T

Tabac
Prés du Tabac, hameau de la commune d´Evilard (District de Bienne, Berne), de l´espagnol tabaco emprunté aux Indiens de Cuba et Haïti.

Tabeillon
Le Tabeillon, cours d´eau affluent de la Sorne, aussi appelé Ruisseau de Glovelier, Combe Tabeillon, lieu-dit, et Ferme de Combe Tabeillon, ferme isolée, commune de Glovelier (District de Delémont, Jura), probablement un diminutif avec les suffixes -eille et -on d´un dérivé du latin tabula, « planche, tablette », ou une variante du français tabellion, « notaire dans une juridiction subalterne ».

Tablards, Tablars
Petites terrasses aménagées pour la culture, voir le mot régional tablard.
Les Tablards, lieu-dit (Sembrancher, district d´Entremont, Valais) ;
Les Tablars, lieu-dit (Savagnier, district du Val-de-Ruz, Neuchâtel).

Table, Table au Chantre, Table Ronde, Tables, Tablettes
Surface plane, par métaphore du mot français table, du latin tabula, « planche, tablette ».
La Table, hameau (Bure, district de Porrentruy, Jura) ;
Table au Chantre, lieu-dit, nommé ainsi en l´honneur de Marc-Théodore Bourrit (1739 - 1819), chantre de la cathédrale de Genève, peintre et auteur de plusieurs tentatives infructueuses pour la première ascension du Mont Blanc, qui aimait venir là pour contempler ce sommet [Boyer] (Massif du Buet, Faucigny, Haute-Savoie) ;
La Table Ronde, lieu-dit (Doussard, Pays de Faverges, Haute-Savoie) ;
Creux des Tables, lieu-dit en forêt (Châtel-Saint-Denis, district de la Veveyse, Fribourg) ;
Grandes Tables, lieu-dit (Port-Valais, district de Monthey, Valais).
Diminutif avec le suffixe -ette :
Tablettes, lieu-dit (Rochefort, district de Boudry, Neuchâtel).


Tabor
Le Tabor, sommet (2389m) des communes de Saint-Honoré et Lavaldens (Matheysine, Isère), soit de l´ancien français tabor, « bruit, tapage, vacarme », soit du nom du Mont Tabor en Galilée.

Taboret, Tabouret, Tabourets, Tabourette, Tabourettes
Patronymes Taboret, Tabouret, joueur de tambour ou personne bruyante, de l´ancien français tabour, « tambour », tabor, taborie, « bruit, tapage, vacarme », taborer, « battre du tambour ; faire grand bruit », avec le suffixe diminutif -et.
Taboret, Tabouret sur la Carte de Cassini, maisons isolées (Satigny, Genève) ;
Mas Tabouret, hameau, et Moulin Tabouret, maisons isolées (Treffort-Cuisiat, Revermont, Ain) ;
Moulin de Tabouret, maisons isolées, et Etang de Tabouret (Porcieu-Amblagnieu, L´Isle-Crémieu, Isère), et Bois de Tabouret, petite forêt voisine (Montalieu-Vercieu, L´Isle-Crémieu, Isère) ;
Les Tabourets, hameau (Treffort-Cuisiat, Revermont, Ain).
Par féminisation :
Tabourette, hameau (Estrablin, Pays viennois, Isère) ;
Les Tabourettes, lieu-dit (Beynost, Dombes, Ain).


Taborna
Du patois tabornei, « tambour », propriété d´un joueur de tambour, ou dérivé du latin tabernae, voir Tavernes.
La Taborna, maisons isolées (Savigny, district de Lavaux, Vaud).

Tabousset
Lieu où l´on cause, du patois taboussâ, « babiller, faire du bruit » [Bridel], et vieux français tabus, « tapage ».
Tabousset, lieu-dit (Echallens, Vaud) ;
Le Tabousset, alpage (Château-d´Oex, Pays-d´Enhaut, Vaud).

Taboutes
Les Taboutes et Les Petites Taboutes, maisons isolées de la commune de Lent (Bresse, Ain), probablement par féminisation d´un patronyme rare Tabout, de ancien français tabout, « cercueil », surnom d´un fabricant de cercueils.

Taburdet
Maison isolée de la commune de Fey, district d´Echallens (Vaud), probablement un patronyme *Taburdet, variante de Tabordet, attesté en France.

Tache, Tâche, Taches, Tâches
Rocher escarpé, peut-être de même origine que le mot régional tache, ancien français estache, « pieu », francique *stakka, germanique *stekan, stakan, « perche, pieu ».
Le Tache, forêt déclive (Châtelat, district de Moutier, Jura bernois) ;
Le Tâche, sommet rocheux, 1693m (Tanay, Vouvry, district de Monthey, Valais) ;
Les Taches, hameau (Les Bioux, Vallée de Joux, Vaud) ;
Les Tâches, lieu-dit du vignoble (Fully, district de Martigny, Valais).

Tachenières, Tachonnières, Taissonnière, Taissonnières, Taschonieren,
Tassenaire, Tassenière, Tassonaire, Tassonière, Tassonnaire,
Tassonneyre, Tassonnière, Tassonnières, Tassons, Tassony,
Tessonnière, Tessonnières, Teyssonière
Mots régionaux tachon, taisson, tasson, ancien français taisson, « blaireau », bas latin taxo, taxonis emprunté au gaulois *taxo, « blaireau ».
Combe aux Tassons, lieu-dit, dépression (Arzier, district de Nyon, Vaud).
Noms collectifs : ancien français taissoniere, tasseniere, « lieu où il y a beaucoup de blaireaux », latin médiéval taxonaria, « locus ubi crescunt taxi », latin vulgaire *taxônâria, même sens :

Noms formés avec les suffixes collectifs -aire, -eyre, -ière :
Les Tachenières, lieu-dit en forêt (La Vernaz, vallée de la Dranse, Haute-Savoie) ;
Les Tachonnières, maison isolée (Montvalezan, Tarentaise, Savoie) ;
La Taissonnière, En Taysonere en 1355, lieu-dit (Sault-Brénaz, Bugey, Ain) ;
Les Taissonnières, lieu-dit (Bellecombe-en-Bauges, Bauges, Savoie) ;
La Tassenaire ou Tassonnaire, hameau (Troistorrents, district de Monthey, Valais) ;
Sous la Tassenière, forêt déclive (Plateau d´Andey, Bonneville, Faucigny, Haute-Savoie) ;
Tassonaire, lieu-dit (Troistorrents, district de Monthey, Valais) ;
La Tassonière, peut-être Taconay en 1262Teysel, Tacunay en 1263, pâturage (Viuz-en-Sallaz, Vallée Verte, Chablais, Haute-Savoie) ;
Tassonnaire, forêt (Leysin, district d´Aigle, Vaud) ;
Les Tassonneyres, hameau (Chardonne, district de Vevey, Vaud) ;
La Tassonnière, lieu-dit en forêt (Saint-Jean-d´Aulps, vallée de la Dranse, Haute-Savoie) ;
Tassonnières, Es Tassonnaires en 1798, hameau en haut des vignes (Fully, district de Martigny, Valais) ;
Bois des Tassonnières, forêt (Giez, district de Grandson, Vaud) ;
Grange de la Tessonnière, maison isolée en clairière (Sainte-Reine, Bauges, Savoie) ;
Tessonnières, lieu-dit en forêt (Arbignieu, Bugey, Ain) ;
Teyssonière, lieu-dit (Aranc, Bugey, Ain) ;
La Teyssonière, Teisoneres en 1236, La maison forte de la Teyssonière en 1317, Teyssoneria en 1378, La Tessoniere en 1567, La Tessonière en 1734, château et hameau (Buellas, Bresse, Ain) ;
Ruisseau de la Teyssonière (Clelles, Trièves, Isère).

Avec le suffixe collectif -y :
Tassony, Tassonier en 1798, lieu-dit du vignoble (Fully, district de Martigny, Valais).

Forme alémanisée au XVème siècle :
Taschonieren, hameau (Varonne, district de Loèche, Valais).


Tacon
Parcelle de terrain, voir le mot régional tacon.
Le Tacon, maison isolée (La Chaux-du-Milieu, district du Locle, Neuchâtel) ;
Clos du Tacon, lieu-dit (Perrefitte, district de Moutier, Jura bernois).
De même origine ou du patronyme Tacon :
Tacon, Tascon au XIIIème siècle, Taconnis en 1390, Tacon en 1622, maisons isolées, Communal de Tacon, lieu-dit en forêt, et Viaducs du Tacon, sur Le Tacon, cours d´eau affluent de la Semine (Châtillon-en-Michaille, Haut-Bugey, Ain).

Voir aussi Villard-Tacon.


Taconnaz, Taconnet
Taconet ou taconnet, un des noms vernaculaires du tussilage (Tussilago farfara), voir le mot régional Taconnet. Ce sont aussi des patronymes, peut-être de l´ancien français taconier, « savetier, rapiéceur ».
Le Taconnet, maisons isolées (Le Mouret, district de la Sarine, Fribourg) ;
Crêt Taconnet, rue (Neuchâtel).
De même origine selon Boyer :
Taconnaz, Tacuney en 1326, Taconay au XIXème siècle, hameau, et Montagne de Taconnaz, forêt déclive, Torrent de Taconnaz, affluent de l´Arve issu du Glacier de Taconnaz (Les Houches, vallée de Chamonix, Haute-Savoie).


Taconnerie, Taconnière
Nom de métier ancien français taconier, taconnier, « savetier ou rapiéceur », voir le mot régional tacon.
Taconnerie, « atelier d´un savetier ou rapiéceur » :
Place de la Taconnerie, avec le suffixe d´action -erie (Ville de Genève).

Par féminisation d´un patronyme Taconnier, nom de métier :
La Taconnière, ruines (Saint-Julien-sur-Reyssouze, Bresse, Ain).


Tacul
Mont Blanc du Tacul, 4187m, Epaule du Mont Blanc du Tacul, 4028m, Aiguillette du Tacul, 3913m, Pyramide du Tacul, 3468m, nom qui serait monté d´un lieu-dit, du patois tacul, « lieu retiré, à l´écart, cul de sac » [Bessat 2007].

Taffon
Nant Taffon, petit cours d´eau de la commune de Morillon (Faucigny, Haute-Savoie), avec un patronyme Taffon.

Tagnière, Tanière, Tanières, Tannière, Tannières
Tanière, vieux français tannière, ancien français tanier, taisniere, « tanière », issu par syncope de taissoniere, « lieu où il y a beaucoup de blaireaux », voir Tachenières.
Syr Tagnière, lieu-dit (Cudrefin, district d´Avenches, Vaud) ;
Tanière à l´Ours, lieu-dit en forêt (Yvorne, district d´Aigle, Vaud) ;
Les Grandes Tanières, forêt déclive (Yvorne, district d´Aigle, Vaud) ;
Tannière, lieu-dit en forêt (Collombey-Muraz, district de Monthey, Valais) ;
Tannières, lieu-dit (Ferlens, district d´Oron, Vaud).

Tagny
Hameau de la commune de Desingy (Genevois, Haute-Savoie), Tagniez en 1295, puis Tagnier, Tagniez et Thagny, d´un nom de domaine d´origine gallo-romaine *Taniacum, dérivé avec le suffixe -acum du gentilice Tan[n]ius.

Tague
Hameau de la commune de Saint-Gervais-les-Bains (Val Montjoie, Haute-Savoie), d´un patronyme Tague, du franco-provençal taque, « morceau, pièce ».

Taiche
La Taiche, maison isolée en clairière de la commune de Saint-Brais (District des Franches-Montagnes, Jura), peut-être une syncope du lieu dit voisin Tariche.

Tailla, Taillat, Taillay, Taillaz, Taille,
Taillée, Taillées, Taillemau, Taillères, Tailles,
Taillet, Taillets, Taillinces, Taillis, Taillisse,
Taillus
Bois taillis, bois taillé régulièrement pour en exploiter les repousses ; clairière. Ancien français bois de tail, « bois de coupe », français tailler, probablement du bas latin taliare, « élaguer, couper », dérivé du latin classique talea, « rejeton, bouture ». Pour Bossard, c´est « une coupe importante en forêt ».
La Taille de la Marquise, forêt aux Voirons (Cranves-Sales, Annemasse, Haute-Savoie) ;
Les Tailles, lieu-dit (Ménières, district de la Broye, Fribourg).
Formes patoises :
La Tailla, lieu-dit (Morgins, Troistorrents, district de Monthey, Valais) ;
Bois de la Tailla (Orzens, district d´Yverdon, Vaud) ;
La Taillaz Rossaz, avec un patronyme Rossaz, maisons isolées (Bellevaux, Chablais, Haute-Savoie).

Dérivés avec les suffixes collectifs -at, -ay, -et :
La Taillat, forêt (Corpataux-Magnedens, district de la Sarine, Fribourg) ;
Taillay, lieu-dit en lisière de forêt (Mayens-de-Riddes, Riddes, district de Martigny, Valais) ;
Col du Grand Taillet, 1041m (Chevenoz et la Forclaz, Val d´Abondance, Haute-Savoie) ;
Les Taillets, lieu-dit en forêt (Giez, Pays de Faverges, Haute-Savoie).

Avec le suffixe collectif -ée :
Taillée des Bioles, lieu-dit en forêt (L´Isle, district de Cossonay, Vaud) ;
Les Taillées, forêt (Saint-Thomas, Larringes, Chablais, Haute-Savoie).

Avec le suffixe collectif -ière, ancien français taillier, « taillis » :
Les Taillères, la chaux de Estaleres en 1304, Etalières en 1624, hameau, et Lac des Taillères (La Brévine, district du Locle, Jura).

Avec le suffixe collectif patois -u :
Le Taillus, forêt déclive (Saint-Martin-de-Belleville, Tarentaise, Savoie).

Avec le suffixe -ince :
Les Taillinces, hameau (Noréaz, district de la Sarine, Fribourg).

Français taillis, « petit bois ou partie d´un bois ou d´une forêt, composé(e) d´arbres de petit diamètre que l´on coupe périodiquement, et qui croissent à partir des anciennes souches, par des rejets ou drageons », ancien français tailleis, « taillé » :
Le Taillis, maisons isolées (Entremont, Faucigny, Haute-Savoie) ;
Les Taillis, lieu-dit en forêt (Arith, Bauges, Savoie) ;
Bois des Taillis, forêt (Arthaz-Pont-Notre-Dame, Annemasse, Haute-Savoie).

Forme féminine de « taillis » :
En Taillisse, lieu-dit (Payerne, Vaud).

Autre dérivé :
Taillemau, avec un deuxième élément mau, « mauvais », maison isolée (Bulle, district de la Gruyère, Fribourg).

Voir aussi Etaillers.


Taillanderie, Taillanderies
Fabrique d´outils aratoires et taillants, utilisant un marteau mû par l´eau, le martinet. On nomme taillanderie l´ensemble de ces outils, la quincaillerie et les pièces pour les moulins et la charpente. Les taillanderies ont succédé aux martinettes.
Taillanderie, maisons isolées (Coublevie, Pays voironnais, Isère) ;
La Taillanderie, maisons isolées, ancienne forge (Montagnieu, La Tour-du-Pin, Isère) ;
Les Taillanderies, anciennes forges (Tullins, Pays voironnais, Isère).

Taillefer, Taille-Fer
Ce nom peut être un sobriquet désignant soit un forgeron, soit peut-être un valeureux combattant, adjectif ancien français taillefer, « qui tranche le fer [de l´armure] ». Il désigne aussi un lieu d´où l´on extrayait le fer.
Taillefer, lieu-dit en forêt (Sciez, Bas-Chablais, Haute-Savoie) ;
Taillefer, lieu-dit (Malafretaz, Bresse, Ain) ;
Le Taillefer, chaînon de montagne des Bauges près du lac d´Annecy (Duingt et Entrevernes, Annecy, Haute-Savoie) ;
Le Taillefer, sommet, 2857m, et Le Petit Taillefer, sommet, 2696m (Lavaldens, Valbonnais, Isère) ;
Pont de Taillefer (Charrat, district de Martigny, Valais) ;
Ruisseau de Taillefer, affluent de la Romanche (Livet-et-Gavet, Oisans, Isère) ;
Taille-Fer, Mansum dictum mansum Tally fer en 1296, Charriére ou chemin appelé Taille-Fert en 1612, ancien mas, maintenant un lieu-dit (Cruzilles-lès-Mépillat, Bresse, Ain).

Taillemard
Bois de Taillemard, forêt de la commune de Viuz-en-Sallaz (Faucigny, Haute-Savoie), d´un ancien patronyme Taillemard, peut-être un nom de métier.

Tailleur, Taillour
Nom de métier ou sobriquet, français tailleur, « celui qui taille (des pierres, des vêtements) ».
Le Tailleur, maison isolée (Saint-Cergues, la Côte en Chablais, Haute-Savoie).
Vieux français taillour, ancien français tailleor, « celui qui coupe, qui taille en général » :
Pra du Taillour, ruines en clairière (Icogne, district de Sierre, Valais).


Tairèche, Tariche
D´un mot patois jurassien signifiant « lierre » [Prongué].
Tairèche, forêt déclive (Delémont, Jura) ;
Tariche, forêt déclive (Saint-Brais, district des Franches-Montagnes, Jura).

Talau
La Talau, lieu-dit déclive de la commune de Saxon (District de Martigny, Valais), nom qui pourrait être de même origine que le français talus, ancien français talud, talut, latin impérial talutium, « terrain en pente, versant », du gaulois *talo.

Talent
Le Talent, cours d´eau du district de Lausanne, anciennement Thela, dont il semble que Talent dérive du cas régime.

Talissieu
Commune et village du Valromey (Champagne-en-Valromey, arrondissement de Belley, Ain), Talussiacus en 1144, Ecclesia Taluise en 1198, Taluisieu en 1212, Thaluisiacus en 1265, Prior de Tallussiou vers 1344, d´un nom de domaine d´origine gallo-romaine Talussiacus, dérivé avec le suffixe -acum du gentilice Talussius.

Talloires
Commune et village des Bornes (Annecy-le-Vieux, arrondissement d´Annecy, Haute-Savoie), probablement Talgurium en 867, cellam quae vocatur Talgeria en 879, Talgariam en 916, Tallueriis villa en 1016-1018, Talueriis en 1031-1032, ecclesia Sanctae Mariae Tallueriis en 1107, prior Tallueriarum vers 1344, nom d´origine inconnue.

Talon
Moille Talon, alpage de la commune de Châtel-Saint-Denis (District de la Veveyse, Fribourg), avec un patronyme Talon, de l´anthroponyme germanique *Talo, ancien haut allemand tal, germanique *dala, « vallée ».

Taluse
La Taluse, maison isolée en clairière de la commune de Veytaux (District de Vevey, Vaud), peut-être par féminisation du français talus, voir Talau.

Tamié
Abbaye de Tamié, in monte Stamedei en 1132, Ecclesia Stansmedii en 1134, abbas Tamisii en 1153, monachus Stamedeii en 1188, abbas de Tamedio en 1192, Stamedis abbas sans date, Domus Stamedii en 1216, abbas Tamidii vers 1250, Thamedium et Thamidium en 1260, Tamedei en 1263, Ecclesia de Tamicis en 1264, Ordo Stamedei en 1325, Abbas Tamedi en 1291, Thamedium et Stamedium sans date, puis Thamyé en 1478, etc., abbaye cistercienne fondée en 1132. Selon Gros, la forme Stamedium est une remotivation de lettré basée sur le latin medium, « milieu », comme l´atteste la citation Stamedium, quasi stans medium vers 1183, « Stamedium, soit se trouvant au milieu », Tamié étant à la limite des comtés de Savoie et du Genevois. De plus, Stamedium serait devenu logiquement **Estamié, et non Tamié. Le primitif serait donc Tamedium ou Tamidium, d´un nom de domaine d´origine gallo-romaine *[praedium] Tamidium, du nom d´un gallo-romain *Tamidius, variante des gentilices attestés Tamudius, Tamisius, Tamisius, Tamusius. D´autres auteurs font venir Tamié du grec tamieon, « cellier, aire de grange », ce qui n´est corroboré par aucune forme ancienne.
Col de Tamié, Col de Tamyés au XVème siècle, 907m, et Sous le Col de Tamié, maisons isolées (Plancherine, Combe de Savoie, Savoie) ;
Collet de Tamié, 958m (Mercury, Combe de Savoie, Savoie) ;
Ruisseau de Tamié, affluent du Ruisseau du Bard (Seythenex, Bauges, Haute-Savoie) ;
Forêt Domaniale de Tamié (Mercury, Combe de Savoie, Savoie) ;
Forêt Départementale de Tamié (Plancherine, Combe de Savoie, Savoie) ;
Fort de Tamié, anciennes fortifications (Mercury, Combe de Savoie, Savoie).
Probablement de même origine :
Tamié, Montagne de Tamied en 1695, Tamié en 1696, Thamied en 1697, ancien alpage (Cevins, Tarentaise, Savoie).


Tâna, Tâne, Tanna, Tannaz, Tanne,
Tanné, Tannes
Grotte, caverne, tanière. Patois danna, tanna, « caverne, grotte habitée ou habitable, profonde crevasse » [Constantin], celtique *tanna. Mots régionaux savoyards et suisses tanay, tanna, tannaz, tanne, tannet, tanny, tune, « grotte, tanière, trou, caverne » [Pégorier].
La Tâna, hameau (Château-d´Oex, Pays-d´Enhaut, Vaud) ;
La Tâna, cours d´eau affluent de la Sarine (Grandvillard, district de la Gruyère, Fribourg) ;
Tâne à Damon (Le Sappey, Faucigny, Haute-Savoie) ;
Tanna à l´Oura, anciennement Fairtho d´Eygrin, avec le patois fairtho, « cave, cellier » (Rochers de Naye, Montreux, district de Vevey, Vaud) ;
Tanna de l´Ermoé, nom patois de la Grotte de l´Ermoy (Samoëns, Faucigny, Haute-Savoie) ;
La Tannaz, alpage (Le Grand-Bornand, Bornes-Aravis, Haute-Savoie) ;
Tanne aux Chues, patois chue, « chouca » (Rochers de Naye, Montreux, district de Vevey, Vaud) ;
Tanne au Diable, gouffre (Bargy, Cluses, vallée de l´Arve, Haute-Savoie) ;
Tanne Froide, gouffre (Aillon-le-Jeune, Bauges, Haute-Savoie) ;
Les Tannes, maison isolée (Bellevaux, Chablais, Haute-Savoie) ;
Sur le Tanné, lieu-dit (Les Pommerats, district des Franches-Montagnes, Jura).
Voir aussi Covatanne, Danna, Tanay, Tine.


Tanay, Tanée, Tanet, Tannay, Tanne,
Tannes, Tanney
Sapin, ancien haut allemand tanna, « sapin », germanique *danna, « forêt [de sapins] », ou plus probablement « forêt de chênes », du gaulois tanno-, « chêne », qui a donné le français tan, « poudre d´écorce de chêne utilisée pour tanner ». Voir aussi Tanne.
La Tanne, Teinnagia en 1181, probablement d´un tann-hagia, « enclos de sapins », voir Age [Perrenot] (Tramelan, district de Courtelary, Jura bernois) ;
La Tanne, habitat dispersé (Tavannes, district de Moutier, Jura bernois) ;
Les Tannes, lieu-dit (Lignières, Neuchâtel).
Noms collectifs : sapinière, bas latin tannetum :

Avec les suffixes collectifs -ay, -et, -ey :
Tanay, ou plus rarement Taney, hameau, Lac de Tanay, et Col de Tanay, 1440m (Vouvry, district de Monthey, Valais) ;
Tanay, lieu-dit (Clarafond, Genevois, Haute-Savoie) ;
Tanay, de Thaneio en 1182, de Tanayo au XIIIème siècle, Le Tanay en 1536, Taney en 1567, Tasney en 1662, hameau (Saint-Didier-de-Formans, Dombes, Ain) ;
Le Tanay, hameau (Birieux, Dombes, Ain) ;
Les Tanayes, lieu-dit (Saint-Jean-de-Niost, Bresse, Ain) ;
Tanet, maison isolée, Bois Tanet, Foret de Taney en 1699, et Maison de Bois Tanet, maison isolée (Saint-Georges-sur-Renon, Dombes, Ain) ;
Tannay, Taney en 1390, commune et village (District de Nyon, Vaud) ;
Tanney, lieu-dit (Vallon de l´Eau Froide, Chablais vaudois).

Avec le suffixe collectif -ée :
La Tanée, lieu-dit en forêt (Mont-la-Ville, district de Cossonay, Vaud).


Taninges
Canton, commune et village de la vallée du Giffre (Arrondissement de Bonneville, Haute-Savoie), Taningio ou Taningis en 1263, Tagningio en 1445, anciens noms de la commune : Taninge-Flairier et Fleirier près Taninges, voir Flérier. Selon Perrenot il s´agirait d´un ancien *Daningum, « chez les Daningi », dérivé de l´ethnonyme Dani, « les Danois ». Pour d´autres spécialistes, ce serait un ancien Tanniacum, mais il paraît difficile d´imaginer une évolution de ce nom en Taningio.

Tannerie, Tanneries
Endroit où l´on traite le cuir, de tan, « poudre d´écorce de chêne servant au tannage », du gaulois *tanno, « chêne ».
Tannerie, hameau (Massonnens, district de la Glâne, Fribourg) ;
Les Tanneries, maisons isolées en clairière (Le Petit-Bornand-les-Glières, Faucigny, Haute-Savoie).

Taouna, Thônes, Thonon, Thonon-les-Bains, Tonna,
Tonnaz
Noms d´origine gauloise, dérivés de dunon, « place fortifiée ».
La Taouna ou La Thaouna, La Tonnaz en 1419, Thonne et Tauna en 1861, cours d´eau affluent de la Sarine (Grandvillard, district de la Gruyère, Fribourg) ;
Thônes, ecclesia Taunii vers 1121, de Thono en 1274, anciennement Thoune ou Toune, canton, commune et village des Bornes (Arrondissement d´Annecy, Haute-Savoie) ;
Thonon-les-Bains, vicus romain Tunonium, peut-être villa donona en 930, Thonuns en 1191, puis Tonon, Prior de Thonons vers 1344, pourrait signifier « la colline au-dessus de l´eau », dunon ayant ici le sens de colline, hauteur, avec le suffixe -on relatif à l´eau ; chef-lieu d´arrondissement, canton, commune et ville du Chablais (Haute-Savoie) ;
Forêt de Thonon (Armoy, Bas-Chablais, Haute-Savoie) ;
La Tonna, hameau (Château-d´Oex, Pays-d´Enhaut, Vaud) ;
La Tonnaz, anciennement Thona, hameau, localité la plus ancienne (Praz-sur-Arly, Haut-Faucigny, Haute-Savoie).

Tapée, Tapiaz, Tappes, Tèpe, Tépiaz,
Teppe, Teppes, Teppet
Côte gazonnée, hauteur gazonnée, du patois alpin teppa, « terre, hauteur », celtique *tippa, « motte », ou selon Boyer du patois tepa, « terrain en friche, parfois gazonné, souvent caillouteux », patois savoyard tèpa, « terre inculte, improductive, sauvage, pauvre, ne produisant rien ; lande, friche » [Viret]. Dans le passé, Teppe aurait aussi désigné des terres donnant un excellent foin.
La Tapée, alpage (Les Contamines-Montjoie, Val Montjoie, Haute-Savoie) ;
La Tapiaz, lieu-dit dans une zône de moraines (Plan de l´Aiguille, vallée de Chamonix, Haute-Savoie) ;
Les Tappes, alpage (Les Contamines-Montjoie, Val Montjoie, Haute-Savoie) ;
Grande Tèpe, maison isolée, Petite Tèpe, lieu-dit (Le Lieu, district de la Vallée, Vaud) ;
Pointe de la Tépiaz, 2694m (Vallée des Glaciers, Les Chapieux, Savoie) ;
La Teppe, Teppa d´Ay alias d´Espinoux en 1439, hameau (Replonges, Bresse, Ain) ;
Grand Teppe, alpage (Bagnes, district d´Entremont, Valais) ;
Teppe de l´Aire, La Teppe de l´Air en 1911, hameau (Foissiat, Bresse, Ain) ;
Les Teppes et Les Grandes Teppes, forêts déclives (Serraval, Bornes, Haute-Savoie) ;
Teppes Basses, lieu-dit (Hermance, Genève) ;
Les Teppes Bellecour, hameau (Saint-Etienne-sur-Reyssouze, Bresse, Ain) ;
Les Teppes d´Allemagne, hameau (Saint-Etienne-sur-Reyssouze, Bresse, Ain) ;
Teppes de Biches, Teppe de Biche sur la Carte de Cassini, hameau (Bâgé-la-Ville, Bresse, Ain) ;
Teppes Vertes, pâturage déclive (Derborence, Conthey, Valais).
Avec le suffixe diminutif -et :
Le Teppet, forêt déclive (Grand Naves, La Léchère, canton de Moûtiers, Tarentaise, Savoie).


Tarascon
Maison isolée en clairière de la commune de Faverges (Haute-Savoie), probablement par transfert du nom de la ville de Provence.

Tardif, Tardis, Tardiva, Tardive, Tardives
Se dit d´un pâturage brouté ou fauché tardivement dans l´année, où la végétation est tardive, du latin populaire *tardivus, « lent, tardif ». Il peut aussi s´agir du patronyme ou sobriquet Tardif attesté.
Champ Tardif, pâturage, nom passé au Lac du Champ Tardif, étang (Manigod, Bornes-Aravis, Haute-Savoie).
Patronyme Tardy de même origine :
Les Tardis ou Les Tardys, Les Tardy en 1443, lieu-dit (Massongex, district de Saint-Maurice, Valais).

Par féminisation :
La Tardive, maison isolée en forêt de la commune de (Monthey, Valais), exposée au nord, peut-être parce que la végétation y est tardive ;
Les Tardives, lieu-dit (Pollieu, Bugey, Ain).

Patois valdôtain féminin tardiva, « tardive » :
Tardiva, alpage, nom monté au Col de Tardiva, 2410m, et à la Crête de Tardiva, 2880m (Gignod, vallée d´Aoste).


Tarentaise
Haute vallée de l´Isère, en Savoie, Tharantaise en 1320, dont le nom vient de Darantasia, Tarantasiae en 450, Tharentasia en 1324, noms romains de la ville de Moûtiers.

Tartarin, Tartarins
Patronyme Tartarin, de l´ancien français tartarin, « de Tartarie ; martin-pêcheur » soit par allusion aux Tartars pour quelqu´un qui est brun de peau ou qui est sauvage, brutal, soit un marchend de tissu, ancien français tartarin, « drap de Tartarie ».
Le Tartarin, hameau (Monthieux, Dombes, Ain) ;
Les Tartarins, hameau (Les Echelles, Chambéry, Savoie).

Tartegnin
Commune et village vaudois du district de Rolle, villa Tritiniaco au XIème siècle, Tertignie au Xème siècle, Tritigniaco en 1018, de Tertinniis en 1205, Tertinins en 1214, Tertinnins en 1220, Tertignins en 1252, Tertygnens en 1265, d´un nom de domaine d´origine gallo-romaine *Tritiniacum, dérivé avec le suffixe -acum du gentilice Tritinius, peut-être de Tritus, « usé, harassé » [Jaccard].

Tartels
Les Tartels, maisons isolées de la commune des Brenets (District du Locle, Neuchâtel), probablement d´un patronyme Tartel rare mais attesté en France.

