bex, district d´Aigle, Vaud) ;
Le Cotterd, Coster de Oulum en 1211, Cotter d´Ollon en 1371, quartier (Ollon, district d´Aigle, Vaud) ;
Cotterg, village (Bagnes, district d´Entremont, Valais) ;
Cottier, hameau, est aussi un patronyme (Zinal, Val d´Anniviers, Valais) ;
Petite Cottière et Les Cottières, maisons isolées, peut aussi être une féminisation du patronyme Cottier (Longirod, district d´Aubonne, Vaud) ;
Couterre, alpage (Sallanches, Haut-Faucigny, Haute-Savoie) ;
Croix de la Coutire, sommet, 2047m (Epierre, Basse-Maurienne, Savoie).

Dérivés avec les suffixes collectifs -ai, -aie, -y :
Peut Côtai, lieu-dit en forêt (Rocourt, district de Porrentruy, Jura) ;
Le Côtaie, lieu-dit (Montignez, district de Porrentruy, Jura) ;
Les Côtaies, forêt déclive (Damphreux, district de Porrentruy, Jura) ;
Le Côty, Couty en 1794, alpage, et Forêt du Côty, forêt déclive (Chézard-Saint-Martin et Le Pâquier, district du Val-de-Ruz, Neuchâtel).

Patois cotair, cotâr, « coteau », ou dérivés avec le suffixe -ard, mais il s´agit ici très probablement des patronymes Cotard, Cottard, Coutard, tous attestés :
Le Cotard, Du Cotel en 1443, ferme isolée (Montcet, Bresse, Ain) ;
Le Bas du Cotard, alpage (La Brévine, district du Locle, Neuchâtel) ;
Les Cotards, maisons isolées sur une côte prononcée (Le Locle, Neuchâtel) ;
Le Cottard Dessous et Le Cottard Dessus, alpages (Rossinière, Pays-d´Enhaut, Vaud) ;
Les Cottards, Les Cottards Dessous, Les Cottards Dessus, Les Cottards de Bise et Les Cottards de Vent, pâturages avec maisons isolées (La Brévine, district du Locle, Neuchâtel) ;
Bois des Cottards (Rossinière, Pays-d´Enhaut, Vaud) ;
Le Coutard, lieu-dit (Taninges, Faucigny, Haute-Savoie).

Diminutif avec le suffixe -on :
Cotaron ou Costa-Ruz, terrains aujourd´hui détruits par l'Arve et qui se trouvaient au pied des falaises de Champel, et où l´on cultivait la vigne (Genève).

Mot régional coutaz, « colline, côte », [Pégorier], formes patoises cotta, couta, « côte » :
Cotta Rossa, maison isolée (Saint-Julien-Montdenis, Maurienne, Savoie) ;
La Couta, maison isolée (Sottens, district de Moudon, Vaud) ;
Uf der Couta, « sur la côte », lieu-dit (Charmey, district du Lac, Fribourg) ;
Mayen de la Coutaz, chalets (Arolla, district d´Hérens, Valais) ;
Les Coutaz, lieu-dit déclive (Verchaix, Faucigny, Haute-Savoie) ;
La Coûta et Le Tsalè de la Coûta, alpages (Evolène, district d´Hérens, Valais) ;
Les Coutes, forêt déclive (Commeire, Orsières, district d´Entremont, Valais) ;
Coutta, alpage (Saint-Luc, Val d´Anniviers, Valais) ;
La Couttaz, lieu-dit en forêt déclive (Le Biot, vallée de la Dranse, Haute-Savoie).

Diminutifs avec les suffixes -et, -ette, -y :
Le Coutet, hameau (Etoy, district de Morges, Vaud) ;
Les Coutettes, lieu-dit (Bullet, district de Grandson, Vaud) ;
Couty, hameau (Machilly, la Côte en Chablais, Haute-Savoie).

Avec le suffixe diminutif patois -ettaz :
La Coutettaz, faubourg (Morzine, Chablais, Haute-Savoie) ;
La Couttetaz, pâturage (Bernex, Chablais, Haute-Savoie).

Diminutif avec le suffixe -ille :
Plan de la Coutille, lieu-dit (Sembrancher, district d´Entremont, Valais).

Avec le suffixe péjoratif -asse :
Les Coutasses, maisons isolées (Combloux, Haut-Faucigny, Haute-Savoie).

Français coteau, « côte peu élevée au-dessus d´une plaine, d´une vallée », vieux français costel, « coteau », ancien français costal, costel, cotal, « coteau », mot régional coutelle, « petite côte », [Pégorier] ancien français costele, coustelle, coutelle, « petite colline » :
Coteau, lieu-dit (Pomy, district d´Yverdon, Vaud) ;
Col du Coteau du Fond, 2681m (Oyace, vallée d´Aoste) ;
Le Côteau, alpage (Troistorrents, district de Monthey, Valais) ;
Les Coteaux, habitat dispersé (Saint-George, district d´Aubonne, Vaud) ;
Côtel, lotissement (Corgémont, district de Courtelary, Jura bernois) ;
Le Couteau, forêt déclive (Vacheresse, Val d´Abondance, Haute-Savoie) ;
Pointe du Couteau, 1759m (Seytroux, vallée de la Dranse, Haute-Savoie) ;
La Coutelle, hameau (Esserts-Blay, Combe de Savoie, Savoie).

Ancien français costalet, costelet, cotelet, coutelet, « petit coteau », diminutif latin costareta, avec le suffixe -et :
Le Cotalet, lieu-dit (Tartegnin, district de Rolle, Vaud) ;
La Côtelette, maison isolée en clairière (Baulmes, district d´Orbe, Vaud) ;
Le Cottelet, lieu-dit en forêt déclive (Meillerie, Chablais, Haute-Savoie) ;
Le Coutelet, forêt déclive (Abondance, Val d´Abondance, Haute-Savoie) ;
Chemin du Coutelet (Prangins, district de Nyon, Vaud).

Avec le suffixe -ay :
Les Coutalays, pâturage déclive (Morzine, Chablais, Haute-Savoie).

Forme patoise où le [ss] est censé rendre le son patois [th] :
Cossaux, hameau (Chamblon, district d´Yverdon, Vaud) ;
Chemin de la Cossette (Arconciel, district de la Sarine, Fribourg).

Autres dérivés :
Cotayer, hameau (Isérables, district de Martigny, Valais) ;
Le Cotentin, lieu-dit en forêt déclive (Martigny, Valais).

Voir aussi Cotagne, Côte-aux-Fées, Cotérieux, Côte-Saint-André, Coutaches, Coutarse.


Cossonay
Village, commune et district vaudois, Cochoniacum en 1096, Coconiacum au XIIème siècle, Consonai en 1147, Cosonai en 1164, de Cosciniaco vers 1200, Cosonay en 1202, Cossonai en 1228, nom de domaine d´origine gallo-romaine, probablement *Cossiniacum, dérivé avec le suffixe -acum du gentilice Cossinius [Jaccard].

Cotagne
Dérivé d´un ancien latin costanea [terra], « terre sise sur une côte », de costa, « flanc, paroi » [Gros].
Cotagne, forêt déclive (Le Grand-Bornand, Bornes-Aravis, Haute-Savoie) ;
Chalet de Cotagne, maison isolée en clairière, nom monté à la Montagne de Cotagne, 1917m (Les Clefs et Thônes, Bornes, Haute-Savoie).

Côte-aux-Fées
La Côte-aux-Fées, commune et village neuchâtelois du district du Val-de-Travers, La Costa des Faies ou Costa des Fayes en 1337, Coste es faes en 1354, Coste es Fayes en 1658, sur la cloche du temple, « la côte des brebis », voir Fées.

Côte-d´Aime
La Côte-d´Aime, commune et village de la Tarentaise (Aime, arrondissement d´Albertville, Savoie), nom composé de côte et Aime.

Côte d´Hyot
La Côte d´Hyot, hameau dispersé de la commune de Bonneville (Faucigny, Haute-Savoie), mentionné dès 1012, serait selon Guichonnet nommé Le Bois-Dieu au Moyen-Age, Saint-Etienne de bosco dei au IXème siècle, de Bosco dyoz en 1012-1019, puis St-Etienne Bois Dio, de Sancte Stéphane de bosco dei, devenu par la suite La Côte-Dieu, en latin, et enfin La Côte d´Hyot par barbarisme.

Coterêche
Maisons isolées en clairière de la commune d´Evolène (District d´Hérens, Valais), probablement par composé de Côte et de Rêche.

Cotérieux
Alpage de la commune de Valmeinier (Maurienne, Savoie), nom patois Coua-rieu, composé de Côte et de Rieu [Gros].

Côte-Saint-André
La Côte-Saint-André, canton, commune et village de la Plaine de Bièvre (Arrondissement de Vienne, Isère), Costa Sancti Andree et Sanctus Andreas de Costa au XIIème siècle, puis Sancti Andréa da Costa au Moyen Age, voir Côte et Saint-André.

Côtes-d´Arey
Les Côtes-d´Arey, commune et village du Pays viennois (Vienne-Sud, arrondissement de Vienne, Isère), nom composé de Côte et de l´ancien nom Arey, villa Arelis et Arelia au Xème siècle, Areil au XIème siècle, Arel au XIIIème siècle, avec un nom d´homme *Arelus.

Côtes-de-Corps
Les Côtes-de-Corps, commune et village du Beaumont (Corps, arrondissement de Grenoble, Isère), Terra de Costis en 1398, Tercia de Costi au XVème siècle, voir Côte et Corps.

Coteyssart
Chalets de Coteyssart, maisons isolées en clairière de la commune d´Allemond (Oisans, Isère), cavannaria de Gautessart, Gautesartz, Gauteysarcz et Gautessarda au XIIIème siècle, situées dans le Bois de Coteyssart, et Ruisseau de Coteyssart, affluent du Lac de Verney, dans la même commune, cacographie de Gaudissart, peut-être avec l´influence de Côte.

Cottens
Dérive d´un primitif *Cotingos, du germanique *kuta, « petite cabanne » [Perrenot], ou de l´ethnonyme Cott, nom d´une tribu burgonde, ou encore d´un nom germanique Cotto [Stadelmann].
Cottens, Chotens en 1041, Cotens en 1049, plus tard Coctens, commune et village (District de Cossonay, Vaud) ;
Cottens attesté en 1173, Cotens en 1142, Cottens en 1198, Cotains en 1223, Cotteins en 1252, Cottin en 1445, aussi Coctens, Chotens, Chottens, nom allemand Cottingen en 1577, commune et village (District de la Sarine, Fribourg) ;
Cottens, château ayant appartenu aux nobles Mestral, seigneurs de Cottens, qui furent coseigneurs de Begnins (Begnins, district de Nyon, Vaud) ;
Ruisseau de Cottens, affluent de La Glâne (Cottens, district de la Sarine, Fribourg).

Cotting
Schwand Cotting, maisons isolées en clairière de la commune du Mouret (District de la Sarine, Fribourg), avec un patronyme Cotting, voir Cottens.

Cotz
Patois cotz, « angle d´un bâtiment ou d´un champ, coin, lieu retiré » [Guex]. Selon Bossard, cotse est un quartier périphérique.
La Cotz ou La Cotse, hameau (Finhaut, district de Saint-Maurice, Valais).

Couard, Couaz, Coué, Cua, Cuâ,
Cuaz, Cue, Cues, Cuette
Extrémité de terrain, queue d´un champ, parfois en lisière de forêt ou à la jonction de deux cours d´eau, patois coua, vieux français coue, latin cauda, « queue ».
La Coué, maisons isolées (Travers, district du Val-de-Travers, Neuchâtel) ;
La Cua, lieu-dit (Dompierre, district de la Broye, Fribourg) ;
Gros Cua et Petit Cua, alpages (Estavannens, Bas-Intyamon, district de la Gruyère, Fribourg) ;
La Cuâ, pâturage (Grandvillard, district de la Gruyère, Fribourg) ;
La Cuaz ou La Cua, maisons isolées dans une boucle de la Sarine (Arconciel, district de la Sarine, Fribourg) ;
Les Cuaz, maison isolée (Marsens, district de la Gruyère, Fribourg) ;
La Cue, lieu-dit (Yvonand, district d´Yverdon, Vaud) ;
Les Cues, lieu-dit (Ogens, district de Moudon, Vaud).
Diminutif avec le suffixe -ette :
La Cuette, clairière (Saint-Cierges, district de Moudon, Vaud).

Ces noms pourraient aussi venir d´un patois savoyard coua, « côte », par syncope :
Le Couard, hameau (La Côte d´Arbroz, Faucigny, Haute-Savoie) ;
La Couaz, lieu-dit (Champagny-en-Vanoise, Vanoise, Savoie).

Voir aussi Queue.


Coublevie
Commune et village du Pays voironnais (Voiron, arrondissement de Grenoble, Isère), ecclesia de Scoblavio au XIème siècle, Scoblavif, Escoblavia, Escoblavici, Escoblevil, Excoblaviel, Coblavi et Coblavi au XIVème siècle, Escoblavi au XVème siècle, peut-être du latin scobilia, variante de scopilia, « balayures », et vicus [Nègre 1990].

Couca Bas
Lieu-dit de Thyon, commune des Agettes, district d´Hérens (Valais), signifie en patois « regarde en bas », donc un endroit d´où l´on a une vue plongeante [Guex].

Couchant
Dans la direction du Soleil couchant, vers l´ouest.
Le Couchant, alpage, et Bois du Couchant (Jura vaudois, Arzier, district de Nyon, Vaud).

Couchard
Le Couchard, maison isolée de Lessoc (Haut-Intyamon, district de la Gruyère, Fribourg), sans doute d´un sobriquet.

Couchefatte
Nant de Couchefatte, affluent du Rhône (Avully, Genève), probablement par composé de deux termes redondants, Couche, variante de Coche, dans le sens de « dépression de terrain », et Fatte, « dépression, cuvette du terrain ».

Couchon
Soit d´un franco-provençal couchon, « tas de foin, meule de foin », soit d´un patronyme Couchon.
Le Couchon, quartier (Frasses, district de la Broye, Fribourg).

Coucy, Cousset, Coussy, Cuiset, Cuisiat,
Cusy, Cuzieu
Noms de domaines d´origine gallo-romaine Cuisiacum ou Cusiacum, dérivés du gentilice Cusius ou Cusius avec le suffixe -acum.
Cuiset, Cuysiac en 1564, hameau (Saint-André-sur-Vieux-Jonc, Bresse, Ain) ;
Cuisiat, Cuisiacus en 1250, Cuysiacos en 1299-1369, Cuysia vers 1325, Cuisiaz en 1563, Cuisia en 1670, Cuiziat en 1790, hameau, commune jusqu´en 1972 (Treffort-Cuisiat, Revermont, Ain) ;
Coucy, anciennement Coisy ou Cossy, hameau (Chilly, Genevois, Haute-Savoie) ;
Cousset, Cussey en 1343, village (Montagny, district de la Broye, Fribourg) ;
Le Coussy, Cucey en 1425, peut-être de même origine (La Forclaz, Ormont-Dessous, district d´Aigle, Vaud) ;
Cusy, Coisie vers 1160, Cusye en 1250, Cura de Cusier vers 1344, Cussiacum en 1443, et Sous Cusy, hameaux (Chens-sur-Léman, Bas-Chablais, Haute-Savoie) ;
Cusy, Cusei var. Cusea en 1022, de Cusyaco en 1250, Cura de Cusie vers 1344, Cusiacum au XIVème siècle, commune et village de l´Albanais (Alby-sur-Chéran, arrondissement d´Annecy, Haute-Savoie).
Cuzieu, Ecclesia de Cuisia en 1258, Cussieu en 1354, Ecclesia de Cusieu vers 1400, Cusiacus en 1439, Cuzieu sur la Carte de Cassini, commune et village du Bugey (Virieu-le-Grand, arrondissement de Belley, Ain).

Couèraie
Botchet Couèraie, forêt de la commune de Courtedoux (District de Porrentruy, Jura), probablement dérivé du patois jurassien câre, « angle, coin ».

Coufa, Couffa, Couffes
Probablement du vieux français coffe, « baquet », latin cophinus, « corbeille », en raison de sa position enfoncée.
Nant de la Coufa, cours d´eau affluent de l´Arrondine (La Giettaz, Val d´Arly, Savoie) ;
Le Couffa, lieu-dit (Ormont-Dessus, district d´Aigle, Vaud) ;
Les Couffes, alpage (La Giettaz, Val d´Arly, Savoie).

Couhaye
Lai Couhaye, lieu-dit de la commune de Lajoux (District des Franches-Montagnes, Jura), du nom d´une variété de poires autrefois très communes, nommée en patois jurassien coyaîe [Prongué].

Couillarde
La Grande Couillarde et La Petite Couillarde, fermes isolées de la Valserine, commune de Gex (Pays de Gex, Ain), du nom d´un propriétaire Couillard, à l´origine un sobriquet, nom encore présent dans la commune, du vieux français couillard, « homme viril, compagnon », du latin vulgaire *colea, latin coleus, « testicule ».

Couilles
Col des Couilles, ancien nom local du col de Barasson, 2963m, commune de Bourg-Saint-Pierre, district d´Entremont (Valais), nom qui signifierait « col des contrebandiers » [Guex].

Coumatta
La Coumatta, sommet (2049m) au-dessus de l´Etivaz (Château-d´Oex, Pays-d´Enhaut, Vaud), Coumattaz en 1906, par francisation de l´allemand Kuhmatte, « pâturage des vaches » [Jaccard].

Coumin
Coumin Dessous et Coumin Dessus, hameaux de la commune de Cheiry (District de la Broye, Fribourg), Cumyn en 1495, nom peut-être d´origine burgonde.

Coupalle, Coupeau
Colline, monticule, vieux français coupeau, ancien français coupeau, coupel, coupelle, etc., « cime, sommet en général ».
La Coupalle, hameau (Manigod, Bornes-Aravis, Haute-Savoie) ;
Le Coupeau, hameau (Les Houches, vallée de Chamonix, Haute-Savoie).

Courbevaux
Courbevaux, maison isolée de la commune de Boncourt, district de Porrentruy (Jura), « vallée courbe », composé de Courbe et de Vaux.

Courcelon
Village jurassien du district de Delémont, commune de Courroux, curtem de Curzelun en 1139, Corcelun en 1175, curtem de Corcelon en 1181, Corselun en 1243, Corsolon en 1317, nom allemand Sollendorf, Solendorff en 1320, qui dériverait d´un anthroponyme germanique *Sawilo [Prongué]. Selon Perrenot c´est un nom d´origine burgonde, *Curtis Selonis, dérivé du nom propre Selon, du germanique *sêl(i)a, « bon, heureux ».

Courchapoix
Commune et village jurassiens du district de Delémont, Corchapu au XVème siècle, Curchappoix en 1435. Les noms allemands Gebsdorf et Gebstorf dériveraient d´un anthroponyme germanique Gebo, Gibo. Le nom français en serait une corruption.

Courchavon
Commune et village jurassiens du district de Porrentruy, Corchavon en 1279, autrefois Châtel Vouhay, nom allemand encore actuellement Vogtsburg, « château du bailli », avec l´allemand Vogt, « bailli, prévôt ». Le nom français actuel est composé du latin cortis, et d´un terme chavon probablement dérivé du latin médiéval scapinus, du francique *skapin, qui a donné en français échevin, « magistrat municipal », qui correspondrait bien à l´allemand Vogt, issu du latin advocatus qui a aussi le sens de « magistrat municipal » et qui aurait été francisé en Vouhay, suivant l´évolution qui mène à avoué [Jaccard]. Les avoués en question étaient les nobles de Vendlincourt. On remarquera que le nom allemand Vogt vient du latin, alors que le français échevin est lui d´origine germanique.
Voir aussi Châtel-Vouhay, Montvoie.


Courchevel
Station de ski de la commune de Saint-Bon-Tarentaise (Savoie), par aphérèse de *Ecourchevel, voir Escorchevel.

Courfaivre
Commune et village jurassiens du district de Delémont, Curtis fabrorum, « ferme des forgerons », latin faber, « fabricant, forgeron », Corfavro en 1146, Curfavro en 1147, Corfavre en 1148.

Courgenay
Commune et village jurassiens du district de Porrentruy, Corgennart en 1139, Curtgenart en 1173, Corguinart en 1181, Corgennay en 1327, puis Corginard, Corguinard, Corginnard, Corginay, Curgenard, Corgenne et Curgener, nom allemand Jennsdorf et Gennisdorf en 1291. Selon Perrenot c´est un nom d´origine burgonde, *Curtis Gennardi du nom propre Gennard, dérivé de Gin-hardus, « très hardi », burgonde *hardus, « strict, fort ».

Courgevaux
Commune et village fribourgeois du district du Lac, écrit aussi Courgevaud au début du XXème siècle, anciens noms Corgiuul en 1055, Curgivol en 1080, Curgevolt en 1142, Corgivolt en 1173, Gorgivolt et Gorgevolt en 1215, Curgivel en 1450, Corgevoulx en 1558, nom allemand Gurwolf et Curuuolf en 1578, Cur Wolff en 1668, nom d´origine burgonde, selon Stadelmann *cort Giwulf, avec l´anthroponyme germanique attestéGiwulf, ou selon Perrenot *Curtis Gibavuld, d´un nom signifiant « généreux, qui donne avec splendeur » dérivé du burgonde *giba, « cadeau », du germanique geban, « donner », et burgonde *wulþus, « gloire », germanique *vulþu, « splendeur ».

Courlevon
Commune et village fribourgeois du district du Lac, Curlivin en 1214, Curlevon en 1428, Corlevon en 1450, Courlevoz en 1560, de Curtis et d´un anthroponyme germanique, peut-être Livinus, dérivé de Libwin, « ami de la vie », de l´ancien haut allemand lîb, « vie », et wini, « ami ».

Courmangoux
Commune et village du Revermont (Treffort-Cuisiat, arrondissement de Bourg-en-Bresse, Ain), Ecclesia de Cormangon en 1184, Cormangons vesr 1250, Cormangon vers 1350, Cormengoux en 1402, nom d´origine burgonde qui dériverait d´un primitif *Curtis Mangoldi, avec l´anthroponyme germanique Mangold, issu de *Manigwald, voir Manigod.

Courmayeur
Commune et village de la Vallée d´Aoste, De Curia Majori, « siège épiscopal principal » au XIème siècle, latin major, « plus grand », Cor en 1237, Cormoyeu en 1652, mais il peut s´agir d´une métraduction.

Cournillens
Ancienne commune et village de la commune de Misery-Courtion (District du Lac, Fribourg), Corlingino en 1000/1031, Curlinin en 1228, Curnillin avec métathèse en 1252, Cornilins en 1312, Curnellin en 1340, Curnilliens en 1369, Curnillens en 1906. En se basant sur ces dernières formes, Aebischer y voit un dérivé de *Cornelianum, adjectif substantivé du gentilice Cornelius, mais il ignore les formes plus anciennes et le nom allemand actuel Kurlin et Curulin en 1449, qui suggèrent un nom d´origine burgonde comme *Corlingos.

Couronne, Couronnes
Cirque de montagnes dont la forme évoque une couronne.
Couronne, lieu-dit (Finhaut, district de Saint-Maurice, Valais) ;
Grand Couronne, lieu-dit (Salvan, district de Saint-Maurice, Valais) ;
La Couronne, lieu-dit (Ardon, district de Conthey, Valais) ;
Couronne de Bréona, sommet, 3159m, Clocher de la Couronne, sommet, 3101m, et Col de la Couronne, 2987m (Evolène, district d´Hérens, et Grimentz, district de Sierre, Valais).
Les Couronnes, lieu-dit (Vernayaz, district de Saint-Maurice, Valais).

Couronnette
La Couronnette, maison isolée de la commune de Perroy, district de Rolle (Vaud), diminutif de couronne ou féminisation d´un patronyme Couronnet attesté en France, cf. clos Couronnet à Nogent-le-Rotrou (Eure-et-Loir).

Courrendlin
Commune et village jurassiens du district de Delémont, Rendalana Corte en 866, Rendalana Curtem en 884 devenu Currandelinim en 1179, Randelincort en 1181, Corrandlain et Rellendorf en 1184, Rennendorf en 1285, Corrandelinim en 1438, Curraldin, Correndlin en 1461, puis Correndlin. Selon Perrenot c´est un nom d´origine burgonde, *Randilani Curtis, dérivé du nom propre féminin Randila, diminutif du burgonde *rands, germanique *rand, « bouclier ».

Courroux
Commune et village jurassiens du district de Delémont, Corolt en 1148, Corul en 1308. Le nom allemand actuel Lüttelsdorf, Lütoltesdorf en 1146, Lutolsdorf en 1906, vient de l´anthroponyme germanique Lutolt [Besse], « celui qui règne sur le peuple », de *leudi, « peuple, gens », et *valdan, « celui qui règne », avec l´ancien haut allemand dorf, « village ». Le nom français est très vraisemblablement une corruption Curtis Lutoldi.

Courset
Le Courset, Cursetum en 1280, Curset en 1281, cours d´eau affluent du Rhône, diminutif avec le suffixe -et du latin cursus, « cours [d´eau] » (District d´Aigle, Vaud).

Courson, Curson
De Curtio, dérivé du gentilice Curtius [Jaccard], ou dérivé de cortis « cour domaine rural » [Bossard].
Courson, lieu-dit (Begnins, district de Nyon, Vaud) ;
Curson, Corson et Curson en 1360, Courson en 1464, hameau (Grandvaux, district de Lavaux, Vaud).

Court, Courta, Courtaz, Courtes, Courtés,
Courtet, Courtieux, Courts
Du latin curtus, « écourté, tronqué, diminué », pour qualifier un terrain de petite dimension.
Court Champ, lieu-dit (Echallens, Vaud) ;
Champ Court, maisons isolées (Montherod, district d´Aubonne, Vaud) ;
Champ Court, lieu-dit (Montaubion-Chardonney, district de Moudon, Vaud) ;
Châble Court, couloir rocheux (Arbaz et Savièse, district de Sion, Valais) ;
Courtes Rayes, ferme isolée (Torny, district de la Glâne, Fribourg) ;
Courts Champs, lieu-dit (Villaz-Saint-Pierre, district de la Glâne, Fribourg).
Avec le suffixe -eux :
Les Courtieux, lieu-dit (Ugine, Val d´Arly, Savoie).

Formes patoises :
Courta Cheneau, maisons isolée (Ballaigues, district d´Orbe, Vaud) ;
La Courtaz, hameau (Salins, district de Sion, Valais) ;
Les Courtés ou Les Courtes, lieu-dit (Bas-Vully, district du Lac, Fribourg).

Probablement avec un patronyme Courtet, à l´orogine un sobriquet pour une personne de petite taille :
Le Courtet, maisons isolées (Thônes, Bornes, Haute-Savoie).


Courtaman
Ancienne commune et village (Courtepin, district du Lac, Fribourg), Cortemant et Curtemant en 1309, Curtis Amani, domaine d´Amanus [Jaccard] ou domaine d´Amandus [Aebischer].

Courtaney
Courtaney ou Courtanay, hameau de la commune d´Avry (District de la Sarine, Fribourg), Cortane vers 1180, Cortaner en 1283, Cortaneir en 1445, pourrait être un ancien nom de domaine *Curtiniacum dérivé du gentilice Curtinius avec le suffixe -acum [Aebischer].

Courtary
Village de la commune de Courgenay, district de Porrentruy, mentionné en 1333 et 1386, disparu probablement dans les mêmes circonstances que Courtemblin. De curtis et selon Prongué du même anthroponyme germanique *Tarri, Terri que l´on retrouve dans Mont Terri.

Courtavey
Maisons isolées en clairière de la commune de Randogne (District de Sierre, Valais), de curtis et patois vey, « vieux ».

Courte Cuisse
Lieu-dit de la commune de Coinsins (District de Nyon, Vaud). Peut-être un sobriquet. Ce nom désignait une personne qui avait une jambe plus courte que l´autre. Un évêque de Genève, Jean de Courte-cuisse, né dans le Maine vers le milieu du XIVème siècle, mort à Genève en 1422, porta ce nom, mais le rapport avec ce lieu-dit est probablement fortuit.

Courtedoux
Commune et village jurassiens du district de Porrentruy, Curtis Udulphi en 814, domaine du Germain Udulphus, « loup prospère », devenu Curtedul en 1139, Courtedou en 1310, Courtedoul en 1362, nom allemand Ludolfsdorf.

Courtelary
Village, commune et district du Jura bernois, Curtis Alerici en 962, Curte Aleri en 1173, cortaleri en 1178, Coralari en 1215, Courtalary en 1295, Curtalari en 1300, Cortalari en 1308. Selon Perrenot c´est un nom d´origine burgonde, *Curtis Alarici, dérivé du nom propre Alaric, voir Alery.

Courtemaîche
Commune et village jurassiens du district de Porrentruy, Cordomasge en 1139, Cordomasche en 1145, Cordomache en 1179, Cordemaische en 1251, Curdemache en 1353, Courdemaiche en 1349 ; composé du latin médiéval cortis et peut-être de l´anthroponyme germanique Mieto selon Prongué. Mais pour Jaccard ce nom se rapporte à Miécourt, Curtem Mietiam en 866, et l´anthroponyme à l´origine de Cordomasge, Cordomasche doit être Masco, Masgo, du radical germanique *masca, « masque », devenu Masch, Masche avec un préfixe devenu do, de.

Courtemautruy
Village de la commune de Courgenay (District de Porrentruy, Jura), Curthelmaltrut en 1146, Cortemaltrut en 1152, Curtemaltrut en 1180, aussi Cortematrui, Cortematrui. Selon Perrenot c´est un nom d´origine burgonde, *Curtis Maltrut, dérivé du nom propre féminin Madaltrud, Maltrut, Malatrut, « forte pour broyer », germanique *malan, « broyer ».

Courtemblin
Village de la commune de Courgenay, district de Porrentruy, disparu vers 1639 après le passage du duc de Weimar pendant la guerre de Trente Ans, apud Cortamblen en 1254, Curtemble en 1271, Courtamblin en 1304. Selon Perrenot c´est un nom d´origine burgonde, *Curtis Amblini, dérivé du nom propre Amalwinus, gothique *Amalawins, de Amal, nom de la lignée régnant sur le peuple gothique oriental des Amelungen, et gothique *wins, « ami ».

Courtemelon
Hameau de la commune de Courtételle, district de Delémont (Jura), aussi Courtemlon en 1906, de curtis et d´un anthroponyme germanique comme Melo [Prongué].

Courtenay
Commune et village de L´Isle-Crémieu (Morestel, arrondissement de la Tour-du-Pin, Isère), Cortennacum au IXème siècle, Cortenay au XIIIème siècle, d´un nom de domaine d´origine gallo-romaine dérivé avec le suffixe -acum du gentilice Curtinius traité comme Curtinus [Nègre 1990].

Courtepin
Commune et village fribourgeois du district du Lac, Courtipin en 1259, Curtipin en 1343, Curtilpin en 1390, Curtelpin en 1436, Courtépin en 1906, anciens noms allemands Curtepin, Curtepin et Curtepy. Selon Perrenot c´est un nom d´origine burgonde, *Curtis Hilpani, du nom propre Hilpan, « l´homme secourable », du burgonde *hilps, « aide », germanique *helpan, racine indo-européenne *kelb-, *kelp-, même sens. Pour Aebischer le nom germanique est Turpinus devenu Tulpin.

Courte Queue
Lieu-dit de la commune de Boécourt, district de Delémont (Jura), « petite extrémité de terrain », voir Courte, et Queue.

Courtes
Commune et village de la Bresse (Saint-Trivier-de-Courtes, arrondissement de Bourg-en-Bresse, Ain), Cortos en 1255, Curtoz et Cortoz en 1272, Cortoux en 1359, Courtoux et Courtoz en 1416, Curtes en 1492, de cortis.

Courtételle
Commune et village Jurassiens du district de Delémont, Curtetele en 1178, Cortetele en 1184, Courtetelle en 1906, de curtis et probablement d´un anthroponyme germanique Þeudila, Þeutila, diminutif de Þeuda, du germanique *þeudô, « peuple ».

Courthoud
Patronyme Courthoud attesté dans vallée d´Aoste.
Courthoud, alpage, et Torrent de Courthoud (Ayas, allée d´Avoste) ;
Courthoud, alpage (Torgnon, vallée d´Aoste).

Courti
Crêt de Courti, sommet (1401m) de la commune des Geneveys-sur-Coffrane (District du Val-de-Ruz, Neuchâtel), probablement d´un patronyme Courti, forme patoise de Courtil, ou directement de ce mot.

Courtil, Courtille, Courtillet, Courtilloud, Curtelet,
Curtelets, Curtellet, Curtil, Curtillard, Curtille,
Curtilles, Curtillet, Curtillets, Curtillière, Curtillode,
Curtils, Curzille
Voir courtil.
Le Courtil, maison isolée (Avully, Genève) ;
Courtil Bonjean et Courtil Torin, maisons isolées, avec des patronymes (Saint-Jean-de-Sixt, Bornes-Aravis, Haute-Savoie) ;
Courtille, lieu-dit, vignes (Dardagny, Genève) ;
Curtil Blanc, avec un patronyme Blanc, hameau (Sermoyer, Bresse, Ain) ;
Curtil Bourdon, avec un patronyme Bourdon, lieu-dit (Chavannes-sur-Reyssouze, Bresse, Ain) ;
Curtille, hameau (Saint-Pierre-de-Curtille, Chautagne, Savoie) ;
Curtilles, Curtilia en 861, Curtilli en 1144, Curtili en 1162, commune et village (District de Moudon, Vaud) ;
Les Curtils, maisons isolées (Cerniat, district de la Gruyère, Fribourg) ;
Les Curtils, Village de Curtil en 1675, Village des Curtils en 1763, hameau (Montrevel-en-Bresse, Bresse, Ain).
Avec le suffixe collectif -ard :
Le Curtillard, hameau (La Ferrière, Belledonne, Isère).