Tataz, Tate, Tates, Tattes
Terrain maigre ou en friche, mot régional tatte, patois romand tacta, tacte, tatta ; patois savoyard tata, « terre inculte, improductive, sauvage, pauvre, ne produisant rien ; lande, friche, teppe » [Viret].
La Tate, maison isolée (Poliez-le-Grand, district d´Echallens, Vaud) ;
Les Tates et sur les Tates, hameaux (Lovagny, Annecy, Haute-Savoie) ;
Les Tattes, lieu-dit (Vernier, Genève) ;
Les Tattes, hameau (Fillinges, Genevois, Haute-Savoie) ;
Bois des Tattes (Burdignin, Vallée Verte, Haute-Savoie) ;
Chemin des Tattes-Brûlées (Saint-Georges, Petit-Lancy, Genève) ;
Chemin de Tattes-Fontaine (Vandoeuvres, Genève) ;
Les Tattes d´Oies, quartier (Nyon, Vaud) ;
Nant des Tattes, cours d´eau affluent du Rhône (Onex, Genève).
Forme patoise :
La Tataz, hameau (Verchaix, Faucigny, Haute-Savoie).


Tatrel, Tatroz
Tatroz, hameau de la commune d´Attalens (District de la Veveyse, Fribourg), Tartro en 1223, Tartrout vers 1230, Tartraud en 1456, Tartraux et Tatrox en 1573, Tatrau en 1668, Tatraux en 1715, puis Tattraux, nom d´origine inconnue ;
Le Tatrel, cours d´eau affluent de la Broye qui arrose Tatroz (District de la Veveyse, Fribourg).

Tattets, Tattettes
Du patronyme Tattet, soit du vieux français taster, latin tastare, « tâter », soit plus probablement de tatte, « terrain maigre ou en friche », avec le suffixe diminutif -et, -ette.
Les Tattets, maisons isolées (La Côte-aux-Fées, district du Val-de-Travers, Neuchâtel) ;
Les Tattettes, maisons isolées (Burtigny, district de Rolle, Vaud).

Taules, Taulet, Thol, Thollon-les-Mémises, Thoules,
Tola, Tolards, Tolas, Toleure, Tollères,
Tollettes, Toula, Toulars, Toule, Toules,
Toulet
Soit un replat, une terrasse, voire un pré rectangulaire, une bande de gazon, une planche de jardin, une terrasse de vigne, patois toula, du latin tabula, « planche, tablette » ; soit une montagne, une colline, bas latin tullum, prélatin *toul, « colline », gaulois *tullos, même sens.
Thol, Apud Tol en 1436, de Tollo vers 1450, Tour de Thol, vestige d´un château sur une petite colline, Le chasteau et maison forte de Tol en 1563, et Bois de Thol, forêt (Neuville-sur-Ain, Bresse, Ain).
Patois valdôtain thoule :
Thoules, hameau (Valpelline, vallée d´Aoste) ;
Thoules, alpage, Lacs des Thoules (Ollomont, vallée d´Aoste), et
Thoules, alpage, Comba des Thoules, vallon parcouru par le Torrent des Thoules (Saint-Rhémy-en-Bosses, vallée d´Aoste).

Patronyme Thoule, de même origine :
Chez les Thoules, hameau, nom passé au Ruisseau des Thoules, sous-affluent de la Dranse (La Chapelle-d´Abondance, Val d´Abondance, Haute-Savoie).

Patois taula, taule, tola, toula, toule, « pré de forme rectangulaire dont le plus grand côté est perpendiculaire à la pente » :
Les Taules, alpage (Mollens, district de Sierre, Valais) ;
Tola, alpage (Valtournenche, vallée d´Aoste) ;
Bella Tola, « belle table », sommet, 3025m, et Lac de la Bella Tola, lieu-dit (Saint-Luc, Val d´Anniviers, Valais) ;
Les Tolas, ferme isolée (Le Châtelard, district de la Glâne, Fribourg) ;
La Toula (Montana, district de Sierre, Valais) ;
Aiguille de Toule, 3534m, Col Occidental de Toule, 3444m, Col Oriental de Toule, 3411m, Glacier de Toule (Massif du Mont-Blanc, vallée d´Aoste) ;
Toules, alpage (Conthey, Valais) ;
Toules, pâturage déclive, nom monté à la Pointe des Toules, sommet, 2727m (Liddes, district d´Entremont, Valais).
Fin des Toules, lieu-dit (Grandvillard, district de la Gruyère, Fribourg) ;
Lac des Toules (Bourg-Saint-Pierre, Val d´Entremont, Valais) ;
Le Toulet, pâturage (Le Petit-Bornand-les-Glières, Faucigny, Haute-Savoie).

Avec le suffixe collectif -ère :
Les Tollères, Les Téleires sur la Carte Nationale, maison isolée (Sâles, district de la Gruyère, Fribourg).

Avec les suffixes -ar, -ard :
Les Tolards, lieu-dit (Prévondavaux, district de la Broye, Fribourg) ;
Les Toulars, lieu-dit dans les falaises des Diablerets (Bex, district d´Aigle, Vaud).

Avec le suffixe -eure :
Le Toleure, Tolere en 1597, cours d´eau affluent de l´Aubonne (District d´Aubonne, Vaud).

Avec le suffixe -on probablement de l´ancien français tolon, « colline, éminence » :
Thollon-les-Mémises, duas partes Tholonaei en 1017, de Tolhono en 1250, Tholons en 1246, nommé aussi Thollon, commune et village du Pays de Gavot (Arrondissement de Thonon-les-Bains, Haute-Savoie) ;
Le Crêt Thollon, lieu-dit (Saint-Paul-en-Chablais, Pays de Gavot, Haute-Savoie).

Avec les suffixes diminutifs -et, -ette :
Le Taulet, lieu-dit (Randogne, district de Sierre, Valais) ;
Les Tollettes, lieu-dit (Blonay, district de Vevey, Vaud).

Voir aussi Thoulasèche.


Taupe, Taupinière
La Taupe, maison isolée de la commune de Saint-Aubin-Sauges (District de Boudry, Neuchâtel), probablement d´un sobriquet.
Par féminisation d´un patronyme Taupin, sobriquet d´une personne de teint foncé :
Taupinière, maison isolée (Saint-Georges-sur-Renon, Dombes, Ain).


Tauré, Toré
Du patois jurassien toré, ancien français tor, « taureau », désigne probablement un pâturage réservé à ce bovin [Prongué].
Tauré, lieu-dit (Réclère, district de Porrentruy, Jura) ;
Le Toré, lieu-dit (Pleigne, district de Delémont, Jura) ;
Le Toré, lieu-dit, peut-être de même origine (Burtigny, district de Rolle, Vaud).

Taureau, Taureaux, Torin
Français taureau, « bête à cornes qui est le mâle de la vache », ancien français taur, latin taurus.
Corne au Taureau, sommet, 2630m, et Pas au Taureau, col, 2479m (Samoëns et Sixt, Faucigny, Haute-Savoie) ;
Les Taureaux, pâturage (Sixt-Fer-à-Cheval, Faucigny, Haute-Savoie).
De l´adjectif latin taurinus, « de taureau, de boeuf » :
Torin, hameau (Pontey, vallée d´Aoste).


Tauredunum
Montagne ou fort situé sur une montagne, nommé Tauredunum, Tauretunum, « Mont Taurus », colline du taureau, du gaulois tauro- autre forme de taruos, « taureau », racine indo-européenne *tauros, et dunum, du gaulois dunon. En 563, une partie de cette montagne s´effondra, causant la destruction de plusieurs village sur les bords du Léman, comme Bret, Glérolles, Rivaz et Pennelucos, et causant des dégats jusqu´à Genève. Selon Marius, évêque d´Avenches : « Hoc anno, (...) mons validus Tauretunensis, in territorio Vallensi (...) », traduction « (...) la grande montagne du Tauretunum, dans le territoire du Valais, tomba si subitement, qu´elle couvrit un château (castrum) dont elle était voisine et des villages avec tous leurs habitants ; elle agita tellement le lac (...) que, sorti de ses deux rives, il détruisit de très anciens villages avec hommes et troupeaux (...). Il entraîna avec furie le pont de Genève, les moulins et les hommes, et étant entré dans la cité de Genève, il y fit périr plusieurs personnes. » On identifie le Tauredunum avec le Grammont, et le lieu de l´effondrement avec le lieu-dit Dérochiaz, où des traces d´éboulement sont encore visibles. Toutefois, selon un autre écrivain contemporain, Grégoire de Tours, la chute du Tauredunum écrase un castrum et obstrue le lit du Rhône, créant un barrage qui retient les eaux du fleuve. Ce barrage finit par céder, causant un raz de marée qui provoque les dégats décrits par Marius. Si l´on suit cet auteur, la catastrophe ne peut pas se situer près du lac, mais dans un défilé en amont de Saint-Maurice. Comme l´abbaye d´Agaune n´a pas été détruite, cette hypothèse ne tient pas. Il y a peut-être eu confusion avec la catastrophe qui détruisit Evionnaz, probablement due à un éboulement causé par le torrent de Saint-Barthélémy, dont le cône de déjection a formé le Bois Noir.

Tavaillon
Endroit où l´on fabriquait les tavaillons ou endroit où l´on coupait du bois servant à la fabrication des tavaillons.
Le Tavaillon, maisons isolées, et Ruisseau du Tavaillon, affluent du ruisseau de la Duche (Grand-Bornand, Bornes, Haute-Savoie).

Tavan
Lieu-dit de la commune de Saint-Jorioz (Annecy, Haute-Savoie), patronyme emprunté au patois tavan, « taon », latin tabanus, même sens.

Tavaneuse
Chalets de Tavaneuse, alpage, Ruisseau de Tavaneuse, émissaire du Lac de Tavaneuse, nom monté au Roc de Tavaneuse, sommet, 2156m, et au Col de Tavaneuse, 1997m (Abondance, Val d´Abondance, Haute-Savoie), peut-être du patois tavan, « taon », latin tabanus ou du patois tavi, tavé, voir Tavé, et celtique *vanno, « pente », voir Van, ou encore du celtique *tavan, « tronc d´arbre », avec le suffixe -euse.

Tavannes
Commune et village du district de Moutier (Jura bernois), nom allemand Dachsfelden, « aux champs des blaireaux », Theisvenna en 866, Tehisvenna en 884, Tasvenne et Thesvenna en 967, Tasveno en 1147, Tasuenna vers 1181, Tasevenna en 1241, Tasvanne en 1258, Tavannes en 1258, Tavennes en 1301, Tavagnes en 1364, aussi Thasvanne, Taffennas et Tasueno, etc, d´un nom primitif *Þahs-winja, ancien haut allemand dahs, germanique *þahsu, « blaireau », et gothique vinja, germanique *venjô, « pâturage » [Perrenot].
Tavannes, lieu-dit (Bofflens, district d´Orbe, Vaud).

Tavanny

En Tavanny ou Tavannay, lieu-dit de la commune de Bossonnens (District de la Veveyse, Fribourg), lieu envahi de taons, du patois tavan, « taon », latin tabanus, même sens, avec le suffixe collectif -y [Bossard].

Tavé, Taves
1. Patois tava, « pacages en terrasses où les génisses se reposent », patois tavé, tavi, « planche, plateau, table, dalle de rocher », du bas latin tavellum, latin tabella, « planchette ». En patois valaisan, le mot tavé signifie « moule à beurre, planchette dont on recouvre le fromage dans la presse ».
Taves du Dolent, lieu-dit (Val Ferret, Orsières, district d´Entremont, Valais) ; 2. Sommet caractérisé par des dalles de rocher, même origine.
Le Grand Tavé, sommet, 3158, et Le Tavé des Chasseurs, sommet, 3165 (Fionnay, Bagnes, district d´Entremont, Valais).
Voir aussi Tavaneuse, Tavel.


Tavel
Du latin tabernae, voir Tavernes.
Tavel, Tabernae vers 1150, Tavels en 1228, Tabernis en 1255, nom allemand Tafers, commune et village (District de la Singine, Fribourg) ;
Tavel, Tavelz en 1250, quartier (Clarens, Montreux, district de Vevey, Vaud).
Voir aussi Orbe, Tabernae en 1190.


Taverne, Tavernes, Tavernettes
Du latin tabernae, qui peut désigner une taverne de voyageurs, un relais, une étape, mais aussi des maisons en bois ou des habitations de paysans.
Taverne, alpage (Nus, vallée d´Aoste) ;
Les Tavernes, nom primitif Frigida villa en 1343, Froydevillaz en 1592, puis emplacement d´une ancienne auberge édifiée en face de l´abbaye de Hautcrêt, Tabernae, puis in taverna en 1463, le nom actuel datant de 1650-1670 (District d´Oron, Vaud) ;
Es Tavernes, lieu-dit (Moudon, Vaud).
Avec le suffixe diminutif -ette :
Les Tavernettes, maisons isolées (Charvonnex, Vallée de la Filière, Haute-Savoie).

Voir aussi Maltaverne, Orbe, Tavel.


Tavernost
Château de Tavernost, Taverno en 1299-1369, Tavernost en 1567 et 1675, Tavernos en 1650, château de la commune de Francheleins (Dombes, Ain), et Bois de Tavernost, forêt voisine (Chaneins, Dombes, Ain), probablement d´un cognomen *Tabernus, latin taberna, « cabane, hutte, barraque, chaumière ; auberge, taverne ; boutique, échope ; magasin ».

Taverole
Hameau de la commune de Vacheresse (Val d´Abondance, Haute-Savoie), peut-être un diminutif avec le suffixe -ole de Tavé.

Taveyanne
Hameau de la commune de Gryon, district d´Aigle (Vaud), Taviglianaz au XVIIIème siècle, soit de même origine que Taves, soit du mot régional tavillon, « bardeau ».

Tchâfouè
Le Tchâfouè, lieu-dit de la commune de Courtedoux, district de Porrentruy (Jura), patois jurassien pour Chaufour [Prongué].

Tchaibez
Patois jurassien tchaibié, « défriché, essarté », voir Chaibiat.
Tchaibez, lieu-dit (Souboz, district de Moutier, Jura bernois) ;
Ruisseau de Tchaibez, affluent de la Sorne (Souboz, district de Moutier, Jura bernois).

Tchaimps Montaints, Tchaimps Tainais
Patois jurassien tchaimps, « champs », avec un nom de personne [Prongué] ou un qualificatif.
Les Tchaimps Montaints, patois pour Champs Montants, hameau (Courtedoux, district de Porrentruy, Jura) ;
Les Tchaimps Tainais, probablement avec un diminutif patois du nom Etienne, lieu-dit (Courtedoux, district de Porrentruy, Jura).

Tcheminat
Le Tcheminat, hameau de la commune de Glovelier (District de Delémont, Jura), forme patoise de cheminat, « petit chemin », avec le suffixe jurassien -at, éventuellement par un patronyme attesté Cheminat.

Tchenets
Les Tchenets, lieu-dit de la commune de Courtepin (District du Lac, Fribourg), forme patoise fribourgeoise de Chenet, « chênaie ».

Tchertau
Lieu-dit de la commune de Bure, district de Porrentruy (Jura), pourrait être un diminutif patois de Essert [Prongué].

Tchété
Derrie le Tchété, maison isolée de la commune de Pleigne, district de Delémont (Jura), « derrière le château », nom allemand Hinterschloss, même sens, patois jurassien tchété, « château », allusion au château aujourd´hui ruiné de Löwenburg.

Tchiésey, Thiésaz
Variantes patoises de Chiésaz, Chiésey.
Tchiésey, Tschiesaz en 1906, hameau (Troistorrents, district de Monthey, Valais) ;
Thiésaz, maisons isolées (Troistorrents, district de Monthey, Valais).

Tchivra
La Pouta Tchivra, alpage de la commune de Cerniat (District de La Gruyère, Fribourg), « la chèvre sale », avec le patois tchivra, « chèvre ».

Tcholeire, Thiolay, Thiole, Thioleyres, Thiolière,
Thiollaz, Thiollet, Thuile, Thuilette, Tilèrie,
Tiolay, Tiole, Tioleire, Tiolères, Tioleyre,
Tioleyres, Tiollière, Tuilerie, Tuileries, Tuilière,
Tuilières
Endroit où l´on extrait l´argile, ou bien où l´on fabrique les tuiles, tuilerie, ou parfois lieu où l´on a retrouvé des tuiles pouvant dater de l´époque romaine. Du bas latin tiola, latin tegula, « tuile », *teguletum, « tuilerie ».
Vieux français thuille, « tuile » :
La Thuile, Cura de Tuellia vers 1344, Tullia en 1488, La Thuille au XIXème siècle, commune et village de la Combe de Savoie (Saint-Pierre-d´Albigny, arrondissement de Chambéry, Savoie) ;
La Thuile, commune et village, Ariolica sur la Table de Peutinger, nom composé de ario-lica, « [lieu] devant la falaise », latinisé en Ariolicum au IIIème siècle, Tuelia et Tullia au XIIIème siècle, La Tuille en 1652, mais selon Berton, cité par Boyer, thuile signifierait « raccard » en patois valdôtain (Vallée d´Aoste).

Avec le suffixe diminutif -ette :
La Thuilette, maisons isolées (Montsapey, Basse-Maurienne, Savoie).

Mots régionaux thiole, tiole, « tuile » :
Le Thiolay, Le Tiolay sur la Carte IGN, Le Thiolet en 1911, maison isolée (Joyeux, Bresse, Ain) ;
Thiole, Thiola en 1844, hameau (Simandre-sur-Suran, Revermont, Ain) ;
Sous Tiolay, lieu-dit (Serrières-de-Briord, Bugey, Ain) ;
La Tiole, alpage (Lignerolle, district d´Orbe, Vaud).

Avec le suffixe collectif patois -az :
Les Thiollaz, lieu-dit (Nangy, Genevois, Haute-Savoie).

Avec le suffixe collectif -et :
Thiollet, hameau (Montmerle-sur-Saône et Francheleins, Dombes, Ain).

Français tuilerie, « lieu où l´on fait de la tuile » :
La Tuilerie, maison isolée (Courfaivre, district de Delémont, Jura) ;
Les Tuileries, Thuillerie au XVIIIème siècle (Carte de Cassini), hameau (Bellevue, Genève).

Français régional tuilière, ancien français tuilliere, « tuilerie, four à tuiles » :
La Tuilière, maison isolée (Bulle, district de la Gruyère, Fribourg) ;
La Tuilière, La Thuillière en 1764, maisons isolées (Champvent, district d´Yverdon, Vaud) ;
La Tuilière, loco dicto in Thioleria en 1497, localité disparue (Cessy, Pays de Gex, Ain) ;
Les Tuilières, hameau (Bernex, Genève) ;
Les Tuilières, la Tioleri en 1308, lieu-dit (Saint-Benoît, Bugey, Ain).

Patois thiolere, tiolaire, « tuilerie » :
Les Thioleyres, à la Thiolere en 1266, tuilerie en activité jusque vers 1860, commune et village (District d´Oron, Vaud) ;
La Thiolière, La Tiollière sur la Carte IGN, hameau (Cognin, Chambéry, Savoie) ;
La Thiolière, hameau (Toussieux, Dombes, Ain) ;
Tioleire, maisons isolées (Corcelles-le-Jorat, district d´Oron, Vaud) ;
Tioleire, colline boisée (Bavois, district d´Orbe, Vaud) ;
Les Tiolères, lieu-dit à proximité de La Tuilerie (Fétigny, district de la Broye, Fribourg) ;
La Tioleyre, maison isolée (Cully, district de Lavaux, Vaud) ;
Les Tioleyres, lieu-dit (Lussy-sur-Morges, district de Morges, Vaud) ;
La Tiollière, hameau (Saint-Cassin, Chambéry, Savoie).

Forme patoise valaisanne :
Plan de Tcholeire, lieu-dit où ont été trouvées des tuiles et des briques d´un aqueduc romain (Bourg-Saint-Pierre, district d´Entremont, Valais), nom monté à l´Arête de Tcholeire, en limite de la vallée d´Aoste, qui culmine à la Pointe de Barasson, 2963m.

Autre dérivé :
Tilèrie, maison isolée en clairière (Eclépens, district de Cossonay, Vaud).

Voir aussi Lathuile.


Tchottons
Plan des Tchottons, pâturage de la commune de Bourg-Saint-Pierre (District d´Entremont, Valais), peut-être une forme patoise de Chottes, « abri d´alpage », avec le suffixe diminutif -on.

Tchoume, Tsaumette, Tseumette, Tsouma, Tsoume,
Tsoumiaux, Tzoumaz
Endroit plat où le bétail se repose et rumine. Patois tsaumo, tsouma, voir Choumes. D´après Fellay, tsé a la même signification.
Tête de Tchoume, 2352m (Saint-Oyen et Saint-Rhémy-en-Bosses, vallée d´Aoste) ;
Tsouma, hameau en clairière (Isérables, district de Conthey, Valais) ;
Tsoume des Boucs, en patois a tsoeuma di bo, « bouc » signifiant ici « chamois » (Chanrion, Bagnes, district d´Entremont, Valais) ;
Tzoumaz, hameau (Mayens-de-Riddes, Riddes, district de Martigny, Valais).
Avec le suffixe diminutif -ette :
Tsaumette, maisons isolées en clairière (Mâche, Hérémence, district d´Hérens, Valais) ;
La Tseumette, alpage (Mauvoisin, Bagnes, district d´Entremont, Valais).

Avec le suffixe -aux :
Les Tsoumiaux, lieu-dit (Ormont-Dessous, district d´Aigle, Vaud).


Tchu
Patois jurassien chu, tchu, tschu, « sur, au-dessus ».
Tchu l´Otâ, lieu-dit (Ocourt, district de Porrentruy, Jura).

Té, Teck
Anciens fiefs des ducs de Teck au XIVème siècle. Té semble être la forme patoise de Teck.
Champ du Té, lieu-dit (Roche-d´Or, district de Porrentruy, Jura) ;
Sur le Té, lieu-dit (Porrentruy, Jura) ;
Fin du Teck, anciennement Finage du Teck, lieu-dit (Epauvillers, district des Franches-Montagnes, Jura).

Té, Tey, Thex, They, Theys,
Thil, Thoux, Thoys, Thyl, Til,
Tilenet, Tille, Tillerey, Tilleries, Tilles,
Tillet, Tillettes, Tilleul, Tilleuls, Tillex,
Tillot, Tilly
Tilleul (Tilia cordata) ; bosquet ou forêt de tilleuls.
Français tilleul, du diminutif latin populaire *tiliolus de *tilius :
Fin du Tilleul, lieu-dit (Tramelan, district de Courtelary, Jura bernois) ;
Le Tilleul, hameau (Coligny, Bresse, Ain) ;
Chalets du Gros Tilleul, alpage (Faverges, Haute-Savoie) ;
Les Tilleuls, maisons isolées (Montluel, Dombes, Ain) ;
Combe des Tilleuls, lieu-dit (Crémines, district de Moutier, Jura bernois) ;
Pré des Tilleuls, lieu-dit (Villette-sur-Ain, Dombes, Ain) ;
Villa des Tilleuls, quartier (Treffort-Cuisiat, Revermont, Ain).

Tilleuls plantés par le Duc de Sully (1559-1641), ministre d´Henri IV, qui planta des milliers d´arbres en France :
Tilleul de Sully, arbre remarquable de Génissiat (Injoux-Génissiat, Michaille, Ain) ;
Tilleul de Sully, arbre remarquable (Villes, Michaille, Ain).

Ancien français til, bas latin tilium, latin tilia, « tilleul » :
Le Til, hameau (Miribel-les-Echelles, Chartreuse, Isère).

Par féminisation, et aussi ancien français tille, « écorce de tilleul, planche de tilleul » :
La Tille, lieu-dit (Val-d´Illiez, district de Monthey, Valais), et Torrent de la Tille, affluent de la Vièze (Troistorrents et Val-d´Illiez, district de Monthey, Valais) ;
Les Tilles, lieu-dit en forêt (Fully, district de Martigny, Valais) ;
Grange des Tilles, hameau (Rennaz, district d´Aigle, Vaud).

Dérivés avec les suffixes collectifs -et, -ette, -ex -y, ancien français tillaie, « lieu planté de tilleuls » :
Le Tillet, hameau (Curciat-Dongalon, Bresse, Ain) ;
Les Tillettes, maisons isolées (Le Lieu, Vallée de Joux, Vaud) ;
Bois du Tillex, forêt (Bonvillars, district de Grandson, Vaud) ;
Le Tilly, forêt déclive (Vernayaz, district de Saint-Maurice, Valais).

Avec les suffixes collectifs -eret, -erey, -erie :
Tilleret Bas, Tilleret Derrière et Tilleret Haut, Le Tillerey en 1911, maisons isolées en clairière (Chézery-Forens, Pays de Gex, Ain) ;
Le Tilleret, hameau (Saint-Alban-Leysse, Chambéry, Savoie) ;
Les Tillerets, lieu-dit en forêt (Saint-Georges-de-Commiers, Pays grenoblois, Isère) ;
Tillerey, lieu-dit en forêt (L´Abergement, district d´Orbe, Vaud) ;
Tillerey, hameau (Saint-Alban-de-Montbel, Avant-Pays savoyard, Savoie) ;
Bois du Tillerey, forêt, et Sur le Tillerey, lieu-dit (Germagnat, Revermont, Ain) ;
En Tilleries, vignes (Eclépens, district de Cossonay, Vaud).

Ancien français tillot, « tilleul » :
Le Tillot, hameau (Saint-Ursanne, district de Porrentruy, Jura).

Patois they, tey, etc., « tilleul ». Toutefois Aebischer rapproche tey du patois tê, « toit », du latin tectum :
Le Té, maison isolée (Le Glèbe, district de la Sarine, Fribourg) ;
Le Tey, hameau (Finhaut, district de Saint-Maurice, Valais) ;
En Tey, alpage (Alpages de Monthey, Val d´Illiez, district de Monthey, Valais) ;
Les Teys, maison isolée (Grandvillard, district de la Gruyère, Fribourg) ;
Forêt des Teys (Torgon, Vionnaz, district de Monthey, Valais) ;
Bas Thex, hameau, et Haut Thex, maison isolée (Le Biot, vallée de la Dranse, Haute-Savoie) ;
Le They (Morgins, Val d´Illiez, district de Monthey, Valais) ;
Theys, Tesum et Theis au XIIème siècle, Tesium, Teseum, Tes et vallis de Teys, de Thesio et Theysium au XIIIème siècle, commune et village de Belledonne (Goncelin, arrondissement de Grenoble, Isère) ;
Thil, Til en 1214, Thil en 1258, Apud Tyl en 1285, Thil en 1790, commune et village de la Dombes (Miribel, arrondissement de Bourg-en-Bresse, Ain) ;
Le Thoux, hameau (Taninges, Faucigny, Haute-Savoie) ;
Thoys, Thuey en 1444, Thoy en 1498, Thuy en 1579, hameau (Arbignieu, Bugey, Ain) ;
Le Thyl et Le Thyl dessous, hameaux, et Chalets du Thyl, alpage (Valmeinier, Maurienne, Savoie).

Peut-être de même origine, diminutif en -et d´un nom collectif :
Tilenet, forêt (Bretonnières, district d´Orbe, Vaud).

Voir aussi Feurtille.


Têche
Commune et village du Chambaran (Saint-Marcellin, arrondissement de Grenoble, Isère), ecclesia de Tescha au XIème siècle, ecclesia de Techis au XIIIème siècle, ecclesia de Teschi au XIVème siècle, peut-être du latin tesca, « contrées sauvages, lieux déserts ».

Tèches
Les Tèches, hameau de la commune de Lavey (District d´Aigle, Vaud), du mot régional vaudois tèche, patois tètsé, « tas, pile de bois » [Jaccard].

Teile, Toile
Lieux-dits situés au bord de la Thielle, dont les noms reprennent l´une des anciennes dénominations de ce cours d´eau.
Sur Teile, lieu-dit (Yverdon-les-Bains, district d´Yverdon, Vaud) ;
Sur Toile, lieu-dit (Mathod et Suscévaz, district d´Yverdon, Vaud).

Teillères
Les Teillères, hameau de la commune de Cormaranche-en-Bugey (Bugey, Ain), Puteus de Teleria en 1140, Locus de Tellières au XIVème siècle, Les Teillières en 1911, latin médiéval teleria, « officina ubi tela texitur (atelier où l´on tisse la toile) » [du Cange].

Teinda, Tenda, Tendieu, Tendues, Thendia,
Tinda, Tinde
Dérivé de L´Attenda avec déglutination de l´article, lieu où l´on attend le gibier, poste d´affut pour la chasse au chamois ou au renard [Guex], ou plus souvent dérivé du participe passé féminin patois de « tendre » pour désigner un terrain en pente.
La Tenda, maison isolée (Vallon d´Emaney, Le Trétien, district de Saint-Maurice, Valais) ;
Le Tendieu, hameau (La Clusaz, Bornes-Aravis, Haute-Savoie) ;
Les Tendues, alpage (Praz-sur-Arly, Haut-Faucigny, Haute-Savoie) ;
Tinda, lieu-dit déclive (Ayer, Val d´Anniviers, Valais) ;
La Teinda, forêt déclive (Saint-Jean, Val d´Anniviers, Valais) ;
Glacier de la Thendia, nom probablement monté d´un lieu-dit (Aiguilles de Chamonix, massif du Mont-Blanc, Haute-Savoie) ;
La Tinde, anciennement La Tinda, hameau, et Forêt de la Tinde (Evolène, district d´Hérens, Valais).

Teinture
Emplacement d´une teinturerie, souvent associée à une filature.
La Teinture, maisons isolées (Yens, district de Morges, Vaud).

Teisa, Teise, Teisé, Teises, Tensoz,
Tésailles, Téset, Toise
Ces noms de lieux qui signifient « étendu, vaste » sont issus du patois teija, dérivé du latin vulgaire *tensa, « étendue », participe passé féminin de tendere, « tendre » [Guex].
Teisa, hameau (Isérables, district de Conthey, Valais) ;
Lui Teise, alpage (Montagne de Fully, district de Martigny, Valais) ;
Grand Teisé, alpage (Dorénaz, district de Saint-Maurice, Valais) ;
Les Lués Teises, pâturage déclive (Nendaz, district de Conthey, Valais) ;
Le Téset, lieu-dit en forêt (Collombey-Muraz, district de Monthey, Valais) ;
Les Toises, lieu-dit (Saxon, district de Martigny, Valais) ;
Longues Toises, lieu-dit (Courfaivre, district de Delémont, Jura).
Peut-être de même origine :
Tensoz, anciennement Teinso et Tensioz, hameau (Saint-Vincent, vallée d´Aoste).

Avec le suffixe collectif ou péjoratif -aille :
Les Tésailles, alpage (L´Etivaz, Château-d´Oex, Pays-d´Enhaut, Vaud).

Voir aussi Teisejeurs, Teysachaux.


Teisejeurs, Teise-Joux, Toise à Jeur
Ces noms composés signifient « forêt(s) étendue(s) », voir Teise, « étendu, vaste », et Joux, Jeur, « forêt de montagne ».
Les Teisejeurs, hameau d´alpage (L´Etivaz, Château-d´Oex, Pays-d´Enhaut, Vaud) ;
Teise-Joux, forêt (Gryon, district d´Aigle, Vaud) ;
Toise à Jeur, alpage (Rougemont, Pays-d´Enhaut, Vaud).

Téjere
Lieu-dit de la commune de Liddes, district d´Entremont (Valais), peut-être d´un mot patois teija, « étendue », voir Teise.

Telliers
Monts Telliers, deux sommets en limite de Bourg-Saint-Pierre et du val Ferret, district d´Entremont (Valais), 2949 et 2951m, selon Guex c´est une déglutination de Montelliets, « petit monts », voir Monteiller.

Temela, Temelet, Temeley, Témelin, Teumelet,
Thimel, Thumel, Thymelay, Thymelets, Timalets,
Tomelet, Tomeley, Toumalay, Tumelay, Tumet
Thymier ou sorbier des oiseleurs (Sorbus aucuparia), nom local timier, nom patois temala, temé [Guex].
Le Temela, maison isolée (Morgins, Troistorrents, district de Monthey, Valais) ;
Le Plan Thimel, forêt déclive (Montricher-Albanne, Maurienne, Savoie) ;
Thumel, hameau (Rhêmes-Notre-Dame, vallée d´Aoste).
Lieu où croît le thymier, noms dérivés avec les suffixes collectifs -ay, -et, -ey :
Le Temelet, maison forestière (Les Marécottes, Salvan, district de Saint-Maurice, Valais) ;
Le Temeley, alpage (Leysin, district d´Aigle, Vaud) ;
Témelin, alpage (Sallanches, Haut-Faucigny, Haute-Savoie) ;
Le Teumelet, lieu-dit (Valmeinier, Maurienne, Savoie) ;
Le Thymelay, maison isolée (Saint-Guérin, Beaufort, Savoie) ;
Les Thymelets, ruines (Valloire, Maurienne, Savoie) ;
Les Timalets, maison isolée (Arâches-la-Frasse, Faucigny, Haute-Savoie) ;
Le Tomelet, lieu-dit (Liddes, district d´Entremont, Valais) ;
Le Tomeley, Themaley en 1469, maison isolée, Bois du Tomeley (La Forclaz, Ormont-Dessous, district d´Aigle, Vaud) ;
Toumalay, alpage, nom monté aux Rayes de Toumalay, falaise creusée de nombreuses rigoles (L´Etivaz, Château-d´Oex, Pays-d´Enhaut, Vaud) ;
Tumelay, forêt, et Ruisseau de Tumelay (Chanay, Bugey, Ain) ;
Le Tumet, Le Tumex en 1911, maisons isolées (Billiat et Injoux-Génissiat, Michaille, Ain).


Tempêteries
Les Tempêteries, lieu-dit de la commune de Bullet, district de Grandson (Vaud), nom collectif de tempête avec le suffixe -erie, du latin vulgaire *tempesta, « temps (bon ou mauvais) ».

Temple, Temples
Français temple, « édifice public consacré au culte de la divinité ». En particulier, « lieu où demeuraient, en certaines villes, les chevaliers nommés Chevaliers du Temple ou Templiers ». Du latin templum, « espace consacré ».
Le Temple, lieu-dit (Balan, Dombes, Ain) ;
Le Temple, Domus Templi de Molisola en 1232, al Trenplo et Li Maisons de Maillisola vers 1341, Le temple de Molissole en 1555, Le Temple de Mollissole sur la Carte de Cassini, maisons isolées, ancienne Commanderie de l´ordre des Templiers, puis de l´ordre de Saint-Jean de Jérusalem, et Pré du Temple, Terre du Temple, lieux-dits, voir aussi Molissole (Druillat, Bresse, Ain) ;
Le Temple, hameau, et Pont du Temple, sur le Bief de l´Etang (Montrevel-en-Bresse, Bresse, Ain) ;
Le Temple, hameau (Reyssouze, Bresse, Ain) ;
Le Temple de Vaulx, in domo Templi de Vallibus ultra Lugdunum lors du Procès des Templiers en 1310, maisons isolées (Vaulx-Milieu, La Tour-du-Pin, Isère) ;
Les Temples, lieu-dit (Sandrans, Dombes, Ain).

Tempriva
Maison isolée en clairière de la commune d´Attalens, district de la Veveyse (Fribourg), du latin temporiva, « printanier », pour un terrain probablement bien ensoleillé [Aebischer].

Tena, Téna, Tenailles, Tenalles, Tenasses,
Tenaz, Ténaz, Tène, Tenette, Tennes,
Tine, Tines, Tinnaz, Tyné
Dépression en forme de cuvette creusée par l´érosion torrentielle, élargissement local dans une cluse étroite. En Savoie, ces termes désignent une caverne, voir Tanne. Patois tena, latin tina, « cuve ».
La Tena, hameau (Haute Nendaz, district de Conthey, Valais) ;
Clos Tena, maison isolée (Broc, district de la Gruyère, Fribourg) ;
Pont de la Téna, pont romain (Les Contamines-Montjoie, Val Montjoie, Haute-Savoie) ;
Arête de la Tenaz, 1969m, et Col de la Tenaz, 1921m (Grand Massif, Samoëns, Faucigny, Haute-Savoie) ;
Torrent de la Ténaz, affluent de la Dranse de la Manche (Samoëns, Faucigny, Haute-Savoie) ;
La Tène, lieu-dit au bord du lac, pourrait venir d´un adjectif féminin local tène, « peu profonde », du latin tenuis, « mince, fin, ténu, léger » [Jaccard] (Marin-Epagnier, Neuchâtel) ;
Combe es Tennes, peut-être de même origine, lieu-dit (Fontenais, district de Porrentruy, Jura) ;
La Tine, nom allemand Bochten (District de la Gruyère, Fribourg) ;
La Tine, la Tina et Tinaz en 1256, la Tyna en 1294, hameau (Rossinière, district du Pays-d´Enhaut, Vaud) ;
La Tine, hameau, Gorge de la Tine, lieu-dit (Troistorrents, district de Monthey, Valais) ;
Trou de la Tine, grotte (Salève, Haute-Savoie) ;
Les Tines des Fonds, gorges du Giffre des Fonds (Sixt-Fer-à-Cheval, Faucigny, Haute-Savoie) ;
Chalets de Tinnaz, alpage (Le Petit-Bornand-les-Glières, Faucigny, Haute-Savoie) ;
Le Tyné, lieu-dit (Grône, district de Sierre, Valais).
Diminutif de Tena avec le suffixe -alle [Aebischer] :
Les Tenailles, ou Les Tenalles, maison isolée (Ecublens, district de la Glâne, Fribourg) ;
Les Tenalles, cours d´eau affluent du Nant de Gillon (Bassin du Fier, Haute-Savoie).

Avec le suffixe diminutif -ette :
La Tenette, cours d´eau affluent de la Mérine (District de Moudon, Vaud).

Avec le suffixe péjoratif -asse :
Les Tenasses, alpage (Saint-Légier-La-Chiésaz, district de Vevey, Vaud) ;
Ruisseau des Tenasses, cours d´eau sous-affluent de la Sarine (Château-d´Oex, Pays-d´Enhaut, Vaud).


Tenade
Lieu où l´on rassemble le troupeau pour le repos du milieu du jour, du français tenir [Guex].
La Tenade, lieu-dit (Val Ferret, Orsières, district d´Entremont, Valais).

Tenay
Commune et village du Bugey (Saint-Rambert-en-Bugey, arrondissement de Belley, Ain), Super Tinnaium vers 1130, Ecclesia Sancti Andreae de Tenayo en 1191, Tynnay en 1253, Tignay en 1339, Supra Tygnayum en 1385, d´un nom de domaine d´origine gallo-romaine *Attieniacum, dérivé avec le suffixe -acum du nom d´homme romain Attienus [Nègre 1990].

Tencin
Commune et village du Grésivaudan (Goncelin, arrondissement de Grenoble, Isère), de Tencino et Tencins en 1090, d´un nom de domaine d´origine gallo-romaine dérivé du nom d´homme gaulois Tancinus [Nègre 1990] ou Tincius [Bocquet], et rivus de Tencinum au XIIIème siècle, rivus magnus Tensinum au XVème siècle, cours d´eau qui traverse la commune.

Teni
Crêt Teni, petit sommet de la commune de Montalchez (District de Boudry, Neuchâtel), peut-être « crêt ténu », vieux français tenve, latin tenuis, « mince, ténu, petit, chétif ».

Tenie, Tènnements
Vieux français ténement, tennement, terme de jurisprudence féodale : métairie dépendante d´une seigneurie, aussi terres que quelqu´un possède, tenure, bien-fonds concédé autrefois en bail héréditaire.
La Tenie, diminutif, maisons isolées (Bure, district de Porrentruy, Jura) ;
Es Tènnements, maison isolée (Lajoux, district des Franches-Montagnes, Jura).

Tenneverge
Pic de Tenneverge ou Tanneverge, 2985m, Ténevérge en 1417 Col de Tenneverge, 2484m, nom probablement monté du Vallon de Tenneverge, nom d´origine inconnue (Le Fer à Cheval, Haut-Giffre, Haute-Savoie).

Tenou
Lieu-dit de la commune de Bourg-Saint-Pierre, district d´Entremont (Valais), viendrait de l´adjectif latin tenuis, « petit, maigre », pour désigner un terrain couvert de maigres gazons [Guex]. Nom monté à la Pointe de Tenou, sommet, 2785m.

Ter
Lac Ter, petit lac de la commune du Lieu, district de la Vallée (Vaud), Laytel au XIVème siècle, diminutif avec le suffixe -el de layt, syncope de layet, diminutif avec le suffixe -et de lac ; Laytel est devenu *layter, puis Lac Ter, d´où la fausse dérivation par remotivation en lacus Tertius, car c´est aussi le troisième lac en importance de la vallée de Joux.

Teraula
Teraula d´Amont, Teraula d´Avau et Teraula du Milieu, maisons isolées d´Albeuve, commune du Haut-Intyamon, district de la Gruyère (Fribourg), ancien Tirola, diminutif de terra, « terre » ; c´est aussi un patronyme.

Terche, Torche, Torchère, Torches, Torchet,
Torchon, Tortson, Tourche, Tourches, Tourste,
Tourtse, Treu, Treutse, Treutses, Trot,
Trots, Troutse, Truc, Truchaud, Truche,
Truchet, Turche, Turches, Turchet, Turchon
Hauteur rocheuse, rocher escarpé avec un sommet aplati. Franco-provençal tourtse, truche, patois valaisan treutse, du latin truncum, « mutilé, tronqué », celtique *truccos, « tronqué », racine pré-indo-européenne (ouralo-altaïque) TRUC, « mont arrondi », ou mieux racine indo-européenne *trenk-, « pousser ». Cf. l´ancien français troche, truche, trouche, « assemblage, faisceau », torche, tourche, tourse, « paquet, botte ».
La Grande Terche, petit sommet, 1731m (Saint-Jean d´Aulps, Chablais, Haute-Savoie) ;
La Torche, maisons isolées (Le Day, Vallorbe, district d´Orbe, Vaud) ;
La Torche, hameau (Brizon, Faucigny, Haute-Savoie) ;
Les Torches, lieu-dit (Massongy, Bas-Chablais, Haute-Savoie) ;
La Tourche, lieu-dit (Lavey-Morcles, district d´Aigle, Vaud) ;
Les Tourches, lieu-dit (Tré les Eaux, Vallorcine, Haute-Savoie) ;
La Tourste, alpage (La Giettaz, Val d´Arly, Savoie) ;
La Tourtse, pâturage (Dorénaz, district de Saint-Maurice, Valais) ;
La Treutse, pâturage (Lourtier, Bagnes, district d´Entremont, Valais) ;
Les Treutses, sommets, 2035m (Derborence, Conthey, Valais) ;
Chalets du Trot, alpage (Samoëns, Faucigny, Haute-Savoie) ;
Les Trots, lieu-dit (Mieussy, Faucigny, Haute-Savoie) ;
Les Trots, forêt déclive (Vallorcine, vallée de l´Eau Noire, Haute-Savoie) ;
Les Trots, forêt déclive (Thônes, Bornes, Haute-Savoie) ;
Les Troutses, alpage (Val de Nendaz, district de Conthey, Valais) ;
Mont Truc, petit sommet, 1811m, nom passé aux Chalets du Truc, alpage, Sous le Truc, pâturage, Envers du Truc, pâturage déclive (Les Contamines-Montjoie, Val Montjoie, Haute-Savoie) ;
Truc Blanc, sommet, 3405m (Valgrisenche, vallée d´Aoste) ;
La Truche, petit sommet (Bretaye, Ollon, district d´Aigle, Vaud).
Avec le suffixe diminutif -et :
Le Torchet, lieu-dit en forêt (Seytroux, vallée de la Dranse, Haute-Savoie) ;
Le Truchet, colline boisée (Pleigne, district de Delémont, Jura).

Avec le suffixe diminutif -on :
Le Torchon, alpage (Bellevaux, Chablais, Haute-Savoie) ;
Tortson, petit sommet, 1329m (Riddes, district de Martigny, Valais).

Avec le suffixe -aud :
Le Truchaud, épaule (Vers-l´Eglise, Ormont-Dessus, district d´Aigle, Vaud).

Avec apocope :
Le Treu, sommet, 1835m (Saint-Nicolas-la-Chapelle, Val d´Arly, Savoie).

Avec métathèse :
La Turche, alpage, nom monté à la Pointe de la Turche, 1607m, et à la Turche Noire, sommet voisin, 1636m (Les Gets, Faucigny, Haute-Savoie) ;
La Turche Derrière, alpage, et La Turche Devant, ruines d´alpage (Saint-Gervais-les-Bains, Haut-Faucigny, Haute-Savoie) ;
Bois de la Turche, colline boisée, 1314m (Lullin, Chablais, Haute-Savoie) ;
Char de la Turche, sommet, 2010m (Montsapey et Randens, Basse-Maurienne, Savoie) ;
Les Turches, alpage (Samoëns, Faucigny, Haute-Savoie).

Avec le suffixe diminutif -et :
Le Turchet, alpage (Bellevaux, Chablais, Haute-Savoie) ;
Le Turchet, forêt déclive (Samoëns, Faucigny, Haute-Savoie).

Avec un patronyme Turchet :
Les Prés Turchet, forêt déclive (Les Gets, Faucigny, Haute-Savoie).

Avec le suffixe diminutif -on :
Le Turchon, petite colline (Saint-Jeoire, Faucigny, Haute-Savoie).

Par attraction paronymique avec le français torchère, « sorte de flambeau grossier » :
La Grande Torchère, sommet, 2481m, la Petite Torchère, sommet, 2091m (Chaîne des Aravis, Haute-Savoie), et Combe de la Torchère, lieu-dit (La Clusaz, Bornes-Aravis, Haute-Savoie).


Tercier
Hameau de la commune de Blonay (District de Vevey, Vaud), Estercie en 1250, voir Etercy.

Tercinod
Hameau de la commune de Gignod (Vallée d´Aoste), du patronyme Tercinod attesté dans la région.

Tercy
Hameau de la commune de Saint-Denis (Vallée d´Aoste), probablement d´un nom de domaine d´origine gallo-romaine Terciacum, dérivé avec le suffixe -acum du nom romain Tercius.

Terde
Mot francoprovençal terdo, « tertre ».
Terde, lieu-dit (Croy, district d´Orbe, Vaud).

Terdevi
Ferme isolée de la commune de Hauteville (District de la Gruyère, Fribourg), d´un sobriquet Tardivel, diminutif avec le suffixe -el de tardif [Aebischer].

Termant, Termen, Termenno, Termeno, Terment,
Terments, Termin, Termine
Situé à la limite entre deux territoires, ou à l´extrémité d´un territoire, latin terminus, « borne, limite, ligne de démarcation ».
Ancien français termeine, termine, « borne, limite » :
Termant, hameau à la limite de la commune de Charvieu-Chavagneux, près de la Bourbre (L´Isle-Crémieu, Isère) ;
Le Termant, ruines, et Combe du Termant, lieu-dit en forêt, à la limite de la commune d´Evosges, canton de Saint-Rambert-en-Bugey, et de la commune et canton d´Hauteville-Lompnes (Bugey, Ain) ;
Terment, Termans en 1911 (Villars-les-Dombes, Dombes, Ain) ;
Le Terment, lieu-dit, et Croix des Terments, croix à un carrefour, à la limite des communes de Hotonnes, canton de Brénod, Valromey, et d´Injoux-Génissiat, canton de Bellegarde-sur-Valserine, Michaille (Ain) ;
Grange du Terment, maisons isolées, à la limite de Chevillard, canton de Brénod, et de Saint-Martin-du-Frêne, canton de Nantua (Haut-Bugey, Ain) ;
Termine, hameau (Le Petit-Bornand-les-Glières, Faucigny, Haute-Savoie).

Formes patoises, mot régional termouno, « borne, limite » [Pégorier], patois termena, « borne », ancien français termeyno, « borne, limite » :
Le Termenno, maison isolée en clairière (Chandolin, Val d´Anniviers, Valais) ;
Termeno Ro, pâturage (Hérémence, district d´Hérens, Valais) ;
Bec Termin, sommet à l´extrémité du chaînon Mont-Fort - Bec des Rosses, 3045m, et Col Termin, 2648m (Fionnay, Bagnes, district d´Entremont, Valais).

Forme alémanisée au XVème siècle :
Termen, Terman en 1233, Thermen en 1906, commune et village (District de Brigue, Valais).

Voir aussi Visperterminen.


Ternant
Nom probablement d´origine burgonde.
Ternant, Ternans en 1911, hameau, et Ruisseau de Ternant, affluent de la Saône, Le Ternans en 1911, Ternant sur la Carte de Cassini (Feillens, Bresse, Ain) ;
Ternant, Ternans en 1911, hameau, Grand Champ Ternant, lieu-dit (Saint-Bénigne, Bresse, Ain), et Château de Ternant, à la limite de la commune de Pont-de-Vaux ;
Source de Ternant (Ambutrix, Bugey, Ain).

Ternay
Commune et village du Pays de l´Ozon (Saint-Symphorien-d´Ozon, Lyon, Rhône), Taberniacum, Tadernaco, Thaerniacensis et Ternaico au Xème siècle, dérivé avec le suffixe -acum de l´anthroponyme germanique Teudarnus [Nègre 1990].

Ternier, Ternière
Ternier, hameau, ancien château aujourd´hui ruiné et mandement. (Saint-Julien-en-Genevois, Haute-Savoie), de Terniaco en 1220, Ternier en 1222, Ternie en 1225, Ternye en 1288, d´un nom de domaine d´origine gallo-romaine Terniacum, dérivé avec le suffixe -acum d´un gentilice comme *Ternius ;
Ruisseau de Ternier, affluent de l´Aire (Saint-Julien-en-Genevois, Haute-Savoie).
Du patronyme Ternier, par transfert :
Ternier, hameau (Thyez, Faucigny, Haute-Savoie).

Par féminisation :
La Ternière, hameau (Faramans, Bresse, Ain).


Terrailles
Lieu-dit de la commune de Dompierre, district de la Broye (Fribourg), ancien français terraille, « amas de terre ».

Terraillet, Terraillon, Terraillonne
Vieux français terrail, « levée de terre, fossé de défense, terrassement », ancien français terrail, « terrain ; retranchement en terre ; digue ; amas de terre ». Du latin terra, « terre ».
Avec le suffixe diminutif -et :
Le Terraillet, maisons isolées (Bulle, district de la Gruyère, Fribourg) ;
Passage du Terraillet (Ville de Genève).

Ancien français terraillon, « terrain », avec le suffixe diminutif -on, ou patronyme Terraillon, nom de métier au Moyen Age : « manoeuvre, terrassier » :
Terraillon, forêt (Grandcour, district de Payerne, Vaud) ;
Terraillon, hameau (La Chapelle-Blanche, Val Gelon, Savoie) ;
Le Terraillon, hameau (Crottet, Bresse, Ain).

Par féminisation du patronyme Terraillon attesté dans la région :
La Terraillonne, ferme isolée (Hauteville, district de la Gruyère, Fribourg).


Terramont
Terramont, hameau de la commune de Bellevaux, nom monté au Col de Terramont, 1092m, commune d´Habère-Poche (Chablais, Haute-Savoie), probablement « terre [d´] amont », de terre et Amont.

Terras
Les Grands Terras et Les Petits Terras, clairières de la commune de Vermes, district de Delémont (Jura), du patois jurassien terrâs, « fossé creusé de main d´homme » [Prongué].

Terrasse, Terrasses
Français terrasse, « terrain naturellement exhaussé et uni », de l´ancien provençal terrassa, « levée de terre, surface de terre, plateforme ». Pour Bossard, c´est une « terre exposée au soleil, terre sèche ».
La Terrasse, parrochia Sancti Apri au XIème siècle, La Terraci au XIIIème siècle, Sanctus Aper au XVème siècle, commune et village du Grésivaudan dont l´église est placée sous le vocable de Saint-Aupre, Ruisseau de la Terrasse et Forêt Domaniale de la Terrasse (Le Touvet, arrondissement de Grenoble, Isère) ;
La Grange Terrasse, lieu-dit (Loyettes, Bugey, Ain) ;
Pointe de la Terrasse, 2734m, et Col de la Terrasse, 2640m, à la frontière suisse (Vallorcine, vallée de l´Eau Noire, Haute-Savoie) ;
Pointe de la Terrasse, 2881m (Bourg-Saint-Maurice, Tarentaise, Savoie) ;
Les Terrasses, maisons isolées en clairière de la commune de Saint-Martin (District d´Hérens, Valais) ;
Les Terrasses, lieu-dit en montagne (Les Gets, Faucigny, Haute-Savoie).

Terrassière
Poterie, fabrique de pots de terre.
La Terrassière, quartier (Ville de Genève).

Terrau, Terraux, Terravet, Terreau, Terreaux,
Terrez, Terriau, Terroche, Terru
Lieu qui a été remblayé, digue, levée de terre. Ancien mot régional terrau, « fossé », plus spécialement, « terrain humide traversé d´un fossé ou d´un filet d´eau partiellement ou totalement comblé de terre et de pierres » [Prince]. Vieux français terrail, terreau, terrasse, « boue, terre de remblai, rempart de terre », ancien français terrail, « terrain ; retranchement en terre ; digue ; amas de terre », terral, terraul, « terrassement, rempart ; digue, fossé ; boue », et par synecdoque le ruisseau ainsi endigué. Patois et latin terra, « terre, terrain ».
Gros Terrau, lieu-dit (Estavayer-le-Lac, district de la Broye, Fribourg) ;
Terraux, lieu-dit du vignoble (Corsier-sur-Vevey, district de Vevey, Vaud) ;
Le Terravet, auberge, peut-être un diminutif (Veytaux, district de Vevey, Vaud) ;
Terreau, lieu-dit (Montpreveyres, district d´Oron, Vaud) ;
Le Terreau, lieu-dit (Brenthonne, la Côte en Chablais, Haute-Savoie) ;
Sous le Terreau, lieu-dit (Le Noirmont, district des Franches-Montagnes, Jura) ;
Les Terreaux, habitat dispersé (Ormont-Dessous, district d´Aigle, Vaud) ;
Les Terreaux, lieu-dit (Saint-Jorioz, Annecy, Haute-Savoie) ;
Grands Terreaux, lieu-dit (Collombey-Muraz et Vouvry, district de Monthey, Valais) ;
Le Champ des Terreaux, lieu-dit (Margencel, Bas-Chablais, Haute-Savoie) ;
Monts Terreaux, forêt déclive (Les Clées, district d´Orbe, Vaud) ;
Bief du Terriau, canal (Tossiat, Bresse, Ain).
Ancien français terree, « terre, terrasse » :
Terrez, petite colline (Longirod, district d´Aubonne, Vaud) ;
La Terru, lieu-dit (Delley-Portalban, district de la Broye, Fribourg) ;
Le Terru, lieu-dit (Chevroux, district de Payerne, Vaud).

Avec un suffixe probablement dépréciatif -oche :
Terroche, maison isolée (Cerniat, district de la Gruyère, Fribourg).

Dans l´exemple suivant, terreaux a le sens de « fossé de fortification » :
Rue des Terreaux-du-Temple (Ville de Genève).


Terre, Terres
Français terre, « sol considéré par rapport à la culture, des diverses natures, des divers aspects qu'il peut avoir » ; en général suivi d´un qualificatif ou d´un nom de personne.
Terre à Jean, petite forêt (Sainte-Olive, Dombes, Ain) ;
Terre Blanche, lieu-dit en forêt (Novalaise, Avant-Pays savoyard, Savoie) ;
Terre d´Abraham, lieu-dit (Boissey, Bresse, Ain) ;
Terre de Cailloux, lieu-dit (Ambronay, Bugey, Ain) ;
Terre de la Forêt, lieu-dit (Saint-André-de-Bâgé, Bresse, Ain) ;
Terre du Champ, lieu-dit (Dompierre-sur-Veyle, Bresse, Ain) ;
Terre Froide (Villette-sur-Ain, Dombes, Ain) ;
Terre la Guerre, lieu-dit (Ambronay, Bugey, Ain) ;
Terre Merle, lieu-dit en forêt (Châtillon-la-Palud, Dombes, Ain) ;
Terre Neuve, hameau (Gilly-sur-Isère, Combe de Savoie, Savoie) ;
Terre Nue, hameau, et Canal de Terre Nue, affluent du lac du Bourget (Viviers-du-Lac, Aix-les-Bains, Savoie) ;
Terre Rouge, lieu-dit (Pringy, Haute-Savoie) ;
La Terre Sainte, hameau (Arvillard, Val Gelon, Savoie) ;
Crêt de la Terre, sommet, 3121m (Bessans, Haute-Maurienne, Savoie) ;
La Combe de Terre, alpage (Saint-Sorlin-d´Arves, Arvan, Savoie) ;
Grande Terre, lieu-dit (Chalamont, Dombes, Ain) ;
Grosse Terre, lieu-dit (Thônes, Bornes, Haute-Savoie) ;
Mont Terre, colline boisée, 299m (Pont-d´Ain, Bresse, Ain) ;
Terres, lieu-dit (Prémillieu, Bugey, Ain) ;
Les Terres, lieu-dit (Niévroz, Dombes, Ain) ;
Les Terres, lieu-dit (Villaz, Bornes, Haute-Savoie) ;
Terres Basses, lieu-dit (Boz, Bresse, Ain) ;
Terres Carrées, lieu-dit (Lagnieu, Bugey, Ain) ;
Les Terres Fortes, lieu-dit (Cormoz, Bresse, Ain) ;
Terres Franches, lieu-dit (Grièges, Bresse, Ain) ;
Terres Froides, lieu-dit (Sainte-Marie-d´Alvey, vallée du Guiers, Savoie) ;
Terres du Golet, lieu-dit (Ruffieux, Chautagne, Savoie) ;
Les Terres Grasses, lieu-dit en forêt (Le Poizat, Haut-Bugey, Ain) ;
Les Terres Jolies, hameau (Saint-Savin, La Tour-du-Pin, Isère) ;
Les Terres Maudites, lieu-dit en montagne (Samoëns, Faucigny, Haute-Savoie) ;
Terres Pourries, lieu-dit (Feillens, Bresse, Ain) ;
Les Terres Rouges, lieu-dit en montagne (Tignes, Haute-Tarentaise, Savoie) ;
Les Terres Rousses, lieu-dit (Villard-de-Lans, Vercors, Isère) ;
Terres Soldat, lieu-dit (Ambronay, Bugey, Ain) ;
Terres Tachables, lieu-dit (Chazey-sur-Ain, Bugey, Ain) ;
Terres Vieilles, lieu-dit en montagne (Valloire, Maurienne, Savoie) ;
Sur les Terres, lieu-dit (Anglefort, Bugey, Ain) ;
Bois des Terres, forêt, et Terres sous le Bois, lieu-dit (Blyes, Bugey, Ain) ;
Grandes Terres, lieu-dit (Druillat, Bresse, Ain) ;
Les Méchantes Terres, lieu-dit (Béréziat, Bresse, Ain).

Terré
Alpage de la commune de Gignod (Vallée d´Aoste), peut-être du français terrer, « mettre de la terre, de l´engrais ».

Terreauneuf
Lieu-dit de la commune de Vétroz (District de Conthey, Valais), composé de Terreau et neuf, sur le Canal du Milieu.

Terretenges
Lieu-dit de la commune de Saint-Sulpice (District de Morges, Vaud), ancien finage de Cheretenges, aussi Cheuretenges et Seretenges, noms d´origine burgonde, qui seraient l´appellation avant le VIIIème ou le IXème siècle du village de Saint-Sulpice.

Terriaux
Bois Terriaux, lieu-dit en forêt de la commune de Lompnas (Bugey, Ain), avec un patronyme Terriaux probablement d´un lieu-dit Terriau.

Terriers
Français terrier, « rempart, levée de terre », puis « trou, cavité dans la terre, où certains animaux se retirent », latin terrarium, « levée de terre ». Terrier est aussi un patronyme.
Les Terriers, hameau (Lathuile, Pays de Faverges, Haute-Savoie) ;
Pointe des Terriers, 2717m (Les Contamines-Montjoie, Val Montjoie, Haute-Savoie).

Territet
Village vaudois de la commune de Montreux (des Planches jusqu´en 1961), district de Vevey, Tarritet en 1618, serait un diminutif du vieux français terris, « terrain ».

Tertre, Tertres, Thiêtres
Français tertre, « élévation de terrain, petite colline », du latin vulgaire *termitem, déformation de *terminem, tiré de termen, « borne ».
Le Tertre, maisons isolées près d´une colline boisée (Vallamand, district d´Avenches, Vaud) ;
Le Tertre, Terdo en 1339, au Tertre en 1545, es Tertres en 1600, lieu-dit (Bôle, district de Boudry, Neuchâtel) ;
Plain Tertre, lieu-dit (Bressaucourt, district de Porrentruy, Jura) ;
Les Tertres, lieu-dit (Marin-Epagnier, district de Neuchâtel, Neuchâtel).
Ancien français tiertre, « tertre, colline » :
Les Thiêtres, Les Tiertres en 1416, Le Tietroz en 1442, Les Thiettres sur la Carte de Cassini, Les Tiettres en 1845, Les Tiètres en 1911, hameau (Lescheroux, Bresse, Ain).


Tessela
Tessela ou Tesselaz, hameau de la commune de Verrayes (Vallée d´Aoste), peut-être du latin tessela, variante de tessera, « tessère, carreau, cube (de mosaïque) », endroit où l´on aurait trouvé de tels vestiges.

Tessens
Commune et village de la Tarentaise (Aime, arrondissement d´Albertville, Savoie) ; ce serait selon Perrenot un nom d´origine burgonde, qui dériverait d´un primitif *Tassingos, « chez les Tassingi », dérivé du nom propre Tassa, Tasso, de la racine germanique *das-, « paresseux, oisif ».

Tessy
Commune de Haute-Savoie, près d´Annecy, nom romain Tessiacum, d´un gentilice Tessius, mentionnée en 1392, formé avec le suffixe -acum.

Testa Grigia
Signifie en italien « Tête Grise ».
Testa Grigia, sommet, 3479m, nom allemand Grauhaupt, de même sens (Alpes Pennines, Zermatt, district de Viège, Valais, et Ayas, vallée d´Aoste) ;
Testa Grigia, sommet, 3315m, anciennement Lo Gréno, nom walser Groabhopt, de même sens (Ayas, vallée d´Aoste).