Avec le suffixe collectif -ère :
Curtillière, Curtellieres en 1439, Les Curtillières en 1911, hameau (Servignat, Bresse, Ain) ;
La Curtillière, Villa de la Curtiliri en 1345, La Curtilliri et Curtelleria vers 1410, Curteliere en 1677, hameau (Montrevel-en-Bresse, Bresse, Ain).

Avec les suffixes -ode, -oud :
Courtilloud, bois (Fey, district d´Echallens, Vaud) ;
La Curtillode, maison isolée du vignoble (Bursins, district de Rolle, Vaud).

Diminutifs avec le suffixe -et :
Le Courtillet, maisons isolées (Pizy, district d´Aubonne, Vaud) ;
Curtelet, hameau (Saint-Germain-sur-Renon, Dombes, Ain) ;
Le Curtelet, hameau (Lépin-le-Lac, Avant-Pays savoyard, Savoie) ;
Les Curtelets, hameau (Chanoz-Châtenay, Dombes, Ain) ;
Curtellet, maison isolée (Valpelline, vallée d´Aoste) ;
Le Curtillet, lieu-dit (Baulmes, district d´Orbe, Vaud) ;
Les Curtillets, hameau (Beaufort-sur-Doron, Beaufortain, Savoie).

Peut-être de même origine :
Curzille, maisons isolées (Aubonne, Vaud).


Courtion
Ancienne commune et village (Misery-Courtion, district du Lac, Fribourg), nom allemand Curtion et Cortiun en 1138, Cortium en 1148, Cortion en 1285, Cortyon en 1453, Curtyon en 1483, serait un primitif *Curtis Teudonis au XIème siècle, du nom de personne germanique *Þeudo ou Teodo, du germanique *þeudô, « peuple ».

Courtouphle
Hameau de la commune de Matafelon-Granges (Izernore, Haut-Bugey, Ain), Corthoflo en 1306, Cortoflo en 1337, Cortofle en 1582, d´un primitif *Curtis Adolfi [Philipon], de l´anthroponyme germanique Adalwolf, Adalwulf, « loup noble », de l´ancien haut allemand adal, « [noble] lignée », et wolf, « [qui a le courage du] loup ».

Courtraits
Les Courtraits, lieu-dit de la commune de Bex, district d´Aigle (Vaud), pourrait être un composé de Court, et trait, du latin tractus, « quartier, coin de terre, endroit ».

Courvieux
Le Courvieux, lieu-dit de la commune de Martigny (Valais), pourrait être un composé de Court et vieux.

Coussiberlé
Hameau de la commune de Courlevon (District du Lac, Fribourg), ancienne commune Cursibellay en 1415, Corsibellay en 1425, Cursiberlex en 1558, noms allemands Cussiberle, Guschubürli, peut-être de cortis et d´un anthroponyme indéterminé.

Coutaches
Les Coutaches, chalets ruinés de la commune de Saint-Martin-de-Belleville, (Tarentaise, Savoie), cacographie de coutasses, « petites côtes », selon Gros.

Coutafaillat
Hameau de la commune de Beaufort-sur-Doron (Beaufortain, Savoie), nom composé de Couta, « côte », et d´un terme probablement de même origine que Failat, « hêtre ».

Coutarse
Coutarse, chalet isolé, et Forêt de Coutarse (Ecole, Bauges, Savoie), nom signifiant « côte brûlée [par le soleil] », voir Coûta et Arse.

Couteray, Couteron
Bonnes terres labourables, terres mises en culture. Latin cultura, « culture », cultus, « culture du sol, travail du laboureur, labour, labourage ». Peut-être aussi du vieux français coutre, latin culter, « couteau de charrue ».
Le Couteray, anciennement Coutaret et Couteret (Vallorcine, vallée de l´Eau Noire, Haute-Savoie) ; pour Boyer, c´est un dérivé du patois coutra, « coudrier », avec le suffixe collectif se rapportant à la flore -ay ;
Couteron, maisons isolées (Peney-le-Jorat, district d´Oron, Vaud).

Coutset
Sommet, petite éminence, voir le mot régional coutset.
Le Coutset, hameau (Nuvilly, district de la Broye, Fribourg).

Couture, Coutures, Culturaz, Cutres
Ancien français couture, cuture, « champ labouré, terre cultivée et ensemencée », latin cultura, « culture du sol ».
Couture Berthet, lieu-dit (Ordonnaz, Bugey, Ain) ;
Les Coutures, lieu-dit (Colombier, district de Boudry, Neuchâtel).
Forme patoise :
Chemin de la Culturaz (Lutry, district de Lavaux, Vaud).

Peut-être de même origine :
Les Cutres, vignoble (Bas-Vully, district du Lac, Fribourg).


Couturier
Arête Couturier, crête, et Crêt Couturier, sommet, 1551m (La Balme-de-Thuy, Bornes, Haute-Savoie), avec un patronyme Couturier, nom de métier.

Couvaloup, Couva Loup, Couvaloux, Covaleux
Déformation du latin cum vallem, cum *vallonem, « dans un vallon » [Jaccard]. Pour Bossard, c´est un endroit reserré où coulait souvent un ruisseau, nom d´origine inconnue.
Couvaloup, clausum Couvalou et Covalau en 1227, Couvalou en 1233, Convaloux en 1325, Covaloz en 1318, quartier de Lausanne (Vaud) ;
Couvaloup de Crans, usque in convallem de Balenda en 1202, alpage, et Bois de Couvaloup, forêt (Gingins, district de Nyon, Vaud) ;
Couvaloup de Saint-Cergue, maison d´alpage (Saint-Cergue, district de Nyon, Vaud) ;
Couva Loup, hameau (Messery, Bas-Chablais, Haute-Savoie) ;
Couvaloux, Couveloup en 1890, lieu-dit (Chêne-Bougeries, Genève) ;
Covaleux, hameau (Le Grand-Bornand, Bornes-Aravis, Haute-Savoie).

Couvent
Soit un bien ayant appartenu à un couvent, soit une dénomination ironique. Du latin ecclésiastique co[n]ventus, « communauté de religieux », latin classique conventus, « assemblée ».
Le Couvent, forêt (Tramelan, district de Courtelary, Jura bernois) ;
Le Couvent, maison isolée (Provence, district de Grandson, Vaud).

Couvercle
Refuge du Couvercle, refuge du glacier de Trélatête, le refuge primitif étant abrité sous une grande dalle de granit, la Pierre du Couvercle ; nom monté à la Tête du Couvercle, sommet, 2735m.

Couvert
Dans la vallée de Joux, abri, souvent à proximité d´un point d´eau ou d´une citerne, ancien français couvert, « ce qui couvre, lieu couvert, toiture ».
Couvert de la Sèche de Gimel, maison isolée (Le Brassus, district de la Vallée, Vaud).

Covagne, Covagnes, Covagnet, Covagniers, Covagnin,
Covagny, Cuvigne, Cuvigné, Cuvignette
Mot régional covagné, « vieux sapin branchus », [Pégorier], patois covagné, « arbre, sapin creux, arbre renversé et pourri de vétusté » [Martignier], peut-être du latin cavus, « creux, creusé ».
La Covagne, ruines (Praz-sur-Arly, Haut-Faucigny, Haute-Savoie) ;
Les Covagnes, alpage (Abondance, Val d´Abondance, Haute-Savoie) ;
Bois des Covagnes, forêt (Megève, Haut-Faucigny, Haute-Savoie) ;
La Cuvigne Dessous et La Cuvigne Dessus, maisons isolées en clairière (Gruyères, district de la Gruyère, Fribourg) ;
Cuvigne Derrière et Cuvigne Devant, alpages (Montbovon, Haut-Intyamon, district de la Gruyère, Fribourg).
Diminutifs avec les suffixes -et, -ette :
Covagnet, hameau (Sallanches, Haut-Faucigny, Haute-Savoie) ;
Le Covagnet, forêt, nom monté à la Pointe de Covagnet, 2681m, et au Glacier de Covagnet (Les Contamines-Montjoie, Val Montjoie, Haute-Savoie) ;
La Cuvignette, lieu-dit près de Cuvigne Devant, maison isolée (Montbovon, Haut-Intyamon, district de la Gruyère, Fribourg).

Diminutif avec le suffixe -in :
Le Covagnin, alpage (Sixt-Fer-à-Cheval, Faucigny, Haute-Savoie).

Avec le suffixe collectif -ier :
Les Covagniers, lieu-dit en forêt (Le Petit-Bornand-les-Glières, Faucigny, Haute-Savoie).

Avec le suffixe collectif -é :
Cuvigné, maison isolée (Albeuve, Haut-Intyamon, district de la Gruyère, Fribourg).

Avec le suffixe collectif -y :
Le Covagny, forêt déclive (Vallon de Montriond, Chablais, Haute-Savoie).

Voir aussi Treycovagnes.


Covasserie
La Covasserie, hameau de la commune d´Habère-Poche (Chablais, Haute-Savoie), dérivé avec le suffixe collectif -erie du patois covasses, « mottes de terre que l´on met en tas pour l´écobuage » [Künzi 1997], voir Fornache.

Covatannaz, Covatanne
Grotte dans un creux, voir Covaz, « creux », et Tanne, « grotte ».
Chemin de Covatannaz, du nom d´un cours d´eau encaissé, Covatana en 1357 (Romanel-sur-Lausanne, district de Lausanne, Vaud) ;
Covatanne, lieu-dit, carrières de tuf, et Gorge de Covatanne, aussi Covatannaz, creusée par l´Arnon (Sainte-Croix, district de Grandson, Vaud).

Covy
Grand Covy, lieu-dit en forêt de la commune d´Orsières (District d´Entremont, Valais), du patois valaisan covi, « sapin très conique, en général isolé, dont les branches basses s´étendent à ras du sol ».

Cozance
Nom dérivé avec le suffixe -ance d´une racine préceltique hydronymique *cosa- qu l´on rencontre dans de nombreux cours d´eau.
La Cozance, Rivus qui Cosantia nuncupatur en 1137, Quusanci et Cusancie en 1213, La Cousance en 1911, cours d´eau affluent du Seymard (Ambronay et Douvres, Bugey, Ain) ;
Cozance, peut-être en Cosancin en 1430, hameau (Douvres, Bugey, Ain) ;
Grand Cozance et Petit Cozance, hameaux (Trept, Les Balmes Dauphinoises, Isère).

CP
Passage du CP, passage délicat sur l´arête SSO du Grépon, vaincu par Pierre Charlet et Prosper Payot qui y peignirent leurs initiales en rouge en signe de victoire, et Terrasse du CP [Boyer] (Aiguilles de Chamonix, massif du Mont-Blanc, Haute-Savoie).

Crâ, Crau, Crausa, Crausaz, Crause,
Crauses, Craux, Creusa, Creusaine, Creusats,
Creusaz, Creuse, Creuses, Creuset, Creusettes,
Creusiers, Creusis, Creuson, Creusot, Creux,
Creuze, Croisets, Croisette, Croisettes, Cros,
Crosa, Crosaillon, Crosat, Crosats, Crosattaz,
Crosayes, Crosaz, Crose, Crosé, Croses,
Croset, Crosets, Crosetta, Crosette, Crosettes,
Crosex, Croson, Crosses, Crossettes, Crou,
Croue, Crouet, Crouey, Crouja, Crous,
Crousa, Crousaz, Croux, Croz, Crozat,
Crozats, Crozattes, Croze, Crozes, Crozet,
Crozette, Crozot, Crua, Crusaz
1. Endroit creux ou concave, vallon encaissé, creux d´eau, mare où l´on abreuve les bestiaux, trou, fosse. Ancien français crues, « creux plus ou moins profond », creus, « profondeur », adjectif cruose, « creuse, creux », roman cros, croz, crotz, « trou », latin vulgaire *crosus, *crosa, « creux », celtique *crosu, *croza, « marmite » ou « creuset », et aussi préceltique *crosa, « vallée profonde » [Nègre 1990].
Français creux, « dépression » :
Le Creux, maison isolée (Cerniat, district de la Gruyère, Fribourg) ;
Le Creux, ex Crotula au Xème siècle, hameau (Replonges, Bresse, Ain) ;
Le Creux au Loup, lieu-dit (Les Genevez, district des Franches-Montagnes, Jura) ;
Creux des Pierres ou Crau, maisons isolées en clairière (Le Mouret, district de la Sarine, Fribourg) ;
Creux de Ville, lieu-dit (Cormoret, district de Courtelary, Jura bernois) ;
Creux du Loup, lieu-dit (Léchelles, district de la Broye, Fribourg) ;
Le Creux du Loup, vallon (Mont Veyrier, Annecy, Haute-Savoie) ;
Creux Sale, lieu-dit (La Chaux-des-Breuleux, district des Franches-Montagnes, Jura) ;
Ruisseau du Creux, affluent de l´Arbogne (Montagny, district de la Broye, Fribourg).

Patois crau, cro, crouè, « creux, dépression de terrain, cavité » :
Au Crâ, maison isolée (Saint-Martin, district de la Veveyse, Fribourg) ;
Crau, lieu-dit (Le Glèbe, district de la Sarine, Fribourg) ;
Crau Cru, lieu-dit (Moiry, district de Cossonay, Vaud) ;
Le Craux, maisons isolées (Treyvaux, district de la Sarine, Fribourg) ;
Les Craux, maison isolée (Charmey, district de la Gruyère, Fribourg) ;
Les Crosses, alpage (Vouvry, district de Monthey, Valais) ;
Le Crou, hameau en clairière (Evolène, district d´Hérens, Valais) ;
Le Crou et Creux du Croue, redondance, alpages (Arzier, district de Nyon, Vaud) ;
Le Crouet derrière et le Crouet devant, alpages (Saint-Gervais-les-Bains, Val Montjoie, Haute-Savoie) ;
Crouja, maisons isolées en forêt, et Vallon de Crouja, lieu-dit (Vercorin, Chalais, district de Sierre, Valais) ;
Les Crous ou Les Craux, hameau (Vuadens, district de la Gruyère, Fribourg) ;
Croux, lieu-dit (Randogne, district de Sierre, Valais) ;
Les Croux, lieu-dit (Grône, district de Sierre, Valais) ;
Praz Croux, alpage (Nus, vallée d´Aoste) ;
Le Croz d´en Bas, ruine, et Le Croz d´en Haut, alpage (Verchaix, Faucigny, Haute-Savoie) ;
Croze, hameau (Bénonces, Bugey, Ain) ;
La Croze, hameau (Versailleux, Dombes, Ain) ;
Les Crozes, hameau (Joyeux, Bresse, Ain) ;
La Crua, alpage (Ormont-Dessus, district d´Aigle, Vaud) ;
Crouey Tsan maisons isolées en clairière (Randogne, district de Sierre, Valais).

Ancien français creuset, crueset, « petit creux », avec les suffixes diminutifs -et, -ette :
Creuset de la Haie, lieu-dit (Bessans, Haute-Maurienne, Savoie) ;
Croset Derrière, Gros Croset et Petit Croset, alpages, et Vanil du Croset, chaînon (Charmey, district de la Gruyère, Fribourg) ;
Les Crosets, hameau, et Collines des Crosets, sommet, 2033m (Val-d´Illiez, district de Monthey, Valais) ;
Crozet, Croset en 1332, Apud Crozetum en 1437, commune et village du Pays de Gex (Arrondissement de Gex, Ain) ;
La Crozette, maisons isolées au bord du lac (Messery, Bas-Chablais, Haute-Savoie).

Avec le suffixe diminutif -on :
Le Creuson, ruisseau affluent de la Versoix (Collex-Bossy, Genève) ;
Le Croson, alpage (Vuadens, district de la Gruyère, Fribourg).

Avec le suffixe diminutif -ot :
Le Creusot, lieu-dit (Leytron, district de Martigny, Valais) ;
Le Crozot, alpage (Le Locle, Neuchâtel).

Avec le suffixe collectif patois -at, ou bas latin crosatus, « creux, encaissé » :
Les Creusats, lieu-dit (Val Ferret, Orsières, district d´Entremont, Valais) ;
Le Crozat, hameau (Saint-Gervais, Haut-Faucigny, Haute-Savoie) ;
Les Crozats, hameau (Lélex, Pays de Gex, Ain) ;
Les Crozattes, forêt (Pougny, Pays de Gex, Ain).

Avec le suffixe diminutif -et :
Le Crozatet, lieu-dit (Saint-Vital, Combe de Savoie, Savoie).

Avec le suffixe collectif ou péjoratif -aille et le suffixe diminutif -on :
Le Crosaillon, maison isolée (Sainte-Croix, district de Grandson, Vaud).

Dérivés avec les suffixes collectifs -aye, -is, -ex :
Les Creusis, lieu-dit (Verbier, Val de Bagnes, Valais) ;
Les Crosayes, lieu-dit (Arolla, Evolène, district d´Hérens, Valais) ;
Le Crosex, lieu-dit (Ormont-Dessus, district d´Aigle, Vaud).

Avec le suffixe collectif -ier, plus probablement d´un ancien patronyme Creusier, variante de Crosier, très répandu dans la commune de Finhaut en combinaison avec Gay, Guex :
Les Creusiers, maison isolée en clairière (Le Châtelard, vallée du Trient, Valais).

2. Patois romand crausa, « montée ou descente rapide par un terrain plein de creux, semblable à un ravin », et adjectif féminin crauza, croza, « creuse », même étymologie.
La Crausa, hameau, du nom du cours d´eau qui le traverse (Barberêche, district du Lac, Fribourg) ;
En Crausaz ou En Crause, anciennement Crausa, hameau (Gollion, district de Cossonay, Vaud) ;
La Crause, maison isolée (Vuissens, district de la Broye, Fribourg) ;
La Grande Crause ou Grande Crausa, maisons isolées (Vuarmarens, district de la Glâne, Fribourg) ;
Les Crauses, alpage (Vallon de l´Hongrin, Château-d´Oex, Pays-d´Enhaut, Vaud) ;
La Creusaz, hameau (Salvan, district de Saint-Maurice, Valais) ;
Creusaz, hameau, et Col de Creusaz, 1175m (Bernex, Chablais, Haute-Savoie) ;
La Creuse, maisons isolées (Moutier, Jura bernois) ;
Lai Creuse, lieu-dit (Lajoux, district des Franches-Montagnes, Jura) ;
Tsa Creuse, alpage (Saint-Nicolas, vallée d´Aoste) ;
Creuze, hameau au bord de l´Arve (Vétraz-Monthoux, Annemasse, Haute-Savoie) ;
Les Creuses, hameau et lieu-dit en forêt (Jussy, Genève) ;
Le Crosa, lieu-dit en forêt (Châtel-Saint-Denis, district de la Veveyse, Fribourg) ;
La Crosaz, hameau (Giez, Pays de Faverges, Haute-Savoie) ;
Le Crosat, alpage (Fontanezier, district de Grandson, Vaud) ;
Les Crosats, alpage (Les Mosses, Ormont-Dessous, district d´Aigle, Vaud) ;
La Crose, lieu-dit (Montréal-la-Cluse, Haut-Bugey, Ain) ;
Combe Crose, vallon en forêt (Méaudre, Vercors, Isère) ;
Crosé, alpage (Bionaz, vallée d´Aoste) ;
Les Croses, hameau (Contamine-sur-Arve, Faucigny, Haute-Savoie) ;
La Crousa, pâturage (Saint-Martin, district d´Hérens, Valais) ;
Bourg de Crousaz, hameau (Chexbres, district de Lavaux, Vaud) ;
La Crusaz, faubourg (Morzine, Chablais, Haute-Savoie).

Diminutifs avec les suffixes -et, -ette ou la forme patoise -ettaz :
Creusettes, lieu-dit (Satigny, Genève) ;
Les Croisets, lieu-dit (Chens-sur-Léman, Bas-Chablais, Haute-Savoie) ;
Pas de Croisette, lieu-dit (Les Crosets, Val-d´Illiez, district de Monthey, Valais) ;
Les Croisettes, Crosetes en 1233, quartier (Epalinges, district de Lausanne, Vaud) ;
La Crosattaz, forêt déclive (Bonneval, Tarentaise, Savoie) ;
La Crosetta, hameau (Le Mouret, district de la Sarine, Fribourg) ;
La Crosette, lieu-dit (Vich, district de Nyon, Vaud) ;
Grandes Crosettes et Petites Crosettes, Crossettes sur la carte Siegfried, lieux-dits (La Chaux-de-Fonds, Neuchâtel) ;
La Crossettes, clairière (Saxon, district de Martigny, Valais).

3. Patois jurassien craux, « terrain pierreux, rocailleux, avec des emposieux » [Prince].
Sous les Craux, alpage (Les Bois, district des Franches-Montagnes, Jura).

Avec le suffixe -aine :
Creusaine, lieu-dit (Boécourt, district de Delémont, Jura).

Mot régional cros, « excavation, enfoncement, trou » [Pégorier] :
Cros des Fourches, Cros du Buis, Cros Couronne, lieux-dits (Vernas, L´Isle-Crémieu, Isère) ;
Bois du Cros, lieu-dit en forêt (Champdor, Haut-Bugey, Ain) ;
Chalet du Cros, ruines (Besse, Oisans, Isère) ;
Combe du Cros, lieu-dit en montagne (Le Périer, Valbonnais, Isère).

Avec le suffixe -an :
Crosan, source (Saint-Baudille-de-la-Tour, L´Isle-Crémieu, Isère).


Crâche
Hameau de Saint-Julien-en-Genevois (Haute-Savoie), Grache sur la Carte de Cassini, Crache sur la Carte Nationale, nom d´origine inconnue.

Crachier
Commune et village (Bourgoin-Jallieu, arrondissement de la Tour-du-Pin, Isère), Crachies au XIIème siècle, Cracheytz et Crachiacum au XVème siècle, d´un nom de domaine d´origine gallo-romaine dérivé avec le suffixe -acum du nom d'homme gaulois Craxsius, gaulois *craxo-, « crapaud ».

Craiboinon
Maison isolée de la commune de Fahy, district de Porrentruy (Jura), composé de Crât et d´un patronyme local Boinon diminutif du patois Bouènaîd, « Bernard » [Prongué].

Craie, Craieux
De l´ancien français régional craie, « terrain rocailleux dont le sous-sol est très calcaire » [Prongué].
En Craie, clairière (Charmoille, district de Porrentruy, Jura) ;
La Craie, lieu-dit (Chevenez, district de Porrentruy, Jura).
Avec le suffixe -eux :
Fin de Craieux, lieu-dit (Grandval, district de Moutier, Jura bernois).

Voir aussi Grille.


Craivavers
Pour Jaccard, c´est un composé du patois crevâ, « crever », et du vieux français veel, « veau ».
Le Craivavers, Crevaveel en 1267, Craivavert en 1906, cours d´eau affluent de la Bressonne (Savigny, district de Lavaux, Vaud) ;
Chemin de Craivavers (Lausanne, Vaud).

Craloup
Le Craloup, crête boisée de la commune de Muriaux, district des Franches-Montagnes (Jura), composé de « le Cras aux Loups » [Prongué].

Cramots, Cramoux
Mot régional cramot, « étable à cochons et à chèvres », c´est aussi un patronyme.
Les Cramots, alpage (Samoëns, Faucigny, Haute-Savoie) ;
Cramoux, Cramot en 1274, lieu-dit (Palézieux, district d´Oron, Vaud) origine inconnue.

Cran, Cran-Gevrier, Crans
Français régional masculin cran, « entaille », voir l´étymologie d´Encrena. Ces noms pourraient désigner une combe allongée et resserrée.
Pont de Cran, maison isolée, et La Cran, lieu-dit (Vicques, district de Delémont, Jura) ;
Cran, ancien hameau (Cran-Gevrier, Annecy, Haute-Savoie) ;
Les Châteaux de Cran, arête rocheuse (Désert de Platé, Sixt, Faucigny, Haute-Savoie) ;
Cran-Gevrier, Gevrier jusqu´en 1902, commune et ville près d´Annecy (Seynod, arrondissement d´Annecy, Haute-Savoie) ;
Les Crans, lieu-dit (Buix, district de Porrentruy, Jura).

Crangeat
Hameau de la commune d´Attignat (Montrevel-en-Bresse, Bresse, Ain), Crangia et Apud Crangiacum vers 1335, de Cragiaco en 1397, Crangeac en 1535, Crangiat et Crangiac en 1554, pourrait être issu d´un nom de domaine d´origine gallo-romaine *Grangiacum, dérivé avec le suffixe -acum du gentilice Grangius, avec assourdissement du son [g] en [k].

Crans, Crans-près-Céligny, Crans-sur-Sierre
Pourrait être un nom d´origine burgonde, qui dériverait d´un primitif *Grâdingos, « chez les Grâdingi », dérivé du nom propre Grado, issu du burgonde *gredus, « faim », germanique *grêdu, « avidité, faim » [Perrenot].
Crans, Crant vers 1259, Crans en 1433, Cran en 1699, commune et village de la Dombes (Chalamont, arrondissement de Bourg-en-Bresse, Ain) ;
Crans-près-Céligny, Cranos en 1009 (douteux), Crans en 1019-1036, Cranz en 1219, Craanz en 1224, Crant en 1236, Cran en 1300 et sur la Carte de Cassini, commune et village (District de Nyon, Vaud) ;
Crans-sur-Sierre, Cran et les Crans en 1906, village (Chermignon et Lens, district de Sierre, Valais).

Cranves
Village de la commune de Cranves-Sales (Annemasse, Haute-Savoie), in dominationis villis Cranavis en 991-1025, Cranves en 1339, d´un nom de domaine d´origine gallo-romaine *villa Cranava, un composé d´un vieux celtique *caran, « chêne », et ava, « eau » selon Wipf cité par Künzi 1997. Cette interprétation est douteuse, la villa portant habituellement le nom du propriétaire, qui pourrait être un gaulois.

Crapauds
Fontaine des Crapauds, lieu-dit en forêt de la commune de Boudry (Neuchâtel), Fontaine des But en 1441, Fontaine des Bout en 1545, avec le nom patois du crapaud bô, bot, l´étymologie de crapaud étant inconnue.

Crapauteires
Les Crapauteires, lieu-dit de la commune de La Roche, district de la Gruyère (Fribourg), probablement une crapaudière, lieu fréquenté par les crapauds (Bufo bufo), avec le suffixe collectif -eire.

Crapéou
Hameau de la commune de Conzieu (Bugey, Ain), Craypayeu en 1359, Crapayou en 1385, Crapeyacus en 1429, Crappeu en 1563, Crappeou en 1650, d´un nom de domaine d´origine gallo-romaine dérivé avec le suffixe -acum d´un gentilice indéterminé.

Cras, Crât, Cratan, Crâtan, Cratat,
Crâtat, Crâte, Crats, Crâts
Patois jurassien crât, qui désigne soit un talus, soit un ravin ou un terrain pentu, mot dérivé de Crêt par commutation des voyelles e et a courante dans le Jura.
Cras de Pavillon, colline (Courtételle, district de Delémont, Jura) ;
Cras-des-Fourches, lieu-dit (Delémont, Jura) ;
Les Cras, lieu-dit (Develier, district de Delémont, Jura) ;
Crât Rossat, avec le patronyme Rossat (Moutier, Jura bernois) ;
Le Cratan, lieu-dit (La Chaux-des-Breuleux, district des Franches-Montagnes, Jura) ;
Crâtan, lieu-dit (Les Pommerats, district des Franches-Montagnes, Jura) ;
La Crâte, lieu-dit (Soubey, district des Franches-Montagnes, Jura) ;
Côte aux Crats, lieu-dit en forêt (Les Pommerats, district des Franches-Montagnes, Jura) ;
Derrière les Crâts, lieu-dit en forêt (Les Bois, district des Franches-Montagnes, Jura).
Avec le suffixe diminutif jurassien -at :
Au Cratat, lieu-dit (Courtételle, district de Delémont, Jura) ;
Crâtat Loviat, avec le patronyme jurassien Loviat, maisons isolées (Muriaux, district des Franches-Montagnes, Jura).


Cras, Cras-sur-Reyssouze, Craz
Dans l´Ain, cras, craz désignent une terre crayeuse [Pégorier].
La Cras, La Craz en 1911, hameau (Montcet, Bresse, Ain) ;
Les Cras, Terra sita in Cra vers 1335, hameau (Viriat, Bresse, Ain) ;
Cras-sur-Reyssouze, Ecclesia de Cra vers 1250, De Crasso en 1272, Cura de Craz vers 1344, Cras en 1355, Craz en 1504, commune et village de la Bresse (Montrevel-en-Bresse, arrondissement de Bourg-en-Bresse, Ain) ;
Craz, hameau (Châtillon-en-Michaille, Michaille, Ain) ;
Craz, Cura de Craz vers 1344, Cra en 1461, Craz en Michaille en 1577, ancienne commune et village (Injoux-Génissiat, Michaille, Ain) ;
La Craz, hameau (Sauverny, Pays de Gex, Ain) ;
Les Craz, loco dicto en laz Cra en 1497, lieu-dit (Farges, Pays de Gex, Ain).
Peut-être de même origine :
La Craz, lieu-dit (Thônex, Genève) ;
Nant de Craz, cours d´eau affluent du Lac d´Annecy (Talloires, Bornes, Haute-Savoie).

Selon von Wartburg, franco-provençal cra, « crête de montagne, monticule, talus » :
Cras, capella de Cras au XIème siècle, commune et village du Sud du Grésivaudan (Tullins, arrondissement de Grenoble, Isère) ;
Le Cras, cours d´eau affluent de l´Ainan (Bilieu, Pays voironnais, Isère).


Crasaz
La Crasaz, lieu-dit au pied des falaises de la commune de Vernay (District de Broye, Fribourg), d´un ancien mot régional romand crasa, crase, qui désignait des falaises ou des escarpements instables, sujets à des effondrements subits, comme les falaises du Rhône ou de l´Arve à Genève. Mot issu du moyen anglais crasen, « briser, mettre en morceaux », du vieux scandinave krassa, « broyer », que l´on retrouve dans le français écraser [Jaccard].

Crase
Mots régionaux de Savoie crasa, crase, craso, « vallon, ravin » [Pégorier]. Probablement du latin vulgaire *crosus, *crosa, « creux », celtique *crosu, *croza, « marmite » ou « creuset ». Sur la Carte IGN, ce terme désigne des cours d´eau affluents du Ponturin dans la commune de Peisey-Nancroix (Tarentaise, Savoie).
Crase du Moulin, Crase de la Teppe d´Amont, Crase de la Teppe d´Aval et Crase de Saint-Victor, cours d´eau affluents du Ponturin (Peisey-Nancroix, Tarentaise, Savoie).

Crassier, Crassy
Noms de domaine d´origine gallo-romaine *Craciacum, dérivés avec le suffixe -acum du gentilice Crassius issu du cognomen Crassus, ou Cracius issu du cognomen Cracus d´origine barbare. Crassier et Crassy étaient un seul et même village, qui fut partagé entre Berne, qui occupait le Pays de Vaud, et la Savoie, qui occupait le Pays de Gex, au traité de Lausanne en 1564. Les lettrés appelaint le village plutôt Crassier, les gens du peuple plutôt Crassy.
Crassier, in villa Craciaco en 1110, Ecclesia de Craciaco au XIIème siècle, de Craceio en 1123, Cracei en 1164, Craci en 1179, Cracie au XIIème siècle, Cura de Cracier vers 1344, etc., commune et village (District de Nyon, Vaud) ;
Crassy, Creysie en 1234, Cracie en 1238, Craciacus et Cracier en 1487, Crassy en 1670, Crassier en 1887, village (Vésenex-Crassy, Pays de Gex, Ain) ;
Crassy, lieu-dit en forêt (Mieussy, Faucigny, Haute-Savoie).

Cravate
La Cravate, lieu-dit sous le sommet du Jallouvre (Le Petit-Bornand-les-Glières, Faucigny, Haute-Savoie), nommé ainsi parce que la neige y reste longtemps et fait comme une cravate. Français cravate, variante ancienne de croate.

Cray, Crayets, Cré, Crest, Crestes,
Cret, Crêt, Créta, Crêta, Crêtà,
Crétallaz, Crétasse, Crêtasses, Crétat, Crêtat,
Crétau, Crétause, Crêtaux, Cretaz, Crétaz,
Crêtaz, Crête, Crêté, Crêtée, Crêtel,
Crétel, Crêtelet, Cretelly, Crétels, Crêtels,
Crétes, Crêtes, Crêtés, Crétet, Crêtet,
Crétets, Crêtets, Crétette, Crêtette, Crêtex,
Cretillon, Crêtis, Crétolet, Crétolliet, Créton,
Crèton, Crètons, Crétoux, Créts, Crêts,
Cretta, Crettaux, Crettaz, Crette, Cretté,
Crettelle, Crettes, Cretton, Crey, Creys,
Creys-Mépieu, Cris, Cry, Crys
Crête, hauteur, sommet, ou simplement petit plateau, petit replat, ou encore pente raide. Peut aussi désigner un terrain pierreux ou de mauvaise qualité. Ancien français creste, « terrain élevé », bas latin crestum, cristum, « crêt », forme masculinisée du latin crista, « crête d´un oiseau, aigrette », puis « sommet d'une montagne ».
Français crête, « sommet, dépassement, partie supérieure », et aussi ancien français crete, « masure, ferme » :
Crête, hameau (Vandoeuvres, Genève) ;
Les Crétes, alpage (Les Diablerets, Ormont-Dessus, district d´Aigle, Vaud) ;
Les Crêtes, Cretes en 1764 (Montreux, district de Vevey, Vaud).