Têta, Têtaz, Tête, Têtes, Tita
Sommet, extrémité, français tête, du bas latin testa, « tête, crâne », par métaphore du latin classique testa, « pot, cruche ».
Tête à Pierre Grept, du nom d´un chasseur de chamois qui écuma la région, sommet, 2904m (Conthey, Valais, et Bex, district d´Aigle, Vaud) ;
Tête à Vincent, sommet, 2448m (Champéry, district de Monthey, Valais) ;
Tête du Lac, lieu-dit (Le Sentier, Vallée de Joux, Vaud) ;
Basse Tête, petit sommet, 2449m (Saint-Rhémy-en-Bosses, vallée d´Aoste) ;
Pra la Tête ou Praz la Tetaz, maison isolée (Les Cullayes, district d´Oron, Vaud) ;
Bois des Têtes, forêt déclive dominée par plusieurs sommets nommé Tête (Praz-sur-Arly, Haut-Faucigny, Haute-Savoie) ;
Chalet des Têtes, alpage (Lavey-Morcles, district d´Aigle, Vaud) ;
Les Têtes, hameau, et Jeur des Têtes, lieu-dit en forêt (Morgins, Troistorrents, district de Monthey, Valais).
Patois valaisan têta, tita, « tête » :
Pro Têta, alpage (Vouvry, district de Monthey, Valais) ;
Dzeu de la Tita, forêt déclive (Bruson, Bagnes, district d´Entremont, Valais) ;
Tita di Larzes, « tête des mélèzes », sommet, 2038m (Chamoson, district de Conthey, Valais) ;
Tita Naire, « tête noire », sommet, 2701m, et Glacier de Tita Naire (Chamoson et Conthey, district de Conthey, Valais) ;
Tita Neire, « tête noire », sommet, 3175m, et Col de Tita Neire, 3157m (Val Ferret, Orsières, district d´Entremont, Valais) ;
Tita Séri, sommet, 2851m (Fully, et Ovronnaz, Leytron, district de Martigny, Valais).

Patois savoyard têtaz, « tête » :
La Têtaz, épaule (Thônes, Bornes, Haute-Savoie).


Tête de Louis-Philippe
Petit sommet (1389m) de la commune de Magland (Faucigny, Haute-Savoie), dont la forme est censée évoquer la tête du roi Louis-Philippe.

Teur, Teurets, Teurion, Teurre, Teurs,
Theurre, Thoron, Tore, Tornette, Torraz,
Torret, Torretta, Torrettaz, Torrette, Torry,
Tour, Touret, Tourette, Tournalin, Tournelle,
Tournelon, Tournette, Tournon, Tours, Turet,
Turres
Sommet, colline, avant-sommet. Mots régionaux thure, turra, « lieu élevé » [Pégorier], ancien français torel, turel, tureau, thurel, turet, toron, diminutifs « petite tour », et par métaphore « tertre, colline, éminence », gaulois turno-, même sens, latin torus, prélatin *tur, « hauteur », celtique *tor, *torr, « hauteur terminée en pointe ».
Français tour, « sorte de bâtiment élevé, rond, carré ou polygonal, dont on fortifiait jadis l´enceinte des villes, des châteaux, etc., ou qui sert de clocher, de phare, etc » :
La Tour, petit sommet, 2210m (Salanfe, Evionnaz, district de Saint-Maurice, Valais) ;
Le Tour Noir, sommet, 3837m, et Col du Tour Noir, 3535m (Massif du Mont-Blanc, Haute-Savoie) ;
La Tour Noire, hameau (Magland, Faucigny, Haute-Savoie) ;
La Tour Ronde, sommet, 3737m (Massif du Mont-Blanc, Haute-Savoie) ;
Roc des Tours, sommet, 1994m, et Sur les Tours, lieu-dit (Bargy, Massif des Bornes, Haute-Savoie) ;
Rochers des Tours, chaînon culminant à la Tour de Dorénaz, 2260m (Charmey, district de la Gruyère, Fribourg, et Château-d´Oex, Pays-d´Enhaut, Vaud).

Ancien français toret, touret, tourret, « petite tour » :
Chemin du Torret, lieu-dit en forêt (Saint-Blaise, Neuchâtel) ;
Plan Torrette, alpage (Breuil-Cervinia, vallée d´Aoste) ;
Le Touret, forêt déclive (Gilly, district de Rolle, Vaud) ;
La Tourette, 4741m, bosse entre le Mont Blanc et le Mont Blanc de Courmayeur (Mont Blanc, Haute-Savoie) ;
Le Turet, lieu-dit en forêt et ruines, et Forêt du Turet (Gex, Pays de Gex, Ain).

Forme patoise :
Mont Torretta, colline, 886m (Saint-Pierre, vallée d´Aoste) ;
Torrettaz, alpage (Challand-Saint-Anselme, vallée d´Aoste).

Ancien français tournelle, « petite tour, tourelle » :
La Tournelle, La Tournille en 1906, éminence (Verbier, Bagnes, district d´Entremont, Valais).

Diminutif avec le suffixe -in :
Tournalin, alpage (Ayas, vallée d´Aoste), nom monté aux Grand Tournalin, sommet, 3379m, et Petit Tournalin, sommet, 3207m (Ayas et Valtournenche, vallée d´Aoste).

Avec le suffixe -on :
Tournelon Blanc, diminutif de Tournelle avec le suffixe -on, sommet, 3700m, et Col du Tournelon Blanc, 3538m (Massif des Combins, Bagnes, district d´Entremont, Valais).

Avec le suffixe diminutif -ette :
La Tornette, sommet, 2540m (Ormont-Dessus, district d´Aigle, Vaud) ;
La Tournette, sommet, 2351m (Massif des Bornes, Haute-Savoie).

Formes patoises :
Teur, hameau (Isérables, district de Martigny, Valais) ;
Les Teurets, alpage, sans doute avec un patronyme Teuret (Saint-Nicolas-la-Chapelle, Val d´Arly, Savoie) ;
La Teurre, hameau Pointe Teurre, sommet (Orelle, Maurienne, Savoie) ;
Le Teurre, sommet, 2364m (Les Menuires, Saint-Martin-de-Belleville, Tarentaise, Savoie) ;
Les Teurs, sommet (Bonneval, Tarentaise, Savoie) ;
La Theurre et La Petite Theurre, hameaux (Saignelégier, district des Franches-Montagnes, Jura) ;
Ravin du Tore, lieu-dit sous la Tête du Torraz (La Giettaz, Val d´Arly, Savoie) ;
Tête du Torraz, 1930m, et Tête du Petit Torraz, 1872m (La Giettaz, Val d´Arly, Savoie) ;
Les Turres, chaînon, et Chalet des Turres, alpage (Arith, Bauges, Savoie).

Avec le suffixe -on :
Le Thoron, colline boisée (Talloires, Bornes, Haute-Savoie) ;
Le Teurion, lieu-dit (Bure, district de Porrentruy, Jura) ;
Tournon, commune et village de la Combe de Savoie (Grésy-sur-Isère, arrondissement d´Albertville, Savoie).

Avec le suffixe diminutif -y :
Torry, Gros Torry, Torry d´Avau, alpages, (Cerniat, district de la Gruyère, Fribourg), et Torrygraben, avec l´allemand Graben, « fossé, tranchée », ravin où coule l´Aergera (Cerniat et La Roche, district de la Gruyère, Fribourg) ;
Torry ou Tory, quartier de Fribourg, ancienne campagne, et
Petit Torry, ou Petit Tory, anciennement thorel en 1300 et 1322, torel en 1431, ancien domaine (Granges-Paccot, district de la Sarine, Fribourg).

Italien torrette, « tourelle, petite tour » :
Plan Torrette, alpage (Breuil, Valtournenche, vallée d´Aoste).

Voir aussi La Torbesse.


Teureux
Maisons isolées de la commune de Soubey, district des Franches-Montagnes (Jura), du français régional terrieu, « terrier, creux, tranchée où l´on s´approvisionne en terre ou en terreau » [Prongué].

Teurne, Tornerie, Tornières, Tourne, Tournerie,
Tourneries, Tournoire, Turne
Extrémité du champ où tourne la charrue, ou détour, tournant d´un chemin, du latin tornare, « tourner ». Aussi, mot régional tourne, « épi pour détoorner l´eau d´un torrent ou les neiges d´avalanche » [Pégorier].
La Tourne, hameau (Rochefort, district de Boudry, Neuchâtel) ;
Pont de la Tourne, sur le Risse (Onnion, Faucigny, Haute-Savoie) ;
Sur la Tourne, lieu-dit (Dardagny, Genève) ;
Chalet du Tourne, ruine (Verchaix, Faucigny, Haute-Savoie).
Peut-être de même origine :
La Teurne, maison isolée en clairière (Saint-Gervais-les-Bains, Haut-Faucigny, Haute-Savoie) ;
La Turne, alpage (Hauteluce, Beaufortain, Savoie).

Ancien français tornerie, « action de tourner » :
La Tornerie, lieu-dit en forêt dans un virage de la route (Arvillard, Val Gelon, Savoie).

Tournerie, moulin sur un cours d´eau qui actionne une machine, avec le suffixe -erie, -ière :
La Tornerie, maisons isolées (Onnion, Faucigny, Haute-Savoie) ;
La Tornerie, maison isolée sur le Ruisseau de la Tornerie, affluent du Brevon (Bellevaux, Chablais, Haute-Savoie) ;
Les Tornières, maison isolée (Vuisternens-devant-Romont, district de la Glâne, Fribourg) ;
La Tournerie, maisons isolées (Matafelon-Granges, Haut-Bugey, Ain) ;
La Tournerie, maisons isolées (Saint-Joseph-de-Rivière, Chartreuse, Isère) ;
Vers la Tournerie, maisons isolées (Saint-Germain-de-Joux, Michaille, Ain) ;
Tourneries de la Doye, maisons isolées (Condamine, Haut-Bugey, Ain).

Avec le suffixe désignant un instrument -oire :
La Tournoire, maisons isolées (Saint-Jeoire, Faucigny, Haute-Savoie).

Voir aussi Torneresse.


Tévenon
En Tévenon, lieu-dit de la commune de Villars-Burquin, district de Grandson (Vaud), probablement une autre forme du patronyme Thévenon dérivé de Etienne.

Teysachaux
Montagne de la commune de Châtel-Saint-Denis, district de la Veveyse (Fribourg), du participe passé féminin patois ancien taiza, « étendue », voir Teise, et Chaux [Aebischer].

Teyssonge
Lieu-dit en forêt de la commune de Viriat (Bresse, Ain), ancien nom du hameau voisin des Mangettes (Saint-Etienne-du-Bois, Revermont, Ain), où se trouvait une maison de l´ordre des Templiers, puis de l´ordre de Saint-Jean de Jérusalem, in villa Taxoniaci vers 1100, Villa Tessongiaci en 1186, Domus hospitalis Tayssongiis en 1268, de Tayssongia en 1272, Domus hospitalis Jerosolimitani de Teyssongia en 1292, Taxongia en 1310, etc., et Bois de Teyssonge, Nemus de Tessongia en 1266, forêts voisines dans les communes de Jasseron et de Meillonnas (Revermont, Ain) ; d´un nom de domaine d´origine gallo-romaine Taxoniacum, dérivé avec le suffixe -acum du nom d´homme Taxonius.



Thairy
Commune et village du Genevois (Arrondissement de Saint-Julien-en-Genevois, Haute-Savoie), Theyrier en 1222, Cura de Tayrie vers 1344, d´un nom de domaine d´origine gallo-romaine.

Thenesol
Commune et village de la Combe de Savoie (Albertville-Nord, arrondissement d´Albertville, Savoie), anciennement Thénésouz, nom d´origine inconnue.

Théodoncourt
Hameau de la commune de Chevenez, district de Porrentruy (Jura), de l´anthroponyme germanique *Þeodo, de *þeudô, « peuple », et du latin curtis [Prongué].

Theurillat, Theurillatte
Patronyme Theurillat, de l´anthroponyme germanique Theudric, « celui qui règne sur le peuple », germanique *þeudô, « peuple », et *rîka, rîkia, « puissant, celui qui règne », avec le double suffixe diminutif -illat, forme jurassienne de -illet.
Chez Theurillat, hameau (Bassecourt, district de Delémont, Jura) ;
La Theurillatte, par féminisation du patronyme Theurillat, maison isolée (Les Breuleux, district des Franches-Montagnes, Jura).

Theux, Thouvière, Thovex, Thovey, Thuet,
Tofeire, Tofeires, Toffière, Touillère, Tour,
Touvet, Touvière, Touvières, Tovares, Tovat,
Tové, Tovet, Toveyre, Tovez, Tovière,
Trouvière, Tu, Tuet, Tuf, Tuffes,
Tuffière, Tufs
Le tuf est une roche poreuse légère, formée de cendres volcaniques cimentées, ou de concrétions calcaires, utilisé comme matériel de construction, comme engrais, et aussi comme détergent. Latin tofus, tophus, « tuf ».
Le Grand Tuf, pâturage au-dessus de l´alpage des Tufs (Vallée des Glaciers, Les Chapieux, Savoie) ;
Les Tuffes, lieu-dit (Bionnassay, Saint-Gervais-les-Bains, Val Montjoie, Haute-Savoie) ;
Les Tufs, Le Bouillu des Tufs, alpages, nom monté à la Tête des Tufs, 2581m, et au Col des Tufs, 2651m (Vallée des Glaciers, Les Chapieux, Savoie) ;
Les Tufs, éboulis (Tignes, Haute-Tarentaise, Savoie).
Patois jurassien tou, « tuf » :
La Tu, maison isolée (Rebeuvelier, district de Delémont, Jura) ;
La Tu, maisons isolées (Corcelles, district de Moutier, Jura bernois).

Patois teu, theu, « tuf » :
Chalet des Theux, maison isolée (Bionnassay, Saint-Gervais-les-Bains, Val Montjoie, Haute-Savoie).

Dérivé du patois toeu, « tuf », avec attraction paronymique du français tour :
Le Tour, nom patois Le Toeu [Boyer], hameau de la commune de Chamonix (Argentière, vallée de Chamonix, Haute-Savoie), nom monté au Glacier du Tour, à l´Aiguille du Tour, 3540m, et aux Col du Tour, 3281m, et Col Supérieur du Tour, 3288m (Trient, district de Martigny, Valais, et Le Tour, vallée de Chamonix, Haute-Savoie).

Peut-être de même origine :
Le Tour, hameau, et Montagne du Tour, pâturage (Megève, Haut-Faucigny, Haute-Savoie).

Patois tové, « tuf » :
Tové ou Tovex, lieu-dit du vignoble (Blonay, district de Vevey, Vaud) ;
Le Tové, ruisseau affluent du lac Léman (Port-Valais, district de Monthey, Valais) ;
Le Tovez, maison isolée (Orcier, la Côte en Chablais, Haute-Savoie).

Noms collectifs : terrain, carrière de tuf, tuffière, latin topharia :

Français tuffière, tufière, « carrière de tuf » :
La Tuffière, maisons isolées (Treyvaux, district de la Sarine, Fribourg) ;
La Tuffière, carrière de tuf en activité (Corpataux-Magnedens et Hauterive, district de la Sarine, Fribourg).

Noms collectifs dérivés du patois tové, toeu, « tuf » avec les suffixes collectifs -are, -eire, -ière :
La Thouvière, hameau (Le Sappey, Faucigny, Haute-Savoie) ;
La Thouvière, hameau (Saint-Georges-des-Hurtières, Basse-Maurienne, Savoie) ;
La Tofeire, maison isolée (Gruyères, district de la Gruyère, Fribourg) ;
Les Tofeires, maison isolée (Hauteville, district de la Gruyère, Fribourg) ;
Grotte de la Toffière (Les Brenets, district du Locle, Neuchâtel) ;
La Touvière, maison isolée (Avully, Genève) ;
Les Touvières, pâturage (Saint-Jean-d´Aulps, vallée de la Dranse, Haute-Savoie) ;
Les Tovares, maisons isolées (Morgins, Troistorrents, district de Monthey, Valais) ;
Toveyre, lieu-dit (Glion, Montreux, district de Vevey, Vaud) ;
La Tovière, ruines (Saint-Julien-Montdenis, Maurienne, Savoie) ;
Chalet de la Tovière et Chalets Supérieurs de la Tovière, alpages dans le Vallon de la Tovière, parcouru par le Ruisseau de la Tovière (Val d´Isère, Haute-Tarentaise, Savoie), nom monté au
Tuf de la Tovière, éboulis, au Roc de la Tovière, falaise, au Pas de la Tovière, 2252m, au Col de la Tovière, 2594m, et à La Tovière, sommet, 2695m (Tignes, Haute-Tarentaise, Savoie).

Probablement une cacographie de Touvière avec un r épenthétique :
La Trouvière, hameau (La Clusaz, Bornes-Aravis, Haute-Savoie).

Patois jurassien touliere, « carrière de tuf » :
La Touillère, hameau (Charmoille, district de Porrentruy, Jura).

Dérivés avec les suffixes collectifs -ais, -at, -et, -ex, -ey, -ez :
Thovex, lieu-dit (Chablais vaudois) ;
Thovex, hameau (La Thuile, vallée d´Aoste) ;
Le Thovey, hameau (Faverges, Haute-Savoie) ;
Thuet, village (Bonneville, Faucigny, Haute-Savoie) ;
Le Touvet, ecclesia Tovetum au XIème siècle, Tovet au XIIème siècle, canton, commune et village du Grésivaudan (Arrondissement de Grenoble, Isère) ;
Le Tovat, hameau (Crest-Voland, Val d´Arly, Savoie) ;
Tovet, pâturage (Vallon de Barberine, Salvan, district de Saint-Maurice, Valais) ;
Pointe du Tuet, 2037m, et Col du Tuet, 1850m (Samoëns, Faucigny, Haute-Savoie).

Patronyme Thovex, par transfert :
Le Thovex, maison isolée (Saint-Gervais-les-Bains, Val Montjoie, Haute-Savoie) ;
Les Thovex, maisons isolées (Bionnassay, Saint-Gervais-les-Bains, Val Montjoie, Haute-Savoie).

Voir aussi Truffeires.


Theyerets, Theyers
Du patois neuchâtelois teyer, theyer, « pin », du latin taeda, « torche », avec le suffixe désignant un arbre -ier.
Les Theyers, lieu-dit (Hauterive, district de Neuchâtel, Neuchâtel).
Avec le suffixe collectif -et, « forêt de pins » :
Les Theyerets, lieu-dit (Boudry, Neuchâtel).


Theyssière, Tissières, Tissot, Tissotta, Tissourds
Noms dérivés de patronymes issus de noms de métiers signifiant « tisserand », du latin texere, « tisser ».
Par féminisation d´un patronyme Teissier, ancien français teissier, « tisserand » ; l´ancien français tessiere, « éminence, élevation » n´est pas justifié ici :
Theyssière, Taysseres en 1285, Tessiere sur la Carte de Cassini, La Teyssière en 1847, Teyssières en 1911, maison isolée, et Etang Theyssière (Versailleux, Dombes, Ain).

Par féminisation d´un patronyme Tissier, ancien français tissier, « tisserand » :
Les Tissières, hameau près de Chamonix (Vallée de Chamonix, Haute-Savoie).

Patronyme Tissot, ancien français tissot, « tisserand » :
Champ Tissot, lieu-dit (Démoret, district d´Yverdon, Vaud) ;
Tissot, hameau (Trient, district de Martigny, Valais).

Par féminisation patoise de Tissot :
La Tissotta, maison isolée (Rougemont, Pays-d´Enhaut, Vaud).

Patronyme *Tissourd, variante de Tissour, de l´ancien occitan teichador, teixador, « tisserand » [Morlet] :
Les Tissourds, hameau près de Chamonix (Vallée de Chamonix, Haute-Savoie).


Thézières
Les Thézières, hameau de la commune de Taninges (Faucigny, Haute-Savoie), et Pont des Thézières, sur le Giffre, par féminisation d´un patronyme Thézier.

Thézillieu
Commune et village du Bugey (Hauteville-Lompnes, arrondissement de Belley, Ain), Grangia Theysiliaci au XIIème siècle, Ecclesia de Teyselieu vers 1400, Teisilieu en 1734, etc., d´un nom de domaine d´origine gallo-romaine *Tesilliacum, dérivé avec le suffixe -acum du nom d´homme Tassilius traité comme *Tacillus [Nègre 1990].

Thibaud, Thibaudes, Thibaut, Thibauts, Tribaudière
Patronymes Thibaud, Thibaut issus du prénom Thibaut, qui dérive de l´anthroponyme germanique Theodbald, « hardi avec le peuple », du germanique *þeudô, « peuple », et *balda, « audacieux, fort ».
Thibaud, lieu-dit déclive en forêt (Montagnieu, La Tour-du-Pin, Isère) ;
Chez Thibaud, hameau (Eyzin-Pinet, Pays viennois, Isère) ;
Le Plan des Thibaud, quartier (Saint-Jean-de-Maurienne, Savoie) ;
Ruisseau de Thibaud, torrent (Termignon, Haute-Maurienne, Savoie) ;
Thibaut, lieu-dit en forêt (Montagny, district de la Broye, Fribourg) ;
Les Thibauts, Terra des Thibaudz en 1504, Les Thibauds en 1911, hameau (Sermoyer, Bresse, Ain).
Par féminisation :
Les Thibaudes, maisons isolées (Bény, Bresse, Ain) ;
Le Champ des Thibaudes, lieu-dit (Mogneneins, Dombes, Ain).

Avec le suffixe de propriété -ière :
La Tribaudière, La Tiboudiry en 1439, La Thibaudière ou La Tribaudière en 1911, hameau (Saint-Didier-d´Aussiat, Bresse, Ain).


Thielle
1. Thielle, hameau de la commune de Thielle-Wavre (Neuchâtel), de Tela ou Thela en 1153, nom allemand Häusern.
2. La Thielle, cours d´eau affluent du lac de Neuchâtel, formé par le confluent de l´Orbe et du Talent, et qui traverse Yverdon, Thela et Tela au XIIème siècle, Teyla en 1265, Toyle en 1300, Thièle, Toile en 1867, nom allemand Zihl et flumen que dicitur Cilae en 1212. Son nom dériverait du cas sujet de Thela, ancien nom du Talent, dont le nom dériverait du cas régime de Thela.


Thierrens
Commune et village vaudois du district de Moudon, Teoderinco au début du XIème siècle, Tierens vers 1150, Tyerens et Thyerens en 1154, Tierrens et Tyerrens en 1228, Tierreins en 1238, nom d´origine burgonde, dériverait d´un primitif *Theudaringos, « chez les Theudaringi », dérivé du nom propre Þeudar, composé de Þeuda-har, « roi du peuple » [Perrenot], du burgonde *þeuda, germanique *þeudô, « peuple », et burgonde *harja, harjis, germanique *harja, « guerrier ».

Thodure
Commune et village du Chambaran (Roybon, arrondissement de Grenoble, Isère), Theudero et Theuderium au XIVème siècle, de l´anthroponyme germanique Theuderius, voir Saint-Chef.

Thoire, Thoirette, Thoiry
Noms d´origine gallo-romaine dérivés du genèretilice Torius.
D´un primitif *[villa] Toria, par féminisation de Torius :
Château de Thoire, Toria en 1131, Thoria en 1185, Toiri en 1227, Toyri en 1262, Thoyri en 1271, Thoire en 1273, ruines d´un ancien château-fort (Matafelon-Granges, Haut-Bugey, Ain).

Diminutif avec le suffixe -ette :
Thoirette, commune et village en face du Château de Thoire, sur l´autre berge de l´Ain (Arinthod, arrondissement de Lons-le-Saunier, Jura).

D´un primitif probablement Toriacum, dérivé avec le suffixe -acum, comme Thoury (Loir et Cher), Toriacum au XIVème siècle, Toiry aux XVème et XVIème siècles :
Thoiry, Toiria en 1212, Toyri en 1225, Toiri en 1235, Toyry en 1257, Thoyrie en 1301, A Thoyriaco en 1337, Cura de Toyrie vers 1344, Thoyrier en 1397, Thoyriez en 1528, Toirier au XVIIIème siècle, Toiry en 1670, commune et village du Pays de Gex (Ferney-Voltaire, arrondissement de Gex, Ain) ;
Thoiry, Thuiriacus en 1488, Thoiri au XIXème siècle, commune et village (Saint-Alban-Leysse, arrondissement de Chambéry, Savoie).


Thoissey
Canton, commune et village de la Dombes (Arrondissement de Bourg-en-Bresse, Ain), in agro Tosiacense en 908-909, Tussiaco en 910-917, in villa Tossiaco en 910-927, in Tusciaco villa en 943, Ex Tosciaco en 944, Tosciacum en 994, Tussiacum en 998, villa de Toyciaco, var. villa de Toisiaco en 1239, etc., d´un nom de domaine d´origine gallo-romaine Tusciacum, dérivé avec le suffixe -acum du gentilice Tuscius.

Tholomaz
Hypocoristique par aphérèse de Bartholomé, variante de Barthélémy.
Tholomaz, hameau (Loisin, Douvaine, Chablais, Haute-Savoie).
Voir aussi Saint-Jean-de-Tholome.


Thomas, Thomassel, Thomasset, Thomassette
Patronyme Thomas, du prénom Thomas, issu de l´araméen toma, « jumeau ».
Thomas, hameau (La Motte-Servolex, Chambéry, Savoie) ;
Le Thomas, hameau (Varacieux, Sud du Grésivaudan, Isère) ;
Bois Thomas, lieu-dit en forêt (Ambronay, Bugey, Ain) ;
Champ Thomas, hameau (Avry, district de la Sarine, Fribourg) ;
La Fontaine Thomas, lieu-dit (Priay, Bresse, Ain) ;
La Grange Thomas, maison isolée (Lullin, Chablais, Haute-Savoie) ;
La Lanche Thomas, lieu-dit déclive en forêt (Lugrin, Chablais, Haute-Savoie) ;
Roche à Thomas, sommets, 2357m 1t 2394m (Granier, Tarentaise, Savoie).
Patronymes Thomassel, Thomasset, diminutifs de Thomas :
Chez Thomassel, maisons isolées (Saint-Sylvestre, Albanais, Haute-Savoie) ;
Thomasset, alpage (Brot-Plamboz, district du Locle, Neuchâtel).

Par féminisation de Thomasset :
La Thomassette, maison isolée (Le Chenit, district de la Vallée, Vaud).


Thonex, Thônex, Thony
Probablement un nom de domaine d´origine gallo-romaine *Tonniacum, dérivé avec le suffixe -acum du gentilice *Tonnius. Cf. Togny-aux-Boeufs (Marne), anciennement Tonniacum.
Thonex, hameau (Viry, Genevois, Haute-Savoie) ;
Thônex, Thonnay en 1203, Tonnay en 1225, Thonay en 1230, Thongnay au XIVème siècle, Thonney en 1418, village et Chêne-Thônex au XIXème siècle, commune (Genève) ;
Thony, quartier (Evian-les-Bains, Chablais, Haute-Savoie).

Thorens, Torin, Turin
Noms d´origine burgonde, dériveraient d´un primitif *Thoringos, Thuringos, « chez les Thoringi, Thuringi », ethnonyme qui dérive du germanique *þurên, « oser ».
Thorens, Thoyrens en 1273, Thorento en 1336, Cura de Thoreyn vers 1344, Thorens et Thorenc au XVème siècle, aussi Thoreyns, Thorin, plus récemment Thorens-Sales, et Thorens-les-Glières jusqu´en 1947. Une dérivation du latin torrens, « torrent », ne rend pas compte du h présent dans toutes les formes anciennes (Thorens-Glières, arrondissement d´Annecy, Haute-Savoie) ;
Torin ou Thorin, maisons isolées (Le Mouret, district de la Sarine, Fribourg) ;
Schwand de Torin ou Schwand Torin, lieu-dit en forêt (Le Mouret, district de la Sarine, Fribourg) ;
Turin, Tourins en 1245, Torins en 1250, Thourins en 1278, Thuryn en 1376, Thourin en 1414, Thurins en 1424, hameau (Salins, district de Sion, Valais) ;
Turin, pâturage (Arbaz, district de Sion, Valais).
Probablement par transfert :
Les Granges Thorens, petite forêt (Yvoire, Bas-Chablais, Haute-Savoie) ;
Le Bois Thorens, lieu-dit (Excenevex, Bas-Chablais, Haute-Savoie).


Thoulasèche
Hameau de la commune de Nus (Vallée d´Aoste), nom composé de Thoula et de l´adjectif Sèche.

Thouvassières, Thovassets, Touvassière, Tovachir, Tovasse,
Tovassière
Lieu ou carrière où l´on trouve de la cargneule (ou carnieule, corgneule), roche qui ressemble au tuf sans en avoir les qualités. Noms dérivés de Thouvière, etc., avec le suffixe péjoratif -asse [Jaccard].
La Tovasse, ruines (Saint-Sixt, Faucigny, Haute-Savoie).
Avec le suffixe collectif -ière :
Les Thovassets, lieu-dit (Col du Bonhomme, Les Contamines-Montjoie, Val Montjoie, Haute-Savoie).

Avec le suffixe collectif -et :
Les Thouvassières, maisons isolées (Praz-sur-Arly, Haut-Faucigny, Haute-Savoie) ;
La Touvassière, maison isolée (Megève, Haut-Faucigny, Haute-Savoie) ;
Tovassière, hameau (Saxon, district de Martigny, Valais) ;
La Tovassière, alpage (Alpages de Monthey, Val d´Illiez, district de Monthey, Valais).

Forme patoise :
Tovachir, La Tovassière en 1311, lieu-dit (Randogne, district de Sierre, Valais).


Thusy
Commune et village de l´Albanais (Rumilly, arrondissement d´Annecy, Haute-Savoie), curtem Tudesio en 879, Cura de Thusier vers 1344, nom d´origine inconnue.

Thy, Thyez
Thyez, Todiacum en 866, Tudesio en 979, Thyez en 1198, Theiz en 1225, Prior de Thies vers 1344, aussi écrit Thiez, nom d´origine gallo-romaine, peut-être d´un anthroponyme comme Tudius, commune et village du Faucigny (Arrondissement de Bonneville, Haute-Savoie) ;
Côte de Thyez, forêt déclive au-dessus de Thyez.
Peut-être de même origine :
Le Thy, aqua que vocatur Thyez en 1301, ruisseau affluent du Foron et ancien château des évêques de Genève, Domus de Tez en 1276, ancien nom du andement de Sallaz (Viuz-en-Sallaz, Faucigny, Haute-Savoie).


Thyon
Hameau de la commune de Vex (District d´Hérens, Valais), Tyons en 1260, Tyon en 1269, Thions en 1340, Tion en 1861, nom d´origine inconnue.
Crête de Thyon, lieu-dit voisin de Thyon, 2418m.

Tierce, Tierces
Patronyme Tierce, « troisième enfant », ou ancien français tierce, « tiers [d´une terre, d´un bien] ».
La Tierce, alpage (Les Contamines-Montjoie, Val Montjoie, Haute-Savoie) ;
Les Tierces, alpage (Les Contamines-Montjoie, Val Montjoie, Haute-Savoie).

Tiercelin
Torrent et ravin de la commune de Martigny-Combe (District de Martigny, Valais), probablement d´un patronyme, voir Villars-Tiercelin.

Tierde, Tierdos, Tierdoz, Tierdze, Tierdzon,
Tierdzous
Patois fribourgeois tierdzo, « limite, bourrelet de terre artificiel servant de limite entre les champs », de *termitu-, qui a donné le français tertre, latin terminus, même sens.
Tierde, lieu-dit (Châbles, district de la Broye, Fribourg) ;
Grange des Tierdes, lieu-dit (Cheiry, district de la Broye, Fribourg) ;
Les Tierdos, lieu-dit (Russy, district de la Broye, Fribourg) ;
Hauts Tierdoz, maisons isolées (Brenles, district de Moudon, Vaud) ;
Haut Tierdze, lieu-dit (Vallon, district de la Broye, Fribourg).
Avec le suffixe -on :
Le Tierdzon, quartier (Frasses, district de la Broye, Fribourg).