Français régional crêt, « escarpement dominant une combe », ou selon Pégorier « crête, chaîne de montagnes », doublet masculin de crête. Dans la région du Jura, « arête rocheuse, sommet » :
Le Cret, hameau (Cohennoz, Val d´Arly, Savoie) ;
Le Crêt, Crest en 1554, peut-être Recretum en 1131, hameau (Péron, Pays de Gex, Ain) ;
Le Crêt, in villa Crete en 912, Cret en 1401, de Cresto en 1497 (Pougny, Pays de Gex, Ain) ;
Le Crêt, De Cresto de Sergier en 1397 (Sergy, Pays de Gex, Ain) ;
Crêt de Mai, Crédimé au XIXème siècle, colline boisée (Berolle, district d´Aubonne, Vaud) ;
Créts Delley, hameau (Granges, district de la Veveyse, Fribourg) ;
Les Crêts, lieu-dit (Finhaut, district de Saint-Maurice, Valais) ;
Les Hauts Crêts, lieu-dit (Vandoeuvres, Genève).

Vieux français crest, même sens :
Crest, hameau (Ayas, vallée d´Aoste) ;
Le Crest, hameau (Crest-Voland, Val d´Arly, Savoie) ;
Crest d´El, peut-être un ancien crestel, hameau (Collex-Bossy, Genève) ;
Château du Crest, arasé en 1475 après la bataille de la Planta (Ardon, district de Conthey, Valais) ;
Les Crestes ou Les Crestés, petit bois (Allinges, Bas-Chablais, Haute-Savoie).

Mots régionaux créta, crétaz, « crête » [Pégorier], patois cret, cretta, créta, même sens :
Créta, colline (Lucens, district de Moudon, Vaud) ;
La Créta, lieu-dit, et Petite Créta, hameau (Forel, Vernay, district de la Broye, Fribourg) ;
La Crêta, colline (Sottens, district de Moudon, Vaud) ;
Bella Crêta, pâturage (Collonges, district de Saint-Maurice, Valais) ;
Hauta Crêta, clairière (Ollon, district d´Aigle, Vaud) ;
La Crêtà, hameau en clairière (Martigny-Combe, district de Martigny, Valais) ;
La Crétat, lieu-dit (Curtilles, district de Moudon, Vaud) ;
La Crêtat, lieu-dit (Neyruz, district de la Sarine, Fribourg) ;
Cretaz, hameau (Breuil, Valtournenche, vallée d´Aoste) ;
Crétaz, hameau (Valtournenche, vallée d´Aoste) ;
Crêtaz, hameau (Les Houches, vallée de Chamonix, Haute-Savoie) ;
Crêtaz d´Asse, lieu-dit (Mollens, district de Sierre, Valais) ;
Les Crêtis, lieu-dit (Le Châtelard, district de la Glâne, Fribourg) ;
La Cretta, pâturage, Mayens de la Cretta, Le Tsalè de la Cretta, Remointse de la Cretta, alpages, Palanche de la Cretta, sommet, 2927m, et Basset de la Cretta, col, 2869m (Evolène, district d´Hérens, Valais) ;
La Crettaz, hameau (Isérables, district de Martigny, Valais) ;
Crette de la Gouille (Val Ferret, Orsières, district d´Entremont, Valais) ;
Cretté de la Perche, sommet (Val Ferret, Orsières, district d´Entremont, Valais) ;
Cretelly, lieu-dit (Corbeyrier, district d´Aigle, Vaud) ;
Les Crettes, lieu-dit (Bourg-Saint-Pierre, district d´Entremont, Valais).

Diminutifs avec les suffixes -el, -elle ou ancien français crestel, cretel, « créneau, meurtrière » :
Le Crétel, Au Grettel en 1906, bois marécageux (Noville, district d´Aigle, Vaud) ;
Le Crêtel, Cretel de la Sauza en 1338, hameau (Antagnes, Ollon, district d´Aigle, Vaud) ;
Le Crêtel, Le Crettel en 1764, hameau (Bex, district d´Aigle, Vaud) ;
Crettelles, lieu-dit (Randogne, district de Sierre, Valais) ;
Les Crétels, hameau (Château-d´Oex, Pays-d´Enhaut, Vaud) ;
Les Crêtels, alpage (L´Etivaz, Château-d´Oex, Pays-d´Enhaut, Vaud).

Avec le suffixe diminutif -et :
Le Crêtelet, alpage (Lavey-Morcles, district d´Aigle, Vaud).

Diminutifs avec les suffixes -et, -ette :
Le Grand Crétet, sommet (La Léchère, Tarentaise, Savoie) ;
Les Crétets, alpage (La Sagne, district de la Chaux-de-Fonds, Neuchâtel) ;
Le Crêtet, maisons isolées (La Brévine, district du Locle, Neuchâtel) ;
Les Crêtets, hameau (Le Sentier, district de la Vallée, Vaud) ;
Crétette, hameau (Château-d´Oex, Pays-d´Enhaut, Vaud) ;
La Crêtette, alpage (Vallon de l´Hongrin, Château-d´Oex, Pays-d´Enhaut, Vaud).

Double diminutif avec le suffixe -illon :
Cretillon, maison isolée (Les Mosses, Ormont-Dessous, district d´Aigle, Vaud).

Avec le suffixe diminutif patois -allaz :
Crétallaz, hameau (Quart, vallée d´Aoste).

Avec le suffixe -oux :
Le Crétoux, hameau (Saint-Jorioz, Annecy, Haute-Savoie) ;
Crétoux, alpage (Saint-Oyen, vallée d´Aoste).

Avec les suffixes diminutifs -ole et -et :
Crétolet, maisons isolées (Valeyres-sous-Rances, district d´Orbe, Vaud) ;
Crétolliet, hameau (Servion, district d´Oron, Vaud).

Diminutifs avec le suffixe -on, mais ce sont aussi des patronymes très répandus :
Grand Créton, sommet, 3071m, et Créton du Midi, sommet au sud du précédent, 2945m (La Salle et Saint-Rhémy-en-Bosses, vallée d´Aoste) ;
Créton, alpage de Valtournenche, nom monté à la Tour du Créton, 3579m (Bionaz et Valtournenche, vallée d´Aoste) ;
Mont Blanc de Crèton, 3311m (Bionaz et Valtournenche, vallée d´Aoste) ;
Plan des Crètons, pâturage (Valsorey, Bourg-Saint-Pierre, district d´Entremont, Valais) ;
Cretton, hameau (Trient, district de Martigny, Valais).

Avec le suffixe péjoratif -asse :
La Crétasse, petit sommet (Ormont-Dessous, district d´Aigle, Vaud) ;
Les Crêtasses, lieu-dit (Ollon, district d´Aigle, Vaud).

Avec les suffixes -au, -ause, -aux :
La Crétau, lieu-dit (Morrens, district d´Echallens, Vaud) ;
La Crétause ou La Crétausa, hameau (Autigny, district de la Sarine, Fribourg) ;
Les Crêtaux, hameau (Isérables, district de Martigny, Valais) ;
Crettaux ou Crétau, lieu-dit dans une carrière de tuf (Hauterive, district de la Sarine, Fribourg).

Avec le suffixe collectif -é, -ée :
Crêté Borney, avec un patronyme Borney, variante ou ancienne forme de Bornet, alpage (Val-d´Illiez, district de Monthey, Valais) ;
La Crêtée, hameau (Enges, district de Neuchâtel) ;
Les Crêtés, hameau, et Torrent des Crêtés affluent de la Vièze (Val-d´Illiez, district de Monthey, Valais).

Avec le suffixe collectif -ex :
Les Crêtex, maison isolée (Corbeyrier, district d´Aigle, Vaud).

Formes patoises :
La Cray, colline boisée (Bévilard, district de Moutier, Jura bernois) ;
Pra de Cray, sommet, 2197m, Pointe de Cray, sommet, 2070m (Château-d´Oex, Pays-d´Enhaut, Vaud), Cray Dessous, Cray Dessus et Cray du Milieu, alpages, Bois de Cray et Torrent de Cray, sous-affluent de la Sarine (Rossinière, Pays-d´Enhaut, Vaud) ;
La Crey, colline (Combremont-le-Petit, district de Payerne, Vaud) ;
Le Crey du Champelet (Les Contamines-Montjoie, Val Montjoie, Haute-Savoie) ;
Le Plan des Creys, alpage (Les Contamines-Montjoie, Val Montjoie, Haute-Savoie) ;
Creys-Mépieu, Creyp au XIVème siècle, commune et village de L´Isle-Crémieu (Morestel, arrondissement de la Tour-du-Pin, Isère) ;
Les Hauts Cris, maison isolée (Plateau des Glières, le Petit-Bornand-les-Glières, Faucigny, Haute-Savoie) ;
Cry, hameau (Reignier, Genevois, Haute-Savoie) ;
En Cry, lieu-dit (Valeyres-sous-Montagny, district d´Yverdon, Vaud) ;
Le Grand Cry, alpage (Les Gets, Faucigny, Haute-Savoie) ;
Les Crys, maisons isolées (Cranves-Sales, Annemasse, Haute-Savoie).

Avec le suffixe diminutif -et :
Les Crayets, lieu-dit (Les Charbonnières, district de la Vallée, Vaud).

Peut-être de même origine :
Cré, hameau (Gignod, vallée d´Aoste) ;
Crétoral et Crétoralet, hameaux (Arâches-la-Frasse, Faucigny, Haute-Savoie).

Voir aussi Belcrêt, Crébellay, Crêdédin, Crédery, Credo, Cremin, Crépillau, Crest-Voland, Crétayou, Crêt d´y Bau, Crête à l´Oeil, Crête Sèche, Crêt Gérel, Ecré.


Crébellay, Crebelley, Creblet, Crêt Bellet
Composé de Crêt et d´un patronyme Bellay, Bellet, Belley.
Crêt Bellet, lieu-dit en forêt (Saint-André-de-Boëge, Vallée Verte, Haute-Savoie) ;
Crébellay, Crestbelley vers 1420, hameau (Vionnaz, district de Monthey, Valais) ;
Crebelley, Crebelley et Cresbelley en 1402, hameau (Noville, district d´Aigle, Vaud) ;
Col du Creblet, 2637m, entre Verbier (Bagnes, district d´Entremont, Valais) et les Mayens-de-Riddes (Riddes, district de Martigny, Valais).

Crêches
Les Crêches, pâturage au-dessus du Tour (Vallée de Chamonix, Haute-Savoie), vieux français crêche, « crèche, mangeoire pour les bestiaux », ancien français cresche, de l´ancien bas francique *krippja, même sens.

Crêdédin
Petite bosse avec une maison isolée de la commune de Liddes (District d´Entremont, Valais), peut-être de Crêt et Dedans.

Crédery
Lieu-dit du vignoble de la commune de Satigny (Genève), « crêt derrière », voir Crêt et Derry.

Credo, Crédo, Crédoz
Par agglutination de Crêt d´Aup ou de Crêt d´haut.
Le Grand Credo, Grand Crédo en 1607, aussi anciennement Crêt d´Aup, devenu Crêt d´Eau sur la Carte IGN, sommet du Jura français, 1608m (Pays de Gex, Ain) ;
Crédo, hameau (Saint-Laurent, Faucigny, Haute-Savoie) ;
Le Crédo, hameau (Ugine, Val d´Arly, Savoie) ;
Crédoz, hameau qui serait un ancien crêt d´haut (Scientrier, Genevois, Haute-Savoie).

Cremières
Hameau de la commune de Puidoux, district de Lavaux (Vaud), Crimières en 1199, Cremière en 1550, Cremire en 1906, peut-être du latin cremia, « morceaux de bois sec, brindilles, fagots », pluriel d´un rare cremium [Jaccard].

Crémieu
Canton, commune et village (Arrondissement de la Tour-du-Pin, Isère), Cremiacum au XIIème siècle, Cremieu au XIVème siècle, nom de domaine d´origine gallo-romaine dérivé avec le suffixe -acum du nom propre romain Cremius [Nègre 1990].

Cremin
Commune et village du district de Moudon (Vaud), sur le Grand Marais, maintenant asséché, Cremyn en 1365, dont le nom viendrait de Crêt-Mare, « Crêt sur le marais », devenu Cremar puis Cremin, cf. les lieux-dits Grand Crêt, Petit Crêt et Bois du Mare à proximité.
Dent de Cremin, lieu-dit près de Cremin.

Crémines
Commune et village bernois du district de Moutier, Crimene en 1461, Cremin au XVIème siècle, dont le nom dériverait de crosu mina et signifierait « Creux-de-mines », en raison des mines de fer qui s´y trouvaient.

Crempigny
Village, chef-lieu de la communde de Crempigny-Bonneguête, dans l´Albanais (Rumilly, arrondissement d´Annecy, Haute-Savoie), Crispiniacum en 1264, Cura de Cripignier vers 1344, d´un nom de domaine d´origine gallo-romaine dérivé avec le suffixe -acum du gentilice Crispinius.

Crenau, Crêne, Crenées, Crenés
De l´ancien français crenee, crenet, « creneau », cren, crene, crenne, « entaille, coche, cran », qui a pris aussi le sens de « couloir dans une paroi rocheuse », voir Encrena pour plus de détails.
Crenau, lieu-dit (Yvonand, district d´Yverdon, Vaud) ;
La Crêne, lieu-dit en forêt (Veyrier-du-Lac, Bornes, Haute-Savoie) ;
Les Crenées ou Les Crénées, domaine avec une réserve naturelle (Mies, district de Nyon, Vaud) ;
Châble des Crenés, couloir en forêt (Evionnaz et Vernayaz, district de Saint-Maurice, Valais).

Crepapeyre
Hameau d´Albeuve, commune du Haut-Intyamon, district de la Gruyère (Fribourg), selon Aebischer il s´agit d´une combinaison de mots patois signifiant crève et pierre. On peut aussi y voire une redondance avec le celtique *crapp, « rocher ».

Crépiat, Crépieux, Crépy
D´un nom de domaine d´origine gallo-romaine *Crispiacus (cf. Crépy-en-Valois, anciennement Crispiacus), dérivé avec le suffixe -acus du gentilice Crispius, issu du cognomen Crispus, « crépu, frisé ».
Crépiat, Crepia en 1394, Crepiacus en 1483, Crepiaz en 1503, hameau (Nurieux-Volognat, Haut-Bugey, Ain) ;
Crépieux, Ecclesia de Crispiaco en 1183, Crespieu en 1665, ancien hameau de Rillieu, puis commune en 1927, rattachée au département du Rhône en 1967 sous le nom de Crépieux-la Pape, absorbée par Rillieu-la-Pape en 1972 ;
Crépy, lieu-dit (Loisin, Bas-Chablais, Haute-Savoie) ;
Ruisseau de Crépy et Vignoble de Crépy (Douvaine, Chablais, Haute-Savoie).

Crépillau
Hameau de la commune de Vuibroye, district d´Oron (Vaud), Crest Pyoullioux en 1310, « crêt pouilleux », voir Piauliauses, Crépillaux en 1906.

Crépin, Crépines, Crépinière
Du patronyme Crépin, du surnom latin Crispinus, dérivé de crispus, « crépu, frisé, bouclé ».
Crépin, alpage (Chamois, vallée d´Aoste) ;
Crépin, hameau (Valtournenche, vallée d´Aoste).
Par féminisation :
Les Crépines, alpages (Sixt-Fer-à-Cheval, Fucigny, Haute-Savoie).

Par adjectivisation, avec le suffixe collectif -ière :
La Crépinière, alpage (Megève, Haut-Faucigny, Haute-Savoie) ;
La Crépinière, hameau (La Giettaz, Val d´Arly, Savoie).


Crepon, Crépon, Creppes
Du celtique *crapp, « rocher », ou de l´ancien français crappon, « grappin », voir Grape.
Les Creppes, carrière (Buix, district de Porrentruy, Jura).
Avec le suffixe -on :
Crepon, lieu-dit (Lucens, district de Moudon, Vaud) ;
Le Crépon, lieu-dit (Penthéréaz, district d´Echallens, Vaud).


Crept
Hameau de la commune de Seillonnaz (Lhuis, Bugey, Ain), Villula Crepti en 859, Crep en 1339, Creyp en 1355, Cret en 1429, avec un patronyme latin Creptus.

Cressets
Les Cressets, maison isolée de la commune de Grandvillard (District de la Gruyère, Fribourg), d´un patronyme Cresset assez rare.

Cressier, Cressieu, Cressin, Cressy, Crissier
D´un un nom de domaine d´origine gallo-romaine dérivé du gentilice *Criscius ou *Crixsius, dérivé du gaulois crixsos, « frisé, crépu », racine indo-européenne *(s)ker-, « tourner, courber ».
Avec le suffixe -acum, comme *[praedium] Crisciacum :
Cressier, Crissey en 1080, Crissiei en 1172-1173, Crissie en 1182, Cressier en 1243, Crissye en 1285, ancien nom allemand Grissach et crissaho en 1175, Grissacho en 1249, Grissachen en 155, commune et village (District du Lac, Fribourg) ;
Cressier, Crisei en 1081, Crissie en 1178, Crisciaco en 1180, Crissi en 1213, Cressie en 1180, Crissiez en 1333, etc., commune et village (Neuchâtel) ;
Cressieu, Villula Cresciaci en 859, Villa Craciacus en 1110, de Crecyaco en 1136, Craysiou en 1288, Creyssiacus en 1293, Creyssiou en 1359, hameau (Chazey-Bons, Bugey, Ain) ;
Cressy, habitat dispersé (Bernex et Confignon, Genève) ;
Crissier, Crissei en 1157, Crissie en 1174, Crisiacum en 1190, Crissiacum en 1199, Crissiez en 1254, Cryssie en 1284, etc., commune et village (District de Lausanne, Vaud).

Avec le suffixe -anus, comme [fundus] Marinianus :
Cressin, De Creysino en 1157, Creysins en 1343, Creyssins en 1346, Apud Creyssinum en 1429, ancien village qui fait maintenant partie de Cressin-Rochefort, chef-lieu de la commune du même nom (Arrondissement de Belley, Ain) ;
Cressin, ruines, et Combe de Cressin, vallon (Vaujany, Oisans, Isère).

Voir aussi Gressy.


Cresson
Le Cresson, colline boisée de la commune de Courgenay (District de Porrentruy, Jura), pourrait être un diminutif de Cras avec le suffixe -on, plutôt qu´une allusion à la plante du même nom.

Cressonière, Cressonières
Cressonière, lieu où pousse le cresson de fontaine (Nasturtium officinale). Francique *kresso.
La Cressonière, lieu-dit (La Sarraz, district de Cossonay, Vaud) ;
Les Cressonières, Cresoneriorum [duorum] au XIIIème siècle, hameau (Les Rousses, Morez, arrondissement de Saint-Claude, Jura).

Crest-Voland, Crêt Voland
Composé de Crest, Crêt et du patronyme Voland, peut-être de l´ancien français volant, « volage, léger ; rapide, leste ».
Crest-Voland, commune et village du Val d´Arly (Ugine, arrondissement d´Albertville, Savoie) ;
Dos de Crêt Voland, sommet, 2092m (Saint-Martin-de-Belleville, Tarentaise, Savoie).

Crésuz
Commune et village fribourgeois du district de la Gruyère, Cresu et Crisu en 1301, Crissu en 1442, Crisu en 1511, aussi Crésieux, Crisus, Crusuz, ancien nom allemand Cresüz, mot patois issu de l´ancien français creuseul, crezieu, « sorte de lampe à quatre becs qui portait deux mèches en croix », latin vulgaire *croceolus, « petite lampe » [Aebischer].

Crêtadon
Lieu-dit de la commune de Dorénaz (District de Saint-Maurice, Valais), sur une éminence qui domine le Rhône, composé de Crêta, et de Don.

Crêtalonze
Lieu-dit du vignoble de la commune de Savièse (District de Sion, Valais), composé de Crêta, et de lonze, forme patoise de Longe, « longue », avec mutation patoise du son [j] en [z].

Crétayou
Lieu-dit de la commune de Leysin (District d´Aigle, Vaud), Crêtayoux en 1906, composé de Crêta et Joux [Jaccard].

Crêtchamp
Lieu-dit de la commune de Grandval (District de Moutier, Jura bernois), composé de Crêt et champ.

Crêt d´y Bau
Hameau de la commune de Montreux (District de Vevey, Vaud), serait plus justement Crêt di Bau, « crêt des boeufs », avec le patois bau, « boeufs » [Bossard].

Crête à l´Oeil
Hameau de la commune des Agettes (District d´Hérens, Valais), nom d´origine inconnue, peut-être pour une forme d´oeil dans un rocher.

Cretegny, Crêtenet, Crétian, Crétin
Patronymes Cretegny, Crétian, Crétin, variantes de chrétien.
Prés Cretegny, lieu-dit (Provence, district de Grandson, Vaud) ;
Chez Crêtenet, alpage (La Côte-aux-Fées, district du Val-de-Travers, Neuchâtel) ;
Le Crétian, maisons isolées, Forêt du Crétian, et Torrent du Crétian, cours d´eau affluent de la rive droite de la Vièze (Troistorrents, district de Monthey, Valais) ;
Le Crétin, lieu-dit (Romans, Dombes, Ain) ;
Cerneux Crétin, Cerneux Chrestien au XVIIIème siècle, fermes isolées en clairière (Le Noirmont, district des Franches-Montagnes, Jura) ;
Champs Crétin, maison isolée en clairière (Onnens, district de Grandson, Vaud).

Crête Sèche
Voir Crête et Sèche.
Crête Sèche et Glacier de Crête Sèche, côté suisse, Col de Crête Sèche, 2899m, à la frontière, Finestra Agaciae au XVIème siècle, et Comba de Crête Sèche, vallon, Torrent de Crête Sèche, affluent du Buthier de Valpelline, Mont de Crête Sèche, 2941m, côté italien (Alpes Pennines, Bagnes, district d´Entremont, Valais, et Bionaz, vallée d´Aoste) ;
Pointe de Crête Sèche, sommet, 2953m (Alpes Pennines, Bourg-Saint-Pierre, district d´Entremont, Valais et vallée d´Aoste).

Crêt Gérel
Hameau de la commune de Beaufort-sur-Doron (Beaufortain, Savoie), anciennement Creygerel, et Crestum Gerelli, avec un patronyme.

Creugenat
Résurgence intermittente de l´Ajoie, commune de Chevenez (District de Porrentruy, Jura), Creuzenans au XIIIème siècle, anciennement Creux Genaz et Creux Genat, avec un patronyme. L´hypothèse selon laquelle ce nom dérive de creux des genatches, du patois genatche, « sorcière » se heurte au fait que ce dernier terme n´apparaît qu´au XVIIème siècle, alors que ce toponyme est bien antérieur [Prongué].

Creusevy
Lieu-dit de la commune de Roisan (Vallée d´Aoste), écrit aussi Creusevì, « voie creuse », nom composé de l´adjectif creuse et de Vy.

Creux à la Sierge
Maison isolée en clairière de la commune de Villeneuve (District d´Aigle, Vaud), probablement avec le prénom Sierge, ancienne forme de Serge.

Crevache, Crevasse, Crevasses, Crevassu
Fente, fissure dans le rocher ou la glace, patois crevache, bas latin crepatia, latin vulgaire *crepacia, « fente », de crepare, « craquer ».
Crevache, hameau (Vercorin, Chalais, district de Sierre, Valais) ;
La Crevasse, sommet, 1810m (Vollèges, district d´Entremont, Valais) ;
Les Crevasses, de Crevaciis en 1448, hameau (Villarembert, Arvan, Savoie).
Forme adjective patoise :
Crevassu, hameau (Leschaux, Annecy, Haute-Savoie).


Créva Tsevau
Combe de Créva Tsevau, lieu-dit de la commune de Saint-Cergue, district de Nyon (Vaud), signifie en patois « combe du cheval crevé ».

Crevaye, Crevel, Crével, Crevey, Crévi,
Crévion, Crévy
Pourrait dériver de l´ancien français crevet, « crevasse, fente », bas latin crepatia, latin vulgaire *crepacia, « fente », de crepare, « craquer ».
Becca Crevaye, sommet, 3313m (Ollomont, vallée d´Aoste) ;
Crevel, lieu-dit au bord du lac de Neuchâtel, mais pour Aebischer c´est un dérivé de « crever » ! (Cheyres, district de la Broye, Fribourg) ;
Crevel, lieu-dit (Forel, Vernay, district de la Broye, Fribourg) ;
Crével, lieu-dit (Cronay, district d´Yverdon, Vaud) ;
Le Crevey, lieu-dit (Charmey, district de la Gruyère, Fribourg) ;
Le Crevey, Creveyz en 1255, Creviz en 1272, hameau (Nendaz, district de Conthey, Valais) ;
Crévi, lieu-dit (Bellerive, district d´Avenches, Vaud) ;
Crévy, maison isolée (Combremont-le-Grand, district de Payerne, Vaud).
Avec le suffixe -on :
Crévion, hameau (Chavanod, Annecy, Haute-Savoie).


Crevaz, Crève, Crèvecoeur, Crève Coeur, Crève-Coeur,
Crève Tête
Un endroit d´accès difficile ou dont l´exploitation est décevante, un sol pauvre, peu productif, ou une source, un cours d´eau au débit irrégulier.
La Crevaz, hameau (Viuz-la-Chiésaz, Albanais, Haute-Savoie) ;
Crèvecoeur, lieu-dit (Coinsins, district de Nyon, Vaud) ;
Source de Crèvecoeur, source captée (Pointe de Ressachaux, Morzine, Chablais, Haute-Savoie) ;
Crève Coeur, alpage (La Giettaz, Val d´Arly, Savoie) ;
Le Crève Coeur, ruisseau affluent de la Versoix (Genthod et Versoix, Genève) ;
Saignes de Crève Coeur, lieu-dit (Villars-Burquin, district de Grandson, Vaud) ;
Crève-Coeur, maison isolée (Fontcouverte-la-Toussuire, Arvan, Savoie) ;
Crève Tête, lieu-dit (Penthaz, district de Cossonay, Vaud) ;
Lui Crève, sommet, 2495m (Fully, district de Martigny, Valais).

Crève-Boeuf
Lieu-dit de la commune de Serraval (Bornes, Haute-Savoie), peut-être une montée ardue.

Crève-Pourceau
Lieu-dit de la commune de La Boisse (Montluel, Dombes, Ain), En creva porcel en 1247, français pourceau, « porc, cochon ».

Crevy
Hameau de la commune de Veigy-Foncenex (Bas-Chablais, Haute-Savoie), nommée successivement Cubrier en 1426, puis Curvier, Crevier, Crevi sur la Carte de Cassini, et enfin Crevy. C´est un nom d´origine gallo-romaine comme Cubriacum, dérivé avec le suffixe -acum du gentilice Cubrius.

Criblet, Criblets, Criblettes, Cublier
Patronymes issus du nom de métier en vieux français criblier, latin cribarius, « fabricant de cribles ».
Patronyme Criblet :
Criblet, lieu-dit (Villy, Ollon, district d´Aigle, Vaud) ;
Le Criblet, hameau de Villarimboud (La Folliaz, district de la Glâne, Fribourg) ;
Combe des Criblets, lieu-dit en forêt (Montricher, district de Cossonay, Vaud).

Par féminisation :
Les Criblettes, lieu-dit en forêt au bord de l´Aubonne (Saint-Livres, district d´Aubonne, Vaud).

Patronyme Cublier, qui pourrait être de même origine :
Cublier, hameau (Saint-Jorioz, Annecy, Haute-Savoie).


Crinson
Le Crinson, alpage de la commune de Château-d´Oex (Pays-d´Enhaut, Vaud), du patois crinson, « cresson ».

Cristallin
Le Cristallin, Cristalin en 1906, cours d´eau à la limite du district de Cossonay (Vaud), sans doute nommé ainsi pour son eau claire.

Cristaux
Endroit où les cristaux abondent, probablement fréquenté par les cristalliers. Latin crystallus, « glace, cristal de roche », grec krystallos.
Arête des Cristaux, lieu-dit (Massif du Buet, Faucigny, Haute-Savoie).

Crocharde
La Crocharde, lieu-dit de la commune de Missy (District de Payerne, Vaud), probablement par féminisation d´un patronyme Crochard.

Croche
Aiguille Croche, 2487m (Saint-Gervais-les-Bains et les Contamines-Montjoie, Val Montjoie, Haute-Savoie), de l´ancien français croche, « crochet ; arête de rocher ».

Crochère
Probablement par féminisation d´un patronyme Clocher ou Crocher.
La Crochère, alpage (Bullet, district de Grandson, Vaud) ;
La Crochère, apud Crochiere en 1417, hameau (Condeyssiat, Dombes, Ain) ;
La Crochère, La Clocheri en 1217, La Crochieri en 1249, hameau (Aillon-le-Vieux, Bauges, Savoie).

Crochet, Crochets, Crochette, Crochy
Ces noms pourraient venir de l´expression « faire un crochet », c´est-à-dire un détour, donc désigner un endroit éloigné ou à un détour du chemin [Jaccard].
Les noms suivants peuvent aussi venir d´un patronyme ou d´un sobriquet Crochet :
Crochet, lieu-dit (Montagny, district de la Broye, Fribourg) ;
En Crochet, hameau (Apples, district d´Aubonne, Vaud) ;
Les Crochets, maisons isolées (Brenles, district de Moudon, Vaud) ;
La Crochette, vignoble et maisons isolées (Puidoux, district de Lavaux, Vaud).

Peut-être de même origine :
Crochy, lieu-dit (Pampigny, district de Cossonay, Vaud).


Crochues
Aiguilles Crochues, 2840m, Col des Aiguilles Crochues, 2701m, et Combe des Aiguilles Crochues, vallon (Aiguilles Rouges, vallée de Chamonix, Haute-Savoie), français crochu, « recourbé en forme de crochet », dérivé de croc.

Crogne
Peut-être du vieux français crone, « trou d´eau ».
La Crogne, hameau près de La Goille (Savigny, district de Lavaux, Vaud).

Croibier
Croibier, lieu-dit et ruisseau de la commune du Pont-de-Beauvoisin (Vallée du Guiers, Savoie), « mauvais ruisseau », composé de croi, voir Crouille, et bier, voir Bief.

Croisée, Croisées, Croisette, Croix, Croizées,
Croy, Cruseilles, Crusille, Cruy, Cruz,
Cruzilles, Cruzilles-lès-Mépillat, Curseille
Carrefour, croisement de routes. Du vieux français croy, latin crucem, accusatif de crux, crucis, « croix, gibet ».
Français croix, emplacement d´une croix, ou aussi croisée de chemins :
La Croix, hameau (Cottens, district de la Sarine, Fribourg) ;
La Croix, anciennement La Cruise, hameau (Pralognan-la-Vanoise, Vanoise, Savoie) ;
La Croix Blanche, maison isolée (Riaz, district de la Gruyère, Fribourg) ;
Champs de la Croix, hameau (Lully, district de la Broye, Fribourg) ;
Le Croix, alpage, Pas du Croix, lieu-dit, Col du Croix, 1803m, à la frontière franco-suisse, Plan de Croix, maison isolée, et Torrent de Plan du Croix, affluent du Torrent de Torgon (Vionnaz, district de Monthey, Valais) ;
Croix du Ciel, maison isolée en clairière (Courtelary, Jura bernois) ;
La Croix Vieille, hameau (Saint-Bernard, Dombes, Ain) ;
Les Croix Vieilles, La Vieille-Croix en 1911, hameau (Saint-Cyr-Sur-Menthon, Bresse, Ain).

Vieux français croy, même sens :
Croy, anciennement villagium de Cruce, nom actuel attesté en 1498, à la croisée des routes du col de Jougne et du pied du Jura, commune et village (District d´Orbe, Vaud).

Français croisée, « endroit où se croisent deux routes ; intersection de deux voies », forme féminine substantivée du participe passé de croiser :
Croisée de la Mure, lieu-dit (Mollens, district d´Aubonne, Vaud) ;
Les Croisées, maisons isolées (Bassecourt, district de Delémont, Jura) ;
Les Quatre Croizées ou Les Quatre Croisées, lieu-dit en forêt (Forel, district de Lavaux, Vaud).

Avec le suffixe diminutif -ette, ancien français croisette, « petite croix » :
La Croisette, hameau du Salève (La Muraz, Genevois, Haute-Savoie).

Avec le suffixe diminutif -ille, ancien français crusille, « petite croix » :
Cruseilles, Crusilla au XIIème siècle, de Crusilli en 1179, Crusilia en 1188, Crusillia en 1282, Curatus de Crusillia vers 1344, puis Crusilly, et Crusillie jusqu´à la Révolution Française, canton, commune et village du Genevois (Arrondissement de Saint-Julien-en-Genevois, Haute-Savoie) ;
Crusille, lieu-dit mentionné sur la Carte d Cassini, disparu aujourd´hui (Corsier, Genève) ;
Col de la Crusille, Cruysillie en 1388, 573m, entre Novalaise et Sainte-Maire-d´Alvey (Saint-Genix-sur-Guiers, vallée du Guiers, Savoie) ;
Cruzilles-lès-Mépillat, villa Crusilias en 968, Cruisilles vers 1250, Crusilles vers 1325, Crusiliez en 1443, Cruzilles en 1656, Crozilles en 1743, Cruzille en 1757, Cruzilles jusqu´en 1865, commune et village de la Bresse (Pont-de-Veyle, arrondissement de Bourg-en-Bresse, Ain) ;
Cruzilles, Dez la croix de Cruizilles en 1580, lieu-dit (Groslée, Bugey, Ain).

Formes patoises :
Le Cruy, hameau (Passy, Haut-Faucigny, Haute-Savoie) ;
Les Cruz, probablement d´un patronyme Crux ou Cruz de même origine, hameau (Corbel, Les Echelles, Chartreuse, Savoie).

Probablement de même origine avec métathèse :
Curseille, hameau, et Ruisseau de Curseille, affluent de la Menoge (Saint-André-de-Boëge, Vallée Verte, Haute-Savoie).


Croisonnier
Le Croisonnier, lieu-dit de la commune de Gland (District de Nyon, Vaud), du nom régional croisonnier, « pommier sauvage » (Malus pumila).