Avec le suffixe -ou :
Les Tierdzous, lieu-dit (Châbles, district de la Broye, Fribourg).


Tiergarten
Forêt encaissée de la commune de Courchapoix et lieu-dit de la commune de Vermes, district de Delémont (Jura), mot allemand signifiant « parc des animaux » qui pourrait désigner une ancienne réserve de chasse seigneuriale [Prongué].

Tieuderais, Tieudray
Le Tieudray, lieu-dit de la commune de Liddes (District d´Entremont, Valais), forme patoise de *Coeudray, lieu où poussent des coudriers ou noisetiers, voir Coeudre, avec mutation de C en TI [Jaccard].
Peut-être de même origine :
Tieuderais, lieu-dit (Corcelles, district de Moutier, Jura bernois).


Tignarde, Tigneret, Tignes, Tignet, Tinière
Ces noms viendraient d´une racine celtique *tin, désignant une vallée occupée par un cours d´eau, puis le cours d´eau lui-même.
Tignes, commune et village (Haute-Tarentaise, Savoie).
Avec le suffixe -arde :
Combe de la Tignarde, lieu-dit (Les Allues, Tarentaise, Savoie).

Avec le suffixe collectif -et :
Tignet, hameau (Valgrisenche, vallée d´Aoste).

Avec le suffixe collectif -ière :
La Tinière, cours d´eau affluent du Léman, Tigneriz en 1276, Tignière en 1867 (Villeneuve, district d´Aigle, Vaud) ;
La Tinière, Tyneres en 1150, Tigneria en 1239, Tigneriz en 1276, Tignieria en 1402, maisons isolées dans le vallon de la Tinière, cours d´eau affluent du Léman (Villeneuve, district d´Aigle, Vaud).

Avec le suffixe -eret :
Chalets des Tigneret, alpage (Abondance, Val d´Abondance, Haute-Savoie).


Tignat
Tignat, hameau de la commune d´Izernore (Haut-Bugey, Ain), Tignia et Tygnia en 1299-1369, Thygnia en 1394, Tigniaz en 1500, selon Pégorier du mot régionalde l´Ain tignat, « poutre garnissant les fossés romains » ; selon Philipon, ce toponyme viendrait d´un nom de domaine d´origine gallo-romaine *Tiniacus, dérivé avec le suffixe -acum du gentilice Tinius, nom issu du latin tinus, « laurier-tin ».
Probablement par transfert :
Le Tignat, maison isolée (Villars-les-Dombes, Dombes, Ain).


Tigneuses
Les Tigneuses, lieu-dit de L´Isle (District de Cossonay, Vaud), soit du vieux français tigneuse, « teigneuse, qui a de la galle à la tête », qui désignerait un établissement où l´on soigne les teigneux, vieux français teignerie ou tignerie, soit un endroit où poussent les tignes, « une herbe qui croist communeément entre les pois, febves, et semblables, et les estrangle » [J. Nicot, Thresor de la langue françoyse (1606)].

Tigneux, Tignieu
D´un nom de domaine d´origine gallo-romaine *Tenniacum, dérivé avec le suffixe -acum du nom d´homme romain Tennius [Nègre 1990].
Tignieu, Tigneu au XIIIème siècle, commune et village de L´Isle-Crémieu (Crémieu, arrondissement de la Tour-du-Pin, Isère), et L´Etang de Tignieu, lieu-dit dans la commune voisine (Villemoirieu, L´Isle-Crémieu, Isère) ;
Tigneux, Mansus de Tiniaco au XIIème siècle, Tigniacum au XVème siècle, hameau (Le Champ-près-Froges, Grésivaudan, Isère).

Tigny
La Tigny, hameau de la commune de Villarembert (Maurienne, Savoie), Glatigny avant le XVIIème siècle, Cabanneria de Glatyniaco en 1287, par aphérèse de Glatigny [Gros].

Timon, Timonet, Timonnières
Des patronymes Timon, Timonet, Timonnier, nom de métier, « coducteur de charrue », cf. le verbe ancien français timoner, « pousser, exciter, aiguilloner ».
Timon, maison isolée (Chesalles-sur-Oron, district d´Oron, Vaud) ;
Bois Timon, lieu-dit en forêt (La Tranclière, Bresse, Ain).
Patronyme Timonet, diminutif avec le suffixe -et :
Timonet d´en Bas, hameau de la commune de Crissier, Timonet d´en Haut, hameau de la commune de Cheseaux-sur-Lausanne (District de Lausanne, Vaud).

Par féminisation du patronyme Timonnier :
Les Timonnières, hameau (Le Bourget-du-Lac, Aix-les-Bains, Savoie).


Tinderray
Lieu-dit de la commune de Salvan (District de Saint-Maurice, Valais), pourrait être une composé de Tinde et Darray.

Tintèbin
Le Tintèbin, maison isolée de la commune de Vuisternens-devant-Romont (District de la Glâne, Fribourg) ; le patois tin tè bin signifie « Tiens-toi bien ! », ce qui n´explique pas l´utilisation de cette expression comme toponyme ! On peut noter que le mot « tintebin » désigne aussi un parc sur roulettes où l´on plaçait les enfants qui commençaient à marcher. Ce mot pourrait aussi désigner le thym.

Tinterin
Commune et village fribourgeois du district de la Singine, Tentenens entre 1201 et 1212, Tenterens en 1445, Tenterin en 1861, nom allemand actuel Tentlingen attesté en 1466, Tintingen en 1363, Tentlichen en 1449, nom d´origine burgonde qui dériverait selon Perrenot d´un primitif *Tantiningos, « chez les Tantiningi », dérivé du nom propre Tanto, Tantin, version haut-allemenade du saxon Dando, Dandi. Pour Aebischer c´est un dérivé avec le suffixe -anum d´un gentilice Tintinnus ou Tintenius.

Tioulévé
Hameau de la commune de Montsapey (Basse-Maurienne, Savoie), anciennement Lieu-Lever [Vernier], Thialever au XXème siècle, l´Alever selon Gros qui le dérive d´un nom local du pin cembrot, voir Allévays, puis Lieulever.

Tirage
Mot local tirage, « tir à l´arc ou au fusil » [Bossard].
Chemin du Tirage (Cologny, Genève) ;
Rue du Tirage (Bulle, district de la Gruyère, Fribourg).

Tirand, Tirandes, Tirandière, Tirandières
Probablement du patronyme Tirand, d´une variante de « tyran », cf. l´adjectif ancien français tirande, « tyrannique ».
Tirand, Tirant en 1363, quartier (Bourg-en-Bresse, Ain) ;
Tirand d´en Bas, Tirandaval en 1700, Tiran sur la Carte de Cassini, Tirant-d´Aval, et Tirand d´en Haut, hameaux (Mézériat, Dombes, Ain).
Par féminisation :
Les Tirandes, Les Tyrandes en 1911, quartier (Péronnas, Bresse, Ain).

Avec le suffixe de propriété -ière :
La Tirandière, maisons isolées(Saint-Nizier-le-Désert, Dombes, Ain) ;
Les Tirandières, lieu-dit (Saint-Germain-sur-Renon, Dombes, Ain).


Tirecagne
Maison isolée en clairière de la commune de Morgex (Vallée d´Aoste), pourrait être un composé du verbe français tirer, et d´un patois valdôtain cagne, « mensonge ».

Tirecorde
Maisons isolées de la commune de Praz-sur-Arly (Haut-Faucigny, Haute-Savoie), où, selon la légende, un dragon qui terrorisait la région fut maîtrisé et précipité dans l´Arly en tirant sur les cordes qu´on avait réussi à lui passer autour du cou.

Tirecorne
Alpage de la commune de Courmayeur (Vallée d´Aoste), nom dont le sens semble évident, mais dont l´origine est mystérieuse.

Tirecul, Tire-Cul
Probablement un lieu d´accès pénible.
Tirecul, lieu-dit en forêt (Le Jorat, Lausanne, Vaud) ;
Tirecul, ruines sur une colline au-dessus du Rhône (Beaumont, Genevois, Haute-Savoie) ;
Tire-Cul, lieu-dit en forêt sur les pentes du Vuache (Vulbens, Genevois, Haute-Savoie) ;
Tire-Cul, maison isolée (Maillat, Haut-Bugey, Ain).

Tissiniva
Tissiniva, Tissiniva Derrey et Plan de Tissiniva, alpages de la commune de Charmey, district de la Gruyère (Fribourg), Trissiniva et Tissinia en 1146, viendrait du gaulois *tegesia nevia, « cabanes nouvelles », selon Aebischer.

Tiu
Patois vaudois tiu, « cul, derrière », voir Cul.
Gros Tiu, forêt déclive (Collonges, district de Saint-Maurice, Valais).

Tiveret
Bois de la commune de Chapelle-sur-Moudon (District de Moudon, Vaud), semble être une variante de Tiberet, cf. « Commanderie de Tiberet ou Tiveret, Hérault, France », peut-être un diminutif avec le suffixe -et du prénom Tibère.

Tivila
Ferme de la commune de Develier, district de Delémont (Jura), pourrait être une ancienne localisation de Develier, dont le nom était Telii villa à l´époque romaine. Un important site mérovingien des VIème au VIIIème siècle a été découvert à cet endroit [Prongué].

Tivoli
Lieu-dit de la commune de Cheyres (District de la Broye, Fribourg), du nom de la ville de Tivoli, anciennement Tibur, dans le Latium, célèbre pour ses villas et ses jardins (Villa Adriana, villa d´Este).

Toche, Toches, Tochettes, Tossaire, Tosse,
Toussuire
1. Vieux français touche, « taillis, réserve de bois, petit bois taillis au milieu de défrichements, bois à pousse rapide coupé tous les 10-15 ans », latin médiéval tuisum, du latin tosio, tonsio, « tonte, fauche », tondere, « tondre, couper ».
Ancien français toche, « bosquet, buisson, petit bois, groupe d´arbres » :
Le Toche, lieu-dit (L´Etivaz, Château-d´Oex, Pays-d´Enhaut, Vaud) ;
La Toche, hameau (Saint-Jean-de-Tholome, Faucigny, Haute-Savoie).

Formes patoises :
Tosse aux Quarts, alpage, et noms hybrides Tossewald, « forêt de Tosse », et Gross Tosse, « grande Tosse », alpage, Kleiner Tosse, « plus petite Tosse », Steiniger Tosse, « Tosse pierreuse », (Bellegarde, district de la Gruyère, Fribourg).

Avec les suffixes collectifs -aire, -ire :
La Tossaire, forêt (Le Flon, district de la Veveyse, Fribourg) ;
La Toussuire, Tochière en 1579, hameau, et Pont de la Toussuire, pont (Fontcouverte-la-Toussuire, Arvan, Savoie).

2. Mot régional toche de la Côte, Vaud : « parcelle de forêt vendue aux enchères, que l´acquéreur est chargé d´exploiter, ou de terrain communal qu´on reçoit en loyer ou gratuitement, pour la mettre en culture » [Jaccard].
Les Toches, maison isolée (L´Isle, district de Cossonay, Vaud).

Avec le suffixe diminutif -ette :
Tochettes, lieu-dit (Saint-George, district d´Aubonne, Vaud).

Voir aussi Brisetouche.


Toepfer
Pointe Toepfer, petit sommet non coté de la commune des Contamines-Montjoie (Val Montjoie, Haute-Savoie), psans doute en l´honneur de l´écrivain et dessinateur genevois Rodolphe Töpffer (1799-1846), auteur du « Voyage autour du Mont-Blanc ».

Toffo
Hameau de la commune de Montjovet (Vallée d´Aoste), serait un anthroponyme germanique.

Toille, Toilles
Vieux français toille, « tissu de lin ou de chanvre », ancien français toaille, « serviette, nappe, morceau d´étoffe ».
La Toille, hameau (Saint-Gervais-les-Bains, Haut-Faucigny, Haute-Savoie) ;
Les Toilles, hameau (Saint-Gervais-les-Bains, Haut-Faucigny, Haute-Savoie).

Toinon
Le Toinon, lieu-dit en forêt de la commune de Courgenay (District de Porrentruy, Jura), hypocoristique du prénom Antoine.

Toises
Mesure de longueur qui valait soit six, soit dix pieds, ou mesure de volume de bois qui est un solide long de dix pieds, haut de cinq, profond de trois. Même étymologie que Teise, dont il peut aussi avoir le sens.
Bois des Cent Toises, lieu-dit (Le Chenit, Vallée de Joux, Vaud).

Toisinges, Tusinge
Noms d´origine burgonde, seraient selon Perrenot d´anciens *Dûgingum, avec un d assourdi en t, « chez les Dûgingi », dérivé du nom propre Dugo, du germanique *dugan, « valoir, être utile ».
Toisinges ou Tucinge, Tocingo en 1083, Tucingio en 1262, village ; beaucoup d´auteurs voient dans ce nom une ancienne [Villa] *Tusianica fondée par un gallo-romain Tutius ou Totius (Saint-Pierre-en-Faucigny, Faucigny, Haute-Savoie) ;
Tusinge, hameau (Blonay, district de Vevey, Vaud).
Voir aussi Duingt.


Toit
Le Grand Toit et Le Petit Toit, crêtes morainiques de part et d´autre de Tortin (Nendaz, district de Conthey, Valais), par métaphore. Du latin tectum, racine gauloise teg-, « couvrir ».

Tollent
Torrent Tollent, cours d´eau affluent de la Dranse, Val Ferret, commune d´Orsières, district d´Entremont (Valais), serait issu du patois Torin de tot l´an, « torrent qui a de l´eau toute l´année » [Guex].

Tolletta
La Tolletta, ferme isolée d´Enney (Bas-Intyamon, district de la Gruyère, Fribourg), par féminisation d´un patronyme Tollet attesté dans la région. Aebischer y voit plutôt un dérivé du patois taula, « table », voir Tollettes.

Tolochenaz
Commune et village vaudois du district de Morges, Tolochina de 561 à 1453, Tolochene en 593, Tolochina in pago Lausannensi et in fine Runingorum en 964, Tolochino en 1173, Tolozzina en 1221, Tholochina en 1228, Tholochinaz en 1313, pourrait être une ancienne *villa Taluppia, avec un gentilice *Taluppius.

Toloveau
Le Toloveau, hameau de la commune de Puidoux (District de Lavaux, Vaud), Tolonval en 1215, « vallée de Tollo », anthroponyme germanique.

Tombay, Tombaz, Tombe, Tombeau, Tombeaux,
Tombet, Tombettes, Tombey, Tombiets
Lieu où l´on trouve des tombes, cimetière, du latin tumba, « tombe, tombeau », le plus souvent un lieu où l´on a trouvé d´anciens cimetières burgondes.
Français tombe, « fosse, sépulture recouverte d'une dalle de pierre » :
La Tombe, maison isolée (Mayres-Savel, Matheysine, Isère).

Français tombeau, « sépulcre, monument funéraire » :
Le Tombeau des Lièvres, lieu-dit (Rochers de Nayes, Villeneuve, district d´Aigle, Vaud) ;
Les Tombeaux, lieu-dit en forêt (Cruet, Combe de Savoie, Savoie).

Dérivés avec les suffixes collectifs -ay, -az, -et, -ette, -ey, latin tumbetum, « cimetière » :
Le Tombay, où a existé un cimetière burgonde (Bussigny-près-Lausanne, district de Morges, Vaud) ;
Tombaz, hameau (Thierrens, district de Moudon, Vaud) ;
Le Tombet, nécropole mérovingienne (Fresens, district de Boudry, Neuchâtel) ;
Le Tombet, au Tombay et le Tonbay en 1339, vignes sur un ancien cimetière (Bôle, district de Boudry, Neuchâtel) ;
Les Tombettes, maisons isolées (Aigle, Vaud) ;
Les Tombettes, quartier (Bozel, Tarentaise, Savoie) ;
Tombey, vigne, ancien cimetière burgonde de la localité disparue de Messinjean (Féchy, district d´Aubonne, Vaud) ;
Le Tombey, hameau où se trouve encore le cimetière actuel (Chevilly, district de Cossonay, Vaud) ;
Les Tombiets, alpage (Magland, Faucigny, Haute-Savoie).


Tommes
Les Tommes, maison isolée de L´Etivaz (Château-d´Oex, Pays-d´Enhaut, Vaud), du mot régional tomme, « sorte de fromage à pâte molle », peut-être par métaphore pour désigner des collines arrondies.

Tônet, Touéno, Toûno
Oronyme qui serait un hypocoristique du prénom Antoine, et qui désignerait un empilement de pierres ou « Steinmann » [Guex], voir Antoines.
Le Tônet, pâturage (Ayer, Val d´Anniviers, Valais) ;
Le Touéno, sommet, 2618m (Hérémence, district d´Hérens, Valais) ;
Le Toûno, anciennement Tounot et Tono au XIIIème siècle, sommet, 3018m, nom descendu au Lac du Toûno, à la Montagne du Toûno et à la Tsa du Toûno, pâturages (Saint-Luc, Val d´Anniviers, Valais).

Törbel
Commune et village valaisans du district de Viège, Dorbia en 1100, Torbio et Torbi au XIIIème siècle, puis TOrby, et Torbil en 1418, Törbil en 1439, nom d´origine romane alémanisé.

Torbesse
La Torbesse, montagne avec deux sommets jumeaux, 3053m et 2983m (Fionnay, Bagnes, district d´Entremont, Valais). De Tor, « sommet rocheux », et Besse, « montagne fourchue ».

Torchebise
Hameau de la commune de Habère-Lullin (Chablais, Haute-Savoie), composé de Torche et de la direction Bise, peut-être aussi un sobriquet.

Torchefelon
Commune et village (Arrondissement de la Tour-du-Pin, Isère), de Torchifelloni au XIIème siècle, de Torchifellono et Torcheffellon au XIVème siècle, Torchefelonis au XVIème siècle, peut-être une combinaison de l´ancien français torcher, « battre », et felon, « félon », voir Matafelon.

Torcieu
Commune et village du Bugey (Saint-Rambert-en-Bugey, arrondissement de Belley, Ain), Villa quae vulgo Torciacus dicitur au VIIème siècle, Ecclesia Sancti Hilarii de Torciaco en 1191, Cappellanus de Torceu en 1263, Torcyu en 1344, d´un nom de domaine d´origine gallo-romaine Torciacus, dérivé avec le suffixe -acus du gentilice Turcius [Nègre 1990].

Torclens
Hameau ruiné de la commune de Montricher, district de Cossonay (Vaud), Turquens en 1139, in ecclesia de Troclens en 1148, Torclens en 1177, Torcleins en 1238, nom d´origine burgonde, dérivé de l´ethnonyme Turcilingi, les Turcilinges, un peuple germanique à l´est des Burgondes [Perrenot].

Torcul
Peut-être un endroit où l´on se tord le cul à cause d´une montée raide et sinueuse.
Torcul, lieu-dit (Bex, district d´Aigle, Vaud).

Torgnon, Tournenche
Torgnon, commune et village de la vallée d´Aoste, dérivé avec un suffixe de possession -onum d´un gentilice *Turnius, ou plus probablement Taurinius.
Dérivé avec les suffixes -anche, -enche d´une forme ancienne de Torgnon :
Val Tournenche ou Val Tournanche, valle Tornina en 1176, vallée de Tornenchy en 1437, écrit plus souvent Valtournenche, commune, village et vallée latérale de la vallée d´Aoste. Nom monté au Col Tournenche ou Col Tournanche, 3479m (Zermatt, district de Viège, Valais, et Valtournenche, vallée d´Aoste).


Tormande
La Tormande, maison isolée de la commune de Provence (District de Grandson, Vaud), par féminisation d´un patronyme Tormand d´origine scandinave.

Torménié
Torménié, tour rocheuse, et Sous les Rochers de Torménié, pâturage, probablement « tour du milieu », de Tor, « sommet rocheux », et medianus, « du milieu » (Mauvoisin, Bagnes, district d´Entremont, Valais).

Tornare
La Tornare, ferme isolée de la commune de Châtel-Saint-Denis (District de la Veveyse, Fribourg), d´un patronyme Tornare, du latin tornator, « qui fait au tour, tourneur ».

Tornay, Tornays, Tornets
Patronymes Tornay, Tornet, nom de métier, patois tornay, « tourneur ».
Tornay-Bas et Tornay-Haut, alpages (Megève, Haut-Faucigny, Haute-Savoie) ;
Les Tornays, lieu-dit (Trient, district de Martigny, Valais) ;
Les Tornets, alpage (Les Contamines-Montjoie, Val Montjoie, Haute-Savoie).

Torne, Tornière, Tornire
Digue de déviation sur le côté, constituée d´une levée de terre ou d´un mur de maçonnerie pour détourner un cours d´eau. Paravalanche construit en pierres, pour dévier une avalanche. Déverbal du vieux français torner, « déplacer d´un mouvement circulaire, changer de position ou de direction », latin tornare, « façonner au tour », de tornus, « instrument du tourneur ».
La Torne, lieu-dit (Le Pont, Vallée de Joux, Vaud) ;
La Torne, cours d´eau affluent de la Serine (Le Vaud, district de Nyon, Vaud).
Avec le suffixe -ière :
La Tornière, maison isolée (Vuisternens-devant-Romont, district de la Glâne, Fribourg).

Avec le suffixe -ire :
La Tornire, maisons isolées (Savigny, district de Lavaux, Vaud).


Torneresse, Torneresses
Littéralement : « qui tourne les scies », voir Resse.
La Torneresse, aussi Tourneresse en 1867, cours d´eau affluent de la Sarine (Pays-d´Enhaut, Vaud) ;
Les Torneresses, hameau (Vallon de l´Avançon de Nant, Bex, district d´Aigle, Vaud).

Torny, Torny-le-Grand, Torny-le-Petit
Selon Stadelmann ces noms de villages dérivent d´un nom de domaine gallo-romain praedium *Tauriniacum, domaine d´un Helvéto-Romain nommé Taurinius, cognomen dérivé sans doute de taurus, taureau, nom formé avec le suffixe -acum. Aebischer conteste cette origine, qui aurait dû conduire à un **Torigny, et propose un anthroponyme Tornos, d´où Torniacum, dont est issu le nom de la ville française de Tournai.
Torny, commune fribourgeoise du district de la Glâne, formée par la fusion des communes de Torny-le-Grand et de Middes ;
Torny-le-Grand, taurniaco superiore en 766, Tornei en 1145, Tornie en 1224, tornye en 1320, Tornyer en 1502, Tornie le Grand en 1578, Tornier en 1668, ancien nom allemand Großtorny, village (Torny, district de la Glâne, Fribourg) ;
Torny-le-Petit, anciennement Torny-Pittet, Torniey lo Pitit en 1248, Tornie le petit en 1578, Tornier pitet en 1668 (Torny, district de la Glâne, Fribourg).

Torrembet
Lieu-dit de la commune de Bagnes, district d´Entremont (Valais), selon Guex une composé de Torrent et de Bay qui signifierait « ravin du torrent ».

Torrent, Torrents
Nom générique utilisé comme potamonyme. Du latin torrens, participe passé de torrere « brûler, dessécher » ayant pris le sens de « brûlant, impétueux ».
Torrent, hameau (Pré-Saint-Didier, vallée d´Aoste) ;
Col de Torrent, 2916m (Evolène, district d´Hérens, et Grimentz, district de Sierre, Valais) ;
Le Torrent, affluent de la Sarine (Lessoc, Haut-Intyamon, district de la Gruyère, Fribourg) ;
Plan Torrent, alpage (Nendaz, district de Conthey, Valais) ;
Les Torrents, lieu-dit en forêt, Forêt des Torrents (Liddes, district d´Entremont, Valais).

Torrentalp, Torrenthorn
Torrentalp, alpage de la commune d´Albinen, district de Loèche (Valais), forme alémanisée au XVème siècle de « Alpe du Torrent », nom monté à la Torrenthorn, hybride composé avec l´allemand Horn, « corne ».

Torterel, Torterelles, Tourterelle
Français tourterelle, nom vernaculaire de nombreux oiseaux de la famille des Colombidés.
Moulin de la Tourterelle, maison isolée, moulin sur le Jugnon (Jasseron, Revermont, Ain) ;
Ruisseau de la Tourterelle, affluent de l´Aigue Noire (Roybon, Sud du Grésivaudan, Isère).
De l´ancien français torterole, « tourterelle », probablement par un patronyme :
Torterel, quartier, Versus pontem de Tortarel vers 1335, ancien nom du Pont des Chèvres (Bourg-en-Bresse, Ain).

Lieu fréquenté par des tourterelles ou par féminisation du patronyme Torterel :
Les Torterelles, maison isolée (Saint-Etienne-sur-Chalaronne, Dombes, Ain).


Tossiat, Toussieu, Toussieux
D´un nom de domaine d´origine gallo-romaine Tociacus, dérivé avec le suffixe -acus du gentilice Tuccius [Nègre 1990].
Tossiat, Tocies (cas sujet) vers 1250, Tociacus en 1267, Curatus de Tocia vers 1325, Tossiacus en 1466, Tossiaz en 1564, commune et village de la Bresse (Pont-d´Ain, arrondissement de Bourg-en-Bresse, Ain) ;
Toussieu, Thosiaco, Tociaco et Tusciacum au Xème siècle, village et commune de l´Isère jusqu´en 1967 (Saint-Symphorien-d´Ozon, arrondissement de Lyon, Rhône) ;
Toussieux, de Toceyo au XIIème siècle, Parrochia de Tossie et Touceu en 1187, Ecclesia de Toceu vers 1250, Apud Toczeu en 1299-1369, Toceu vers 1350, Tocieu en 1365, Tociacus en 1506, Tossieu en 1587, commune et village de la Dombes (Reyrieux, arrondissement de Bourg-en-Bresse, Ain).

Tougin
Village et château de la commune de Gex (Pays de Gex, Ain), Castrum Tugenum en 1211, Tougins en 1236, Cura de Thougin vers 1344, Apud Thougins en 1441, Tougen au XVIIIème siècle, nom peut-être d´origine burgonde.

Touillettes
Les Touillettes, maisons isolées de la commune du Grand-Bornand (Bornes-Aravis, Haute-Savoie), par féminisation d´un patronyme Touillet attesté.

Tour, Tour-Maîtresse, Tournelle, Tours
Sorte de bâtiment élevé, rond, carré ou polygonal, dont on fortifiait jadis l´enceinte des villes, des châteaux, etc., ou qui sert de clocher, de phare, etc., du latin turris, « tour, château, lieu fortifié ».
La Tour, de Turre en 1190, de Turribus au XIIIème siècle, anciennement aussi Turris, Tor et Thurs, commune et village du Faucigny, et La Tour d´en Bas, hameau (Saint-Jeoire, arrondissement de Bonneville, Haute-Savoie) ;
La Tour Carrée, lieu-dit (Cologny, Genève) ;
La Tour du Pin, alpage (Cohennoz, Val d´Arly, Savoie) ;
Tours, Tors en 1228, enclave faisant partie de la commune de Montagny (District de la Broye, Fribourg) ;
Vers les Tours, ruines sur l´Ile d´Ogoz (Pont-en-Ogoz, district de la Gruyère, Fribourg).
Tour maîtresse, « donjon, principale pièce d´un système défensif » :
Rue de la Tour-Maîtresse (Ville de Genève).

Ancien français tournelle, « petite tour, tourelle » :
Rue de la Tournelle, du nom d´une ancienne porte de la ville (Orbe, Vaud).

Voir aussi Boël, Tour-de-Peilz, Tour-de-Trême, Tour-du-Pin, Tourronde.


Tourbière, Tourbières
Toponyme récent, gisement de tourbe, marais d´où l´on extrayait la tourbe. Du francique *turba, « touffe d´herbe ».
La Tourbière, lieu-dit marécageux (La Folliaz, district de la Glâne, Fribourg) ;
Les Tourbières, lieu-dit (Saicourt, district de Moutier, Jura bernois).

Tourbillon
Colline de la ville de Sion (Valais), Turbillion en 1268, Turbillon en 1276.

Tourdan
Hameau de la commune de Revel-Tourdan (Beaurepaire, Bièvre, Isère), Tordoniacus villa au Xème siècle, prior de Tordon au XIIème siècle, d´un nom de domaine d´origine gallo-romaine dérivé avec le suffixe -acum du nom d´homme *Tordonius.

Tour de Fer
La Tour de Fer, faubourg de Saint-Jeoire (Faucigny, Haute-Savoie), du nom d´un des bastions qui protégeaient Saint-Jeoire avant le XVIème siècle, cité dans un document de 1590.

Tour-de-Peilz
La Tour-de-Peilz, commune et village vaudois du district de Vevey, nom latin Turris Peliana et Turris de Peil en 1228, du latin turris, « tour, château, lieu fortifié », et du nom du promontoire anciennement nommé Peys, aujourd´hui La Becque ou La Becque de Peilz, aussi Turris Viviaci, « Tour de Vevey » au XIIIème siècle.

Tour des Chats
Ancienne tour des remparts de la ville de Fribourg (District de la Sarine, Fribourg), édifiée dans la seconde moitié du XVIème siècle contre le rempart le plus ancien.

Tour-de-Trême
La Tour-de-Trême, village de la commune de Bulle (District de la Gruyère, Fribourg), ancienne commune, voir Trême. Nom allemand Zum Turm, « à la tour ».

Tour-du-Pin
La Tour-du-Pin, arrondissement, canton, commune et ville (Isère) Turris de Pinu au VIIème siècle, de Turre Pini au XIIIème siècle, Turris de Pino et Turris Spini au XIVème siècle, du latin turris, « tour », et pinus, « pin ».

Tourlats
Les Tourlats, lieu-dit de la commune de Buix (District de Porrentruy, Jura), pourrait venir d´un patronyme Tourlat, variantes Toulas, Tourlay, rarissime mais attesté.

Tourme des Boucs
Sommet des Alpes Pennines (3263m), au-dessus de la Tsoume des Boucs, en patois valdôtain Trouma des Boucs, de l´italien et latin turma, « troupeau », et « bouc » signifiant ici « chamois ».

Tournance
Hameau de la commune de Manigod (Bornes-Aravis, Haute-Savoie), peut-être de tourner avec le suffixe -ance, par allusion à un moulin sur le Fier.

Tournay, Tournaz
Noms de domaines d´origine gallo-romaine dérivés du cognomen Turnus.
D´un primitif *Turnacum, dérivé avec le suffixe -acum, cf. Tournai (Belgique), ancien Turnacum [Jaccard] :
Tournay, château et domaine (Pregny-Chambésy, Genève).

D´un primitif *Turnatis, dérivé avec le suffixe d´appartenance -atis [Philipon] :
Tournaz, In agro Torniacense, in ipsa villa Tornai, corr. Tornati en 928-936, Henricus de Tornas en 1272, hameau (Saint-Cyr-Sur-Menthon, Bresse, Ain).


Tournedos
Lieu-dit de la commune de Sonceboz-Sombeval (District de Courtelary, Jura bernois), peut-être parce que la route y fait un tournant.

Tourniaux
Les Tourniaux, lieu-dit de la commune de Borex (District de Nyon, Vaud), d´un mot local tourniau, « petite écluse », dérivé de tourner.