Croissant
Aiguille du Croissant, antécime du Combin de Grafeneire, 4260m, et Glacier du Croissant, probablement par métaphore, du français croissant, « aspect de la lune », précédemment « période pendant laquelle la lune croît ».

Croissieux
Lieu-dit de la commune de Versailleux (Chalamont, Dombes, Ain), probablement d´un nom de domaine d´origine gallo-romaine *Crossiacum, dérivé avec le suffixe -acum du patronyme Crossius, peut-être d´origine gauloise.

Croix de Fer
Lieu-dit (sommet, col, etc.) où se dresse une croix de fer.
La Croix de Fer, sommet rocheux (2343m) de la commune de Trient, district de Martigny (Valais), où selon Guex se dressait une croix de fer commémorant la chute mortelle qu´y fit un Jacob Escher von Berg en 1791 ;
La Croix de Fer, sommet, 2337m (Flaine, Grand Massif, Faucigny, Haute-Savoie).

Crolles
Crolles, ecclesia Sancti Petri de Crolle au XIème siècle, villa Crollas au XIIème siècle, Crolleys au XIIIème siècle, parrochia Crollarum au XIVème siècle, Saint-Pierre-de-Montfort au XVIIème siècle, commune et village du Grésivaudan (Le Touvet, arrondissement de Grenoble, Isère), au pied de la Dent de Crolles, sommet du Grésivaudan, dont le nom vient du fait que les gens pensaient qu´elle finirait par s´écrouler, en patois croller, ancien français croller, crouler, « trembler, branler », ancien français crolle, « éboulement, écroulement », bas latin crotalare, grec krotalon, « crouler ». Pour Gros ce serait un ancien cryptulla, diminutif de crypta, voir Crotta.

Cronay
Commune et village vaudois du district d´Yverdon, Crosnai en 1142, Cronai en 1160, Cronex au XIVème siècle, probablement d´un nom de domaine d´origine gallo-romaine *Croniacum, dérivé avec le suffixe -acum du gentilice Cronius.

Cropet, Cropetet
D´un patronyme Cropet, ancien français cropet, « nabot », du verbe croper, « être accroupi ».
Cropet, hameau (Neuville-les-Dames, Dombes, Ain) ;
Champ Cropet, Cropet en 1911, maison isolée (Saint-Trivier-sur-Moignans, Dombes, Ain) ;
Pierres Cropet, lieu-dit (Saint-Julien-sur-Veyle, Dombes, Ain) ;
Pré Cropet, lieu-dit (Outriaz, Haut-Bugey, Ain).
Diminutif avec le suffixe -et :
Cropetet, Corpeteil en 1359, Cropeteil en 1402, Cropeté sur la Carte de Cassini, hameau (Manziat, Bresse, Ain).


Cropt, Crot, Crotanne, Crotèle, Crotet,
Croton, Crotta, Crottaz, Crotte, Crottes,
Crottet, Crottets, Crotza, Croute, Croûte
Grotte, creux fait dans la terre, cave. Il s´agit souvent d´une caverne construite ou aménagée de main d´homme, qui peut servir de cave, de réservoir pour les eaux souterraines ou de remise. Bas latin crotum, « creux, fossé », latin crypto, « souterrain », grec kruptos, « caché ».
Ancien français crot, « creux, anse d´une rivière », peut aussi désigner un terrain plat ou un simple replat, adjectif crosté, croté, « cave, enfoncé, creux », et cropte, « crypte » :
Le Cropt, hameau (Les Clefs, Bornes, Haute-Savoie) ;
Le Crot, hameau (Vallorcine, vallée de l´Eau Noire, Haute-Savoie) ;
La Croute, lieu-dit (Saint-Genis-sur-Menthon, Bresse, Ain) ;
La Croûte, Pré de la Crote sur la Carte de Cassini, La Croute en 1911, lieu-dit (Charix, Haut-Bugey, Ain).

Avec le suffixe diminutif -èle :
La Crotèle, alpage (Dombresson, district du Val-de-Ruz, Neuchâtel).

Avec le suffixe diminutif -et :
Le Crotet, maison isolée (Riex, district de Lavaux, Vaud) ;
Crottet, In Crotel en 892-927, in villa Croteldi en 1018-1030, Ecclesia de Crotel en 1149-1156, Croteil vers 1190, Crotez vers 1250, Croteyl en 1337, De Crotellio en 1350, commune et village de la Bresse (Pont-De-Veyle, arrondissement de Bourg-en-Bresse, Ain) ;
Les Crottets, lieu-dit (Bex, district d´Aigle, Vaud).

Ancien mot régional à Genève et Neuchâtel croton, « cachot, prison obscure et enfoncée », ancien français croton, « petite grotte, anfractuosité, dépression », avec le suffixe diminutif -on :
Le Croton, alpage (Le Chenit, Vallée de Joux, Vaud) ;
Tour du Croton, « Tour du cachot », château de Môtiers (Môtiers, district du Val-de-Travers, Neuchâtel).

Patois régional crotâ, « cave » :
La Crotta (Monthey, Valais) ;
La Crottaz, lieu-dit en forêt (Essert-Romand, vallée de la Dranse, Haute-Savoie) ;
Col de la Crottaz, 1540m (Chevenoz et la Baume, Chablais, Haute-Savoie) ;
La Crotte, hameau (Nods, district de la Neuveville, Jura bernois) ;
Crotte-au-Loup, lieu-dit (Vernier, Genève) ;
Les Crottes, maison isolée (Rue, district de la Glâne, Fribourg) ; Sex des Crottes, rochers (Salvan, district de Saint-Maurice, Valais) ;
Crottes Blanches, lieu-dit (Les Marécottes, Salvan, district de Saint-Maurice, Valais) ;
Becca des Crottes, 3004m (Nus et Torgnon, vallée d´Aoste) ;
Le Crotza, lieu-dit (Troistorrents, district de Monthey, Valais).

Avec le suffixe -anne :
La Crotanne, maison isolée (Sorens, district de la Gruyère, Fribourg).


Cros
Du patois cro, crot, « corbeau », (corvus corax), mot d´origine onomatopéique.
Roche aux Cros, Roche des Crocs sur la carte Siegfried, rochers (Fontaines, district du Val-de-Ruz, Neuchâtel) ;
Roche au Cros, lieu-dit (La Neuveville, Jura bernois).
Voir aussi Nid-du-Crô.


Crouye, Crouyes, Cruilles
Mot patois signifiant mauvais, méchant, voir le mot régional Crouille.
Crouye Sina, alpage (Val de Nendaz, district de Conthey, Valais) ;
Les Crouyes, maisons isolées en clairière (Evolène, district d´Hérens, Valais) ;
Les Cruilles, étang marécageux (Les Charbonnières, Vallée de Joux, Vaud).

Cruchaude
La Cruchaude, maison isolée de la commune de Grandevent (District de Grandson, Vaud), par féminisation d´un patronyme Cruchaud attesté dans la région, diminutif de cruche, vieil allemand kruka, « vase à anse ».

Crucifix
Col du Crucifix, 915m, col de la commune d´Aiguebelette-Le-Lac (Avant-Pays savoyard, Savoie), du participe passé latin crucifixus de crucifigere, « mettre en croix, crucifier ».

Crucilleux
Hameau de la commune de Saint-Chef (L´Isle-Crémieu, Isère), mot régional crucilleux, « croisée des chemins » [Pégorier].

Cruet, Cruets
Patois savoyard cruè, cruet, « petit, chétif, mauvais », ou plus rarement un mot dérivé du patois crouè, « creux, dépression de terrain », voir Crouey.
Cruet, Crosum en 1488, anciennement Cruez, commune et village de la Combe de Savoie(Arrondissement de Chambéry, Savoie) ;
Le Cruet, hameau (Domancy, Haut-Faucigny, Haute-Savoie) ;
Le Cruet, alpage, Nant du Cruet, cours d´eau affluent du Fier, nom monté à la Dent du Cruet, 1834m (La Balme-de-Thuy, Bornes, Haute-Savoie) ;
Les Cruets, hameau (Lyaud, Bas-Chablais, Haute-Savoie) ;
Les Cruets, Les Crues en 1272, hameau (Sulignat, Dombes, Ain).

Crumel
Hameau de la commune de Desingy (Genevois, Haute-Savoie), Cromauz en 1295, puis Cremel.

Cu, Cul, Cula, Culan, Culand,
Culard, Culards, Culas, Culat, Culatres,
Culaz, Culet, Culets, Culoz, Culs
Endroit reculé, lieu sans issue, même sens que cul-de-sac, ou endroit resserré, fond de vallée en ravin. Latin culus, « cul », gaulois *cularos, « défilé, gorge ». Certains de ces toponymes peuvent aussi dériver du bas latin culata [terra], « [terre] éboulée », voir Colans.
Français cul, « le fond, la partie arrière d´un objet, d´une chose », employé par métaphore, comme dans cul-de-sac, « voie sans issue, impasse » :
Le Cul Brûlé, lieu-dit (Ceyzériat, Revermont, Ain) ;
Cul de Boeuf, Cul de Ba au XIVème siècle, Queue de Boeuf au XVIIème siècle, hameau (Beauvoir-de-Marc, Pays viennois, Isère) ;
Le Cul de la Vieille, lieu-dit en montagne (La Ferrière, Belledonne, Isère) ;
Le Cul de Perrette, lieu-dit (Dionay, Chambaran, Isère) ;
Cul de Pet, nemus Perti et Pertuen vertus au XIVème siècle, Le Cul de Pert en 1921, lieu-dit en montagne (Theys, Belledonne, Isère) ;
Cu-Déri, « cul derrière », car situé derrière la crête, maintenant nommé La Combe Sauvage (Massif du Bargy, Bornes, Haute-Savoie) ;
Cul des Praz, lieu-dit (Ecublens, district de la Glâne, Fribourg) ;
Cul des Prés, clairière avec un étang (Les Bois, district des Franches-Montagnes, Jura, et La Ferrière, district de Courtelary, Jura bernois) ;
Cul de Villars, maison isolée (Baulmes, district d´Orbe, Vaud) ;
Le Cul d´Ugine, 2050m, col difficilement accessible (Mont Charvin, Aravis, Haute-Savoie) ;
Le Cul du Pet, lieu-dit en montagne (La Ferrière, Belledonne, Isère) ;
Cul Plat, hameau (Thyez, Faucigny, Haute-Savoie) ;
Haut Cul, lieu-dit (La Sarraz, district de Cossonay, Vaud) ;
Neuf Cul, hameau (Delémont, Jura) ;
Culs Derrey, lieu-dit (L´Abbaye, Vallée de Joux, Vaud) ;
La Terre des Culs, lieu-dit (Villemotier, Bresse, Ain).

Mot régional culaz, « fond d´une vallée (Savoie), terroir fermé à son extrémité par des obsatcles naturels (Ain) » [Pégorier] :
La Cula, Culla en 1554, lieu-dit (Arnex-sur-Orbe, district d´Orbe, Vaud) ;
Les Culas, hameau (Hauteluce, Beaufortain, Savoie) ;
Culaz, lieu-dit (Mont-Saxonnex, Faucigny, Haute-Savoie) ;
La Culaz, alpage (Chinaillon, Le Grand-Bornand, Bornes, Haute-Savoie) ;
Le Culaz, lieu-dit (La Rivière-Enverse, Faucigny, Haute-Savoie).

Diminutif formé avec le suffixe -et, ancien français culet, « petit cul » :
Culet, alpage, nom monté à la Croix de Culet, sommet, 1963m (Champéry et Val-d´Illiez, district de Monthey, Valais) ;
Culet, alpage (Morgins, Troistorrents, district de Monthey, Valais), nom monté aux Portes de Culet, 1787m, col avec la France (Troistorrents, district de Monthey, Valais, et Châtel, Chablais, Haute-Savoie) ;
Les Culets, lieu-dit (Douvaine, Bas-Chablais, Haute-Savoie).

Diminutif formé avec le suffixe -at :
Le Culat, lieu-dit (Port-Valais, district de Monthey, Valais).

Diminutif formé avec le suffixe jurassien -at :
Au Culat, lieu-dit (Saignelégier, district des Franches-Montagnes, Jura).

Nom formé avec le suffixe -ard, ou patronyme Culard :
Le Culard, lieu-dit (Massif des Aravis, Nancy-sur-Cluses, Faucigny, Haute-Savoie) ;
Les Culards, hameau (Saint-André-d´Huiriat, Bresse, Ain).

Avec le suffixe péjoratif -atre :
Les Culatres, forêt déclive (Bonnevaux, Val d´Abondance, Haute-Savoie).

Peut-être du participe présent de culer, « reculer » :
Culan, lieu-dit, Creux de Culan, pâturage, nom monté au Glacier de Culan et à Culan, sommet (2789m) (Ormont-Dessus, district d´Aigle, Vaud) ;
Culand, Culant en Oiz en 1238, Culant en 1906, maison isolée d´alpage (Rossinière), et Chaux de Culand, sommet, 1867m (Rossinière, Pays-d´Enhaut, Vaud, et Lessoc, Haut-Intyamon, district de la Gruyère, Fribourg).

Avec le suffixe -oz :
Culoz, De Cullo vers 1135, De Culo et Castrum Culi en 1413, Culoz en 1536, puis Cule, Culle, Culos, commune et village du Bugey (Seyssel, arrondissement de Belley, Ain) ;
Culoz et Tsa de Culoz, alpages de Bionaz, nom monté au Col de Culoz, 2879m, et à la Becca de Culoz, sommet, 3130m (Bionaz et Oyace, vallée d´Aoste).


Cuachet
Hameau de la commune de Seigneux (District de Payerne, Vaud), probablement dérivé du patois coua, « queue », voir Cua.

Cuard
Espace défendu par une enceinte où les habitants du bourg pouvaient s´installer avec leurs biens en cas de menaces, et qui abritait en temps de paix des étables, granges, greniers, celliers et citernes. Synonyme de « plain-château, recept ».
La Cuard, La Cua sur la Carte Nationale, lieu-dit (Villorsonnens, district de la Glâne, Fribourg) ;
Au Cuard, maison isolée (Rue, district de la Glâne, Fribourg) ;
Sur Cuard, colline boisée (Cronay, district d´Yverdon, Vaud).

Cuarnens
Commune et village vaudois du district de Cossonay (tombes attribuées aux Burgondes), Quar[n]ingis en 1001, villa Quarnensis en 1095, Quarnens en 1177, Rodolfum de Guarnens au XIIème siècle, Cuarnens en 1149, Quarnens en 1251, Quarneyns en 1273, nom d´origine burgonde, dériverait d´un primitif *Warningos, « chez les Warningi », dérivé de l´ethnonyme Warni [Perrenot].

Cuarny
Commune et village vaudois du district d´Yverdon, Quarnie en 1174, Cuarniez en 1449, Cuarnier en 1453, nom d´origine gallo-romaine.

Cublière
La Cublière, hameau de la commune de Saint-François-Longchamp (Maurienne, Savoie), anciennement La Cubière, du latin cuparia, probablement « tonnelerie », latin cuparius, « tonnelier ».

Cubly
Le Cubly, petit sommet (1188m) au-dessus de Chamby, et Cubly Dessous, Cubly Dessus, hameaux de la commune de Montreux (District de Vevey, Vaud), Cubli en 1906, pourraient être le lieu mentionné comme Chiblin en 1154 et Chiblino vers 1185, mais cela semble douteux. L´origine de ce nom reste donc inconnue.

Cuchars
Les Cuchars, maison isolée de la commune de Romairon (District de Grandson, Vaud), de Cuchar, variante d´un patronyme Cuchard attesté.

Cuchat, Cuche, Cucheron, Cucheroux, Cuchet,
Cuchon, Cuchou
Butte, colline, sommet de forme arrondie, d´une racine romane *cuc-, « butte, sommet », racine préromane *cocca, *cucca, probablement d´origine préceltique *cucc, « hauteur ».
Mots régionaux cuche, cuchet, cuchon, « tas de forme cônique, en particulier tas de foin, meule de paille » :
La Grande Cuche, épaule, 1938m, et La Petite Cuche, épaule (Cholonge et Saint-Barthélemy-de-Séchilienne, Pays grenoblois, Isère).

Diminutif avec le suffixe -at :
La Cuchat, lieu-dit déclive sur le flanc du Jallouvre (Le Grand-Bornand, Bornes-Aravis, Haute-Savoie).