Tournieux, Tournus
Patronymes Tourneux, Tournieux issus d´un nom de métier, variante de l´ancien français tournier, « tourneur ».
Le Tournieux, alpage (Sallanches, Haut-Faucigny, Haute-Savoie) ;
Tournus, Le Tourneux sur la Carte de Cassini, hameau (Chalamont, Dombes, Ain).

Tournon
Hameau de la commune de Chaveyriat (Dombes, Ain), in villa Tornetores vocat en 993, Tournous en 1236, Tournoux en 1443, Tournou en 1847, d´un nom de domaine d´origine gallo-romaine portant le nom d´un romain Tornator, du latin tornator, tornatoris, « qui fait au tour, tourneur ».

Tourronde
Hameau de la commune de Lugrin (Chablais, Haute-Savoie), composé de Tour et ronde, du nom du château de Tourronde, appelé aussi château de Blonay.

Tourtemagne
Commune et village valaisan du district de Loèche (Valais), Curtmannonis en 1050, Thortemanei en 1210, Tortemaigny en 1245, Togmagny et Comagni en 1250, Tomagny en 1267, Tortemagny en 1322, Tortomanie en 1378, Turtemagny et Turtimagnia en 1424, Turtamagna en 1449, etc. D´après la plus ancienne forme ce serait un curtis Mannonis [Jaccard], voir Cormanon. Le nom allemand du village est Turtmann. Nom monté à la Pointe de Tourtemagne, 3080m à la limite de la commune de Saint-Luc (Val d´Anniviers, Valais).

Tous les Saints
Chapelle dans les vignes de la commune de Sion (Valais), entre les collines de Valère et Tourbillon, d´après sa dédicace.

Tous Vents, Toutvent, Tout Vent
Un lieu exposé à tous les vents.
Tous Vents, domaine (Givisiez, district de la Sarine, Fribourg) ;
Tous Vents, lieu-dit (Balan, Dombes, Ain) ;
A Tous Vents, maisons isolées (Vallorbe, district d´Orbe, Vaud) ;
Toutvent, domaine (Estavayer-le-Lac, district de la Broye, Fribourg) ;
Tout Vent, maisons isolées (Satigny, Genève).

Tout-il-Faut
Ferme isolée de la commune de Romans (Dombes, Ain), Toutifaux sur la Carte de Cassini, Tout-y-Faut en 1911, peut-être qu´on y trouve tout ce qu´il faut.

Toyer, Toyerats, Toyers
Du patois jurassien tayïe, toyïe, « pin ».
Le Toyer, maison isolée (Epiquerez, district des Franches-Montagnes, Jura) ;
Les Toyers, forêt (Beurnevésin, district de Porrentruy, Jura) ;
Sous les Toyers, lieu-dit (Delémont, Jura).
Avec le suffixe collectif patois -at :
Les Toyerats, lieu-dit (Soulce, district de Delémont, Jura).

Trabandan
Quartier de la ville de Lausanne (Vaud), serait un ancien tru à Bandan, patois tru, « pressoir », voir Tru, avec un patronyme Bandan.

Trabets
Les Trabets, faubourg des Houches (Vallée de Chamonix, Haute-Savoie), patronyme Trabet.

Trabla, Trable, Trables
Par aphérèse de étrable, « étable », voir Etrables, ou dérivé du patois trablle, « table ».
La Trabla, lieu-dit (Vouvry, district de Monthey, Valais) ;
La Trable, ruine d´une maison isolée (Ormont-Dessous, district d´Aigle, Vaud) ;
Les Trables, alpage (Abondance, Val d´Abondance, Haute-Savoie) ;
Les Trables, forêt déclive (Chevenoz, Val d´Abondance, Haute-Savoie), et Sur les Trables, alpage au-dessus de cette forêt(Bernex, Chablais, Haute-Savoie) ;
Les Trables, sommet, 1360m (Bellevaux, Lullin et Vailly, Chablais, Haute-Savoie) ;
Les Trables, maison isolée (Viuz-en-Sallaz, Faucigny, Haute-Savoie).

Tracouet, Tracui, Tracuit
Mot probablement formé avec le préfixe Tra-, « au-delà », et un mot patois coui, « abri », ou coué, « terrain exposé au vent » [Guex].
Tracouet, lieu-dit (Nendaz, district de Conthey, Valais) ;
Tracui, Tracui d´en Bas et Tracui d´en Haut, Tracuiez en 1264, Tracoil en 1307, alpages (Vercorin, Chalais, district de Sierre, Valais).
Tracuit, Tracuyz en 1305, pâturage, et Torrent de Tracuit, affluent de la Navisence, Col de Tracuit, 3250m (Zinal, Val d´Annivier, Valais).
Voir aussi Ecoui.


Traille
Tête de la Traille, petit sommet (1863m) de la commune de Sallanches (Haut-Faucigny, Haute-Savoie), du patois traille, traye, « sentier suivi par le bétail ».

Traînant
Hameau de la commune de Cologny (Genève), Tresnant en 1188, Treynanz en 1309, anciennement Trainant, « au delà du nant », avec le préfixe Trai- et Nant, le ruisseau en question étant devenu par contrecoup Nant du Traînant.

Traits
Bille de bois, du latin trabis, « pièce de bois », ou « bon endroit, bon pâturage », du latin tractus, « quartier, coin de terre, endroit ».
Les Traits, alpage (Queige, Beaufortain, Savoie) ;
Plain des Traits, lieu-dit (Crémines, district de Moutier, Jura bernois) ;
Nant des Traits, cours d´eau affluent du Glapet (Megève, Haut-Faucigny, Haute-Savoie).

Tralenta
Hameau de la commune de Bonneval-sur-Arc (Haute-Maurienne, Savoie), situé de l´autre côté du torrent de la Lenta, avec le préfixe Tra-, « au-delà ».

Tramail, Tramillau, Tramouail
Patois valdôtain tramail ou tramouail, « station d'alpage utilisée en général avant de monter vers les pâturages de haute montagne », du verbe patois tramoué, « déplacer ». Ce terme est encore utilisé dans le langage de la vallée.
Tramail des Ors, alpage (La Salle, vallée d´Aoste) ;
Tramail de la Vieille, alpage, nom passé aux Lacs du Tramail, nommés aussi Lacs du Tramouail, petits lacs de montagne (Breuil, Valtournenche, vallée d´Aoste).
Peut-être de même origine, avec le suffixe diminutif -au :
Tramillau, hameau (Savièse, district de Sion, Valais).


Trame
La Trame, cours d´eau affluent de la Birse (District de Courtelary, Jura bernois), tire peut-être son nom de Tramelan, où elle prend sa source, l´inverse étant peu vraisemblable.

Tramelan
Commune et village du district de Courtelary (Jura bernois), Trameleins en 1178, Tramelans en 1297, Tramelan en 1317, Tremolin en 1384, nom allemand Tramlingen et Trimmellingen en 1178, puis Tremlingen et Tremmlingen, nom d´origine burgonde qui dériverait d´un primitif *Trasamalingos, *Thrasamalingos, « chez les Thrasamalingi », dérivé du nom propre Thrasamal, « lutteur infatigable », de *thrasa, « lutte », et *amal-, « infatigable » [Perrenot] ;
Chaux de Tramelan, pâturage (Tramelan, district de Courtelary, Jura bernois).

Tramelbé
Forêt de la commune de Vermes (District de Delémont, Jura), de trans, « au-delà », avec un deuxième terme d´origine inconnue.

Tramolé
Commune et village du Pays viennois (Saint-Jean-de-Bournay, arrondissement de Vienne, Isère), Tramollia en 1266, capellanus de Tramolea au XIVème siècle, préfixe Tra-, « au-delà », et bas latin mollia désignant un terrain marécageux ; autre explication : latin moles, « amas, tas ».

Tramont, Trélemont, Trémalmont, Tremont, Trémont,
Très le Mont, Treymont, Trilemont, Trimont
De l´autre côté du mont, préfixe Tra-, Tré-, Trey-, Tri-, « au-delà », et [le] mont.
Tramont, clairière avec maisons isolées (Boécourt, district de Delémont, Jura), et Ruisseau de Tramont, affluent de la Rouge Eau (Bassecourt, district de Delémont, Jura) ;
Tramont, maisons isolées (Perrefitte, district de Moutier, Jura bernois) ;
Trélemont, lieu-dit en forêt (Chavannes-sur-Moudon, district de Moudon, Vaud) ;
Trémalmont, grand alpage situé « au-delà de Malmont » (Couvet, district du Val-de-Travers, Neuchâtel) ;
Tremont, alpage (Lessoc, Haut-Intyamon, district de la Gruyère, Fribourg) ;
Trémont, lieu-dit (Fontaines, district du Val-de-Ruz, Neuchâtel) ;
Très le Mont, alpage (Lullin, Chablais, Haute-Savoie) ;
Treymont, maison isolée en forêt et clairière (Boudry, Neuchâtel) ;
Trilemont, lieu-dit (Vuisternens-devant-Romont, district de la Glâne, Fribourg) ;
Trimont, maison isolée (Sottens, district de Moudon, Vaud).

Tramoyes
Commune et village de la Dombes (Reyrieux, arrondissement de Bourg-en-Bresse, Ain), Ecclesia de Tremoies vers 1250, Tremoyes en 1280, Tramoyes en 1325, Tramoye en 1670 ; soit d´un primitif *Trimodias, préfixe latin tri-, « trois », et latin modius, « mesure d´arpentage » (plutôt que le latin modius, « boisseau ») ; soit d´un composé de tri-, « trois », et d´un terme voisin de l´ancien français moie, « meule [de foin, de blé, de paille] », dans le sens de « trois bornes » [Bessat 2004] ; soit encore, et c´est le plus probable, d´un primitif roman *tremoletum, « tremblaie », occitan tremol, « tremble », voir Trémeule [Louis Adolphe Terracher, in Revue de linguistique romane, 1960], ancien français tramoier, « trembler ».

Tranchants
Les Tranchants, arête de rochers (Pointe de Ressachaux, Morzine, Chablais, Haute-Savoie), par métaphore.

Tranchée, Tranchées
Français tranchée, « ouverture, excavation longue et plus ou moins profonde pratiquée dans la terre ».
Derrière la Tranchée, maisons isolées de la commune de Muriaux, district des Franches-Montagnes (Jura), situées derrière la tranchée du chemin de fer, toponyme récent [Prongué] ;
Les Tranchées, hameau (Amancy, Faucigny, Haute-Savoie).
« Tranchée se dit spécialement, en termes de guerre, d´un fossé qu´on creuse pour se mettre à couvert du feu, à proximité d´une place qu´on assiège ou d´une ligne de bataille, et dont les terres, jetées du côté de l´ennemi, forment un parapet » :
Les Tranchées, quartier construit sur les anciennes tranchées des fortifications (Ville de Genève).


Tranchepied
Hameau de la commune de La Rippe (District de Nyon, Vaud), peut-être un endroit qui fut malfamé.

Tranclière
La Tranclière, commune et village de la Bresse (Pont-d´Ain, arrondissement de Bourg-en-Bresse, Ain), Trancleria vers 1325, Ecclesia de Trancleria vers 1350, Trancleri vers 1341, La Trancliry en 1436, d´un nom de domaine d´origine gallo-romaine [villa] Trancleria, avec un nom d´homme peut-être d´origine germanique latinisé en Tranclerius.
La Tranclière, lieu-dit en forêt (La Tranclière, Bresse, Ain).

Trap, Trape, Trappaz, Trappe
Désigne un passage reserré. Germanique *trappa, « piège, trappe ».
Ancien français trape, trappe, « embûche, piège » :
La Trape, maisons isolées (Ormont-Dessous, district d´Aigle, Vaud) ;
Trappe, La Trape en 1911, ruines en forêt (Châtillon-en-Michaille, Michaille, Ain) ;
La Trappe, maisons isolées en clairière (Passy, Haut-Faucigny, Haute-Savoie) ;
La Trappe et La Trappe d´en Haut, maisons isolées en clairière (Onnion, Faucigny, Haute-Savoie) ;
La Trappe, Trappa sur la Carte Nationale, alpage (Vallon du Sapin, Courmayeur, vallée d´Aoste) ;
La Trappe de Loup, lieu-dit en forêt (Druillat, Bresse, Ain) ;
Trappe Chien, alpage (Vaujany, Oisans, Isère) ;
Bois de la Trappe, forêt déclive (Chamonix-Mont-Blanc, vallée de Chamonix, Haute-Savoie) ;
Les Trappes, lieu-dit en forêt (Lornay, Albanais, Haute-Savoie) ;
Les Iles des Trappes, lieu-dit au bord de l´Isère (Crolles, Grésivaudan, Isère).

Diminutif avec le suffixe -on :
Le Trappon, hameau (Saint-Germain-les-Paroisses, Bugey, Ain).

Formes patoises :
Pra de Trap, maison isolée en clairière (Châtillon, vallée d´Aoste) ;
La Trappaz, lieu-dit (La Forclaz, Ormont-Dessous, district d´Aigle, Vaud) ;
Sur Trappaz, lieu-dit (Villorsonnens, district de la Glâne, Fribourg).


Trapechet
Chalet du Trapechet, ruines en clairière, nom monté à la Pointe du Trapechet, 1903m, peut-être de pechet, « petit pâturage », voir Péchette, avec le préfixe Tra-, « au-delà ».

Trappistes
Les Trappistes, lieu-dit de la commune de Vollèges, district d´Entremont (Valais), où des religieux français s´établirent après la Révolution, et d´où ils furent chassés par les troupes du Directoire en 1798 [Guex].

Traribon
Lieu-dit de la commune de Bessans (Haute-Maurienne, Savoie), situé de l´autre côté du torrent le Ribon, avec le préfixe Tra-, « au-delà ».

Travaillard
Nant Travaillard, cours d´eau affluent du Doron, commune de Villard-sur-Doron (Beaufortain, Savoie), avec un patronyme Travaillard.

Travernay
Hameau de la commune de Saint-Cyr-Sur-Menthon (Bresse, Ain), Domus sua de Tresverneis en Domus sua de Tresverneis, Castrum de Treysverneux en 1447, Treverneis ou Trevernois en 1536, Treyvernay en 1650, Travernay sur la Carte de Cassini, Trévernay en 1911, « au-delà de la vernaie », préfixe Tra-, « au-delà » et Vernay.

Travérole
Lieu-dit de la commune de Bessans (Haute-Maurienne, Savoie), « de l´autre côté de l´Avérole », torrent, avec le préfixe Tra-, « au-delà ».

Travers
Commune et village neuchâtelois du district du Val-de-Travers, Transversum en 1202, le nom actuel étant attesté en 1229. Le village tire son nom du Val-de-Travers, et non l´inverse.

Travers, Traversagne, Traversannes, Traverse, Traverseires,
Traverses, Traverset, Traverseyres, Traversier, Traversière,
Traversiers, Traversin
Terrain, bien-fonds situé en travers d´une pente, d´un coteau ou d´un territoire.
Ancien français travers, « chemin de traverse, traversée » :
Travers, hameau (Les Villards-sur-Thônes, Bornes, Haute-Savoie) ;
Les Travers, hameau (Beaumont, Genevois, Haute-Savoie) ;
Travers Avars, lieu-dit en forêt (Corlier, Bugey, Ain) ;
Champ Travers, lieu-dit en forêt (Hauteville-Lompnes, Bugey, Ain) ;
Côte de Travers, lieu-dit en forêt déclive (Les Hauts-Geneveys, district du Val-de-Ruz, Neuchâtel) ;
Grange de Travers, maison isolée en forêt (Giez, Pays de Faverges, Haute-Savoie) ;
Travers les Boules, lieu-dit (Movelier, district de Delémont, Jura).

Ancien français traverse, « ce qui traverse » :
Traverse, lieu-dit en forêt déclive (Ordonnaz, Bugey, Ain) ;
La Traverse, hameau (Champagny-en-Vanoise, Vanoise, Savoie) ;
Champ de Traverse, lieu-dit (Chavannes-sur-Reyssouze, Bresse, Ain) ;
Forêt de la Traverse, lieu-dit en forêt déclive (Saint-Jean-d´Arves, Arvan, Savoie) ;
Les Traverses, alpage (Neirivue, Haut-Intyamon, district de la Gruyère, Fribourg) ;
Les Traverses, forêt déclive (Bex, district d´Aigle, Vaud).

Diminutif avec le suffixe -et :
Combe du Traverset, lieu-dit en forêt (Valjouffrey, Valbonnais, Isère).

Avec le suffixe collectif -eire, ancien français traversaire, « qui traverse, opposé » :
Traverseires, lieu-dit (Chanéaz, district d´Yverdon, Vaud) ;
Les Traverseyres, Les Traverseires sur la Carte Nationale, maisons isolées (Romont, district de la Glâne, Fribourg).

Adjectif français traversier, « qui traverse », latin traversarius, variante de tranversarius, « transversal » :
Nant Traversier, cours d´eau affluent du Doron (Queige, Beaufortain, Savoie) ;
La Traversière, lieu-dit en montagne, nom monté à la Pointe de la Traversière, 3338m (Tignes, Haute-Tarentaise, Savoie) ;
Combe Traversière, lieu-dit en forêt (Valjouffrey, Valbonnais, Isère) ;
Tête de la Pale Traversière, sommet, 2211m (Valjouffrey, Valbonnais, Isère) ;
Les Traversière (sic), lieu-dit (Contrevoz, Bugey, Ain) ;
Rochers des Traversiers, falaise du Mont Lachat, et Sous-Traversiers, lieu-dit déclive (Entremont, Faucigny, Haute-Savoie) ;
Bois des Traversiers, forêt déclive (Saint-Jean-de-Sixt, Bornes-Aravis, Haute-Savoie).

Avec le suffixe -agne, -anne, -in, de l´adjectif ancien français traversain, « transversal, qui traverse » :
Traversagne, lieu-dit en montagne (Le Périer, Valbonnais, Isère) ;
Mont Traversagne, 3028m (Oyace et Bionaz, vallée d´Aoste) ;
Traversannes ou Traversanes, maison isolée (Le Mouret, district de la Sarine, Fribourg) ;
Traversin, lieu-dit (Sarzens, district de Moudon, Vaud).


Tré, Trex, Trey, Treytel
Le lieu, l´endroit, le pâturage, du latin tractus, « quartier, coin de terre, endroit ».
La Tré, lieu-dit (Ormont-Dessus, district d´Aigle, Vaud) ;
Trex, Tractus de Bay en 1335, Trait de Bay en 1867, quartier (Montreux, district de Vevey, Vaud) ;
Trey, Trais en 1142, Treis en 1138, Trees en 1213, Treys en 1254, Treyz en 1311, commune et village (District de Payerne, Vaud).
Probablement un diminutif avec le suffixe -el :
Treytel, hameau (Bevaix, district de Boudry, Neuchâtel).


Trebache
Lieu-dit en forêt de la commune de Corbeyrier (District d´Aigle, Vaud), Trebâche en 1906, probablement de Bâche, avec le préfixe Tré-, « au-delà ».

Trébillet
D´un patronyme disparu Trébillet, d´un sobriquet « homme dégourdi ».
Trébillet, lieu-dit en forêt (Draillant, la Côte en Chablais, Haute-Savoie) ;
Trébillet, maisons isolées (Châtillon-en-Michaille, Michaille, Ain).

Trébolets
Maison isolée de la commune de Villars-Mendraz (District de Moudon, Vaud), peut-être d´un patronyme *Trébolet disparu, en revanche il existe un patronyme Tribolet.

Trecare
Becca Trecare, sommet à la limite des communes d´Ayas, de Chamois et de Valtournenche, 3081m, patois tre, « trois », et ancien français care, carre, « angle, côté, face, coin », sommet à trois côtés.

Tré Charvet
Maisons isolées de la commune de Charix (Haut-Bugey, Ain), Très-Charvert sur la Carte de Cassini, Très-Charvay en 1911, avec le préfixe Tré-, « au-delà » et un patronyme Charvert.

Tréchauffex
Chalets de Tréchauffex, hameu de la commune de la Forclaz (Chablais, Haute-Savoie), nom monté à la Pointe de Tréchauffex, composé du préfixe Tré-, ici avec le sens de « pâturage », et un terme apparenté à Chauffé.

Trecol
Mot régional trecol, « col », avec le préfixe tre-, « par, à travers » ; Selon Pégorier, trecol signifie « point culminant d´une montagne, sommet », mais le sens de « col » est plus probable.
Trecol, alpage (Beaufortain, Savoie).

Tréconnas
Hameau de la commune de Ceyzériat (Revermont, Ain), Treconaci en 1146, Apud Treconas en 1272, Trecona en 1466, d´un nom de domaine d´origine gallo-romaine *[villa] Treconatis, dérivé avec le suffixe d´appartenance -atis d´un nom d´homme comme Treconus, Triconus ou mieux Triconius.

Trécout
Hameau en clairière de Draillant (Perrignier, la Côte en Chablais, Haute-Savoie), « au-delà de la côte », nom composé de Tré-, « au-delà », et Cout.

Treffort
Combinaison de l´adverbe franco-provençal tres, « très », et de l´adjectif fort, latin fortis, avec le sens de « très bien fortifié » [Nègre 1990], et aussi ancien français treffort, « très fort ».
Treffort, Tresfortium en 974, Treffort en 1187, de Tresfortio en 1287, Castrum trefortii en 1304, village de la commune de Treffort-Cuisiat, canton et commune formés en 1972 par la réunion des anciennes communes de Treffort et de Cuisiat ;
Bois de Treffort, forêt (Treffort-Cuisiat, Revermont, Ain) ;
Treffort, Treffort au XIème siècle, Trafortium au XIIème siècle, commune et village de Trièves (Monestier-de-Clermont, arrondissement de Grenoble, Isère) ;
Treffort, hameau (La Motte-Saint-Martin, Matheysine, Isère).

Tréflons
Les Tréflons, lieu-dit de la commune de Chexbres (District de Lavaux, Vaud), « au-delà des cours d´eau », préfixe Tré-, et Flon.

Trei Dzo
Pâturage près de Mauvoisin, commune de Bagnes, district d´Entremont (Valais), signifie « Trois Jours » [Guex].

Treige
Le Treige, hameau de la commune de Seynod(Arrondissement d´Annecy, Haute-Savoie), Trejio en 1454.

Treisy, Trési, Trésillets, Trésit, Trésy,
Trésys
Pour Bossard, c´est « sans doute un endroit d´où l´on a arraché arbres et buissons, d´où terrain défriché et passage à travers la forêt ».
Treisy, lieu-dit (Bournens, district de Cossonay, Vaud) ;
Le Trési, zône industrielle (Préverenges, district de Morges, Vaud) ;
Chemin du Trésit (Vallorbe, district d´Orbe, Vaud) ;
Le Trésy, lieu-dit (Monnaz, district de Morges, Vaud) ;
Trésy des Amoureux, forêt déclive (Chevilly, district de Cossonay, Vaud) ;
Les Trésys, lieu-dit (Pompaples, district de Cossonay, Vaud).
Avec le double suffixe diminutif -illet :
Les Trésillets, lieu-dit (Premier, district d´Orbe, Vaud).


Treize Arbres, Treize Bises, Treize Fontaines, Treizevent, Treize Vents
Ancien français treis, « trois », occitan tres, « trois », patois treis, tres, devenu Treize par remotivation.
Les Treize Arbres, lieu-dit sur le Mont Salève (Monnetier-Mornex, Genevois, Haute-Savoie), nommé Les Trois Arbres pour trois ormes disparus au début du XXème siècle, en patois Les Très Arbres ;
Les Treize Fontaines, lieu-dit (Saint-Etienne-de-Saint-Geoirs, Grenoble, Isère).
Peut-être aussi du franco-provençal tres, « très », pour un lieu très venté :
Les Treize Bises, lieu-dit (Susville, Matheysine, Isère) ;
Treizevent, lieu-dit (Chaleins, Dombes, Ain) ;
Les Treize Vents, hameau (Montrevel-en-Bresse, Bresse, Ain).


Treize-Cantons
Hameau des communes de Seigneux (District de Payerne, Vaud) et de Villeneuve (District de la Broye, Fribourg), qui doit son nom à une auberge renommée, située jadis à cet endroit et nommée en l´honneur de la Confédération des Treize-Cantons, formée en 1513.

Tréjeux
Le Tréjeux, hameau de la commune de Thônes (Bornes, Haute-Savoie), avec le préfixe Tré-, « au-delà », et Jeux, « forêt ».

Trélachat
Alpage de la commune de Flumet (Val d´Arly, Savoie), nom composé avec le préfixe Tré-, « au-delà », et Lachat.

Trélachaud
Hameau de la commune de la Vernaz (Chablais, Haute-Savoie), avec le préfixe Tré-, « au-delà », et Chaud, « endroit chaud », qui est féminin en patois savoyard.

Tré la Grande, Tré la Joux, Tré la Petite, Tré la Tête, Tré la Vella,
Tré-le-Crot, Tré le Saix, Tré-les-Eaux
Noms composés formés avec le préfixe Tré-, « au-delà » et un nom qualificatif.
Tré la Grande, falaises, Pointe de Tré la Grande, 2650m, Séracs de Tré la Grande, séracs du Glacier de Tré la Tête (Les Contamines-Montjoie, Val Montjoie, Haute-Savoie), et Tré la Petite, falaises (Les Contamines-Montjoie, Val Montjoie, Haute-Savoie) ;
Tré la Joux, Très-la-Joux en 1847, Très-Joux en 1911, lieu-dit en forêt (Lalleyriat, Haut-Bugey, Ain) ;
Têtes de Tré la Tête, sommets, 2897m, Grande Roche de Tré la Tête, sommet, 2454m, Aiguilles de Tré la Tête, 3930m, à la frontière italienne, Col de Tré la Tête, 3515m, Glacier de Tré la Tête, vallée glaciaire au-delà d´une tête rocheuse, dont est issu le Torrent de Tré la Tête, affluent du Bon Nant (Les Contamines-Montjoie, Val Montjoie, Haute-Savoie) ;
Tré la Vella, lieu-dit « au-delà de Villes » (Villes, Michaille, Ain) ;
Tré-le-Crot, pâturage (Sallanches, Haut-Faucigny, Haute-Savoie) ;
Tré le Saix, alpage, et Pâturage de Tré le Saix, lieu-dit (Bellevaux, Chablais, Haute-Savoie) ;
Val de Tré-les-Eaux, « au-delà des eaux », et Glacier de Tré-les-Eaux (Massif du Buet, Faucigny, Haute-Savoie).

Trélaporte
Tête de Trélaporte, 2552m, Fenêtre de Trélaporte, petit col, 2523m, Glacier de Trélaporte, sur le chemin du refuge de l´Envers des Aiguilles (Mer de Glace, vallée de Chamonix, Haute-Savoie), « au-delà de la porte », probablement par métaphore.

Trélechamp
Trélechamp, hameau d´Argentière (Vallée de Chamonix, Haute-Savoie), aussi Tréléchamp et Tré le Champ, et Treluchem en 1526, « au-delà des champs », avec le préfixe Tré-, « au-delà ».

Tré l´Epaule
Col de Tré l´Epaule, 2532m (Flaine, Grand Massif, Faucigny, Haute-Savoie), nom composé de Tré, « au-delà », et Epaule, qui désigne la Tête des Lindars.

Trélesboeufs
Alpage de la commune d´Abondance (Val d´Abondance, Haute-Savoie), peut-être le « pâturage des boeufs », avec le préfixe Tré-, dans le sens de « pâturage ».

Trélesreilles
Lieu-dit du massif de Tavaneuse (Abondance, Val d´Abondance, Haute-Savoie), « au-delà des barres rocheuses », avec le préfixe Tré-, « au-delà », et Reille, « barre rocheuse ».

Trélex
Commune et village vaudois du district de Nyon, Trailai en 1145, Trailia en 1163, Treilaj en 1164, Tralai et Trelai en 1177, Treslai en 1218, Tresley en 1235, Trelay en 1244, Trellay en 1272, Treylay, puis Treley en 1299, Cura de Treilai vers 1344, « au-delà de la forêt », préfixe Tré-, et vieux français lay, « bande de terrain en forêt », bas latin lagia, legia, leia, « forêt ».

Trélie
Maisons isolées de la commune de Bâgé-la-Ville (Bresse, Ain), Apud Treys Lyes en 1399, Treslie sur la Carte de Cassini, Les Treis-Lies en 1911, nom composé de l´ancien français treis, « trois », et de Lyes, « terrain humide, boueux ».

Trémala, Trémaule, Trémaules
De trans, « au-delà », et d´une racine préromane *malla, « boue ». Voir Tré- et Maula.
Trémala, hameau (Attalens, district de la Veveyse, Fribourg) ;
Trémaule, lieu-dit (Massonnens, district de la Glâne, Fribourg) ;
Trémaules, maisons isolées (Pont-en-Ogoz, district de la Gruyère, Fribourg).

Trembiet, Tremblaine, Tremblais, Tremblares, Tremblay,
Tremble, Tremblé, Tremblées, Trembles, Tremblet,
Tremblex, Trembley, Trembleys, Tremblié, Tremblier,
Trémeule, Trémolay, Trémoley, Trimbley
Tremble (Populus tremula), du latin tremulus, « peuplier tremble », par substantivisation de l´adjectif tremulus, « tremblant, qui s´agite, agité, tremblotant ».
Tremble, lieu-dit (Morrens, district d´Echallens, Vaud) ;
Le Tremble, lieu-dit en forêt (Thorens-Glières, Bornes, Haute-Savoie) ;
Les Trembles, hameau (La Sagne, district de la Chaux-de-Fonds, Neuchâtel).
Noms collectifs : tremblaie, bosquet ou forêt de peupliers trembles :

Avec les suffixes collectifs -ais, -ay, -et, -ex, -ey, ancien français tremblay, tremblei, trembloi, « lieu planté de trembles », bas latin tremuletum, pluriel neutre pris pour un féminin tremuleta :
Le Trembiet, clairière (Seleute, district de Porrentruy, Jura) ;
Le Tremblais, peut-être d´un patronyme, maison isolée (Nods, district de La Neuveville, Jura bernois) ;
Le Tremblay, lieu-dit (Nâves-Parmelan, Bornes, Haute-Savoie) ;
Le Tremblay, Trembley en 1394, Apud Tremulum en 1484, hameau (Lantenay, Haut-Bugey, Ain) ;
Le Tremblay, Apud lo Trembley en 1416, hameau (Saint-Trivier-de-Courtes, Bresse, Ain) ;
Le Tremblet, lieu-dit (Sauverny, Pays de Gex, Ain) ;
Tremblex, lieu-dit (Villars-le-Terroir, district d´Echallens, Vaud) ;
Les Tremblex, habitat dispersé (Glion, Montreux, district de Vevey, Vaud) ;
Trembley, lieu-dit (Bussy, district de la Broye, Fribourg) ;
Trembley, Trembleye en 1867, hameau (Commugny, district de Nyon, Vaud) ;
Le Trembley, lieu-dit en forêt (Saint-Gervais-les-Bains, Val Montjoie, Haute-Savoie) ;
Les Trembleys, lieu-dit (Senarclens, district de Cossonay, Vaud) ;
Trimbley, forêt (Morat, district du Lac, Fribourg).

Avec les suffixes collectifs -é, -ée :
Le Tremblé ou Le Trembley, maison isolée (Pont-en-Ogoz, district de la Gruyère, Fribourg) ;
Le Plan des Tremblées, lieu-dit et forêt (Lyaud, Bas-Chablais, Haute-Savoie) ;
Le Tremblié, hameau (Cottens, district de la Sarine, Fribourg).