Diminutif avec le suffixe -et, ancien français cuchet, « tas de foin », c´est aussi un patronyme :
Cuchet, maisons isolées (Combloux et Demi-Quartier, Haut-Faucigny, Haute-Savoie) ;
Cuchet, hameau (Saint-Ferréol, Bornes, Haute-Savoie) ;
Cuchet, hameau (Bonvillaret, Basse-Maurienne, Savoie) ;
Cuchet et Petit Cuchet, hameaux (Murs-et-Gélignieux, Bugey, Ain) ;
Cuchet d´en Bas, maison isolée en forêt (Les Clefs, Bornes, Haute-Savoie) ;
Le Cuchet, colline, 646m (Herbeys, Pays grenoblois, Isère) ;
Le Cuchet, alpage, et Montagne de Cuchet, lieu-dit déclive (Saint-Rémy-de-Maurienne, Basse-Maurienne, Savoie) ;
Château de Cuchet, ruines sur une butte (Saint-Sorlin-en-Bugey, Bugey, Ain) ;
Croix du Cuchet, sommet, 2102m, et Forêt du Cuchet (Saint-Etienne-de-Cuines, Maurienne, Savoie) ;
Fau Cuchet, sommet boisé, 1360m (Saint-Jean-de-Vaulx, Pays grenoblois, Isère) ;
Grand Cuchet, colline boisée (Briord, Bugey, Ain) ;
Le Grand Cuchet, lieu-dit déclive en forêt (Saint-Egrève, Pays grenoblois, Isère) ;
Mont Cuchet, quartier (Saint-Etienne-de-Cuines, Maurienne, Savoie) ;
Mont Cuchet, colline, 710m (Montferrat, Valdaine, Isère) ;
Pointe du Cuchet, 1679m (Fontaine-le-Puits et Saint-Jean-de-Belleville, Tarentaise, Savoie) ;
Les Cuchets, ruines (Corbel, Chartreuse, Savoie).

Diminutif avec le suffixe -on :
Le Cucheron, hameau (Moirans, Pays voironnais, Isère) ;
Le Cucheron, sommet, Ruisseau du Cucheron (Entremont-le-Vieux, Chartreuse, Savoie), Grange du Cucheron, maison isolée (Saint-Pierre-d'Entremont, Chartreuse, Isère), nom monté au Col du Cucheron, 1139m (Entremont-le-Vieux, Chartreuse, Savoie, et Saint-Pierre-d'Entremont, Chartreuse, Isère) ;
Col du Grand Cucheron, 1183m (Saint-Alban-des-Hurtières, Basse-Maurienne, Savoie) ;
Col du Petit Cucheron, 1228m (Saint-Georges-des-Hurtières, Basse-Maurienne, Savoie).

Ancien français cuchon, « tas de foin, meule de paille » :
Le Cuchon, quartier (Sierre, Valais).

Avec le suffixe -ou :
Bois du Cuchou, lieu-dit en forêt (Gresse-en-Vercors, Vercors, Isère) ;
Cucheroux Dessous et Cucheroux Dessus, alpages (Rochefort, district de Boudry, Neuchâtel).


Cucuen
Cucuen ou Cuquen, quartier et ancienn hameau de la commune de Jujurieux (Haut-Bugey, Ain), Cucuens en 1606, Cuquens en 1672, nom d´origine burgonde, serait un ancien *Cucuoldens et dériverait d´un primitif *Guguwaldingos, « chez les Guguwaldingi », dérivé du nom propre Guguwald, « celui qui règne comme un géant » [Perrenot], germanique *valdan, « celui qui règne ».

Cudechien, Cul de Chien
Du vieux français cul de chien, « nèfle ».
Cudechien, maisons isolées (Ugine, Val d´Arly, Savoie) ;
Cul de Chien, maison isolée (Ursins, district d´Yverdon, Vaud).

Cudrefin
Commune et village vaudois du district d´Avenches, Curtefin en 999, Codrufim en 1184, Culdrefin en 1163, Cordefin en 1214, Corde[l]fin vers 1215, Cudulfin en 1228, cudrufin en 1229, Cordulfin en 1240, Cudrefin en 1243, Codefrin en 1246, Codulfrin en 1268, Culderphin en 1269, Culdurphi en 1270, Cudrufin en 1285, Caudrefin et Cudrifin en 1300, Cudriffin en 1477, enfin Cudrefin en 1668, d´après Stadelmann un ancien *cort Ulfin, de l´anthroponyme germanique *Wulfin, dérivé du germanique *vulfa, « [qui a le courage du] loup ». D´autres auteurs proposent un dérivé de *Dodolfin, diminutif de l´anthroponyme germanique *Dodulf.

Cudronne
La Cudronne, maison isolée de la commune de Concise, district de Grandson (Vaud), probablement par féminisation d´un patronyme *Cudron non attesté.

Cueille, Cuet
Noms dérivés probablement du latin collia, « colline ».
La Cueille, Domus de la Cuoli et villa de la Cuoli en 1299-1369, La Colly et La Coly en 1465-1466, Cuillie en 1466, La Cuyllie en 1563, La Cueille en 1734, La Ceuille sur la Carte IGN, château et hameau (Poncin, Haut-Bugey, Ain) ;
Cuet, Prioratus de Kues en 1184, Cuel en 1252, Cuyl en 1315, Parrochia de Cueil en 1335, Cuyel vers 1350, Cuer vers 1495, Cuet en 1650, hameau, commune jusqu´à la Révolution, et aussi Bois de Cuet, forêt, Ruisseau de Cuet et Sanctuaire de Cuet (Montrevel-en-Bresse, Bresse, Ain).
Voir aussi Queille.


Cuers
Localité disparue de la commune de Sergy (Pays de Gex, Ain), mentionnée en 1397. Peut-être de l´ancien français cuer, « coeur », du latin cor, ou « colline », voir Cuet.

Cufattes
Probablement un composé de Cul et de Fatte, pour désigner un endroit creux et reculé.
Les Cufattes, hameau (Le Bémont, district des Franches-Montagnes, Jura).

Cugny
Hameau de la commune de Bardonnex (Genève), Cugny en 1532, Cugnier en 1540, Cougni en 1786, nom de domaine d´origine gallo-romaine *Coniacum, dérivé avec le suffixe -acum du gentilice Conius.
Par transfert, avec un patronyme Cugny :
Château Cugny, colline richeuse, 829m (Les Pommerats, district des Franches-Montagnes, Jura).


Cugy
D´un nom de domaine d´origine gallo-romaine *Cupidiacum, dérivé avec le suffixe -acum du gentilice Cupidius issu d´un cognomen Cupidus, « qui désire, qui aime, passionné, amoureux, avide d'argent, cupide » Stadelmann.
Cugy, in villa Cuzziaco en 968, Cubizaca et Cubizasca en 1079, Cuzei en 1142, Cubizacha en 1145, Cuzzie en 1228, Cugie en 1230, Cuzie en 1233, Cugiez en 1254, commune et village (District de la Broye, Fribourg) ;
Cugy, Cusi en 1147, Cuzie en 1142, Cugiez en 1174, Cuzey en 1182, Cugie en 1416, Cugiacum en 1431, commune et village (District d´Echallens, Vaud) ;
Poses de Cugy, hameau (Granges-près-Marnand, district de Payerne, Vaud).

Cuillery
Chalets de Cuillery, alpage du Chinaillon (Le Grand-Bornand, Bornes, Haute-Savoie), avec un patronyme Cuillery attesté dans la région, probablement un nom de métier, ancien français cuillerier, « fabriquant de cuillers ».

Cuines
Nom qui apparaît dans les noms de deux communes de la Maurienne (Savoie), curtis de Cuyna en 1038, Cuyne avant 1408, Cuina en 1129, Cuynas en 1517, du patronyme romain Quina, féminin de Cuinus [Gros]. Voir Sainte-Marie-de-Cuines, Saint-Etienne-de-Cuines.

Cuisinière
La Cuisinière, maison isolée, auberge de la commune de Cortébert (District de Courtelary, Jura bernois), peut-être par féminisation du patronyme Cuisinier, nom de métier.

Cuisse
La Cuisse, lieu-dit et cours d´eau temporaire de la commune de Saint-Barthélemy (Bièvre, Isère), français cuisse, peut-être dans le même sens que Jambe.

Culat, Culattaz, Culatte, Culattes, Culées
Du bas latin culata [terra], « [terre] éboulée ».
Le Culat, lieu-dit avec habitat dispersé (Port-Valais, district de Monthey, Valais) ;
La Culat, lieu-dit en forêt (Cuarny, district d´Yverdon, Vaud) ;
La Culattaz, maison isolée (Montsapey, Basse-Maurienne, Savoie) ;
La Culatte, hameau (Saint-Franc, vallée du Guiers, Savoie) ;
Les Culattes, maison isolée en clairière (Samoëns, Faucigny, Haute-Savoie) ;
Les Culées, in Culatis en 1475, hameau (Saint-Martin-d´Arc, Maurienne, Savoie).
Voir aussi Eculaz.


Cul de Sac
Hameau de la commune de Vareins (Dombes, Ain), français cul-de-sac, « impasse, chemin sans issue ».

Culederey
Le Culederey, maisons isolées de la commune de Megève (Haut-Faucigny, Haute-Savoie), sans doute composé de Cu et de Lederey.

Culiète
La Culiète, maison isolée d´Estavannens (Bas-Intyamon, district de la Gruyère, Fribourg), qu´Aebischer identifie au français cueillette, latin collecta, participe passé de colligere, « réunir, rassembler ».

Culin
Commune et village du Pays viennois (Saint-Jean-de-Bournay, arrondissement de Vienne, Isère), Cuulinum au XIIème siècle, ecclesia Cullinum au XIIIème siècle, Culinum au XVème siècle, probablement d´un nom de domaine d´origine gallo-romaine *[fundus] Culinus, avec un nom d´homme romain Culinus.

Cully
Commune et village vaudois du district de Lavaux, Cusliacum en 967, Cusliaco au XIIème siècle, Custiacum en 1154, orthographe douteuse, Culiacum en 1179, Cullie en 1223, Cullye en 1275, Culye en 1383, nom d´origine gallo-romaine, peut-être *Cussilius ou *Cunsilius, dérivé avec le suffixe -acum d´un gentilice *Cussilius ou *Cunsilius.

Cultin
Alpage de la commune de Champéry (District de Monthey, Valais), patronyme Cultin.

Cunillières
Les Cunillières, lieu-dit de la commune de la Boisse (Montluel, Bresse, Ain), Les Cunileres en 1247, lieu où abondent les lapins, ancien français conil, latin cuniculus, « lapin ».

Cuquerens
Maison isolée de la commune de Bulle, district de la Gruyère (Fribourg), Coquerens en 1277, Coquerin en 1412, Coquirens en 1577, Coquenens en 1578, Coquirens en 1638, pourrait dériver d´un anthroponyme germanique *Cottwân [Stadelmann].

Curala, Curalla, Curial, Curialerie, Curriale
Un bien curial était un bien mis à disposition du curé pour assurer son entretien, et qu´il gérait lui-même.
Chalet Curial, hameau (Bottens, district d´Echallens, Vaud).
Substantif curial, « notaire fonctionnant comme secrétaire d´une cour de justice » :
Chez le Curial, hameau (Habère-Poche, Vallée Verte, Haute-Savoie).

Avec le suffixe de propriété -erie :
La Curialerie, hameau (Cornier, Faucigny, Haute-Savoie).

Par féminisation :
La Curriale, lieu-dit (Fréterive, Combe de Savoie, Savoie).

Peut-être une forme patoise de même origine :
Place Curala (Le Châble, Bagnes, district d´Entremont, Valais) ;
Curalla, alpage (Passy, Haut-Faucigny, Haute-Savoie).


Curarda
La Curarda, ferme isolée d´Estavannens (Bas-Intyamon, district de la Gruyère, Fribourg), par féminisation d´un patronyme Curard, variante ancienne (1337) de Carrard, attesté dans la région.

Cure
Emplacement de la cure, résidence d´un curé, ou terre rattachée à une cure, ou servant à l´entretien de la cure.
La Cure, hameau voisin de celui de La Sagne-Eglise (La Sagne, district de la Chaux-de-Fonds, Neuchâtel) ;
Bois de la Cure, forêt voisine de l´ancienne cure devenue le Château Jeanjaquet (Cressier, Neuchâtel) ;
Champ de la Cure, hameau (Démoret, district d´Yverdon, Vaud) ;
Champs de la Cure, lieu-dit (Dompierre, district de Moudon, Vaud) ;
Derrière la Cure, maison isolée et église (Morens, district de la Broye, Fribourg) ;
Planches de la Cure, lieu-dit (Provence, district de Grandson, Vaud).

Curé
Du latin médiéval curatus [animarum], « chargé du soin [des âmes] ».
Chalet du Curé, alpage (La Giettaz, Val d´Arly, Savoie) ;
Combe au Curé, maison isolée (Courtelary, Jura bernois).

Curieux
Croix des Curieux, lieu-dit de la Montagne de Loriaz (Vallorcine, vallée de l´Eau Noire, Haute-Savoie), noms patois Coriou, Couriou, du mot patois courieû, « trou d´évacuation du purin » ou « cureur [de fosse à purin], personne qui répand le fumier sur les prés », du patois courâ, « curer, nettoyer » [Bessat 2007].

Curlin
Hameau de la commune de Saint-Martin-le-Châtel (Montrevel-en-Bresse, Bresse, Ain), Curleyn en 1410, Curlein en 1495, Curlens en 1496, nom d´origine burgonde qui dériverait d´un primitif *Gaurilingos, « chez les Gaurilingi », dérivé du nom propre Gaurila, diminutif issu de gaura « triste » [Perrenot].

Curninge
Hameau de la commune de Féternes (Chablais, Haute-Savoie), Curningii en 1459, nom d´origine burgonde, pourrait être un ancien *Gurningum, métathèse de *Gruningum, apparenté à Groninga, « [terre] verte » du burgonde *gronis, germanique *grônia, « vert » [Perrenot].

Curtaban
Hameau de la commune de Condeissiat (Châtillon-sur-Chalaronne, Bresse, Ain), in villa que dicitur Curteabane en 997-1031, in villa Cortaban en 1040, d´un primitif Curtis Abanis, avec un anthroponyme issu du germanique aban, « mari » [Perrenot].

Curtablanc
Hameau de la commune de Saint-André-sur-Vieux-Jonc (Péronnas, Bresse, Ain), Cortablens en 1447, Curtablens en 1564, nom d´origine burgonde composé de Curtis et d´un anthroponyme.

Curtafond
Commune et village de la Bresse (Montrevel-en-Bresse, arrondissement de Bourg-en-Bresse, Ain), in villa Cortefredone en 923-927, Cortefont en 1248, Cortafonz vers 1250, etc., nom d´origine burgonde *Curtis Fredonis, avec l´anthroponyme Fredo, voir Freydon [Perrenot].

Curtafray
Curtafray, hameau de la commune de Bourg-en-Bresse (Ain), Curtafrey en 1425, Curtafey en 1650, nom d´origine burgonde *Curtis Adifredi, avec un nom propre composé de Fredo, voir Freydon avec un premier terme issu du germanique aþala, « [noble] lignée » [Perrenot].

Curtallins
Les Curtallins, hameau de la commune de Mézériat (Châtillon-sur-Chalaronne, Dombes, Ain), Cortelins en 1272, Cortallin en 1443, Curtallins sur la Carte de Cassini, Curtalins en 1911, nom d´origine burgonde *Curtis Alingos, voir Aleins [Perrenot].

Curtaringe
Hameau de la commune de Viriat (Bresse, Ain), Cortarenges en 1272, Corterenges en 1563, Curtaringes en 1627, Curtaranges en 1650, nom d´origine burgonde, serait un ancien *Curtis Arenges dérivé du nom propre Aderic, voir Aringe [Perrenot].

Curtet, Curtets
D´un patronyme Curtet, du latin curtus, « court », avec le suffixe diminutif -et.
Curtet, lieu-dit (Bussigny-près-Lausanne, district de Morges, Vaud) ;
Les Curtets, hameau (Sixt-Fer-à-Cheval, Faucigny, Haute-Savoie).

Curtetrelle
Hameau de la commune de Chevroux (Pont-de-Vaux, Bresse, Ain), villa vocabulo Curtestrilo en 994-1032, Cortetrilloz en 1401, Curtetrelloz sur la Carte de Cassini, nom d´origine burgonde, serait un ancien *Curtis Sturilionis, d´où Curtis Strillonis, puis Curt Estrillo, avec un e épenthétique ; le nom Sturilionis viendrait d´un anthroponyme germanique *Stiurold [Perrenot].

Curville
Hameau de la commune de Vonnas (Châtillon-sur-Chalaronne, Dombes, Ain), Corville en 1847, peut-être de *Curva Villa, latin curva, « courbe, recourbé, recourbée ».

Cusson
Lieu-dit de la commune de Prahins (District d´Yverdon, Vaud), patronyme Cusson de l´ancien français cosson, « marchand, revendeur, courtier ».

Cutterwil
Hameau de la commune fribourgeoise de Belfaux, district de la Sarine, Curtivri en 1361, cultiurj en 1428, Curtivril en 1436, Cutryuy en 1555, Curwier en 1638, Courtrivey au XVIIIème siècle, ancien nom français Cudrevy, composé de curtis et d´un anthroponyme indéterminé.


Cytes
Les Cytes, hameau de la commune de Blonay (District de Vevey, Vaud), aussi Les Sîtes sur la Carte Nationale, Les Siettes en 1625, Les Cittes en 1720, Les Sites en 1949, pourrait être une variante de Siète.

Cythère
Bois de Cythère, forêt déclive de la commune de Brides-les-Bains (Tarentaise, Savoie), lieu fréquenté par les curistes, par allusion à l´île de Cythère, réputée comme l´île de l´amour et du bonheur.