Avec les suffixes collectifs -are, -ier, bas latin tremularia :
Les Tremblares, petite forêt (Bâgé-la-Ville, Bresse, Ain) ;
Tremblier, lieu-dit (Lovatens, district de Moudon, Vaud).

Vieux français trémoille, « tremblaie », adjectif ancien français tremule, tremuleux, « tremblant », roman *tremoletum, « tremblaie » :
Devant Trémeule, lieu-dit, Bois de Trémeule, forêt, commune de Seigneux, et La Trémeule, cours d´eau affluent de la Broye (District de Payerne, Vaud) ;
La Trémolay, lieu-dit (Fontenais, district de Porrentruy, Jura) ;
Trémoley, hameau, et Haut du Trémoley, maisons isolées (Le Passage, La Tour-du-Pin, Isère).

Probablement par féminisation d´un patronyme Tremblay de même origine :
La Tremblaine, ferme isolée (Chevry, Pays de Gex, Ain).

Voir aussi Etrembières.


Trême
Du gaulois Tragisama, « la très rapide », superlatif de tragos, « rapide » [Aebischer].
Trême, écrit aussi Trémaz, Treymaz, maison isolée (Gruyères, district de la Gruyère, Fribourg) ;
La Trême, Tremaz et Treme en 1478, cours d´eau affluent de la Sarine (District de la Gruyère, Fribourg).

Tréméla
Mot régional treméla, « sorbier » [Pégorier].
Tréméla, petit bois (Reignier, Genevois, Haute-Savoie).

Trémessaz
Lieu-dit du village de Vésenaz (Genève), signifie « derrière chez Messaz », du nom d´une famille de la région, voir Tré-.

Tremetta
Alpage de la commune de Semsales (District de la Veveyse, Fribourg), près des sources de la Trême, probablement dérivé de ce nom avec le suffixe diminutif -etta.

Tréminis
Commune et village du Trièves (Mens, arrondissement de Grenoble, Isère), Tresmunith, Tresmenich vallis et castrum Tres Muniz au XIIème siècle, Tresmeniz et Tresminis au XIIIème siècle, terra de Tribus Meniis au XIVème siècle, peut-être de l´adverbe franco-provençal tres, « très », et latin munitus, « fortifié, protégé », ou occitan tres, « trois », et un dérivé du bas latin molinum, « moulin », ou encore de l´ancien français tres, « au-delà », et molinum, « moulin », « au-delà [du village] des Moulins », ou « au-delà de [la montagne] de Ménil ».

Tré Montréal
Lieu-dit et ancien hameau de la commune de Plagne (Michaille, Ain), Très-Montréal en 1911, avec le préfixe Tré et Montréal.

Trémoulin
Lieu-dit de la commune de Meinier (Genève), « au-delà du moulin », de Tré- et Moulin.

Tremurs
Hameau de la commune de Murs-et-Gélignieux (Bugey, Ain), « au-delà de Murs », Trè-Murs en 1911, avec le préfixe Tré-.

Trente Chiens
Lieu-dit de la commune d´Aclens, district de Morges (Vaud), dont le nom pourrait faire allusion aux meutes de chasse à courre qui comptaient souvent trente chiens courants.

Trente Pas
Etang de Trente Pas, petit lac et marais de la commune de Conthey (Valais), probablement la dimension de cet étang. Le pas était une unité de longueur correspondant à environ 60 centimètres.

Trépâs
Les Trépâs, lieu-dit de la commune des Pommerats (District des Franches-Montagnes, Jura), probablement du préfixe Tré-, « au-delà », et pâs, variante patoise de Peu ou du vieux français past, latin pastus, « pâture, nourriture des animaux, pâturage, pacage ». Selon Pégorier, mot régional trépas, « passage dangereux, étroit ; gorge » (Savoie).

Trepertuis
Trepertuis, alpage de Novel, et Col de Trepertuis, appelé aussi Col de Trois Pertuis, 1890m (Bernex et Novel, Chablais, Haute-Savoie), patois tré, « trois », et Pertuis.

Trept
Commune et village des Balmes Dauphinoises (Crémieu, arrondissement de la Tour-du-Pin, Isère), terre Trequasenses au VIIème siècle, ecclesia de Tret au XIIIème siècle, Treet au XVIème siècle, nom d´origine inconnue.

Tresiboliet
Lieu-dit de la commune de Troinex (Genève), Trésibolliet en 1906, « au-delà de chez Bolliet », avec le préfixe Tré- [Jaccard].

Très la Paraz
Lieu-dit de la commune de Lullin (Chablais, Haute-Savoie), avec la préposition très, « au-delà », et Paraz.

Très les Pierres, Très Roche
Noms formés avec la préposition très, « au-delà », de l´ancien français tres, latin trans, même sens.
Très les Pierres, hameau (Châtel, Val d´Abondance, Haute-Savoie) ;
Très Roche, hameau (Jarsy, Bauges, Savoie).

Tresserve
Commune (Aix-les-Bains-Sud, arrondissement de Chambéry, Savoie), Ecclesia de Tresserve en 1340, Treserva en 1414, Tresserva en 1497, Tresselve en 1568, Troiserve en 1690, « au-delà de la forêt », voir Tré-, et Serve.

Trétien
Le Trétien, commune et village valaisans du district de Saint-Maurice, ultra Trien en 1732, puis Treken, Trecken et Triquent, dériverait d´un primitif *Trans Trient, « au-delà du [Petit] Trient », c´est à dire du Triège [Guex].

Trétorrent
Au-delà du torrent, voir Tré-.
Trétorrent, hameau (Ormont-Dessous, district d´Aigle, Vaud).

Treuil, Triaz, Trieux, Troil, Troillet,
Troillettes, Trolliet, Tru, Truaz, Truel,
Truet, Truex, Truit, Truits
Pressoir, partie d´une vigne où se trouve un pressoir. Latin médiéval torcular, latin vulgaire *troclum, latin torclum, torculum, « pressoir », dérivé de torquere, « tordre ».
Vieux français treuil, « pressoir » jusqu´au XIVème siècle, ancien français treuil, troil, truel, « pressoir » :
Bois du Treuil, lieu-dit (Soyhières, district de Delémont, Jura) ;
Pré du Treuil, lieu-dit dans les vignes (Chigny, district de Morges, Vaud) ;
Trieux, maison isolée (Traize, Avant-Pays savoyard, Savoie) ;
Trieux, Truiel et De Trolio en 1272, hameau (Lhuis, Bugey, Ain) ;
Trieux, hameau, et Mont de Trieux, maisons isolées (Saint-Chef, Les Balmes Dauphinoises, Isère) ;
Chalet des Trieux, alpage (Mâcot-la-Plagne, Tarentaise, Savoie) ;
La Croix Trieux, hameau (Villebois, Bugey, Ain) ;
Troil, hameau (Saint-Marcel, vallée d´Aoste) ;
Le Truel, maisons isolées dans les vignes (Nyon, Vaud) ;
Petit Truet, lieu-dit (Founex, district de Nyon, Vaud) ;
Sur le Truex, lieu-dit, et Sex du Truex, sommet (Leysin, district d´Aigle, Vaud).

Patois trua, trui, trai, troi, « pressoir de vendange » :
Les Triaz, peut-être de même origine, lieu-dit (Hermance, Genève) ;
Le Tru, lieu-dit (Queige, Beaufortain, Savoie) ;
Truaz, hameau (Arthaz-Pont-Notre-Dame, Annemasse, Haute-Savoie) ;
Le Crêt du Truit, maison isolée du vignoble (Concise, district de Grandson, Vaud) ;
Les Truits, hameau du vignoble (Mont-sur-Rolle, district de Rolle, Vaud).

Diminutifs du patois troille, « pressurage de vendange », ancien français troil, « pressoir », avec le suffixe -et, ce sont aussi des patronymes de même origine :
Le Trolliet, hameau (Sainte-Julie, Bugey, Ain) ;
Mollard Troillet, hameau (Montgilbert, Tarentaise, Savoie).

Par féminisation du patronyme Troillet :
Les Troillettes, lieu-dit (Saint-Martin-de-Bavel, Bugey, Ain).


Trévange
Deux lieux-dits en forêt de la commune de Sallanches (Haut-Faucigny, Haute-Savoie), nom composé avec le préfixe Tré-, « au-delà », et le toponyme Vange d´origine inconnue, ces lieux-dits étant situés au-delà des Rochers de Vange.

Trève, Trêve, Trèves, Treyve, Triève,
Trièves, Trievoz, Triévoz
Mots régionaux trève, triève, « croisement de trois voies, carrefour » [Pégorier]. Latin trivium, tres viae, « trois voies ».
Le Trève, hameau à un carrefour de trois route (Villeneuve, Dombes, Ain) ;
Trève Benoît et Trève Giroux, Le Treivo Giroud au XVIIIème siècle, Le Trève-Giroud en 1911, hameaux voisins (Saint-Didier-sur-Chalaronne, Dombes, Ain) ;
Trève des Buis, hameau (Sulignat, Dombes, Ain) ;
Trève la Morte, hameau (Illiat, Dombes, Ain) ;
Trève Seigneux, Terra del Treyvo en 1285, probablement avec un patronyme, lieu-dit (Montceaux, Dombes, Ain) ;
Sur Trève, lieu-dit (Thoiry, Pays de Gex, Ain) ;
Le Trêve d´Ars, Trivium d´Art en 1304, hameau (Parcieux, Dombes, Ain) ;
Trêve Levo, Le Trève-Levo en 1887, Trève-Lève en 1911, Tréve le Vô sur la Carte IGN, hameau à un carrefour de trois routes (Illiat, Dombes, Ain) ;
Trêve du Loup, lieu-dit en forêt (Villeneuve-de-Marc, Pays viennois, Isère) ;
Trèves, nom latin Tres viae (Tarentaise, Savoie) ;
Les Trèves, maison isolée (Chaleins, Dombes, Ain) ;
Terre des Trèves, maison isolée (Neuville-les-Dames, Dombes, Ain) ;
Treyve, hameau (Grièges, Bresse, Ain) ;
Le Triève, hameau (Bizonnes, Bièvre, Isère) ;
Le Triève-Gilet, hameau (Bonnefamille, Pays viennois, Isère) ;
Trièves, alpage à un carrefour de trois chemins, et pâturage, nom monté aux Côtes de Trièves, lieu-dit déclive, au Col de Trièves, 2080m, et aux Ouilles de Trièves, 3013, 3054 et 3061m (Bonneval-sur-Arc, Haute-Maurienne, Savoie) ;
Le Trièves, Trevis pagus au XIème siècle, in Trevisis au XIIème siècle, Triesve au XVIème siècle, est une région du sud du département de l´Isère, entre le Vercors et le Drac, qui comprend les cantons de Clelles, Mens et Monestier-de-Clermont.
Forme patoise :
Le Trievoz, hameau à une bifurcation (Eyzin-Pinet, Pays viennois, Isère) ;
Triévoz, hameau (Sainte-Blandine, La Tour-du-Pin, Isère) ;
Arête du Triévoz, lieu-dit (La Forteresse, Bièvre, Isère).


Trévelin
Hameau de la commune d´Aubonne (Vaud), villa Triviliaco en 1008, Trivelino en 1141, Trivillino en 1157, Trivillin en 1177, Trivillins en 1204, Trivilins en 1234, Trivilynz en 1235, Trevellino en 1376, nom de domaine d´origine gallo-romaine Triviliacum, dérivé avec le suffixe -acum d´un gentilice comme Trebellius.

Trévignin
Commune et village (Aix-les-Bains-Nord-Grésy, arrondissement de Chambéry, Savoie), anciennement Trivignin, Cura de Trivignins vers 1344, Treivignins et Truvignins au XIVème siècle.

Trévoux
Canton, commune et village de la Dombes (arrondissement de Bourg-en-Bresse, Ain), in villa Trevoos en 1010, Trevos et Trevoz en 1243, Trevox et Trevous en 1264, de Trevorchio en 1344, Apud Trevorcium en 1482, Trivoltii en 1523 ; on peut y voir un ancien Trifurcum, « jonction de trois chemins », cf. quadrifurcum, qui a donné le français carrefour.

Treycovagnes
Commune et village vaudois du district d´Yverdon, Trescovanes en 1228, Trecovagnes en 1364, Trescovaignes en 1453, dont le nom signifie soit « trois covagnes », comme l´indiquent les trois sapins sur ses armoiries, soit plus probablement « au-delà des covagnes », avec le préfixe Trey-.

Treyfayes
Hameau de la commune de Sâles (District de la Gruyère, Fribourg), Treiffay en 1316, signifie soit « trois hêtres », voir Fayes, soit plus probablement « au-delà des hêtres », avec le préfixe Trey-.

Treylavaux, Treyvaux
Ces noms signifient « de l´autre côté du vallon », voir Trey, et patois vaux, « val, vallée ».
Treylavaux, lieu-dit de l´autre côté de la Senoge (Colombier, district de Morges, Vaud) ;
Treyvaux, Tribus Vallibus en 1169, étymologie savante abusive, Treyvaul, Treyvas et Trevas au XIIIème siècle, Tresvaux en 1235, Trevaux en 1246, Tresvald, Tresvals et Treswels en 1260, Trevauz en 1378, Trevaul, Trevaulx et Trevaut en 1423, Treyvaula et Treyvaux en 1453, « de l´autre côté du val [de la Sarine] », nom allemand Tref[f]els, commune et village (District de la Sarine, Fribourg), et Joux de Treyvaux, forêt dans la même commune, Gite à Treyvaux, lieu-dit dans la commune voisine de La Roche ;
Treyvaux, Tresvaux en 1282, Treval et Treis Vaul en 1339, Trevaul en 1441, Trevaulx en 1530, Treyvaux, Treyvaulx, Trevaux en 1600, Treivaud en 1660, Treiveaux en 1741 [Michaud], hameau situé de l´autre côté du vallon du Merdasson par rapport à Bôle (Bôle, district de Boudry, Neuchâtel).

Treytorrens
Nom d´origine burgonde, qui dériverait d´un primitif *Thrautaharingos, « chez les Thrautaharingi », dérivé du nom propre Þrautahar, [Perrenot], « le guerrier fatigué », germanique *þrauta, « peine, fatigue », et *harja, « guerrier ». Pour Stadelmann, le premier terme viendrait du germanique *druhti, « foule, bande [de guerriers], peuple ».
Treytorrens, hameau (Puidoux, district de Lavaux, Vaud) ;
Treytorrens, Troiterens et Troyterens au XIIème siècle, Troterens en 1194 et 1337, Troiterains en 1217, Troutereins en 1251, tretorens en 1380, Treitorens en 1668, aussi Troitorens et Troistorens, commune et village (District de Payerne, Vaud).

Triangle
Le Triangle, sommet de la commune des Contamines-Montjoie (Val Montjoie, Haute-Savoie), probablement de forme triangulaire, latin triangulum, de même sens, forme substantivée de l´adjectif triangulus, « qui a trois angles ».

Tribolet
Du vieux français tribouler, « tourmenter », issu du latin turbulare, « troubler », peut-être par un patronyme.
Le Tribolet, maisons isolées (Noville, district d´Aigle, Vaud) ;
Sentier Tribolet, sente escarpée en forêt (Boudevilliers, district du Val-de-Ruz, Neuchâtel).

Tribulliet
Le Tribulliet, maison isolée de la commune de Saint-Martin (District de la Veveyse, Fribourg), patronyme Tribulliet, ancienne famille fribourgeoise.

Tricot
Peut-être du vieux français tricot, triquet, « bâton, petite trique ».
Chalet de Tricot, ruine, Combe de Tricot, lieu-dit, nom monté au Col de Tricot, 2120m, à l´Arête de Tricot, au Glacier de Tricot, et à l´Aiguille de Tricot, 3665m (Bionnassay, Saint-Gervais-les-Bains, Val Montjoie, Haute-Savoie).

Trident
Français trident, « fourche à trois dents », par métaphore pour un sommet présentant trois pointes.
Le Trident, un des sommets des Aiguilles Dorées, 3436m, (Val Ferret, Orsières, district d´Entremont, et Trient, district de Martigny, Valais) ;
Trident de Faudery, 3293m, 3384m et 3380m (Ollomont, vallée d´Aoste) métaphore.

Trido
Lieu-dit de la commune d´Hérémence, district d´Hérens (Valais), du patois trido, « sentier suivi par le bétail » [Guex].

Triège
Le Triège, cours d´eau affluent de la rive droite du Trient, district de Saint-Maurice (Valais), d´un mot patois qui signifierait « passage, trace, passage étroit », nom qui serait venu du sentier qui traverse ce cours d´eau au-dessus des Gorges du Triège [Guex], ou de l´ancien français tries, triesc, « carrefour [de trois chemins] », à la jonction des chemins de Salvan, Finhaut et Emaney [Jaccard], ces deux dérivations étant issues du gallo-roman trebiu, dérivé du gaulois trebo, « quartier de village ».

Trient
Trient, commune et village valaisans du district de Martigny, Triens en 1298, Trien en 1810, nom d´origine inconnue ;
Le Trient, Trioncia en 1032, cours d´eau affluent du Rhône (Districts de Martigny et Saint-Maurice, Valais), issu du Glacier du Trient, qui se prolonge par le Plateau du Trient, lieu-dit (Trient, district de Martigny, Valais).

Triolet
Du nom commun triolet, « trèfle rampant » qui désigne plusieurs espèces de trèfles (Trifolium sp.) [Jaccard].
Le Triolet, hameau (Hauterive, district de la Sarine, Fribourg) ;
Aiguille du Triolet, 3870m, Monts Rouges de Triolet, arête rocheuse, Glacier du Triolet, nom probablement monté d´un alpage disparu, peut-être lors de l´éboulement de 1717 (Val Ferret, vallée d´Aoste).

Trionna
Hameau de la commune de Lens (District de Sierre, Valais), Trionaz en 1906, La Triona au XIIIème siècle, probablement une ancienne *villa Triona, avec le cognomen Trio, Trionis.

Tripon
Maisons isolées en clairière de la commune de Conthey (Valais), peut-être un composé de Tri-, « de l´autre côté de », et pont, « de l´autre côté du Pont du Diable depuis Savièse, sur la route du Sanetsch ».

Trivela
Trivela ou Trivellaz, hameau de la commune d´Attalens, district de la Veveyse (Fribourg), préfixe Tri-, « de l´autre côté de », et vela, « village » [Aebischer].

Trives
Les Trives, lieu-dit de la commune de Reyvroz (Chablais, Haute-Savoie), pourrait être issu de Etrives par mécoupure.

Troble
Le mot troble signifie « trouble » en ancien français.
La Troble, lieu-dit (Ropraz, district d´Oron, Vaud).

Troche, Troches, Trochet, Trochey, Trochon
Voir le mot régional troche. Le vieux français troches désigne aussi des fumées à demi formées, des fumées d´hiver.
La Troche, maison isolée (Siviriez, district de la Glâne, Fribourg) ;
Belle Troche, forêt (Rochefort, district de Boudry, Neuchâtel) ;
Les Troches, maison isolée (Gruyères, district de la Gruyère, Fribourg) ;
Château de Troches, qui a donné son nom à une seigneurerie, et Prés de Troches, lieu-dit, et Bois de Troches, petite forêt (Douvaine, Bas-Chablais, Haute-Savoie) ;
Troches de Clos, lieu-dit (Villorsonnens, district de la Glâne, Fribourg).
Avec le suffixe diminutif -et :
Le Trochet, lieu-dit (Corgémont, district de Courtelary, Jura bernois).

Avec le suffixe collectif -ey :
Trochey, alpage (Ayas, vallée d´Aoste).

Avec le suffixe -on :
Le Trochon, lieu-dit (Vouvry, district de Monthey, Valais).


Trogne
Hameau de la commune de Saint-Martin (District d´Hérens, Valais), peut-être le même que le français trogne, ancien français trongne, « mine, museau », gaulois *trugna, « groin, museau ».

Troinex
Troinex, commune, Troinex Dessous, Troinex Dessus et Troinex Ville, villages du canton de Genève, Triuniacum vers 1100, Troisnacum, Tronacum et Trosnay vers 1200, Tronay en 1228, Troynay en 1231, Troenay en 1275, Troignay en 1302, d´un nom de domaine d´origine gallo-romaine Triuniacum, dérivé avec le suffixe -acum du gentilice Trionius.

Trois Lacs
Pointe des Trois Lacs, sommet, 2797m, par allusion aux trois lacs de la combe de Drône, voir Lé, et Col des Trois Lacs, 2673m (Bourg-Saint-Pierre, district d´Entremont, Valais).

Trois Noyers, Trois Sapins
Ces toponymes étant assez répandus, il semble que les noyers et les sapins étaient souvent plantés par trois.
Trois Noyers, maison isolée (Eclépens, district de Cossonay, Vaud) ;
Les Trois Sapins, maisons isolées (Léchelles, district de la Broye, Fribourg) ;
Les Trois Sapins, maisons isolées (Ponthaux, district de la Sarine, Fribourg).

Trois Poissons
Lieu-dit de la commune de Chevenez (District de Porrentruy, Jura), nom dans lequel Prongué voit une allusion ironique à la sécheresse du lieu.

Trois-Rods
Hameau de la commune de Boudry (Neuchâtel), du préfixe latin trans, « au-delà », et du celtique *rodo, « passage à gué », ce hameau étant situé de l´autre côté de l´Areuse par rapport aux anciens villages de Boudry et de Pontareuse.

Troistorrents
Village du district de Monthey (Valais), dans le Val-d´Illiez, Trestorren et Tretorren en 1263, homines de Trestorrentibus en 1283, Trestorrent en 1352, 3torrens en 1412, Troistorrens en 1505, dont le nom vient du latin Trans Torrentium, « au-delà du torrent ». On trouve la remotivation en Tribustorrentibus, « des trois torrents », en 1283 et 1286.

Troistorrents, Trois Torrents
Lieu où se trouvent trois torrents rapprochés ou qui se rejoignent.
Troistorrents, lieu-dit où coule le torrent Perche et deux affluents (Bourg-Saint-Pierre, district d´Entremont, Valais) ;
Trois Torrents, lieu-dit (Val Ferret, Orsières, district d´Entremont, Valais).

Trois Villes
1. Lieu-dit de la commune de Baulmes (District d´Orbe, Vaud), d´où l´on peut voir les trois villes de Grandson, d´Orbe et d´Yverdon.
2. Nom des trois hameaux de Avisod, Fonteil et Porsan (Quart, vallée d´Aoste).


Trollier
Le Trollier, alpage de la commune de Hauteluce (Beaufortain, Savoie), soit un endroit où poussent des trolles (Trollius europaeus), soit un patronyme.

Tronc, Tronchaney, Tronchats, Tronchay, Tronche,
Tronchenaz, Troncheré, Troncheret, Tronchet, Tronchets,
Tronchey, Tronchia, Tronchine, Tronchuts, Troncs,
Trong
Lieu boisé, taillis, forêt mal entretenue, aussi lieu défriché par coupe, où les souches restent en terre. Mots régionaux suisses tronc, tronchet, « lieu défriché per simple abattage des arbres » [Pégorier].
Français tronc, « tige d´un arbre considérée sans les branches » :
Le Tronc, alpage (Saint-Jean, Val d´Anniviers, Valais) ;
Col du Tronc, 1606m (Vollèges, district d´Entremont, Valais) ;
Les Troncs, lieu-dit (Morens, district de la Broye, Fribourg) ;
Bois des Troncs, forêt (Le Châtelard, district de la Glâne, Fribourg) ;
Gros Troncs, maison isolée en clairière (Semsales, district de la Veveyse, Fribourg).

Mot régionalet ancien français tronche, franco-provençal tronchi, trontse, « souche d´un arbre abattu » :
La Tronche, Tronchia au XIIIème siècle, commune de l´agglomération grenobloise, avec les quartiers de La Grande Tronche et La Petite Tronche (Meylan, arrondissement de Grenoble, Isère) ;
Tête de la Tronche, 2584m (Val Ferret, vallée d´Aoste).

Dérivés avec les suffixes collectifs -ais, -ay, -et, -ey :
Tronchay, maisons isolées en clairière (Val-d´Illiez, district de Monthey, Valais) ;
Le Tronchay, Apud Tronchey en 1272, hameau (Béréziat, Bresse, Ain) ;
Tronchey, hameau d´alpage (Val Ferret, vallée d´Aoste).

Avec le suffixe diminutif -et, ancien français tronchet, « petit tronc d´arbre » :
Le Tronchet, lieu-dit (Bourg-Saint-Pierre, district d´Entremont, Valais) ;
Tête du Tronchet, sommet, 1916m, à la frontière franco-suisse (Vionnaz, district de Monthey, Valais) ;
Les Tronchets, alpage, peut aussi être issu du patronyme Tronchet, et Mouilles des Tronchets, lieu-dit en forêt (Arâches-la-Frasse, Faucigny, Haute-Savoie).

Avec le suffixe diminutif jurassien -at :
Les Tronchats, clairière (Grandval, district de Moutier, Jura bernois).

Avec le suffixe diminutif -ine :
Tronchine, hameau (Thônes, Bornes, Haute-Savoie).

Formes dérivées avec le suffixe -eré, -eret :
Troncheré, forêt, à l´emplacement d´un ancien village Truncheré disparu à la fin du Moyen Age (Bonfol, district de Porrentruy, Jura) ;
Mont Troncheret, sommet en forêt (Montendry, Val Gelon, Savoie).

Autres formes patoises :
La Nouva de Tronchaney, alpage (Torgnon, vallée d´Aoste) ;
La Tronchenaz, hameau (Villeneuve, district d´Aigle, Vaud) ;
La Tronchia, maison isolée en clairière (Vérossaz, district de Saint-Maurice, Valais) ;
Les Tronchuts, lieu-dit (Crémines, district de Moutier, Jura bernois).

Forme de tronc alémanisée au XVème siècle :
Trong, vignoble (Salquenen, district de Loèche, Valais).


Tronchebellon, Tronche-Bélon
Noms composés de Tronche et d´un patois bélon, « barlong, plus long que large » [Jaccard].
Tronchebellon, lieu-dit (Bulle, district de la Gruyère, Fribourg) ;
Tronche-Bélon, lieu-dit, site gallo-romain (Riaz, district de la Gruyère, Fribourg).

Trône
Désigne par métaphore un sommet dont la forme peut évoquer un trône.
Trône du Berger, sommet, 2238m (Trient, district de Martigny, Valais).

Tropaz, Trope
Ancien français trope, « troupe, troupeau ».
La Tropaz, hameau (Cusy, Albanais, Haute-Savoie) ;
La Trope, lieu-dit (Cheiry, district de la Broye, Fribourg).

Trou
Français trou, « ouverture qui pénètre à une certaine profondeur », latin médiéval traugum, latin vulgaire *traucum, même sens, mot peut-être d´origine gauloise.
Le Trou, combe avec une source et un réservoir (Corgémont, district de Courtelary, Jura bernois).

Troubayet
Lieu-dit de la commune de Sembrancher (District d´Entremont, Valais), probablement « trou de Bayet », avec le patronyme Bayet.

Troubois
Hameau de la commune de Lugrin (Chablais, Haute-Savoie), composé de Trou et Bois, probablement pour un défrichement.

Troulèro
Le Troulèro, hameau de la commune de Trient, district de Martigny (Valais), d´un patronyme disparu Trollere, Trolero [Guex].

Trouville
Lieu-dit dans les marais du lac de Neuchâtel (Champmartin, district d´Avenches, Vaud), composé de trou et Ville, peut-être par allusion à la cité balnéaire française, par dérision.

Trouye, Truie
Truie, du bas latin troja, peut-être issu du gaulois *trogja, dérivé du radical *trogh-, « tirer ».
Pas de la Truie, passage escarpé câblé (Montagne de Sous-Dine, Thorens-Glières, Bornes, Haute-Savoie) ;
Fontaine de la Truie, source (Lavaldens, Valbonnais, Isère).
Patois alpin trouye, « truie » :
Golet de la Trouye, passage escarpé (Mont Charvin, Aravis, Savoie) ;
Torrent de la Trouye (Val de Bagnes, Valais) ;
Glacier de la Trouye (Valsorey, Bourg-Saint-Pierre, district d´Entremont, Valais).


Truffeires
Les Truffeires, lieu-dit de la commune de Ballens (District d´Aubonne, Vaud), probablement une tuffière plutôt qu´une truffière, « endroit où l´on trouve des truffes », du bas latin tufera qui aurait la même origine que tuf, voir Thouvière.

Tsa, Tsalion, Tsât, Tsayetta, Tsé,
Tsè, Tso, Tsou
Patois valaisan tsa, patois romand tsau, voir Cha, Chaux. Le mot tsa désigne les pâturages les plus élevés, ceux où le bétail séjourne en août.
La Tsa, pâturage, nom monté au Col de la Tsa, 3309m, au Glacier de la Tsa et à l´Aiguille de la Tsa, 3668m (Arolla, Evolène, district d´Hérens, Valais) ;
Mont de la Tsa, 2742m (Gignod et Sarre, vallée d´Aoste) ;
Roc de la Tsa, sommet, 2911m (Nax, district d´Hérens, et Grimentz, district de Sierre, Valais) ;
La Tsa, alpage dans la Comba de la Tsa, nom monté aux Col de la Tsa, 3110m, Crête de la Tsa, 2895m, Mont de la Tsa, 2802m, et Tour de la Tsa, sommet, 3058m (Bionaz, vallée d´Aoste) ;
Tsa Bonna (Montana, district de Sierre, Valais) ;
Tsa Crêta, habitat dispersé (Mase, district d´Hérens, Valais) ;
Tsa de l´Ano, « chaux de l´âne », nom monté à un sommet rocheux, 3368m (Ferpècle, Evolène, district d´Hérens, Valais) ;
Alpage de Tsa de Tsan, nom monté au Haut Glacier de Tsa de Tsan et au Col de Tsa de Tsan, 3243m (Arolla, Evolène, district d´Hérens, Valais et Bionaz, vallée d´Aoste) ;
La Tsât, lieu-dit (Mollens, district de Sierre, Valais) ;
Tsé Bourgo, Tsè des Tsardons, Tsè des Modzons, Tsè Vieux, etc., pâturages (Chanrion, Bagnes, district d´Entremont, Valais) ;
Pointe de Tso y Bots, « chaux aux chamois », nom monté à un sommet (Rougemont, district du Pays-d´Enhaut, Vaud) ;
Tsou, hameau (Leytron, district de Martigny, Valais).
Avec le suffixe diminutif patois -etta :
La Tsayetta, pâturage (Chandolin, Val d´Anniviers, Valais).

Avec le suffixe -on :
Tsalion, maisons isolées, nom monté à la Pointe de Tsalion, 3512m, et à la Dent de Tsalion, 3589m (Arolla, Evolène, district d´Hérens, Valais).

Voir aussi Tsamayen.


Tsable, Tsableau, Tsableija, Tsâblio, Tsablo,
Tsâblos
Patois valaisan tsâblo, voir Chable, avec mutation du son [ch] en [ts].
Tsable Plan, maisons isolées en clairière (Nendaz, district de Conthey, Valais) ;
Tsableau Perru, « châble pierreux », lieu-dit (Nendaz, district de Conthey, Valais) ;
Tsableija, lieu-dit en forêt, et Torrent de Tsableija, affluent de la Borgne (Saint-Martin, district d´Hérens, Valais) ;
Le Tsâblio, hameau (Mollens, district de Sierre, Valais) ;
Tsablo Nou, « châble neuf » (Saint-Martin, district d´Hérens, Valais) ;
Les Tsâblos ou Les Tsâbloz, et Mayens des Tsâblos, alpages (Vercorin, Chalais, district de Sierre, Valais).

Tsaffette
La Tsaffette, lieu-dit en forêt de la commune de Vionnaz (District de Monthey, Valais), probablement un diminutif avec le suffixe -ette d´un Chaffa avec mutation du son [ch] en [ts].

Tsahelet, Tsaté, Tsatéboc, Tsatelet
Patois valaisan tsaté, « château », par métaphore un sommet rocheux dont la forme évoque un château, avec mutation du son [ch] en [ts].
Le Tsaté, maisons d´alpage et pâturage, Mayens du Tsaté et Remointse du Tsaté, alpages, et Lac du Tsaté (Evolène, district d´Hérens, Valais), nom probablement descendu de la Pointe du Tsaté, 3078m, et Col du Tsaté, 2868m (Evolène, district d´Hérens, et Grimentz, district de Sierre, Valais) ;
Le Tsatéboc, avec une finale dont le sens n´est pas clair, peut-être « bouc », lieu-dit (Savièse, district de Sion, Valais).
Patois valaisan tsatelet, « châtelet » avec le suffixe diminutif -et :
Tsahelet, lieu-dit (Zinal, Val d´Anniviers, Valais) ;
Tsatelet, lieu-dit (Saint-Christophe, vallée d´Aoste).


Tsalan
Forme patoise valaisanne de Challand, avec mutation du son [ch] en [ts].
Grand Tsalan et Petit Tsalan, Chalent en 1286, aussi Challant en 1906, alpages (Ovronnaz, Leytron, district de Martigny, Valais) ;
Tsalan d´Arbaz, alpage (Ayent, district d´Hérens, Valais) ;
Tsalan d´Ayent, alpage (Arbaz, district de Sion, Valais).

Tsalè, Tsalechet, Tsalet, Tsalotet
Patois romand tsalè signifiant chalet, voir Chal, avec mutation du son [ch] en [ts]. En Valais, le tsalet est un groupe de bâtiments comportant des locaux de travail et de repos pour les bergers ainsi que des étables pour le bétail, qui y séjourne au début et à la fin de la période d´alpage.
Le Tsalè, quartier (Les Paccots, district de la Veveyse, Fribourg) ;
Le Tsalet (Vallon de Réchy, Nax, district d´Hérens, Valais) ;
Tsalet de la Dent, lieu-dit (Ferpècle, Evolène, district d´Hérens, Valais).
Diminutifs avec le suffixe -et :
Tsalechet, maison isolée (Lessoc, Haut-Intyamon, district de la Gruyère, Fribourg) ;
Le Tsalotet, hameau (Villars-sous-Mont, Bas-Intyamon, district de la Gruyère, Fribourg).


Tsalevey
Patois valaisan tsalevey, « chalet vieux », voir Tsalè, et patois vey, « vieux » [Guex].
Tsalevey, alpage (Bourg-Saint-Pierre, district d´Entremont, Valais), nom monté au Bonhomme de Tsalevey, sommet, 2730m ;
Tsalevey, pâturage (Martigny-Combe, district de Martigny, Valais).

Tsamandon
Hameau de la commune de Nendaz (District de Conthey, Valais), probablement de Tsa, et d´un anthroponyme d´origine germanique *Mando dérivé de la racine *mand, « joie ».

Tsamayen
Alpage de moyenne altitude où le bétail séjourne en mai, composé de Tsa, et Mayen
Tsamayen, alpage (Gryon, district d´Aigle, Chablais vaudois).

Tsamo
Mot du patois alpin signifiant « chamois », voir Chamois.
Les Tsamos, pâturage (Cleuson, Val de Nendaz, Valais).

Tsampé, Tsampis, Tsampon
Forme patoise de Champé, Champi, etc., avec mutation du son [ch] en [ts].
Tsampé, alpage (Mase, district d´Hérens, Valais) ;
Tsampé, maisons isolées en clairière (Savièse, district de Sion, Valais) ;
Tsampis, lieu-dit en forêt (Mollens, district de Sierre, Valais) ;
Tsampon, maisons isolées dans les vignes (Ayent, district d´Hérens, Valais).

Tsampétros
Forme patoise valaisanne de [bien] champêtre.
Tsampétros, lieu-dit (Saint-Luc, Val d´Anniviers, Valais).

Tsamplan, Tsan Plan
Champ situé sur une surface relativement plane, voir Tsan et Plan.
Le Tsamplan, maisons isolées (Icogne, district de Sierre, Valais) ;
Tsan Plan, lieu-dit, vigne (Ardon, district de Conthey, Valais).

Tsan, Tsans
Patois valaisan et valdôtain : champ, champ cultivé, avec mutation du son [ch] en [ts].
Le Tsan, pâturage (Anzère, Ayent, district d´Hérens, Valais) ;
Col du Tsan, 2748m (Nax, district d´Hérens, et Grimentz, district de Sierre, Valais) ;
Dôme du Tsan, 3351m, et Pointe du Tsan, 3322m, Fenêtre du Tsan, 2736m, et Lac du Tsan (Bionaz, Torgnon et Valtournenche, vallée d´Aoste) ;
Les Tsans, maisons isolées (Mollens, district de Sierre, Valais) ;
Grands Tsans, lieu-dit (Nax, district d´Hérens, Valais).
Voir aussi Tsamplan, Tsanfleuron.


Tsandelâ
Mot patois fribourgeois tsandelei, « chandelle », qui désigne la primevère (Primula sp.)
Sur la Tsandelâ, lieu-dit (Le Glèbe, district de la Sarine, Fribourg).
Voir aussi Chandelar.


Tsandéserte
Nom signifiant « champ désert », composé de Tsan et de Déserte.
Tsandéserte, pâturage (Valsorey, Bourg-Saint-Pierre, district d´Entremont, Valais) ;
Tsandéserte, pâturage (Combe de l´A, Liddes, district d´Entremont, Valais).

Tsânes
Les Tsânes, lieu-dit près de Mauvoisin, commune de Bagnes (District d´Entremont, Valais), probablement du patois tsanyo, « sorte de genévrier », voir Sanières.

Tsanfleuron, Tsanfleuronne
Champ fleuri ou défriché, voir Tsan et Fleurie.
Tsanfleuron, Chaufleuron en 1379, Chamfleuron en 1440, Sanfleuron en 1906, actuellement aussi Zanfleuron, alpage, Lapis de Tsanfleuron, lieu-dit, nom monté au Col de Tsanfleuron, 2830m, et au Glacier de Tsanfleuron (Savièse, district de Sion, Valais) ;
La Tsanfleuronne, cours d´eau qui irrigue Tsanfleuron, par féminisation (Savièse, district de Sion, Valais).

Tsanlontsets
Lieu-dit de la commune de Liddes, district d´Entremont (Valais), peut-être un diminutif de Tsanlon, « champ long, champ en longueur », avec le suffixe -et, voir Tsan.

Tsannou
Lieu-dit dans les vignes de la commune de Conthey (Valais), peut-être un diminutif de Tsan, « champ ».

Tsanperron
Tsanperron Derrière et Tsanperron Devant, hameaux en clairière de la commune de Conthey (Valais), patois valaisan, « champ pierreux », voir Tsan et Perron.

Tsantamerlo
Forme patoise valdôtaine de Chantemerle.
Tsantamerlo, alpage (Ollomont, vallée d´Aoste).

Tsantela
Du patois local tsantèl qui désigne une crête rocheuse, voir Chantel.
La Tsantela, arête rocheuse (Pralognan-la-Vanoise, Vanoise, Savoie).

Tsantéleina
La Tsantéleina ou Punta Tsanteleynaz, 3602m, sommet des Alpes Grées situé à la limite de la Tarentaise (Savoie) et du Val d´Aoste. Son nom signifie « la crête rocheuse d´en haut » et se compose du patois local tsantèl, voir Tsantela, et du suffixe -eina, « d´en haut ».
Col de la Tsantéleina ou Col di Tsanteleynaz, 3602m.
Voir aussi Truc Sainte-Hélène.


Tsanton, Tsantonnaire, Tsantons
Patois valaisan tsanton, « monticule, colline », voir Chanton, avec mutation du son [ch] en [ts].
Tsanton des Aroles, pâturage (Trient, district de Martigny, Valais) ;
Tsanton Sarnieu, pâturage (Bagnes, district d´Entremont, Valais) ;
La Tsantonnaire, avec le patois naire, « noire », lieu-dit (Ovronnaz, Leytron, district de Martigny, Valais) ;
Les Tsantons d´Otemma, pâturage (Chanrion, Bagnes, district d´Entremont, Valais).

Tsantové
Maisons isolées de la commune d´Icogne (District de Sierre, Valais), pourrait être une composé de Tsan et Tové.

Tsapalle, Tsapelette, Tsapoude
Formes patoises de Sapalles et du féminin de Sapelet, de sapale, « jeune sapin », avec mutation du son [ch] en [ts].
Tsapalle, lieu-dit dans les vignes (Conthey, Valais) ;
Gode Tsapelette, petite mare (Bourg-Saint-Pierre, Val d´Entremont, Valais) ;
Le Tsapoude, lieu-dit (Sion, Valais).

Tsapé, Tsapi, Tsapy
Patois valaisan tsapé, tsapi, patois valdôtain tsapy, voir Chapy, avec mutation du son [ch] en [ts].
Tsapé, alpage (Chandolin, Val d´Anniviers, Valais) ;
Le Tsapi, pâturage de la commune de Liddes, nom monté au Bonhomme du Tsapi, sommet, 2802m (Liddes et Bourg-Saint-Pierre, district d´Entremont, Valais) ;
Tsapy, Chapy sur le panneau d´entrée de la localité, hameau, et curieusement nommé Trou des Romains sur la Carte IGC (Vallon du Sapin, Courmayeur, vallée d´Aoste).

Tsaperon
Pâturage pierreux, nom composé de Tsa et de peron, voir Perron.
Le Tsaperon, lieu-dit en forêt (Trient, district de Martigny, Valais).

Tsaponeire
Lieu-dit de la commune de Liddes (District d´Entremont, Valais), forme patoise de Chaponeyre, avec mutation du son [ch] en [ts].

Tsaramelly
Forêt de la commune de Mollens (District de Sierre, Valais), probablement « tsa à Melly », composé de Tsa et du patronyme Melly, bien présent dans la région.

Tsarbonaires, Tsarbounires
Patois valaisan, probablement pour Charbonnière, avec mutation du son [ch] en [ts]. Il peut aussi s´agir de lieux où sévissait une épizootie, le « charbon », voir Tsarbonné.
Les Tsarbonaires, lieu-dit en forêt (Conthey, Valais) ;
Plan des Tsarbounires, lieu-dit en forêt (Aproz, Nendaz, district de Conthey, Valais).

Tsarbonné
Alpage de Sarreyer (Bagnes, District d´Entremont, Valais), dont le nom serait dû à une maladie contagieuse du bétail, le charbon, en patois tsarbon, qui sévissait en ces lieux [Fellay].

Tsardon, Tsardonnay, Tsardonnet, Tsardons
Patois valaisan : « chardon », voir Chardon, avec mutation du son [ch] en [ts].
Lui Tsardon, pâturage (Lourtier, Bagnes, district d´Entremont, Valais) ;
Plan Tsardon, pâturage (Arolla, Evolène, district d´Hérens, Valais) ;
Les Tsardons, pâturage (Conthey, Valais).
Dérivés avec les suffixes collectifs -ay, -et :
Tsardonnay, alpage (Bruson, Bagnes, district d´Entremont, Valais) ;
Tsardonnet, maisons isolées en clairière (Hérémence, district d´Hérens, Valais).


Tsarevesse, Tsarva, Tsarvin, Tsarvo, Tsavre
Patois valaisan ou valdôtain féminin tsarva, masculin tsarvo, « chauve », désigne un sommet dénudé, voir Charvaz, avec mutation du son [ch] en [ts].
Pointe de Tsarevesse, petit sommet, 1517m (Bourg-Saint-Pierre, district d´Entremont, Valais) ;
La Tsarva, pâturage (Grimentz, district de Sierre, Valais) ;
Mont Tsarvin (Valpelline, vallée d´Aoste) ;
Le Tsarvo, sommet, 2503m (Salvan, district de Saint-Maurice, Valais).
Avec métathèse :
La Tsavre, anciennement La Tscharva, sommet, 2977m, aussi nommé Mont Ferret (Combe de l´A, Liddes, et Val Ferret, Orsières, district d´Entremont, Valais).

Voir aussi Zervettaz.


Tsarmette, Tsarmettes, Tsarmine, Tsermetta, Tsermettes
Patois valaisan, voir Charmette, avec mutation du son [ch] en [ts].
Tsarmette, pâturage (Bourg-Saint-Pierre, district d´Entremont, Valais) ;
La Tsarmette, alpage (Zinal, Val d´Anniviers, Valais) ;
Les Tsarmettes, lieu-dit (Chamoson, district de Conthey, Valais) ;
Pointe des Tsarmettes, 2599m (Arbaz et Savièse, district de Sion, Valais).
Tsarmine, alpage, nom monté au Col de Tsarmine, 3051m, et au Glacier de Tsarmine (Arolla, Evolène, district d´Hérens, Valais) ;
La Tsermetta, maison isolée (Thyon, Les Agettes et Vex, district d´Hérens, Valais) ;
Les Tsermettes, pâturage (Conthey, Valais).

Tsartsey, Tsertses
Forme patoise valaisanne de Cherches, avec mutation du son [ch] en [ts].
Le Tsartsey, lieu-dit (Grône, district de Sierre, Valais) ;
Les Tsertses, lieu-dit (Vionnaz, district de Monthey, Valais).

Tsatonire
La Tsatonire, cours d´eau affluent de la Morge, commune de Savièse (District de Sion, Valais), peut-être une forme patoise de Châtonnaire.

Tsaudery
La chaux derrière, voir Tsa et Derry, ou la chaudière, patois tsaudeira, voir Chaudière.
Tsaudery, hameau d´alpage (Hérémence, district d´Hérens, Valais) ;
Les Tsauderys, alpage, Pichot des Tsauderys, torrent affluent du lac des Dix, nom monté au Glacier des Tsauderys (Val des Dix, Hérémence, district d´Hérens, Valais).

Tsava, Tsavas
Du patois tsava, tsavoua, « chocard » (Pyrrhocorax graculus).
Tsava et Creux de Tsava, pâturages (Nendaz, district de Conthey, Valais) ;
Tsavas, alpage, et Lapia de Tsavas, lieu-dit (Grandvillard, district de la Gruyère, Fribourg).

Tsavane, Tsavanna, Tsavanne, Tsavannes
Patois romand et savoyard tsavanna, voir Chavanne, avec mutation du son [ch] en [ts].
Tsavane de la Dzeu, lieu-dit en forêt (Sembrancher, district d´Entremont, Valais) ;
Tsavanna Vieille, ruines (Chamoson, district de Conthey, Valais) ;
Tsavanne, ruine d´alpage (Oyace, vallée d´Aoste) ;
Les Tsavannes, hameaux (Nendaz, district de Conthey, Valais).

Tsavolire
Pointes de Tsavolire, 2900 et 3026m, et Col de Tsavolire, 2948m (Vallon de Réchy, Nax, et Saint-Martin, district d´Hérens, Valais), forme patoise de Savolyres, avec mutation du son [ch] en [ts].

Tschabel, Tschablen
Forme alémanisée de Châble
Tschabel, hameau (Saint-Sylvestre, district de la Singine, Fribourg) ;
Tschablen, pluriel allemand, tertia Cabuli en 1411, quartier de Loèche (Valais).

Tschachtela, Tschachtelar
Formes alémanisées au XVème siècle de Châtelard [Guex], désignent par métaphore un sommet dont la forme évoque un petit château, ou qui paraît inaccessible.
Tschachtela, Schachtalar en 1906, lieu-dit rocheux (Salquenen, district de Loèche, Valais) ;
Tschachtelar, lieu-dit (Loèche-les-Bains, district de Loèche, Valais).

Tschafinuwald
Forêt de la commune de Loèche-les-Bains (District de Loèche, Valais), pourrait être une forme alémanisée de Chavanne ou Chavonne, avec l´allemand Wald, « forêt ».

Tschajete, Tschajetuhorn
Tschajete, pâturage de la commune de Varonne (District de Loèche, Valais), probablement un diminutif alémanisé de Cha. Nom monté au Tschajetuhorn, sommet, 2776m.

Tschampedü
Lieu-dit de la commune de Salquenen, district de Loèche (Valais), forme alémanisée de champ avec un suffixe indéterminé.

Tschampòn
Tschampòn, alpage de la commune de Gaby (Vallée d´Aoste), dans le Val de Tschampòn, nom monté à la Tschampònohore, 3233m, probablement par alémanisation de l´ancien français champon, « champ, plaine ».

Tschanderünu
Lieu-dit de la commune de Salquenen, district de Loèche (Valais), forme alémanisée de l´ancien nom eys chan de ronoz, « aux champs du Rhône » attesté au XVème siècle [Guex].

Tschangaladonga
Hameau de la commune d´Albinen (District de Loèche, Valais), forme alémanisée au XVème siècle, probablement d´un ancien « *champ à la Donna ».

Tschangerang
Lieu-dit de la commune de Varonne, district de Loèche (Valais), qui pourrait être le Schanderong, forme alémanisée au XVème siècle de « Champ Durand », mentionné par Guex.

Tscharasina
Lieu-dit du vignoble de la commune de Salquenen (District de Loèche, Valais), probablement une forme alémanisée de Sarasine.

Tschareie
Pâturage de la commune d´Inden (District de Loèche, Valais), probablement une forme alémanisée au XVème siècle d´un dérivé du latin populaire carium, « rocher » ou « pierre », avec le suffixe collectif -ey devenu -=eie, voir Chare.

Tschärmilonga
Pâturage de la commune d´Albinen (District de Loèche, Valais), pourrait être une forme alémanisé au XVème siècle du hameau voisin de Chermignon.

Tschärminiriwald
Forêt déclive de la commune de Loèche (Valais), probablement un dérivé du gaulois calmis, forme alémanisée au XVème siècle, avec l´allemand Wald, « forêt ».

Tschingere
Hameau de la commune d´Albinen (District de Loèche, Valais), Sinieres en 1224, Signeres en 1367, Signyeres en 1375, Signières en 1460, nom alémanisée au XVème siècle, Schinjeren en 1906, nom d´origine inconnue.

Tscholischumme
Lieu-dit de la commune de Tourtemagne (District de Loèche, Valais), pourrait être une forme alémanisée au XVème siècle d´un patois signifiant « combe de la tuilière », voir Tcholeire et Chumme.

Tschüdanga
Lieu-dit de la commune de Salquenen, district de Loèche (Valais), Caldana en 1218, Choudanaz en 1219, Chaldana au XIIIème siècle, Choldana en 1254, Choudana en 1424, Sudanne, Tschudane et Zudanne en 1906, forme alémanisée au XVème siècle de Chaudanne.

Tséna, Tsenâ, Tsénal, Tsenalis, Tsenau,
Tséné, Tsenet, Tsenô, Tsina
Patois valaisan : « chenal, vallée étroite », voir Chenal, avec mutation du son [ch] en [ts]. Mots régionaux suisses tsina, tsinal, « ravine, couloir en montagne » [Pégorier].
Pointes de Tséna Réfien, 3500m, et Col de Tséna Réfien, 2952m (Val d´Arolla, Evolène, et Val des Dix, Hérémence, district d´Hérens, Valais), Glacier de Tséna Réfien (Val des Dix, Hérémence, district d´Hérens, Valais), nom qui signifie en patois « chenal tordu » ; selon [Kraege 2001], refia di tsenâ signifierait « plein de couloirs » ;
Les Tsenâs, lieu-dit (Valsorey, Bourg-Saint-Pierre, district d´Entremont, Valais) ;
Tsénal, maisons d´alpage (Vallon de la Morge, Conthey, Valais) ;
Les Tsenalis, passage raide pour accéder au Prabé (Savièse, district de Sion, Valais) ;
Plan du Tsenau, lieu-dit (Fionnay, Bagnes, district d´Entremont, Valais) ;
Grand Tséné, torrent dans un ravin, affluent de la Losentse (Chamoson, district de Conthey, Valais) ;
Le Tsenet, lieu-dit (Lourtier, Bagnes, district d´Entremont, Valais) ;
Tsenet Rodze, cours d´eau affluent de la Dranse de Ferret (Val Ferret, Orsières, district d´Entremont, Valais) ;
Le Grand Tsenô ou Le Grand Tsénô, couloir raide (Liddes, district d´Entremont, Valais) ;
Tsina de Vio, torrent qui se perd sous le Glacier de Zinal (Zinal, Val d´Anniviers, Valais).

Tsepelet
Le Tsepelet ou Les Tseppelets, lieu-dit en forêt de la commune de Salvan (District de Saint-Maurice, Valais), forme patoise de Chepelet avec mutation du son [ch] en [ts].

Tseppes, Tseppi, Tseppiet, Tsipis
Patois valaisan tseppi, « lieu défriché où restent des souches », apparenté au latin cippus, « pieu » [Bossard].
Les Tseppes, alpage (Trient, district de Martigny, Valais) ;
Le Tseppi, lieu-dit (Bagnes, district d´Entremont, Valais) ;
Tsipis, hameau, et Forêt de Tsipis (Hérémence, district d´Hérens, Valais).
Avec le suffixe diminutif -et :
Le Tseppiet, maisons isolées en clairière (Bruson, Bagnes, district d´Entremont, Valais).


Tsérié
Peut-être un forme patoise de Chérié, avec mutation du son [ch] en [ts].
Pointes de Tsérié, 2745m (Conthey, Valais).

Tsermon
Il pourrait s´agir d´une dérivation patoise de *Charmon, voir Charmont, avec mutation du son [ch] en [ts].
Tsermon, sommet, 2140m et Chalet de Tsermon, alpage (Grandvillard, district de la Gruyère, Fribourg) ;
Tsermon, alpage (Villars-sous-Mont, Bas-Intyamon, district de la Gruyère, Fribourg).

Tsernet, Tsernou
Variante patoise de Cernet, avec mutation du son [ch] en [ts].
Le Tsernet, pâturage (Savièse, district de Sion, Valais) ;
Tsernou, sommet, 2733m, nom monté, Arête Tsernou, sommet, 2758m, (Conthey, Valais, et Bex, district d´Aigle, Vaud), Luis Tsernou, paroi de rochers (Conthey, Valais).

Tserrosse
Clairière avec ruine de la commune de Conthey (Valais), probablement une forme patoise de Charosse, avec mutation du son [ch] en [ts].

Tservasse, Tservet, Tservettes
Peut-être une déformation de Servette, « petite forêt », avec mutation du son [ch] en [ts], ou patois tsarva, tsarvo, « chauve », voir Tsarva.
Avec le suffixe péjoratif -asse :
La Tservasse, lieu-dit (Botterens, district de la Sarine, Fribourg).

Diminutifs avec les suffixes -et, -ette :
Mont Tservet, sommet, 2088m (Conthey, Valais) ;
Les Tservettes, alpage (Grandvillard, district de la Gruyère, Fribourg).


Tseseri, Tsidjiore, Tsidjore, Tsigere, Tsigeris,
Tsijerache, Tsijerey, Tsijière, Tsijiore, Tsijiri
Patois valaisan : étable sur l´alpage d´été (la remointse), fromagerie, qui sert aussi d´abri pour les bergers. Mot correspondant au français Chesières, et de même origine.
Tseseri, lieu-dit (Anzeindaz, Bex, district d´Aigle, Vaud) ;
Tsidjiore Rose, alpage (Cleuson, Nendaz, district de Conthey, Valais) ;
Les Tsidjores Nouves, « les étables neuves », alpage (Val d´Hérens, Valais) ;
Tsigere La Cohá, alpage (Saint-Luc, Val d´Anniviers, Valais) ;
Tsigeris, maisons d´alpage (Villa, Evolène, district d´Hérens, Valais) ;
Tsijerache, avec le suffixe -ache, alpage (Suen, Saint-Martin, district d´Hérens, Valais) ;
Tsijerey, ruine (Nax, district d´Hérens, Valais) ;
Tsijière de la Vatse, « étable de la vache », alpage (Zinal, Val d´Anniviers, Valais) ;
Tsijiore Nouve, « étable neuve », maison isolée, nom monté aux Glacier de Tsijiore Nouve (Val d´Arolla, Evolène, district d´Hérens, Valais), et Col de Tsijiore Nouve, 3423m (Val d´Arolla, Evolène, et Val des Dix, Hérémence, district d´Hérens, Valais) ;
Tsijiri, maisons d´alpage (Ayent, district d´Hérens, Valais).

Tseuc, Tseuque
Du patois valaisan et valdôtain tseuc, tseuca, « sans cornes », signifie ici par métaphore « tronqué ».
Mont Tseuc, Mont Suc sur la Carte IGC, 2738m (Val Vény, vallée d´Aoste) ;
Aouille Tseuque, sommet, 3554m, et
Mont Tseuc, 1860m, et Col du Mont Tseuc, 1623m (Challand-Saint-Anselme et Emarèse, vallée d´Aoste) ; Col de l´Aouille Tseuque, 3259m (Alpes Pennines, Bagnes, district d´Entremont, Valais, et Bionaz, vallée d´Aoste).

Tseudanne
La Tseudanne, cours d´eau (Troistorrents, district de Monthey, Valais), forme patoise valaisanne de Chaudanne.

Tseudet
Sommet du Valsorey, 2807m, commune de Bourg-Saint-Pierre, district d´Entremont (Valais), forme patoise de Chaudet [Guex], avec mutation du son [ch] en [ts], Col de Tseudet, 3169m, et Glacier de Tseudet.

Tseudron
Le Tseudron, pâturage de la commune de Vionnaz (District de Monthey, Valais), probablement une forme patoise valaisanne de Chaudron.

Tsezaux, Tsezes
Mots du patois valaisan tsèsau, etc. correspondant à Chesaux, avec mutation du son [ch] en [ts].
Les Tsezes, hameau (Lourtier, Bagnes, district d´Entremont, Valais) ;
Les Tsezaux, alpage (Sarreyer, Bagnes, district d´Entremont, Valais).

Tsillon
Lieu-dit en forêt de la commune de Montana (District de Sierre, Valais), forme patoise de Chillon, avec mutation du son [ch] en [ts].

Tsintre, Tsintres
Patois tsintre, voir Chintre, avec mutation du son [ch] en [ts].
La Tsintre, hameau (Charmey, district de la Gruyère, Fribourg) ;
Les Tsintres, lieu-dit en forêt (Mollens, district de Sierre, Valais) ;
Sur les Tsintres, lieu-dit en forêt (Neirivue, Haut-Intyamon, district de la Gruyère, Fribourg).

Tsirouc
Tsirouc et Mayens de Tsirouc, alpages de la commune d´Ayer (Val d´Anniviers, Valais), Girodi au XIIIème siècle, du patronyme Giroud [Guex]. Nom monté à la Pointe de Tsirouc, 2778m (Zinal et Val de Moiry, Grimentz, district de Sierre, Valais).

Tsougdires
Les Tsougdires, alpage partiellement ruiné de la commune de Saint-Jean (Val d´Anniviers, Valais), mentionné comme La Tsoudjire, « la Chaudière » par Guex.

Tsousse
Tsousse, alpage, et Chaux de Tsousse, pâturage de la commune de Bourg-Saint-Pierre, district d´Entremont (Valais), forme patoisC0e du mot régional chauche, « endroit piétiné par le bétail » [Guex], avec mutation du son [ch] en [ts], nom monté à la Croix de Tsousse, sommet, 2822m.

Tuaille
La Tuaille, hameau de la commune de Saint-André-sur-Vieux-Jonc (Bresse, Ain), La Touaille en 1841, La Thuaille en 1847, mot ardéchois tuaille, « fête campagnarde qui accompagne l´abattage du cochon ».

Tullins, Tully
D´un nom d´homme gallo-romain Tullius, Tullus.
Du nom de domaine gallo-romain Tullianum, formé avec le suffixe -anum :
Tullins, Tollianum en 860, Tolianus et Tollanense villa au IXème siècle, canton, commune et village du Pays voironnais (Tullins, arrondissement de Grenoble, Isère).

Du nom de domaine gallo-romain *Tulliacum, formé avec le suffixe -(i)acum :
Tully, Cura de Tullie vers 1344, faubourg de Thonon-les-Bains (Bas-Chablais, Haute-Savoie).


Tunnel
Sur le Tunnel, lieu-dit en forêt de la commune de Courchavon (District de Porrentruy, Jura), au-dessus du tunnel du chemin de fer Porrentruy-Delle.

Tupin, Tupinière, Tupinières
Ancien français et mot régional tupin, « vase, pot en terre ou en fer servant à différents usages », issu du germanique tuppin, « vase ». C´est aussi un patronyme.
Tupin, lieu-dit en forêt (Conzieu, Bugey, Ain) ;
Creux Tupin, lieu-dit en forêt (Cheignieu-la-Balme, Bugey, Ain) ;
Le Creux Tupin, lieu-dit (Le Petit-Abergement, Valromey, Ain).
Ancien français tupinière, « endroit où l´on fabrique des tupins », peut-être aussi « endroit où l´on trouve l´argile pourfabriquer des tupins » :
Tupinière, lieu-dit en forêt (Champier, Bièvre, Isère) ;
Les Tupinières, hameau (Meillonnas, Revermont, Ain).


Turbine
La Turbine, maison isolée de la commune de Goumoëns-la-Ville (District d´Echallens, Vaud), par féminisation d´un patronyme Turbin plutôt que du français turbine.

Turgon
Hameau de la commune de Druillat (Bresse, Ain), Turgon en 1341, de Turgone en 1436, et Mont Turgon, colline boisée, avec patronyme d´origine germanique.

Turignat, Turignin
Noms de domaine d´origine gallo-romaine dérivés du gentilice Turinius.
D´un primitif *[fundus] Turininus, avec le suffixe de propriété -inus :
Turignin, de Turignino vers 1340, Turignius en 1345, Turrignin sur la Carte de Cassini, hameau, et Gorges de Turignin, où coule le Séran (Belmont-Luthézieu, Valromey, Ain).

D´un primitif *Turiniacum, dérivé avec le suffixe -acum :
Moulin de Turignat, Apud Turigniacum en 1304, de Torogniaco en 1338, de Thorogniaco en 1439, Thorignia en 1492, Moulin Turignat en 1845, Thurignat en 1911, maison isolée (Crottet, Bresse, Ain).


Turpin
Tête à Turpin, sommet de la commune de la Balme-de-Thuy (Bornes, Haute-Savoie), avec un patronyme Turpin d´origine germanique.

Tusy
Pont de Tusy, ancien pont sur la Sarine (Pont-en-Ogoz, district de la Gruyère, Fribourg), d´un ancien lieu-dit Tusy attesté en 1490, Tugy en 1832, nom d´origine gallo-romaine *Tossiacum formé avec le suffixe -acum à partir d´un gentilice Tusius ou Tutius [Stadelmann] ;
Tusy, maison isolée en clairière (Saint-Légier-La-Chiésaz, district de Vevey, Vaud).

Tutegny
Village de la commune de Cessy (Pays de Gex, Ain), Tutigny au XVIIIème siècle, d´un nom de domaine d´origine gallo-romaine *Tutiniacum, dérivé avec le suffixe -acum du gentilice Tutinius.


Tzina
Crettaz Tzina, lieu-dit (Sierre, Valais), où Tzina est probablement une variante du patois cina, « repas du soir du bétail », voir Sina.